Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Sandrine Massoc: Les mots qui soignent.
Transcript
- 0:01Enquête d'accord,
- 0:03l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:07Les mots qui soignent.
- 0:09Et si on allait faire un tour du côté d'un établissement de soins ?
- 0:13Ici,
- 0:14s'activent,
- 0:15des fois s'agitent,
- 0:17des personnes dont la vocation est de nous soigner,
- 0:20nous supporter quand on défaille ou simplement nous rassurer quand on s'inquiète.
- 0:26Qu'est-ce qui se joue dans ce lieu si spécial entre patients et soignants ?
- 0:30Viens !
- 0:30Écoutez ma conversation avec Sandrine Massoc,
- 0:33infirmière expérimentée,
- 0:35exploratrice invétérée du lien soignant-soigné.
- 0:39Bonne écoute !
- 0:40Hello,
- 0:41hello !
- 0:41Bonjour Sandrine !
- 0:43Bonjour Imane !
- 0:44Comment vas-tu ?
- 0:46Je vais très bien,
- 0:47d'autant plus que je suis avec toi pour réaliser ce podcast et ça me met encore plus en joie.
- 0:52D'accord,
- 0:53merci !
- 0:54Moi aussi je suis hyper heureuse,
- 0:56très très contente de t'accueillir.
- 0:59C'est un moment privilégié parce qu'on est entre soignants,
- 1:03il faut le dire,
- 1:04et que j'ai rarement l'occasion de pouvoir échanger avec une infirmière aussi expérimentée,
- 1:12d'autant plus que tu es formatrice.
- 1:15Et voilà,
- 1:15donc ici tu es là pour pouvoir parler de la communication dans un milieu spécial qui est le milieu du soin.
- 1:23Et c'est un sujet qui me parle,
- 1:25qui te parle,
- 1:26alors explorons-le.
- 1:30Pour démarrer,
- 1:32je te présente,
- 1:33si tu veux bien,
- 1:34et puis tu complètes.
- 1:37Ok ?
- 1:38Merci.
- 1:39Voilà,
- 1:40donc tu es infirmière,
- 1:41diplômée d'État depuis pas mal d'années,
- 1:44une vingtaine d'années d'expérience dans des endroits différents,
- 1:47en psychiatrie,
- 1:48en EHPAD,
- 1:49en oncologie.
- 1:50Tu as exercé également en libéral,
- 1:53tu as été infirmière coordinatrice.
- 1:55Et depuis 2018,
- 1:57tu es aussi formatrice pour professionnels de santé.
- 2:01Tu es fondatrice et gérante d'un centre de formation.
- 2:06Tu fais de la médiation CNV,
- 2:08de la sophro-relaxation,
- 2:10de la prévention des risques psychosociaux.
- 2:13Et voilà,
- 2:14tu es médiatrice en communication non-violente.
- 2:16Est-ce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas dite ?
- 2:19Eh bien,
- 2:19je rajouterais que cette date de 2018 me tient vraiment à cœur.
- 2:24Pourquoi j'ai commencé à animer des formations en 2018 ?
- 2:28Tout simplement parce qu'en 2018,
- 2:30j'ai frôlé le burn-out.
- 2:32J'étais infirmière et ça a été un moment très difficile de ma vie qui m'a permis aussi de me reconvertir.
- 2:40Je n'ai pas tout de suite abandonné mon métier d'infirmière,
- 2:43mais du moins,
- 2:44ça m'a permis d'ouvrir un autre panel,
- 2:46un autre champ et d'explorer ce métier.
- 2:50de formatrice que j'exerce aujourd'hui à temps plein,
- 2:52puisque je ne suis plus infirmière depuis la fin de la crise Covid.
- 2:57Ça veut dire que cette reconversion t'a permis une distance et un nouveau regard par rapport à ton métier ?
- 3:03Oui.
- 3:05C'est ça,
- 3:05tu ne l'as pas complètement lâché et tu as voulu transmettre ce que tu as acquis comme expérience et comme vécu de ton parcours à d'autres personnes,
- 3:14à le partager et à le voir différemment.
- 3:18Oui,
- 3:19d'autant plus que
- 3:21Ce que je transmets lors de mes formations,
- 3:25ce sont des thèmes en lien avec la communication.
- 3:28La communication soignant-soigné.
- 3:31Cette communication me tient vraiment à cœur parce que ça remonte à mon enfance.
- 3:38Je vais un petit peu parler de moi de façon plus personnelle.
- 3:41Mais quand j'étais enfant et même adolescente,
- 3:44dans ma cellule familiale,
- 3:45je n'avais pas droit à la parole.
- 3:48Je ne pouvais pas m'exprimer,
- 3:50c'était assez compliqué.
- 3:53Et à l'âge adulte,
- 3:55je suis arrivée avec une espèce de carence au niveau de la communication.
- 4:00C'est-à-dire que,
- 4:02certes,
- 4:02je savais bien,
- 4:04je sais faire des phrases,
- 4:05etc.
- 4:05Ce n'est pas du tout ça.
- 4:06Mais j'avais du mal à me positionner,
- 4:09à être assertive,
- 4:10à savoir dire non,
- 4:11à exprimer ma colère.
- 4:13Et tout ça,
- 4:14en fait,
- 4:16j'ai voulu...
- 4:17travailler dessus et je l'ai exploré dans mon métier d'infirmière et c'est pour ça que je me suis beaucoup formée à des techniques de communication,
- 4:26la relation d'aide,
- 4:27la communication non violente,
- 4:29voilà des techniques aussi pour mieux mieux parler avec les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et toutes ces techniques de communication m'ont moi-même aidé dans mon cheminement personnel pour
- 4:46mais savoir dire non,
- 4:47savoir me positionner,
- 4:48etc.
- 4:49Donc,
- 4:49ce que je transmets aujourd'hui,
- 4:51eh bien,
- 4:53je l'ai appris à la base pour moi,
- 4:55personnellement et professionnellement après,
- 4:58puisque je l'ai mis au service pour les patients.
- 5:02C'est souvent comme ça,
- 5:03quand on essaye de trouver les réponses pour soi,
- 5:05on est tellement performant qu'on finit par les transmettre.
- 5:08C'est un peu ça,
- 5:08non ?
- 5:09C'est exactement.
- 5:11Tu regardes attentivement tes vidéos,
- 5:13je te l'ai dit,
- 5:14il y a beaucoup de sujets qui m'intéressent.
- 5:16Il y en a certains dont les compétences ne sont pas encore suffisamment acquises dans nos milieux.
- 5:24On commence depuis quelques années à parler de la communication thérapeutique dans les congrès scientifiques,
- 5:31dans les hôpitaux,
- 5:32ça commence à être enseigné.
- 5:35Tu sais bien que...
- 5:37Ce n'est pas encore une compétence où on est suffisamment fort dans nos milieux et dans nos établissements médicaux,
- 5:45comparé notamment aux établissements anglo-saxons.
- 5:49Certains pays sont plus en avance que nous.
- 5:53Comment est arrivé pour toi ?
- 5:56Ça a commencé par la communication non-violente et après tu t'es dirigée vers la communication thérapeutique.
- 6:02C'est ça ?
- 6:03C'est comme ça le cheminement ?
- 6:04Le cheminement,
- 6:05il a commencé quand j'ai commencé à travailler en psychiatrie.
- 6:08Après mon diplôme d'infirmière,
- 6:11j'ai travaillé pendant quelques années en psychiatrie et c'est là où j'ai appris les techniques de la relation d'aide.
- 6:17La relation d'aide qui a été élaborée par Carl Rogers.
- 6:20Et ça m'a beaucoup plu,
- 6:22cette empathie,
- 6:24des techniques de reformulation.
