Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Et si on changeait l'ambiance des services d'urgence. La communication thérapeutique par le Dr Laure Watelet.
Transcript
- 0:05En quête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:14À travers son roman graphique,
- 0:17ses posters,
- 0:19entre jeux de rôle et improvisation,
- 0:22le docteur
- 0:23Laure Watelet a choisi son cheval de bataille.
- 0:28Soignez la communication,
- 0:31car soigner sa communication est déjà un soin.
- 0:35Un soin qui soigne le patient.
- 0:39Un soin qui soigne le soignant.
- 0:43Elle nous présente un jeu où tout le monde gagne.
- 0:47Excellente écoute.
- 0:53Bonjour docteur Laure Watelet.
- 0:57Bonjour.
- 0:58Comment ça va aujourd'hui ?
- 0:59Super bien.
- 1:00Super bien.
- 1:00Alors nous sommes dans un endroit très spécial.
- 1:03On n'est pas loin de la grande place de Bruxelles et c'est le marché de Noël.
- 1:07Il y a une ambiance de folie et toutes les deux,
- 1:10on s'est mis dans un coin sympa,
- 1:12tranquille,
- 1:12pour parler de communication thérapeutique.
- 1:16Merci d'avoir accepté.
- 1:17Merci à toi.
- 1:18Merci pour cette invitation.
- 1:19C'est vraiment un honneur pour moi.
- 1:21Tout pareil.
- 1:22Alors,
- 1:22je vais commencer par te présenter.
- 1:24J'ai parlé de toi,
- 1:26un petit peu de ton cursus,
- 1:27ce que j'ai pu retenir,
- 1:28mais après,
- 1:29tu as la possibilité de me compléter,
- 1:31de me corriger.
- 1:32OK ?
- 1:33Donc,
- 1:33tu es médecin urgentiste au sein du groupe hospitalier Elora.
- 1:39Donc,
- 1:39on est ici en
- 1:40Belgique, en Wallonie plus précisément.
- 1:43Et tu exerces à Nivelles depuis quelques années,
- 1:47avec engagement,
- 1:48avec un sens profond de l'humain.
- 1:51Après un master complémentaire en médecine d'urgence à l'UCL,
- 1:55c'est l'Université catholique de Louvain,
- 1:58et tu as exercé à Saint-Luc,
- 1:59c'est ça ?
- 2:00Durant cette formation,
- 2:02j'ai fait deux fois six mois à Saint-Luc.
- 2:04Voilà,
- 2:05tu as travaillé dans différents contextes hospitaliers,
- 2:10aux urgences,
- 2:12et tu as appris aussi aux côtés des anesthésistes,
- 2:17où tu as pu découvrir l'hypnose à l'époque.
- 2:21Et donc,
- 2:21tu avais tout de suite remarqué qu'il y avait une ambiance sans hypnose et une ambiance avec hypnose.
- 2:27C'est un peu ça.
- 2:29et
- 2:30J'ai envie de citer le fait que tu as démarré tes humanités à la London
- 2:36Contemporary Dance School avant de bifurquer vers la médecine.
- 2:41Ça,
- 2:42c'est pas banal.
- 2:44C'est peut-être pas banal,
- 2:45mais c'est vrai qu'il y a eu pas mal de questions après.
- 2:47Mais pourquoi la médecine après la danse ?
- 2:49Mais oui !
- 2:50Alors,
- 2:51j'ai souvent l'habitude de dire que ça reste du corporel.
- 2:54Ah,
- 2:54dans ce sens.
- 2:57Et c'est vrai que moi,
- 2:58j'ai fait mon...
- 2:59tout ce qui est lycée,
- 3:00en option danse.
- 3:01Donc,
- 3:02j'avais
- 3:0316 à 20 heures de danse par semaine.
- 3:04J'avais pas beaucoup de mathématiques,
- 3:06pas beaucoup de sciences,
- 3:08une seule langue.
- 3:09Et je me suis lancée dans le train de la possibilité de faire de l'artistique jusqu'au niveau professionnel.
- 3:16Et donc,
- 3:16j'ai rejoint cette magnifique école à Londres.
- 3:19Il y a une des deux grandes écoles de danse contemporaine de Londres pendant un an.
- 3:23C'était magique.
- 3:24Et donc,
- 3:25ce côté-là est peut-être responsable de la...
- 3:28petite subtilité de grâce qu'il y a dans tes actions aujourd'hui,
- 3:36peut-être,
- 3:36peut-être comment se mélange l'artistique à la médecine et donc maintenant tu es médecin urgentiste à Nivelles et j'ai envie qu'on plante le décor d'un service d'urgence on peut inviter nos auditeurs à nous suivre dans un service d'urgence là où on n'a pas très envie d'aller
- 3:57De façon générale,
- 3:58parce que quand on y va,
- 3:59c'est qu'on est un peu obligé.
- 4:01Là où,
- 4:01en plus,
- 4:01on ne choisit pas non plus qui va nous soigner.
- 4:03Oui,
- 4:04c'est pour moi quelque chose de motivant chaque jour.
- 4:09Parce que je pense que c'est pour tout patient qui vient aux urgences,
- 4:14de base,
- 4:14a priori,
- 4:15ce n'est pas un choix de venir aux urgences.
- 4:16C'est une sorte de non-choix.
- 4:18Et donc,
- 4:18c'est aussi dans un non-choix que s'inscrit cette relation qu'on va devoir créer d'alliance thérapeutique.
- 4:24Il y a un challenge à chaque.
- 4:26consultation d'urgence,
- 4:27je pense.
- 4:28J'ai envie de dire,
- 4:29Laure,
- 4:30tu avais très tôt perçu combien les mots,
- 4:33la présence et la manière d'entrer en relation pouvaient transformer l'expérience des patients.
- 4:40Tu t'es formée à l'hypnose médicale,
- 4:43à la communication thérapeutique,
- 4:45des outils que tu vas intégrer dans ta pratique quotidienne et que,
- 4:50actuellement,
- 4:51tu transmets à d'autres professionnels de santé.
- 4:55dans le cadre de conférences,
- 4:57d'ateliers et de différentes choses qu'on va pouvoir dire.
- 5:01Mais il y a quelque chose en plus,
- 5:03c'est qu'il y a ce livre qui est devant moi,
- 5:05qui s'intitule « La communication,
- 5:08ça soigne et ça se soigne » .
- 5:11Donc,
- 5:14ce livre est un roman graphique autour de la communication.
- 5:18Il est paru chez Satas en 2023.
- 5:22Et ce sont des scènes qui sont inspirées par la pratique dans un service d'urgence.
- 5:27Donc,
- 5:28par ta pratique.
- 5:29dans le service d'urgence.
- 5:31Et tu montres avec justesse comment un mot,
- 5:34un silence,
- 5:35une attitude peuvent transformer l'expérience de quelqu'un en situation de vulnérabilité.
- 5:42Et tes pages vont dévoiler les maladresses ordinaires,
- 5:46les petites tensions,
- 5:48mais surtout les ressources simples et concrètes qui vont permettre de créer un climat de confiance.
- 5:54Ce sont des illustrations de Pauline Antoine.
- 5:59Et vous allez rendre toutes les deux cette réflexion accessible à tous.
- 6:03Et ça,
- 6:03tu vas pouvoir me le dire.
- 6:05Il y a les soignants,
- 6:06les étudiants,
- 6:08les équipes hospitalières,
- 6:09mais toute personne qui s'intéresse aux liens humains va se retrouver dans ce geste de soins.
- 6:15J'ai envie de te demander,
- 6:17on parlera un peu plus longuement du livre tout à l'heure,
- 6:21mais j'ai envie de te demander avant tout l'enjeu de la communication thérapeutique.
- 6:26Pourquoi c'est important ?
- 6:28Pourquoi est-ce que c'est un sujet qui est important et qui dépasse la communication ?
- 6:36Très très bonne question.
- 6:38Et j'aurais envie de répondre à cette question avec une petite valse en trois temps.
- 6:45Un temps un peu pour définir les constats,
- 6:48et dans un sens,
- 6:49c'est ça qui a motivé la création de ce livre.
- 6:53voir un peu dans un deuxième temps,
- 6:55qu'est-ce qui sous-tend en fait ce pourquoi est-ce qu'on en arrive là,
- 6:59dans un sens parfois dans le soin,
- 7:01dans ce que tu dis des maladresses,
- 7:02parfois même jusqu'à la maltraitance.
- 7:04Et puis dans un troisième temps,
- 7:05peut-être les outils qu'on peut vraiment montrer et qu'on a fait pour pouvoir transmettre d'autres manières de soigner.
- 7:14Qu'est-ce qui t'a emmené à la communication thérapeutique ?
- 7:19Comme tu dis,
- 7:20le constat que j'ai fait de
- 7:22on va dire,
- 7:23différences entre,
- 7:24par exemple,
- 7:25ce qui se passe au bloc opératoire,
- 7:26en tout cas,
- 7:27c'est là où moi j'ai découvert cette communication thérapeutique,
- 7:30ce qui se passe quand il y a de la communication thérapeutique et ce qui se passe quand il n'y a pas de communication thérapeutique.
- 7:35Pour moi,
- 7:35c'est vraiment quelque chose de tellement flagrant qu'on ne peut pas rester de marbre devant une telle différence.
- 7:41Et puis,
- 7:41c'est surtout ce constat dramatique qu'il y a entre cette discordance,
- 7:47entre l'envie des soignants de bien faire leur travail Merci.
- 7:51et parfois un ressenti des malades qui est en fait catastrophique.
