Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Mieux réussir ensemble: CRM et connaissance de soi
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- 0:04Enquête d'accord,
- 0:05l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:10Bienvenue dans
- 0:12Enquête d'accord,
- 0:15la chaîne qui vous invite à explorer le lien humain par la communication.
- 0:20Notre quête qui peut être la vôtre si vous l'acceptez est d'interroger notre intelligence collective pour mieux nous accorder.
- 0:28Je m'appelle Imane et je vous souhaite une excellente écoute.
- 0:32Hello Guillaume,
- 0:33bonjour.
- 0:33Bonjour Imane.
- 0:34Comment ça va ?
- 0:35Très bien.
- 0:36Écoute,
- 0:36d'abord merci de m'accueillir ici.
- 0:39Ça fait très longtemps que je ne suis pas venue à Bruxelles et je suis très très heureuse d'être là.
- 0:45alors c'est une aventure que je te remercie d'avoir accepté d'avoir tous les deux il s'agit de ton livre mieux réussir ensemble un livre pour moi majeur à plusieurs niveaux
- 1:01de différentes lectures et que j'ai très très envie de partager au plus grand nombre.
- 1:08J'ai envie que beaucoup de monde se sente impliqué pour plusieurs raisons.
- 1:14D'abord parce que
- 1:16quel que soit le domaine,
- 1:17on peut être concerné.
- 1:19Donc sentez-vous concerné,
- 1:21quel que soit le domaine professionnel.
- 1:24Parce qu'ici,
- 1:24il s'agit d'abord de compétences individuelles,
- 1:27donc ça concerne tout le monde.
- 1:29Ça pourrait être appliqué à notre vie de tous les jours,
- 1:34une application sociale et personnelle.
- 1:37Sentez-vous concerné aussi si vous avez même un ou deux collaborateurs.
- 1:43Ça peut intéresser toutes les entreprises,
- 1:46tous les domaines de travail de façon générale,
- 1:49toutes les organisations aussi,
- 1:51parce que tu vas nous parler beaucoup d'organisation.
- 1:54Et puis,
- 1:56si vous êtes curieux ou si jamais vous êtes dans un domaine,
- 2:02on va dire dynamique.
- 2:03Parce qu'il y a des endroits un peu comme ça,
- 2:06où il y a des enjeux qui peuvent être soit très importants,
- 2:10soit sécuritaires.
- 2:11Je pense à l'aéronautique,
- 2:12je pense à la santé,
- 2:14je pense au nucléaire,
- 2:15mais je pense aussi aux brigades de cuisine.
- 2:18Nous en sommes maintenant à parler des facteurs humains.
- 2:23Et donc,
- 2:24que vous soyez dans ces gens-là ou que vous soyez juste curieux,
- 2:29venez écouter.
- 2:31ce podcast qui va essayer de suivre les trajets de ce livre,
- 2:36qui va essayer de le partager avec vous en présence de son écrivain.
- 2:40Je me suis demandé hier en arrivant à Bruxelles pourquoi pour moi ce livre est important et pourquoi il est majeur.
- 2:50Et c'est en arrivant que j'ai pu me rendre compte qu'au fait je le qualifierais de congruent,
- 2:56c'est-à-dire il est écrit,
- 2:59il est présent.
- 3:01et il est programmé d'une façon claire et justement cette clarté qu'il prône,
- 3:08cette clarté qu'il veut proposer et qu'il veut nous donner à voir et à exprimer.
- 3:13Donc en ça,
- 3:14je le trouve complètement congruent et c'est pour cette raison que je voudrais le partager au plus grand nombre et qu'il soit accessible en audible,
- 3:23on va dire,
- 3:24avec toi Guillaume.
- 3:26Après cette longue,
- 3:27longue introduction,
- 3:29merci encore.
- 3:31Merci au docteur Thomas Lopez de m'avoir conseillé ce livre.
- 3:36Est-ce que tu voudrais,
- 3:40à ta façon,
- 3:41te présenter à nous et présenter ton livre,
- 3:44Guillaume ?
- 3:45Bien sûr.
- 3:47Je suis ingénieur de formation,
- 3:50très cartésien et rationnel dans l'âme.
- 3:53Dès le début,
- 3:55je pense que depuis,
- 3:56j'en parlais hier avec ma soeur,
- 3:57on est ici chez ma soeur,
- 3:59depuis que je suis tout petit,
- 4:01j'ai entendu dans la bouche de mes parents que j'allais être ingénieur.
- 4:04Donc je ne me suis jamais posé la question de faire autre chose.
- 4:06Et puis j'ai découvert l'aéronautique au travers du vol à voile,
- 4:09le planeur,
- 4:11quand j'avais 17 ans.
- 4:13J'ai accroché et j'ai décidé,
- 4:15j'ai fait mes études d'ingénieur,
- 4:16mais j'ai décidé de faire une formation de pilote de ligne.
