Latest / Raconte Media - Interviews d'esprits audacieux qui inspirent, bousculent et (re)façonnent le monde - Créatifs, entrepreneurs, influents,… / Barbara Hoornaert : Sommelière, elle partage son expérience et ses défis dans l'univers du vin.
Transcript
- 0:05Mais moi,
- 0:06il n'y a rien à faire,
- 0:06c'est l'intensité d'un service.
- 0:08Donc,
- 0:08plus on a du monde,
- 0:09plus le service est tendu,
- 0:11plus on a de l'adrénaline et ça,
- 0:13c'est vraiment le meilleur moment où je prends un plaisir d'en faire parce qu'on est hyper stressé,
- 0:18mais tout roule,
- 0:19chacun sait ce qu'il a à faire et c'est vraiment comme une danse.
- 0:22Et ça,
- 0:22pour moi,
- 0:23c'est vraiment un moment hyper exaltant.
- 0:27Imaginez un monde où chaque histoire trouve sa voie,
- 0:31où chaque talent éclaire notre époque.
- 0:37Raconte est un média digital natif à l'écoute de notre temps.
- 0:43Les interviews grand format sont le premier chapitre de l'univers Raconte.
- 0:48Écoutez-les en podcast,
- 0:49visionnez-les en vidéo et préservez-les grâce à nos publications imprimées collector.
- 0:56Notre passion pour l'image est infinie.
- 0:59Raconte,
- 1:00c'est le fond avec la forme.
- 1:02Préparez-vous à voyager au-delà des horizons connus.
- 1:06aux côtés de celles et ceux qui les redéfinissent.
- 1:09Bienvenue dans l'Odyssée Raconte.
- 1:13Raconte,
- 1:14la rencontre.
- 1:16Bonjour Barbara Ornart.
- 1:18Bonjour.
- 1:19Comment ça va ?
- 1:20Ça va très bien.
- 1:21Est-ce que tu peux nous dire en deux mots qui tu es ?
- 1:24Comment tu te présentes ?
- 1:25Alors du coup,
- 1:27comme vous l'avez dit,
- 1:28c'est Barbara Ornart.
- 1:30Je suis encore une jeune femme de 35 ans.
- 1:35et j'habite à Bruxelles pour le moment,
- 1:36à Skarbek.
- 1:37Et d'où viens-tu ?
- 1:39Alors,
- 1:39je viens,
- 1:40j'ai passé toute mon enfance dans le Hainaut,
- 1:42à la frontière française,
- 1:44et je suis d'abord née à Bruxelles,
- 1:47et puis après,
- 1:47mes parents ont déménagé,
- 1:49du coup,
- 1:49dans le Hainaut,
- 1:50et je suis arrivée,
- 1:52enfin,
- 1:52j'ai pas mal voyagé en Belgique,
- 1:55et je suis arrivée à Bruxelles il y a quelques années maintenant.
- 1:58Dans ta profession,
- 2:00qu'est-ce que tu fais ?
- 2:01Alors,
- 2:02je suis sommelière,
- 2:03donc j'ai fait des études pour avoir un diplôme en sommellerie et je travaille dans un bar à vin que j'ai ouvert.
- 2:09Donc,
- 2:09on peut dire que je suis sommelière et gérante.
- 2:12Et tu t'es formée où ?
- 2:13J'ai d'abord fait l'école hôtelière à Namur en deux ans parce que j'avais déjà mon diplôme après Mareto.
- 2:21Et donc,
- 2:21c'est une formation qui est un peu plus courte que la moyenne.
- 2:23Donc,
- 2:23c'est deux ans de formation.
- 2:25Et puis après ça,
- 2:26j'ai commencé à travailler d'abord en cuisine.
- 2:29Et puis après,
- 2:29en salle,
- 2:30c'est là où j'ai décidé de me former dans la sommellerie.
- 2:32J'ai cru voir dans ton CV que tu as fait autour de pas mal de belles maisons,
- 2:36des étoilés et tout ça,
- 2:38un peu un petit tour de Belgique francophone,
- 2:39la Rois d'Agnis.
- 2:41Est-ce que tu peux nous parler de toutes tes expériences dans ces maisons ?
- 2:44Alors,
- 2:45j'ai eu la chance de faire de très,
- 2:46très belles maisons.
- 2:47J'ai d'abord commencé,
- 2:49comme je le disais,
- 2:49en cuisine,
- 2:50à l'espéglerie à Namur,
- 2:51où j'ai travaillé pendant deux ans comme chef de parti.
- 2:56Et après,
- 2:56j'ai décidé d'aller au Cuisine et Moi,
- 2:59qui était un restaurant qui a une étoile à la mûre aussi.
- 3:02Et là,
- 3:03j'ai commencé en cuisine et puis ça me convenait moins.
- 3:05Je me suis rendu compte que ça me passionnait moins de couper des carottes,
- 3:09d'éplucher des pommes de terre.
- 3:11C'est la base.
- 3:12Et en fait,
- 3:12je n'étais plus attirée par ça après mes études.
- 3:15Et donc,
- 3:15j'ai décidé de passer en salle parce que je voulais vraiment avoir un contact client.
- 3:20Et du coup...
- 3:21C'est Catherine,
- 3:22qui est sommelière et gérante du Cuisine et Moi,
- 3:25qui m'a proposé de suivre des cours du soir en oenologie.
- 3:29Et donc,
- 3:30j'ai continué à suivre ces cours.
- 3:31Et en même temps,
- 3:32j'ai travaillé dans différents étoilés.
- 3:34Donc,
- 3:34je passais par la table de Maxime,
- 3:35où j'ai fait six petits mois,
- 3:37parce qu'il n'y avait pas de place comme sommelière là-bas.
- 3:40Puis après,
- 3:40j'ai atterri à la Grappe d'Ora-Torny,
- 3:43qui vient de déménager à Arlon.
- 3:44Et là,
- 3:44j'ai été pour la première fois sommelière,
- 3:46vraiment.
- 3:47Et une chance,
- 3:48il m'a vraiment donné l'opportunité de m'épanouir.
- 3:51Je travaille là pendant un an et demi.
- 3:53Et puis,
- 3:54les choses de la vie ont fait que j'ai décidé de changer.
- 3:57Je suis passée vers le Cocochamp,
- 3:59à Sowet-en-Lau,
- 4:00chez Christophe,
- 4:00Polly et Catherine.
- 4:01Là aussi,
- 4:02je suis restée un tout petit peu.
- 4:04Je n'ai pas fait très longtemps,
- 4:05je pense six mois,
- 4:07parce qu'une place se libérait à Lovif,
- 4:09qui est un restaurant deux étoiles.
- 4:10J'ai eu la chance de travailler pendant deux ans et demi pour Pierre et Anne Résimont,
- 4:14même trois ans.
- 4:15Et après,
- 4:16j'ai suivi.
- 4:17Je suis partie quatre mois en Nouvelle-Zélande pour faire un break.
- 4:20Et puis,
- 4:20j'ai été sommelière à l'air du temps pendant neuf mois.
- 4:23Et puis,
- 4:23j'ai ouvert mon propre restaurant,
- 4:25Barge,
- 4:26avec un associé.
- 4:27Et puis,
- 4:28je viens d'ouvrir ici en janvier
- 4:30Babs, One to Share,
- 4:31qui est mon bar à vin.
- 4:33Et dans toutes ces maisons,
- 4:34est-ce que tu as des moments marquants,
- 4:37des expériences un peu jalons qui t'ont apporté quelque chose de particulier,
- 4:41des moments forts ?
- 4:42Alors chaque maison m'a apporté vraiment quelque chose de très différent,
- 4:45chaque maison m'a formée.
- 4:46Il y en a qui m'ont marqué plus que d'autres parce que je suis restée plus longtemps.
- 4:52L'eau vive,
- 4:52ça a été un apprentissage exceptionnel.
- 4:54La grappe d'or parce qu'ils m'ont déjà laissé la chance d'être sommelière.
- 4:57C'était ton...
- 4:58Ton début,
- 5:00ça.
- 5:01C'était vraiment mon début.
- 5:03Et je me souviens que quand j'ai commencé,
- 5:05le sommelier est parti du jour au lendemain.
- 5:07Du coup,
- 5:07j'ai dû reprendre le poste un peu à la sauvette.
- 5:10Et je n'avais pas encore fini mes études,
- 5:12donc j'étais très stressée.
- 5:13Je me souviens que je faisais mon service et que je laissais toutes mes bouteilles traîner.
- 5:16Et c'est Clément Petitjean qui passait derrière en les remettant au frais,
- 5:19en remettant les bouchons dessus.
- 5:21Parce qu'en fait,
- 5:22c'était la première fois et je n'étais pas du tout organisée.
- 5:24Et pour moi,
- 5:25c'était d'abord le client avant l'arrière du décor.
- 5:27Et donc,
- 5:27lui,
- 5:28il s'est arrangé pour que tout soit nickel après.
- 5:31Mais eux m'ont vraiment apporté énormément et surtout la qualité du service.
- 5:36Puis après,
- 5:36j'ai été chez Anne et Pierre Résimont,
- 5:38où là,
- 5:38j'ai appris énormément aussi,
- 5:41où ça a été des grands classiques,
- 5:43où j'ai goûté des grands Bordeaux,
- 5:45des grands Bourgognes.
- 5:46J'ai vraiment eu un...
- 5:48Voilà,
- 5:48c'était à la dure,
- 5:49un peu.
- 5:50J'ai des morts sur ma chic,
- 5:51mais j'ai appris énormément.
- 5:53Et l'air du temps,
- 5:54je voulais vraiment y aller parce que j'admire beaucoup San pour son côté chef.
- 5:58Mais il a aussi une cave qui est un peu plus rock'n'roll,
- 6:00avec des vins nature.
- 6:01Et du coup,
- 6:02je n'avais pas du tout cet aspect-là.
- 6:03En tout cas,
- 6:04moins qu'à l'eau vive.
- 6:06J'en avais moins à l'eau vive qu'à l'air du temps.
- 6:08Et donc,
- 6:08je voulais vraiment avoir une formation complète.
- 6:10Et donc,
- 6:10c'était hyper important pour moi de passer par une grande maison avec un style complètement différent,
- 6:15en fait.
- 6:15Un style plutôt avant-gardiste,
- 6:17alors que...
- 6:18L'eau vive,
- 6:18c'est vraiment un lieu plus classique.
- 6:21Mais les expériences ont toutes été hyper enrichissantes pour moi.
- 6:24J'ai rencontré à chaque fois des clients différents,
- 6:26des fournisseurs différents,
- 6:27des partenaires et des collègues différents.
