Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Et si le bien-être n'était pas une option : Trouver sa place au travail et dans sa vie par Florence Cortot
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- 0:05En quête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer est étranger.
- 0:14Je rencontre Florence Courteau à l'occasion de la sortie de son roman
- 0:19« Arabesque » .
- 0:21Mais Florence n'est pas seulement auteur.
- 0:24et les médecins anesthésistes,
- 0:27humoristes et coachs professionnels.
- 0:31Pour Florence,
- 0:33le bien-être au travail n'est pas une option,
- 0:37et la réalisation de soi est une philosophie.
- 0:41Je vous souhaite une excellente écoute.
- 0:49Bonjour Florence Cortot.
- 0:51Bonjour Imane Chakaoui.
- 0:54Consoeur anesthésiste.
- 0:56Consoeur.
- 0:57Quel bonheur quand même de papoter entre anesthésistes.
- 1:00Oui,
- 1:00c'est vrai,
- 1:01c'est sympa.
- 1:01C'est toujours très sympa.
- 1:03On a beaucoup de choses à dire et moi j'ai été très très heureuse de tomber sur ton livre qui s'appelle Arabesque.
- 1:09Est-ce que tu peux me dire la maison d'édition,
- 1:12comme ça on peut donner des appréhensions ?
- 1:14Oui,
- 1:14la maison d'édition s'appelle M plus édition.
- 1:18C'est ça.
- 1:18On le mettra de toute façon sur les réseaux.
- 1:22On en parlera peut-être un peu plus longuement après,
- 1:25parce que j'ai beaucoup de choses à dire sur ce livre que j'ai adoré.
- 1:28Super !
- 1:28Merci.
- 1:31Pour démarrer,
- 1:32j'ai envie d'expliquer un petit peu notre rencontre.
- 1:35J'ai découvert le livre,
- 1:36mais à travers le livre,
- 1:37je t'ai découverte toi,
- 1:39Florence,
- 1:40avec quelque chose qui résonne et qui fait écho à ce que je suis,
- 1:43parce qu'on partage une profession en commun.
- 1:47et
- 1:47Par contre,
- 1:49je ne pense pas que j'ai pu imaginer jusqu'à quel point elle pouvait encore,
- 1:55cette profession,
- 1:56laisser la place à d'autres choses.
- 1:59À l'écriture,
- 2:00ce livre,
- 2:01il y en a eu un autre,
- 2:04à du spectacle,
- 2:05à du stand-up incroyable,
- 2:09des spectacles d'humour et de stand-up que tu as...
- 2:13réalisé,
- 2:14que tu as joué à Paris,
- 2:16à Lille,
- 2:16à Avignon durant beaucoup d'années,
- 2:19tu me diras ?
- 2:19Une dizaine d'années.
- 2:20Ah oui,
- 2:20quand même,
- 2:21voilà.
- 2:22Donc,
- 2:24tu sais que j'avais fait l'année dernière un stage de théâtre et j'ai vu s'entraîner à côté de moi des gens pour faire du stand-up et j'ai trouvé ça fascinant tellement j'ai trouvé ça dur.
- 2:36L'humour,
- 2:37on va pouvoir en parler,
- 2:38j'espère.
- 2:40Et puis,
- 2:40il y a autre chose qui sont
- 2:43qu'on a probablement en commun,
- 2:44mais que tu as déployé de façon officielle,
- 2:48professionnelle,
- 2:48qui est le coaching.
- 2:50Tu t'intéresses au bien-être.
- 2:53Pas qu'au bien-être.
- 2:54Tu vas peut-être me le préciser de façon plus juste.
- 2:57Le coaching est la gestion de la pression qui peut concerner les professionnels de santé,
- 3:04mais qui peuvent concerner aussi les cadres,
- 3:06les dirigeants,
- 3:07et qui peuvent intéresser aussi tout travailleur,
- 3:10toute personne.
- 3:11qui a besoin de se déployer dans son travail,
- 3:16mais de façon saine,
- 3:17de façon harmonieuse,
- 3:18qui puisse respecter sa façon d'être.
- 3:22Et on a tous à cœur de passer ce temps-là,
- 3:26qui est long,
- 3:27qui est important,
- 3:27qui est le temps du travail,
- 3:30dans des conditions et des circonstances bonnes,
- 3:35harmonieuses,
- 3:36fluides.
- 3:38J'ai envie d'abord,
- 3:39avant de parler de ça,
- 3:41de te demander de te présenter parce que tu n'es pas qu'une Florence,
- 3:46tu es plusieurs Florence.
- 3:47Certainement.
- 3:48Tu n'es pas schizophrène,
- 3:49je précise.
- 3:50Non,
- 3:50je ne crois pas.
- 3:52Je m'appelle Florence,
- 3:54donc j'ai 46 ans,
- 3:55j'ai trois filles,
- 3:57un mari,
- 3:59Sébastien,
- 4:00et je suis anesthésiste et j'ai toujours laissé la place,
- 4:03comme tu le disais très justement,
- 4:04Imane,
- 4:04à la création artistique depuis ma thèse de docteur en médecine.
- 4:10Voilà.
- 4:10Ça,
- 4:11c'est ta présentation,
- 4:12mais on saura peut-être un petit peu plus longuement de chaque facette de toi au fil de la discussion.
- 4:19Et alors,
- 4:19comment est venue cette idée d'accompagner les gens dans leur gestion de leur savoir-être au travail ?
- 4:28Je le dis comme ça,
- 4:29mais...
- 4:29Oui,
- 4:29c'est ça.
- 4:31Écoute,
- 4:31il y a deux ans,
- 4:32moi,
- 4:32j'ai connu un peu des difficultés au travail.
- 4:34Je me suis sentie un peu submergée par beaucoup d'émotions,
- 4:38beaucoup de questionnements.
- 4:40Et à ce moment-là de ma vie,
- 4:41je n'ai pas forcément eu besoin d'aller voir une psychologue ou un psychiatre,
- 4:45mais j'ai eu besoin qu'on m'accompagne et qu'on me permette de trouver des clés pour mieux vivre mon travail au quotidien.
- 4:55Et donc,
- 4:56j'ai recherché un petit peu.
- 4:58Le coaching,
- 4:59ça m'a parlé.
- 5:00J'ai bien aimé cette approche qui vise à aller vers un état dans lequel on va se sentir mieux.
- 5:07Je trouve ça chouette.
- 5:08Et puis,
- 5:09je me suis intéressée de plus en plus.
- 5:11Je me suis formée.
- 5:12Et aujourd'hui,
- 5:13je trouve que c'est un bel outil à proposer,
- 5:16comme tu dis,
- 5:17aux gens qui bossent.
- 5:18Parce qu'on peut très bien aimer son métier,
- 5:22mais être dans des schémas de pensée,
- 5:25des modes de raisonnement qu'on a depuis toujours et qui ont été à un moment de nos vies centraux pour qu'on puisse avancer,
- 5:31mais qui aujourd'hui nous polluent l'esprit et nous empêchent justement de vivre notre travail avec sérénité et
- 5:38Alors,
- 5:38la sérénité,
- 5:39quand on est au bloc opératoire,
- 5:40ce n'est pas toujours de mise,
- 5:41mais au moins avec lucidité,
- 5:43en sachant pourquoi on est là,
- 5:44pourquoi on fait ça et pourquoi on adopte telle attitude.
- 5:48Donc,
- 5:48c'est une manière,
- 5:49je trouve,
- 5:49d'exercer son travail en pleine connaissance de ce qu'on est et de ce qu'on veut faire,
- 5:56en fait.
- 5:56Et je trouve ça intéressant et ça permet aux gens,
- 6:01je trouve,
- 6:03d'être plus alignés.
- 6:08Oui,
- 6:11plus sur deux finalement et de la manière dont ils font leur travail.
- 6:15Je me demandais,
- 6:16est-ce que comme moi,
- 6:17tu as rencontré dans le monde de la santé,
- 6:21beaucoup de professionnels qui sont à un moment donné de leur pratique et de leur exercice,
- 6:27en souffrance,
- 6:28en recherche de sens,
- 6:31en démotivation ?
- 6:33Beaucoup.
- 6:34Et d'autant plus vrai que quand c'est des postes à haute responsabilité,
- 6:41avec un tiraillement permanent entre les exigences,
- 6:45les injonctions,
- 6:48qui font qu'à un moment donné,
- 6:49on est obligé de s'arrêter,
- 6:52parce qu'on ne s'arrête jamais,
- 6:53de s'arrêter et de se poser les questions.