- 4:18Et donc là,
- 4:19je travaille comme pilote depuis
- 4:212000, février 2000,
- 4:22donc ça fait 25 ans.
- 4:24J'ai commencé dans une compagnie de fret en Magic,
- 4:29ensuite j'ai switché vers le passager,
- 4:33dans une compagnie low cost.
- 4:34Et là aujourd'hui,
- 4:35ça fait 18 ans que je suis pilote pour Air France,
- 4:38pour l'instant sur Longourier.
- 4:40Et au sein d'Air France...
- 4:41Je fais partie de l'équipe qui est chargée de former tous les équipages au travail en équipage.
- 4:49Donc on abordera ça tout à l'heure.
- 4:51Il y a toute une réglementation qui encadre ces formations,
- 4:54qui sont des formations continues et réglementaires.
- 4:58Un steward,
- 4:58une hôtesse,
- 4:58un pilote qui n'a pas su...
- 5:00Suivi une formation au travail en équipage,
- 5:03un rafraîchissement de formation une année donnée,
- 5:06ne peut pas repartir en vol,
- 5:07il va devoir suivre cette formation.
- 5:10Et depuis quelques années,
- 5:12j'ai extrapolé avec d'autres collègues...
- 5:16Ce que l'aéronautique a mis en place depuis une quarantaine d'années aujourd'hui a d'autres domaines d'activité dont les soins de santé,
- 5:24dont le nucléaire,
- 5:25l'industrie ferroviaire et,
- 5:26comme tu le disais,
- 5:28une cuisine dans un restaurant.
- 5:31dans lequel une équipe travaille ensemble à atteindre un objectif commun.
- 5:35J'interviens aussi dans des sociétés du type informatique,
- 5:39dans lesquelles des larges équipes doivent atteindre aussi un objectif pour satisfaire les clients.
- 5:45Donc voilà,
- 5:48et dans une optique de partager au plus grand nombre ce que j'avais rassemblé.
- 5:55J'ai écrit ce livre dont la première édition est sortie en 2019 et la deuxième ici en mars 2025.
- 6:01Alors ton livre,
- 6:01tu le commences par quelque chose qui m'a beaucoup marqué.
- 6:04Tu as dit « j'ai beaucoup de chance » .
- 6:07J'ai beaucoup de chance parce que j'ai entendu toute une série d'histoires qu'ont vécues des collègues que j'ai eues moi-même comme commandant de bord en tant que jeune copilote.
- 6:16Et ces commandants de bord,
- 6:18lorsque eux-mêmes étaient copilotes,
- 6:20il y a une trentaine,
- 6:20une quarantaine d'allées.
- 6:22On volait avec les commandants de bord de l'époque,
- 6:24on appelait les seigneurs de l'Atlantique.
- 6:26C'est-à-dire des commandants de bord qui étaient maîtres à bord après Dieu,
- 6:31voire l'égal de Dieu à bord de l'avion,
- 6:34et qui avaient le droit et qui s'octroyaient le droit de prendre toutes les décisions quelles qu'elles soient,
- 6:41souvent,
- 6:41malheureusement,
- 6:43en rabaissant le reste de l'équipage.
- 6:46Alors c'était pas une...
- 6:47volonté de mal faire,
- 6:49c'était juste la manière de faire de l'époque,
- 6:51c'était la manière dont eux avaient appris à se comporter dans un cockpit et j'ai de la chance aujourd'hui parce que l'évolution du
- 7:02CRM qu'on abordera tout à l'heure,
- 7:03l'avènement du CRM dans les années 80 a complètement changé cette approche du leadership
- 7:10qui,
- 7:11à l'époque,
- 7:11était autocratique et aujourd'hui est beaucoup plus participative.
- 7:13Oui,
- 7:14c'était des pilotes de chasse militaires qui avaient d'autres façons de processer.
- 7:21Dans les années
- 7:2350-60, quand l'industrie aéronautique civile s'est développée de manière importante,
- 7:28les pilotes qui étaient sur le marché,
- 7:30c'était d'anciens pilotes de chasse qui avaient vécu la guerre 40-45 et qui avaient survécu à cette guerre.
- 7:37C'était des personnalités qui étaient fortes pour la plupart,
- 7:41c'est pas une généralité parce qu'il y en a certains qui avaient déjà bien intégré le besoin de prendre en compte la dimension humaine dans le fonctionnement d'un équipage,
- 7:51mais pour la plupart,
- 7:52des témoignages que j'ai et des histoires qu'on peut lire,
- 7:55c'était des personnalités fortes qui,
- 7:58quelque part...
- 8:00avaient été capables de piloter leurs uns seuls pendant la guerre et à survivre.
- 8:05Et donc là,
- 8:05on les affublait d'un copilote,
- 8:08d'un mécanicien navigant,
- 8:09d'un collègue responsable aussi des communications radio.
- 8:13Et donc ça faisait beaucoup de monde dans leur cockpit.
- 8:16À gérer.
- 8:17Et ils n'en avaient pas l'habitude.