- 6:29Donc,
- 6:30c'était hyper riche.
- 6:31Vraiment,
- 6:32c'était très important pour moi de me former avant d'ouvrir un établissement à mon nom.
- 6:38Barbara,
- 6:39c'est quoi ton premier souvenir avec ta première rencontre ?
- 6:43Eh bien,
- 6:43je n'en ai pas beaucoup de souvenirs,
- 6:45parce que chez mes parents,
- 6:47on ne buvait pas beaucoup de vin.
- 6:48Mes parents aiment bien le vin,
- 6:49mais n'ont pas du tout une culture du vin.
- 6:52Donc,
- 6:52je ne me souviens pas exactement de quand j'ai bu mon premier verre de vin,
- 6:56mais je me souviens,
- 6:58quand j'ai commencé à aller dans les restaurants,
- 7:00j'ai un souvenir assez précis du sommelier ou de la sommelière de ce moment-là qui explique le vin.
- 7:06Et je me dis,
- 7:07c'est quand même tout un univers à part.
- 7:09Et ce n'est vraiment pas quelque chose auquel je croyais.
- 7:12Pour moi,
- 7:12c'était un peu du flanflan de dire oui,
- 7:14ça sent la rose
- 7:16Et du coup,
- 7:18j'ai eu une petite claque quand j'ai commencé mes cours d'onologie parce que c'était vraiment… Du coup,
- 7:22je me suis dit mais en fait,
- 7:23il y a tout un univers qu'on ne connaît pas,
- 7:24qui est exceptionnel Et du coup,
- 7:27oui.
- 7:27Mais donc,
- 7:27je n'ai pas de premier souvenir de vin.
- 7:29J'ai des vins coup de cœur dont je me souviens,
- 7:31mais je n'ai pas de souvenir propre de mon premier verre de vin.
- 7:35Et pourtant,
- 7:35je n'étais pas si jeune que ça.
- 7:36On l'a vu quand je l'ai bu.
- 7:38À mon avis,
- 7:39comme tout le monde,
- 7:39j'ai dû commencer avec un truc bien sucré,
- 7:42du Delhaize ou quelque chose comme ça.
- 7:44À mon avis,
- 7:44je n'ai pas dû avoir un Châteauneuf-du-Pape de 89 pour commencer.
- 7:49Donc,
- 7:50tu disais,
- 7:50ce n'est pas familial.
- 7:52Ça s'est vraiment venu la première fois que tu étais au restaurant.
- 7:55Oui.
- 7:56Du coup,
- 7:56en fait,
- 7:56vraiment,
- 7:57mes parents boivent du vin,
- 7:59comme Monsieur et Madame tout le monde,
- 8:00je dirais.
- 8:00Mais je pense que mes grands-parents avaient une chouette cabavein,
- 8:03mais sans plus.
- 8:05Du coup,
- 8:05je n'ai pas eu…
- 8:07Je n'ai pas eu la culture ou l'apprentissage du vin dans ma famille.
- 8:11Et donc j'ai vraiment dû apprendre sur le tard,
- 8:14pendant mes études.
- 8:14Et c'est vraiment lors de mes premières sessions de cours de Nau,
- 8:18où je me suis dit,
- 8:20c'est vraiment trop gai en fait.
- 8:22En fait,
- 8:23ce n'est pas tant le fait que j'ai bien aimé le vin,
- 8:26c'est vraiment tout le partage qu'on peut avoir autour du vin.
- 8:28Et donc on était dix dans cette classe et tout le monde avait des avis différents sur le vin.
- 8:32Et je me suis dit,
- 8:33c'est vraiment un moment d'échange qui est hyper intense.
- 8:36Et c'est vraiment ça qui m'a poussée vers le vin.
- 8:38En fait,
- 8:38on peut être avec plein de gens à table,
- 8:40tout le monde va avoir un avis sur la bouteille,
- 8:42sur le vigneron,
- 8:42sur sa manière de travailler.
- 8:44Donc pour moi,
- 8:44c'est vraiment plutôt du partage que vraiment boire ensemble.
- 8:48C'est vraiment ça qui est important pour moi dans le vin.
- 8:51L'échange.
- 8:52Exactement.
- 8:53Dans ton parcours au travers de ces différentes maisons,
- 8:56etc.,
- 8:58Est-ce qu'il y a eu un moment des gaffes ?
- 9:00T'as eu des claques comme ça ?
- 9:03Des gaffes ?
- 9:04Oui.
- 9:04Des erreurs ?
- 9:05Oui,
- 9:05j'en ai fait plein.
- 9:06Une en particulier ?
- 9:08J'en ai fait plein.
- 9:09De nouveau,
- 9:10à la Grave d'Or,
- 9:10il y en a beaucoup qui se sont passées là-bas parce que c'était la première fois que j'étais sur l'air.
- 9:14J'ai une table de six qui commande une bouteille de vin et moi,
- 9:17je remplis les trois premiers verres à fond.
- 9:20Il y avait beaucoup trop.
- 9:21Je me mets vraiment...
- 9:24On y va,
- 9:24je ne me rends pas compte de la quantité que je mets.
- 9:27Et puis en fait,
- 9:27je me rends compte que je ne sais pas servir le dernier convive parce qu'il n'y a plus rien dans la bouteille.
- 9:31Et donc là,
- 9:31je suis hyper mal en disant,
- 9:33mais évidemment,
- 9:34la personne adorable me dit de toute façon qu'on déprend une deuxième bouteille.
- 9:38Et donc,
- 9:39franchement,
- 9:39la personne a été trop chou parce qu'il voyait bien que c'était vraiment juste.
- 9:44Je ne me suis pas rendu compte de la quantité qu'il y avait exactement dans la bouteille par rapport au nombre de convives.
- 9:50Donc voilà,
- 9:51ça m'est arrivé.
- 9:52Et ça,
- 9:52plus d'une fois,
- 9:52de ne pas avoir remis ma bouteille au frais.
- 9:55Ça,
- 9:55c'était plutôt à l'eau vive où le client la commande et là,
- 9:58je me dis,
- 9:58elle n'est pas offrée,
- 10:00je ne peux pas servir le vin tiède.
- 10:03Après,
- 10:03je retombe toujours plus ou moins sur mes pannes,
- 10:05donc j'ai pas dû,
- 10:06j'ai dû un peu bidouiller.
- 10:07Je me souviens plus de ce que j'ai expliqué,
- 10:09mais j'ai fait patienter avec un autre verre.
- 10:11Mais voilà,
- 10:13j'ai jamais fait d'énormes erreurs.
- 10:14Enfin,
- 10:15je pense pas,
- 10:16ou alors je le sais pas.
- 10:17Mais en tout cas,
- 10:18évidemment,
- 10:19je me suis plantée sur plein de trucs.
- 10:20Mais je pense que la plus grosse,
- 10:21c'était vraiment de ne pas avoir assez dans ma bouteille pour finir la table.
- 10:24C'était...
- 10:27Et à contrario,
- 10:28les moments les plus forts,
- 10:29les moments les plus positifs,
- 10:30c'est le moment d'extase.
- 10:32Mais moi,
- 10:32il n'y a rien à faire,
- 10:33c'est l'intensité d'un service.
- 10:34Donc,
- 10:35plus on a du monde,
- 10:36plus le service est tendu,
- 10:38plus on a de l'adrénaline.
- 10:39Et ça,
- 10:40c'est vraiment le meilleur moment où je prends un plaisir d'en faire parce qu'on est hyper stressé,
- 10:45mais tout roule.
- 10:46Chacun sait ce qu'il a à faire et c'est vraiment comme une danse.
- 10:49Et ça,
- 10:49pour moi,
- 10:49c'est vraiment un moment hyper exaltant.
- 10:52J'ai aussi des moments où les gens me remercient d'avoir choisi le vin.
- 10:55Donc,
- 10:55ils me parlent en disant,
- 10:56voilà,
- 10:56on voudrait un verre de vin.
- 10:57Ils me disent un peu ce qu'ils aiment.
- 10:59Je dis Ok,
- 10:59faites-moi confiance Et là,
- 11:00quand je sors la bonne bouteille,
- 11:02où les gens me disent
- 11:03C'est exactement ce qu'on voulait et on ne connaît pas ça,
- 11:06c'est trop gay.
- 11:06Ça,
- 11:06c'est vraiment des chouettes moments où je me dis
- 11:09Je fais vraiment ce métier pour ça.
- 11:11Pour donner du plaisir aux gens et pour avoir de nouveau cet échange avec eux et la confiance.
- 11:16Mais du coup,
- 11:17oui,
- 11:17ça,
- 11:17c'est vraiment des moments hyper forts.
- 11:19Mais souvent,
- 11:19c'est en fin de service,
- 11:20quand on s'est dit Ouais,
- 11:21on a fait un super service,
- 11:23tout s'est bien passé et en même temps,
- 11:24c'était intense.
- 11:26Ça,
- 11:26c'est vraiment mes moments préférés.
- 11:28Après le rush.
- 11:29Après le rush,
- 11:30juste quand on s'en est bien sorti,
- 11:31que tout s'est bien passé.
- 11:33C'est quoi un bon vin ?
- 11:35Je pense que c'est très personnel,
- 11:37cette question.
- 11:38Pas par rapport à moi,
- 11:39mais tout le monde a sa définition d'un bon vin.
- 11:41Un bon vin,
- 11:42c'est le vin que vous allez apprécier.
- 11:43C'est le vin qu'on boit parce qu'on l'aime,
- 11:47mais aussi parce qu'il a un bon rapport qualité-prix par rapport à notre budget,
- 11:51parce qu'il a les caractéristiques que nous,
- 11:53on aime.
- 11:54Donc en fait,
- 11:54on ne peut pas vraiment dire...
- 11:55On peut dire que c'est un mauvais vin,
- 11:57c'est un vin bouchonné,
- 11:58c'est un vin...
- 11:59qui n'a pas beaucoup de corps,
- 12:00c'est un vin qui peut être passé.
- 12:02Mais un bon vin,
- 12:06c'est trop vaste.
- 12:08Tout le monde a son propre vin.
- 12:09Et pour moi,
- 12:10ce qu'est un bon vin ne va pas l'être pour un client,
- 12:13un collègue.
- 12:14Tout va être différent.
- 12:15Et donc,
- 12:15je pense qu'il n'y a pas de bon vin.
- 12:17Pour moi,
- 12:18personnellement,
- 12:19un bon vin,
- 12:19c'est un vin qui est hyper élégant,
- 12:22avec de l'équilibre,
- 12:23un peu d'acidité,
- 12:24du gras,
- 12:25qui peut vieillir.