- 7:55Cette incohérence qu'il y a parfois,
- 7:59parce que les choses sont telles qu'elles sont,
- 8:02c'est-à-dire qu'on est face à des gens qui,
- 8:04surtout aux urgences,
- 8:05n'ont pas choisi d'être là,
- 8:07sont là avec leur valise,
- 8:09comme j'explique souvent,
- 8:11les patients viennent avec leur valise de questions,
- 8:12de peur et de douleur,
- 8:14et puis ils arrivent dans un endroit qu'ils ne connaissent pas,
- 8:17face à des soignants qui,
- 8:18eux,
- 8:18sont...
- 8:19souvent relativement surchargés dans leur travail,
- 8:22déjà dans un état d'esprit d'un côté de stress.
- 8:25Comment est-ce que ces deux personnes vont pouvoir entrer en relation pour arriver à faire une relation qu'on appelle les relations thérapeutiques,
- 8:32c'est-à-dire une alliance qui va permettre aux soignants de faire son travail,
- 8:36son travail de diagnostic,
- 8:38mais surtout son travail de collaboration avec le patient pour que les deux décident dans un sens ensemble de quel traitement sera le plus adéquat.
- 8:48On sait que si cette alliance n'est pas faite,
- 8:52l'adhérence au traitement n'existera pas.
- 8:54Et donc,
- 8:54cette consultation,
- 8:54au final,
- 8:55ne sert à rien.
- 8:56Si on loupe cette première relation de soins,
- 9:01le patient ne va pas suivre les recommandations.
- 9:04Et donc,
- 9:05évidemment,
- 9:05la consultation n'aura servi à rien.
- 9:08Nous,
- 9:08en tant que soignants,
- 9:09on a quand même beaucoup de mal à se dire qu'il y a énormément de ce qu'on appelle le shopping médical,
- 9:14où les gens vont d'un service à un autre,
- 9:17nous,
- 9:17aux urgences.
- 9:18nombre de fois où les gens viennent et ils ont déjà fait parfois deux services d'urgence,
- 9:22ils ont déjà vu deux ou trois professionnels de la santé avant d'arriver chez nous.
- 9:26Et c'est sans doute que les soignants ont fait de leur mieux,
- 9:30mais peut-être qu'il y a eu un souci,
- 9:31et je pense que c'est un souci de communication,
- 9:33parce que même si on fait le meilleur diagnostic,
- 9:37qu'on propose le meilleur traitement,
- 9:38le plus up-to-date qui existe,
- 9:40si on loupe la communication,
- 9:43le moment clé pour transmettre les informations nécessaires,
- 9:47à la santé du malade,
- 9:48alors notre travail n'aura servi à rien.
- 9:50Et oui,
- 9:50le patient sait en fait,
- 9:52quand l'alliance ne s'est pas faite,
- 9:53quand la confiance n'a pas été placée,
- 9:56il va aller voir ailleurs.
- 9:58Et il va aller voir ailleurs,
- 9:58ce qui est normal,
- 9:59puisque ça veut dire qu'il n'aura pas eu réponse à sa question.
- 10:02C'est ça.
- 10:03Et donc,
- 10:04d'où les insatisfactions,
- 10:06les enquêtes d'insatisfaction.
- 10:09J'imagine qu'il y a des retours par rapport à ça,
- 10:12des services d'urgence.
- 10:13Et plus que les enquêtes d'insatisfaction,
- 10:16je pense qu'il y a de réelles plaintes.
- 10:17Bien sûr.
- 10:18Il faut savoir que dans tous les services hospitaliers,
- 10:21il y a un service de médiation des plaintes.
- 10:24Et ça,
- 10:24les chiffres,
- 10:25que ce soit en France,
- 10:27en Belgique,
- 10:27en Suisse,
- 10:28en tout cas partout là où j'ai déjà cherché au niveau francophone,
- 10:31ils sont
- 10:32Ils se mettent tous d'accord sur le fait qu'il y a un tiers des plaintes qui sont dues à des problèmes de communication.
- 10:37Et en Belgique,
- 10:38on a une instance fédérale qui s'occupe de la médiation des plaintes relatives à la loi des droits du patient,
- 10:44qui a commencé donc en 2004.
- 10:45On voit qu'il y a vraiment une courbe exponentielle des plaintes.
- 10:49Alors évidemment,
- 10:50c'est aussi parce que la loi commence seulement à être connue et que cette instance de médiation des plaintes relative à cette loi commence seulement à être connue.
- 10:56Il y a le premier billet pour,
- 10:58on va dire,
- 10:59la forme de cette courbe qui est vraiment exponentielle.
- 11:02Mais en tout cas,
- 11:02ce qui est certain,
- 11:03c'est qu'eux remarquent que 86%
- 11:05de ces plaintes sont dues à des problèmes de comportement.
- 11:08Tant dans le chef des soignants que des soignés.
- 11:11Mais 86%
- 11:13sont dues à des problèmes de comportement.
- 11:14C'est vraiment très,
- 11:15très,
- 11:15très inquiétant.
- 11:16Moi,
- 11:17en tant qu'urgentiste,
- 11:17je pensais que la première plainte des patients,
- 11:19ça allait être,
- 11:20par exemple,
- 11:20le soulagement de la douleur.
- 11:22Puisqu'on sait que chez nous,
- 11:23aux urgences,
- 11:23la principale plainte,
- 11:24c'est la douleur.
- 11:25Je me suis dit qu'il y allait avoir énormément de plaintes au fait qu'ils n'ont pas été soulagés dans leur douleur.
- 11:29Eh bien non,
- 11:3086%
- 11:31des plaintes,
- 11:31c'est des problèmes de comportement.
- 11:32Il y a une différence de pratique entre les pays ?
- 11:36En France et en Belgique,
- 11:37c'est à peu près les mêmes plaintes ?
- 11:38C'est les mêmes chiffres,
- 11:38oui.
- 11:39C'est quasiment les mêmes chiffres.
- 11:40En tout cas,
- 11:40la Suisse,
- 11:41c'est vraiment parallèle à la Belgique.
- 11:43Et la France aussi,
- 11:44ils sont aux alentours de 80%
- 11:45aussi de problèmes de comportement.
- 11:47Ok.
- 11:49D'un autre côté,
- 11:50l'état des soignants dans les services d'urgence,
- 11:53comment il est ?
- 11:53Est-ce que dans les services d'urgence,
- 11:56il y a probablement un peu plus ?
- 11:59d'arrêt,
- 12:00de travail,
- 12:02de burn-out,
- 12:03de démotivation ?
- 12:05Ça dépend.
- 12:06Il y a certaines études qui ont montré que,
- 12:09par exemple,
- 12:10c'était une étude qui a été faite en Italie sur les agents préhospitaliers.
- 12:14Ils ont pris principalement les infirmiers préhospitaliers et on s'est rendu compte qu'il y avait une propension dans les soignants préhospitaliers d'avoir une intelligence émotionnelle qui est supérieure à la moyenne et que cette intelligence émotionnelle nous protégeait.
- 12:28du burn-out.
- 12:30Mais aussi,
- 12:30ils ont remarqué que dans cette étude-là,
- 12:31c'était principalement une propension et une attention du soignant pour gérer les émotions d'autrui.
- 12:39Donc,
- 12:39il semblerait-il que nous serions,
- 12:41en tant que pratiquant de la médecine d'urgence,
- 12:45plus à même de gérer les émotions d'autrui.
- 12:48Oui,
- 12:48c'est une bonne nouvelle.
- 12:49Mais ça ne dit pas encore si nous sommes maîtres en gestion de nos propres émotions.
- 12:53Mais il y a quelque chose de ce lien-là entre l'intelligence émotionnelle Merci.
- 12:57et cette propension à faire un burn-out.
- 13:00Mais ce qui est certain,
- 13:01c'est qu'on sait qu'en Belgique,
- 13:04la moyenne de pérennité d'un infirmier ou d'une infirmière urgentiste,
- 13:09c'est six ans.
- 13:10Il ne restera plus.
- 13:12On en a tellement besoin.
- 13:14Six ans,
- 13:14c'est très peu.
- 13:16Pour l'engagement et l'investissement qu'on a mis pour leurs études,
- 13:20pour leur formation,
- 13:22six ans,
- 13:23c'est extrêmement court.
- 13:24Extrêmement court.
- 13:25Qu'est-ce qu'ils font ?
- 13:27Ils vendent des frites.
- 13:29Oh mon Dieu,
- 13:31le gâchis.
- 13:31Les frites,
- 13:32c'est super bon,
- 13:32ce n'est pas la question,
- 13:33mais quand même.
- 13:36Alors,
- 13:37est-ce qu'on peut aborder d'autres enjeux de la communication thérapeutique ?
- 13:43En quoi elle est importante ?
- 13:47Au-delà de l'aspect de l'alliance thérapeutique vis-à-vis du malade,
- 13:52il y a un point dont tu parles également,
- 13:55ce sont les erreurs médicales.
- 13:56Est-ce qu'on peut les aborder ?
- 13:58Et après,
- 13:58on fera le lien.
- 13:59On peut faire le lien.
- 14:00Alors,
- 14:00ce n'est pas spécialement dans le livre qu'on trouve ce genre de choses,
- 14:03mais c'est vrai que moi,
- 14:05dans ma pratique,
- 14:06j'ai rapidement également vu l'importance des facteurs humains en santé et également dans ce contexte de faire attention et prendre soin des soignants.
- 14:18Il est certain que chaque soignant qui fait une erreur,
- 14:22une faute,
- 14:23une erreur,
- 14:23ça c'est encore à bien définir,
- 14:25mais en tout cas,
- 14:26chaque...