- 8:19Du coup,
- 8:19la question qui me vient,
- 8:21donc,
- 8:21quel est l'historique ?
- 8:23Comment est arrivé ce CRM ?
- 8:28Quels événements ont pu pousser à ce qu'il voit le jour,
- 8:33tout simplement ?
- 8:34Il y a certains événements qui sont emblématiques.
- 8:37Dans les années 70,
- 8:38il y a eu énormément d'accidents.
- 8:41Et pour donner quelques exemples,
- 8:44en 1972,
- 8:47il y a un vol emblématique lors de la sortie du train d'atterrissage à l'aéroport d'arrivée.
- 8:56Il y a une des lampes qui est supposée s'allumer,
- 8:58une lampe verte qui est supposée s'allumer au cockpit pour nous indiquer que le train d'atterrissage est bien sorti,
- 9:02qui ne s'est pas allumé.
- 9:05L'équipage a pu vérifier par des moyens secondaires que le train d'atterrissage était bien sorti,
- 9:11mais malgré ça,
- 9:12le commandant de bord s'est acharné et s'est entêté à vouloir faire en sorte que cette lampe s'allume en voulant remplacer un élément du système.
- 9:23Et ce faisant,
- 9:24il y a eu beaucoup de déplacements dans le cockpit.
- 9:29Le manche de pilotage a été appuyé vers l'avant sans qu'il s'en rende compte.
- 9:36Du coup,
- 9:36le pilote automatique rudimentaire de l'époque a changé de mode et l'avion s'est mis en légère descente.
- 9:42Ça a commencé à environ 1500 mètres du sol.
- 9:44Et les dernières paroles qu'on peut entendre dans ce cockpit,
- 9:48c'est...
- 9:49Mais on a changé d'altitude,
- 9:50quoi ?
- 9:51Mais on est encore à 5000 pieds ou...
- 9:54Et boum,
- 9:54c'est fini.
- 9:56Et donc ils se sont crachés à ce moment-là.
- 9:58Donc ils se sont entêtés...
- 10:00Et à vouloir résoudre un problème qui n'en était plus un.
- 10:03Et malheureusement,
- 10:04ça a eu une conséquence.
- 10:05Tout le monde à bord est décédé.
- 10:08Il y a eu une série d'autres accidents.
- 10:10L'accident qui reste le plus meurtrier de l'aéronautique,
- 10:13il s'est passé le 27 mars 1977,
- 10:18à Ténérife.
- 10:19Il y a beaucoup de personnes qui en ont entendu parler.
- 10:21Ce jour-là,
- 10:23le commandant de bord d'un Boeing 747 de KLM,
- 10:26qui était très pressé de rentrer à Amsterdam,
- 10:29il était tellement pressé qu'il était persuadé d'avoir reçu l'autorisation de décollage.
- 10:34Ce jour-là,
- 10:34il y avait un brouillard à couper au couteau à Tenerife,
- 10:36il y avait un autre avion qui était en train de remonter la piste,
- 10:38donc il ne pouvait pas le voir,
- 10:40et persuadé qu'il était autorisé de décoller,
- 10:44il a entamé le décollage sans écouter...
- 10:48Les doutes émis par son copilote et son mécanicien.
- 10:52Et le crash a eu lieu sur la piste.
- 10:54583 morts.
- 10:56C'est ça.
- 10:57Celui-là,
- 10:58il est fameux.
- 11:01Il y en a eu quelques-uns à cette époque-là.
- 11:04C'est ce qui a poussé la réflexion sur la compréhension de l'arrivée de ces accidents.
- 11:10Et là,
- 11:12on est sorti de ce concept.
- 11:17Ce concept qui était commencé à se présenter de façon plus forte,
- 11:23qui est le facteur humain.
- 11:25Exactement.
- 11:27L'accident qui est réputé comme ayant provoqué la démarche,
- 11:31il a eu lieu en 1978 à Portland.
- 11:34C'est de nouveau un problème de train d'atterrissage qui a mené à ce qu'au bout d'un moment,
- 11:43l'avion se retrouve en panne sèche.
- 11:45Et donc ils se sont posés comme ils ont pu en vol plané dans une zone résidentielle.
- 11:49Donc tout le monde n'est pas décédé,
- 11:50mais quand même c'était catastrophique comme situation.
- 11:54Et à la suite de ça,
- 11:56la compagnie United Airlines,
- 11:58à qui appartenait cet avion,
- 12:00a décidé qu'on ne pouvait pas continuer comme ça,
- 12:04il y avait trop d'accidents.
- 12:05Et ils ont diligenté la NASA pour mener une enquête conjointe et pour essayer de comprendre pourquoi il y avait tant d'accidents,
- 12:11tant de crashs depuis les dernières années.
- 12:15Et les résultats de cette étude ont été publiés en 1979 lors d'une conférence à San Francisco.