- 6:55Des fois,
- 6:56malheureusement,
- 6:57à des moments où on décide...
- 7:01pas de s'arrêter,
- 7:02c'est-à-dire qu'à un moment donné,
- 7:03quelque chose lâche,
- 7:05une dépression,
- 7:07on peut le dire,
- 7:08c'est quelque chose qui arrive assez régulièrement dans les milieux dynamiques et les milieux sous pression.
- 7:15Est-ce que c'est ça qui est arrivé pour toi ?
- 7:18Écoute,
- 7:18je n'ai pas eu l'impression d'avoir été dans cet état dépressif,
- 7:22mais ce qui est sûr,
- 7:24c'est que je me suis investie de manière importante dans mon travail avec
- 7:31qu'effectivement,
- 7:35peut-être à un moment donné,
- 7:39comment dire ça,
- 7:40une succession d'obstacles qui ont fait que je me suis épuisée.
- 7:47Voilà.
- 7:48Donc,
- 7:48sur le plan à la fois psychique et physique.
- 7:51Et je trouve que ce qui serait intéressant de mener comme réflexion,
- 7:55mais je pense que beaucoup d'autres gens ont cette même réflexion,
- 7:59C'est...
- 7:59Avant d'en arriver là,
- 8:00à cet état d'épuisement,
- 8:02où vraiment la seule solution,
- 8:04comme tu le dis,
- 8:04c'est de s'extraire du milieu hostile et puis d'aller se ressourcer,
- 8:08et c'est quand même pas toujours facile pour les gens,
- 8:11ni pour l'entourage et l'équipe.
- 8:14Avant d'en arriver là,
- 8:15est-ce qu'on ne pourrait pas justement se pencher sur ces soignants et les accompagner dans leur carrière pour éviter d'en arriver à des situations où les gens craquent ?
- 8:27Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire dans la prévention de tout ça.
- 8:31Et le coaching est un moyen d'y arriver,
- 8:33je pense.
- 8:34Parce que quand on est en coaching,
- 8:37on fait un pas de côté sur sa manière d'être,
- 8:41sur sa manière de réagir,
- 8:43sur toutes ces pensées qu'on peut avoir,
- 8:44qui peuvent être envahissantes,
- 8:48sur les représentations qu'on plaque sur certaines situations,
- 8:53ou sur ce qu'on devrait être,
- 8:54sur ce qu'on devrait dire.
- 8:56posons-nous,
- 8:57réfléchissons-y,
- 8:58soyons bien au clair avec ce qu'on est et travaillons avec plus de lucidité,
- 9:02plus de sérénité.
- 9:03Et ça,
- 9:04je trouverais intéressant qu'on intègre ça à notre pratique.
- 9:08Comme on a des formations sur,
- 9:10je ne sais pas moi,
- 9:10l'intubation difficile.
- 9:13C'est ce qu'a fait la HAS récemment en publiant les facteurs humains.
- 9:16Avec le rétentiel des compétences non techniques.
- 9:18J'espère qu'il y aura des répercussions concrètes.
- 9:21Moi,
- 9:22je vais tout faire pour que ça arrive,
- 9:24en tout cas à ma petite échelle.
- 9:26Je te remercie de faire référence aux facteurs humains,
- 9:29parce que comme on le disait,
- 9:31c'est aussi des facteurs humains dont il s'agit.
- 9:33L'idée,
- 9:34c'est de développer toutes nos compétences non techniques,
- 9:37même si ça n'existe pas en réalité.
- 9:40Il faudrait que ce soit vraiment associé aux compétences techniques,
- 9:44et ça devrait être enseigné.
- 9:47Et c'est le but du référentiel.
- 9:49C'était l'objet du podcast que je viens de publier avec Régis Fusier.
- 9:55Donc,
- 9:57moi,
- 9:57ce qui me vient à l'esprit,
- 10:00c'est que dans le cadre spécifique de la santé,
- 10:03au fait,
- 10:03oui,
- 10:04ça a un coût,
- 10:04tout ça,
- 10:05quand ça arrive au-delà où ça doit aller,
- 10:07quand on arrive à épuisement.
- 10:09Pendant ce temps-là,
- 10:11déjà,
- 10:11c'est dommageable parce qu'au fait,
- 10:13pour se remettre,
- 10:14remettre un professionnel de santé,
- 10:18sur pied pour qu'ils puissent de nouveau être capables de gérer comme il faut.
- 10:21Donc,
- 10:21ça nécessite du temps,
- 10:23des moyens,
- 10:24ça doit coûter.
- 10:25Je pense juste aux infirmiers,
- 10:26par exemple,
- 10:27qui sont démotivés,
- 10:29qui partent pour lesquels on a investi une formation et tout,
- 10:32et qui,
- 10:33au bout d'un moment,
- 10:34partent faire autre chose que de la médecine,
- 10:37alors qu'on en a besoin.
- 10:38La démographie,
- 10:41on a besoin de personnel médical.
- 10:43Mais je me dis que...
- 10:44Au-delà de cet aspect-là,
- 10:45qui est déjà en soi un enjeu,
- 10:47pendant le temps de cette fatigue où on est à contresens,
- 10:51ce n'est pas toujours sécure d'être dans cet état-là,
- 10:55dans la dynamique d'équipe.
- 10:59On ne prodigue pas des soins optimaux dans ces moments-là,
- 11:02c'est certain.
- 11:03Or,
- 11:03c'est quand même ce vers quoi on devrait tendre.
- 11:05Donc,
- 11:06ça fait partie,
- 11:06bien sûr,
- 11:07de la qualité des soins qu'on va prodiguer.
- 11:09Comme tu le dis,
- 11:10un médecin qui est en surmenage permanent.
- 11:13en stress chronique,
- 11:14il loupe des choses,
- 11:15il oublie des infos,
- 11:17il passe trop vite sur quelque chose où il n'aurait pas dû.
- 11:20Il communique mal.
- 11:21Il communique mal,
- 11:21il s'énerve.
- 11:24Donc oui,
- 11:24bien sûr,
- 11:26on est aussi tout au bout de la chaîne,
- 11:28la qualité des soins et la qualité de ce que tu vas pouvoir offrir aux patients.
- 11:33Exactement.
- 11:33Et donc de là,
- 11:34tu es venue,
- 11:35c'est ta façon de travailler les facteurs humains.
- 11:37Donc tu t'es intéressée aux routines.
- 11:39Est-ce que tu peux me dire déjà qu'est-ce que ça t'a apporté à toi,
- 11:42le coaching ?
- 11:43Moi,
- 11:44je trouve que ça m'a apporté,
- 11:46je me suis bien remise au clair sur mes valeurs et sur ce que je voulais faire dans ma vie.
- 11:52Et quelle était ma mission de vie ?
- 11:54C'est un peu un grand mot,
- 11:56mais c'est ça en fait.
- 11:56Mais c'est bien.
- 11:57Voilà.
- 11:58À partir du moment où tu as bien identifié ça,
- 12:02tu déroules le fil et tes actions,
- 12:06tes paroles,
- 12:06elles sont en lien avec ce que tu veux être.
- 12:10Donc,
- 12:11c'est quand même plus clair.
- 12:12plus facile.
- 12:13Voilà.
- 12:14En tout cas,
- 12:14en ce qui me concerne.
- 12:15Et puis,
- 12:17je trouve que ça m'a permis aussi d'envisager certaines situations sous un angle un peu différent.
- 12:27De pas forcément attribuer à l'extérieur ou à l'autre l'origine de mes difficultés,
- 12:33mais plutôt de me dire qu'est-ce que moi,
- 12:35je peux faire pour ça ?
- 12:36Comment moi,
- 12:37je peux traiter l'information ?
- 12:38Et en quoi je peux être actrice de cette chose qui ne me va pas ?
- 12:42Donc,
- 12:42je trouve que c'est pas mal aussi de reprendre aussi la responsabilité de nos actes,
- 12:48de nos décisions.
- 12:51Finalement,
- 12:52le coaching nous responsabilise.
- 12:54On a quand même souvent tendance à remettre les difficultés sur la structure,
- 13:00l'environnement,
- 13:00les collègues.
- 13:02Oui,
- 13:02mais nous,
- 13:02qu'est-ce qu'on peut faire ?
- 13:04Donc,
- 13:04si je veux arriver à tel état,
- 13:06je fais telle chose.
- 13:07Oui.
- 13:08J'ai longuement lu ce que tu proposais sur ton site internet,
- 13:12qui est extrêmement bien explicatif,
- 13:17je veux dire.
- 13:18Merci,
- 13:18Mme.