- 14:26prise en charge qui est compliquée,
- 14:28que ce soit sur le plan uniquement émotionnel ou sur le plan vraiment technique,
- 14:32si elle n'est pas analysée,
- 14:33si elle n'est pas décortiquée,
- 14:35que ce soit très tôt,
- 14:36on va dire beaucoup plus tard,
- 14:38par rapport à cette prise en charge problématique,
- 14:41elle va laisser des séquelles,
- 14:42elle va laisser des cicatrices chez le soignant.
- 14:44Il y a vraiment cette volonté,
- 14:47souvent,
- 14:48dans les services de soins,
- 14:49de faire de notre mieux.
- 14:51Et quand,
- 14:52malheureusement,
- 14:52on échoue,
- 14:53que ce soit par une...
- 14:55Voilà.
- 14:56une fatigue excessive,
- 14:58une interruption de tâche trop importante ou une surcharge de travail,
- 15:03il y a une frustration qui se crée.
- 15:05Et si elle n'est pas pour moi travaillée et qu'elle ne donne pas lieu à une amélioration de nos processus,
- 15:11c'est une erreur qui n'aura servi à rien.
- 15:14C'est ça.
- 15:15Après,
- 15:15c'est ce qu'on appelle l'effet de deuxième victime.
- 15:18Oui,
- 15:18c'est ça.
- 15:19Donc ça,
- 15:19c'est un problème crucial parce que c'est ce qui est à l'origine du désengagement des soignants.
- 15:28J'ai envie,
- 15:29on en parlera peut-être tout à l'heure,
- 15:30parce qu'on ne voit pas clairement le lien entre la communication thérapeutique et la survenue d'erreurs médicales.
- 15:37Au fait,
- 15:38là,
- 15:38on est dans le domaine des facteurs humains,
- 15:41dans le sens
- 15:42où le fait de travailler sa communication thérapeutique,
- 15:45de travailler la communication entre soignants et vis-à-vis du patient,
- 15:51c'est une façon également de gérer le stress,
- 15:56de travailler dans une ambiance de travail qui va laisser la place.
- 16:01au système 2 si cher à Kahneman et à Guillaume Tirsio,
- 16:05on connaît toutes les deux,
- 16:06et qui va faire qu'on a du cerveau disponible pour de la bonne pratique,
- 16:13si je comprends bien.
- 16:15Si on est dans des systèmes qui sont des systèmes violents,
- 16:20on peut nommer les choses,
- 16:22des systèmes avec de la violence,
- 16:25explicite ou implicite,
- 16:27comme ça peut être le cas dans un service d'urgence.
- 16:30on est plus prédisposé aux erreurs.
- 16:33Et ce problème d'erreur médicale est un problème épidémiologique qu'il va falloir de toute façon affronter et gérer.
- 16:42L'OMS devient de plus en plus consciente de ça.
- 16:45Les chiffres sont complètement saisissants et alarmants.
- 16:49On en parle heureusement maintenant parce qu'on est la génération du changement,
- 16:54je crois,
- 16:55toi et moi alors.
- 16:56J'espère.
- 16:58On voit bien,
- 16:59on sent la dynamique.
- 17:01autour des facteurs humains,
- 17:03qui n'étaient pas le sujet il y a à peine cinq ans,
- 17:07qui étaient moins en scène,
- 17:12au fait.
- 17:13Actuellement,
- 17:13on parle plus facilement des facteurs humains,
- 17:15et tant mieux,
- 17:16il était temps.
- 17:18Il est temps d'élever la médecine au rang des industries sûres,
- 17:23c'est ça ?
- 17:24Sécurisées,
- 17:24en tout cas.
- 17:24Et sécurisées,
- 17:25voilà.
- 17:26Je pense que le lien qu'on peut faire entre communication thérapeutique et les facteurs humains,
- 17:30c'est cette trame commune qui est la communication.
- 17:35Il y a la communication,
- 17:37il y a les facteurs humains,
- 17:38mais c'est sûr que la majorité aussi des erreurs médicales sont dues à des problèmes de communication.
- 17:43Donc,
- 17:43à partir du moment où on a mis le pied dans l'importance de la communication,
- 17:48de soigner sa communication,
- 17:50alors,
- 17:51inévitablement,
- 17:52on va vers une amélioration de notre communication.
- 17:54et donc une amélioration de nos processus.
- 17:57Quand on est dans l'amélioration de nos processus,
- 17:59on est de toute façon enclin à aller chercher les erreurs,
- 18:04à trouver une manière de changer les choses qui n'ont pas fonctionné.
- 18:08C'est incroyable parce que quand on s'adresse d'abord à ce sujet,
- 18:11la communication thérapeutique,
- 18:13on a l'impression que c'est une façon d'apprendre,
- 18:16un protocole pour parler à un patient et on se rend vite compte.
- 18:22que les dimensions et le relief de ce sujet sont extrêmement profonds.
- 18:27Ils s'enracinent dans des choses encore plus importantes,
- 18:32comme le sujet du facteur humain et de la sécurité dans le soin,
- 18:37de façon générale,
- 18:39plus l'enjeu de la bien-aisance,
- 18:43on va dire,
- 18:43ou de la qualité de vie et le bien-être des soignants dans la pratique de ce qui est quelque chose.
- 18:51de particuliers.
- 18:52Le soin dans les services de façon générale et dans les urgences en particulier,
- 18:58ce sont des endroits avec une dynamique particulière et exceptionnelle.
- 19:03Alors,
- 19:04on a bien compris les enjeux,
- 19:06on en a parlé.
- 19:08Et maintenant,
- 19:09est-ce qu'on peut préciser quels sont les outils de cette communication thérapeutique ?
- 19:14À la base,
- 19:15elle vient de l'hypnose ?
- 19:17Oui.
- 19:18On va dire que la base de l'hypnose,
- 19:19c'est de la communication thérapeutique.
- 19:21Et tous les outils de la communication thérapeutique n'appartiennent pas que à la communication thérapeutique.
- 19:26Il y a énormément de choses qui sont vraiment de l'ordre de la communication en général.
- 19:30Alors c'est vrai que c'est toujours un peu la définition même de la communication thérapeutique.
- 19:34Elle est la bouteille à encre,
- 19:37dans le sens où il y a la communication non-violente,
- 19:40la communication empathique,
- 19:41la communication positive,
- 19:42la communication professionnelle en santé.
- 19:45Et c'est quoi la différence vraiment entre la communication professionnelle en santé et la communication thérapeutique ?
- 19:50Je vous avoue que ça a été quand même un grand sujet,
- 19:53parce qu'avec
- 19:54Marie-Thérèse Lussier et Claude Richard,
- 19:56qui sont les deux références canadiennes,
- 20:01qui sont tous les deux à l'Université de Montréal en communication professionnelle en santé,
- 20:05on a eu un grand échange de mails au sujet justement de cette communication.
- 20:08Est-ce qu'on peut parler de communication thérapeutique ?
- 20:11Parce que Claude Richard disait,
- 20:12mais moi alors je suis...
- 20:13professionnelle de la santé mentale,
- 20:14je suis psychologue et je ne me permets pas de dire que ma communication est thérapeutique.
- 20:18Alors que toi,
- 20:18tu penses que si.
- 20:19Alors que moi,
- 20:20je prétends en tout cas à une communication qui est thérapeutique.
- 20:24Et quel est ton argument alors ?
- 20:26Eh bien,
- 20:26nous avons eu 4 km de mai le plus tôt.
- 20:29Mets-moi le résumé.
- 20:30Nous nous sommes mis d'accord avec une définition en fait,
- 20:33simplement de la thérapeutique.
- 20:34La thérapeutique,
- 20:35oui,
- 20:35c'est l'art de guérir.
- 20:37On ne guérit pas toujours,
- 20:38on le sait,
- 20:39soigner toujours,
- 20:39guérir peut-être,
- 20:41c'est soigner,
- 20:41mais c'est aussi soulager la douleur.
- 20:44Et à ce titre,
- 20:45puisque la communication thérapeutique utilise des outils de l'hypnose médicale qui n'a plus besoin d'être prouvés sur le plan scientifique,
- 20:52on sait que lorsque l'on met quelqu'un dans un état d'hypnose ou qu'on utilise des outils de la communication thérapeutique qui sont issus des outils de l'hypnose médicale,
- 21:02réellement,
- 21:03c'est prouvé scientifiquement,
- 21:04on peut faire un soin.
- 21:06qui est plus confortable que si on n'avait pas utilisé les outils de la communication thérapeutique.
- 21:11Donc oui,
- 21:11à ce titre-là,
- 21:12on peut dire que rien qu'en utilisant une manière d'être,
- 21:16certains mots,
- 21:17on peut réellement soulager la douleur.
- 21:20Donc oui,
- 21:20à ce titre-là,
- 21:21notre communication peut soigner et être thérapeutique.
- 21:24Ça veut dire qu'en soi,
- 21:26la communication thérapeutique est elle-même un soin et un médicament.
- 21:31Tout à fait.
- 21:32Ça a de l'effet.
- 21:33En tout cas,
- 21:33moi,
- 21:34je l'utilise comme un médicament.
- 21:36Donc,
- 21:36de la même manière que je vais utiliser simplement un anesthésique local du paracétamol,
- 21:42de l'ibuprofène,
- 21:43je vais utiliser ma communication comme outil de soin et également comme outil d'alliance thérapeutique.
- 21:49Alors,
- 21:49j'irai encore plus loin.
- 21:52J'ai envie de dire que si on ne l'appliquait pas,
- 21:55on pouvait être nocif.
- 21:56Tout à fait.
- 21:57On connaît cet effet,
- 21:59l'effet nocebo.
- 22:00Il est connu depuis des années,
- 22:02des décennies.
- 22:04Le problème,
- 22:04c'est qu'actuellement,
- 22:05les gens ne se rendent pas compte que la façon dont ils parlent a réellement un effet nocebo.