- 12:21Et les résultats étaient assez perturbants pour l'époque parce qu'en fait il n'était pas question de notions techniques,
- 12:34de problèmes de compétences de pilotage,
- 12:37mais plutôt de notions de fonctionnement humain,
- 12:40c'est-à-dire de leadership inadéquat.
- 12:43Également de support mutuel inadéquat,
- 12:45c'est-à-dire je suis copilote d'un commandant de bord un peu autocratique,
- 12:48mais je ne réussis pas à aller au bout de ma démarche de remise en question de sa décision.
- 12:56Des problèmes de communication,
- 12:58des problèmes de prise de décision,
- 12:59des problèmes de compréhension de l'environnement,
- 13:02de conscience de la situation qui menaient à tous ces drames.
- 13:08essentiellement du non technique.
- 13:10Tu disais qu'au fait,
- 13:12ils se sont rendu compte que ce n'est pas vraiment des problèmes de formation.
- 13:15Ça ne servait à rien de prendre le pilote qui avait vécu l'incident pour lui redire ce qu'il savait déjà.
- 13:24C'était qu'au moment même où il fallait déployer cette compétence,
- 13:30ça n'a pas été possible et ça n'a pas pu être fait.
- 13:33Donc ce n'est pas en reformant les gens et en les remettant dans des formations que ça suffirait.
- 13:39Certainement pas des formations techniques,
- 13:41parce que les simulateurs de vol avaient déjà été développés de manière assez poussée.
- 13:46Donc la formation technique,
- 13:47la formation au pilotage,
- 13:49les connaissances techniques des pilotes étaient à un niveau suffisant,
- 13:53largement.
- 13:54Par contre,
- 13:55ça a nécessité des formations dans le domaine de l'interaction,
- 14:00des interactions au sein d'un équipage.
- 14:01Ça se jouait ailleurs,
- 14:03quoi.
- 14:03Ça se jouait ailleurs de ce sur quoi le focus était mis à l'époque.
- 14:09Donc,
- 14:10c'est quoi le CRM,
- 14:12Guillaume ?
- 14:13Alors,
- 14:13le CRM,
- 14:14c'est la réponse qui a été donnée à ces conclusions qui ont été publiées en 1979,
- 14:19c'est-à-dire...
- 14:20On a fait le constat que les problèmes se situent au niveau du fonctionnement des équipages et donc on va proposer des formations qui vont avoir pour objectif de développer les compétences en leadership,
- 14:31en communication,
- 14:32en prise de décision,
- 14:33en gestion de la charge de travail,
- 14:34etc.
- 14:35On n'était pas encore sur l'individu à l'époque.
- 14:38Il y a eu une petite tentative qui a été rapidement abandonnée de vouloir apporter trop d'éléments psychologiques individuels aux pilotes.
- 14:46Là,
- 14:46il y a eu rapidement...
- 14:48levé de bouclier en disant on est très bien comme on est,
- 14:50vous n'allez pas essayer de nous changer,
- 14:52votre truc,
- 14:52on ne marche pas,
- 14:54on n'est pas demandeur.
- 14:56Par contre,
- 14:57les personnes qui ont mis en place ces formations ont eu
- 15:00L'intelligence de rapidement basculer sur les interactions,
- 15:03c'est-à-dire comment peut-on au sein d'une équipe communiquer de manière efficace pour s'assurer qu'un message soit transmis,
- 15:09soit reçu,
- 15:10soit bien compris et soit pris en compte.
- 15:12Oui,
- 15:13ça c'est une aventure.
- 15:14On s'est rendu compte que ce n'était pas simple.
- 15:15Exactement.
- 15:17Et ces formations qui ont été mises en place dans les années 80,
- 15:20elles ont été développées chez United Airlines et puis elles ont été diffusées à toutes les compagnies des États-Unis progressivement,
- 15:26ont été extrêmement bien reçues par les pilotes.
- 15:29Et donc je vois que c'est pertinent en fait.
- 15:33C'est extrêmement pertinent.
- 15:34Si on regarde l'évolution du nombre de passagers transportés sur base annuelle,
- 15:38on a les statistiques qui sont publiées tous les ans.
- 15:40Et l'évolution du nombre de décès en parallèle,
- 15:43on voit que proportionnellement,
- 15:45on a une réduction significative,
- 15:48continue,
- 15:49du nombre de drames.
- 15:53Parce que ça reste des drames et il y en aura toujours.
- 15:56Le risque zéro n'existe pas.
- 15:58Mais on voit qu'il y a une amélioration significative continue depuis une bonne quarantaine d'années.
- 16:04On sait que c'est grâce au CRM,
- 16:07il y a aussi les avions qui sont plus...
- 16:09Bien sûr,
- 16:10il y a différents facteurs.
- 16:11Les avions sont plus performants,
- 16:13les phénomènes météo sont mieux compris qu'avant,
- 16:15la formation des pilotes a continué d'évoluer avec les technologies nouvelles.
- 16:23l'impact du CRM en lui-même est très difficile à mesurer
- 16:28En tant que tel,
- 16:29c'est très difficile d'isoler son efficacité de tous les autres facteurs.
