Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Quand la sécurité devient une culture. Régis Fuzier nous présente le Réferentiel HAS sur les compétences non techniques.
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- 0:05Enquête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer est étranglien.
- 0:15Et si,
- 0:15dans le milieu du soin,
- 0:17le facteur de risque n'était pas technique ?
- 0:21L'erreur humaine est inévitable,
- 0:24mais il est possible d'en réduire les conséquences.
- 0:27A l'occasion de la sortie du référentiel
- 0:31HAS sur les capacités non techniques,
- 0:34je rencontre
- 0:36Régis Fusier,
- 0:38anesthésiste,
- 0:39pilote et expert en facteurs humains.
- 0:44Excellente écoute !
- 0:50Bonjour Régis Fusier.
- 0:52Bonjour,
- 0:53Mette.
- 0:53C'est un grand plaisir de commencer cette semaine avec vous pour partager quelque chose qui me tient beaucoup à cœur,
- 1:02qui sont les facteurs humains.
- 1:04J'avais commencé déjà à parler de ce sujet dans des épisodes précédents et je suis vraiment ravie de vous avoir.
- 1:11L'idée c'était de vous inviter à l'occasion de la sortie du référentiel
- 1:16HAS sur les compétences.
- 1:19non techniques.
- 1:20Donc aujourd'hui,
- 1:22on va parler compétences non techniques et on va parler facteurs humains.
- 1:28Il s'agit de ce référentiel,
- 1:32mais avant tout,
- 1:33je voulais,
- 1:33avant de vous donner la parole pour vous présenter,
- 1:36je pourrais vous présenter rapidement quelque chose de particulier vous concernant Régis,
- 1:44c'est que vous avez un double regard.
- 1:48Une double connaissance,
- 1:49celle d'un médecin anesthésiste et également d'un pilote professionnel,
- 1:55ce qui va être d'un apport majeur pour les facteurs humains et dans l'approche des facteurs humains.
- 2:01Et on est très content que ça vous a plu et que vous soyez engagé dans ce domaine parce que c'est majeur.
- 2:07Alors je me suis rendu compte,
- 2:08Régis,
- 2:09à l'occasion des précédents épisodes que j'avais enregistrés avec Guillaume Tiersiot sur les facteurs humains,
- 2:17Merci.
- 2:18qu'il y avait un retour et un engouement par rapport aux facteurs humains,
- 2:26que ce soit en France,
- 2:27mais également dans d'autres pays.
- 2:30J'ai eu de retour du Maroc,
- 2:32du Sénégal,
- 2:33du Canada,
- 2:34et j'ai pu mesurer combien les facteurs humains intéressaient.
- 2:37Et il y avait un besoin d'échanger,
- 2:40de partager,
- 2:41de comparer les pratiques.
- 2:43Et puis,
- 2:44ce qui était vraiment...
- 2:46particulier,
- 2:47c'est que ça n'intéressait pas uniquement les personnes qui étaient en soins de santé,
- 2:52mais j'ai eu des retours aussi d'autres domaines,
- 2:55des personnes qui se sont senties impliquées par ce que ça a résonné sur le plan personnel,
- 3:03des fois sur des domaines professionnels autres,
- 3:06comme la pédagogie,
- 3:08l'éducation,
- 3:09donc on peut voir tout de suite en quoi ça peut intéresser un certain nombre de personnes dans le domaine
- 3:16associatif aussi.
- 3:18Et donc du coup,
- 3:18aujourd'hui,
- 3:19on va parler d'un référentiel qui concerne les soins de santé,
- 3:23mais l'idée c'est vraiment d'inclure les gens qui étaient intéressés sur les précédents épisodes.
- 3:30Régis,
- 3:31est-ce que vous voulez vous présenter aux auditeurs et nous dire,
- 3:36peut-être à travers votre histoire des facteurs humains,
- 3:42comment vous en êtes arrivé aux facteurs humains et
- 3:46l'histoire de votre engagement depuis tant d'années.
- 3:49Bien,
- 3:50merci pour cette introduction.
- 3:51Alors effectivement,
- 3:53moi je suis médecin anesthésiste réanimateur avant tout,
- 3:56plus de 30 ans de pratique essentiellement dans des établissements publics ou en tout cas privés à but non lucratif,
- 4:08mais aussi,
- 4:09comme ça a été évoqué,
- 4:11une évolution qui m'a amené à avoir une licence de pilote professionnel.
- 4:16Et en fait,
- 4:16ce qui est marquant,
- 4:18c'est que même en tant que pilote privé,
- 4:20finalement,
- 4:21que j'ai commencé quasiment en parallèle du début de ma spécialisation,
- 4:27dès qu'on monte dans un avion,
- 4:28lors de la première leçon aéronautique,
- 4:32on a des notions,
- 4:33on nous explique finalement l'importance des facteurs,
- 4:36et je rajouterais organisationnels et humains.
- 4:40On parle toujours souvent de
- 4:41FH, et en fait,
- 4:42il faudrait...
- 4:43Insister sur le « O »
- 4:44de organisationnel qui fait partie de la pratique.
- 4:50Et donc,
- 4:52lorsqu'on est dans le domaine de l'aéronautique,
- 4:54On a cette culture,
- 4:56on fait un briefing,
- 4:57on fait un débriefing,
- 4:58on a une façon de communiquer,
- 5:01on a une conscience de situation,
- 5:04on parle de nos erreurs,
- 5:05on fait du retour d'expérience,
- 5:07que ce soit dans un aéroclub au bar de l'escadrille,
- 5:10comme on dit,
- 5:12où on fait part de ce qui s'est passé.
- 5:16Si on a fait quelque chose qui n'est pas normal,
- 5:19on en parle librement.
- 5:20C'est quelque chose,
- 5:21ce retour d'expérience,
- 5:22qui est...
- 5:23facile,
- 5:24je dirais,
- 5:24dans le domaine de l'aéronautique.
- 5:26Et après,
- 5:26lorsqu'on est en compagnie aérienne,
- 5:28il y a les retours d'expérience plus officiels et obligatoires,
- 5:31je dirais,
- 5:32avec mise en place notamment de la culture juste.
- 5:35Alors,
- 5:35ce qui est frappant,
- 5:36c'est que dans le domaine de la santé,
- 5:38ma formation de médecin anesthésiste a été une formation avant tout de compétences techniques.
- 5:44Et c'est valable,
- 5:45quels que soient les professionnels de santé.
- 5:47En clair,
- 5:50après mes cinq ans de formation,
- 5:51je suis...
- 5:52J'ai été capable de mettre en place une péridurale,
- 5:55de réanimer un patient,
- 5:56d'endormir un enfant,
- 5:57de traiter un brûlé,
- 5:58de réanimer un choc sceptique.
- 6:00Mais finalement,
- 6:01tout ça se fait dans un environnement d'équipe et force est de constater qu'on n'a eu aucune formation justement comment on doit travailler en équipe.
- 6:12Au fil du temps,
- 6:14avec cette double casquette,
- 6:16il m'est apparu important d'essayer de voir comment on pouvait...
- 6:21améliorer non seulement la sécurité des patients,
- 6:25mais aussi la qualité des soins et finalement le bien-être des soignants.
- 6:30C'est en fait tout ce que les facteurs organisationnels humains permettent de faire.
- 6:35C'est une action positive sur la qualité de vie et les conditions de travail et donc par ripocher sur la qualité des soins et la sécurité des patients.
- 6:44Et force est de constater que la médecine ou la santé en général
- 6:50est une industrie à risque,
- 6:51au même titre que l'aéronautique,
- 6:54au même titre que le nucléaire,
- 6:57les centrales nucléaires,
- 6:58au même titre que les plateformes pétrolières ou les usines de pétrochimie.
- 7:04D'où ces interconnexions entre différents professionnels,
- 7:10où on parle finalement le même langage,
- 7:13à part que c'est appliqué dans des domaines différents,
- 7:17mais la base est la même.
- 7:19Et donc naturellement,
- 7:20depuis 7-8 ans,
- 7:21à travers différentes actions,
- 7:24qu'on pourra peut-être détailler par la suite,
- 7:26ça vous m'irait,
- 7:28il est apparu logique d'essayer d'implémenter ces notions dans le domaine de la santé,
- 7:35aussi bien dans la formation initiale que la formation continue.
- 7:39C'est un travail qui est long,
- 7:40mais on le sait,
- 7:41ça a mis 15 ans dans l'aéronautique,
- 7:44dans les années...
- 7:45fin des années 70,
- 7:46il a fallu attendre les années 90 pour que le CRM,
- 7:49le Career Resource Management,
- 7:51devienne la norme avec beaucoup de réticence,
- 7:54beaucoup de pédagogie,
- 7:55beaucoup de formation nécessaire pour faire comprendre ce changement nécessaire auprès des professionnels de l'aviation.
- 8:05Donc on est un peu dans cette mouvance au niveau de la santé,
- 8:09mais on est quand même bien optimiste de voir à travers
- 8:15les différentes communications,
- 8:16que ce soit dans les congrès,
- 8:17à travers les publications nationales ou internationales,
- 8:20comme vous l'avez bien souligné,
- 8:23et puis finalement avec ce référentiel,
- 8:24de voir que les choses avancent dans le bon sens.
- 8:27Oui,
- 8:27on va longuement parler de ce référentiel parce que c'est quand même le sujet du jour.
- 8:32J'ajoute juste que tout ça,
- 8:34c'est parce que l'erreur humaine est inévitable,
- 8:37mais ses conséquences ne le sont pas.
- 8:40Donc l'idée,
- 8:40c'est de réduire cette erreur humaine du mieux qu'on peut.
- 8:44et surtout d'en réduire les conséquences,
- 8:48et puis de travailler sur tout ce qui n'est pas technique.
- 8:54Vous,
- 8:54Régis,
- 8:55votre contribution au facteur humain remonte à plusieurs années.
- 8:59Je vous connais à travers déjà l'association facteur humain dont vous êtes membre actif,
- 9:07vous êtes peut-être même plus qu'un membre actif,
- 9:10et vous êtes
- 9:11Vous avez quand même contribué en termes de publication,
- 9:14d'ouvrage,
- 9:15à beaucoup de choses en termes de facteurs humains en santé.
- 9:19Depuis quand les facteurs humains sont dans votre vie depuis le début de l'aéronautique ?
- 9:24Et qu'est-ce qu'ils ont apporté dans votre pratique et puis surtout aussi sur le plan personnel ?
- 9:30Alors,
- 9:34la vision,
- 9:35en tout cas
- 9:36FOH que j'ai,
- 9:38je l'ai depuis que je suis pilote.
- 9:40Ça fait partie des choses qui,
- 9:41pour moi,
- 9:43sont ancrées.
- 9:46Alors,
- 9:47je vais vous donner un exemple précis.
- 9:49Il y a 25 ans,
- 9:51à peu près,
- 9:52j'ai fait une erreur médicale.
- 9:55qui auraient pu coûter la vie à une patiente.
- 10:01Dans le cas d'une pratique,
- 10:03je dirais,
- 10:03de routine,
- 10:04sans qu'il y ait une urgence absolue ni de stress,
- 10:06c'était plutôt de la routine,
- 10:10on m'avait préparé quatre seringues pour injecter un anesthésique local et faire une technique d'anesthésie loco-régionale,
- 10:18d'endormir que le bras.
- 10:20Et lorsque j'ai pris les quatre seringues de 10 ml,
- 10:23mon cerveau a lu...
- 10:254 fois le nombre de l'anesthésique locale et la concentration.
- 10:30Sauf qu'au milieu des 4 seringues,
- 10:33il y a eu une erreur qui avait été faite également,
- 10:36c'est-à-dire qu'une des seringues correspondait à un curat.
- 10:39Et mon cerveau n'a pas été capable de la lire.