- 22:11Mais on sait que notre communication n'est pas juste placebo.
- 22:14Notre communication,
- 22:15si elle est appliquée avec cette intention et avec ces outils précis de la communication thérapeutique,
- 22:21elle a réellement un effet sur la perception de la douleur,
- 22:23de la même manière que l'hypnose.
- 22:25Donc,
- 22:25ce que je comprends,
- 22:26c'est que si on continue comme ça,
- 22:28on fait mal.
- 22:28On fait plus mal.
- 22:29On fait mal.
- 22:30C'est même pas qu'on fait.
- 22:31Mal,
- 22:31parce qu'il y a vraiment la partie neutre aussi.
- 22:33Une communication qui est neutre,
- 22:34c'est une communication qui va être descriptive.
- 22:37Elle va simplement dire au moment où on met,
- 22:39par exemple,
- 22:40on fait une prise de sang,
- 22:41ou on met un cathéter dans une veine,
- 22:44simplement,
- 22:44je désinfecte votre peau,
- 22:46j'y vais.
- 22:46Au moment où on va mettre le cathéter dans la veine,
- 22:49ça,
- 22:49on va dire que c'est une communication qui est neutre.
- 22:51Ça ne fait ni bien ni mal.
- 22:53Ça fait simplement la sensation,
- 22:55on va dire,
- 22:55de base de douleur.
- 22:57Mais si on utilise les outils de communication thérapeutique,
- 23:00réellement,
- 23:01on fait moins mal.
- 23:02Si,
- 23:03par contre,
- 23:03on utilise le « attention,
- 23:041,
- 23:042,
- 23:043,
- 23:05je pique » ,
- 23:05réellement,
- 23:06on fait plus mal aux malades.
- 23:08Est-ce qu'on peut parler de maltraitance ?
- 23:10Je pense qu'actuellement...
- 23:11Je suis sévère,
- 23:12là.
- 23:12J'entends,
- 23:13mais je suis d'accord avec toi,
- 23:14dans le sens où,
- 23:15actuellement,
- 23:16on ne peut plus fermer les yeux sur ces études-là.
- 23:18Elles existent,
- 23:19c'est prouvé.
- 23:20Donc,
- 23:20si on veut faire de la médecine
- 23:232.0 up-to-date,
- 23:25en fait,
- 23:25en faisant ça,
- 23:26oui,
- 23:26c'est quelqu'un qui veut faire mal,
- 23:28dans un sens.
- 23:29Alors,
- 23:29l'intention n'est pas là.
- 23:31L'intention,
- 23:31on sait,
- 23:32c'est souvent des gens qui ont appris il y a très longtemps.
- 23:34Il faut savoir que dans toutes les écoles d'infirmières,
- 23:36on disait il faut absolument prévenir le malade.
- 23:38Il faut dire attention,
- 23:39je pique.
- 23:40Donc,
- 23:40on ne peut pas en vouloir à des gens qui ont travaillé comme ça depuis 20 ans et qui sont persuadés de faire avec toutes leurs bonnes intentions et leur bonne volonté.
- 23:49Ils veulent faire du bien.
- 23:50Malheureusement,
- 23:51il faut désapprendre pour pouvoir changer sa manière de faire et réellement apporter du vrai soin.
- 23:57En tout cas,
- 23:58moi,
- 23:58j'estime être du vrai soin,
- 23:59c'est-à-dire du soin.
- 24:00qui est de toute façon parfois iatrogénement douloureux,
- 24:04mais qu'on peut faire avec un petit plus,
- 24:06qui est le fait que ce soit moins douloureux.
- 24:08Donc tu comprends que ça devient une urgence tout ça ?
- 24:12Oui !
- 24:12C'est un vrai changement de paradigme !
- 24:14C'est un changement de paradigme,
- 24:15oui,
- 24:15mais qui est en cours.
- 24:16Il faut savoir qu'actuellement,
- 24:17dans toutes les études qui sont faites ici,
- 24:20en tout cas en Belgique,
- 24:20au niveau infirmier et au niveau médical,
- 24:23les nouveaux étudiants,
- 24:24les futurs médecins,
- 24:25les futurs infirmiers,
- 24:26infirmières,
- 24:27ils ont tous...
- 24:28un cours de communication thérapeutique.
- 24:29Et ça,
- 24:30c'est magnifique.
- 24:31Par contre,
- 24:32ce que moi,
- 24:32je reçois maintenant,
- 24:33parfois quand je fais des interventions à l'Université de Namur ou dans d'autres universités,
- 24:37où en fait,
- 24:37ils viennent me dire,
- 24:38en fait,
- 24:39Laure,
- 24:39moi,
- 24:39ce qui se passe,
- 24:40c'est que quand je suis après en stage,
- 24:42j'ai bien compris tout ce que tu nous as raconté,
- 24:44mais en stage,
- 24:44moi,
- 24:45ce que je vois,
- 24:46c'est qu'on fait,
- 24:46attention,
- 24:47je pique.
- 24:47Qu'est-ce que je fais,
- 24:48moi,
- 24:48dans ce cas-là ?
- 24:48Oui,
- 24:49comment on fait ?
- 24:49Comment est-ce qu'ils font ?
- 24:50Surtout qu'on sait que nos neurones miroirs fonctionne de manière plus importante que de la théorie qu'on va donner ex cathédra.
- 24:56Mais souvent,
- 24:57moi,
- 24:57je leur dis,
- 24:57mais il faut faire l'éponge dans un sens.
- 24:58Peut-être observer ce qui se passe.
- 25:00Voyez ce qui se passe quand votre collègue,
- 25:02elle fait,
- 25:02attention,
- 25:02je pique.
- 25:03Et puis,
- 25:03voyez ce qui se passe quand vous,
- 25:04vous faites différemment.
- 25:06Et puis,
- 25:06vous trouverez votre chemin à travers tout ça.
- 25:08Mais actuellement,
- 25:09on ne peut plus fermer les yeux.
- 25:10On sait que quand on dit,
- 25:11attention,
- 25:12un,
- 25:12deux,
- 25:12trois,
- 25:12je pique,
- 25:13on fait plus mal aux jambes.
- 25:15Ça me laisse réfléchir.
- 25:17Je respire.
- 25:20Oui.
- 25:21Et si on passait maintenant à concrètement ?
- 25:25Comment tu présentes la communication thérapeutique ?
- 25:28Imaginons que tu veux transmettre la communication,
- 25:31quelles sont ses bases ?
- 25:33Et puis surtout,
- 25:35comment ça marche,
- 25:36un patient qu'on reçoit,
- 25:39qui arrive d'antan au service d'urgence,
- 25:41qu'est-ce qui se passe dans sa tête,
- 25:43dans quel état il est,
- 25:44comment je dois le recevoir,
- 25:46qu'est-ce que je dois comprendre de son état quand il vient jusqu'au service d'urgence ?
- 25:51Alors,
- 25:51je ne suis même pas sûre que ce soit qu'au service d'urgence,
- 25:54parce que je pense que la santé,
- 25:56pour des gens qui ne sont pas dans le milieu,
- 25:59quel que soit leur rendez-vous,
- 26:01il y a
- 26:02un stress qui est là.
- 26:04D'autant plus quand ils ont beaucoup de questions,
- 26:06quand ils sont dans une errance diagnostique,
- 26:09quand ils sont vraiment dans la question.
- 26:12Il faut savoir que nous,
- 26:13homo sapiens,
- 26:13sommes des êtres sensoriels.
- 26:14Nous avons notre capacité d'être en conscience dans l'état actuel.
- 26:19C'est grâce à nos cinq sens,
- 26:20visuel,
- 26:21auditif,
- 26:21kinesthésique,
- 26:22auditif et gustatif.
- 26:24On est vraiment dans cette conscience d'être là,
- 26:28ici et maintenant.
- 26:29Grâce à ce centre qu'on appelle le réseau de la science,
- 26:31c'est celui qui va être en fait le centre de tri et qui va trier les informations sensorielles qu'on reçoit,
- 26:37du côté visuel,
- 26:38auditif et kinesthésique principalement.
- 26:40Ces informations ensuite sont relayées au niveau du cortex préfrontal et c'est ce cortex préfrontal qui fait l'analyse en fait de toutes ces informations sensorielles et qui va nous permettre d'adopter un comportement adéquat selon l'environnement.
- 26:54Alors des études de l'université du Yale nous ont montré qu'en fait,
- 26:57à chaque fois que...
- 26:58quelqu'un est soumis à un stress,
- 27:00et ça c'est important qu'il soit chronique ou aigu,
- 27:02on va parler du stress aigu plus pour les patients,
- 27:05parfois chronique plus pour les soignants,
- 27:07il y a en fait une fracture chimique qui s'opère,
- 27:10avec une dépolarisation cellulaire,
- 27:12vraiment entre ce réseau de la science et ce cortex préfrontal,
- 27:16qui fait que,
- 27:17proportionnellement,
- 27:18quand le cerveau est soumis à un stress,
- 27:20on adopte un comportement qui est moins adéquat selon l'environnement,
- 27:24puisqu'il y a plein de connexions entre ces deux instances.
- 27:28Et ils ont remarqué qu'on adoptait un comportement plus primitif,
- 27:31type un peu animal.
- 27:32Et donc,
- 27:33l'agressivité qui peut émaner de certaines relations dans des services d'urgence ou quand on est en consultation,
- 27:40ça peut être dû à cette dissonance qui existe au moment que le cerveau est soumis à un stress.
- 27:48Cet état,
- 27:49quand on est fort stressé,
- 27:50c'est aussi un état qu'en tout cas en hypnose,
- 27:53on appelle cet état de...
- 27:55de trans-spontané,
- 27:56ou on dira plutôt l'état modulé ou modifié de la conscience.