- 13:19J'avais simplement besoin de comprendre,
- 13:22par exemple,
- 13:22les outils.
- 13:24Je ne connais pas bien le coaching.
- 13:25Tu parles de coaching cognitivo-comportemental,
- 13:31et tu déroules un certain nombre d'outils.
- 13:34Je ne les connais pas.
- 13:35Est-ce que tu peux me les expliquer,
- 13:36Florence ?
- 13:36Oui.
- 13:37Le coaching cognitivo-comportemental,
- 13:39en fait,
- 13:40alors il y a beaucoup de principes,
- 13:41mais il part du constat qu'il y a un continuum entre la pensée,
- 13:49l'émotion et le comportement.
- 13:52Et que certains modes de pensée que tu vas avoir,
- 13:55qui sont,
- 13:56comment dire,
- 13:58contre-productifs,
- 14:00vont t'amener à avoir des émotions qui ne te font pas du bien et vont t'amener à avoir des comportements
- 14:07qui sont eux-mêmes pas adaptés.
- 14:09Voilà,
- 14:10en gros,
- 14:13si on veut schématiser.
- 14:15Et l'objectif du coaching cognitivo-comportemental,
- 14:20c'est justement d'identifier ces processus cognitifs qui sont inadaptés.
- 14:25une fois qu'on les a identifiées,
- 14:26de pouvoir en envisager d'autres qui sont plus aidants,
- 14:28plus vertueux.
- 14:30Pour ça,
- 14:30tu as différentes manières de faire,
- 14:32mais ce qui est souvent utilisé,
- 14:34c'est les colonnes de bec.
- 14:37Donc,
- 14:38c'est un outil parmi d'autres qui permet d'identifier ce qu'on appelle les pensées automatiques.
- 14:47Donc,
- 14:47toutes ces pensées stressantes qui nous viennent comme des pop-up,
- 14:50un peu comme ça,
- 14:51qui surgissent dans notre esprit.
- 14:53C'est la même chose que les ruminations ?
- 14:54Un peu.
- 14:57et ces pensées automatiques comment on arrive à force de s'entraîner à les modifier pour des pensées qui sont plus aidantes,
- 15:05plus positives c'est le mot un peu facile mais disons plus aidantes et puis on a aussi ce qu'on appelle la BCDE d'Elysse où on va avec la personne qui est en face en coaching travailler justement avec elle on
- 15:20va l'amener à identifier ce qu'elle a pu se dire
- 15:24quelles ont été ses émotions,
- 15:25quelles ont été ses réponses comportementales,
- 15:28et juste par l'expression de ces données-là,
- 15:34lui faire prendre conscience que finalement,
- 15:37ce qu'elle a ressenti,
- 15:38ce qu'elle a fait n'était pas aidant,
- 15:39et qu'est-ce que ça dit d'elle,
- 15:42et qu'est-ce que ça dit de ce qu'elle s'impose,
- 15:44cette personne,
- 15:46des croyances qu'elle a sur tel ou tel sujet.
- 15:49Voilà,
- 15:50donc ça fait partie effectivement des outils.
- 15:54Et puis après,
- 15:56on en a beaucoup d'autres.
- 15:58On peut faire des jeux de rôle,
- 15:59on peut faire des mises en situation où le coaché prend la place du coach et inversement pour se rendre compte de nos distorsions cognitives.
- 16:09Il y a beaucoup de choses à faire.
- 16:11C'est ça qui est sweat.
- 16:12Il y a plusieurs outils.
- 16:13Une séance de coaching dure combien de temps ?
- 16:16Une heure et demie à peu près.
- 16:17Une heure et demie pour changer,
- 16:20par exemple,
- 16:22Une croyance limitante,
- 16:23changer un comportement.
- 16:28Je sais que ça doit être différent d'une personne à l'autre,
- 16:30mais en moyenne,
- 16:31combien ça prend de travailler sur un aspect ?
- 16:34Alors,
- 16:35en fait,
- 16:35on ne va pas forcément travailler sur une croyance limitante parce que déjà,
- 16:39la personne qui vient te voir,
- 16:41elle n'en a pas toujours conscience.
- 16:42On va travailler sur un problème que la personne rencontre dans sa vie professionnelle.
- 16:47Voilà,
- 16:48ça peut être par exemple...
- 16:50des choses qu'une personne n'arrive pas à dire à une autre,
- 16:53alors que sur le plan professionnel,
- 16:55elles doivent communiquer,
- 16:56elles n'y arrivent pas.
- 16:58Donc,
- 16:58en quoi c'est un problème ?
- 17:00Pourquoi c'est un problème ?
- 17:01Depuis quand c'est un problème ?
- 17:02Qu'est-ce qu'elle a déjà essayé de mettre en place ?
- 17:03Une fois qu'on a bien identifié ce problème,
- 17:06on va aider le coaché à définir quels sont les objectifs qu'il veut atteindre et comment il peut les atteindre.
- 17:13Et puis,
- 17:14entre les séances,
- 17:15lui,
- 17:15son travail,
- 17:16ça va être d'essayer justement d'atteindre ses objectifs.
- 17:19Et puis,
- 17:19quand on se revoit,
- 17:20on voit ce qui a été,
- 17:22ce qui n'a pas été.
- 17:23Parfois,
- 17:23il y a des situations nouvelles qui ont émergé et dont le coach a envie de parler.
- 17:29Donc là,
- 17:29on va se pencher sur cette situation.
- 17:32Parfois,
- 17:32ça va être,
- 17:32j'ai essayé de faire telle chose,
- 17:38ça n'a pas marché du tout,
- 17:39j'ai pas réussi à…
- 17:41Et on débriefe.
- 17:43Pourquoi cette personne n'a pas réussi à faire telle ou telle chose ?
- 17:47Et...
- 17:48Et c'est là où,
- 17:51effectivement,
- 17:52même si le coaching relève de l'aspect professionnel,
- 17:56on va quand même aller voir avec la personne quelles sont ses croyances profondes.
- 18:01Et donc là,
- 18:01on va toucher peut-être à ce qu'il y a de l'ordre d'un peu plus intime,
- 18:06un peu plus personnel.
- 18:07Alors,
- 18:08tu incites sur le fait que ce n'est pas une consultation médicale ?
- 18:11Non.
- 18:11Que ce n'est pas une thérapie ?
- 18:13Ah non,
- 18:13surtout pas.
- 18:14Voilà.
- 18:14Non.
- 18:14Donc,
- 18:15on ne va pas chercher à...
- 18:16parler du passé,
- 18:18ni à refaire de la psychothérapie.
- 18:22Tu ne l'es pas,
- 18:22tu n'es pas psychothérapeute.
- 18:23Je ne suis pas psychothérapeute,
- 18:24ce n'est pas mon travail.
- 18:27C'est quelque chose que je réserve aux gens qui savent faire.
- 18:31Si moi je vois quelqu'un qui est en souffrance,
- 18:33en détresse,
- 18:35mon rôle sera de lui dire et éventuellement de lui conseiller d'aller trouver quelqu'un pour se faire aider.
- 18:42Mais en aucun cas,
- 18:44en aucun cas,
- 18:44on est là
- 18:45pour traiter la souffrance psychique intense ou même modérée.
- 18:52On n'est pas du tout dans ce registre-là.
- 18:55Quand on a quelqu'un devant soi qui est dans cet état-là,
- 18:57il ne faut pas faire un coaching.
- 19:00Il faut aller voir un autre professionnel.
- 19:03D'accord.
- 19:04Que ce soit un professionnel de santé ou un cadre ou quelqu'un qui veut faire le point sur sa vie professionnelle,
- 19:14parce qu'il ne se sent pas complètement en adéquation avec ce qu'il fait et qu'il sent qu'il est à contre-courant,
- 19:21par exemple,
- 19:22et il ne sait pas s'il va pouvoir se projeter les années à venir dans le même job,
- 19:27avec les mêmes codes.
- 19:29Est-ce que c'est une façon de faire le point que de venir te voir ou de venir voir un coach ?
- 19:34Oui,
- 19:35clairement.
- 19:35Moi,
- 19:35je trouve que quand tu ne sais plus où tu en es dans ta vie professionnelle,
- 19:41si c'est ça que tu as envie de continuer à faire,
- 19:43Pourquoi tu le fais ?
- 19:47Si vraiment tu as ces questions-là,
- 19:48le coaching professionnel,
- 19:51c'est complètement,
- 19:52je trouve,
- 19:52l'endroit où tu peux le faire,
- 19:54où quelqu'un va éventuellement te poser des questions qui vont pouvoir te faire avancer dans ta réflexion,
- 20:01tout en sachant bien que le coach,
- 20:04il n'a pas une position de sachant.