- 16:35Mais quand on regarde l'évolution de manière globale,
- 16:39il est évident que le CRM a eu un impact.
- 16:42Après,
- 16:43il y a d'autres industries,
- 16:44d'autres secteurs d'activité qui se sont inspirés de ce qui a été fait en aéronautique.
- 16:49Dans ton secteur,
- 16:49dans ton domaine,
- 16:50les soins de santé,
- 16:51il y a un anesthésiste qui s'appelait Gaba,
- 16:54qui déjà dans les années 80 s'est inspiré...
- 16:57de ce que les compagnies aériennes mettaient en place.
- 17:00Alors lui a changé l'acronyme CRM,
- 17:03qui initialement,
- 17:04pour la petite histoire,
- 17:05en aéronautique,
- 17:06voulait dire Cockpit Resource Management,
- 17:09la gestion des ressources du cockpit.
- 17:11Parce que l'équipage de cabine,
- 17:12il était mis sur le côté.
- 17:14On n'avait pas besoin.
- 17:15Et puis on s'est rendu compte qu'il y avait certains accidents dans lesquels il aurait été très très utile d'avoir une implication et une...
- 17:24une participation plus active de l'équipage de cabine.
- 17:27Et du coup,
- 17:27on est passé de Cockpit Resource Management à Crew Resource Management,
- 17:30tout l'équipage.
- 17:31Gabba,
- 17:31à l'époque,
- 17:32avait parlé de Crisis Resource Management.
- 17:34Et il y a toute une série de compétences qu'il a proposées,
- 17:36qui étaient inspirées de ce que l'aéronautique avait mis en œuvre.
- 17:39Et aujourd'hui,
- 17:40il y a plein d'organismes,
- 17:42que ce soit aux États-Unis,
- 17:43avec dès
- 17:452000, le programme TeamSTEPPS qui a été mis en place,
- 17:48mais aussi dans d'autres...
- 17:51pays comme la France avec l'association Facteur Humain en Santé,
- 17:55il y a toute une série d'initiatives qui sont mises en place de manière à diffuser ces outils au plus large nombre parce que ça fonctionne.
- 18:05Et aux États-Unis,
- 18:06la seule donnée chiffrée qui existe,
- 18:09à ma connaissance,
- 18:10c'est un groupe d'hôpitaux en Ohio qui a mis en place des formations inspirées du CRM
- 18:18une grande partie de son personnel et qui a mesuré un retour sur investissement qui était de l'ordre de 8 fois.
- 18:25Donc ils ont investi 3 millions de dollars et ils estiment que la réduction des complications liées à des erreurs a été réduite entre
- 18:3312 et 28 millions de dollars.
- 18:35Ok,
- 18:36chiffré comme ça,
- 18:36ça parle mieux.
- 18:38Et je me demandais,
- 18:39à part les facteurs humains en santé,
- 18:42quels sont les domaines où on a tenté d'instaurer des systèmes comme le CRM ?
- 18:48Alors il y a l'industrie nucléaire qui s'y intéresse depuis longtemps,
- 18:51d'une manière un peu différente,
- 18:53mais il y a des démarches,
- 18:54des procédures et des outils facteurs humains,
- 18:58comme ils les appellent,
- 18:59qui sont utilisés dans les centrales nucléaires,
- 19:05au sein de l'armée.
- 19:06Ça fait aussi un certain nombre d'années que ces approches sont enseignées,
- 19:13sont entraînées.
- 19:16Et puis il y a d'autres domaines d'activité,
- 19:18alors il y a beaucoup d'activités à risque,
- 19:19mais il y a d'autres domaines dans lesquels certaines personnes ont trouvé que,
- 19:24effectivement,
- 19:25si on réussit à communiquer plus efficacement,
- 19:26par exemple,
- 19:27au sein d'une banque,
- 19:28effectivement personne ne va mourir s'il y a une erreur qui est commise,
- 19:31mais l'institution pourrait perdre des millions d'euros à cause d'une information qui a été mal comprise,
- 19:37à cause d'un doute qui n'a pas été levé,
- 19:39à cause d'une décision qui a...
- 19:40pas été prise de manière appropriée.
- 19:42Donc en fait,
- 19:43on est tous concernés.
- 19:44En fait,
- 19:44les enjeux peuvent ne pas être vitaux,
- 19:46mais ils peuvent être super importants et ils peuvent être majeurs.
- 19:50Du coup,
- 19:51je me demande si toutes les compagnies aériennes les plus grandes,
- 19:55les plus connues,
- 19:56utilisent un CRM.
- 19:58Oui.
- 19:58Aujourd'hui,
- 19:59depuis...
- 20:00Depuis 1990,
- 20:02ces formations sont obligatoires aux États-Unis.
- 20:03Depuis 2001,
- 20:04elles sont obligatoires en Europe.
- 20:06Et ailleurs dans le monde,
- 20:09je sais que...