- 12:26C'est un vin qu'on partage de nouveau,
- 12:28où on est tous ensemble et où on ouvre cette bouteille en sachant qu'on ne va pas la boire seule ou qu'on ne va pas la boire dans son coin,
- 12:35qu'on va expliquer,
- 12:36qu'on va amener des choses.
- 12:38Pour moi,
- 12:38ça,
- 12:38c'est un bon vin.
- 12:39Mais après,
- 12:39ce n'est pas parce que moi,
- 12:41je l'aime bien que tout le monde va l'aimer.
- 12:42Et c'est ça qui est génial,
- 12:43c'est que c'est vraiment une question de goût.
- 12:45Est-ce que dans la suite de ta carrière,
- 12:46parce que tu as déjà eu,
- 12:47tu as dit 35 ans,
- 12:48tu as déjà eu beaucoup de parcours,
- 12:50etc.
- 12:51Tu as été dans beaucoup de maisons.
- 12:53Est-ce qu'on pourrait t'imaginer un jour devenir ligneronne ?
- 12:57Non.
- 12:58Ça ne vous fait pas de problème ?
- 12:59Je ne pense pas que je serai un jour vigneron,
- 13:02parce que pour moi,
- 13:02c'est vraiment un métier complètement différent de ce que je fais.
- 13:06C'est un métier qui comporte énormément de risques.
- 13:08C'est vraiment un métier que j'admire énormément.
- 13:10Tous les vignerons,
- 13:11ils passent leur vie dehors à chouchouter leur vigne,
- 13:15et du jour au lendemain,
- 13:16tout peut s'effondrer à cause d'une grêle,
- 13:18à cause du mauvais temps,
- 13:20à cause de trop de beau temps.
- 13:23C'est en fait trop indépendant.
- 13:26de notre propre travail ou de leur propre travail.
- 13:29Et donc,
- 13:30pour moi,
- 13:30c'est hyper compliqué.
- 13:31Et ce serait trop intense.
- 13:32Je ne peux pas gérer ces émotions-là.
- 13:35Ce serait vraiment trop fort.
- 13:37Donc non,
- 13:37je ne serais jamais vénérone.
- 13:39Tu dis ici que tu ne pourrais pas gérer ces émotions,
- 13:41mais quand tu es dans plein rush en service où tout le monde attend,
- 13:44etc.,
- 13:45c'est une autre forme d'émotion.
- 13:47Et ça,
- 13:48par contre,
- 13:48ça te motive,
- 13:49ça te pèse,
- 13:49c'est un moteur.
- 13:50Oui,
- 13:51parce que ça dépend.
- 13:52Ça dépend pas que de moi,
- 13:53mais ça dépend beaucoup de moi.
- 13:55Donc je peux évidemment donner le change,
- 13:58je peux trouver des solutions.
- 14:00Quand il grêle sur votre vignoble,
- 14:01vous pouvez pas trouver beaucoup de solutions.
- 14:03Enfin,
- 14:03je pense qu'on n'en a pas.
- 14:04Ou quand la vigne est malade,
- 14:06c'est compliqué,
- 14:06il faut gérer.
- 14:07Et donc c'est pour moi trop indépendant de ma volonté.
- 14:09Si on est complet et que ça tourne pas,
- 14:11c'est qu'il y a quelque chose que j'ai mal fait.
- 14:13Du coup,
- 14:14je peux m'en prendre qu'à moi-même ou à mes employés.
- 14:17Mais en tout cas,
- 14:18c'est un problème d'équipe.
- 14:19En tout cas,
- 14:19c'est...
- 14:22C'est de mon ressenti là,
- 14:24quand c'est la météo qui décide,
- 14:25pour moi c'est trop compliqué.
- 14:27Et encore une fois,
- 14:27c'est aussi très subjectif,
- 14:29on peut faire un très bon vin,
- 14:30ou un vin que le vinairon adore et en fait qui ne se vend pas,
- 14:34pour plein de raisons différentes et donc je trouve ça très compliqué.
- 14:39C'est vraiment un métier que j'admire énormément mais que je ne serais pas capable de faire.
- 14:43Et j'aime de nouveau trop le contact avec les gens.
- 14:46Donc dans le service,
- 14:47il y a servir le vin mais il y a servir le client.
- 14:49Et moi,
- 14:50j'ai trop besoin d'être en contact,
- 14:52d'expliquer les choses,
- 14:53de parler avec eux,
- 14:54d'écouter ce qu'ils ont à me dire.
- 14:56Mais ça peut être quelque chose sur le vin,
- 14:57mais ça peut être aussi quelque chose de personnel.
- 14:59On fait vraiment un métier qui crée un lien,
- 15:02et pour moi,
- 15:02ce lien est hyper important.
- 15:04que je n'aurais pas dans le métier de vigneron.
- 15:08Tant un peu entre les lignes que tu apportes énormément d'importance à l'échange avec le client,
- 15:13etc.
- 15:14D'autres pourraient prendre la posture de dire,
- 15:16c'est moi l'experte,
- 15:17je sais.
- 15:19Non,
- 15:19oui,
- 15:20on pourrait,
- 15:21mais en fait,
- 15:22non,
- 15:22je ne suis pas experte du tout.
- 15:24Je fais mon métier et le métier de sommelier,
- 15:27pour moi,
- 15:27c'est d'être à l'écoute de ses clients.
- 15:29Et pareil pour un plat,
- 15:30en fait,
- 15:30je peux faire un accord qui soit exceptionnel,
- 15:33que je trouve exceptionnel,
- 15:34mais que le client n'aime pas,
- 15:36parce qu'il n'aime pas ce vin-là,
- 15:37parce qu'il n'aime pas la syrape,
- 15:38parce qu'il n'aime pas le plat.
- 15:39Il y a plein de raisons,
- 15:40et donc je trouve que c'est toujours…
- 15:43Je n'ai pas la science infuse,
- 15:46donc je suis d'accord.
- 15:47Moi,
- 15:47je trouve que mon accord fonctionne.
- 15:49Je le trouve super chouette,
- 15:50je le trouve original,
- 15:51je trouve qu'il colle les goûts.
- 15:53Mais en fait,
- 15:53si le client n'aime pas ce type de vin…
- 15:56Par exemple,
- 15:56je peux faire un accord avec du homard et je mets un vin orange.
- 15:59Si le client n'aime pas le vin orange,
- 16:00il ne va pas aimer mon accord.
- 16:01Ce n'est pas pour ça que c'est faux.
- 16:03C'est juste qu'en fait,
- 16:04c'est de nouveau une question de goût.
- 16:05Et donc,
- 16:06évidemment qu'on change le vin.
- 16:07Bien sûr que je vais trouver autre chose qui va lui plaire à lui.
- 16:10Le client est là pour passer un bon moment.
- 16:12Après,
- 16:12je ne peux pas ouvrir des mille bouteilles,
- 16:14mais c'est très important pour moi qu'il soit content en sortant d'ici et en se disant Ah,
- 16:19mais moi,
- 16:19j'ai passé une très bonne soirée parce que j'ai bu le vin que j'avais envie de boire.
- 16:24On pourrait aussi dire,
- 16:25il y a des gens qui me demandent des glaçons dans le rosé.
- 16:28En fait,
- 16:28c'est eux qui vont boire le vin.
- 16:29Je ne suis pas du tout pour.
- 16:31Tu n'es pas dogmatique.
- 16:33Mais en même temps,
- 16:34si ça leur fait plaisir,
- 16:35allez-y,
- 16:35mettez des glaçons dans le rosé.
- 16:38Je suis qui pour leur dire que ce n'est pas bien,
- 16:40en fait ?
- 16:41Ok.
- 16:41Tu réserves vraiment une très,
- 16:43très grande liberté.
- 16:44Alors,
- 16:44on peut éduquer le client.
- 16:46Et c'est exactement ce qu'on fait en disant,
- 16:47je serai vous.
- 16:48Je ne ferai pas ça.
- 16:49On peut remettre le rosé au frais.
- 16:51Mais en fait,
- 16:51à partir du moment où ils disent,
- 16:52je sais que ça ne se fait pas.
- 16:53mais moi j'adore.
- 16:55Faites-vous plaisir en fait.
- 16:57Ça rejoint le moment de plaisir partagé.
- 16:58Exactement.
- 17:01Pour en revenir au vignoble,
- 17:02le climat sonne les règles.
- 17:04Est-ce que le vin aussi ?
- 17:07Je pense que le vin,
- 17:08on a la chance d'avoir pas mal de vignerons qui s'adaptent au climat et qui font de leur mieux.
- 17:12Donc le vin reste une matière vivante.
- 17:14Le vin reste quand même assez stable ces dernières années.
- 17:18J'ai l'impression que ça ne part pas en cacahuètes dans tous les sens non plus.
- 17:22mais ça c'est grâce aux vignerons qui font un travail exceptionnel derrière le vignoble et qui réfléchissent à plein de solutions justement pour qu'on n'ait pas les vins trop alcoolieux ou qu'on n'ait pas des vins qui soient trop compliqués,
- 17:32trop chauds,
- 17:32trop lourds.
- 17:34Mais je pense qu'à un moment ça va créer un problème effectivement,
- 17:37qu'on va arriver à une solution,
- 17:39qu'on ne va pas trouver de solution à un moment.
- 17:41Alors j'espère que je ne serai plus de ce monde quand ça arrivera,
- 17:43mais je pense que ça va arriver quand même.
- 17:46Du vin en Orvège ou au Gros-de-Jolme ?
- 17:48Ça commence en fait en Angleterre.
- 17:50Effectivement,
- 17:51on fait des effervescents exceptionnels,
- 17:53alors qu'à la base,
- 17:55ce n'est pas forcément un endroit où on fait du vin.
- 17:58Mais en fait,
- 17:58avec le réchauffement climatique,
- 17:59et c'est comme en Belgique,
- 18:00on voit de plus en plus de vinaigres belges qui ont des très chouettes maturités comparées à il y a dix ans,
- 18:05parce qu'en fait,
- 18:05le climat change aussi.
- 18:06Après,
- 18:07on a aussi des vinaigrons qui se sont mieux formés,
- 18:09plein de choses,
- 18:09mais en tout cas,
- 18:10clairement,
- 18:11le climat nous aide en Belgique pour avoir des vins qui sont un peu plus mûrs.
- 18:15Comment tu sélectionnes ?
- 18:16Tu préfères des choses bien établies ou tu recherches la nouveauté absolue ?