- 10:42Et ce jour-là,
- 10:44c'est un cas qui m'a fortement marqué,
- 10:47parce que je pensais être suffisamment rigoureux pour éviter ce genre d'erreur.
- 10:51Je me suis rendu compte que mon cerveau...
- 10:54pouvait m'induire en erreur et me faire lire ce à quoi je m'attendais et non pas ce qui était réellement écrit.
- 11:01Et mon côté pilote a fait que j'ai publié ce cas de façon anonyme,
- 11:06en tout cas bien sûr sans citer le nom de la patiente,
- 11:09pour partager cette expérience.
- 11:11Et ça c'est le côté pilote initial,
- 11:13c'est-à-dire on fait du retour d'expérience,
- 11:16soit au bar de l'escadrille,
- 11:17comme je disais,
- 11:18soit entre nos pairs,
- 11:19mais moi j'ai voulu le publier pour expliquer comment.
- 11:24alors qu'on est formé et qu'on pense être des professionnels,
- 11:31comment un professionnel,
- 11:32en l'occurrence là c'était moi,
- 11:34on a pu arriver à commettre une erreur qui aurait pu être encore une fois fatale pour le patient.
- 11:40Et le problème que l'on a dans la santé,
- 11:43c'est qu'on s'arrête aux conséquences des erreurs.
- 11:46C'est-à-dire que j'aurais très bien pu dire,
- 11:47il n'y a pas eu de mort finalement,
- 11:51la patiente n'est pas décédée.
- 11:52Donc bah...
- 11:53L'erreur est humaine,
- 11:55on passe et on passe à autre chose.
- 11:56Et c'est ça la problématique que l'on a,
- 11:59c'est-à-dire que si on veut améliorer la qualité et la sécurité des soins,
- 12:04il faut qu'on travaille sur les mécanismes des erreurs et pas sur les conséquences des erreurs.
- 12:10Parce que si je ne travaille que sur les conséquences,
- 12:12ça veut dire qu'il faut que j'attende qu'il y ait un événement grave ou un décès pour qu'on puisse dire,
- 12:18ah ben tiens,
- 12:18maintenant on va travailler sur l'erreur qui a eu lieu.
- 12:21Or,
- 12:22dans bon nombre de cas,
- 12:24les erreurs que nous commettons on admet,
- 12:26on dit on peut débattre des chiffres,
- 12:28c'est pas le but mais globalement on dit qu'on fait entre 5 et 7 erreurs par heure et effectivement comme vous l'avez très bien dit le but c'est pas de ne pas faire des erreurs parce que de toute façon si vous ne voulez pas faire des erreurs vous ne mettez pas d'humains à partir du moment où vous mettez des humains nous ferons des erreurs et c'est là toute
- 12:44l'importance de la suite dont nous allons parler c'est comment en tant qu'humain,
- 12:48soit seul,
- 12:49soit en équipe je peux fiabiliser mes pratiques Merci.
- 12:52et faire en sorte que les erreurs que je vais faire n'aient pas de conséquences pour les patients.
- 12:58Et donc,
- 12:59naturellement,
- 13:00cette histoire,
- 13:01je vous l'ai dit,
- 13:01remonte à 25 ans.
- 13:03J'ai toujours eu ce côté un petit peu,
- 13:06mais je me suis un petit peu senti seul.
- 13:08Et il a fallu attendre il y a à peu près 10 ans,
- 13:11pas tout à fait encore,
- 13:12mais on va bientôt fêter nos 10 ans,
- 13:15pour prendre conscience qu'on était comme ça à disperser,
- 13:18notamment en France.
- 13:19différents professionnels intéressés par cette thématique et c'est de là qu'a été créée l'association Facteurs Humains en Santé qui regroupe différents professionnels de santé mais aussi des gens extérieurs,
- 13:32on a eu des contrôleurs aériens,
- 13:34on a des ergonomes,
- 13:35on a des gens qui sont experts dans différents domaines des vétérinaires pour ne pas être justement que dans la santé et encore moins que entre anesthésistes même si on est Merci.
- 13:49disciplines qui avons beaucoup publié sur cette thématique.
- 13:54Et donc,
- 13:55on a voulu,
- 13:56à travers l'association,
- 13:58démocratiser un peu ces notions de facteurs organisationnels humains.
- 14:01Et donc,
- 14:02sur le site internet de l'association,
- 14:04vous avez accès gratuitement et c'est ouvert à tous des cahiers du facteur,
- 14:10des podcasts,
- 14:11des webinaires,
- 14:12des courtes vidéos pour un petit peu démocratiser,
- 14:17c'est le terme.
- 14:19ces notions de facteurs organisationnels et humains.
- 14:22On est allé plus loin au sein de l'association.
- 14:24On a mis en place un colloque annuel qui a eu lieu dans une ville différente,
- 14:30à Paris en 2019,
- 14:32puis après à Toulouse en 2022,
- 14:34après la crise Covid,
- 14:36puis Nîmes,
- 14:36Lorient,
- 14:37Bordeaux.
- 14:39Normalement,
- 14:39l'année prochaine,
- 14:40ça sera à Rouen.
- 14:42Et on a aussi créé des partenariats avec différentes...
- 14:47Soit dans les congrès,
- 14:48soit avec des sociétés savantes,
- 14:50par exemple le JUPU,
- 14:51on a fait des partenariats avec la PHP.
- 14:54Plus récemment,
- 14:55on a fait un partenariat avec la Haute Autorité de Santé,
- 14:58qui nous permet justement un petit peu d'améliorer et de travailler sur ces thématiques.
- 15:05Aujourd'hui,
- 15:05je fais partie du conseil d'administration du facteur humain en santé.
- 15:10On a une nouvelle présidente qui est Véronique Delmas depuis 2026 qui a remplacé
- 15:17François Jolin qui fait toujours partie du conseil d'administration qui a été membre fondateur de cette association.
- 15:25Après,
- 15:25en termes de publication,
- 15:26on a effectivement différentes...
- 15:33support de publication,
- 15:34beaucoup de communication dans des congrès,
- 15:36beaucoup de pédagogie aussi.
- 15:39J'interviens pour essayer de démocratiser dans des écoles comme l'école d'IA d'infirmières anesthésistes à Toulouse.
- 15:47On est en train de créer,
- 15:49on va créer,
- 15:49on va ouvrir en 2026 un diplôme universitaire,
- 15:52parce qu'actuellement il n'y en a qu'un,
- 15:53c'est celui de Versailles,
- 15:54de Pierre Reynald.
- 15:55Il y a un diplôme universitaire facteur humain en santé qui va s'ouvrir à Bordeaux en novembre 2026.
- 16:03des publications pour justement essayer de voir qu'est-ce qu'on pourrait prendre du cockpit des pilotes de l'aéronautique.
- 16:10On pourrait amener dans un bloc opératoire.
- 16:13Tout n'est pas transposable,
- 16:14mais il y a un certain nombre de compétences non techniques qui pourraient l'être.
- 16:20Et avec François Jolin,
- 16:21on a coédité un ouvrage,
- 16:24Facteur humain en santé,
- 16:25pareil,
- 16:25dont le but étant un peu d'avoir des bases pour...
- 16:29pour les personnes qui seraient intéressées par cette thématique.
- 16:33D'accord.
- 16:34Donc,
- 16:34que ce soit les facteurs humains et organisationnels en aéronautique ou en santé,
- 16:39des personnes qui ne sont pas du domaine peuvent toujours trouver un intérêt et quelque chose qui peut les concerner parce que c'est du management d'abord,
- 16:48parce qu'il y a une bonne partie qui est connaissance de soi qui s'applique à tout le monde et une partie qui...
- 16:58concerne le travail d'équipe et la communication.
- 17:01Et là,
- 17:02quel que soit le domaine,
- 17:05managérial,
- 17:06on va dire,
- 17:06à partir du moment où on est dans un travail,
- 17:10on peut l'appliquer.
- 17:11Et ensuite,
- 17:12il y a cette spécificité qui est le bloc opératoire,
- 17:15même si ce référentiel,
- 17:18il n'est pas uniquement destiné aux médecins,
- 17:21si je comprends bien,
- 17:22Régis.
- 17:23Alors,
- 17:24surtout,
- 17:25le message que l'on voudrait faire passer,
- 17:26c'est de ne pas penser Merci.
- 17:27que les facteurs organisationnels humains se limitent dans un bloc opératoire.
- 17:33Beaucoup de travaux scientifiques sont issus des blocs opératoires,
- 17:37je l'ai dit,
- 17:37parce que l'anesthésie et réanimation,
- 17:39mais aussi un certain nombre de chirurgiens ont trouvé intéressant.
- 17:44C'est un laboratoire,
- 17:45finalement,
- 17:47qui permet de travailler et d'améliorer les pratiques assez facilement.
- 17:51Mais en fait,
- 17:52ça s'applique à tous les professionnels de santé.
- 17:55Et vous parliez du référentiel.
- 17:57Ce référentiel a pour objectif d'aider à implémenter dans la formation initiale et continue,
- 18:06mais surtout initiale.
- 18:09Ce qui prêche actuellement ?
- 18:11Oui,
- 18:11c'est ça.
- 18:12C'est-à-dire que la formation continue,
- 18:14il y a quand même pas mal de congrès ou autres qui permettent maintenant de le mettre en place.
- 18:20Mais nous,
- 18:20ce qu'on voudrait,
- 18:21c'est que ce soit comme dans le domaine de l'aéronautique.
- 18:24Quand j'ai passé ma licence de pilote professionnel,
- 18:27j'ai passé ce qu'on appelle l'ATPL Théorix,
- 18:29c'est l'équivalent du code de la route pour les automobilistes,
- 18:33c'est
- 18:3413 modules.
- 18:35Sur les 13 modules,
- 18:36il y a un module qui est consacré à la communication,
- 18:40il y a un module qui est consacré à l'aéromédecine et les illusions,
- 18:45les biais,
- 18:45les facteurs humains.
- 18:46Donc c'est quelque chose qui est enseigné,
- 18:49on apprend à communiquer,
- 18:51ce qui fait que demain si je vous amène en avion,
- 18:53que ce soit en...
- 18:54entre 320 ou 350 ou 777,
- 18:57ou avec mon petit coucou,
- 19:00à
- 19:00Paris, Bordeaux,
- 19:01Toulouse,
- 19:02Tombouctou,
- 19:04Dakar ou
- 19:05Tokyo, nous aurons,
- 19:07avec les contrôleurs et entre avions,
- 19:09entre pilotes,
- 19:09nous aurons exactement le même langage.
- 19:12Donc,
- 19:12au départ,
- 19:13il y a eu beaucoup de travaux sur le bloc opératoire,
- 19:16mais l'idée,
- 19:17c'est d'ouvrir,
- 19:18et d'ouvrir dans la formation initiale et continue,
- 19:21je l'ai dit,
- 19:22de
- 19:22tous les professionnels de santé.
- 19:24Et quand je dis tous les professionnels de santé,
- 19:26on entend par les soignants,
- 19:29médicaux,
- 19:30paramédicaux,
- 19:32mais dans les soignants,
- 19:34c'est toutes les personnes qui sont impliquées dans le soin.
- 19:37C'est-à-dire l'aide-soignante,
- 19:39le brancardier,
- 19:41le manipulateur radio.
- 19:42Si on veut former que les médecins entre eux,
- 19:47ça ne marchera pas.
- 19:48Et d'ailleurs,
- 19:49j'en reviens toujours à l'aéronautique.
- 19:51Le CRM au départ était le Cockpit Resource Management,
- 19:54c'est-à-dire c'est une formation du travail d'équipe au sein du cockpit,
- 19:57entre les pilotes.
- 19:59Ils se sont rendus compte que pour améliorer la sécurité,
- 20:01il fallait tenir compte des PNC derrière,
- 20:04c'est-à-dire HOTESS et STEWART.