- 20:07Celui qui sait,
- 20:07c'est le coaché.
- 20:09Donc nous,
- 20:09on va juste l'amener à trouver ses propres réponses.
- 20:13On est comme un cadre pour l'aider à arriver où il veut arriver.
- 20:18Mais oui,
- 20:18clairement.
- 20:20En tout cas,
- 20:21je peux dire que pour avoir été dans cette situation-là,
- 20:23ça m'a permis de bien clarifier ce que je voulais faire sur le plan professionnel.
- 20:28Ça enlève du brouillard mental,
- 20:29au fait.
- 20:30Je trouve.
- 20:30Ça apporte de la clarté.
- 20:31Ça apporte de la clarté,
- 20:32de la lucidité.
- 20:33Et c'est souvent ce dont on a besoin.
- 20:38dans ces périodes-là ?
- 20:40Je me disais,
- 20:41pour des postes qui sont à haute responsabilité,
- 20:46comme pour les professionnels de santé ou certains dirigeants,
- 20:49est-ce que ce ne serait pas souhaitable d'avoir,
- 20:53durant sa carrière,
- 20:55des mises au point comme ça,
- 20:58sans qu'on arrive à l'état de fatigue ?
- 21:00Oui.
- 21:01C'est de faire de la prévention et de faire régulièrement un espèce de point pour voir où on en est.
- 21:07Oui.
- 21:08se poser les bonnes questions pour être toujours dans des états qui permettent au fait...
- 21:13Oui,
- 21:14et puis ça ne semble pas complètement fou.
- 21:15Par exemple,
- 21:16tu vois,
- 21:16si on prend une carrière de médecin qui,
- 21:18en théorie,
- 21:19peut quand même durer très longtemps,
- 21:21même en pratique,
- 21:22une quarantaine d'années,
- 21:24ce n'est quand même pas déconnant,
- 21:27toutes les dizaines,
- 21:28de se poser la question de savoir est-ce que je suis bien dans mon job ?
- 21:31Est-ce que ça me convient ?
- 21:33Est-ce qu'il y a des choses que j'ai envie de faire évoluer ?
- 21:35Est-ce que d'autres que j'ai envie de lâcher ?
- 21:38ça paraît quand même plutôt sain.
- 21:40C'est l'inverse,
- 21:41en fait,
- 21:41finalement,
- 21:42qui est complètement hallucinant.
- 21:44C'est que pendant toutes ces années où on traite l'humain,
- 21:48on n'est pas,
- 21:49justement,
- 21:50des périodes où on puisse faire un peu le bilan de tout ça et de savoir si on est toujours à la bonne place.
- 21:55Donc,
- 21:56moi,
- 21:57c'est aussi un peu dans ce sens que je fais ce travail-là parce que je trouve que c'est important que les gens,
- 22:02quand même,
- 22:03se posent des questions de temps en temps de savoir s'ils sont bien dans leur travail.
- 22:07Et s'ils ont une difficulté,
- 22:08de savoir qu'ils peuvent trouver quelqu'un pour les accompagner pendant quelques mois et puis après repartir pour peut-être dix ans,
- 22:19super bien,
- 22:19en sachant bien pourquoi on est là et pourquoi on fait les choses.
- 22:23Donc oui,
- 22:24moi je trouve que ça serait très intéressant,
- 22:27et d'ailleurs je t'en ai touché un mot tout à l'heure,
- 22:29d'intégrer ça dans notre parcours,
- 22:33dans le parcours d'un médecin.
- 22:36d'un soignant en général,
- 22:37d'une infirmière.
- 22:37Je trouve que ça devrait,
- 22:38au même titre que tu as des formations,
- 22:40comme je te disais,
- 22:40sur l'intubation difficile.
- 22:42Pourquoi tu n'aurais pas,
- 22:44à un moment de ta vie,
- 22:46la possibilité de te poser et de réfléchir sur ta carrière ?
- 22:50La notion de bien-être et de bonheur au travail,
- 22:52est-ce qu'on peut enfin commencer à en parler comme un élément fondamental ?
- 22:57Ou est-ce que c'est nier encore de parler de ces choses-là ?
- 23:00Nier ?
- 23:01Non,
- 23:01je ne trouve pas.
- 23:02Je trouve qu'on est quand même sur terre.
- 23:04pour être heureux.
- 23:05Donc,
- 23:06si tu n'es pas heureux quand tu vas bosser alors que tu bosses tous les jours,
- 23:09il y a un problème.
- 23:10Il y a un problème.
- 23:11Donc,
- 23:11ne pas vouloir en parler ou hésiter à en parler,
- 23:16pour moi maintenant,
- 23:18je trouve que c'est faire l'autruche.
- 23:20On voit bien aujourd'hui dans le monde du travail qu'au contraire,
- 23:28les gens ont besoin d'être écoutés,
- 23:30soutenus.
- 23:33aider,
- 23:33accompagner.
- 23:35En fait,
- 23:35je pense qu'il y a plutôt la base,
- 23:37mais ça n'est que mon point de vue.
- 23:38Oui,
- 23:38mais
- 23:39Florence, tu es d'accord avec moi que plus,
- 23:42c'est-à-dire le dirigeant,
- 23:43l'image du dirigeant,
- 23:45ou l'image de celui qui assure,
- 23:47ou celui qui performe,
- 23:49c'est celui qui sait tout gérer,
- 23:50qui gère son stress,
- 23:52qui ne se plaint pas,
- 23:53et qui est capable d'encaisser jusqu'à l'infini,
- 23:56sans pouvoir,
- 23:58sans se plaindre,
- 24:00ni son...
- 24:02sans qu'ils se fatiguent.
- 24:03Donc,
- 24:06on n'est plutôt pas encore dans l'idée de plus on est bien,
- 24:10mieux on gère les situations,
- 24:13mieux on gère les équipes,
- 24:15meilleures sont les décisions qu'on prend,
- 24:17plus de cerveau disponible à travailler en équipe,
- 24:21plus de cohérence et donc plus de rentabilité et de performance,
- 24:25si on doit parler de performance.
- 24:27Est-ce que maintenant,
- 24:28on a des études qui le montrent ?
- 24:31Mieux on est dans son boulot,
- 24:33plus on est sécure pour les autres et plus on est performant.
- 24:37Alors écoute,
- 24:38les études,
- 24:42je ne pourrais pas t'en citer là comme ça.
- 24:46Ce que je peux te dire,
- 24:46c'est que ce que tu as évoqué,
- 24:49tu vois,
- 24:50le dirigeant sûr de lui,
- 24:53qui bosse à fond.
- 24:55Effectivement,
- 24:55là,
- 24:56on est en plein dans la croyance du dirigeant qui...
- 24:59qui doit jamais se poser,
- 25:00qui doit toujours assurer,
- 25:02qui doit être fort,
- 25:05ne pas se plaindre,
- 25:06et justement,
- 25:09au nom de quoi ?
- 25:11Donc ça,
- 25:12c'est le genre de choses qu'on travaille en coaching.
- 25:16Qu'est-ce qu'un bon dirigeant ?
- 25:18C'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
- 25:21on s'effondre,
- 25:21au fait.
- 25:22Il y a des gens qui tiendront toute leur vie et d'autres qui ne tiendront pas.
- 25:27Et effectivement,
- 25:31si être un dirigeant comme celui que tu as décrit ne te pose aucun problème,
- 25:35si pour toi,
- 25:37c'est vraiment l'éclate et que tu vas au boulot en étant hyper joyeuse d'être comme ça,
- 25:43voilà.
- 25:44Ok,
- 25:45mais...
- 25:46si cette posture-là ne te convient plus,
- 25:49elle ne te convient pas,
- 25:50elle engendre un mal-être,
- 25:53elle est problématique,
- 25:54alors arrêtons de vouloir plaquer sur des fonctions,
- 25:59des postures complètement archaïques.
- 26:02Je pense que quand même,
- 26:03au XXIe siècle,
- 26:06on peut commencer à prendre en compte le facteur humain,
- 26:10comme on disait tout à l'heure.
- 26:13Je me demandais,
- 26:15si le coaching,
- 26:16au final,
- 26:17était un outil qui fonctionnait ?
- 26:20Oui,
- 26:20alors les études commencent à montrer que oui,
- 26:25le coaching t'apporte,
- 26:27donc améliore ton quotidien professionnel et les relations que tu as avec les autres.
- 26:33Donc,
- 26:34il y a des études qui commencent à sortir là-dessus.