- 6:26À la base,
- 6:27alors certes...
- 6:28J'avais,
- 6:28moi,
- 6:29une carence au niveau de la communication,
- 6:30mais j'ai une qualité,
- 6:32c'est que je suis très empathique.
- 6:35Et dans la relation d'aide,
- 6:36l'approche centrée sur la personne,
- 6:39c'est la même chose,
- 6:40mais j'ai beaucoup aimé,
- 6:41justement,
- 6:42cette qualité d'écoute,
- 6:43parce que je l'avais moi-même développée.
- 6:46Et après,
- 6:47voilà,
- 6:47donc j'ai commencé par la relation d'aide,
- 6:49puis se sont greffées d'autres techniques,
- 6:51la communication non violente,
- 6:53la méthode de la validation,
- 6:55ça c'est plus pour les personnes atteintes de la...
- 6:57de la maladie d'Alzheimer,
- 6:59et voilà,
- 6:59enfin,
- 7:00pour au final être au service des patients.
- 7:04Est-ce que tu peux me dire comment tu formes les infirmières,
- 7:07qu'est-ce que tu leur transmets quand tu parles de communication ?
- 7:10Est-ce que tu peux m'expliquer d'abord l'enjeu ?
- 7:13Pourquoi c'est important d'établir cette formation ?
- 7:18Pourquoi il faut diffuser cette compétence aux soignants et aux médicaux ?
- 7:23L'enjeu est énorme.
- 7:24Parce que la communication,
- 7:25surtout dans ces métiers,
- 7:27elle est fondamentale.
- 7:29Pourquoi ?
- 7:30Parce que face à nous,
- 7:31on a une personne qui souffre.
- 7:34D'ailleurs,
- 7:35le patient,
- 7:35ça ne veut pas dire celui qui patiente,
- 7:38étymologiquement,
- 7:39mais celui qui souffre.
- 7:41Et c'est pour ça qu'établir une bonne communication,
- 7:44notamment avec la communication thérapeutique,
- 7:47ça va notamment permettre de renforcer cette alliance thérapeutique patient-soignant.
- 7:54de permettre de réduire aussi l'anxiété du patient,
- 7:57parce que nous sommes dans un milieu très anxiogène.
- 8:01On ne se rend pas compte,
- 8:02nous,
- 8:03soignants,
- 8:04toi Imane,
- 8:05en tant que médecin,
- 8:06moi aussi en tant qu'ancienne infirmière,
- 8:07mais on ne se rend pas compte que dans cet hôpital,
- 8:11les personnes qui y entrent peuvent être angoissées par des bruits,
- 8:16un scope par exemple qui sonne.
- 8:19Moi je me rappelle,
- 8:21une dame,
- 8:21je travaillais en service,
- 8:22Et une dame m'avait appelée en hurlant parce qu'elle avait son électrode au niveau de sa poitrine,
- 8:28une électrode qui s'était décrochée.
- 8:31Et au niveau du scope,
- 8:33elle avait la fréquence cardiaque qui était à zéro.
- 8:36Et elle me disait « je vais mourir,
- 8:38je vais mourir » .
- 8:39Donc les bruits,
- 8:41tu vois,
- 8:41des machines qui peuvent être stressantes,
- 8:43les odeurs de l'hôpital,
- 8:45on ne s'en rend pas compte.
- 8:46Mais c'est très stressant tout ça.
- 8:48Et puis il y a la peur aussi,
- 8:50la peur...
- 8:51bien sûr,
- 8:52d'avoir mal.
- 8:54Et puis surtout,
- 8:54cette peur racine,
- 8:56cette peur de mourir pour les patients.
- 8:59Est-ce que tu penses que tous les soignants sont OK et au clair par rapport à l'identification de l'état du patient ?
- 9:06Est-ce qu'on est tous câblés pour le faire ?
- 9:08Ça s'apprend.
- 9:10Ça s'apprend,
- 9:10c'est pour ça qu'à l'école,
- 9:13d'être soignante,
- 9:14d'infirmière,
- 9:16en médecine,
- 9:17on apprend aussi cette qualité d'écoute,
- 9:19on apprend l'empathie.
- 9:21C'est une qualité,
- 9:22certes,
- 9:23qu'on peut...
- 9:23Alors,
- 9:25l'empathie,
- 9:25qui est la base de la communication,
- 9:29qui est cette écoute active,
- 9:30eh bien,
- 9:32elle est fondamentale.
- 9:34Et en tant qu'être humain,
- 9:38on l'a développée déjà dès le plus jeune âge,
- 9:41puisque nous naissons avec cette qualité empathique.
- 9:46Pourquoi ?
- 9:46Parce que nous sommes des êtres interdépendants.
- 9:50En tant qu'être humain,
- 9:50nous ne pouvons pas vivre les uns sans les autres.
- 9:54Alors attention,
- 9:54je ne suis pas en train de parler de célibat,
- 9:57on peut vivre bien sûr seul.
- 9:59Mais je ne sais pas si tu as vu ce film,
- 10:02qui moi m'a beaucoup plu,
- 10:03c'est « Seul au monde »
- 10:04avec Tom Hanks.
- 10:05Est-ce que tu l'as vu ce film ?
- 10:08Oui.
- 10:10On voit Tom Hanks tout seul sur son île déserte.
- 10:13Il n'y a plus aucun être humain autour de lui.
- 10:15Et au fur et à mesure des années qui passent,
- 10:18Mais comment il devient ?
- 10:19mais il devient fou,
- 10:21il en vient à parler à un ballon où il sonne.
- 10:24Et il y a une scène très forte dans le film,
- 10:27à un moment on voit ce ballon qui représente cette relation qu'il s'imagine avec quelqu'un.
- 10:35On voit ce ballon qui part dans l'océan parce qu'il y a une tempête et Tom Hanks risque sa vie pour aller rechercher ce ballon.
- 10:44C'est une symbolique très forte,
- 10:46ça veut dire qu'on a besoin
- 10:49d'établir un contact avec les autres.
- 10:51Voilà,
- 10:52ça c'est extrêmement fort.
- 10:54D'ailleurs,
- 10:56une autre référence cinématographique,
- 10:58c'est le film Avatar.
- 11:00Dans Avatar,
- 11:01le peuple,
- 11:02justement,
- 11:03exactement Imane,
- 11:05je te vois,
- 11:07exactement.
- 11:08C'est comme ça qu'il se salue.
- 11:10Je te vois.
- 11:12C'est Boris Cyrulnik qui dit que les enfants,
- 11:17qui n'ont pas la chance,
- 11:18qui sont dans des orphelinats et qui n'ont pas la chance de pouvoir être regardés ni touchés,
- 11:22finissent par mourir.
- 11:24C'est vital,
- 11:24au fait.
- 11:25C'est vital,
- 11:26tout comme le toucher,
- 11:27d'ailleurs.
- 11:29Un bébé qui n'est pas touché,
- 11:30avec amour,
- 11:32il se laisse mourir.
- 11:33Il aura beau avoir à manger,
- 11:35etc.,
- 11:35il se laisse mourir.
- 11:36Et la question par rapport à l'empathie dans le rapport entre le soignant et le patient,
- 11:42est-ce que ça suffit pour établir les liens de communication ?
- 11:46Est-ce que déjà c'est un rapport d'égal à égal quand un patient se présente devant un soignant ?
- 11:53Est-ce qu'on peut dire que le lien est équilibré ou est-ce que c'est un lien particulier ?
- 11:59Et ensuite,
- 12:00est-ce que le fait d'avoir de l'empathie suffit pour avoir un lien sain ?
- 12:05entre un patient et un soignant.