- 18:21Ce qui est très chouette dans ma formation et dans mon parcours,
- 18:24c'est que j'ai vraiment eu des maisons classiques avec des vins classiques que j'adore,
- 18:31et puis des maisons plus rock'n'roll avec des vins plus rock'n'roll que j'adore aussi.
- 18:35Donc je n'ai pas de barrière,
- 18:36je ne me mets vraiment pas de barrière.
- 18:37Ce qu'il faut,
- 18:37c'est que ça me plaise à moi,
- 18:39ça c'est sûr.
- 18:40Sinon,
- 18:40on ne prend pas le vin,
- 18:41on n'achète pas le vin,
- 18:42parce que si je n'aime pas,
- 18:43je ne veux pas savoir le vendre.
- 18:45Après,
- 18:45je sais aussi que moi,
- 18:47j'adore les vins hyper légers,
- 18:48frais,
- 18:49des rouges,
- 18:50comme du gamay ou du pinot noir.
- 18:52Mais je sais aussi que j'ai des gens qui vont adorer les choses qui ont plein de bois.
- 18:56Alors,
- 18:56on va essayer de trouver un compromis.
- 18:58Moi,
- 18:58je ne suis pas très fan de Bordeaux,
- 19:01mais après,
- 19:01il y a des Bordeaux qui sont bien faits,
- 19:02donc on veut bien les travailler.
- 19:04Donc,
- 19:04c'est toute une démarche de trouver ce qui nous plaît,
- 19:07mais ce qui va plaire aussi aux clients.
- 19:09Donc,
- 19:09on n'est pas fermé du tout.
- 19:10Donc,
- 19:10je n'ai pas que des vins nature à ma carte.
- 19:12J'ai des vins qui sont propres,
- 19:13qui sont...
- 19:15vraiment bien en biodynamie,
- 19:17mais ce n'est pas forcément du nature.
- 19:18Donc si le vigneron doit sulfiter un petit peu,
- 19:20moi je trouve ça logique.
- 19:22Donc ça ne me choque pas.
- 19:24Et donc ce qui me permet aussi de toucher une clientèle plus vaste et de ne pas avoir que des gens qui adorent le vin nature,
- 19:29un peu rock'n'roll,
- 19:30je trouve qu'en fait il y a des choses plus conventionnelles qui sont très bien faites et c'est ça l'idée,
- 19:34c'est en fait de montrer qu'il y a plein de choses qui sont bien faites et qu'on peut apprécier un bon Bourgogne comme...
- 19:42Un vin un peu fancy du sud-ouest,
- 19:45voilà.
- 19:45Il y en a pour tous les goûts,
- 19:46en tout cas.
- 19:47Mais c'est sûr qu'on ne travaille pas avec des gros vignerons qui mettent plein de désherbants,
- 19:51plein de pesticides.
- 19:52Ça,
- 19:52ça ne nous intéresse pas.
- 19:53On travaille vraiment avec des petits vignerons indépendants qui se battent pour leurs vignes et qui font les choses correctement,
- 20:00avec un minimum de sens,
- 20:02en fait.
- 20:03Vous avez beaucoup de rencontres avec les clients à table,
- 20:07ici au restaurant et dans tes précédents postes.
- 20:10Est-ce que tu fais le même type de rencontre avec tes vignerons sur site ?
- 20:13Est-ce que tu voyages avec le vin ?
- 20:15Alors j'aimerais beaucoup avoir le temps de voyager.
- 20:18J'aimerais beaucoup être une sommelière qui laisse une semaine son bar à ses employés.
- 20:24Malheureusement,
- 20:24ça ne fonctionne pas toujours comme ça.
- 20:26Donc je fais pas mal de rencontres,
- 20:27mais sur salon ou dans les journées portes ouvertes ou pendant mes vacances,
- 20:31mais c'est vrai que ce n'est pas une priorité.
- 20:33En fait,
- 20:35du coup,
- 20:35je ne suis plus que sommelière,
- 20:36je gère aussi un établissement.
- 20:38Et donc ça,
- 20:39ça a pris le pas sur ma rencontre avec les vignerons.
- 20:41Donc en fait,
- 20:42il faut d'abord que je gère tout mon établissement.
- 20:44Et ça veut dire être présente à chaque ouverture.
- 20:47Et donc je ne peux pas me permettre,
- 20:48dans cette première année de lancement de bar,
- 20:51de ne pas être présente pour aller voir les vignerons.
- 20:54En tout cas,
- 20:54financièrement,
- 20:55je ne peux pas lui permettre.
- 20:57Tu m'amènes automatiquement à la question suivante,
- 20:59parce que tu es indépendante en Belgique.
- 21:03C'est quoi ton rapport à l'argent ?
- 21:05Autant privé que pro.
- 21:06Alors du coup,
- 21:09j'ai décidé,
- 21:10c'est comme ça,
- 21:11je ne suis pas quelqu'un qui est fort attiré par l'argent,
- 21:14donc ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse vraiment.
- 21:16Après,
- 21:17je dois en gagner évidemment pour faire tourner le bar.
- 21:21Je pars du principe que il faut que je puisse me payer,
- 21:25moi,
- 21:26payer mon employé,
- 21:27payer mes fournisseurs,
- 21:28évidemment dans le sens inverse,
- 21:29je paye d'abord mes fournisseurs,
- 21:30mon employé,
- 21:31et puis moi en dernier.
- 21:32Mais l'idée,
- 21:32c'est de pouvoir payer tous les frais.
- 21:34Après,
- 21:34si on a un bénéfice,
- 21:35tant mieux.
- 21:36Si on n'en a pas,
- 21:36ce n'est pas très grave.
- 21:37On peut quand même vivre.
- 21:38Enfin,
- 21:38moi,
- 21:38je peux vivre avec un salaire.
- 21:39L'idée,
- 21:39ce n'est pas d'exploser,
- 21:42de rouler dans une grosse voiture et d'avoir des gros bijoux.
- 21:45Enfin,
- 21:45ce n'est pas du tout ma vision.
- 21:47Moi,
- 21:47je veux justement que mon bar vive parce que c'est un endroit qui me plaît.
- 21:52C'est un endroit que j'affectionne,
- 21:53évidemment.
- 21:53C'est moi qui l'ai créé.
- 21:54Et c'est tout.
- 21:55Donc,
- 21:55je ne suis pas la plus vénère.
- 21:59Je ne pense pas.
- 22:01Tu pourrais dépenser énormément d'argent pour te faire ou pas ?
- 22:04Non,
- 22:05pour moi,
- 22:05c'est vraiment le rapport qualité-prix qui est hyper important.
- 22:08Donc,
- 22:08je peux acheter une bouteille à 15 balles et me dire,
- 22:10Waouh,
- 22:10dingue,
- 22:11pour 15 euros,
- 22:11j'ai ça.
- 22:12Par contre,
- 22:13si je mets 500 euros et que je me dis,
- 22:14Ah ouais,
- 22:15c'est ça ça ne m'adresse pas.
- 22:17Donc non,
- 22:17je ne suis pas une grande dépensière en vin.
- 22:19J'aime beaucoup.
- 22:21J'aime beaucoup les bons vins.
- 22:23Il y a des vins très chers que j'apprécie,
- 22:26mais ce n'est pas…
- 22:28Je n'en achète pas beaucoup.
- 22:29D'ailleurs,
- 22:29la moyenne des vins ici n'est pas exagérée parce que j'estime que c'est d'abord un rapport qualité-prix qui est important.
- 22:37Après,
- 22:38il y a des très bons vins qui sont exceptionnels et je suis très contente de pouvoir les boire.
- 22:42Mais bien sûr,
- 22:42ce n'est pas moi qui les paie.
- 22:44Tu es invitée par l'usine ?
- 22:46Non,
- 22:46souvent,
- 22:47c'est l'heure de repas où chacun met une bouteille.
- 22:50C'est plutôt avec des amis,
- 22:51avec des collègues.
- 22:52C'est plutôt l'idée.
- 22:54ou bien on fait des rendez-vous avec d'autres sommeliers où chacun porte une belle bouteille.
- 22:58Donc là,
- 22:58c'est vrai que c'est gai d'avoir une belle bouteille à amener.
- 23:01Mais voilà,
- 23:02je pense que c'est vraiment hyper important le rapport qualité-prix et que ce n'est pas parce qu'un vin n'est pas cher qu'il n'est pas bon et ce n'est pas parce qu'un vin est cher qu'il est bon.
- 23:09Et ça,
- 23:09c'est hyper important.
- 23:12Ok.
- 23:13Toujours dans la partie financière de l'interview,
- 23:16j'ai lu via les réseaux sociaux que tu postais plusieurs pétitions à propos de la rémunération des restaurateurs et plus largement des gens dans l'horeca.
- 23:27Le resto,
- 23:28c'est de plus en plus cher,
- 23:29mais les restaurateurs arrivent de moins en moins à en vivre.
- 23:32Quel est ton point de vue par rapport à ça ?
- 23:35Effectivement,
- 23:35c'est très compliqué de vivre de ce métier.
- 23:38Donc,
- 23:38je viens de lancer le bar et je...
- 23:40Pour donner une idée,
- 23:41c'était très compliqué au tout début de me donner un salaire.
- 23:44D'ailleurs,
- 23:44je ne me suis pas payée pendant les trois premiers mois,
- 23:47juste parce qu'il n'y avait pas assez d'argent qui rentrait et parce que les gens dépensent moins qu'avant en termes de quantité.
- 23:53Donc,
- 23:53ils font plus attention à ce qu'ils dépensent parce que tout a vraiment augmenté,
- 23:56toutes les matières premières.
- 23:57Donc,
- 23:57le prix des choses augmente pour les restaurateurs,
- 24:00mais augmente aussi pour le client.
- 24:01Et donc,
- 24:01il fait attention,
- 24:02il dépense un peu moins.
- 24:04En tout cas,
- 24:04il fait plus attention à ce qu'il dépense.
- 24:05Je ne sais pas s'il dépense moins,
- 24:06mais...
- 24:07Et donc,
- 24:08clairement,
- 24:08c'est très compliqué pour nous,
- 24:10je pense,
- 24:11à l'heure actuelle,
- 24:11de joindre les deux bouts.
- 24:14La preuve,
- 24:14c'est que nous,
- 24:14on n'est que deux à travailler ici,
- 24:17alors qu'on fait tout.
- 24:18On fait la plonge,
- 24:19on fait le ménage.
- 24:20En tout cas,
- 24:21quotidiennement,
- 24:21on a quelqu'un qui vient une fois par semaine faire le général.
- 24:27On n'a pas de cuisinier,
- 24:28donc on est deux.