- 20:06Donc le C est devenu le Crew,
- 20:07le Service Management du Travail en équipe.
- 20:09Aujourd'hui,
- 20:10dans les compagnies aériennes,
- 20:12vous avez des journées entières de CRM,
- 20:15ce qu'ils appellent,
- 20:16c'est-à-dire vous avez dans une pièce,
- 20:19généralement ça se fait à Roissy par exemple,
- 20:21pour Air France,
- 20:22vous avez des pilotes HOTESS et STEWART et il y a une journée entière consacrée à ce CRM.
- 20:28animé par un duo hôtesse ou steward et pilote.
- 20:33Donc,
- 20:34on a vu l'évolution et on va même plus loin.
- 20:36C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
- 20:37même le CRM devient le Company Versus Management.
- 20:39C'est-à-dire qu'on intègre les gens qui sont ou au sol ou les gens qui sont dans les ops.
- 20:46Donc,
- 20:46nous,
- 20:46c'est vraiment ça que l'on veut.
- 20:47C'est-à-dire qu'on veut que l'ensemble des professionnels de santé,
- 20:51soignants,
- 20:51je l'ai dit,
- 20:52mais aussi non-soignants.
- 20:53C'est-à-dire qu'on voudrait que...
- 20:56Notre objectif,
- 20:56c'est que les directeurs d'hôpitaux,
- 20:58les administrations et le même langage comprennent l'importance des facteurs organisationnels et humains,
- 21:04c'est-à-dire remettre en place des structures,
- 21:07des organisations qui tiennent compte de tous ces éléments-là.
- 21:13On parlait tout à l'heure de la fatigue,
- 21:15on parlait du stress,
- 21:16ce sont des éléments qui sont extrêmement importants à prendre en compte.
- 21:20L'humain n'est pas fait pour travailler la nuit.
- 21:23Nous ne sommes pas aussi performants la nuit que dans la journée.
- 21:27Alors bien sûr,
- 21:27on comprend que la continuité des soins oblige le travail de nuit,
- 21:32mais on ne peut pas uniquement dire,
- 21:34comme vous êtes payé plus la nuit,
- 21:36ça suffit,
- 21:37on est content.
- 21:37Non,
- 21:38il faut mettre en place des procédures pour aider les professionnels à pouvoir,
- 21:45et ça peut être par exemple un toutoubette,
- 21:48des endroits où ils peuvent aller se reposer 10-15 minutes,
- 21:51faire des micro-siestes au milieu de la nuit.
- 21:53pour permettre justement de limiter les conséquences des erreurs que l'on peut faire derrière.
- 21:58Je donne cet exemple,
- 21:59il y en a bien sûr d'autres.
- 22:00Alors,
- 22:01je reformule,
- 22:02il manquait une formation initiale aux compétences non techniques.
- 22:07Dans tout ce qui est formation médicale et paramédicale,
- 22:12nous n'avons jamais,
- 22:13nous,
- 22:13de toute façon,
- 22:14notre génération,
- 22:15appris des compétences non techniques.
- 22:17On nous a toujours appris comment faire de la médecine techniquement.
- 22:21Et là,
- 22:22actuellement...
- 22:23On va commencer à pouvoir,
- 22:25grâce à votre travail et grâce aussi à l'apport de ce référentiel,
- 22:30commencer à introduire ces notions dès la formation initiale pour les jeunes étudiants et que ça fasse partie de la formation parce qu'on ne peut pas apprendre des compétences techniques sans le corollaire,
- 22:42les compétences non techniques.
- 22:43C'est ça Régis ?
- 22:45Alors,
- 22:45tout à fait.
- 22:46Et si je peux me permettre quand même d'insister sur un point.
- 22:49une compétence,
- 22:50Il y a plein de définitions.
- 22:52Moi,
- 22:52j'aime bien celle de Jacques Tardif.
- 22:54C'est un savoir agir complexe qui prend appui sur une mobilisation,
- 22:58une combinaison efficace,
- 23:00une variété de différentes ressources internes et externes dans une famille de situations.
- 23:07J'aime beaucoup cette définition et on devrait commencer par ça.
- 23:10En fait,
- 23:11une compétence,
- 23:11c'est un tout.
- 23:13Si demain,
- 23:14on apprend à une infirmière à poser une perfusion avec un médicament à un patient,
- 23:19Il y a non seulement le geste technique,
- 23:22mais il y a aussi l'environnement sécuritaire du travail en équipe.
- 23:25Par exemple,
- 23:25les infirmières,
- 23:26on leur apprend la règle des 5,
- 23:28peut-être 6 maintenant,
- 23:29en tout cas,
- 23:29B,
- 23:30est-ce que c'est le bon patient,
- 23:31le bon moment,
- 23:32le bon médicament,
- 23:33le bon dosage,
- 23:34etc.
- 23:35Et en fait,
- 23:36nous,
- 23:36notre rôle,
- 23:37c'est,
- 23:38on sait très bien que sur un plan,
- 23:40parler de compétences non techniques en soi est un non-sens,
- 23:44puisque ça fait partie de la compétence.
- 23:46J'insiste sur ce point,
- 23:48c'est un choix que l'on a fait au niveau du groupe de travail de ce référentiel,
- 23:52c'est de mettre en avant les compétences non techniques d'un point de vue purement pédagogique.
- 23:59C'est justement pour insister sur le fait qu'on ne peut pas se limiter uniquement à mettre un cathéter dans une veine pour l'infirmière ou à donner un médicament ou à faire une prescription pour un médecin ou à mettre une aiguille au contact de nerfs.
- 24:15pour un anesthésiste,
- 24:16par exemple.
- 24:17Un chirurgien dans un bloc opératoire,
- 24:20sa compétence,
- 24:21ce n'est pas uniquement d'avoir des doigts en or,
- 24:24mais c'est aussi être capable de travailler avec les gens qu'il a autour.
- 24:28Et la compétence,
- 24:29c'est un tout.
- 24:30Donc,
- 24:31à terme,
- 24:31on aimerait qu'il n'y ait plus de notion de compétence technique et de non technique.
- 24:35Pour l'instant,
- 24:36c'est la facilité,
- 24:37au fait,
- 24:37pour qu'on puisse distinguer de quoi on parle.
- 24:39Voilà.
- 24:40Et c'est pour ça qu'on fait un peu ce distinguo sur le non technique,
- 24:43c'est vraiment à viser.
- 24:45pédagogique,
- 24:46mais ce qu'il faut comprendre,
- 24:47c'est que,
- 24:48simplement pour aider les gens,
- 24:49en leur disant,
- 24:49ça ne suffit pas d'être bon techniquement aujourd'hui,
- 24:53parce que même si je suis bon techniquement,
- 24:55si je suis le meilleur médecin,
- 24:56le meilleur chirurgien,
- 24:57le meilleur de ce que vous voulez,
- 25:00si je n'applique pas des notions...
- 25:02ces notions un petit peu de facteur organisationnel et humain,
- 25:05un jour ou l'autre,
- 25:06un jour ou l'autre,
- 25:07je ferai,
- 25:08comme moi j'ai pu faire il y a 25 ans,
- 25:09ce que je vous racontais tout à l'heure,
- 25:11je vais faire une erreur qui potentiellement peut nuire à mon patient.
- 25:15Complètement.
- 25:16Et avant de pouvoir préciser quels sont ces compétences non techniques,
- 25:19je voudrais juste parler du référentiel.
- 25:23D'abord parce qu'il vient répondre à un besoin,
- 25:26il était vraiment attendu ce référentiel.
- 25:30J'aimerais qu'on explique qui l'attendait,
- 25:34pourquoi on l'attendait,
- 25:35à quoi va servir ce référentiel.
- 25:38Je rappelle juste que c'est un référentiel de la Haute Autorité de la Santé qui est sorti cette année,
- 25:43auquel vous avez contribué.
- 25:44C'est un travail de titan.
- 25:46C'est un livret qui fait une centaine de pages.
- 25:51C'est une mine d'or.
- 25:53J'ai eu le grand bonheur de le lire la semaine dernière.
- 25:58il...
- 26:00Moi,
- 26:00je l'attendais,
- 26:00mais est-ce que vous pouvez nous expliquer,
- 26:03Régis,
- 26:04pourquoi il est attendu ?
- 26:06Alors,
- 26:06en fait,
- 26:07il rentre dans le cadre d'une demande de la Direction générale de l'offre de soins dans le projet,
- 26:15je dirais,
- 26:15d'amélioration de la qualité des soins.
- 26:18Ce sont des projets qui sont renouvelés et qui durent sur une période donnée.
- 26:23C'est une commande qui vient de la DGOS et la Haute Autorité de Santé.
- 26:28donc il y avait différents...
- 26:29il y avait différentes questions,
- 26:30il n'y a pas que les compétences non techniques,
- 26:32mais les compétences non techniques ont été mises en place et ont été une des propositions initiales.
- 26:41Donc à partir de là,
- 26:43moi j'avais été contacté fin 2024 par
- 26:46Yasmina Assami,
- 26:48pour ne pas la nommer au niveau de la Haute Autorité de Santé,
- 26:51et elle m'a demandé de l'aider en connaissant un peu mes appétences pour les facteurs organisationnels et humains.
- 26:59à créer un groupe de travail pour justement essayer de répondre à cette question et à proposer un référentiel qui,
- 27:10nous l'espérons,
- 27:10ne va pas en rester là parce que ce n'est pas le tout de faire un référentiel.
- 27:14Mais nous,
- 27:14notre objectif aujourd'hui,
- 27:16c'est d'en parler,
- 27:17de le faire connaître et qu'il soit lu,
- 27:21vu et adopté par l'ensemble des professionnels santé.
- 27:26Pour répondre à la question,
- 27:27je pense que...
- 27:29tous les professionnels de santé essaient d'avoir des outils qui vont permettre d'améliorer leur pratique.
- 27:37On sait très bien aujourd'hui que si on prend l'enquête
- 27:44ENEIS, la troisième enquête ENEIS qui a été menée il y a quelques temps maintenant,
- 27:51on évalue à peu près entre
- 27:53160 et 375 000 événements indésirables graves en France par an.
- 27:58Et ça,
- 27:59ce n'est que dans la médecine hospitalière,
- 28:02c'est-à-dire privée-publique.
- 28:03On ne parle pas de la médecine de ville.
- 28:06Si on regarde le nombre de cas d'événements graves qui sont essentiellement remontés,
- 28:14c'est vraiment très très peu.
- 28:14C'est la partie émergée de l'iceberg.
- 28:17Ça veut dire qu'on n'a pas cette culture du retour d'expérience.
- 28:20Et de faire remonter en tout cas les événements graves,
- 28:22alors que c'est obligatoire.
- 28:24Donc la vraie question,
- 28:25c'est pourquoi.
- 28:26Et ça,
- 28:26les professionnels de santé le savent.
- 28:28On sait que dans nos pratiques,
- 28:30il y a des choses que l'on peut améliorer.
- 28:32On les voit,
- 28:32on voit les erreurs que l'on peut faire,
- 28:34on voit les conséquences que l'on peut faire.
- 28:36Et comme je le disais tout à l'heure,
- 28:38souvent,
- 28:39pas de conséquences,
- 28:39on n'en parle pas.
- 28:41Donc je crois qu'il y a une vraie attente de l'ensemble des professionnels de santé,
- 28:45en tout cas d'une majorité des professionnels de santé,
- 28:47qui souhaitent pouvoir utiliser des outils,
- 28:50et ça va,
- 28:51des gens de terrain comme des managers,
- 28:53des cadres de santé ou des directeurs de pôle,
- 28:57par exemple.
- 28:58pour trouver des outils et c'est ce qu'on a réussi de faire.
- 29:03C'est-à-dire,
- 29:04ce qui a été déjà démontré dans d'autres domaines,
- 29:08voilà comment on pourrait proposer dans le domaine de la santé pour améliorer nos pratiques.