- 12:08Alors pour répondre à ta première question,
- 12:10à savoir est-ce que justement ce lien est équilibré ?
- 12:14Il ne l'est absolument pas.
- 12:17Parce que face à nous,
- 12:19nous avons des patients,
- 12:20alors des patients qui sont là parce qu'ils sont malades,
- 12:24ils attendent quelque chose des soignants.
- 12:27Ils attendent une guérison,
- 12:28ils attendent un accompagnement et ils sont aussi dans cette situation physique,
- 12:32ils sont allongés bien souvent.
- 12:34Et cette posture d'être allongé,
- 12:36déjà,
- 12:37ça crée une vulnérabilité.
- 12:40Donc,
- 12:41on voit cette relation dissymétrique qu'il existe entre le soignant et le patient.
- 12:47Et le soignant aussi,
- 12:48ce soignant sachant tout.
- 12:50Alors,
- 12:51il y a quelques années,
- 12:51on parlait de paternalisme.
- 12:53Ce terme,
- 12:54aujourd'hui,
- 12:55disparaît parce qu'on essaye justement de rééquilibrer ces relations soignant et patient.
- 13:04Mais c'est vrai que la relation est complètement dissymétrique.
- 13:09Oui,
- 13:09c'est un fait.
- 13:10Est-ce que ça suffit d'être empathique ?
- 13:12Est-ce que ça suffit d'être empathique ?
- 13:14Alors je dirais que déjà,
- 13:15c'est un point énorme.
- 13:16C'est déjà pas mal.
- 13:18Mais oui,
- 13:19c'est déjà énorme.
- 13:21Si nous ne sommes pas empathiques,
- 13:24la relation va être difficile.
- 13:25Mais je tiens à dire quand même,
- 13:27parce que ça aussi,
- 13:29je tiens à dire qu'en tant que soignant,
- 13:32on ne peut pas être empathique.
- 13:34Tout le temps.
- 13:35Et les soignants qui cherchent à être empathiques tout le temps,
- 13:38attention parce que c'est peut-être eux qui risquent de s'épuiser.
- 13:44L'empathie,
- 13:44en fait,
- 13:46en communication non-violente,
- 13:47on dit que l'empathie,
- 13:48ça demande trois choses.
- 13:50C'est se poser trois questions.
- 13:52Est-ce que j'en ai l'envie ?
- 13:55Est-ce que j'ai envie d'être empathique déjà ?
- 13:56Parce qu'il y a des fois,
- 13:58mais on n'a pas du tout envie d'être empathique.
- 14:01On n'a pas de place.
- 14:02Et oui,
- 14:03donc est-ce que j'en ai l'envie ?
- 14:05Est-ce que j'en ai le temps ?
- 14:07Ça,
- 14:07c'est le deuxième critère.
- 14:08Est-ce que j'en ai le temps ?
- 14:09Et quelquefois,
- 14:10dans nos métiers de soins,
- 14:12malheureusement,
- 14:13nous n'en avons pas le temps.
- 14:14Alors si on n'a pas le temps,
- 14:15on peut différer,
- 14:15on peut demander à la personne,
- 14:18on peut lui dire,
- 14:19écoutez,
- 14:19je reviendrai dans dix minutes si c'est ok pour vous.
- 14:22On peut différer,
- 14:23mais l'empathie demande du temps.
- 14:25Donc ça demande d'en avoir l'envie,
- 14:28d'en avoir le temps et d'en avoir les moyens.
- 14:31Et parfois.
- 14:32On n'en a pas les moyens,
- 14:34parce que nous-mêmes,
- 14:34on peut être affecté par ce que l'on voit.
- 14:38Moi,
- 14:38j'ai travaillé en EHPAD et quelquefois,
- 14:41moi-même,
- 14:42je voyais des collègues aides-soignantes face à une résidente,
- 14:45je me rappelle,
- 14:45une résidente qui était décédée et une aide-soignante qui avait complètement craqué.
- 14:50Elle ne pouvait plus être empathique avec la famille parce qu'elle-même,
- 14:53là,
- 14:54elle était plutôt en sympathie,
- 14:55du coup.
- 14:56Mais c'est ça tu vois Imane,
- 14:58l'empathie bien sûr elle est fondamentale dans notre métier.
- 15:02Et en même temps,
- 15:03j'aimerais dire aussi qu'on ne peut pas tout le temps être empathique.
- 15:07Mais c'est peut-être pour ça que la compétence doit être une compétence professionnelle.
- 15:11On doit la prendre et la juste distance,
- 15:14la voir aussi.
- 15:15C'est-à-dire qu'au final,
- 15:16il ne faut pas engager notre empathie de façon directe.
- 15:21Il faut avoir de l'empathie pour reconnaître l'état du patient.
- 15:24Et par la suite,
- 15:25il faut déployer une compétence pour pouvoir agir professionnellement.
- 15:30Oui,
- 15:30tout à fait.
- 15:31mais c'est
- 15:33L'empathie,
- 15:35c'est aussi passer la main si on voit qu'on n'en a plus les moyens.
- 15:39Ça peut être ça aussi,
- 15:41passer la main.
- 15:42Et puis,
- 15:44c'est aussi se ressourcer.
- 15:45L'empathie,
- 15:45ça demande à la base que nous-mêmes,
- 15:49on soit bien ressourcés.
- 15:51Parce que c'est comme si on avait une bouteille à oxygène et qu'on donne notre oxygène aux autres pour leur faire du bien.
- 15:58Mais à un moment,
- 15:58notre bouteille à oxygène,
- 15:59elle va se vider.
- 16:01Si on ne la recharge pas régulièrement,
- 16:03en prenant du temps pour nous,
- 16:05à l'extérieur,
- 16:06ou en rigolant avec nos collègues,
- 16:09etc.,
- 16:09si on ne recharge pas cette bouteille à oxygène,
- 16:12à un moment,
- 16:14on n'a plus de réserve nous-mêmes.
- 16:15Et c'est là où ça peut entraîner un burn-out,
- 16:20par excès d'empathie,
- 16:22si tu veux.
- 16:23Mais pour en revenir en tout cas à ça,
- 16:25l'empathie déjà,
- 16:27c'est le socle fondamental.
- 16:29pour le bien-être du patient,
- 16:32même s'il n'y a pas que ça,
- 16:34mais en tout cas c'est fondamental.
- 16:37D'accord,
- 16:37alors est-ce que tu peux me raconter comment tu formes tes infirmières à la communication,
- 16:46quels sont les messages que tu leur donnes,
- 16:50et qu'est-ce qu'il faut savoir au sujet de la communication thérapeutique ?
- 16:55J'aime bien partir d'exemples.
- 16:58Alors déjà,
- 16:58un exemple personnel.
- 16:59Moi,
- 17:00je vais te raconter.
- 17:01Je ne sais pas,
- 17:02est-ce que toi,
- 17:02par exemple,
- 17:04tu as peur de l'avion ?
- 17:05Oui.
- 17:06Un peu,
- 17:07mais je prends l'avion.
- 17:09Mais tu prends l'avion.
- 17:10Je ne peux pas le prendre.
- 17:13Alors,
- 17:14pour tout te dire,
- 17:14moi aussi,
- 17:15ce n'est pas une phobie,
- 17:16parce que je prends quand même l'avion,
- 17:17mais j'ai terriblement peur en avion.
- 17:19J'ai peur qu'on se crache.
- 17:20Enfin,
- 17:21voilà,
- 17:21j'ai des scénarios horribles quand je prends l'avion.
- 17:24Et en fait,
- 17:24quand je m'assois sur mon siège,
- 17:26alors déjà,
- 17:27si je pouvais prendre la main de mon voisin,
- 17:30mais je le ferais,
- 17:30je lui broierais la main.