- 27:59C'est un peu comme quand on est dans la lune,
- 28:02c'est le corps est là,
- 28:03mais l'esprit est un peu ailleurs.
- 28:05Et cet état modulé de la conscience,
- 28:06il est favorisé par l'attente,
- 28:08la peur,
- 28:09la douleur,
- 28:10trop d'informations.
- 28:11C'est exactement ce qui se passe pour nos patients.
- 28:13C'est exactement la même chose qui se passe aussi pour nous.
- 28:15Par exemple,
- 28:16en tant qu'urgentiste,
- 28:17quand on est sur un plan catastrophe,
- 28:19et en fait,
- 28:20on a cette sidération cérébrale,
- 28:22ce moment où le cerveau...
- 28:24On est pas vraiment là,
- 28:27on a trop d'adrénaline dans notre cerveau,
- 28:28trop de stress d'un coup et on n'a plus nos capacités cérébrales.
- 28:32Il faut s'imaginer qu'en fait le patient,
- 28:34quand il est aux urgences,
- 28:35il est dans cet état-là,
- 28:37dans le même état que nous quand on est dans un plan catastrophe.
- 28:40C'est-à-dire qu'il y a une sorte de sidération cérébrale et puis au fur et à mesure,
- 28:43on va récupérer nos capacités cognitives.
- 28:46L'avantage chez nous,
- 28:46c'est qu'on peut s'entraîner avec des exercices,
- 28:50avec de la théorie,
- 28:51avec des simulations.
- 28:52qui font que certains réflexes vont arriver plus facilement.
- 28:55Par exemple,
- 28:56quand on est sur une réanimation.
- 28:57Lorsqu'on est sur une réanimation,
- 28:59si on réfléchit au moment,
- 29:01alors c'est des choses qu'il faut qu'elles arrivent vraiment de manière un peu spinale.
- 29:07C'est des réflexes.
- 29:08Eh bien,
- 29:08en fait,
- 29:09c'est un peu ce qui se passe aussi pour nos patients.
- 29:11Quand ils sont là avec toute leur valise de questions de peur,
- 29:14ils sont sidérés au niveau cérébral et ils sont dans cet état où leur corps est là,
- 29:20mais leur regard est vide.
- 29:21Ils n'ont pas d'expression faciale.
- 29:23Ils sont un peu ailleurs.
- 29:25Réellement,
- 29:25en fait,
- 29:26leur cerveau est ailleurs.
- 29:27Donc,
- 29:28la première chose qu'on peut faire pour,
- 29:30en tout cas,
- 29:31aider à notre communication,
- 29:32c'est de les ramener ici et maintenant,
- 29:35s'ils ne sont pas là.
- 29:36communiquer avec eux n'aura pas le même effet.
- 29:39Ça ne sert à rien,
- 29:40mais en tout cas,
- 29:41c'est sûr qu'il n'aura pas l'effet escompté de la part du soignant si on ne remarque pas que ce patient est ailleurs.
- 29:47C'est parfait.
- 29:48J'ai très bien compris comment ça se passait,
- 29:50la sidération.
- 29:51Maintenant,
- 29:52le patient qu'on a reçu et qu'on a reconnu dans cet état-là,
- 29:56il faut qu'on apprenne à reconnaître cet exercice-là et d'aller le chercher là où il est.
- 30:04en fonction de son symptôme et de son état.
- 30:08Et après,
- 30:10qu'est-ce que je fais ?
- 30:12Quelles sont les choses à déployer pour pouvoir l'accompagner le long du soin ?
- 30:17Est-ce qu'il y a des mots ?
- 30:18Est-ce qu'il y a des silences ?
- 30:20Est-ce qu'il y a une posture ?
- 30:23Quel est le type de communication que je dois adopter ?
- 30:26On sait que pour communiquer,
- 30:28à partir du moment où deux êtres sont dans une pièce,
- 30:30ils communiquent,
- 30:31que ce soit avec des mots ou sans mots.
- 30:33Pourquoi ?
- 30:33Parce que les trois codes de la communication,
- 30:35c'est le verbal,
- 30:36le non-verbal et le paraverbal.
- 30:39Je pense que tu en as déjà parlé dans d'autres podcasts.
- 30:41Le verbal,
- 30:41c'est tout ce qui est linguistique,
- 30:43le choix des mots.
- 30:44Le non-verbal,
- 30:44c'est notre posture,
- 30:45notre manière d'être.
- 30:47Et puis le paraverbal,
- 30:48c'est le rythme,
- 30:48le timbre de notre voix.
- 30:50Alors en fait,
- 30:50il faut travailler sur les trois,
- 30:53on va dire les trois codes de la communication pour pouvoir vraiment atteindre notre but.
- 30:58Par rapport à ta question,
- 31:00c'est sûr qu'à partir du moment où on voit que le patient est dans cet état de sidération,
- 31:04ou en tout cas que son esprit n'est pas tout à fait là et que son corps est bien là,
- 31:08la première chose à faire,
- 31:09c'est de le ramener ici et maintenant.
- 31:10Et comment est-ce qu'on peut faire ?
- 31:11C'est simplement lui redonner des repères au niveau visuel,
- 31:15au niveau auditif,
- 31:16au niveau kinesthésique.
- 31:18En posant simplement les questions,
- 31:19en voyant est-ce que vous êtes bien installé ?
- 31:21Là,
- 31:21on est sur le côté kinesthésique.
- 31:23Ça va,
- 31:24vous savez,
- 31:24vous êtes ici aux urgences,
- 31:25parce que parfois,
- 31:26il faut vraiment le rappeler.
- 31:28où est-ce qu'on est,
- 31:29pour qu'ils puissent se rassurer.
- 31:31À partir du moment où ils vont se rassurer,
- 31:33ils vont diminuer leur catécholamine endogène et donc récupérer des capacités cognitives.
- 31:39Parce que réellement,
- 31:39il y a une perte de capacités cognitives.
- 31:41Tandis que quand on leur redonne des repères,
- 31:44on rassure.
- 31:45Et donc,
- 31:45oui,
- 31:46on va leur donner des capacités cognitives.
- 31:48Mais clairement,
- 31:49cette réassurance,
- 31:50elle passe aussi par la manière dont on est,
- 31:53tout simplement.
- 31:54Et il est évident que la première impression,
- 31:57Elle est toujours la bonne,
- 31:58surtout si elle est mauvaise.
- 32:00Tu veux dire de ce qu'on présente ?
- 32:02Exactement.
- 32:03Le premier,
- 32:05vraiment,
- 32:05la première impression qu'on se fait de quelqu'un.
- 32:07L'effet de halo ?
- 32:08Souvent,
- 32:09c'est la meilleure impression qu'on va garder.
- 32:11Et si,
- 32:12par exemple,
- 32:13le tout début,
- 32:14on parle de l'accueil aux urgences,
- 32:16le secrétariat,
- 32:16ça ne se passe pas bien.
- 32:18Nous,
- 32:18en tant que soignants,
- 32:19derrière,
- 32:19on doit sortir les rames.
- 32:21On doit sortir les rames pour récupérer quelque chose qui s'est mal passé au début.
- 32:25C'est pour ça que la communication thérapeutique,
- 32:27c'est très bien pour les soignants,
- 32:28mais c'est surtout très important que toute la chaîne de soins du secrétariat,
- 32:34technicien de surface,
- 32:35brancardier,
- 32:36infirmier,
- 32:37médecin,
- 32:38aide-soignant,
- 32:39que toute la chaîne de soins ait conscience qu'à travers leur manière d'être,
- 32:44leur manière de parler,
- 32:46leur manière de faire leur travail,
- 32:48ils peuvent améliorer les choses pour que le vécu du soignant,
- 32:51du soigné,
- 32:52soit excellent.
- 32:53Mais pour le soignant aussi.
- 32:55Alors,
- 32:57j'ai envie en même temps de citer des cas concrets et de suivre Simon,
- 33:02parce que le personnage de ton livre s'appelle Simon.
- 33:06C'est un garçon à qui il va arriver des choses qui peuvent arriver à beaucoup de gens,
- 33:11c'est-à-dire se retrouver un jour avec une douleur abdominale et partir voir son médecin généraliste qui lui prescrit des examens et qui lui conseille d'aller au service des urgences.
- 33:24pour avoir une exploration plus poussée.
- 33:28Est-ce que tu veux qu'on regarde un peu ton livre,
- 33:30que tu puisses nous parler d'ailleurs du livre ?
- 33:33Moi,
- 33:33il m'intéresse énormément.
- 33:36Vous avez fait un super travail avec Pauline.
- 33:40Il s'agit d'une illustration qui est gaie,
- 33:43rigolote,
- 33:45et puis surtout que vous avez choisi de faire sous deux formes,
- 33:51une forme sans couleur.
- 33:53qui représente celle où l'habitude a changé,
- 33:57celle qu'on ne devrait plus avoir,
- 33:59ou qui met en conscience ce qui est actuellement le cas et notre façon de parler,
- 34:05et qui peut être nocive pour le patient.
- 34:09Et après,
- 34:10vous refaites la même scène avec ce qu'il est souhaitable de...
- 34:15d'avoir comme comportement,
- 34:16comme mot.
- 34:17Alors,
- 34:17tu expliques aussi que ce n'est pas forcément les mots,
- 34:20au fait.
- 34:20Des fois,
- 34:21à la limite,
- 34:22il faut choisir le moins de mots possible.
- 34:25Moins on choisit de mots,
- 34:26c'est surtout la posture et le non-verbal qui priment avec des mots plutôt moindres,
- 34:34mais choisis.
- 34:35Oui,
- 34:35exactement.