- 24:29Parce qu'en fait,
- 24:30la réalité est que je ne peux pas payer un troisième employé.
- 24:33Parce que j'ai trop de charges dessus et que je ne gagne pas assez ma vie que pour le payer lui ou elle.
- 24:39Et du coup,
- 24:39c'est assez compliqué.
- 24:43Je pense que c'est vraiment là où est le problème,
- 24:45c'est qu'on paye énormément de charges pour nos employés et que du coup,
- 24:48on ne sait pas les rémunérer correctement.
- 24:51Ils font beaucoup d'heures,
- 24:52c'est très compliqué pour nous de les limiter à
- 24:568 heures par jour.
- 24:57On le fait,
- 24:58mais du coup,
- 24:58ça veut dire qu'on doit,
- 24:59nous,
- 25:00travailler beaucoup plus.
- 25:01Et donc,
- 25:01ce qui est très compliqué.
- 25:03Tu veux dire par là que le cadre légal n'est pas très adapté à la réalité du terrain ?
- 25:06Exactement.
- 25:07Donc c'est toujours très drôle quand on fait un plan financier,
- 25:09on me dit oui,
- 25:09mais vous payez bien votre employé pour 8 heures.
- 25:12En fait,
- 25:12on sait tous qu'elle ne va pas faire 8 heures.
- 25:14On sait tous qu'on va lui demander de tirer un peu plus,
- 25:17qu'on va s'arranger,
- 25:18qu'elle va être en congé.
- 25:20Enfin voilà,
- 25:21en fait,
- 25:21on bidouille pour que ça fonctionne,
- 25:23vraiment.
- 25:25Mais c'est très compliqué.
- 25:26Donc moi,
- 25:27elle fait 8 heures par jour.
- 25:28Et en fait,
- 25:29c'est moi qui fais les autres heures.
- 25:30Mais donc c'est...
- 25:32C'est énorme,
- 25:32c'est intense.
- 25:34Et en fait,
- 25:34j'aimerais bien lui dire Ok,
- 25:36je te paye super bien,
- 25:37et c'est 8 heures par jour.
- 25:38Et ce n'est pas grave si c'est que 8 heures,
- 25:40parce que j'ai une troisième employée qui vient.
- 25:43En fait,
- 25:43ce n'est pas possible.
- 25:44C'est un peu un sacrifice de ta part,
- 25:46en fait.
- 25:47Ce n'est pas un sacrifice,
- 25:48je l'ai choisi.
- 25:49J'ai choisi d'être indépendante,
- 25:50j'ai choisi d'ouvrir un bar,
- 25:51j'ai choisi d'être dans ce modèle-là.
- 25:53Mais c'est sûr que si je pouvais engager une troisième employée,
- 25:55je le ferais,
- 25:56vraiment,
- 25:56pour que ça me soulage moi,
- 25:57pour que ça soulage mon employée aussi.
- 26:00On est toujours à la bourre parce qu'en fait,
- 26:03il faut avancer,
- 26:04il faut que ça aille vite parce qu'elle ne peut pas faire plus d'heures.
- 26:07C'est toujours très,
- 26:07très compliqué.
- 26:08Et je trouve que c'est très triste qu'en fait,
- 26:10les politiques ne nous entendent pas.
- 26:12Et il y a plein de restaurants qui ferment.
- 26:14Il y en a d'autres qui ouvrent,
- 26:15mais il y en a beaucoup qui ferment,
- 26:16qui sont au bord de la faillite ou qui sont en faillite.
- 26:18Et j'ai l'impression que les politiques n'entendent pas qu'en fait,
- 26:22on est là.
- 26:23C'est un secteur qui souffre énormément depuis le Covid,
- 26:25et même avant,
- 26:26mais vraiment depuis le Covid,
- 26:27et qu'il n'y a rien qui est fait.
- 26:29pour qu'on puisse nous entendre.
- 26:31Juste nous entendre,
- 26:32il n'y a même pas de changement.
- 26:33Enfin,
- 26:33c'est vraiment juste...
- 26:35La communication n'est pas là,
- 26:36en fait.
- 26:37On est tout seul et c'est tout.
- 26:39Tu viens de parler du Covid.
- 26:41Comme on a connu tous ici il y a deux ans,
- 26:43on est ici au printemps 2024.
- 26:46Qu'est-ce que tu as fait,
- 26:46toi,
- 26:47pendant le Covid ?
- 26:48Alors moi,
- 26:49je venais d'ouvrir Barge avec mon associé Grégoire Gillard.
- 26:52Ton précédent restaurant.
- 26:54Oui,
- 26:54mon précédent restaurant.
- 26:58On a été touchés en plein fouet.
- 26:59On venait vraiment d'ouvrir,
- 27:01ça faisait quelques mois.
- 27:03Donc,
- 27:03on a fait comme tout le monde,
- 27:04on a fait du takeaway.
- 27:05Sauf qu'on s'est rendu compte qu'on n'était pas du tout adaptés.
- 27:08Ni la cuisine de Grégoire,
- 27:09ni la...
- 27:10Enfin,
- 27:10c'est une cuisine de restaurant,
- 27:11ce n'est pas une cuisine à emporter.
- 27:13Donc,
- 27:13on a dû simplifier pas mal de choses.
- 27:15On a dû trouver des solutions pour faire venir les gens jusque chez nous,
- 27:18pour qu'ils achètent leur takeaway,
- 27:20faire des choses pas trop chères.
- 27:22Après,
- 27:22il y a beaucoup de gens qui nous ont évidemment énormément soutenus et c'est ça qui est beau.
- 27:26dans ce Covid,
- 27:26c'est une solidarité qui est quand même vraiment là.
- 27:29Mais ça a été très compliqué à gérer.
- 27:31Déjà juste parce qu'on a eu peur pour nous,
- 27:33mais pour notre business.
- 27:36Les aides ont été très compliquées aussi.
- 27:38On a eu le droit passerelle qui a été payé six mois après.
- 27:42Donc nous,
- 27:43en fait,
- 27:43on ne s'est pas payé du tout pendant cette partie-là.
- 27:45On a continué à payer notre loyer,
- 27:46évidemment.
- 27:48Mais donc ça a été une période très,
- 27:49très intense et très dure physiquement et psychologiquement de tenir le coup.
- 27:53Et je ne parle pas de...
- 27:55De la vie privée,
- 27:55je parle vraiment juste du business,
- 27:57on s'est dit mais comment est-ce qu'on va tenir ?
- 27:59Donc ça a été très intense.
- 28:00Après,
- 28:00on a eu beaucoup de chance,
- 28:02on a eu des clients super qui nous ont soutenus.
- 28:04Mais voilà,
- 28:04quand on faisait ça une fois,
- 28:06deux fois,
- 28:06on a été confinés deux fois.
- 28:08Après,
- 28:09on nous a gentiment accordé des terrasses et là,
- 28:11je peux vous dire que c'était le pire,
- 28:14la pire période de ma vie en tant que restauratrice.
- 28:17On avait mis des bâches,
- 28:18il n'y avait plus tout le temps,
- 28:19c'était horrible.
- 28:20Les clients grelottaient de froid,
- 28:22enfin,
- 28:23n'importe quoi,
- 28:23vraiment n'importe quoi.
- 28:25Mais encore une fois,
- 28:26c'est le gouvernement qui a essayé de trouver des solutions.
- 28:28Je pense que dans cette période de crise,
- 28:30de toute façon,
- 28:30personne n'était adéquat parce qu'en fait,
- 28:33ça nous est tombé dessus comme ça.
- 28:35Donc,
- 28:35je pense que tout le monde a fait de son mieux,
- 28:36mais nous,
- 28:37ça a été très compliqué à gérer.
- 28:39Malgré tout,
- 28:39tu as gardé le feu sacré.
- 28:41Oui,
- 28:42quand on se lance dans l'aventure,
- 28:45je me suis dit avec Greg que c'était important qu'on continue,
- 28:47qu'on allait se battre pour ce qu'on avait créé.
- 28:51Si ça arrivait encore maintenant,
- 28:52je me battrais pour que ça continue.
- 28:55Tu as une résilience extraordinaire.
- 28:57Non,
- 28:57mais je pense que quand on crée un projet,
- 28:59quand on a mis toutes ses tripes dedans,
- 29:01on fait tout pour le sauver,
- 29:02vraiment,
- 29:03jusqu'au bout.
- 29:04Capitaine d'une alliée.
- 29:05Ben oui,
- 29:07on était deux,
- 29:07donc c'est plus facile aussi.
- 29:08Mais si ça se rejoue aujourd'hui,
- 29:12je ferai la même chose,
- 29:13même toute seule.
- 29:14Barbara,
- 29:15tu fais un métier passion.
- 29:18Oui.
- 29:19Comment tu gères ?
- 29:21En fait,
- 29:22je ne me rends pas compte que c'est un métier.
- 29:23C'est ça qui est bien.
- 29:25C'est que du coup...
- 29:27En fait,
- 29:28c'est toujours gai d'aller travailler.
- 29:29Il y a des jours où c'est moins gai quand même.
- 29:31Mais en fait,
- 29:32je suis tellement contente d'accueillir les clients,
- 29:35de leur transmettre ce que je sais ou ce que je ne sais pas.
- 29:37De nouveau,
- 29:38on revient à ce mot partage,
- 29:39mais qui est hyper important pour moi.
- 29:41Mais donc,
- 29:41ce n'est pas du tout quelque chose d'éreintant.
- 29:43Alors,
- 29:44il y a évidemment toute la partie paperasse qui n'est pas du tout gai à gérer,
- 29:48mais que je dois gérer quand même.
- 29:49Mais en termes de boulot pur,
- 29:51c'est trop gai.
- 29:52J'arrive ici,
- 29:53on cuisine le matin,
- 29:55ensuite on sélectionne les vins qu'on va servir.
- 29:57Enfin,
- 29:58on sait que ça va...
- 30:00En fait,
- 30:00comme c'est de la passion,
- 30:01on sait que ça va bien se passer.
- 30:03Et donc,
- 30:03même si ça ne va pas bien se passer,
- 30:05on va trouver des solutions pour que ça se passe bien.
- 30:07Alors,
- 30:07à l'inverse,
- 30:08le restaurant à Toilet,
- 30:09c'est un bar,
- 30:10donc c'est très facile à gérer.
- 30:12Je n'ai pas de pression de...
- 30:13En fait,
- 30:14les clients arrivent ici et ils n'ont aucune attente.
- 30:17Enfin,
- 30:17je n'ai pas l'impression,
- 30:18en tout cas.
- 30:18Et donc,
- 30:19moi,
- 30:19ça me retire une pression énorme.