- 26:38je pourrais te transmettre les références si tu veux les donner.
- 26:41Oui,
- 26:41on peut les mettre en descriptif.
- 26:43Oui,
- 26:43ça peut être sympa pour les gens de lire.
- 26:48Et donc,
- 26:50en tout cas,
- 26:51pour le coaching cognitivo-comportemental,
- 26:53oui,
- 26:55on voit bien que ça augmente le bien-être,
- 27:00ça diminue quand même l'anxiété au travail.
- 27:02Donc,
- 27:03c'est des choses qui sont intéressantes.
- 27:05Pour ceux qui ne sont pas des dirigeants,
- 27:07tu proposais quand même,
- 27:10pour ceux qui ont un changement,
- 27:12par exemple,
- 27:13de profession,
- 27:14les étapes de travail,
- 27:15par exemple,
- 27:16changer de service,
- 27:17partir à la retraite.
- 27:19Il y a des moments de la vie professionnelle qui nécessitent un point.
- 27:24Alors,
- 27:25c'est fait avec des RH.
- 27:26Est-ce que c'est correctement fait ?
- 27:28Est-ce que ça peut être bien fait via quelque chose qui s'intègre dans la structure ?
- 27:34Tu veux dire comme intégrer du coaching dans la structure ?
- 27:37C'est ça.
- 27:38Ou est-ce que le RH peut aussi faire du coaching et avoir le temps de s'intéresser à faire des mises au point ?
- 27:44Je pense que c'est vrai que si le RH a fait un peu de coaching dans sa vie,
- 27:48ça ne peut que faire du bien.
- 27:49Après,
- 27:49est-ce qu'ils ont le temps de le faire ?
- 27:51Est-ce qu'ils ont aussi les outils pour le faire ?
- 27:53Je ne sais pas.
- 27:55L'envie aussi.
- 27:58Mais oui,
- 27:58je trouve que les périodes de vie,
- 28:00comme tu dis,
- 28:00un peu charnières comme ça,
- 28:01ça peut...
- 28:03Ça peut tout à fait faire l'objet d'un coaching.
- 28:05Prise de poste,
- 28:07retour après une grossesse ou après un arrêt maladie.
- 28:15Tous ces moments de la vie un peu charnières où tu as peut-être besoin.
- 28:19Tu peux avoir besoin à un moment d'ajuster.
- 28:22Après,
- 28:22ce n'est pas obligatoire.
- 28:23Mais en tout cas,
- 28:24savoir que si tu en as besoin,
- 28:27c'est là.
- 28:29Pour toi,
- 28:29Florence,
- 28:30du coup...
- 28:31Tout ça,
- 28:31tu as pu en saisir l'importance parce que tu as pu te poser toutes les questions concernant le bien-être au travail.
- 28:39Mais je pense que tu t'es interrogée au tout début de ta carrière.
- 28:45Les questions ont commencé à venir dès que tu es devenue docteur.
- 28:51Tu te posais déjà la question de si la médecine,
- 28:56si ton exercice allait pouvoir vraiment répondre à tous tes besoins.
- 29:00Et comment tu as répondu à cette question ?
- 29:03Par non.
- 29:05Je ne suis pas que ça ?
- 29:07Oui,
- 29:11j'ai assez vite effectivement pris conscience que malgré l'immensité des connaissances qui me restaient à acquérir en médecine,
- 29:21et dont je ne prétends pas avoir fait le tour,
- 29:25bien au contraire,
- 29:26mais que la thématique...
- 29:30n'allait pas me suffire,
- 29:31qu'il allait me falloir d'autres thématiques à aborder qui pourraient simuler un peu ma curiosité.
- 29:40Et puis aussi me sortir d'un milieu que je trouvais et que je trouve aussi parfois un peu austère.
- 29:54Austère ?
- 29:55Difficile ?
- 29:55Oui,
- 29:56difficile.
- 29:57C'est vrai que tout le monde parle souvent de l'esprit carabin.
- 30:00Oui,
- 30:01mais bon,
- 30:01ce n'est quand même pas au quotidien.
- 30:04Et je trouve que c'est un milieu quand même relativement sérieux.
- 30:09Un milieu où on se comprend un peu les uns les autres,
- 30:13mais on parle toujours un petit peu des mêmes choses.
- 30:20Moi,
- 30:20ça me convenait dans une certaine limite.
- 30:23Il y a quand même un recul.
- 30:25peut-être une distance,
- 30:26une juste distance à avoir par rapport à toutes les histoires qu'on traverse dans le milieu médical ?
- 30:31Est-ce que c'est un besoin aussi ?
- 30:33Est-ce que c'est un besoin ?
- 30:35Peut-être.
- 30:37Je ne l'ai pas vraiment identifié comme ça,
- 30:40mais je crois que j'ai besoin de rire dans la vie.
- 30:42J'ai besoin de légèreté,
- 30:45de plaisir.
- 30:48Et finalement,
- 30:50je trouve que la médecine ne comble pas ce besoin.
- 30:56ne comble pas ce besoin de manière satisfaisante en ce qui me concerne.
- 31:01Je comprends.
- 31:01Donc,
- 31:02je me dis que pour être heureux dans sa vie professionnelle,
- 31:07il ne faut pas que la vie professionnelle prenne le dessus sur les autres choses qu'on aime ou qui nous représentent.
- 31:15C'est à ce titre-là qu'on peut être complètement aligné et on peut continuer à faire des années durant,
- 31:21des dizaines d'années durant.
- 31:23le même travail parce qu'il ne nous a pas empêchés d'être le reste ?
- 31:26C'est une bonne question.
- 31:29Je pense qu'il y a des gens qui ne se sentiront jamais empêchés par leur travail parce qu'ils l'aiment profondément et rien ne les rendrait plus heureux.
- 31:39J'en connais.
- 31:41Si c'était à recommencer,
- 31:42je recommencerais exactement la même chose.
- 31:45C'est génial.
- 31:46Super.
- 31:46Donc,
- 31:46ça ne les empêche pas ?
- 31:48Non,
- 31:48ça ne les empêche pas.
- 31:49Exact.
- 31:49Voilà.
- 31:50Tu as des gens qui sont parfaitement deux.
- 31:52heureux d'être là où ils sont.
- 31:54Et puis,
- 31:56t'en as d'autres pour qui ce qu'ils font correspond peut-être,
- 32:02a pu correspondre à un besoin à un moment et peut un peu moins correspondre
- 32:0720 ans plus tard.
- 32:09Ou cet aspect du travail qui est très sérieux peut leur paraître pesant à vivre au quotidien.
- 32:18En tout cas,
- 32:19là,
- 32:19je parle pour moi.
- 32:20Ok.
- 32:22Donc il faut savoir s'interroger et connaître ses besoins et ses envies pour ne pas se retrouver frustrée et à regretter une partie de ce qu'on pourrait être.
- 32:31Peut-être.
- 32:32Après,
- 32:35je ne prétends pas.
- 32:39Ma manière de voir les choses,
- 32:40c'est juste ma manière à moi.
- 32:41Donc chacun fait ce qu'il veut finalement.
- 32:44Chacun est libre de s'interroger ou pas.
- 32:46Moi,
- 32:47je l'ai fait,
- 32:47mais c'était,
- 32:48comment dire ?
- 32:49presque une évidence.
- 32:50Je n'ai pas eu beaucoup d'efforts à faire.
- 32:52L'idée s'est imposée à moi.
- 32:55Comme je te le dis,
- 32:57une vie aussi dédiée au travail et à ne faire qu'un travail à fond,
- 33:02c'est aussi beau,
- 33:03quelque part.
- 33:04Et donc,
- 33:05si les gens sont à l'aise dans leur basket à le faire,
- 33:08qu'ils le fassent.
- 33:09Moi,
- 33:10c'est vrai que c'était...
- 33:11J'aspirais à autre chose.
- 33:13Oui.
- 33:14Mon idée,
- 33:14Florence,
- 33:15c'est...
- 33:16Je pense que...
- 33:18il y a plusieurs aspects à vivre et que si une partie,
- 33:22si un côté va pouvoir prendre toute la place sur le reste et qu'on est frustré de ne pas faire vivre l'autre partie,
- 33:30cette frustration-là va probablement empêcher d'aller jusqu'au bout,
- 33:33de se déployer dans sa profession.
- 33:36Je pense qu'on gagnerait à vraiment tout vivre pleinement parce que je pense que les deux parties se nourrissent.
- 33:44Par exemple,
- 33:44quand...