- 17:32Tu vois,
- 17:32tellement que j'ai peur.
- 17:33et je scrute
- 17:36les hôtesses de l'air.
- 17:38Et les hôtesses de l'air,
- 17:39tu as vu,
- 17:39elles rigolent,
- 17:40enfin généralement elles sont très souriantes,
- 17:42très avenantes,
- 17:44elles ont des gestes assez lents,
- 17:46mais dès que je vois qu'elles commencent à froncer les sourcils ou alors qu'elles marchent un peu trop vite dans le couloir de l'avion,
- 17:54alors là c'est bon,
- 17:55je me dis c'est bon,
- 17:55il y a un problème,
- 17:56on va se cracher.
- 17:58Elles savent quelque chose qu'elles ne nous ont pas dit.
- 18:01Exactement,
- 18:02exactement.
- 18:03Exactement.
- 18:04Un jour,
- 18:04je prenais l'avion pour aller au Sri Lanka,
- 18:06et justement,
- 18:07il y a eu,
- 18:07je ne sais pas ce qui s'est passé,
- 18:08ils n'ont pas voulu nous le dire,
- 18:09mais les hôtesses de l'air ont couru dans le couloir de l'avion et parlaient fort.
- 18:16Et alors là,
- 18:16je me suis dit,
- 18:16c'est bon.
- 18:17Enfin,
- 18:17j'ai fait toutes les prières que je connaissais,
- 18:19je me suis dit,
- 18:19c'est bon,
- 18:20on va mourir là.
- 18:21Mais pour te dire,
- 18:23tu vois,
- 18:24c'est ça qui est important dans la communication thérapeutique,
- 18:26c'est d'avoir la conscience que mon comportement,
- 18:30par exemple,
- 18:31le comportement des hôtesses de l'air,
- 18:32peut avoir une incidence sur mon propre comportement.
- 18:37Si l'hôtesse de l'air est stressée,
- 18:40moi ça va me stresser,
- 18:41parce que déjà,
- 18:42de prendre l'avion,
- 18:43ça me terrifie.
- 18:45C'est exactement la même chose avec les soignants et les patients.
- 18:50Les patients qui sont dans ce milieu anxiogène,
- 18:53comme on vient de le dire,
- 18:55ils vont chercher les moindres détails auprès des...
- 19:02soignants,
- 19:03ils vont chercher à être rassurés.
- 19:05Et c'est avoir cette conscience que nous,
- 19:08soignants,
- 19:09nos mots ou notre comportement peut avoir un effet nocebo,
- 19:15c'est-à-dire délétère,
- 19:17ou placebo sur le patient.
- 19:20Si par exemple je rentre dans la chambre avec le sourire,
- 19:24en tant qu'infirmière,
- 19:25je suis détendue,
- 19:26je vais me présenter,
- 19:28et bien ça crée tout de suite,
- 19:31Au revoir.
- 19:32Ça peut créer un climat de confiance.
- 19:34Que non pas si je rentre,
- 19:36par exemple,
- 19:37en faisant la tête,
- 19:38les sourcils froncés,
- 19:39etc.
- 19:40Donc,
- 19:40c'est la communication non-verbale.
- 19:43Exactement.
- 19:44Parce que dans la communication,
- 19:46c'est ça.
- 19:46C'est qu'on pense qu'on ne communique qu'avec des mots.
- 19:50Or,
- 19:51on a trois modes de communication.
- 19:52Le verbal,
- 19:53comme tu viens de le dire.
- 19:54Le verbal,
- 19:54c'est les mots qu'on va employer.
- 19:56Le non-verbal,
- 19:57qui est notre attitude,
- 19:58notamment le sourire.
- 20:01avoir des gestes lents et pas saccadés.
- 20:04Et puis le paraverbal,
- 20:06la communication paraverbale,
- 20:07c'est l'intonation de notre voix,
- 20:09le timbre de notre voix,
- 20:10les silences.
- 20:12Et en tant que soignant,
- 20:13justement,
- 20:14la communication thérapeutique,
- 20:16c'est justement cette technique relationnelle,
- 20:18qui est issue d'ailleurs de l'hypnose,
- 20:20qui va permettre,
- 20:23par nos mots et notre comportement,
- 20:26de diminuer l'anxiété du patient.
- 20:29Et ça va passer par ces trois modes de communication.
- 20:31Bien choisir.
- 20:32Tu peux me dire pour combien ça compte la communication non-verbale ?
- 20:37Comparé aux mots,
- 20:38parce que ça,
- 20:40c'est incroyable quand même.
- 20:42Ça compte pour beaucoup.
- 20:45Oui.
- 20:46Pour plus que la moitié,
- 20:47non ?
- 20:48Exactement.
- 20:48On ne communique avec des mots qu'à 7%.
- 20:51Tout le reste,
- 20:52c'est du non-verbal et du para-verbal.
- 20:55Oui.
- 20:58C'est pour ça,
- 20:58c'est vraiment avoir cette conscience qu'en tant que professionnel de santé,
- 21:02nos attitudes et nos mots peuvent avoir un effet placebo ou nocebo.
- 21:09Et donc la communication…
- 21:10L'effet placebo,
- 21:11Sandrine,
- 21:12il paraît que justement quand tu crées un climat de confiance et quand tu peux installer l'alliance,
- 21:18ça compte pour beaucoup plus que les médicaments,
- 21:21non ?
- 21:22Exactement.
- 21:23C'est fou,
- 21:23non ?
- 21:24Oui.
- 21:24Ça aussi,
- 21:25c'est incroyable.
- 21:27C'est-à-dire qu'à la limite,
- 21:28quels que soient les médicaments que tu donnes,
- 21:33tout dépend de l'intention que tu mets à les donner et à les présenter.
- 21:38La façon dont tu les présentes aux patients compte pour plus que la moitié.
- 21:45Ça rejoue les cartes et ça met en valeur d'une façon incroyable,
- 21:50ça met en évidence.
- 21:52l'importance d'un personnel formé à la communication et d'un personnel qui a la possibilité de faire son travail comme il faut,
- 22:01dans des conditions de bien-être et de...
- 22:08des conditions saines et de temps.
- 22:09Voilà,
- 22:10le temps,
- 22:10c'est important,
- 22:11d'avoir le temps de faire les choses.
- 22:13Et de prendre le temps aussi.
- 22:15Oui,
- 22:16et c'est très important ce que tu dis,
- 22:18j'aimerais rebondir dessus,
- 22:19parce qu'on parle de l'empathie depuis tout à l'heure,
- 22:21mais l'empathie aussi,
- 22:24je trouve qu'aujourd'hui,
- 22:28les soignants ont des difficultés à la mettre en place.
- 22:32Pourquoi ?
- 22:32Parce que,
- 22:33sans faire de polémiques,
- 22:34Mais c'est juste une réalité.
- 22:36Dans le monde actuel,
- 22:37au niveau de l'hôpital,
- 22:38il y a justement un budget à tenir.
- 22:47Et il y a moins d'espace qu'on accorde à la relation soignant-soigné.
- 22:53On demande peut-être aujourd'hui plus de rentabilité dans les soins que d'humanité.
- 22:59Donc le dilemme c'est ça,
- 23:01c'est comment...
- 23:09Comment rétablir ce juste équilibre entre,
- 23:13d'un côté,
- 23:14il faut tenir un budget de l'hôpital,
- 23:15ça c'est un fait,
- 23:17et de l'autre côté,
- 23:18comment on met en place aussi pour les soignants,
- 23:22comment on peut mettre en place le fait qu'ils aient plus d'espace pour aborder cette relation avec les patients.