- 30:21Il n'y a pas d'accord à faire,
- 30:22donc on ouvre le vin qu'on a envie d'ouvrir.
- 30:24Vous aimez,
- 30:24vous n'aimez pas,
- 30:25on change,
- 30:25on trouve autre chose.
- 30:27Pourquoi vous n'aimez pas ?
- 30:29Il n'y a pas de timing non plus.
- 30:30Évidemment,
- 30:31il faut que les clients se servent dans un temps relativement correct.
- 30:34Mais je veux dire,
- 30:34je n'ai pas cette pression que j'ai pu avoir avant,
- 30:37où tout doit être parfait.
- 30:38On est dans un étoilé,
- 30:39dans un deux étoiles,
- 30:41et c'est tout à fait compréhensible.
- 30:42Évidemment,
- 30:43je ne remets pas ça en cause.
- 30:45Mais moi,
- 30:45à 35 ans,
- 30:45je n'avais plus envie de ça.
- 30:46J'avais envie de plus de spontanéité,
- 30:48plus d'échange,
- 30:52moins de pression,
- 30:52tout simplement.
- 30:54Et donc,
- 30:54je fais un métier où,
- 30:55en tout cas,
- 30:55à l'heure actuelle,
- 30:56j'ai beaucoup moins de pression.
- 30:57J'ai des pressions qui sont différentes.
- 30:58J'ai des pressions financières,
- 30:59évidemment.
- 31:00J'ai des pressions d'employé,
- 31:02de gérer son personnel.
- 31:04Mais quand je suis dans mon bar et quand je travaille,
- 31:07j'ai aucune pression.
- 31:09Je n'ai plus cette pression-là.
- 31:10J'ai juste,
- 31:12on va profiter de ce moment.
- 31:13Tu es libérée,
- 31:14tu es forte,
- 31:14en fait.
- 31:15Ah oui,
- 31:15total.
- 31:16Oui,
- 31:16c'est hyper chouette,
- 31:17du coup.
- 31:18Parce qu'après,
- 31:19j'ai quand même l'impression de me dire,
- 31:20mince,
- 31:20il y a trop de monde,
- 31:21comment on doit gérer ça ?
- 31:22Enfin,
- 31:22voilà,
- 31:23petit à petit.
- 31:24Mais vraiment...
- 31:25Mais ça,
- 31:25tu aimes.
- 31:26Mais ça,
- 31:26j'adore.
- 31:27Tout de feu,
- 31:27de vache.
- 31:29Vraiment,
- 31:29c'est...
- 31:32Je me suis toujours amusée dans toutes les maisons que j'ai faites.
- 31:35Il y en a qui étaient plus compliquées que d'autres,
- 31:36mais j'ai toujours adoré ce métier.
- 31:38Mais là,
- 31:39c'est genre le stade suprême,
- 31:41quoi.
- 31:41C'est chez moi,
- 31:42je fais ce que je veux.
- 31:42Enfin,
- 31:43c'est que du bonheur.
- 31:44C'est un objectif.
- 31:46dans ta carrière ?
- 31:47C'était un objectif ou pas du tout ?
- 31:48Non,
- 31:48pas vraiment,
- 31:49mais les rencontres ont fait que je me suis rendue compte que il y a plein de chefs que j'admirais,
- 31:57plein de sommeliers que j'admirais,
- 31:59plein d'hôtesses ou de chefs de salles.
- 32:03Tu peux en citer ?
- 32:04Oui,
- 32:05que ce soit Anne Résimont,
- 32:06Monia
- 32:07Awini, la compagne de Clément Petitjean,
- 32:10que ce soit des sommeliers comme
- 32:12Catherine Mathieu,
- 32:13Stéphane Dardenne.
- 32:14que des gens que j'ai côtoyés où je me suis dit,
- 32:17c'est génial ce qu'ils font.
- 32:18Moi aussi,
- 32:19je veux faire ça,
- 32:20mais je veux faire ça à ma sauce.
- 32:22Je veux faire ça comme moi je l'ai imaginé.
- 32:26Donc,
- 32:26j'ai pu voir ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas,
- 32:28de nouveau à mon image,
- 32:29en me disant,
- 32:30en fait,
- 32:30ça,
- 32:30je n'ai pas envie ou ça,
- 32:31j'ai envie.
- 32:32J'ai envie de nab,
- 32:32je n'ai pas envie de nab.
- 32:33J'ai envie de servir tel style de vin,
- 32:36pas celui-là.
- 32:37Et donc,
- 32:37j'avais très envie d'ouvrir un restaurant ou en tout cas un bar à mon image et c'est chose faite.
- 32:42Et j'ai beaucoup de chance que je me rencontre maintenant.
- 32:44qu'en fait j'ai pu réaliser un rêve.
- 32:46Tout le monde n'a pas pu faire ça,
- 32:49et donc moi,
- 32:49à 30 ans,
- 32:50j'ai ouvert mon restaurant,
- 32:51donc j'ai réalisé mon rêve.
- 32:53Cinq ans plus tard,
- 32:54j'ai ouvert mon bar à vin,
- 32:55et c'est un deuxième rêve que je réalise.
- 32:59Je suis hyper chanceuse d'avoir pu faire ça.
- 33:02Et ça sera quoi le troisième ?
- 33:04Là,
- 33:05on va déjà profiter de ça.
- 33:06Fonder une famille,
- 33:06ce serait pas mal.
- 33:07Ok,
- 33:08bien sûr.
- 33:09C'est un sacré challenge.
- 33:11Privé,
- 33:11mais qui mêle le professionnel,
- 33:13en fait.
- 33:14Parce que les deux sont liés et que je ne peux pas y avoir une famille et gérer un bar,
- 33:19en tout cas pas maintenant.
- 33:20Du coup,
- 33:20je pense que ce sera mon troisième rêve.
- 33:24On est ici à Bruxelles,
- 33:26à Scarbeck plus précisément.
- 33:28Pourquoi tu as choisi
- 33:29Bruxelles et ce quartier ?
- 33:31Comment ça s'est imposé à toi ?
- 33:32Alors,
- 33:32je n'ai pas tout à fait choisi Bruxelles.
- 33:34Moi,
- 33:34j'adorais Namur parce que j'ai travaillé dans pas mal d'établissements dans cette région-là.
- 33:39Mais il y avait déjà pas mal de restaurants,
- 33:41de bars à vin,
- 33:42de concepts.
- 33:42Et donc,
- 33:43quand on a décidé d'ouvrir Barge avec Grégoire,
- 33:46c'était important que ce soit dans un endroit où ça prenne rapidement,
- 33:48où il n'y ait pas besoin de chambre,
- 33:50parce qu'il n'y a rien à faire.
- 33:51Quand on ouvre à la campagne,
- 33:52il faut avoir un service hôtelier.
- 33:54Et ça,
- 33:55c'est complètement différent.
- 33:57Ça implique d'autres charges,
- 33:59d'autres personnes.
- 33:59C'est encore plus compliqué.
- 34:01Et donc on s'est dit,
- 34:02où est l'endroit où tout prend facilement,
- 34:04enfin peut-être pas facilement,
- 34:05mais où tout prend rapidement,
- 34:07où on va pouvoir s'exprimer de manière libre,
- 34:10facile,
- 34:11Bruxelles.
- 34:12Il y a suffisamment de personnes et de populations pour que ça tourne assez facilement.
- 34:16Donc voilà,
- 34:17ça c'était le premier choix.
- 34:19On s'est installé tout près de la place Sainte-Catherine,
- 34:23entre la place Sainte-Catherine et le canal.
- 34:26Et là,
- 34:27coup de chance,
- 34:28ça a pris assez rapidement.
- 34:30Et donc,
- 34:30quand j'ai revendu mes parts de bar,
- 34:32j'ai beaucoup hésité à aller m'installer plutôt à la campagne ou plutôt dans la méroir.
- 34:37Sauf qu'en fait,
- 34:37toute ma clientèle était sur Bruxelles.
- 34:39Et donc,
- 34:40je me suis dit que c'était vraiment dommage de partir de Bruxelles.
- 34:43Et donc,
- 34:44j'ai choisi Scarbeck parce que je trouve que c'est une commune qui est assez verte,
- 34:46assez diversifiée.
- 34:48Justement,
- 34:48il y a plein de profils différents qui peuvent venir dans mon bar.
- 34:51Et ça,
- 34:51c'était vraiment très important pour moi.
- 34:55En dehors du boulot,
- 34:56tu fais quoi ?
- 34:56Tu as des passions,
- 34:57des hobbies ?
- 34:59Alors,
- 35:02c'est marrant,
- 35:02c'est genre le truc que je dois mettre sur des profils,
- 35:06c'est très compliqué.
- 35:06Du coup,
- 35:08je lis beaucoup,
- 35:09je cours maintenant.
- 35:10De tout.
- 35:12De tout.
- 35:12Je suis vraiment,
- 35:13je lis beaucoup de livres,
- 35:14de romans,
- 35:15mais ça peut être aussi des autobiographies.
- 35:18Vraiment,
- 35:19c'est un moyen de me déconnecter de la réalité qui est hyper efficace.
- 35:23Et vraiment,
- 35:24ça,
- 35:24c'est ce à quoi je passe beaucoup de temps.
- 35:28La course à pied.
- 35:29parce que c'est un sport qu'on peut faire partout,
- 35:31n'importe comment,
- 35:32et qui ne demande pas beaucoup de matériel.
- 35:34Donc,
- 35:34je peux faire ça avant d'aller au travail.
- 35:36Je peux faire ça,
- 35:37j'ai été entre mes pauses,
- 35:38mais je n'en ai pas.
- 35:39Mais sinon,
- 35:39je pourrais.
- 35:40Pendant le week-end,
- 35:41c'est assez facile.
- 35:42Il y a le parc en face.
- 35:43Enfin,
- 35:43voilà,
- 35:43c'est vraiment parfait.
- 35:45Mais ça,
- 35:47c'est les deux grandes passions.
- 35:48Un peu de couture,
- 35:49un peu de cinéma.
- 35:50Mais voilà,
- 35:51ça demande...
- 35:51En fait,
- 35:52le boulot prend tellement de temps que c'est compliqué d'avoir des passions sur le côté.
- 35:56Que tu fais un petit peu comme ça quand tu as 5 minutes.
- 35:59Voilà,
- 35:59exactement,
- 35:59que je peux faire,
- 36:00mais je n'ai rien,
- 36:01je n'ai pas de conduite,
- 36:01à part la course à pied,
- 36:03parce que je me suis inscrite pour les 20 kilomètres,
- 36:05donc j'ai intérêt à m'entraîner un peu.