- 33:45Donc,
- 33:46si je devais avoir quelque chose que je faisais et que j'aimais faire,
- 33:50comme par exemple mon podcast,
- 33:52j'estime qu'au fait,
- 33:53ça apporte un énorme plus à mon exercice parce que ça me rend heureuse,
- 33:58parce que ça répond à une curiosité,
- 34:00parce que je me sens pleinement satisfaite de ce que je fais en dehors.
- 34:05Et je pense que c'est tout bénéfice pour mon exercice et que ça apporte de l'appréhension,
- 34:10ça vient nourrir tout simplement.
- 34:11Ton activité ?
- 34:12Voilà,
- 34:13exactement.
- 34:13Je pense que si on n'en a pas le besoin,
- 34:16il n'y a pas à chercher.
- 34:18Simplement,
- 34:19c'est bien de s'interroger à un moment donné,
- 34:22de dire est-ce que vraiment ça ne m'empêche pas d'autre chose ?
- 34:26Avant que ce soit l'épuisement,
- 34:27la frustration ou le regret.
- 34:31Donc à un moment donné,
- 34:32le point à faire,
- 34:33c'est de se dire est-ce que je suis dans l'équilibre de ma vie pro et ma vie perso ?
- 34:40Est-ce que c'est la vie que je veux avoir ?
- 34:42Oui,
- 34:42c'est important.
- 34:43Oui,
- 34:44non.
- 34:44Si c'est non,
- 34:45alors comment on fait pour y arriver ?
- 34:47Oui,
- 34:47moi,
- 34:48c'est la question que je me suis posée.
- 34:50Mais encore une fois,
- 34:52on n'est pas obligé de se la poser.
- 34:53Et tout le monde ne se la pose pas.
- 34:58Et c'est aussi bien comme ça.
- 35:00Mais oui,
- 35:01moi,
- 35:04ça m'a beaucoup apporté de faire ces choses à côté de mon travail.
- 35:08Heureusement que j'avais ça.
- 35:10C'est extraordinaire tout ce que tu as fait.
- 35:13Moi,
- 35:14je suis admirative.
- 35:15Merci.
- 35:15De stand-up.
- 35:17deux spectacles de stand-up pendant une dizaine d'années.
- 35:20Ça,
- 35:20c'est fabuleux parce que pour moi,
- 35:21s'il y a un exercice qui est aussi compliqué à faire,
- 35:26c'est celui de faire rire.
- 35:28Je te l'ai dit,
- 35:29pour moi,
- 35:31le rire est peut-être le must de l'intelligence relationnelle parce que ça nécessite plusieurs compétences,
- 35:41plusieurs intelligences.
- 35:43D'abord,
- 35:43il faut une grande observation de l'autre.
- 35:45Ça,
- 35:46c'est vrai,
- 35:46oui.
- 35:46Il faut avoir de la dérision et de l'auto-dérision,
- 35:52de se remettre en question déjà.
- 35:55Rire avec les gens,
- 35:56ce n'est pas simple parce qu'il faut vraiment sonder ce qu'ils attendent.
- 36:01Rire,
- 36:02c'est aussi vérifier que l'autre est réceptif à notre humour.
- 36:06Ce n'est pas toujours le cas.
- 36:07Ce n'est pas toujours le cas,
- 36:08mais évidemment.
- 36:10Et puis,
- 36:11surtout,
- 36:11c'est de ne pas avoir peur du regard des autres.
- 36:16qu'ils peuvent poser sur nous,
- 36:17ni de leur jugement,
- 36:19et de se délester au fait de notre personnage pour venir un petit peu se révéler aux autres en toute confiance.
- 36:28C'est tout ça,
- 36:28c'est vrai.
- 36:30Pour moi,
- 36:30l'humour,
- 36:31c'est le comble du comble.
- 36:32Donc déjà,
- 36:33je trouve que c'est merveilleux pour une anesthésiste de son sérieux,
- 36:38du comble de ce métier.
- 36:41hyper sérieux,
- 36:42de venir rire.
- 36:44Quel a été le premier spectacle pour commencer ?
- 36:47Pour commencer,
- 36:48je n'ai pas commencé direct par le spectacle,
- 36:50j'ai commencé par faire des scènes ouvertes.
- 36:52J'allais,
- 36:53après le boulot,
- 36:54il y avait une scène ouverte où les humoristes pouvaient tester leur...
- 36:57Il y en a plein à Paris.
- 36:59J'adore faire ça,
- 36:59tu sais.
- 37:00Pour tester leur ban.
- 37:01J'y vais.
- 37:01Tu y vas souvent ?
- 37:03Dès que je peux,
- 37:03je le fais parce que j'adore le stand-up et que j'adore découvrir des gens non connus qui testent
- 37:10Et je trouve que c'est une fenêtre fabuleuse sur le monde des autres.
- 37:14J'adore ça.
- 37:15Voilà,
- 37:16donc j'ai fait ça pendant quelques mois,
- 37:19peut-être une petite année.
- 37:20Et puis,
- 37:20en fait,
- 37:20de fil en aiguille,
- 37:22le sketch que je faisais,
- 37:24ça prenait pas mal.
- 37:25Donc,
- 37:25le gérant du lieu,
- 37:27il m'a dit,
- 37:28tu peux faire une demi-heure maintenant de ton spectacle.
- 37:30Donc,
- 37:30j'ai fait une demi-heure.
- 37:30Et puis,
- 37:31à l'issue de ça,
- 37:31il m'a dit,
- 37:32OK,
- 37:32c'est bon,
- 37:32on fait le spectacle.
- 37:33Et là,
- 37:34c'était plus régulier.
- 37:35Alors,
- 37:36c'était aussi en fonction de...
- 37:38Mon emploi du temps.
- 37:39Et puis,
- 37:43c'était ce que je pouvais faire à cette époque-là avec le temps que j'avais.
- 37:46Mais c'était chouette.
- 37:47C'était une belle expérience.
- 37:48Donc ça,
- 37:48c'était le premier spectacle qui ne s'appelait pas « Avec n'importe qui » .
- 37:50C'était un spectacle assez trash.
- 37:52L'humour vraiment très noir.
- 37:54Un peu carabin,
- 37:55tu vois.
- 37:56J'aimais bien.
- 37:57C'était un bel exutoire,
- 37:58franchement.
- 38:00Et puis après cinq ans de ce spectacle,
- 38:04j'en ai écrit un autre qui,
- 38:05lui,
- 38:05était plus...
- 38:07plus mesurée,
- 38:07plus posée.
- 38:09Un spectacle sur les études de médecine,
- 38:11la galère des études,
- 38:12et puis la relation médecin-malade,
- 38:14c'est assez rigolo,
- 38:18cette relation qu'on a.
- 38:19Parfois,
- 38:19elle n'est pas rigolote du tout,
- 38:21parfois,
- 38:22elle est plus difficile,
- 38:23mais il y a des moments qui sont forts,
- 38:25qui sont drôles,
- 38:26et desquels on peut rire.
- 38:28C'était un spectacle là-dessus,
- 38:32et lui,
- 38:33je l'ai tourné un peu moins,
- 38:35peut-être,
- 38:35parce qu'il y a eu le Covid.
- 38:37et puis après tu referais de nouveau du stand-up Florence ?
- 38:44J'imagine qu'il y a 10 000 autres projets donc du coup est-ce qu'il aura de la place le stand-up ?
- 38:48Écoute je pense que je reviendrai sur scène mais je ne sais pas de quelle manière mais la scène t'as parlé ouais j'aime bien ça c'est chouette c'est un beau moment de partage quand tu arrives à faire rire les gens c'est une belle communion je suis d'accord Merci.
- 39:05une belle communion et tu sais que tu leur fais du bien.
- 39:10Donc ça,
- 39:12j'ai beaucoup appris,
- 39:14la scène m'a beaucoup appris en termes d'humilité,
- 39:18en termes de d'amour propre.
- 39:23Tu vois l'amour propre quand tu vas sur scène.
- 39:25C'est des délestés de l'amour propre.
- 39:26Tu n'en as plus.
- 39:27Non,
- 39:27pas non.
- 39:28Il faut le laisser de côté.
- 39:29Tu le laisses complètement de côté.
- 39:32Donc ça,
- 39:32je veux dire,
- 39:33pour l'ego,
- 39:33c'est une belle...
- 39:35Voilà,
- 39:35c'est une belle leçon.
- 39:37Est-ce que,
- 39:38Florence,
- 39:39tu as aussi la réflexion sur le deuil de la perfection ?
- 39:43Ah ben,
- 39:45oui.
- 39:45Oui et non,
- 39:46parce que...