- 23:30Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
- 23:31il y a beaucoup de soignants qui...
- 23:33partent de l'hôpital,
- 23:35enfin qui quittent cette profession parce qu'ils n'ont plus la place,
- 23:41justement,
- 23:42il n'y a plus cette place de la relation humaine.
- 23:45En tout cas,
- 23:46quand je forme les soignants,
- 23:48j'entends beaucoup ça.
- 23:49J'entends des retours de mais ça nous demande de l'énergie,
- 23:54du temps et quand il manque de personnel,
- 23:56quand on manque de temps,
- 23:57de moyens,
- 23:58c'est difficile justement d'établir ces formes de Merci.
- 24:03communication ?
- 24:04Alors Sandrine,
- 24:05en attendant le temps et les moyens,
- 24:08moi ce que je transmets à mes collègues infirmières quand on parle de communication,
- 24:14c'est de dire que c'est important pour ne pas justement gaspiller beaucoup trop d'énergie.
- 24:23La formation et la compétence de la communication leur permet d'utiliser moins d'énergie.
- 24:29à convaincre les patients,
- 24:31à les rassurer,
- 24:32parce qu'un patient qui est en alliance est un patient qui est plus disposé à recevoir le soin,
- 24:40à comprendre les explications qu'on lui donne.
- 24:44Donc,
- 24:46c'est un patient heureux et aussi une infirmière heureuse et moins sollicitée.
- 24:51Donc,
- 24:53ce que je dis aussi,
- 24:54c'est qu'apprendre à parler aux patients,
- 24:58à communiquer avec eux,
- 24:59c'est...
- 24:59C'est de toute façon une façon de bien faire son travail,
- 25:03même avec les moyens de bord.
- 25:05Des fois,
- 25:06pour se sentir bien en face d'un patient et le faire sentir bien,
- 25:11il faut prendre les quelques secondes qu'on a pour être pleinement avec lui,
- 25:17au lieu de s'occuper du voisin et de lui parler en même temps.
- 25:22Tu vois ce que je veux dire,
- 25:23Sandrine ?
- 25:23Donc,
- 25:24au fait,
- 25:24même si ça ne dure que quelques secondes,
- 25:27Ce sont les secondes qu'on donne de façon privilégiée,
- 25:31en vraie présence,
- 25:32à un patient.
- 25:33Et ça,
- 25:34ça change tout quand on le regarde dans les yeux et quand on prend en compte ce qu'il a à dire,
- 25:40même si c'est peu de temps.
- 25:42Exactement.
- 25:44J'ai envie de t'entendre sur un sujet où je te trouve particulièrement pertinente et que tu connais bien pour avoir…
- 25:52travailler dans les EHPAD et pour avoir travaillé dans des endroits où il y avait des patients qui avaient particulièrement besoin de soins,
- 26:01notamment de soins primaires,
- 26:07ce qu'on appelle la toilette.
- 26:10C'est quelque chose que je trouve assez représentatif de la communication et du lien entre soignants et soignées,
- 26:18que les gens ne connaissent pas et que...
- 26:20et qui engage tout un talent et toute une présence de la part des soignants.
- 26:26Et je profite de ce moment pour parler de ça et de les remercier et de leur rendre hommage pour ce qu'ils engagent comme soins et comme dons de leurs personnes pour
- 26:44apporter dans l'invisibilité,
- 26:47dans la discrétion la plus totale à tous les patients.
- 26:50on a besoin d'eux.
- 26:52Qu'est-ce que ça représente,
- 26:54la toilette ?
- 26:55Qu'est-ce que c'est ce moment particulier ?
- 26:59Alors j'en ai fait une vidéo,
- 27:01c'est vrai justement,
- 27:02parce que c'est vraiment,
- 27:06au-delà d'un acte technique,
- 27:09c'est tout ce qui va retracer notre humanité.
- 27:13Ça veut dire quoi ?
- 27:14Ça veut dire que lors d'une toilette,
- 27:18en tant que soignante,
- 27:20je vais toucher un corps nu,
- 27:23un corps vulnérable,
- 27:25alors que moi,
- 27:26je suis habillée.
- 27:28Alors que moi,
- 27:29je ne suis pas malade.
- 27:30Et je trouve dans ce soin,
- 27:36beaucoup de délicatesse vraiment à avoir.
- 27:39Ce n'est pas un soin anodin.
- 27:42Pourtant,
- 27:44combien de toilettes ont effectué des aides-soignantes dans leur carrière professionnelle ?
- 27:48Elles en ont effectué peut-être des milliers et des milliers.
- 27:51Mais pour moi,
- 27:53chaque toilette est différente.
- 27:56chaque personne,
- 27:57bien sûr,
- 27:57il y a la subjectivité qui est importante,
- 28:00chaque personne aussi est différente.
- 28:05Et cette toilette n'est pas...
- 28:07Voilà,
- 28:07chaque personne est singulière.
- 28:09Et cette toilette,
- 28:10cet acte qui demande tellement de tact et de présence,
- 28:16c'est un soin tellement délicat.
- 28:21Et voilà,
- 28:22c'est vraiment...
- 28:24On devrait le remettre à l'honneur.
- 28:26On devrait le remettre à l'honneur.
- 28:27Est-ce que tu peux me dire,
- 28:28toi,
- 28:29quand tu as un patient en face,
- 28:32à qui tu dois t'occuper et faire sa toilette,
- 28:36raconte-moi ce que tu fais avant d'arriver dans sa chambre et jusqu'au retour.
- 28:42Décris-moi ce que tu fais et comment tu le vis.
- 28:47Déjà,
- 28:47tout va dépendre de la...
- 28:48personne vers qui je vais aller,
- 28:52déjà qui est-elle,
- 28:53enfin je vais me renseigner déjà sur qui elle est,
- 28:55quel est son problème,
- 28:56enfin voilà,
- 28:57donc qui est-elle,
- 29:00qu'est-ce qu'elle a vécu,
- 29:01etc.
- 29:02Donc déjà ça.
- 29:04Et puis avant d'aller la rencontrer pour cette toilette,
- 29:06je vais me centrer,
- 29:07c'est-à-dire je vais,
- 29:09voilà,
- 29:10comme revenir à l'instant présent,
- 29:12être disponible pour la personne,
- 29:13bien avant d'entrer dans la chambre.
- 29:15Et puis au moment au moment de la réunion
- 29:18d'effectuer le soin,
- 29:19quand je rentre dans la chambre,
- 29:20je me présente.
- 29:22Alors,
- 29:22je vais utiliser,
- 29:23ça c'est toutes les techniques que je suis en train de te dire,
- 29:25de la communication thérapeutique.
- 29:27Mais je vais la rassurer,
- 29:30je vais lui dire ce que je vais lui faire et si elle est d'accord pour que,
- 29:33justement,
- 29:34je lui fasse cette toilette.
- 29:35Ça,
- 29:36c'est très important.
- 29:37Demande l'accord.
- 29:38aussi.
- 29:39Est-ce que vous êtes d'accord pour qu'on fasse la toilette ?
- 29:41Alors,
- 29:41quelquefois,
- 29:41ce sera non.
- 29:45Donc,
- 29:46lui demander si elle est d'accord.
- 29:47Et puis,
- 29:48avoir une posture aussi rassurante,
- 29:51c'est-à-dire des gestes plutôt lents,
- 29:56lui parler sur un ton plutôt grave,
- 29:58ne pas crier.
- 29:59Surtout avec les personnes âgées,
- 30:00on a tendance à crier,
- 30:02à avoir une voix très aiguë alors qu'en fait...
- 30:05Sonnante.