- 36:07Mais à part ça,
- 36:09oui,
- 36:09c'est quand on a le temps.
- 36:11Mais j'avoue que souvent,
- 36:12c'est genre comment se déconnecter le plus possible.
- 36:15C'est aller se promener,
- 36:17aller voir des amis,
- 36:18mais il n'y a pas de réelle passion à côté.
- 36:21C'est tes exutoires,
- 36:22en fait.
- 36:22Oui,
- 36:23c'est vraiment ça.
- 36:24C'est vraiment les...
- 36:26Les meilleurs moyens pour que je puisse recommencer la semaine d'attaque,
- 36:29en ayant fait une bonne déconnexion,
- 36:30sinon ce n'est pas possible.
- 36:33Est-ce que tu as des routines dans ta journée de travail,
- 36:35etc. ?
- 36:37Comment tu t'y prends ?
- 36:38Au contraire,
- 36:39ça change tout le temps ?
- 36:41Non,
- 36:41il faut quand même un minimum de cadre.
- 36:42Donc moi,
- 36:43j'arrive une heure avant mon employé pour pouvoir faire tout ce qui est papier,
- 36:48répondre aux mails,
- 36:50éventuellement faire un peu de réseaux sociaux.
- 36:52Je n'aime pas beaucoup,
- 36:53mais c'est ça qui fonctionne,
- 36:54donc il faut le faire.
- 36:56Ensuite,
- 36:56un café,
- 36:57hyper important,
- 36:59la base.
- 37:00Certains,
- 37:00c'est le coca,
- 37:01moi,
- 37:01c'est le café.
- 37:02Et puis après,
- 37:03on va en cuisine et là,
- 37:05on commence la mise en place.
- 37:07Je dirais qu'on commence à midi et on fait la mise en place jusqu'à
- 37:1115h30.
- 37:12On mange.
- 37:13Ça aussi,
- 37:13c'est hyper important d'avoir des horaires plus ou moins fixes,
- 37:15pas sûr d'avoir le temps de manger.
- 37:17Et puis à 16h,
- 37:18on fait la mise en place de la salle et à 17h,
- 37:19on ouvre.
- 37:21C'est tout le temps comme ça.
- 37:22Après,
- 37:22des fois,
- 37:22on est un peu plus à la bourre,
- 37:23des fois,
- 37:23on vient plus tard.
- 37:24En gros,
- 37:25c'est la routine.
- 37:27Et on ferme le bar vers minuit,
- 37:28une heure du matin,
- 37:29aussi en fonction des gens qui restent.
- 37:31Et la voilà,
- 37:32Félicia part si possible plus tôt,
- 37:34donc c'est mon employé,
- 37:35pour ne pas lui prendre trop de temps.
- 37:38Voilà,
- 37:38on s'adapte en fonction pour qu'elle puisse gérer aussi son timing et que ce soit moi qui ferme.
- 37:46Donc fin de journée,
- 37:47vers une heure.
- 37:49Donc chez moi ou dans mon lit,
- 37:51à une heure et demie.
- 37:52Des fois,
- 37:52c'est plus tôt,
- 37:53des fois,
- 37:53c'est plus tard,
- 37:54ça dépend un peu.
- 37:55Donc,
- 37:55c'est des sacrées journées où on court beaucoup,
- 37:57où on fait plus de 20 000 pas par jour.
- 37:59Mais après,
- 38:01c'est le challenge.
- 38:03Tu as mesuré ton nombre de pas.
- 38:05Oui,
- 38:06j'ai une montre connectée qui mesure ça pour avoir une idée du nombre de kilomètres qu'on faisait et c'est assez impressionnant.
- 38:12Tu penses quoi des choses comme le Drive January ?
- 38:18Je pense que ça n'a pas énormément d'impact sur mon commerce.
- 38:23Et à titre personnel ?
- 38:24Je pense que c'est hyper intéressant à faire.
- 38:27Moi je ne fais jamais un mois,
- 38:28je fais deux semaines,
- 38:29c'est déjà pas mal.
- 38:30Parce que voilà,
- 38:31on est sollicités beaucoup.
- 38:33Mais je pense que c'est pas mal,
- 38:34je pense que c'est un choix que les gens font et que je respecte.
- 38:39énormément.
- 38:40Je pense que maintenant tous les restaurants se sont bien développés pour avoir un accord sans alcool,
- 38:45donc perte moins d'argent.
- 38:45Je pense que quand ça a vraiment commencé,
- 38:47nous ça nous posait un réel problème dans les restaurants étoilés par exemple,
- 38:51parce qu'on n'avait pas encore mis en place d'accord sans alcool.
- 38:54Et donc c'était vraiment une perte financière,
- 38:56parce que du coup les gens buvaient juste de l'eau.
- 38:59Et du coup c'était vraiment plus compliqué,
- 39:01donc ça avait plus d'impact avant.
- 39:03Je pense que maintenant,
- 39:04comme on propose une alternative,
- 39:05les gens vont vers cette alternative et donc ça nous permet.
- 39:07Ça permet aux restaurateurs de continuer à gagner quand même de l'argent,
- 39:10même si les gens ne consomment pas d'alcool.
- 39:12Et donc ça,
- 39:12c'est pas mal.
- 39:13Moi,
- 39:13dans mon bar,
- 39:14je ne pense pas avoir vu un impact.
- 39:16Je pense que janvier et février sont des mois creux,
- 39:18quoi qu'il arrive dans le monde de la restauration.
- 39:20C'est des moments où il fait plus froid,
- 39:22c'est après les fêtes,
- 39:23donc les gens consomment moins.
- 39:24Donc je ne pense pas que ça ait un impact réel.
- 39:26Mais donc,
- 39:27si les gens le font,
- 39:28c'est qu'ils ont une bonne raison de le faire,
- 39:29et c'est très bien.
- 39:30Toi qui es en contact avec l'alcool tous les jours,
- 39:33est-ce que c'est un truc que tu surveilles,
- 39:34ta consommation ?
- 39:36C'est quelque chose que je surveille dès que j'ai commencé à être sommelière,
- 39:38donc je ne bois pas la semaine.
- 39:39Donc dès que je travaille,
- 39:40je ne bois pas.
- 39:41Je n'accepte jamais de verre.
- 39:42Je ne bois que le samedi soir quand tous les clients sont partis.
- 39:47Je bois un verre de fin de semaine,
- 39:48parce que ça a été un rituel dans plusieurs restaurants,
- 39:51où c'est la fin de la semaine,
- 39:52et on prend le temps de parler à son équipe,
- 39:54de discuter.
- 39:55C'est le seul moment où je bois un verre.
- 39:57Après,
- 39:57le week-end,
- 39:58c'est le week-end,
- 39:58mais je ne suis pas dans les excès.
- 40:00Ça m'arrive,
- 40:01comme tout le monde,
- 40:01mais c'est quelque chose qui me fait très peur.
- 40:03vraiment de finir alcoolique.
- 40:06Parce que je pense que quand on a autant d'alcool,
- 40:08autant d'alcool de bière,
- 40:10de vin à disposition,
- 40:12c'est hyper facile de tomber dedans.
- 40:14Et c'est quelque chose qui m'a toujours fait super peur.
- 40:17Je ne sais pas pourquoi,
- 40:18mais c'est vraiment quelque chose dont je surveille énormément.
- 40:22Donc je fais vraiment très attention à ça.
- 40:23Déjà juste pour rester cohérent par rapport à mes clients,
- 40:26juste pour fermer correctement la porte de mon bar derrière,
- 40:29en fait derrière moi quand j'ai fini.
- 40:32C'est des choses qui me font très peur et donc je fais très attention à ça.
- 40:35C'est vrai qu'on imagine souvent de se nourrir comme un vieil homme de 60 ans un peu bodonnant.
- 40:41Oui,
- 40:42oui.
- 40:43Non,
- 40:44c'est vraiment quelque chose qui est trop...
- 40:46C'est trop facile de tomber dedans et donc c'est quelque chose pour lequel je fais vraiment gaffe.
- 40:52Je ne bois pas la semaine.
- 40:53Du mercredi au samedi soir,
- 40:55je ne bois pas.
- 40:56Et ça arrive que le samedi,
- 40:57on ne boive pas non plus.
- 40:58Et souvent le démanche non plus.
- 41:01Donc je dirais que je vois lundi,
- 41:01mardi,
- 41:02et de manière raisonnable.
- 41:04Qu'est-ce qu'on peut encore te souhaiter,
- 41:06Barbara ?
- 41:08Là,
- 41:08j'ai de la réussite quand même.
- 41:10On peut encore me souhaiter ça.
- 41:11C'est bien engagé.
- 41:13Oui,
- 41:13mais après,
- 41:13c'est un travail de tous les jours.
- 41:14Donc on peut encore me souhaiter ça.
- 41:17Là,
- 41:17je crois que je suis arrivée...
- 41:20Il y a toujours des nouveaux projets qui arrivent.
- 41:22Donc je trouverai sûrement un bientôt qui va se mettre en place.
- 41:26Mais je pense que j'ai déjà un très beau parcours et je suis très contente d'avoir ce parcours-là et d'avoir travaillé pour le réussir.
- 41:34Il y a eu des moments où tu as eu peur dans ce parcours ?
- 41:38Je n'ai pas eu peur.
- 41:41Il y a eu des moments de doute,
- 41:43il y a eu des moments de stress,
- 41:46mais je n'ai jamais vraiment eu peur parce que j'ai confiance dans le travail.
- 41:51Je pense que si on travaille beaucoup...
- 41:53On se donne les moyens de réussir.
- 41:55Après,
- 41:57la réussite ne dépend pas que de ça,
- 41:58mais c'est un gros facteur.
- 42:00Donc,
- 42:01j'ai beaucoup travaillé pour y arriver.
- 42:03Mais non,
- 42:04j'ai rarement eu peur.
- 42:06J'ai très confiance en la vie,
- 42:07en général.
- 42:08C'est peut-être très naïf de ma part,
- 42:10je le reconnais,
- 42:11mais j'estime que si ça ne se passe pas bien,
- 42:14on peut toujours rebondir,
- 42:15on peut toujours faire autre chose,
- 42:16on peut toujours trouver des solutions.
- 42:17Je suis quelqu'un d'extrêmement positive,
- 42:19donc je n'ai pas trop peur,
- 42:20non.