- 29:15Et encore une fois,
- 29:17on va parler des différentes compétences non techniques,
- 29:19mais elles doivent s'enseigner,
- 29:20elles doivent s'apprendre.
- 29:24Ce n'est pas inné.
- 29:25Communiquer,
- 29:25ce n'est pas inné.
- 29:26On apprend à communiquer,
- 29:28on apprend à fiabiliser la communication pour avoir tous une même conscience de la situation dans une situation donnée.
- 29:36Oui,
- 29:36mais ce n'est absolument pas inné,
- 29:38on est d'accord.
- 29:39Alors,
- 29:40ce référentiel va représenter un repère commun.
- 29:44Donc,
- 29:44ce n'est pas une loi,
- 29:45mais c'est quand même une valeur médico-légale.
- 29:48C'est-à-dire que là,
- 29:51on va pouvoir s'appuyer dessus pour que ce soit la référence pour juger une pratique.
- 29:57C'est-à-dire,
- 29:57on a maintenant quelque chose qui a été édité par des experts à partir de beaucoup de publications.
- 30:04Alors,
- 30:04tout est référencé.
- 30:06Chaque fiche,
- 30:07chaque chapitre,
- 30:10chaque chapitre a été référencé et on a des liens aussi vers des sites,
- 30:17des vidéos,
- 30:18d'exercices.
- 30:19Donc,
- 30:19c'est une vraie mine d'or.
- 30:22Et donc,
- 30:25dans ce référentiel,
- 30:26on a la partie formation,
- 30:31la pédagogie,
- 30:32on va dire,
- 30:32théorique,
- 30:34et comment elle va s'insérer dans les études qui vont être proposées.
- 30:37Mais on a quelque chose d'extrêmement important qui est le côté pratique et comment on peut déployer,
- 30:43au fait,
- 30:44l'exercice et...
- 30:47et l'enseignement pratique des compétences non techniques.
- 30:51Et ça a été proposé sous forme d'items et sous forme de fiches pédagogiques.
- 30:57Et à la toute fin du référentiel,
- 31:02il y a quelque chose d'intéressant qui s'appelle les pratiques de fiabilisation.
- 31:10Et ça,
- 31:10c'est super bien proposé parce qu'au fait,
- 31:16On a des items dont on va parler parmi les compétences non techniques.
- 31:21Et là,
- 31:21on a comment pouvoir les utiliser comme support pour faire des animations,
- 31:27pour créer des exercices.
- 31:29On voit que c'est quand même un gros travail.
- 31:31Il faut vraiment un engagement personnel.
- 31:33Mais on a maintenant le support et on a les liens pour vraiment pouvoir commencer quelque chose de concret dans nos propres organisations ou même dans nos équipes.
- 31:46C'est comme ça que ça a été pensé,
- 31:48Régis Fusier ?
- 31:49Oui,
- 31:49alors plus que le côté médico-légal.
- 31:53Notre objectif et l'ensemble du groupe que je tiens à remercier ici,
- 31:57on était une dizaine de personnes issues de la santé,
- 32:01mais aussi de la pédagogie.
- 32:03Il nous a été important de pouvoir travailler avec des gens spécialistes de la pédagogie.
- 32:09Le professeur Thierry Pellassia,
- 32:11par exemple,
- 32:11pour ne pas le nommer,
- 32:12nous a été d'une grande aide.
- 32:14L'objectif,
- 32:15c'était vraiment d'aider l'ensemble des intervenants impliqués dans la formation des professionnels de santé à pouvoir implémenter ces notions.
- 32:27Notre axe de travail de toutes les réunions pendant deux ans que nous avons pu faire à tous ces allers-retours,
- 32:34ces échanges,
- 32:36c'est d'essayer d'amener les notions fondamentales,
- 32:39de créer finalement quelque chose avec ces 13 fiches.
- 32:44Ce référentiel,
- 32:45si je rentre un peu plus dans le détail,
- 32:46donc 119 pages,
- 32:47ça a été dit,
- 32:49avec des références qu'on a essayé d'être les références dites essentielles.
- 32:53On ne pouvait pas tout mettre parce que le but,
- 32:55ce n'était pas d'inonder de références,
- 32:58mais par contre,
- 32:58des références ou des liens avec d'autres sites pour aller un petit peu plus loin.
- 33:04Et le groupe de travail a vraiment cherché à élaborer des fiches pratiques,
- 33:11d'où ces 13 fiches.
- 33:12Les sept premières sont des fiches,
- 33:14je dirais,
- 33:14qui correspondent plus à des fondamentaux qu'on pourrait décliner.
- 33:19Alors bien sûr,
- 33:21si on a d'un côté une formation d'un médecin qui va durer des six ans,
- 33:26le six ans commun de la formation initiale en tout cas des médecins,
- 33:32on pourra mettre probablement plus d'heures pour intégrer ces notions que si c'est une formation d'un professionnel de santé qui se fait sur trois mois.
- 33:39mais on n'a pas voulu...
- 33:41imposer à l'ensemble des spécialités la façon de faire.
- 33:48On laisse libre à chaque spécialité,
- 33:51à chaque cursus,
- 33:53d'intégrer,
- 33:54je dirais,
- 33:56d'aller plus ou moins loin dans l'approche de ces facteurs organisationnels humains.
- 34:00Par contre,
- 34:01on a quand même cette notion de base avec un socle initial,
- 34:06qui pourrait être pendant les deux premières années des études de médecine,
- 34:09pendant les Merci.
- 34:11les premiers mois d'une étude d'infirmière.
- 34:14Et pour pouvoir intégrer rapidement ces notions lorsqu'on est en stage,
- 34:19en y incluant la pratique,
- 34:20puisque comme on l'a dit tout à l'heure,
- 34:22la compétence non technique fait partie de la compétence.
- 34:25Et donc l'idée,
- 34:26c'est que quand on enseigne un geste,
- 34:28quel qu'il soit,
- 34:29il y a à la fois le technique et le non technique.
- 34:32On a voulu faire un socle rapide pour donner les bases,
- 34:35avec donc sept fiches sur les fondamentaux,
- 34:38qui vont,
- 34:39je dirais,
- 34:40sur l'organisation sûre,
- 34:43à comment moi je suis,
- 34:44comment je gère ma fatigue,
- 34:46mon stress.
- 34:47et après comment on peut intégrer c'est quoi une équipe efficace et ensuite on a décliné finalement
- 34:556 compétences non techniques qu'on retrouve dans l'aéronautique ou dans le nucléaire comme je disais tout à l'heure ou les plateformes pétrolières avec à chaque fois le pourquoi,
- 35:11le comment et des exercices qu'on propose et encore une fois c'est
- 35:15pas un catalogue qui est figé.
- 35:17La difficulté,
- 35:18et vous l'avez souligné,
- 35:19c'est de dire,
- 35:20ok,
- 35:20c'est bien de parler,
- 35:21mais maintenant,
- 35:21moi,
- 35:21comment je fais demain ?
- 35:23Comment je peux,
- 35:24dans mon service,
- 35:25en tant que chef de service ou en tant que cadre,
- 35:27comment je peux,
- 35:28dans mon école d'infirmière ou d'aide-soignant,
- 35:32comment je fais ?
- 35:33Et c'est un petit peu ce qu'on a essayé de faire à travers ces fiches.
- 35:36Ce sont des propositions,
- 35:38des exemples.
- 35:39On a voulu l'illustrer avec les cas cliniques aussi.
- 35:42On a mis en place des cas cliniques pour montrer
- 35:45que dans la vraie vie,
- 35:47on peut décomposer chaque compétence non technique,
- 35:51mais il va de soi que,
- 35:52bien entendu,
- 35:52il y a une interconnection entre les compétences non techniques.
- 35:56C'est-à-dire,
- 35:56travailler sur une compétence fait appel aux autres.
- 35:59Je vous donne un exemple précis.
- 36:01Pour prendre une décision,
- 36:02et on en prend tous les jours des décisions,
- 36:05pour prendre une bonne décision,
- 36:06en tout cas,
- 36:07il faut avoir une bonne communication,
- 36:10partage des tâches,
- 36:11avoir une conscience de la situation,
- 36:13individuelle et collective.
- 36:14Et donc pour ça,
- 36:15ça fait appel à du leadership et du travail d'équipe,
- 36:19et tenir compte de si les gens avec qui je travaille sont fatigués,
- 36:23stressés ou moins vigilants.
- 36:26Finalement,
- 36:26je vous ai mis les six compétences.
- 36:28Alors,
- 36:31dans chaque fiche sont décrites les méthodes pédagogiques actives,
- 36:35c'est-à-dire comment les apprenants vont,
- 36:37en situation active,
- 36:39pouvoir apprendre ces compétences non techniques.
- 36:43Et ce qui est le plus souvent proposé,
- 36:46ce sont la simulation,
- 36:49un point important,
- 36:50les jeux de rôle,
- 36:52tout ce qui s'inspire du
- 36:54CRM. Et puis,
- 36:56il y a des méthodes hybrides avec du e-learning,
- 36:59du serious game et des escape games.
- 37:02Dans la grande majorité des cas,
- 37:04vous insistez sur l'importance du debriefing comme outil pédagogique.
- 37:12pour la mise en situation active.
- 37:15Donc souvent,
- 37:16dans chaque fiche et dans chaque compétence,
- 37:20vous proposez la mise en place pratique qui accompagne cette connaissance après avoir acquis les bases pédagogiques théoriques.
- 37:31Oui,
- 37:31alors ce sont des exemples.
- 37:33C'est-à-dire,
- 37:34je l'ai dit tout à l'heure,
- 37:34ce n'est pas quelque chose de figé.
- 37:36C'est-à-dire qu'on peut utiliser différents outils.
- 37:39La simulation a quand même permis un peu d'amener toutes ces notions et est un outil formidable.
- 37:46Cette simulation médicale qui a vu le jour il y a 15 ans maintenant,
- 37:53qui est rentrée dans les mœurs.
- 37:56Après,
- 37:56il faut arriver à pouvoir faire suivre la demande et le problème est souvent là maintenant.
- 38:02C'est-à-dire que même si les centres de simulation se sont développés,
- 38:06il y a eu un énorme travail fait en plus.
- 38:08en particulier par la Sophracim,
- 38:10ce qu'il faut saluer,
- 38:11et tous les membres de la Sophracim,
- 38:13ce qu'ils font un travail formidable,
- 38:17il faut arriver à pouvoir intégrer par la simulation,
- 38:22et c'est un bon outil en tout cas pour intégrer ces notions.
- 38:27D'ailleurs,
- 38:27dans le groupe de travail,
- 38:28on avait des gens qui étaient impliqués grandement dans la simulation médicale.
- 38:33Mais il ne faut pas imaginer,
- 38:35et c'est aussi le message qu'on voulait faire passer,
- 38:37Il faut forcément avoir un centre de simulation avec un mannequin de haute fidélité pour pouvoir faire de la compétence non technique.
- 38:46Une annonce de mauvaise nouvelle peut se faire dans une pièce avec juste deux personnes ou trois personnes et un figurant.
- 38:54Et on peut tout à fait travailler ces notions de compétence non technique.
- 38:57Vous parliez du debriefing.
- 38:59Ça,
- 38:59c'est un élément extrêmement important.
- 39:01On sait à peu près,
- 39:03on voit de temps en temps que les gens sont capables de faire un briefing.
- 39:06Merci.
- 39:12la pratique du briefing est une très très bonne chose.
- 39:14Mais si vous faites un briefing sans jamais faire de debriefing,
- 39:18ça ne sert à rien.
- 39:20C'est ce qu'on apprend en aéronautique.
- 39:22Pas de briefing s'il n'y a pas de debriefing.