- 30:06Oui,
- 30:07et c'est...
- 30:08contre-productive parce que ça peut blesser la personne.
- 30:11Voilà.
- 30:11Ça m'est déjà arrivé.
- 30:14Personnellement,
- 30:16j'ai des images devant moi,
- 30:17moi-même.
- 30:20Je suis persuadée de bien faire,
- 30:21mais je hurle.
- 30:22Et ce n'est pas bien reçu.
- 30:24Alors que c'est tout le contraire.
- 30:26Je passe du temps.
- 30:29Et je me rends compte à la fin que ma voix est dissonante,
- 30:32qu'elle ne porte pas,
- 30:32qu'elle n'exprime pas ce que je veux faire,
- 30:35ni ce que je veux dire.
- 30:37Oui,
- 30:38effectivement,
- 30:38on a tendance à hurler alors qu'il n'y a pas lieu de hurler.
- 30:42Oui,
- 30:43mais on ne s'en rend pas compte,
- 30:44surtout quand on est stressé.
- 30:47Dans la vie d'un service,
- 30:47quand on a plein de patients,
- 30:49etc.,
- 30:50on arrive dans les chambres,
- 30:50quelquefois,
- 30:52on est un peu stressé,
- 30:53donc on ne s'en rend pas compte,
- 30:54mais on va parler un peu plus vite,
- 30:56notre voix est un peu plus forte,
- 30:57on a des gestes plus saccadés,
- 30:59donc ça,
- 30:59ça va stresser le patient.
- 31:01Donc,
- 31:01c'est pour ça qu'il faut se synchroniser avec l'état du patient.
- 31:05C'est-à-dire,
- 31:05si nous,
- 31:05on est en cours et qu'on est dans une énergie de la journée qui doit être productive,
- 31:12quand tu arrives devant un patient,
- 31:13il faut te mettre à son niveau,
- 31:15baisser d'un fond.
- 31:17Oui,
- 31:17c'est ça.
- 31:18Tu viens de le dire,
- 31:19c'est la synchronisation,
- 31:21ce qu'on appelle le mirroring aussi.
- 31:22C'est se mettre à la hauteur,
- 31:25se mettre sur la même fréquence respiratoire aussi.
- 31:30Et puis,
- 31:30regarder aussi la personne dans les yeux.
- 31:32Ça aussi,
- 31:33le contact visuel,
- 31:34on le perd.
- 31:37C'est important,
- 31:38même dans nos sociétés,
- 31:42de se revoir.
- 31:45De se rejoindre dans ce regard.
- 31:48Moi,
- 31:49personnellement,
- 31:50je me suis rendue compte à un moment que quand j'allais faire mes courses,
- 31:52je ne regardais plus la caissière.
- 31:54Parce que,
- 31:55tu sais,
- 31:56elle fait…
- 31:57elles scannent les courses,
- 31:57et puis moi,
- 31:58je rangeais mes courses,
- 31:59je payais,
- 31:59puis je partais.
- 32:00Et à un moment,
- 32:01je me suis dit,
- 32:01mais tu vois,
- 32:03j'ai été en position...
- 32:03Tu ne connais pas les gens.
- 32:05Oui,
- 32:05mais c'est ça.
- 32:06Et aujourd'hui,
- 32:07c'est pour ça,
- 32:09je mets beaucoup de soin aussi à regarder,
- 32:11et à regarder la caissière,
- 32:12à lui dire merci.
- 32:14Donc,
- 32:14le regard,
- 32:15c'est très important,
- 32:15surtout dans le monde du soin,
- 32:18à regarder le patient.
- 32:19Et puis,
- 32:20le contact physique aussi,
- 32:23se toucher respectueux si bien sûr la personne
- 32:27la personne le désire.
- 32:29Mais c'est ça,
- 32:30c'est un toucher respectueux pour dire juste à la personne « je suis là » .
- 32:34Voilà,
- 32:34c'est ce toucher qui est tellement...
- 32:38qui est rassurant aussi.
- 32:40Et puis,
- 32:41on peut aussi,
- 32:42par exemple,
- 32:43proposer des faux choix.
- 32:45Alors ça,
- 32:45on retrouve,
- 32:46c'est une technique de communication thérapeutique.
- 32:48Si la personne,
- 32:49par exemple,
- 32:50ne veut pas s'habiller,
- 32:52moi ça m'est arrivé en EHPAD,
- 32:53une personne atteinte de troubles...
- 32:55neuroévolutif,
- 32:57on vient de lui faire la toilette et puis elle ne veut absolument pas s'habiller,
- 33:00parce que pour elle,
- 33:02pourquoi s'habiller ?
- 33:03Et donc,
- 33:04les faux choix,
- 33:04et ça marche aussi avec les enfants,
- 33:07alors le petit enfant,
- 33:08mais c'est justement lui dire qu'est-ce que vous,
- 33:12écoutez,
- 33:12aujourd'hui,
- 33:13qu'est-ce que vous voulez mettre ?
- 33:14Cette robe magnifique,
- 33:15regardez,
- 33:16qui est jaune comme le soleil qu'il y a,
- 33:18ou alors cette robe qui est bleue,
- 33:20bleue comme le ciel,
- 33:21regardez comme il est joli ce ciel.
- 33:23Les faux choix,
- 33:24ça va permettre à la personne de reprendre un petit peu le contrôle,
- 33:29de choisir quelque chose qui,
- 33:32au final,
- 33:32c'est pour ça qu'on l'appelle un faux choix,
- 33:33c'est qu'au fond...
- 33:36Oui,
- 33:36entre une robe et une robe,
- 33:37quoi.
- 33:38Entre une robe et une robe.
- 33:40Elle a le choix de s'habiller ou de s'habiller,
- 33:41quoi.
- 33:42Exactement.
- 33:43Mais c'est elle,
- 33:43par contre,
- 33:44qui va choisir quelle robe elle veut.
- 33:46Et c'est ça qui change tout aussi.
- 33:47Et pour la prise de médicaments,
- 33:49c'est pareil,
- 33:50mes amis.
- 33:51mes collègues,
- 33:53si la personne ne veut pas prendre son traitement,
- 33:56proposez-lui un faux choix.
- 33:58Je suis sûre qu'il y en a parmi vous qui le font.
- 34:00C'est-à-dire,
- 34:02votre pilule,
- 34:03vous la voulez dans la compote ou dans la purée ?
- 34:07Donc,
- 34:08la personne,
- 34:08elle sent qu'on la prend en considération et elle peut choisir,
- 34:12que non pas lui dire,
- 34:13bon,
- 34:14il faut prendre les médicaments là.
- 34:16Donc ça,
- 34:16ça risque de ne pas trop marcher.
- 34:20Excellent,
- 34:20excellent.
- 34:22Au fait,
- 34:22on a des anecdotes,
- 34:24on pourrait les défiler à l'infini.
- 34:28Moi,
- 34:29par exemple,
- 34:29une autre technique que j'utilisais,
- 34:33c'était la confusion,
- 34:35la diversion.
- 34:35Ça,
- 34:36c'est une autre technique de la communication thérapeutique.
- 34:41C'est surtout pour des soins très courts et qui peuvent être douloureux.
- 34:45Par exemple,
- 34:45une prise de sang.
- 34:47Quand je faisais une prise de sang,
- 34:49j'avais plusieurs techniques pour les personnes qui avaient la phobie du sang ou des prises de sang.
- 34:54Quelquefois,
- 34:54j'utilisais la confusion ou la diversion.
- 34:57c'est-à-dire que
- 34:58Je leur disais,
- 34:59alors qu'on était en plein été,
- 35:00par exemple,
- 35:00qu'il faisait 40 dehors,
- 35:01je leur disais
- 35:02« Ah, il neige ! »
- 35:03Et en même temps,
- 35:04je piquais.