- 39:48Alors oui,
- 39:48le deuil de la perfection,
- 39:49bien sûr,
- 39:49parce que quand tu ne fais pas rire,
- 39:51tu es bien obligé de le reconnaître.
- 39:53C'est criant,
- 39:54ça fait mal et c'est direct.
- 39:56Les gens ne font pas semblant.
- 39:57C'est ça.
- 39:59Donc,
- 39:59ça,
- 39:59c'est vraiment une belle leçon d'humilité.
- 40:01Et en même temps,
- 40:02l'écriture,
- 40:03en tout cas en ce qui me concerne,
- 40:04parce que je ne suis pas très douée dans l'improvisation.
- 40:06moi j'aime bien les phrases qui sont ciselées l'humour vraiment très très travaillé et donc en ce sens
- 40:15l'écriture c'était un exercice c'est vraiment un travail un peu d'orfèvre où tu vas chercher le mot qui va faire rire et en ce sens alors je ne vais pas dire que j'étais guidée par la perfection parce qu'on a tous sa propre idée de la perfection mais en tout cas je cherchais à faire un texte qui à mes yeux était le mieux possible donc
- 40:34une école d'exigence je dirais,
- 40:36ça c'est vrai ça tu sais faire,
- 40:38de part de ton métier déjà et puis tu es musicienne aussi un peu,
- 40:42alors bon je ne suis pas Euh...
- 40:45Je n'ai pas fait le conservatoire,
- 40:47mais je fais du piano.
- 40:48Oui,
- 40:48tu fais du piano régulièrement.
- 40:49Oui,
- 40:50je fais du piano régulièrement et du chant.
- 40:52J'ai fait du piano voix.
- 40:56C'est aussi l'école de la rigueur.
- 40:58Oui,
- 40:59alors pas que.
- 41:00Je pense qu'on peut avoir aussi une approche de la musique.
- 41:02J'en parle dans mon bouquin qui est plus intuitive et plus détendue.
- 41:06On n'est peut-être pas obligé d'être tous passés par le conservatoire pour se faire du bien.
- 41:11Dans la musique,
- 41:12c'est un peu mon approche.
- 41:15Allez,
- 41:15on va parler de musique.
- 41:16Ok.
- 41:16On va parler de musique et on va parler de ton livre.
- 41:19Ok.
- 41:19Il s'appelle...
- 41:20Les Arabesques.
- 41:21Voilà,
- 41:21en référence à...
- 41:22Aux Arabesques de Debussy.
- 41:24Voilà.
- 41:25Et je fais le lien directement parce que tu dis,
- 41:28ce n'est pas le conservatoire.
- 41:30Et Debussy est le personnage que j'ai redécouvert grâce à toi et grâce à ton livre que j'ai adoré.
- 41:36Merci,
- 41:36Imane.
- 41:38C'est qu'au début,
- 41:40Debussy,
- 41:40pour moi,
- 41:41c'était au clair de lune.
- 41:43Et grâce à toi,
- 41:45j'ai revisité Debussy parce que c'est une promenade en livre.
- 41:49C'est une promenade musicale.
- 41:51Et chaque chapitre correspond à une référence musicale.
- 41:56Et
- 41:57Debussy, il est complètement présent.
- 42:01Il y a les arabesques,
- 42:02il y a les rêveries,
- 42:03il y a plein de morceaux.
- 42:05Et j'ai,
- 42:07comme je t'ai expliqué,
- 42:08réécouté Debussy.
- 42:09et là je...
- 42:10je me redécouvre un monde,
- 42:12un monde écrit de façon déstructurée,
- 42:17qui est Debussy.
- 42:18Au fait,
- 42:18il a complètement pris le contre-pied de ce qui se faisait dans son époque et il a inventé une musique.
- 42:25Oui,
- 42:25c'était un...
- 42:27C'était un...
- 42:29Le mot m'échappe,
- 42:30mais un novateur ou un avant-gardiste,
- 42:32voilà.
- 42:33Et il s'est toute sa vie senti incompris,
- 42:36mal aimé.
- 42:38Et pourtant,
- 42:38ce qu'il faisait était remarquable.
- 42:41Ça me plaît bien,
- 42:42ça,
- 42:42parce que je trouve que dans la vie,
- 42:48ce n'est pas parce que ce que tu fais ne plaît pas qu'il ne faut pas le faire,
- 42:53en fait,
- 42:54ou que c'est mauvais.
- 42:56C'est juste que peut-être à ce moment-là,
- 42:57quand tu arrives,
- 42:58ce n'est pas le moment de recevoir cette information-là pour les autres.
- 43:02Mais tu vois,
- 43:02lui,
- 43:03il a quand même tenu bon,
- 43:04il a vécu sa vie.
- 43:05et puis...
- 43:06Il a fait des choses incroyables.
- 43:08Donc,
- 43:08je trouve que c'est inspirant,
- 43:10ce genre de parcours.
- 43:11On n'a bien sûr pas le génie de Debussy,
- 43:15mais à notre petite échelle,
- 43:16on peut faire ce qu'on peut pour nous produire ce qu'on a à produire.
- 43:20Produire ce qui nous représente et se fier à qui on est pour la ligne.
- 43:25Oui,
- 43:26c'est ça.
- 43:26Point barre.
- 43:27Oui,
- 43:28pourquoi se compliquer la vie ?
- 43:31On n'aura pas de chance numéro 2.
- 43:33C'est ça,
- 43:34c'est ça.
- 43:35Autant être qui on est et pas quelqu'un d'autre,
- 43:37sinon c'est de la perte de temps.
- 43:38Oui,
- 43:38je trouve aussi.
- 43:39Et de l'énergie.
- 43:40Et de toute façon,
- 43:41on fait mal.
- 43:42Il vaut mieux faire ce qu'on sait faire.
- 43:43On fait moins bien ce que pour les autres.
- 43:46Autant faire ce qu'on sait faire et qui on est.
- 43:50Et si on devait raconter à Radesk,
- 43:55les personnages de Garance,
- 43:57d'Aurélien.
- 43:58de Charles qui m'ont accompagnée quelques jours et que j'ai adoré accompagner aussi t'as un personnage préféré toi ?
- 44:07Mais je ne peux pas ne pas aimer Garance.
- 44:09Ah oui,
- 44:10c'est vrai.
- 44:11Je ne peux pas ne pas aimer.
- 44:12C'est ton héroïne.
- 44:13Je ne sais pas si c'est une héroïne,
- 44:15mais je la comprends tellement.
- 44:18Je la comprends tellement.
- 44:20Et je suis heureuse qu'elle porte sa sensibilité et qu'elle la défende.
- 44:27Je n'en dirai pas plus,
- 44:28mais voilà.
- 44:29Après,
- 44:30un petit faible pour Aurélien.
- 44:33Parce que voilà,
- 44:34on s'attendrit de son histoire.
- 44:40J'ai aimé
- 44:42Fanette.
- 44:43Elle m'a bouleversée.
- 44:47Et si tu nous en parlais ?
- 44:49Avec plaisir.
- 44:51Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- 44:52Alors oui,
- 44:54de quoi parle ce roman ?
- 44:56On peut expliquer peut-être le contenu.
- 45:01Et pourquoi la forme du roman ?
- 45:02En sachant que ce n'est pas le premier,
- 45:03c'est ton deuxième.
- 45:05Tu as commencé par le premier qui s'appelle
- 45:10Le Labyrinthe.
- 45:10Oui,
- 45:10Le Labyrinthe.
- 45:11Qui était un autre style.
- 45:13Oui.
- 45:14Qui a répondu à un autre moment.
- 45:16Oui.
- 45:17Et puis s'est déployé quelque chose que tu as voulu musical,
- 45:22où il y a un personnage qui t'accompagne et qui est Debussy tout le long du livre.
- 45:28Oui.
- 45:31Oui,
- 45:31tu veux que je te parle plutôt des arabesques ?
- 45:33Oui.
- 45:35Est-ce que sur le plan global ou tu veux que je rentre un peu dans les détails ?
- 45:41Comment est arrivé arabesque dans ta vie,
- 45:44Florence ?
- 45:45En fait,
- 45:46la musique m'a toujours accompagnée.
- 45:48Et pour moi,
- 45:50ça a été à beaucoup de moments un grand réconfort.
- 45:53Quand dans les périodes où tu n'es pas bien.
- 45:59où la vie te secoue un petit peu,
- 46:02la musique pour moi fait vraiment partie des choses qui me font du bien.