- 39:24Et le debriefing dans un travail d'équipe,
- 39:26que ce soit par exemple le dentiste avec ses assistants dans son cabinet libéral,
- 39:31en fin de journée,
- 39:32ça pourrait juste être de dire « Bon,
- 39:34on a fini la journée,
- 39:35est-ce que vous avez des choses à remonter ? »
- 39:37Moi,
- 39:38je trouve qu'on a été plutôt efficace,
- 39:40on a respecté le timing.
- 39:42Je prends un exemple.
- 39:44Est-ce que vous,
- 39:45il y a des choses qu'on aurait mieux fait ?
- 39:49« Non,
- 39:50très bien,
- 39:51merci,
- 39:52bravo pour cette journée. »
- 39:53Rien que ça,
- 39:53c'est un débriefing.
- 39:55Ce que je veux dire par là,
- 39:56c'est qu'il faut aussi qu'on mette en avant dans le débriefing ce qui marche bien.
- 40:01Et ce qu'on appelle le « safety to » ,
- 40:04c'est-à-dire qu'au lieu de toujours insister sur ce qui ne va pas et ce qui doit être amélioré,
- 40:10c'est important,
- 40:11mais aussi ça peut être,
- 40:13en fonction des objectifs que l'on a,
- 40:16de mettre en avant ce qui a bien marché.
- 40:18Et en fin de journée ou en fin d'un cas difficile,
- 40:22on a eu un cas difficile à gérer,
- 40:25on prend 30 secondes pour débriefer de ce cas.
- 40:29C'est beaucoup plus intéressant sur le plan pédagogique pour éventuellement changer les pratiques du style.
- 40:36Si c'était à refaire,
- 40:37qu'est-ce qu'on ferait de différemment ?
- 40:39Parce que sinon,
- 40:40le cas s'est bien passé,
- 40:41il n'y a pas eu de conséquences pour le patient et on est content,
- 40:44on s'arrête là.
- 40:45Sauf que...
- 40:46Il n'y a pas eu de conséquences pour le patient,
- 40:48mais peut-être qu'on a eu une part de chance et que si on refait exactement la même chose,
- 40:55de la même façon,
- 40:55la fois d'après,
- 40:56peut-être qu'il y aura une conséquence pour le patient.
- 40:58Au fait,
- 40:59on est quand même content d'avoir dans ces pratiques et ces fiches de fiabilisation,
- 41:05d'avoir le déroulé quand même de séances parce qu'on est d'accord qu'il y a beaucoup de jeux de rôle.
- 41:11Si on n'a pas des centres de simulation et si on veut organiser ces pratiques,
- 41:16On est obligé d'être dans des petites réunions,
- 41:19même informelles.
- 41:20Mais il faut être dans le débriefing,
- 41:23non.
- 41:23Mais dans plein de choses,
- 41:25on a besoin de faire des jeux de rôle pour recréer des conditions.
- 41:30Et ce n'est pas naturel.
- 41:31Quand on ne l'a pas fait,
- 41:33il faut qu'il y ait quand même quelques personnes qui aient déjà assisté à des ateliers pour pouvoir transmettre aux autres et animer.
- 41:40Et d'avoir une fiche,
- 41:42c'est extrêmement précieux parce qu'il y a quelques...
- 41:46c'est détaillé et en plus on a des accès à des vidéos qui peuvent nous montrer l'organisation et l'animation d'une séance alors vous touchez du doigt quelque chose que l'on a souvent discuté entre nous et qui va se poser c'est la formation des formateurs je
- 42:03parlais de la Sophracim tout à l'heure la Sophracim ça a bien été capable je dirais de gérer cette problématique quand on a vu les sorts
- 42:14des centres de simulation médicale,
- 42:17à un moment,
- 42:17on s'est posé la question de qui peut animer ces simulations pour former les gens.
- 42:26Les étudiants en médecine,
- 42:26par exemple,
- 42:27aujourd'hui,
- 42:27ils doivent passer ces ECOS,
- 42:30ce sont des entretiens et ils sont évalués d'ailleurs sur des entretiens directs de pratique et je trouve ça extrêmement bien.
- 42:40Moi,
- 42:40je suis de la génération où j'ai appris la médecine sur des QCM.
- 42:43ne correspondent pas forcément à la réalité.
- 42:45Donc,
- 42:45je trouve très bien aujourd'hui que l'on puisse proposer aux étudiants de médecine de discuter de cas tels qu'ils vont les vivre dans la vie de tous les jours.
- 42:54Et ils vont pouvoir être évalués sur justement les connaissances,
- 42:58les compétences,
- 42:59les compétences non techniques,
- 43:00etc.
- 43:02Mais qui les évalue ?
- 43:04Et finalement,
- 43:07il y a une part importante de formation des formateurs.
- 43:12Dans le cas de la simulation médicale,
- 43:13vous avez des diplômes universitaires partout en France de formation de formateurs en simulation médicale.
- 43:21Donc,
- 43:21il y a une pédagogie pour former les gens qui derrière vont former.
- 43:25Et l'étape suivante de ce référentiel,
- 43:28finalement,
- 43:29c'est peut-être d'aller proposer d'autres outils pour aider les formateurs à pouvoir animer Merci.
- 43:39les ateliers,
- 43:40les centres de simulation,
- 43:42les jeux de rôle,
- 43:44la ludopédagogie,
- 43:46mais aussi va se poser la question du minimum nécessaire pour pouvoir former les personnes.
- 43:54Ce n'est pas un titre universitaire qui peut donner une compétence dans le cadre des facteurs organisationnels humains.
- 44:00Donc,
- 44:00ça veut dire que derrière,
- 44:01il va falloir réfléchir et peut-être que ce sera la suite du travail.
- 44:08à imaginer de former des formateurs dans le cadre des facteurs organisationnels.
- 44:16J'avais en tête quelque chose qui me revient,
- 44:18qu'avait dit Guillaume Tirsio,
- 44:20c'est que si on n'est pas bon formateur,
- 44:23on peut faire le contraire de ce qu'on souhaite faire,
- 44:25on peut fabriquer des maladies.
- 44:27C'est-à-dire que si on met les personnes,
- 44:31les apprenants dans un état de stress et qu'on les met dans une situation d'échec,
- 44:37cette situation d'échec est vécue comme une vraie et non pas comme juste une simulation et que ça peut laisser quelques traces pour la pratique plus tard.
- 44:46Absolument.
- 44:46Et il y a du véritable stress post-traumatique.
- 44:49D'ailleurs,
- 44:50en simulation médicale,
- 44:51par exemple,
- 44:52le mannequin,
- 44:55en l'occurrence,
- 44:56ne meurt jamais.
- 44:59et c'est un petit peu ce qui a été mis en avant lorsque notamment je parlais de la technique de la safety to c'est à dire que si vous prenez quelqu'un en simulation et que vous lui expliquez que ce qui ne va pas et qu'il ne marche pas bien certes
- 45:14le but c'est de lui faire améliorer les pratiques mais le risque c'est effectivement d'avoir un effet inverse de ce pourquoi c'est fait donc il est important aussi de pouvoir souligner ce qui marche bien mais
- 45:27Ça,
- 45:27ça marche en formation,
- 45:28mais ça devrait aussi marcher au quotidien.
- 45:31Souvent,
- 45:32on entend les gens en disant,
- 45:33je ne vais quand même pas le féliciter pour ce qu'il a fait alors qu'il est payé pour ça et que c'est son job.
- 45:39Peut-être.
- 45:40Néanmoins,
- 45:43si vous allez manger dans un restaurant,
- 45:45si vous avez apprécié le menu,
- 45:46vous pouvez dire,
- 45:47je paye assez,
- 45:48je ne vais pas remercier pour le menu,
- 45:50c'est normal.
- 45:51Mais c'est peut-être aussi bien de dire de temps en temps que vous avez aimé tel plat,
- 45:55que c'était…
- 45:57original,
- 45:58que votre palais dit merci des saveurs qu'il y a pu avoir.
- 46:03Et c'est un peu la même chose dans le domaine de la santé.
- 46:08On trouve toujours plein de gens pour critiquer ce qui ne va pas.
- 46:11C'est plus compliqué simplement de dire c'est bien,
- 46:14bravo,
- 46:15merci.
- 46:17Au niveau des équipes.
- 46:18Et ça,
- 46:19je crois que c'est des choses que l'on peut faire très facilement lorsque vous travaillez en équipe,
- 46:23de tenir compte des gens avec qui vous travaillez.
- 46:30L'exemple qui me vient à l'idée,
- 46:33c'est la personne qui fait le ménage dans une chambre de patient.
- 46:39Moi,
- 46:39j'avais toujours tendance,
- 46:41sauf urgence bien sûr,
- 46:43à revenir et ne pas aller marcher alors qu'elle vient de passer la serpillère.
- 46:48C'est des choses simples,
- 46:49mais c'est juste tenir compte des gens qui sont en train de travailler et comprendre que...
- 46:55Une équipe,
- 46:55elle fonctionne et ça avance parce qu'il y a tous les maillots de la chaîne et pas uniquement les docteurs.
- 47:02Ils sont quand même un peu encore considérés au niveau du sommet de la pyramide.
- 47:06L'idée des facteurs organisationnels humains,
- 47:08c'est aussi cette tendance,
- 47:09sans faire perdre la responsabilité notamment des docteurs,
- 47:14mais d'avoir une organisation un peu moins verticale,
- 47:17mais beaucoup plus horizontale.
- 47:22Je redonne un exemple,
- 47:23si vous me permettez.
- 47:25Une de mes dernières intubations difficiles que j'ai eu à gérer,
- 47:28il y a quelque temps,
- 47:29c'est une aide-soignante du bloc opératoire qui m'a fait remarquer que je n'avais pas dégonflé un ballonnet lors de ma technique.
- 47:36J'aurais pu mal réagir en lui disant,
- 47:38mais enfin,
- 47:39tu n'es pas anesthésiste,
- 47:40de quoi tu te mêles ?
- 47:44J'ai pu l'entendre de par mon expérience dans les blocs opératoires.
- 47:48Non,
- 47:48merci,
- 47:49merci,
- 47:50parce que je ne l'avais pas vu.
- 47:52heureusement c'est de moins en moins le cas on est d'accord que de plus en plus de personnes et on travaille actuellement heureusement parmi une génération qui est de plus en plus consciente du travail d'équipe et on le voit beaucoup moins quand on a démarré,
- 48:05ça c'est une certitude maintenant il y a encore beaucoup à faire et je me rends compte au fait de l'importance des formateurs,
- 48:14je me dis que il est peut-être important qu'ils aient déjà un travail sur la connaissance de soi
- 48:21déjà faites et qu'ils aient un bagage théorique et pratique avant de se lancer eux-mêmes dans la formation et dans l'animation parce que ça me semble important,
- 48:34parce que ce ne sont pas des exercices qui sont spontanés ni faciles à faire,
- 48:39c'est souvent des choses qui sont automatiques au départ,
- 48:44qui ne sont pas faciles à instaurer et qui...
- 48:48au fur et à mesure,
- 48:49c'est comme la checklist.
- 48:50Au départ,
- 48:51ça paraissait un petit peu dur à mettre en place.
- 48:55Maintenant,
- 48:55c'est un peu plus facile et facilement intégré dans la vie de tous les jours,
- 49:00même si elle n'est pas toujours bien faite.
- 49:03Vous prenez l'exemple de la checklist et je vous en remercie.
- 49:07C'est typiquement la difficulté que l'on a.
- 49:11La checklist a été imposée et oui,
- 49:15c'est une bonne chose,
- 49:16ça sauve des vies.
- 49:17Si demain,
- 49:18je vous amène en avion,
- 49:19il est inconcevable que je ne puisse pas utiliser une checklist.
- 49:23Le problème,
- 49:24c'est que ça a été extrêmement mal présenté.