- 20:10Alors,
- 20:10je ne peux pas te dire dans des toutes petites compagnies,
- 20:12dans la brousse africaine,
- 20:13ça je ne peux pas te le garantir,
- 20:15mais toutes les grandes compagnies mondiales,
- 20:17y compris en Asie et en Amérique du Sud,
- 20:19sont concernées par l'obligation...
- 20:23de former les équipages à ces pratiques.
- 20:25Il me vient une question,
- 20:27est-ce qu'on peut demander si la compagnie applique un CRM avant de prendre un avion ?
- 20:34On peut le savoir ça ?
- 20:36Je pense que...
- 20:37Oui,
- 20:41la réponse sera donnée avec plaisir.
- 20:44La manière de le savoir avec certitude,
- 20:46en fait tout ça se situe dans la loi,
- 20:48dans la réglementation,
- 20:49en France c'est le code des transports.
- 20:51avec le code de l'air qui fait partie du code des transports.
- 20:55Et ce code de l'air spécifie précisément le nombre d'heures de formation que doit avoir chaque personnel navigant pour pouvoir réaliser son travail.
- 21:05En santé,
- 21:05on est loin du compte ?
- 21:07En santé,
- 21:07à ma connaissance aujourd'hui,
- 21:08il y a très peu d'endroits dans lesquels il y a une obligation de formation.
- 21:14Au facteur humain,
- 21:15bien sûr.
- 21:16Il y a quelques états américains dans lesquels il y a des bribes.
- 21:20d'obligation de rapporter les événements,
- 21:25avec en parallèle la protection du rapporteur.
- 21:29C'est-à-dire,
- 21:30même si je commets une erreur,
- 21:31je fais un rapport.
- 21:32L'objectif de ce rapport,
- 21:33c'est de faire évoluer la profession,
- 21:36l'organisation,
- 21:37et je ne peux pas être attaqué individuellement sur base de ce rapport.
- 21:41Oui,
- 21:42mais ça,
- 21:42on en parlera tout à l'heure.
- 21:45ce sujet sera abordé.
- 21:47Alors,
- 21:47vous m'entendrez souvent tourner les pages.
- 21:49C'est qu'on va essayer d'avancer,
- 21:50Guillaume,
- 21:50et profiter de tout en livre parce que j'ai vraiment envie qu'on puisse vraiment parler des plus grands chapitres.
- 21:58Est-ce qu'on peut passer,
- 21:59si tu le veux bien,
- 22:00sauf si tu as quelque chose à ajouter,
- 22:02à la partie performance individuelle ?
- 22:06On peut attaquer le sujet.
- 22:07Il est énorme,
- 22:08il est passionnant,
- 22:09se connaître soi-même.
- 22:11Oui.
- 22:11Déjà,
- 22:12c'est la base.
- 22:13Alors déjà,
- 22:14c'est la base.
- 22:14C'est quelque chose que j'ai découvert il y a une quinzaine d'années.
- 22:17Comme je disais,
- 22:18j'ai une formation d'ingénieur,
- 22:19formation de pilote,
- 22:20très rationnelle,
- 22:20cartésien.
- 22:21Et je me suis rendu compte qu'il y a toute une série de choses me concernant à côté desquelles je passais,
- 22:26que j'ai découvert petit à petit au travers d'échanges,
- 22:30de lectures,
- 22:32de formations.
- 22:34Et je me suis rendu compte à quel point le fait d'avoir des individus qui soient
- 22:41solide au sein d'une équipe va contribuer à la solidité de l'équipe.
- 22:44J'ai pour coutume de dire on ne peut pas construire un mur solide avec des briques mal cuites.
- 22:49Et donc au tout début,
- 22:51comme je l'évoquais tout à l'heure,
- 22:52l'industrie,
- 22:53enfin les personnes qui ont mis en place des formations dans les années 80,
- 22:56ont voulu s'intéresser au fonctionnement individuel et il y a eu une levée de bouclier.
- 23:00Depuis une dizaine d'années,
- 23:02l'industrie aéronautique est prête à ça.
- 23:04Et donc on a implémenté depuis...
- 23:072016 des formations dans lesquelles on aborde des sujets qu'on n'abordait pas avant,
- 23:12qui sont pas liés aux interactions au sein d'une équipe mais qui sont liés au fonctionnement des individus.
- 23:17Comment je gère mon stress ?
- 23:19Comment j'accepte et je gère mes émotions ?
- 23:22En ce qui me concerne,
- 23:23le mot émotion,
- 23:23il y a 15 ans,
- 23:24me concernant,
- 23:25personnellement,
- 23:25c'était quelque chose qui faisait pas partie de ma vie.
- 23:27Je considérais que c'était...
- 23:29j'étais pas concerné par ce genre de choses.
- 23:31Depuis lors,
- 23:32j'ai compris que c'était fondamental et qu'en fait,
- 23:34c'est ce qui guide nos comportements.
- 23:36seconde après seconde.