- 34:35C'est vraiment cette histoire de choisir les mots et d'utiliser vraiment cette formulation positive.
- 34:43parce que malheureusement dans notre...
- 34:45la majorité des gens ont mal appris à parler depuis la petite enfance,
- 34:48on leur dit de ne pas faire ci,
- 34:49de ne pas faire ça,
- 34:50et donc avec toute la bonne volonté du monde quand on dit à quelqu'un ne vous inquiétez pas je ne vais pas vous faire mal la seule chose que la personne entend à ce moment là c'est mal,
- 35:00inquiet alors que parfois ils ne sont pas inquiets,
- 35:02parfois ils n'ont pas mal,
- 35:04c'est comme si les soignants parfois avaient besoin d'exprimer et de s'autoriser en fait à faire mal,
- 35:10parce qu'il y a des soins qui font mal,
- 35:12on sait qu'on va faire mal aux gens
- 35:13On sait que quoi qu'il arrive,
- 35:16faire une prise de sang,
- 35:18souturer une plaie,
- 35:19c'est quelque chose qui va stimuler vraiment tous les réseaux de la douleur.
- 35:24Mais c'est vraiment cette envie de...
- 35:27Comme si on demandait un peu l'autorisation.
- 35:31La différence,
- 35:31c'est qu'actuellement,
- 35:32on sait qu'il faut choisir différemment vraiment nos mots et qu'on peut faire en sorte d'être encore meilleur en utilisant la formulation positive,
- 35:41en leur expliquant que...
- 35:42on est tous garants de leur confort,
- 35:44qu'on va tout faire pour que le soin soit le plus confortable quand on va répondre à leurs questions,
- 35:48parce que certains patients ont quand même pas mal de questions.
- 35:50Et est-ce que ça va faire mal ?
- 35:52Alors,
- 35:53la majorité du temps,
- 35:55il ne faut surtout pas éluder la question.
- 35:57Je pense qu'il faut vraiment répondre et peut-être même les questionner en leur demandant « Mais quelle est votre inquiétude ? »
- 36:02Et comme ça,
- 36:02on va pouvoir un peu les rassurer,
- 36:05mais surtout leur dire que nous,
- 36:06on est là pour faire en sorte que tous les gestes qu'on va faire,
- 36:09ce sera le plus confortable possible.
- 36:12Oui,
- 36:13c'est un réapprentissage.
- 36:14Oui,
- 36:15tout à fait.
- 36:16D'ailleurs,
- 36:16ça me fait penser que l'hypnose modifiait complètement l'attitude des soignants.
- 36:24Les gens qui sont formés à l'hypnose,
- 36:25au final,
- 36:26adoptent une philosophie qui est particulière,
- 36:29qui les impacte tant sur leur façon de prodiguer le soin,
- 36:33mais aussi dans leur façon d'être,
- 36:35au final.
- 36:36Je ne sais pas,
- 36:37toi,
- 36:37avec ta formation,
- 36:39j'imagine que tu as vu le changement.
- 36:41tout le long de ces années,
- 36:42parce que ça fait quand même plusieurs années que tu pratiques l'hypnose,
- 36:45tu l'as ressenti sur toi en tant que soignante ?
- 36:48Oui,
- 36:49mais j'avoue que comme je l'ai très rapidement intégré,
- 36:52puisque moi j'ai été formée durant ma spécialisation,
- 36:56j'ai d'emblée commencé ma pratique avec ça en plus.
- 36:59Mais je le remarque surtout en comparaison avec d'autres qui n'ont pas cette formation et qui n'ont pas cette sensibilité.
- 37:05Mais oui,
- 37:06ça j'en suis persuadée,
- 37:08tout soignant qui se forme à l'hypnose,
- 37:11transforme complètement sa façon d'être.
- 37:13D'accord.
- 37:14Ça veut dire que tu penses que ça doit vraiment faire partie intégrante de la formation pour qu'on n'ait pas le temps de fabriquer des automatismes et que les apprentissages se fassent d'emblée sur la bonne façon de faire.
- 37:31Oui,
- 37:31alors c'est certain que ce serait la magie et ce serait le rêve.
- 37:35Je ne pense pas que tout le monde doit être formé à l'hypnose parce que...
- 37:39une formation complète en hypnose,
- 37:40c'est une formation au minimum d'un an avec beaucoup de pratiques,
- 37:44c'est quelque chose qui doit pour moi être vraiment volontaire.
- 37:49Par contre,
- 37:50ne pas faire mal,
- 37:51ne pas nuire,
- 37:52et donc ne pas avoir ces effets nocebo,
- 37:55ça par contre,
- 37:55ça doit être enseigné dès les premières années,
- 37:57à partir du moment où on sait qu'au final,
- 38:00notre travail c'est 90%
- 38:01de communication et que dans les cursus universitaires avant,
- 38:05nous n'avions aucun cours de communication.
- 38:07Maintenant,
- 38:08dès les premières années de baccalauréat,
- 38:10ils ont des cours de communication.
- 38:12Donc,
- 38:12les choses vont changer,
- 38:13je pense.
- 38:13D'accord.
- 38:14Mais quand on dit l'hypnose,
- 38:15on n'est pas obligé d'avoir tous les protocoles d'hypnose.
- 38:17Mais on peut quand même avoir une initiation à l'hypnose,
- 38:21en comprendre le sens.
- 38:22Parce que la base de l'hypnose,
- 38:25c'est quand même une énorme réceptivité et une disponibilité,
- 38:29une disposition pour accueillir et reconnaître l'état du patient.
- 38:33Donc,
- 38:33ça,
- 38:34c'est la base de l'hypnose.
- 38:35Et puis après,
- 38:36je pense que la communication thérapeutique a vraiment sa place.
- 38:40Dès le début des études médicales,
- 38:43on devrait apprendre à faire ça dès le départ.
- 38:46Oui,
- 38:47pour moi,
- 38:47c'est le minimum que tout le monde devrait avoir.
- 38:50On le souhaite.
- 38:51On le souhaite.
- 38:52Alors,
- 38:52on retourne voir Simon.
- 38:54Ah,
- 38:54tu veux voir Simon ?
- 38:56Allez,
- 38:56on va voir Simon.
- 38:57Disons que Simon,
- 38:58il est arrivé dans ton service d'urgence,
- 39:00ou je dis ton service,
- 39:02mais...
- 39:03n'importe quel service d'urgence,
- 39:05qu'il est là,
- 39:06qu'il a été accueilli et qu'il arrive,
- 39:11avant le diagnostic,
- 39:13à devoir faire un scanner pour vérifier ce qu'il a et pour poser le diagnostic.
- 39:19Et donc,
- 39:20on a choisi le scanner parce que,
- 39:23à mon sens,
- 39:24c'est l'endroit…
- 39:26qui fait le plus peur parce que autant on peut passer par le service des urgences une fois dans sa vie,
- 39:32le scanner,
- 39:33on ne voit ça qu'une fois ou deux.
- 39:36C'est un endroit inconnu qui peut peut-être effrayer.
- 39:40Oui,
- 39:41et là,
- 39:42tu parles d'un moment où le patient aurait été bien,
- 39:45on va dire,
- 39:46informé sur le fait que,
- 39:47oui,
- 39:48il doit aller au scanner,
- 39:49mais il y a aussi des fois où les patients se retrouvent devant la porte du scanner.
- 39:52Ah,
- 39:53dans leur brancard !
- 39:54Et ils ne savent même pas pourquoi ils sont là.
- 39:57Alors ici,
- 39:57c'est vrai que dans le livre,
- 39:58on voit Simon qui va arriver par le couloir,
- 40:02où il y a beaucoup d'activités dans les urgences,
- 40:03jusqu'au scanner,
- 40:05et il dit vraiment,
- 40:06je ne sais même pas de quoi est-ce qu'on va me faire un scanner.
- 40:10Il n'a pas reçu l'information.
- 40:11C'est des choses qui arrivent encore régulièrement.
- 40:13Il est tout allongé,
- 40:14presque à poil sur un brancard.
- 40:16Il n'y a même pas de drap qui le couvre.
- 40:19La position allongée,
- 40:20elle est effrayante.
- 40:21Moi,
- 40:21je trouve que quand on est allongé comme ça,
- 40:24sans avoir la tête un peu relevée,
- 40:28c'est angoissant.
- 40:30C'est une posture de vulnérabilité extrême.
- 40:33On est réduit,
- 40:34on est chosifié presque,
- 40:35quand on est comme ça en position allongée,
- 40:37devant une porte qui ne ressemble pas à une porte
- 40:39porte où on a envie d'entrer ?
- 40:41Là,
- 40:41c'est sûr qu'il y a toujours un signe.
- 40:43C'est écrit danger
- 40:43C'est écrit danger
- 40:44il y a toujours un signe qui ne nous donne pas du tout envie de rentrer.
- 40:48Et même nous,
- 40:49parfois,
- 40:49quand on doit aller au scanner,
- 40:50on se demande si c'est une porte qu'on peut franchir ou pas.
- 40:53Donc,
- 40:53c'est vrai que quand le patient attend devant cette porte,
- 40:55ça a quelque chose d'extrêmement anxiogène.
- 40:57Alors,
- 40:57la page d'après,
- 40:58ce qui est pour moi le plus choquant,
- 41:00c'est qu'on voit un technicien radio qui va demander à Simon de se déplacer.
- 41:04Il ne va pas se présenter.
- 41:05Il ne sait pas qui s'adresse à lui.
- 41:07et ça c'est quelque chose de...
- 41:09vraiment dramatique dans nos services et qui est vraiment une faute puisque dans la loi du droit du patient,
- 41:16il a le droit de savoir qui s'occupe de lui.