- 49:27On a expliqué aux professionnels de santé qu'il fallait utiliser la checklist,
- 49:32il fallait la signer et sinon...
- 49:35On aurait des problèmes lors de la certification des étapes.
- 49:38Et j'ai vu des dérives dans ma pratique,
- 49:40parce que j'ai la chance de tourner dans pas mal d'hôpitaux à droite à gauche,
- 49:44depuis des années.
- 49:46J'ai vu des checklists,
- 49:46les trois temps de la checklist,
- 49:48être faites en salle de réveil,
- 49:50une fois que le patient était amené en salle de réveil.
- 49:53Et avec la personne qui était contente en disant « je l'ai signé » .
- 49:56Et donc là aussi,
- 49:58il ne suffit pas de mettre une checklist.
- 49:59Ça demande de la pédagogie.
- 50:01C'est ce que vous dites.
- 50:02on doit former les gens à...
- 50:04utiliser une checklist.
- 50:05Le principe de la checklist,
- 50:07c'est effectivement de centrer sur ce qui potentiellement peut être grave dans les quelques minutes qui peuvent suivre.
- 50:15Mais ça,
- 50:15ça prend.
- 50:16Et c'est certainement pas un document administratif en vue d'une certification.
- 50:22Que la certification s'assure qu'on utilise la checklist,
- 50:25c'est super.
- 50:26Mais c'est pas parce qu'elle est signée qu'elle est forcément bien faite.
- 50:29Et donc,
- 50:29il y a tout ça qu'il faut qu'on mette en jeu.
- 50:33Et c'est vraiment ça le rôle des facteurs organisationnels et humains.
- 50:36Et je répète aussi quelque chose d'important,
- 50:39et c'est toute la force du groupe,
- 50:40de l'association facteurs humains en santé,
- 50:43c'est que nous avons chacun des compétences spécifiques et on s'enrichit les uns des autres.
- 50:50Je n'ai absolument pas la prétention d'être capable.
- 50:55Il y a des fiches,
- 50:55par exemple,
- 50:56j'aurais eu du mal à les...
- 51:01Les décrire,
- 51:02oui.
- 51:03Oui,
- 51:03les décrire et les rédiger.
- 51:04Et donc,
- 51:05c'est ça la force de l'équipe.
- 51:07C'est la somme des échanges que l'on peut avoir avec les spécificités de chacun,
- 51:14avec le vécu de chacun.
- 51:15On a dans le groupe des gens qui sont très évaluation des pratiques,
- 51:20très conformité.
- 51:23Il y en a d'autres qui sont au contraire plus axés sur les compétences dites non techniques.
- 51:29d'autres qui sont plutôt spécialisés dans la fatigue,
- 51:32etc.
- 51:33Et la richesse,
- 51:34elle vient de là.
- 51:36Donc,
- 51:36on ne peut pas être compétent sur toutes les compétences.
- 51:40Et donc,
- 51:40il faut savoir dire,
- 51:41je ne sais pas.
- 51:42C'est-à-dire,
- 51:42c'est bien d'avoir des référents au final.
- 51:44D'où l'importance d'avoir des référents et de construire des équipes qui ne soient pas toutes avec les mêmes compétences.
- 51:50Et c'est la richesse d'une équipe,
- 51:52d'un groupe.
- 51:53Et ça,
- 51:53c'est valable.
- 51:54alors ça c'est universel d'avoir des gens qui
- 51:58Si je prends,
- 51:59allez,
- 51:59en parlant un peu d'anesthésie,
- 52:01dans l'anesthésie,
- 52:02il est bien d'avoir des anesthésistes spécialisés en pédiatrie,
- 52:05des anesthésistes spécialisés dans le cardiovasculaire,
- 52:08des anesthésistes spécialisés dans l'infectiologie et d'autres dans les techniques de loco-régional.
- 52:13Et ça fait une force d'équipe pour pouvoir justement amener et faire en sorte que l'ensemble de l'équipe,
- 52:20le niveau de compétence globale de l'équipe augmente.
- 52:23Oui,
- 52:23et c'est bien d'avoir aussi des personnes qui savent faire le lien entre tout le monde.
- 52:28Qui anime et qui lit.
- 52:31Le leadership.
- 52:32Alors,
- 52:32exactement.
- 52:34J'étais en train de penser aux facteurs organisationnels et c'est difficile de ne pas penser aux organisations,
- 52:41leur implication quand je prends par exemple un établissement parce que oui,
- 52:45à titre individuel,
- 52:46on peut se former,
- 52:47on sera formé de ce que dit le référentiel,
- 52:50on va pouvoir être formé de façon...
- 52:53Durant les études,
- 52:54on va pouvoir avoir de la formation continue,
- 52:56on peut essayer de faire
- 52:58d'instaurer des systèmes pour avoir de la pratique localement.
- 53:01Est-ce que,
- 53:02comme on sait que l'organisation,
- 53:04c'est quand même quelque chose de majeur,
- 53:07si le leadership,
- 53:09si l'établissement n'a pas investi dans la culture juste,
- 53:13si elle n'a pas fait attention à ses salariés pour qu'ils puissent vérifier qu'ils ne soient pas dans la fatigue,
- 53:20que tout le monde puisse travailler dans de bonnes circonstances,
- 53:24que la communication ne soit pas apprise et enseignée.
- 53:27à tout le monde,
- 53:29comment les impliquer,
- 53:30ces organisations et ces établissements de soins ?
- 53:33C'est une vraie question.
- 53:35C'est une vraie question pour laquelle il n'y a pas forcément une réponse,
- 53:40une simple réponse.
- 53:42Il y a une volonté politique.
- 53:44Le changement ne peut se faire qu'à partir du moment où il y a une volonté politique,
- 53:48il y a une impulsion.
- 53:49Et comme je dis très souvent quand je suis en formation,
- 53:52Ce n'est pas la peine de former les professionnels de terrain si derrière il n'y a pas un support,
- 53:58un soutien institutionnel.
- 54:00Alors on a des exemples,
- 54:02notamment dans l'ouvrage qu'on a co-dirigé avec
- 54:05François Jolin,
- 54:07on a l'exemple du CH de Valenciennes qui,
- 54:11sous la direction de Rodolphe Bourré,
- 54:13qui est maintenant le directeur du CHU de Nice,
- 54:16avait mis avec les équipes en place une délégation polaire aboutie.
- 54:21C'est-à-dire qu'ils ont décidé que c'était les gens de terrain qui étaient les mieux placés pour mettre en place toutes les procédures,
- 54:30le circuit patient qui devait définir finalement leurs besoins en termes de fonctionnement.
- 54:37Et l'administration au sens large était là pour s'assurer uniquement,
- 54:41finalement en soins de support ou en support,
- 54:44pour s'assurer de rester dans le cadre légal des pratiques.
- 54:49Rodolphe Bourré et ses équipes expliquent bien que les vertus de ce changement-là,
- 54:58l'amélioration non seulement des pratiques,
- 55:01la baisse de l'absentéisme,
- 55:02l'augmentation du chiffre d'affaires aussi de l'établissement,
- 55:05parce que,
- 55:06mine de rien,
- 55:07aujourd'hui,
- 55:08il y a l'aspect financier à considérer.
- 55:11Et donc,
- 55:11je crois que c'est un bon exemple qu'on pourrait donner.
- 55:16il va aussi de soi
- 55:17que,
- 55:18et c'est le but du référentiel,
- 55:19c'est que dans les formations,
- 55:22et on pense en particulier à l'école de Rennes,
- 55:25des managers d'équipes ou des établissements de santé,
- 55:29ils puissent intégrer ces notions-là.
- 55:32Investir dans les facteurs organisationnels humains,
- 55:34c'est être rentable à moyen terme.
- 55:36Alors,
- 55:36si on a une vision à court terme,
- 55:38forcément,
- 55:39c'est un petit peu plus compliqué,
- 55:42mais une vision à euh...
- 55:44À moyen terme,
- 55:46oui,
- 55:46on le sait aujourd'hui,
- 55:48c'est quelque chose qui est rentable.
- 55:51L'erreur médicale coûte.
- 55:54L'erreur médicale,
- 55:55si on reprend les données de l'OCDE,
- 55:58entraîne des lésions au niveau des patients.
- 56:01Et dans les pays de l'OCDE,
- 56:02ces lésions sont considérées comme étant au
- 56:0614e rang,
- 56:07au même titre que la malaria ou la tuberculose.
- 56:10Vous avez les papiers de Macari aux États-Unis,
- 56:15ça fait un peu l'effet d'une bombe,
- 56:16mais on a dit que l'erreur médicale,
- 56:19c'était la troisième cause de mortalité derrière les cancers et les maladies cardiovasculaires.
- 56:24On a les chiffres qui sont probablement les mêmes dans les pays occidentaux et notamment la France.
- 56:28Donc,
- 56:29pour la sécurité sociale,
- 56:31le coût de l'erreur humaine,
- 56:33de l'erreur médicale,
- 56:34quelle qu'elle soit,
- 56:35est bien plus importante.
- 56:37que le coût de la mise en place des formations sur ces pratiques-là.
- 56:41Alors,
- 56:41je ne dis pas que les facteurs organisationnels et humains vont réduire ou en tout cas anéantir,
- 56:49tendre vers zéro l'erreur médicale.
- 56:52Mais c'est ce qui s'est passé en aéronautique.
- 56:54Mais bien sûr.
- 56:55C'est-à-dire que ça a réduit les accidents,
- 56:57on est d'accord.
- 56:58Aujourd'hui,
- 56:59on considère qu'avec le CRM,
- 57:01avec l'évolution des pratiques,
- 57:03avec bien sûr le…
- 57:04la fiabilisation des moteurs et des avions,
- 57:08avec la redondance des circuits.
- 57:10Je vous donne un exemple concret.
- 57:11J'ai été sollicité par une boîte,
- 57:15vous savez sur Toulouse,
- 57:16Toulouse Airbus,
- 57:17j'ai été sollicité par un sous-traitant d'Airbus pour voir si je serais potentiellement intéressé pour leur amener la vision facteur humain.
- 57:26Parce qu'en tant que sous-traitant d'Airbus,
- 57:28lorsqu'il travaille sur des composants d'un cockpit pour essayer d'améliorer les pratiques,
- 57:33tous les composants d'Airbus doivent,
- 57:35dans leur cahier des charges,
- 57:37démontrer une étude facteur organisationnel et humain du nouveau produit.
- 57:41C'est-à-dire qu'on a intégré les facteurs organisationnels humains.
- 57:46Vous avez chez
- 57:47Airbus, Safran,
- 57:49SNCF,
- 57:50des gens avec qui je travaille qui sont des référents facteurs organisationnels et humains.
- 57:57C'est une entité à part entière.
- 57:58donc forcément dans
- 58:02Et ça marche,
- 58:02et on l'a montré,
- 58:03comme vous dites,
- 58:03dans l'aéronautique.
- 58:04Aujourd'hui,
- 58:05dans l'aviation commerciale,
- 58:07on considère que vous devriez prendre l'avion tous les jours,
- 58:09tous les jours,
- 58:10tous les jours,
- 58:10pendant plus de,
- 58:11alors on entend des fois 13,
- 58:1315 ou 17 000 ans,
- 58:14peu importe.
- 58:15C'est-à-dire que statistiquement,
- 58:17même si ça peut arriver,
- 58:19forcément,
- 58:21la sécurisation des process fait que vous prenez plus de risques d'aller avec votre voiture ou en transport en commun jusqu'à l'aéroport que de prendre l'avion.
- 58:30Oui.
- 58:31Je vous dis ça,
- 58:32Régis,
- 58:32parce que vous comprenez où je veux en venir.
- 58:34C'est que pour former des équipes,
- 58:37il faut des fois les faire arrêter de travailler.