- 23:38Donc c'est fondamental parce que,
- 23:39à la fois en tant qu'individu,
- 23:41mais en tant qu'individu au sein d'une équipe,
- 23:44mes comportements vont être guidés par les émotions que je ressens à l'instant T.
- 23:50Alors comment on fonctionne ?
- 23:52Comment on fonctionne,
- 23:53Guillaume ?
- 23:54Raconte-moi tout.
- 23:55Comment on est arrivé là ?
- 23:56Déjà,
- 23:57tout ce que je vais aborder là,
- 23:58c'est un modèle.
- 23:59Un modèle,
- 24:00par essence,
- 24:00c'est une simplification.
- 24:02Donc il y a certainement des choses qui sont erronées.
- 24:05dont on découvrira dans les années qui viennent avec les avènements des neurosciences,
- 24:09etc.,
- 24:10que c'est erroné.
- 24:11Mais ce qui est important,
- 24:12c'est que c'est utile et ça permet une compréhension et une adaptation des comportements pour avoir un travail en équipe qui soit de meilleure qualité.
- 24:19Le modèle que nous avons retenu en aéronautique,
- 24:21c'est celui qui a été développé,
- 24:23qui a été popularisé par Daniel Kahneman,
- 24:25qui était un psychologue israélo-américain,
- 24:27qui a eu le prix Nobel d'économie en 2002.
- 24:30Et
- 24:31Kahneman a popularisé une approche psychologique qui...
- 24:36sépare le cerveau humain en deux modes de fonctionnement.
- 24:39On a d'une part ce qu'il appelle le système 1 et d'autre part le système 2.
- 24:44Le système 1 c'est tout ce qui est automatisme,
- 24:48tout ce qui est routine,
- 24:49tout ce qui est...
- 24:50on parle de mode reptilien avec les réflexes,
- 24:53avec l'instinct de survie etc.
- 24:56mais aussi les routines qui font partie de ce qu'on a appris.
- 25:00Donc on a des routines qui sont acquises,
- 25:02des routines qui sont innées.
- 25:03Tous nos apprentissages,
- 25:04à force de répétition,
- 25:05on va les câbler.
- 25:07Il y a des câblages neuronaux qui se font.
- 25:09Et à force de répétition,
- 25:10on va devenir de plus en plus performant dans la réalisation de cette routine.
- 25:16Par exemple,
- 25:16l'apprentissage de faire du vélo.
- 25:18Quand on monte sur un vélo la première fois,
- 25:19si on n'a pas les petits trous sur le côté,
- 25:21on tombe.
- 25:22Pourquoi ?
- 25:22Parce qu'on n'a pas développé le sens de l'équilibre lié au fait de...
- 25:28rester sur un vélo.
- 25:29Et puis à force de pratiquer,
- 25:31on le développe.
- 25:32Et tout ça,
- 25:32ça se passe dans le cerveau.
- 25:33C'est la même chose pour l'apprentissage d'une langue,
- 25:35c'est la même chose pour l'apprentissage des maths,
- 25:37c'est la même chose pour l'apprentissage d'une compétence technique.
- 25:41Au début,
- 25:42on tâtonne.
- 25:43Et puis,
- 25:44à force de reproduire,
- 25:46on est capable de faire les choses sans réfléchir.
- 25:49C'est notre partie automatique ou inconsciente,
- 25:52celle qui nous permet de faire les choses sans réfléchir,
- 25:54parce que sinon ce serait une tannée.
- 25:56Ce serait complètement une tannée,
- 25:57parce que celui qui va nous permettre d'apprendre,
- 25:59c'est le système 2.
- 26:01que certains appellent le mode adaptatif.
- 26:03Le système 2,
- 26:04c'est lui qui est capable de résoudre un problème auquel on n'a jamais été confronté.
- 26:08C'est lui qui est capable d'imaginer des choses qui ne se sont pas encore passées.
- 26:11On appelle ça la capacité d'abstraction.
- 26:14C'est lui qui est capable également de détecter si notre mode automatique,
- 26:20si notre système 1 commet une erreur.
- 26:23C'est lui qui nous envoie ce petit signal,
- 26:24tiens,
- 26:25il y a un truc qui ne va pas.
- 26:26On a tous rencontré un jour une situation dans laquelle on sent qu'il y a un truc qui ne va pas,
- 26:30mais on ne sait pas ce que c'est.
- 26:31Et bien,
- 26:32selon une théorie qui a été proposée par Jacques Fradin,
- 26:35qui est un thérapeute français,
- 26:37lui dit que c'est le mode adaptatif,
- 26:39le système 2,
- 26:40qui envoie un petit signal au système 1 en lui disant,
- 26:42tu as commis une erreur.
- 26:43Et ne pas le prendre en compte,
- 26:45c'est s'exposer au fait de ne pas réaliser,
- 26:49ou réaliser...
- 26:50pro...
- 26:50trop tard qu'on a commis une erreur.