- 42:21et pour moi si on rate c'est pas un échec c'est juste un moyen de se remettre en question et d'avancer différemment donc j'ai pas trop peur de l'échec ou en tout cas de la non réussite tu rebondis tout le temps en fait j'essaye de trouver des solutions d'avancer
- 42:36en fait j'aime pas faire de sur place et donc il faut toujours avancer et si c'était à refaire tu recommences tout pareil ?
- 42:43je pense que oui je pense que c'est ça qui m'a amenée jusqu'ici donc oui je referais tout pareil
- 42:48Je pense que ça ne sert à rien de changer ce qui s'est passé et que chaque petite erreur ou chaque chose plus compliquée m'a amenée à qui je suis maintenant et à ce que je fais maintenant.
- 43:00Et bien,
- 43:00dernière question,
- 43:01qui tu voudrais entendre sur ta compte ?
- 43:06J'ai beaucoup réfléchi quand même à cette question et je pense que j'aimerais bien entendre
- 43:10Myriam Leroy pour son parcours,
- 43:13pour la femme que c'est.
- 43:14pour la féministe que c'est,
- 43:16c'est quelqu'un qui est très inspirante,
- 43:17je trouve,
- 43:18et ça me fera en tout cas fort plaisir de l'entendre.
- 43:22Tu connais en plus.
- 43:23Parfait.
- 43:25Tu me lances quand même sur une...
- 43:26On va dire que c'est la dernière question,
- 43:27tu me lances sur une dernière question,
- 43:28tu viens de parler de féminisme.
- 43:30Est-ce que,
- 43:31de par ta profession,
- 43:32qui est malheureusement,
- 43:34on va dire,
- 43:34souvent connotée comme une profession masculine,
- 43:37tu as déjà eu des expériences,
- 43:39des accès ?
- 43:40J'ai déjà eu plusieurs expériences vraiment pas chouettes,
- 43:44des expériences où on a demandé tout simplement à parler à quelqu'un d'autre qu'à moi pour les conseiller en vain.
- 43:52Ça me fait toujours,
- 43:53enfin je ne devrais pas en rire,
- 43:54mais ça me fait rire parce qu'en fait j'ai envoyé mon collègue qui n'en savait rien et donc ça a été très compliqué pour les clients de choisir puisque mon collègue n'était pas sommelier.
- 44:02J'ai eu des gens qui,
- 44:04oui,
- 44:05me prennent pour...
- 44:07pour la petite jeune qui ne connaît pas son métier,
- 44:09qui a ouvert un bar à vin.
- 44:10Donc en fait,
- 44:10on me demande souvent mes références,
- 44:13savoir si j'ai déjà...
- 44:14Ah oui,
- 44:14oui,
- 44:15mais même ici au bar,
- 44:16alors que c'est chez moi.
- 44:16Enfin voilà,
- 44:17en me demandant si j'ai déjà fait d'autres maisons.
- 44:21J'ai fait quelques boui-boui.
- 44:22C'est toujours...
- 44:23Moi,
- 44:24j'apprends avec beaucoup d'humour.
- 44:25Mon employé a plus de mal,
- 44:26parce que...
- 44:27Quand on entend,
- 44:29puis elles ne se connaissent rien,
- 44:31ça me rend vraiment dingue.
- 44:32Mais en même temps,
- 44:34souvent,
- 44:34c'est les clients qui sont frustrés parce que justement,
- 44:35on ne connaît plus.
- 44:36On connaît un peu plus qu'eux.
- 44:38Alors que ce n'est pas du tout notre but.
- 44:40On est vraiment dans l'idée de partager,
- 44:43d'écouter,
- 44:44de raconter.
- 44:45J'ai déjà eu des gens qui pensent qu'effectivement,
- 44:48on est à leur service et comme ça,
- 44:50qu'on est un peu la femme objet.
- 44:53On a déjà essayé de dégraffer mon soutien-gorge.
- 44:56Carrément,
- 44:57voilà.
- 44:57Donc,
- 44:58c'est très compliqué à gérer parce que les gens sont sous,
- 45:00fatalement.
- 45:01On est du coup dans une dynamique où les gens n'ont plus de respect à certains moments.
- 45:05Alors pas tous,
- 45:06heureusement,
- 45:06mais voilà,
- 45:08où on pose des questions très indiscrètes.
- 45:11Donc c'est très compliqué à gérer.
- 45:13L'avantage,
- 45:14c'est que c'est chez moi,
- 45:15donc je fais ce que je veux.
- 45:16Donc je n'hésite pas,
- 45:18si c'était à faire,
- 45:19en tout cas à mettre les gens dehors.
- 45:20À trier avec les hantelles.
- 45:21Je le ferais,
- 45:22ouais.
- 45:22S'il faut,
- 45:23je le ferais.
- 45:23Et pareil pour mon employé,
- 45:24il a toute ma bienveillance.
- 45:27Donc si jamais il y a quoi que ce soit,
- 45:29de toute façon,
- 45:29je serai toujours de son côté.
- 45:31C'est quelque chose qui arrive,
- 45:32parce que tu as quand même été dans des établissements.
- 45:34Comme tu dis,
- 45:34ce n'est pas des bouillibouilles.
- 45:36Ça arrive aussi là-dedans,
- 45:38dans la gastronomie.
- 45:38Dans la gastronomie,
- 45:39oui.
- 45:39On n'a pas voulu que je les serve.
- 45:41On me pose beaucoup de questions en sachant si c'est vraiment moi la sommelière,
- 45:45si je ne suis pas la stagiaire.
- 45:46C'est déjà arrivé.
- 45:47Alors,
- 45:48c'est très maladroit.
- 45:48Souvent,
- 45:49c'est très maladroit.
- 45:49La part des clients,
- 45:50souvent,
- 45:50ils ne veulent pas me blesser.
- 45:53Mais oui,
- 45:53parce que c'est encore un métier où on pense que l'homme,
- 45:55c'est plus que la femme.
- 45:57Alors qu'en fait,
- 45:58j'ai le même parcours que certains de mes collègues.
- 46:00J'ai juste une approche qui est peut-être différente,
- 46:02moins sérieuse.
- 46:04plus décontractée.
- 46:05Mais oui,
- 46:06ça arrive.
- 46:07C'est déjà arrivé dans des restaurants toilés.
- 46:10On en apprend tous les jours.
- 46:11Oui,
- 46:11c'est mal,
- 46:11tu fais.
- 46:13Mais voilà.
- 46:14Après,
- 46:14j'ai toujours eu le soutien de tous mes chefs,
- 46:15de tout le personnel de salle.
- 46:18Je n'ai jamais été remise en question.
- 46:19Mais oui,
- 46:21il faut pouvoir s'affirmer,
- 46:22continuer d'affirmer que c'est nous,
- 46:23la sommelière,
- 46:25que je suis là pour les aider,
- 46:26que je ne suis pas du tout dans le jugement.
- 46:29Et souvent,
- 46:30les gens ont peur de ça.
- 46:31Mais pareil,
- 46:32il y a plein de...
- 46:34de femmes qui viennent ici et qui disent,
- 46:37dans les restaurants toilés,
- 46:38mon mari va choisir pour moi.
- 46:40Mais pour moi,
- 46:41c'est inconcevable.
- 46:43En fait,
- 46:43c'est elle qui va boire le vin,
- 46:45c'est elle qui doit savoir ce qu'elle aime ou ce qu'elle n'aime pas.
- 46:47Et moi,
- 46:47je n'ai pas besoin qu'elle m'explique le vin,
- 46:49je veux juste qu'elle me dise si elle aime ou elle n'aime pas.
- 46:51Et déjà là,
- 46:52c'est très compliqué.
- 46:53Et donc,
- 46:53je trouve que le vin n'est pas du tout accessible.
- 46:56En tout cas,
- 46:56on en a fait quelque chose de très privilégié,
- 46:58de nouveau pour les hommes.
- 47:01et pour les hommes qui ont de l'argent.
- 47:04Et donc je me rends compte qu'en fait,
- 47:05le vin,
- 47:06il n'y a rien de compliqué dedans,
- 47:07c'est juste qu'il faut amener ça de manière plus facile.
- 47:12Mais en fait,
- 47:12ce n'est pas réservé à une certaine classe.
- 47:15Tout le monde peut boire du vin et tout le monde peut en parler avec des mots très simples.
- 47:18On n'est pas obligé de faire des choses compliquées.
- 47:20Je pense qu'on a élevé le sommelier au titre de maître alors qu'en fait,
- 47:25on est juste au service des clients et on sert juste le vin au lieu de poser des assiettes.
- 47:30ce n'est pas beaucoup plus compliqué.
- 47:32C'est le côté élitiste qui a été mis en place.
- 47:34Exactement.
- 47:35Je ne sais pas qui a instauré ça,
- 47:38mais c'est hallucinant parce que ça reste et c'est vraiment très compliqué de s'en défaire.
- 47:42Heureusement,
- 47:42il y a de plus en plus de femmes qui sont sommelières,
- 47:44mais c'est encore compliqué.
- 47:47Justement,
- 47:48tu aurais une ado devant toi qui voudrait se lancer en tant que sommelière.
- 47:54Tu l'encourages.
- 47:54Oui,
- 47:56mais qu'elle y aille.
- 47:57Surtout qu'elle y aille.
- 47:58Il faut juste...
- 47:59Il faut juste avoir une petite carapace,
- 48:00parce que maintenant,
- 48:01je pense que c'est moins trash qu'avant aussi.
- 48:03Mais oui,
- 48:04après,
- 48:05moi,
- 48:05je prends tout avec humour,
- 48:06donc c'est beaucoup plus facile.
- 48:07Du coup,
- 48:08je renvoie la balle au client.
- 48:10S'il ne veut pas de mes conseils,
- 48:12je choisirais tout seul pour un bar.
- 48:15Du coup,
- 48:16ce n'est pas moi le problème.
- 48:18J'estime que ce n'est pas moi le problème,
- 48:19que c'est lui qui a un problème.
- 48:21Mais oui,
- 48:21moi,
- 48:22je l'encourage à 100
- 48:24On est aussi,
- 48:25je pense,
- 48:26dans une ère où on fait plus attention au personnel.
- 48:29où c'est plus facile aussi de faire sa place,
- 48:32mais il faut encore se battre.
- 48:33Merci Barbara.
- 48:35Merci,
- 48:35c'était super chouette à faire.
- 48:40On les écoute,
- 48:41se lit et s'en garde.
- 48:44Merci pour votre écoute.
- 48:45Retrouvez nos photographies et écrits sur raconte.media ainsi que sur nos réseaux sociaux.
- 48:51Raconte est une création originale d'Anthony Dehé et Michel Bourgeois,
- 48:55du studio DB Création,
- 48:57spécialisé en design de marques et photographies.
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