- 58:41Donc,
- 58:41pour avoir des équipes entières avec le personnel soignant,
- 58:46les broncardiers,
- 58:48tout le personnel qui tourne autour d'un patient,
- 58:51la problématique,
- 58:52c'est qu'il faut que ces gens-là puissent un jour...
- 58:57s'arrêter et pouvoir dédier leurs jours de travail à la formation.
- 59:01Donc c'est toujours,
- 59:04même quand on a les meilleures intentions de la Terre,
- 59:07quand on veut organiser ces choses-là,
- 59:09concrètement,
- 59:11on a du mal à les mettre en place dans les établissements de soins.
- 59:17J'ai l'impression que cette formation-là et cet effort-là,
- 59:21il est quand même indissociable de l'effort que vont faire
- 59:25vont probablement engager les établissements dans la formation du personnel.
- 59:31Je ne sais pas si c'est la réalité.
- 59:35Alors ça,
- 59:36c'est l'aspect formation continue.
- 59:37C'est pour ça que nous,
- 59:38on a insisté sur la formation initiale,
- 59:40déjà,
- 59:41parce que là,
- 59:42par ce biais-là,
- 59:43effectivement,
- 59:46on peut espérer que les futures générations arrivent avec ces notions-là,
- 59:49que ce soit quand même déjà plus facile et que ce soit d'emblée intégré.
- 59:52il faut...
- 59:53effectivement travailler sur la formation continue.
- 59:56La formation dans les établissements de santé,
- 59:57c'est un vrai,
- 59:58vrai souci.
- 59:59C'est un vrai souci qui n'a fait que s'aggraver,
- 1:00:01je dirais,
- 1:00:03avec notamment le manque de...
- 1:00:04la pénurie et le manque de personnel.
- 1:00:08Dans beaucoup d'endroits,
- 1:00:09sur les formations que je faisais,
- 1:00:11il est arrivé qu'il y avait 15 inscrits au départ et on se retrouvait à 4-5 parce qu'il manque toujours quelqu'un et que les...
- 1:00:21Les soins sont privilégiés,
- 1:00:23ce qu'on peut comprendre.
- 1:00:24Les congés sont aussi prioritaires parce que c'est la loi.
- 1:00:27Et finalement,
- 1:00:28la formation est un petit peu sacrifiée sur l'hôtel,
- 1:00:31je dirais,
- 1:00:33du reste.
- 1:00:34Ça,
- 1:00:35c'est quelque chose qu'il faut intégrer.
- 1:00:37Je n'ai pas la prétention et je pense que ce n'est pas ni à nous,
- 1:00:41ni pas à moi.
- 1:00:42C'est le défi à venir,
- 1:00:43en tout cas.
- 1:00:44Mais c'est un défi,
- 1:00:45c'est un vrai,
- 1:00:45vrai défi.
- 1:00:46C'est-à-dire qu'une fois qu'on a dit ça,
- 1:00:49c'est comment ?
- 1:00:50Comment on fait derrière ?
- 1:00:51Donc ça,
- 1:00:52c'est l'étape suivante.
- 1:00:53On en est conscient au niveau du groupe de travail.
- 1:00:57Alors ce groupe,
- 1:00:58je voudrais juste préciser par rapport au référentiel quand même.
- 1:01:01Oui.
- 1:01:01C'est que non seulement il y a eu ce groupe de travail initial qui a fait les propositions,
- 1:01:06mais aussi il y a eu un certain nombre de parties prenantes qui ont été sollicitées,
- 1:01:11qui ont donné leur avis,
- 1:01:12qui ont fait un retour sur le référentiel avant qu'il ne sorte.
- 1:01:16Ça,
- 1:01:16c'était il y a un an à peu près.
- 1:01:18avec un certain nombre de remarques dont on a...
- 1:01:20tenu compte et qui nous ont permis aussi de confirmer ce que vous disiez tout à l'heure l'engouement et l'attente qu'il y avait donc la liste des parties prenantes vous la trouvez sur le référentiel à la fin on a fait une relecture avec différentes personnes qui ont aussi pu amener un
- 1:01:38certain nombre de commentaires donc ce travail c'est pas que les dix
- 1:01:43membres du groupe,
- 1:01:44mais il y a eu déjà,
- 1:01:45avant qu'il soit validé,
- 1:01:49je dirais,
- 1:01:51était proposé à des parties prenantes et des relecteurs.
- 1:01:54Et bien entendu,
- 1:01:56ça a été validé par le groupe Facteurs Humains en Santé et enfin validé par le Collège de la Haute Autorité de Santé.
- 1:02:04Donc,
- 1:02:04je veux dire,
- 1:02:05voilà,
- 1:02:05il y a eu tout un processus,
- 1:02:06toute une étape qui légitime,
- 1:02:12je dirais,
- 1:02:13qui rend légitime le référentiel.
- 1:02:17Et ces parties dont on vient de parler,
- 1:02:19de formation,
- 1:02:20de comment on fait,
- 1:02:21comment on le met en place,
- 1:02:23et les organisations nécessaires,
- 1:02:26nécessitent effectivement d'avoir une approche politique globale qui dépasse finalement notre cadre,
- 1:02:33même si on le dit et on le souligne.
- 1:02:36Mais il va falloir se poser réellement sur la question.
- 1:02:38Alors,
- 1:02:39ce qu'on dit aussi,
- 1:02:40c'est qu'on ne va pas attendre
- 1:02:42que l'on change les règles pour pouvoir permettre aux professionnels de changer.
- 1:02:51Il y a partout,
- 1:02:52dans tous les établissements de santé ou des cabinets médicaux libéraux,
- 1:02:57des professionnels qui n'attendent que ça et qui,
- 1:03:00à travers ces fiches,
- 1:03:01vont dire « on va commencer et on peut commencer par faire simple » .
- 1:03:05Moi,
- 1:03:05j'ai été sollicité à droite,
- 1:03:06à gauche.
- 1:03:07Tanto,
- 1:03:07c'est pour dire...
- 1:03:09Est-ce que tu peux venir nous aider à mettre en place le briefing,
- 1:03:12débriefing ?
- 1:03:13Est-ce que tu peux venir nous expliquer,
- 1:03:17voir comment on peut améliorer l'utilisation de la checklist ?
- 1:03:20Est-ce que les aides cognitives,
- 1:03:24comment on peut les utiliser ?
- 1:03:27Il y a moyen,
- 1:03:29malgré tout,
- 1:03:30de travailler à l'échelon,
- 1:03:32je dirais,
- 1:03:33d'un service ou d'un cabinet médical.
- 1:03:38pour libéral,
- 1:03:40de fiabiliser.
- 1:03:41Parce que c'est vraiment ça le terme,
- 1:03:43de fiabiliser les pratiques.
- 1:03:47D'ailleurs,
- 1:03:47ça s'appelle comme ça,
- 1:03:48ça s'appelle des pratiques de fiabilisation.
- 1:03:51Il y en avait que j'ai notées.
- 1:03:55D'ailleurs,
- 1:03:55l'intérêt,
- 1:03:56c'est que c'est présenté avec une jauge qui permet de savoir si c'est difficile à animer ou pas difficile à animer.
- 1:04:06Il y a quelques-uns qui sont effectivement,
- 1:04:09qui nécessitent un formateur et un animateur qui soient aguerris.
- 1:04:12Mais il y a certains où on peut,
- 1:04:14en suivant simplement les fiches,
- 1:04:16pouvoir tout seul,
- 1:04:19avec sa petite équipe,
- 1:04:20pouvoir déjà commencer.
- 1:04:21J'avais noté le time-out qui était super intéressant,
- 1:04:24d'ailleurs qui peut être utilisé dans la santé,
- 1:04:27mais aussi dans plein d'autres domaines.
- 1:04:29On peut juste prendre un temps d'arrêt et essayer de faire…
- 1:04:33Un time-out et l'animation,
- 1:04:36a priori,
- 1:04:37elle est assez facile.
- 1:04:40Il y a même un lien pour trouver des ressources et savoir avoir une inspiration pour commencer chez soi.
- 1:04:48C'est vraiment super intéressant.
- 1:04:49Bon,
- 1:04:50après,
- 1:04:50des fois,
- 1:04:51il y en a quelques-uns,
- 1:04:52comme celui que vous connaissez très bien,
- 1:04:54le T4Dec,
- 1:04:56qui nécessite d'avoir quand même une connaissance un peu plus poussée.
- 1:05:01Est-ce que...
- 1:05:03On a le temps de faire un petit quai clinique ou pas ?
- 1:05:09Ou alors vous voulez faire autrement ?
- 1:05:12Moi,
- 1:05:12j'ai le temps que vous voulez.
- 1:05:13Là,
- 1:05:13vous parliez du time out.
- 1:05:15Toutes les techniques de communication et de fiabilisation des pratiques sont peut-être les plus simples à mettre en place en premier.
- 1:05:23Fiabilisation des pratiques comme le time out.
- 1:05:26La communication,
- 1:05:27c'est la principale cause d'erreur que l'on peut avoir lorsqu'on travaille sur des choses
- 1:05:36dans le domaine de la santé et ça peut être même seul au téléphone avec ses correspondants ou un patient.
- 1:05:44Je vous donne un exemple concret.
- 1:05:46Reprenons l'exemple du restaurant.
- 1:05:48Vous allez réserver une table à un restaurant.
- 1:05:50Le restaurateur va vous demander votre numéro de téléphone pour s'il y a quoi que ce soit,
- 1:05:56il puisse vous appeler.
- 1:05:57Regardez,
- 1:05:58dans 95-99%
- 1:06:00des cas,
- 1:06:01Vous allez donner un numéro de téléphone et la personne va dire « Hum hum,
- 1:06:03hum hum,
- 1:06:04d'accord,
- 1:06:04très bien,
- 1:06:05merci » .
- 1:06:06Vous êtes content.
- 1:06:08Est-ce que vous êtes sûr que le restaurateur,
- 1:06:09il a bien entendu votre numéro de téléphone ?
- 1:06:13Alors,
- 1:06:13je prends le restaurateur,
- 1:06:14je pourrais dire,
- 1:06:15c'est vous qui réservez les voyages,
- 1:06:17vous attendez une réponse importante.
- 1:06:19Vous appelez un patient,
- 1:06:20il va vous donner un numéro de téléphone,
- 1:06:22il va vous donner le numéro de téléphone du médecin à appeler ou de l'infirmière de coordination à appeler.
- 1:06:30D'accord,
- 1:06:31ok,
- 1:06:32rien que ça.
- 1:06:33Et on peut tout à fait apprendre,
- 1:06:36au niveau d'un secrétariat,
- 1:06:37à fiabiliser en collationnant,
- 1:06:40c'est un terme aéronautique,
- 1:06:41c'est-à-dire qu'on va,
- 1:06:42au lieu de dire,
- 1:06:42d'accord,
- 1:06:45on va faire avant de raccrocher,
- 1:06:47bon,
- 1:06:47attendez.
- 1:06:48Vous venez bien d'accord,
- 1:06:49votre numéro de téléphone,
- 1:06:50c'est le 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10.
- 1:06:54Donc,
- 1:06:55on a comme ça un certain nombre d'outils,
- 1:06:58en particulier la communication,
- 1:06:59qui,
- 1:07:00à mon sens,
- 1:07:01pourrait être les premiers points.
- 1:07:04Parce que 1,
- 1:07:05ce n'est pas forcément très compliqué à mettre en place,
- 1:07:08avec des résultats rapides et efficaces.
- 1:07:11Et 2,
- 1:07:11c'est à répondre à une vraie problématique.
- 1:07:14Puisque,
- 1:07:14encore une fois...
- 1:07:15La communication est souvent en première ligne sur les erreurs médicales quelles qu'elles soient.
- 1:07:21Prenez l'exemple du time-out.
- 1:07:22Le time-out,
- 1:07:23c'est un moyen d'éviter la précipitation.