- 46:08Et puis la pratique de l'instrument,
- 46:10du piano en l'occurrence,
- 46:12m'apportait tellement de bonheur que j'ai eu envie de mettre en scène peut-être l'histoire d'une femme d'aujourd'hui,
- 46:25qui essaye par tous les moyens de trouver...
- 46:28sa voix,
- 46:29trouver son bonheur.
- 46:33Et pour moi,
- 46:34Les Arabesques,
- 46:35c'est un livre sur le refus.
- 46:37Le refus de vivre une vie qui ne nous convient pas.
- 46:42Tous les personnages,
- 46:43à leur échelle,
- 46:46ils ont fait des choix,
- 46:47et ces choix,
- 46:48ils étaient bons ou ils n'étaient pas bons,
- 46:50mais ils ont vécu leur vie et certains n'ont pas pu accomplir tout ce qu'ils auraient aimé.
- 46:57Et d'autres vont avoir le courage de le faire.
- 47:01Je trouve ça émouvant.
- 47:02C'est vrai ?
- 47:04Mais oui,
- 47:04parce que ce sont des questions existentielles.
- 47:07Parce qu'au fait,
- 47:08c'est des choses qu'on ne se dit pas ouvertement ni à haute voix.
- 47:13Et c'est des choses qu'on peut se murmurer ou des fois qu'on n'ose même pas se poser comme question.
- 47:18Tellement,
- 47:18au fait,
- 47:19on a peur de la réponse,
- 47:20souvent.
- 47:20Oui,
- 47:21c'est vrai.
- 47:22Et le fait de le poser là,
- 47:24sous cette délicatesse-là et cette...
- 47:28est accompagné par la musique de Debussy,
- 47:33telle qu'il l'a imaginée lui.
- 47:35C'est-à-dire,
- 47:36pour lui,
- 47:37la musique ne se consomme pas comme quelque chose de linéaire,
- 47:43mais plutôt comme les arabes est quelque chose en mouvement,
- 47:47comme la vie,
- 47:47quelque chose qui n'est pas tout droit.
- 47:52Il a eu le courage de sortir de...
- 47:55des carcons et des lignes toutes tracées pour tracer sa propre trajectoire qui était au départ difficilement compréhensible.
- 48:03D'ailleurs,
- 48:05comment aimer Debussy dès le départ ?
- 48:07Il ne faut vraiment pas l'écouter en bruit de fond.
- 48:10Il faut vraiment s'attarder à chaque note,
- 48:13le suivre et en comprendre.
- 48:14C'est ça.
- 48:15Ça demande un petit effort intellectuel quand même d'intégrer ces dissonances,
- 48:21ces mélodies un petit peu particulières,
- 48:23un peu orientalisantes parfois,
- 48:25où tu te demandes ce que c'est.
- 48:27Et ça peut ne pas te toucher au départ.
- 48:28Complètement.
- 48:29Après,
- 48:30ça peut ne pas te toucher du tout dans ta vie.
- 48:32Tu as des gens qui sont hermétiques à cette musique,
- 48:33ce n'est pas grave.
- 48:34Mais oui,
- 48:36ça demande effectivement...
- 48:38Ce n'est pas une évidence.
- 48:39Non.
- 48:40Pas toujours.
- 48:41Non.
- 48:42Mais comme tu le dis,
- 48:44le chemin de la vie n'est pas non plus toujours une évidence.
- 48:47Pour certains,
- 48:47ça l'est.
- 48:48Et pour d'autres,
- 48:49non.
- 48:49Comme Debussy,
- 48:50ça ne l'est pas.
- 48:51Et puis pour certains personnages de mon roman...
- 48:54Ça ne l'est pas non plus.
- 48:55C'est ça.
- 48:57Donc,
- 48:57c'était des magnifiques trajectoires.
- 49:01Et je suis vraiment agréablement surprise de ce roman.
- 49:06Et pour dire,
- 49:06voilà,
- 49:07je l'ai adoré.
- 49:07Je l'ai adoré.
- 49:08Maintenant,
- 49:09j'ai et Florence Courteau comme autrice et j'ai aussi redécouvert
- 49:15Debussy. Mais c'est génial,
- 49:16écoute.
- 49:18Merci pour ça.
- 49:19Avec plaisir.
- 49:21Est-ce que les projets à venir,
- 49:24Florence ?
- 49:25Qu'est-ce qui t'anime actuellement ?
- 49:27Actuellement,
- 49:29ce qui m'anime,
- 49:30c'est de développer un peu cette activité de coaching que j'ai mise en place.
- 49:35Et puis,
- 49:36l'écriture d'un nouveau livre qui est déjà pas mal avancé,
- 49:43qui est plutôt de l'ordre du thriller psychologique.
- 49:46Donc,
- 49:46on est passé dans quelque chose d'un peu plus noir que j'aime bien aussi.
- 49:52Et puis,
- 49:52j'ai encore aussi une idée et
- 49:55Idées de romans,
- 49:56pareil,
- 49:58sur la banquise,
- 50:00le grand froid.
- 50:03Voilà,
- 50:03donc quelques idées.
- 50:05Et puis,
- 50:07je te disais,
- 50:07je trouve ça génial ce podcast que tu fais.
- 50:09Ça me donne envie d'en faire.
- 50:10Et j'ai plein d'idées,
- 50:12mais pas encore le temps pour les réaliser.
- 50:15Voilà,
- 50:16ce qui m'anime en ce moment.
- 50:17Oui,
- 50:18donc j'entends qu'il y a un livre à venir.
- 50:20Oui,
- 50:20mais alors...
- 50:22Je saurais attendre,
- 50:23t'inquiète.
- 50:24Il n'est déjà pas encore complètement écrit et puis il n'est pas publié,
- 50:27celui-là.
- 50:28Donc,
- 50:28ça sera de nouveau un parcours pour la publication.
- 50:33On verra s'il trouve son chemin,
- 50:36lui aussi.
- 50:36Oui.
- 50:37Est-ce que,
- 50:39de notre échange,
- 50:40tu as envie de conclure sur quelque chose qui te tient à cœur ?
- 50:46Est-ce qu'à la lumière de ce qu'on a raconté toutes les deux,
- 50:49est-ce qu'il y a quelque chose qui te paraît
- 50:52importants,
- 50:53que ce soit pour toi ou peut-être un message que tu voudrais transmettre imaginant à des gens chers,
- 50:59à tes filles par exemple ?
- 51:03Je leur dirais prenez des risques et les gens s'habitueront.
- 51:10C'est René Char qui disait ça.
- 51:13Mais voilà ce que je leur dirais.
- 51:15Prenez des risques parce que si vous n'êtes pas bien dans une situation,
- 51:18bougez.
- 51:19Osez.
- 51:20Allez-y.
- 51:21Il n'y aura pas de chance numéro deux,
- 51:22comme je te disais.
- 51:22Il n'y aura pas de seconde chance.
- 51:24Tu veux dire pas de seconde vie ?
- 51:25Oui.
- 51:26Mais on a le droit de se tromper,
- 51:27on est d'accord ?
- 51:27Et on a le droit de se tromper.
- 51:29Heureusement.
- 51:31Et puis,
- 51:32on peut avoir adoré quelque chose pendant des années,
- 51:34ne plus l'aimer.
- 51:37On peut avoir besoin d'autre chose à d'autres moments de sa vie.
- 51:40And so what ?
- 51:42On y va.
- 51:43On ose.
- 51:44Qu'est-ce qu'on risque ?
- 51:45On ne risque rien.
- 51:46Pas grand-chose.
- 51:47Pas grand-chose.
- 51:49À part le pire d'être heureux.
- 51:51c'est ça c'est Mandela qui disait je ne perds jamais,
- 51:55soit je gagne,
- 51:56soit j'apprends c'est quand même assez sage il a raison c'est ça que je leur dirais,
- 52:01allez-y les filles osez et moi j'ai envie de rajouter juste une petite touche je dirais soyez heureux même au travail surtout au travail très important parce que c'est
- 52:17là où on passe le plus de temps oui
- 52:20Merci infiniment Florence Courteau.
- 52:21Merci Imane,
- 52:22chère Kaoui.
- 52:25Merci beaucoup de ton invitation et de ce super moment.
- 52:33Mes chers amis,
- 52:35vous retrouverez les références du livre de Florence Courteau en description.
- 52:41Je vous demanderai,
- 52:42comme d'habitude,
- 52:44de soutenir Enquête d'accord par vos likes,
- 52:47vos appréciations.
- 52:49Et je vous demanderai aussi de venir regarder les vidéos sur Instagram.
- 52:54Je serai très heureuse de vous y retrouver.
- 52:57A très bientôt !