- 41:19Se présenter,
- 41:19parce que on est tous déguisés,
- 41:22vous savez que dans les hôpitaux,
- 41:23on est en pyjama toute la journée.
- 41:25On a tous,
- 41:26en tout cas,
- 41:26on est en pyjama toute la journée.
- 41:30Et on a des couleurs parfois différentes,
- 41:33parfois pas.
- 41:33Chez nous,
- 41:33par exemple,
- 41:34à Nivelles,
- 41:34on a tous la même couleur,
- 41:36qu'on soit infirmier,
- 41:36médecin,
- 41:37technicien.
- 41:38On a tous la même couleur.
- 41:40Et donc,
- 41:41les patients,
- 41:41si on ne se présente pas,
- 41:43ils ne savent pas à qui ils ont affaire.
- 41:45Donc là,
- 41:45on voit qu'il va être mis sur la table du scan.
- 41:48Alors évidemment,
- 41:49ici,
- 41:49elle est représentée de manière encore plus...
- 41:51C'est pour faire un peu la satire,
- 41:52mais on voit vraiment ce cône qui nous amène,
- 41:56on ne sait pas vers où,
- 41:57en tout cas,
- 41:57peut-être pas vers la lumière,
- 41:59avec cette table qui est nue,
- 42:01on va dire,
- 42:02de tout.
- 42:02C'est froid.
- 42:03Voilà,
- 42:04froid.
- 42:04Il est froid quand je regarde l'image.
- 42:06Et puis,
- 42:07voilà,
- 42:09le technicien qui dit je vais devoir vous repiquer parce que le cathéter s'est bouché.
- 42:12Déjà,
- 42:13pour quelqu'un qui ne sait pas déjà ce que c'est un cathéter,
- 42:17c'est une aiguille,
- 42:18on va dire.
- 42:19C'est un tuyau en plastique qui est dans la veine et qui peut,
- 42:23oui,
- 42:23en fait,
- 42:23se boucher et qui pourrait se boucher de manière tout à fait normale.
- 42:27Mais là,
- 42:27on lui expliquerait,
- 42:28on lui dit juste que c'est bouché et qu'on doit le repiquer.
- 42:30et puis au moment où on va,
- 42:31parce qu'il doit injecter un produit de contraste et il dit attention ça va chauffer très fort dans le bras surtout
- 42:36tout ne bougez pas.
- 42:37Alors qu'on sait qu'avec la communication,
- 42:40quand on est stressé,
- 42:41dès qu'on emploie un mot,
- 42:43on n'entend que le sens du mot et pas la négation.
- 42:46C'est-à-dire,
- 42:46ça va chauffer.
- 42:47Lui,
- 42:47il imagine que son bras,
- 42:48on voit Simon qui imagine son bras en feu.
- 42:51Quand il entend le mot bouger,
- 42:52il s'imagine avec une chanson de Magie Système,
- 42:55bouger,
- 42:55bouger.
- 42:56En train de bouger.
- 42:58Et juste évidemment,
- 42:59à ce moment-là,
- 42:59le cerveau est comme ça.
- 43:00À partir du moment où on lui donne un mot,
- 43:02souvent il va y avoir une action.
- 43:03Et là,
- 43:03il dit,
- 43:03mais je vous ai demandé de ne pas bouger.
- 43:06Et puis on voit Simon qui passe vraiment dans le scanner avec cet état de résignation qui parfois vous pouvez observer peut-être chez certains patients,
- 43:15qui est vraiment très difficile,
- 43:17je trouve,
- 43:18à voir.
- 43:19On voit qu'ils sont résignés à se dire tant pis.
- 43:21Ils sont dans un silence ?
- 43:23Oui.
- 43:23Ils sont complètement…
- 43:24Ils s'abandonnent.
- 43:25Ils s'abandonnent.
- 43:27Et c'est ça qui est dingue,
- 43:28c'est qu'ils sont obligés en fait de nous faire confiance.
- 43:32Et c'est à nous,
- 43:33en tant que professionnels de la santé,
- 43:35d'être responsable de cette relation et de cette attitude qu'on va pouvoir avoir pour que le patient ne se sente le moins possible dans cet état de vulnérabilité.
- 43:44Donc,
- 43:45se présenter,
- 43:47s'asseoir devant les patients,
- 43:49toquer à la porte,
- 43:52se mettre au niveau de la voix,
- 43:54la posture,
- 43:55choisir les mots,
- 43:57prendre le temps et de la présence.
- 43:59Oui,
- 44:00et on ne perd pas de temps.
- 44:01Ça va aussi,
- 44:02ça a été prouvé scientifiquement.
- 44:04Le fait de s'asseoir lors d'une anamnèse,
- 44:07par exemple,
- 44:08permet de recueillir beaucoup plus d'informations que si on ne s'assied pas.
- 44:13Donc au final,
- 44:13on reste moins longtemps,
- 44:15on gagne du temps,
- 44:16mais on augmente de manière significative vraiment la sensation d'écoute.
- 44:20et le ressenti du malade.
- 44:22Laure,
- 44:22le temps passe très vite et j'ai envie qu'on évoque ton travail et ce que tu fais actuellement.
- 44:28Donc,
- 44:28tu es dans la formation des équipes.
- 44:31Tu travailles sur tellement de sujets.
- 44:33Je voudrais qu'on évoque rapidement les ateliers pour transmettre la communication thérapeutique.
- 44:41Je voudrais que tu me parles de ce que tu viens de mettre en place dans ton hôpital pour...
- 44:48utiliser toutes les erreurs et les incidents.
- 44:53Vas-y,
- 44:55je te laisse la parole.
- 44:58Alors,
- 44:59par rapport à la transmission,
- 45:03ce qu'on a créé avec Pauline Antoine,
- 45:04à la base du livre,
- 45:06ce sont des affiches.
- 45:07Des affiches pour inviter les soignants à se remettre en question par rapport à leur pratique.
- 45:12Ça,
- 45:13c'est la première chose.
- 45:14Et clairement,
- 45:14quand je fais des ateliers,
- 45:16on sait que quand on fait une formation,
- 45:18souvent on sort d'une formation,
- 45:19on est super motivé,
- 45:20on a vraiment une envie d'appliquer tout ce qu'on doit faire.
- 45:23Sauf que ça dure un certain temps.
- 45:25Ça dure de manière,
- 45:26on va dire,
- 45:27le temps de notre volonté.
- 45:29L'intérêt des affiches,
- 45:29c'est que comme elles sont changées régulièrement,
- 45:32ça permet vraiment de faire un petit rappel et de faire plutôt par couche successive de petits outils à mettre en place.
- 45:38Et pendant X temps,
- 45:39on va se focaliser sur un outil à mettre en place.
- 45:42puis on va en mettre un autre en plus,
- 45:43puis un autre en plus.
- 45:44Et sur un an,
- 45:45on peut réellement acquérir au moins 20 outils de communication thérapeutique.
- 45:49C'est ça,
- 45:49c'est-à-dire que tu laisses en place un poster,
- 45:51une affiche,
- 45:52pendant deux semaines à peu près,
- 45:54ce qui permet aux gens de le regarder,
- 45:56éventuellement d'interagir.
- 45:58Ça permet un sujet de discussion entre les équipes et de pouvoir aborder des sujets qu'on n'aborde pas habituellement.
- 46:06Et tu laisses infuser chaque outil pendant deux petites semaines et après...
- 46:11tu le changes,
- 46:12tu proposes de le changer pour comme ça,
- 46:14les idées et les sources diffusent et changent.
- 46:17Oui,
- 46:17et alors après,
- 46:18suivant aussi,
- 46:19parce que c'est des affiches qui circulent aussi dans les casernes de pompiers,
- 46:22où là,
- 46:23toutes les affiches que j'ai faites ne sont pas utiles,
- 46:25il y en a certaines,
- 46:26donc il y en a un peu moins,
- 46:27et eux,
- 46:27comme il y a un turnover qui est plus important,
- 46:29c'est tous les mois.
- 46:30L'idée,
- 46:30c'est aussi d'avoir une sorte de soft pédagogie,
- 46:34dans le sens où c'est vraiment quelque chose qui va prendre du temps,
- 46:37et je pense que le temps est nécessaire pour vraiment changer un comportement.
- 46:40On ne peut pas le faire en se disant du jour au lendemain,
- 46:43on va changer.
- 46:43En fait,
- 46:44c'est vraiment une technique japonaise.
- 46:47Comment elle s'appelle ?
- 46:48C'est le Kaizen.
- 46:50Le Kaizen nous permet vraiment de se dire que c'est la technique des petits pas.
- 46:52Petit à petit.
- 46:53Mais vraiment,
- 46:54l'objectif est très,
- 46:55très loin.
- 46:56Et on veut avoir le haut de la montagne.
- 46:58Mais on va y aller petit à petit.
- 46:59Mais on est motivé.
- 47:00Mais on est motivé.
- 47:01Et ça prendra du temps.
- 47:02Et c'est normal.
- 47:03Et c'est même très sain.
- 47:04Et alors,
- 47:05il y a aussi les ateliers avec le théâtre d'un bruit.
- 47:08Et ça,
- 47:08c'est super important.
- 47:09Alors ça,
- 47:10je me suis associée avec une chirurgien dentiste française,
- 47:14Marine Ausha,
- 47:15que j'ai rencontrée lors d'un congrès d'hypnose émergence à Saint-Malo.
- 47:19On a vraiment matché sur le plan ludique.
- 47:22En fait,
- 47:22toutes les deux,
- 47:23on adore le fait de jouer et le fait que là,
- 47:26pour nous,
- 47:27en tout cas,
- 47:27si on veut faire apprendre ou en tout cas donner des nouveaux outils à des gens qui sont sur le terrain,
- 47:32des professionnels de la santé,
- 47:33il faut jouer.