- 1:07:29On a toujours cette pression temporelle.
- 1:07:31Il faut toujours faire vite,
- 1:07:33Et le problème,
- 1:07:34c'est que le vite,
- 1:07:35vite,
- 1:07:35vite,
- 1:07:35vite,
- 1:07:36vite amène notre cerveau à fonctionner uniquement avec ce qu'on appelle le système de Kahneman,
- 1:07:43c'est-à-dire des automatismes.
- 1:07:45Ces automatismes se font souvent c'est du multitâche et le multitâche se fait de façon inconsciente.
- 1:07:51Le time-out permet à un moment donné de s'arrêter,
- 1:07:54de basculer sur du système 2 qui est monotâche.
- 1:07:57Est-ce que là j'ai le bon patient,
- 1:08:00le bon médicament,
- 1:08:01le bon côté parce que je vais endormir le bras droit ?
- 1:08:03Est-ce que c'est bien le bras droit que je dois endormir ?
- 1:08:06C'est-à-dire qu'avant de faire le geste,
- 1:08:08ça me prend 10 secondes et là ça devient du système 2 qui est actif,
- 1:08:12du système adaptatif.
- 1:08:14un système qui est conscient et qui me permet...
- 1:08:18C'est sûr que si je fais le time-out en disant « Ouais,
- 1:08:20ouais,
- 1:08:20j'arrive,
- 1:08:20deux minutes ! »
- 1:08:21Non,
- 1:08:22l'intérêt du time-out,
- 1:08:24c'est à un moment donné,
- 1:08:25je vais faire quelque chose de...
- 1:08:26Le chirurgien doit couper un vaisseau.
- 1:08:28Stop !
- 1:08:29Est-ce que c'est le bon vaisseau que je dois couper ?
- 1:08:31Je suis conscient que c'est le bon vaisseau que je dois ligaturer ou que je dois couper.
- 1:08:35Et ça,
- 1:08:36c'est des pratiques que l'on peut amener,
- 1:08:40comprendre et qui peuvent...
- 1:08:42Je ne dis pas qu'il faut le faire...
- 1:08:43tout le temps,
- 1:08:44mais sur un geste qui potentiellement peut être important.
- 1:08:48Moi,
- 1:08:48je travaillais 11 ans dans un centre anticancéreux.
- 1:08:50Brancher une chimiothérapie fait partie des gestes potentiellement dangereux.
- 1:08:54Et donc,
- 1:08:55informer l'infirmière à ce time-out en disant,
- 1:08:59juste au moment où tu vas brancher,
- 1:09:00stop,
- 1:09:01remets-toi en tête.
- 1:09:02C'est le bon protocole,
- 1:09:03le bon patient.
- 1:09:04Est-ce que je suis vraiment dans le bon système d'injection ?
- 1:09:09Ça peut assez rapidement permettre de fiabiliser les pratiques.
- 1:09:13Oui,
- 1:09:13il y a beaucoup de techniques qui sont quand même faciles à mettre en place.
- 1:09:17Il y a le time-out,
- 1:09:18il y a la boucle fermée de communication,
- 1:09:26il y a le contrôle multiple,
- 1:09:29le brief,
- 1:09:29le débrief.
- 1:09:30Tout ça,
- 1:09:30c'est extrêmement facile à installer.
- 1:09:33On peut le faire.
- 1:09:33Et ça,
- 1:09:34ça peut être fait,
- 1:09:34par exemple,
- 1:09:35au sein d'un service.
- 1:09:35On en parlait tout à l'heure.
- 1:09:37je reparle du centre anticancéreux où je travaillais le personnel paramédical des services d'hospitalisation de chirurgie lorsqu'il y avait une prescription d'une pompe contrôlée par le patient,
- 1:09:50ce qu'on appelle une PCA morphine par voie intraveineuse une fois qu'elle avait l'infirmier ou il avait fait la programmation ou elle,
- 1:09:59peu importe fait la programmation de la pompe,
- 1:10:01demandait à son collègue à travers la prescription de s'assurer que la...
- 1:10:06programmation correspondait à la prescription.
- 1:10:08Mais ça,
- 1:10:09ça s'apprend.
- 1:10:10Si l'infirmier commence à demander à son collègue « Est-ce que tu peux vérifier que j'ai bien prescrit un milligramme par millilitre et que j'ai fait un milligramme avec une période réfractaire de 7 minutes ? »
- 1:10:22Non.
- 1:10:23Là,
- 1:10:23vous induisez.
- 1:10:24Donc là,
- 1:10:24on apprend au professionnel de dire « Voilà la prescription,
- 1:10:27voilà moi ce que j'ai rentré dans la pompe.
- 1:10:32Est-ce que pour toi,
- 1:10:32c'est cohérent ? »
- 1:10:33Voilà.
- 1:10:34Pareil,
- 1:10:35on faisait pareil,
- 1:10:35la même chose pour le test ultime avant transfusion sanguine.
- 1:10:40Moi,
- 1:10:40médecin,
- 1:10:41quand je faisais le test ultime avant une transfusion,
- 1:10:43par exemple au boréco-opératoire,
- 1:10:46l'infirmier anesthésique qui travaillait avec moi,
- 1:10:47je lui montrais la fiche,
- 1:10:49et c'est l'infirmier anesthésiste qui validait ou pas la transfusion,
- 1:10:53mais je lui disais pas,
- 1:10:53le patient est du groupe O,
- 1:10:55le donneur est du groupe O,
- 1:10:56est-ce que t'es d'accord ?
- 1:10:58On suggère pas la réponse.
- 1:10:59Elle ne suggère pas,
- 1:11:01voilà.
- 1:11:02Sinon,
- 1:11:02c'est pas contre.
- 1:11:02C'est une technique qu'on peut
- 1:11:04assez rapidement mettre en place,
- 1:11:06effectivement.
- 1:11:07Eh bien,
- 1:11:07super.
- 1:11:08Merci énormément,
- 1:11:09Régis Fusier,
- 1:11:10pour cette présentation de référentiel.
- 1:11:14C'est un travail énorme,
- 1:11:17magnifique,
- 1:11:18qui va pouvoir...
- 1:11:19Bon travail d'équipe.
- 1:11:20Super travail d'équipe.
- 1:11:21Toujours.
- 1:11:21Il n'y a jamais personne qui fait quoi que ce soit tout seul.
- 1:11:23Ça,
- 1:11:24c'est une évidence.
- 1:11:25Donc,
- 1:11:26vous avez eu la grande gentillesse de nous le présenter.
- 1:11:29Il est maintenant accessible,
- 1:11:31il fait référence,
- 1:11:32on va pouvoir le consulter et s'appuyer dessus pour pouvoir avoir et la formation et les compétences.
- 1:11:43C'est une belle évolution,
- 1:11:45c'est un aboutissement.
- 1:11:46Qu'est-ce que ça représente pour vous,
- 1:11:48Régis ?
- 1:11:49En fait,
- 1:11:49ce n'est pas un aboutissement,
- 1:11:51c'est un commencement pour moi.
- 1:11:53C'est un commencement d'espérer et je me dis qu'il me reste encore une dizaine d'années avant la retraite.
- 1:11:59Est-ce que je verrai dans les faits au quotidien suffisamment ?
- 1:12:04Parce que je suis exigeant,
- 1:12:06exigeant avec moi-même et exigeant sur le système.
- 1:12:08On a des outils.
- 1:12:10Il faut une volonté politique de changer les pratiques.
- 1:12:12Ce n'est pas facile,
- 1:12:13on est bien d'accord.
- 1:12:14Surtout dans le domaine de la santé,
- 1:12:16on a tellement l'habitude de « ça fait 20 ans qu'on fait ça,
- 1:12:19ça fait 30 ans qu'on fait ça,
- 1:12:20on n'a jamais eu de problème,
- 1:12:22donc pourquoi changer ? »
- 1:12:22C'est quoi ça,
- 1:12:23le biais de conformité,
- 1:12:23ça s'appelle ?
- 1:12:23Un petit peu,
- 1:12:24ouais.
- 1:12:24Ça y ressemble ?
- 1:12:28Ça y ressemble,
- 1:12:29mais je crois qu'il faut…
- 1:12:31Voilà,
- 1:12:31on essaie d'amener des outils qui…
- 1:12:34On ne peut plus dire maintenant « on ne savait pas » .
- 1:12:36Voilà,
- 1:12:37on le sait.
- 1:12:38Maintenant,
- 1:12:39pour moi,
- 1:12:39ce n'est pas un aboutissement,
- 1:12:41c'est un commencement en disant,
- 1:12:42voyons un peu comment les choses vont.
- 1:12:45vont évoluer à travers et on espère que ce référentiel va permettre justement d'amener ces changements il y a un gros gros travail de communication dessus qui est en train de se préparer avec la Haute Autorité de Santé avec l'association Facteurs Humains en Santé donc
- 1:13:03bien sûr dans tous les congrès on l'évoque dans les formations on l'évoque mais aujourd'hui on espère avoir un soutien le plus haut possible peut-être du ministère pour
- 1:13:14que ce référentiel soit utilisé et utile,
- 1:13:19parce qu'en fait,
- 1:13:20c'est ça,
- 1:13:20ce sont des outils qu'on voudrait amener à tous les professionnels qui voudraient améliorer les pratiques.
- 1:13:29Et donc,
- 1:13:30je suis ravi du travail que l'on a pu faire avec l'ensemble des acteurs qui ont constitué ce groupe.
- 1:13:38On s'est réunis,
- 1:13:39ça a été des échanges extraordinaires sur le plan humain,
- 1:13:41ça a été vraiment très bien.
- 1:13:44très intéressant,
- 1:13:44très enrichissant.
- 1:13:46Un travail extraordinaire de Yasmina,
- 1:13:49Samy de la HAS,
- 1:13:53qui nous a bien driveé aussi.
- 1:13:56Et donc,
- 1:13:58oui,
- 1:13:58une satisfaction personnelle,
- 1:14:00bien sûr,
- 1:14:01mais pas un aboutissement,
- 1:14:02un commencement.
- 1:14:03Un début de quelque chose.
- 1:14:04En tout cas,
- 1:14:05moi,
- 1:14:05je suis hyper heureuse de faire partie des relais.
- 1:14:09Je te remercie grandement.
- 1:14:12C'est moi qui vous remercie infiniment pour ça.
- 1:14:14Donc,
- 1:14:15je mettrai à disposition l'épisode pour que les gens qui veulent s'acquérir de ce référentiel puissent la voir déjà dans les oreilles pour commencer,
- 1:14:26et puis après de pouvoir s'y référer,
- 1:14:31par quels moyens d'ailleurs.
- 1:14:32On peut le retrouver sur LinkedIn,
- 1:14:33moi c'est comme ça que je l'ai retrouvé,
- 1:14:35mais on peut tomber dessus sur...
- 1:14:37Le site de l'HAS aussi.
- 1:14:39Oui,
- 1:14:39l'HAS,
- 1:14:40pareil.
- 1:14:40Et puis sur l'association Facteur Humain en Santé.
- 1:14:42Exactement,
- 1:14:43sur le site de l'association Facteur Humain en Santé,
- 1:14:47un site qui est extrêmement riche,
- 1:14:49que j'invite tout le monde à aller voir.
- 1:14:51Merci infiniment,
- 1:14:52Régis Fusier.
- 1:14:54Merci à vous,
- 1:14:54bonne journée.
- 1:15:00Si vous souhaitez aller plus loin en facteur humain,
- 1:15:04je vous recommande le site des Facteurs Humains en Santé.
- 1:15:07ainsi que mes précédents épisodes avec Guillaume Tirsio.
- 1:15:10Vous pouvez participer à la diffusion de ce référentiel en partageant partout autour de vous cet épisode.
- 1:15:19Merci pour votre confiance et à très vite !