- 35:05Parce que comme ça,
- 35:06le cerveau,
- 35:06il déconnecte.
- 35:08Tu vois ?
- 35:09Voilà.
- 35:09Ou j'utilisais plus des techniques respiratoires,
- 35:14ou alors je leur demandais de visualiser quelque chose qui les détendait.
- 35:22Voilà,
- 35:22donc on parlait de…
- 35:25Qu'est-ce qui…
- 35:26Qu'est-ce qui vous relaxe ?
- 35:27Donc,
- 35:27elle me disait,
- 35:28par exemple,
- 35:30c'est de marcher dans la nature.
- 35:31Et elle me racontait.
- 35:31Et en même temps,
- 35:32je faisais mon soin.
- 35:33Et ça passe mieux parce qu'en fait,
- 35:34on détourne l'attention.
- 35:36Le cerveau n'est plus focalisé sur le soin,
- 35:40mais il est focalisé justement sur autre chose.
- 35:44Est-ce qu'il y a eu des moments où tu as senti que l'acquisition de cette compétence a changé ta pratique ?
- 35:54et
- 35:55et ça a changé quelque chose par rapport à ton rapport aux patients ?
- 35:58Et aussi par rapport à de la vie d'équipe,
- 36:01parce que ça aussi,
- 36:02c'est important.
- 36:04Est-ce que le fait d'acquérir cette compétence en communication permet des liens plus fluides entre les soignants et leurs patients et également ça adoucit les relations entre soignants eux-mêmes ?
- 36:19Alors oui,
- 36:19les deux sont tout à fait compatibles,
- 36:23bien sûr.
- 36:25Par rapport aux patients,
- 36:26oui,
- 36:27j'ai vu que ces techniques étaient au service et apportaient un bien-être pour les patients.
- 36:35Par exemple,
- 36:37encore une fois,
- 36:37on a un vocabulaire très anxiogène dans le monde du soin.
- 36:41Je me rappelle d'une aide-soignante,
- 36:44j'animais une formation et elle m'avait dit,
- 36:46« Moi,
- 36:47j'ai dit à un patient,
- 36:48il avait envie d'uriner et je lui ai dit,
- 36:50je vais vous chercher le pistolet. »
- 36:52Et ce patient a eu très peur.
- 36:55On a beaucoup de termes comme ça,
- 36:57les électrodes,
- 36:58les bio,
- 36:59la potence.
- 37:03La potence,
- 37:04exactement.
- 37:04Vous pouvez mettre un gaz pour vous endormir.
- 37:07Le macaguen.
- 37:11Par exemple,
- 37:11moi je sais que je déteste le dentiste.
- 37:14Et bien,
- 37:15tu vois,
- 37:16c'est pour ça les dentistes,
- 37:19c'est super s'ils sont formés justement à cette communication thérapeutique.
- 37:23Il y a beaucoup de choses en cabinet dentaire.
- 37:28Exactement,
- 37:29parce que justement,
- 37:30ça permet d'apaiser la personne.
- 37:33Donc oui,
- 37:34j'ai vu tous les bienfaits de cette communication thérapeutique par rapport aux patients et aussi par rapport à moi,
- 37:43parce que ça redonnait aussi du sens à mon métier.
- 37:46Quand je vois que j'arrive à apaiser quelqu'un,
- 37:50du coup on a
- 37:51Il y a une sorte de gratification aussi.
- 37:53Je me dis,
- 37:54je suis heureuse d'avoir pu soulager cette personne.
- 37:59Donc,
- 38:00il y a ça aussi.
- 38:01C'est au service du patient,
- 38:02mais c'est aussi au service du soignant.
- 38:04Parce que ça redonne du sens aussi à ce qu'il fait.
- 38:07Ça redonne du sens.
- 38:08Et puis,
- 38:09le fait de répéter que des mots sympas,
- 38:11au final,
- 38:11ça nous fait du bien à nous aussi.
- 38:13Parce que ce que je dis,
- 38:16au lieu de dire des mots qui font peur,
- 38:18on les remplace par des mots bien.
- 38:20Donc,
- 38:20on fait plus attention à notre vocabulaire et notre langage.
- 38:24Et cette compétence-là nous permet aussi de mieux répondre aux questions des patients parce qu'on en a beaucoup tous les jours.
- 38:34Est-ce que vous pensez que c'est une technique risquée ?
- 38:36Est-ce que vous pensez que ça va faire mal ?
- 38:39Voilà,
- 38:40on apprend à changer notre vocabulaire.
- 38:42On ne suggère plus les choses qui sont...
- 38:46moins positives.
- 38:47On ne va pas dire est-ce que vous avez mal ?
- 38:49On va juste dire est-ce que vous êtes confortable ?
- 38:51On ne va pas suggérer la nausée.
- 38:53Est-ce que vous avez des nausées ?
- 38:54On va dire est-ce que vous ressentez quelque chose ?
- 38:57Tout ça fait qu'on saupoudre,
- 39:00on dit plein de mots plutôt mielleux et sucrés.
- 39:07Ce qui probablement sur nous-mêmes fait de l'effet.
- 39:10Bien sûr.
- 39:12Encore une fois,
- 39:12nous sommes des êtres interdépendants et Merci.
- 39:15Et on est câblé aussi,
- 39:17au niveau de l'émotion,
- 39:18il y a aussi cette contagion émotionnelle.
- 39:20C'est-à-dire que si la personne est bien,
- 39:23du coup,
- 39:23moi,
- 39:23je vais peut-être ressentir aussi du bien-être.
- 39:25Donc,
- 39:26il y a cette contagion aussi émotionnelle qui peut y avoir aussi.
- 39:32Oui,
- 39:32tout à fait.
- 39:33Le saupoudrage,
- 39:34le saupoudrage.
- 39:35Vous allez vous laisser plus en sécurité.
- 39:41Vous serez plus agréable.
- 39:42Oui,
- 39:43voilà.
- 39:45Ça demande,
- 39:45tu vois,
- 39:46cette communication thérapeutique.
- 39:48Souvent,
- 39:48ce que j'entends de la part des participants que je forme,
- 39:51ils me disent
- 39:53« ça nous demande de recâbler notre cerveau » .
- 39:56Parce que c'est quelque chose au final qui demande à s'interroger à nouveau sur nos pratiques,
- 40:03sur les mots que l'on emploie,
- 40:05sur notre façon d'être dans notre vie professionnelle.
- 40:10Donc c'est une remise en question en fait,
- 40:12cette communication thérapeutique,
- 40:13pour le soignant aussi.
- 40:15Il faut les apprendre.
- 40:17Oui.
- 40:18Il faut les apprendre et remplacer.
- 40:20Oui,
- 40:21c'est ça.
- 40:21Et pour répondre,
- 40:24j'aime le confort.
- 40:25Oui,
- 40:25ce n'est jamais confort.
- 40:27Oui,
- 40:27mais ça vaut le coup.
- 40:30Ça vaut le coup,
- 40:31oui.
- 40:33Et puis,
- 40:33pour répondre à ta question aussi,
- 40:34est-ce que dans les équipes,
- 40:38ça peut jouer aussi ?
- 40:39Oui,
- 40:39je pense que dans une équipe,
- 40:41si on arrive à mettre en place justement une qualité relationnelle patient-soignant,
- 40:48oui,
- 40:48dans l'équipe,
- 40:49on peut aussi utiliser ces techniques.