- 47:34C'est à travers le jeu qu'on peut y arriver.
- 47:36Et donc,
- 47:37on a créé un petit jeu,
- 47:38un jeu de cartes.
- 47:40qui se base sur tous les outils de communication thérapeutique et d'hypnose qu'on propose à nos apprenants d'utiliser selon le théâtre d'un pro.
- 47:50Donc,
- 47:51ça vient aussi d'un constat difficile.
- 47:53C'est que moi,
- 47:53je faisais pas mal de séances de simulation lors de mes formations entre soignants.
- 47:58Et donc,
- 47:58c'était avec l'acteur qui était le patient,
- 48:02était un soignant.
- 48:03Et je me suis rendu compte qu'il y avait quand même beaucoup de soignants qui aiment se challenger entre eux.
- 48:08et donc c'était
- 48:09Entre eux.
- 48:09Entre eux.
- 48:09Ça veut dire que malgré tous les outils que l'apprenant allait mettre en place,
- 48:15le patient n'allait pas changer d'attitude.
- 48:18Et donc,
- 48:19l'objectif pédagogique était un peu loupé,
- 48:21dans le sens où c'était trop.
- 48:23On a l'impression que les soignants voulaient montrer le patient le plus difficile à prendre en charge.
- 48:29Une des règles de l'improvisation théâtrale,
- 48:31c'est de faire briller l'autre.
- 48:33Et rien qu'en donnant cet outil-là,
- 48:35juste le fait que lorsque l'on fait une simulation,
- 48:38on va faire briller son collègue,
- 48:41comme dans l'improvisation théâtrale,
- 48:43eh bien,
- 48:43ça change toute la dynamique de la simulation.
- 48:46Et donc,
- 48:47c'est là-dessus qu'on s'est basé avec Marine,
- 48:49sur une des définitions de l'improvisation théâtrale,
- 48:52où en fait,
- 48:52on sait,
- 48:53par exemple,
- 48:53Jamel Debbouze en parle magnifiquement bien dans une de ses interviews YouTube,
- 48:57où il explique que pour lui,
- 48:58l'improvisation théâtrale,
- 48:59ça lui a appris l'écoute active.
- 49:02Or,
- 49:02c'est de ça qu'on parle dans notre pratique médicale au quotidien.
- 49:06à cette cité.
- 49:06d'écoute active et lui il dit que c'est l'improvisation théâtrale qui lui a donné cet outil d'écoute active et donc on s'est dit que matcher en fait la communication thérapeutique l'hypnose et l'improvisation théâtrale avaient réellement du sens pour donner confiance aussi aux
- 49:23soignants de pratiquer l'hypnose ou la communication thérapeutique Quelle magnifique idée,
- 49:27je trouve ça incroyable
- 49:29Toi tu t'y connais non ?
- 49:32Je fais un peu d'improvisation théâtrale et dans le but
- 49:35pareil de
- 49:37de l'écoute active.
- 49:38Je trouve ça formidable.
- 49:39Je trouve que c'est un outil extrêmement intéressant pour ça.
- 49:43Donc,
- 49:43le fait d'avoir matché les deux,
- 49:45ça me convient parfaitement.
- 49:47Et puis surtout,
- 49:47le jeu de cartes,
- 49:48c'est encore le summum.
- 49:49J'adore les jeux de cartes.
- 49:50Et je t'ai dit,
- 49:51pour transmettre la communication thérapeutique au sein de mon établissement,
- 49:54j'ai utilisé un petit jeu de cartes que j'ai imprimé moi-même.
- 49:57Donc,
- 49:58tu vois,
- 49:59en fait,
- 49:59ça marche très bien.
- 50:00C'est beaucoup mieux dans l'interaction que les slides et les présentations.
- 50:04Voilà,
- 50:05donc ça,
- 50:06c'est magnifique.
- 50:08Est-ce que tu peux me dire juste un mot de ton organisation,
- 50:13de l'exploitation des effets indésirables dans ton établissement ?
- 50:17On est trois.
- 50:20Je me suis associée avec un intensiviste et un infirmier de mon service.
- 50:25On a créé une cellule qu'on appelle la cellule revue morbid mortalité et débriefing clinique.
- 50:33Surtout pour prendre soin des soignants,
- 50:35mais pour surtout améliorer nos processus.
- 50:37C'est suite à une formation en débriefing clinique,
- 50:40ça j'ai fait avec
- 50:41Cécile Tenet,
- 50:42et également avec la lecture du livre de Guillaume Tirsio,
- 50:45et les cours en tout cas qui s'associent avec tous les podcasts sur les facteurs humains en santé,
- 50:50etc.
- 50:51Je rappelle mes épisodes sur Guillaume
- 50:54Tirsio et son livre qui est juste une référence.
- 50:58Oui,
- 50:58tout à fait.
- 50:59On a créé cette cellule qui,
- 51:02à la base,
- 51:03on voulait simplement balayer devant notre porte à nous,
- 51:05c'est-à-dire traiter des prises en charge qui ont été compliquées,
- 51:08que ce soit soit sur le plan émotionnel,
- 51:10soit sur le plan vraiment technique,
- 51:12pouvoir les décortiquer,
- 51:13les analyser selon soit une grille,
- 51:16nous on utilise la grille alarme,
- 51:19on a créé vraiment tout un protocole,
- 51:20c'est assez protocolaire comme session.
- 51:24Ça dure une heure,
- 51:25on ne prend dans la salle et autour de la table,
- 51:27il n'y a que les impliqués.
- 51:30On sait que mettre la hiérarchie dans ce genre de réunion,
- 51:33ça entache réellement ce qu'on peut sortir comme interaction durant ce genre de session.
- 51:39Donc,
- 51:40il n'y a pas de hiérarchie,
- 51:40il n'y a pas de chef de service,
- 51:41sauf s'ils sont impliqués.
- 51:43Il n'y a pas de chef infirmier,
- 51:44il n'y a pas la direction médicale.
- 51:45La direction médicale,
- 51:46chez nous,
- 51:46nous décharge de tout rapport.
- 51:48Donc,
- 51:49si on ne veut rien dire de ce qui se passe,
- 51:51on peut aussi.
- 51:52Mais,
- 51:53force est de constater qu'à chaque fois qu'on a pu faire des revues sur l'immortalité ou un debriefing clinique,
- 51:58À la fin,
- 51:59on décide de ce qu'on veut transmettre à la hiérarchie.
- 52:01Et majoritairement,
- 52:02ils disent tous,
- 52:03on veut tout dire.
- 52:04Et on veut même rendre publiques nos erreurs.
- 52:07Donc ça,
- 52:07c'est pour nous une grande victoire que de se rendre compte qu'au fur et à mesure de notre travail,
- 52:12donc d'analyse de cas,
- 52:14de réflexion entre impliquée autour d'erreurs ou en tout cas de processus qui n'ont pas fonctionné ou au contraire de processus qui n'existent pas et qu'il faut complètement créer,
- 52:26on se rend compte que ça...
- 52:27aide réellement le soignant à être plus,
- 52:30on va dire,
- 52:31cohérent dans ce qu'il fait,
- 52:32mais en plus à améliorer chaque processus pour une meilleure santé personnelle et une meilleure sécurité,
- 52:38surtout des malades.
- 52:39C'est très,
- 52:40très inspirant,
- 52:41Laure.
- 52:41Merci beaucoup pour ça.
- 52:43Est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais ajouter par rapport à la communication thérapeutique ?
- 52:47Et pour finir,
- 52:48où on peut te trouver,
- 52:49où on peut te suivre et on peut acheter,
- 52:51commander ton livre et tes posters ?
- 52:54Alors,
- 52:54c'est les éditions Satas qui ont pris en charge aussi l'édition des affiches.
- 53:01Donc,
- 53:01les posters,
- 53:01ils sont vendus,
- 53:02mais uniquement par les éditions Satas.
- 53:04Et sinon,
- 53:05pour le livre,
- 53:05on peut le trouver dans toutes les bonnes librairies.
- 53:07C'est tout à fait accessible.
- 53:08C'est aussi accessible en ligne.
- 53:11Pour le reste,
- 53:12j'ai un site Internet qui s'appelle www.soignetacom.be.
- 53:17On le rajoutera ?
- 53:18On mettra les liens ?
- 53:19On peut le rajouter.
- 53:21mais en tout cas le mode
- 53:22on va dire si c'est un mot de la fin,
- 53:24c'est simplement l'espoir.
- 53:26L'espoir que je pense qu'on est vraiment,
- 53:28comme tu disais,
- 53:29dans la génération du changement.
- 53:31Et je pense que c'est vraiment une urgence,
- 53:34aujourd'hui pour demain,
- 53:35que de prendre soin de notre communication.
- 53:37Qu'est-ce que je suis heureuse de relayer tes propos,
- 53:39Laure.
- 53:39Merci tellement.
- 53:40Merci à toi.
- 53:45Mes chers amis,
- 53:47j'espère que cet épisode vous a au moins éclairé.
- 53:52Sinon...
- 53:52passionnés et peut-être même les deux à la fois.
- 53:56Ensemble,
- 53:58nous pourrions transformer ces mots tension,
- 54:02stress,
- 54:03violence,
- 54:05maltraitance par écoute,
- 54:09présence,
- 54:11douceur,
- 54:12bienveillance et soin.
- 54:15Si vous souhaitez voir les vidéos du docteur
- 54:19Laure Watelet,
- 54:20retrouvez-moi sur l'Instagram du podcast
- 54:24Enquête d'accord.
- 54:26N'oubliez pas de vous abonner et noter l'émission.
- 54:29Je vous dis surtout à très bientôt.