- 40:52Parce que ces techniques,
- 40:53bien sûr,
- 40:54La communication thérapeutique,
- 40:55c'est pour le monde du soin,
- 40:58mais on peut la transposer dans nos vies,
- 40:59même personnelles,
- 41:00avec nos enfants par exemple.
- 41:02Et dans la communication thérapeutique,
- 41:04par exemple,
- 41:05il y a ce postulat que le cerveau ne comprend pas la négation.
- 41:10C'est-à-dire qu'un patient ne va pas lui dire
- 41:13« ne vous accrochez pas à la barrière,
- 41:15ne faites pas ça » .
- 41:16Et avec les enfants,
- 41:18bien souvent,
- 41:18c'est ce qu'on fait.
- 41:19On leur demande...
- 41:20On leur dit ce qu'ils ne doivent pas faire.
- 41:23Or,
- 41:23le cerveau ne comprend pas la négation.
- 41:26Et c'est pour ça que,
- 41:26vous voyez,
- 41:27tu vois,
- 41:28on peut transposer cette communication thérapeutique dans notre vie personnelle,
- 41:33avec nos enfants,
- 41:34en disant,
- 41:34par exemple,
- 41:35au lieu de dire à l'enfant
- 41:36« Surtout, ne saute pas dans la flaque ! »
- 41:39Parce que là,
- 41:39t'es sûr,
- 41:41il y va direct.
- 41:43Est-ce que tu peux contourner la flaque ?
- 41:45Dire,
- 41:46c'est ça.
- 41:46Et en communication non-violente aussi,
- 41:48c'est très important,
- 41:49quand on fait une demande à quelqu'un,
- 41:51c'est de la faire de façon positive,
- 41:55sans négation,
- 41:56puisque le cerveau,
- 41:57encore une fois,
- 41:57ne comprend pas la négation.
- 41:59C'est magnifique.
- 42:00J'imagine un hôpital où tout le monde sait parler,
- 42:04où le personnel saupoudre,
- 42:07où il n'y a que des mots sympas,
- 42:10et les patients rassurés,
- 42:12et tout le monde prend ses médocs.
- 42:13C'est trop bien.
- 42:20Alors,
- 42:20comment on déploie tout ça ?
- 42:21Comment on transmet ?
- 42:22Comment on fait diffuser les formations ?
- 42:26Donc,
- 42:27toi,
- 42:28tu as un centre de formation.
- 42:30Qui fait appel à toi ?
- 42:31Alors déjà,
- 42:33certes,
- 42:33j'ai un centre de formation,
- 42:34mais j'agis surtout en tant que sous-traitant.
- 42:39C'est-à-dire que ce sont des organismes de formation qui viennent me chercher.
- 42:42Oui.
- 42:43Pour justement que j'anime des formations.
- 42:45Donc en fait,
- 42:46mon organisme de formation,
- 42:49j'interviens très peu en tant que moi-même organisme de formation.
- 42:52Je fais plutôt de la sous-prétence pour les autres.
- 42:55Ce sont les établissements de soins en fait qui sont demandeurs de ces thématiques ?
- 43:00Oui,
- 43:00en sachant qu'en tant que soignant,
- 43:02on a une obligation de formation,
- 43:04c'est obligatoire de se former.
- 43:06Et donc les établissements...
- 43:11peuvent demander par exemple une formation.
- 43:13Alors en ce moment,
- 43:15ce qui marche à fond,
- 43:17c'est tout ce qui est gestion de l'agressivité des patients et de leur famille.
- 43:23Parce qu'il y a beaucoup de comportements agressifs dans les hôpitaux,
- 43:27dans les EHPAD,
- 43:27etc.
- 43:28Alors ça,
- 43:28c'est une formation qui cartonne.
- 43:30J'interviens beaucoup sur ce thème.
- 43:32Après,
- 43:33ça peut être la bientraitance,
- 43:34ça peut être la méthode de la validation,
- 43:37enfin plein d'autres...
- 43:39plein d'autres méthodes communicationnelles.
- 43:43D'accord.
- 43:43Et ce sont des groupes d'infirmières et d'aides-soignants ou c'est mélangé ?
- 43:49Tout est mélangé.
- 43:51J'ai même eu parfois,
- 43:53très rarement,
- 43:54des médecins.
- 43:54Je peux avoir des psychologues aussi,
- 43:56des ergothérapeutes.
- 43:57Donc,
- 43:58c'est vraiment toutes les professions.
- 44:01Qui sont attachées à la médecine.
- 44:02Oui.
- 44:03Et des ASH aussi,
- 44:04ne les oublions pas.
- 44:05Parce qu'elles aussi,
- 44:06même si elles ne sont pas au contact direct du soin,
- 44:09elles ne font pas des soins,
- 44:09mais en tout cas,
- 44:10elles sont très importantes et elles ont aussi besoin.
- 44:13Et bien souvent,
- 44:15elles sont demandeuses aussi pour se former.
- 44:18Oui,
- 44:18elles sont indispensables.
- 44:20La charge de travail ne serait pas la même pour les infirmières s'il n'y avait pas les ASH.
- 44:25Exactement,
- 44:26exactement.
- 44:27Merci beaucoup Sandrine.
- 44:30Pour ce magnifique échange où j'ai appris énormément,
- 44:34j'espère que tous ceux qui nous ont écoutés ont appris,
- 44:39ont eu un petit regard sur un établissement de soins et sur ce qui s'y passe et ce qu'on cherche à déployer.
- 44:49L'objectif est de parler mieux,
- 44:52de communiquer mieux,
- 44:53d'établir des liens plus solides.
- 44:56toujours dans le même but,
- 44:58c'est améliorer l'alliance avec le patient et prendre soin de mieux en mieux de lui,
- 45:06de façon générale.
- 45:08J'ai envie que tu puisses dire aussi où on peut te retrouver,
- 45:14où on peut t'écouter,
- 45:15parce que tes vidéos sont riches et sont passionnantes.
- 45:20On y apprend beaucoup de choses.
- 45:22La toilette,
- 45:22par exemple,
- 45:24c'est une vidéo qui fait
- 45:25presque une heure et qui m'avait beaucoup plu,
- 45:32très instructive philosophiquement,
- 45:35pratiquement et à tous les niveaux.
- 45:38Donc où est-ce qu'on te retrouve Sandrine ?
- 45:40Vous pouvez me retrouver sur ma chaîne YouTube,
- 45:44c'est mon nom et mon prénom,
- 45:46Sandrine Massoc.
- 45:47Et là,
- 45:48il y a une soixantaine de vidéos pour les soignants ou même pour les aidants et puis pour tout le monde au final.
- 45:55Parce que tout le monde peut être touché par ce que je raconte.
- 45:59Ça,
- 45:59c'est une évidence.
- 46:01Merci encore Sandrine pour ta présence précieuse.
- 46:05Reviens quand tu veux.
- 46:07On aura encore plein de thématiques à aborder si tu veux bien.
- 46:11Je mettrai les liens pour t'écouter au niveau de la chaîne.
- 46:17Et voilà,
- 46:18merci pour ta présence et merci pour tout.
- 46:21Merci beaucoup Imane et longue vie à ces podcasts.
- 46:25qui sont très importants sur la communication.
- 46:27C'est tellement important.
- 46:28Donc,
- 46:28merci à toi de partager,
- 46:30de diffuser cette passion que tu as.
- 46:32Merci beaucoup.
- 46:33Un jour ou l'autre,
- 46:34nous sommes tous patients.
- 46:36Certains s'en soignons.
- 46:38D'autres,
- 46:39plus jeunes,
- 46:39recherchent l'inspiration pour le devenir.
- 46:42Merci à Sandrine d'embellir ce lien qui nous raccorde tous.
- 46:46Et à très bientôt dans Enquête d'accord.