- 26:52Et donc,
- 26:53Daniel Kahneman a développé ce modèle système 1,
- 26:55système 2 qui permet de comprendre pourquoi dans certaines situations,
- 26:59on va commettre des erreurs.
- 27:01Et commettre des erreurs,
- 27:01c'est normal.
- 27:03Surtout lorsqu'on est en train de réaliser des tâches routinières.
- 27:07D'accord.
- 27:07Alors,
- 27:07ce qui m'interpelle aussi,
- 27:09c'est la rapidité.
- 27:10Là,
- 27:10tu dis que le facteur,
- 27:12le système 1 est un million de fois plus rapide que le système 2.
- 27:17Oui.
- 27:18C'est dingue.
- 27:18Ce sont des chiffres qui sont avancés par des neuroscientifiques.
- 27:21Donc on parle d'une vitesse de
- 27:2440 unités de traitement par seconde,
- 27:2640 bits par seconde pour le système 2,
- 27:29et un million de fois plus,
- 27:3040 millions pour le système 1.
- 27:31Alors quand on y réfléchit,
- 27:32ce n'est pas aberrant,
- 27:34parce que le système 1,
- 27:35il va aussi gérer la fréquence cardiaque,
- 27:39la respiration,
- 27:40tout ce qui est système neurovégétatif,
- 27:41etc.
- 27:42En plus des actions qu'on réalise automatiquement.
- 27:45le système 2,
- 27:45on se rend rapidement compte que quand on doit apprendre quelque chose de compliqué,
- 27:51eh bien,
- 27:53c'est beaucoup plus fastidieux,
- 27:54c'est beaucoup plus lent,
- 27:57et c'est ce qui a fait déterminer aux scientifiques qu'il y a ce rapport de...
- 28:04de vitesse,
- 28:04je dirais pas de performance,
- 28:05les deux sont performants et utiles,
- 28:07mais il y a ce rapport de vitesse entre les deux.
- 28:08Et là,
- 28:09tu nous parles du système 3.
- 28:11Alors,
- 28:12le système 3,
- 28:13je dirais qu'il est fondamental,
- 28:15et c'est un des plus gros enjeux auxquels nous sommes confrontés au quotidien.
- 28:20En fait,
- 28:21le système 3,
- 28:22la notion de système 3 est apparue assez récemment,
- 28:25c'est
- 28:25Olivier Houdet,
- 28:26qui est directeur de recherche à la Sorbonne en psychologie,
- 28:30qui a proposé cette appellation.
- 28:33Et en fait,
- 28:34le système 3,
- 28:34c'est notre capacité d'inhibition.
- 28:36Donc comme je disais,
- 28:37le système 1,
- 28:37il est automatique.
- 28:38Il est automatique pour plein de choses.
- 28:39Il est automatique dans la manière dont on va être capable de conduire un véhicule.
- 28:45Une fois qu'on a son permis de conduire depuis pas mal d'années,
- 28:47on est capable de conduire sa voiture sans réfléchir où on va,
- 28:49sans réfléchir à ce que font les pieds et les mains.
- 28:51Alors que quand on a appris à conduire,
- 28:53je ne sais pas si tu te souviens,
- 28:55mais il fallait gérer le changement de vitesse,
- 28:57il fallait gérer les pédales,
- 28:58il fallait écouter les instructions qu'on nous donnait.
- 29:00C'était fastidieux,
- 29:01c'était compliqué parce que ça passait par le système 2.
- 29:03Le système 1,
- 29:04il est aussi impliqué dans tout ce qu'on va appeler,
- 29:08on peut parler des addictions,
- 29:09des facilités.
- 29:10Ce qu'on a tendance à faire de manière automatique,
- 29:13mais en s'en voulant après.
- 29:15Alors ça peut être manger un dessert,
- 29:20s'enfiler une tablette de chocolat alors qu'on a décidé de faire des efforts,
- 29:24mais ça peut aussi être dans un environnement professionnel,
- 29:27ne pas respecter un protocole alors qu'on sait très bien qu'on est supposé.
- 29:30le respecter.
- 29:31Pourquoi on ne le respecte pas ?
- 29:32Parce que c'est plus facile,
- 29:33parce qu'on l'a déjà fait avant,
- 29:34parce qu'on sait que ça marche.
- 29:35C'est l'histoire de la check-list qu'on connaît par cœur,
- 29:37on connaît la musique et on a envie de la survoler.
- 29:40On ne va pas faire la check-list parce que ce patient-là,
- 29:43je l'ai vu avant et puis je suis persuadé d'avoir bien en tête quels sont ses antécédents,
- 29:47la raison pour laquelle il est là,
- 29:49le côté du côté du côté du côté du côté du côté du les allergies éventuelles qu'il a,
- 29:55la prophylaxie qu'il faut faire ou pas.
- 29:57Je suis persuadé que je suis capable de faire ça.
- 30:00de tête et en fait et donc mon système
- 30:041 comme on est dans une recherche permanente de facilité d'efficacité de performance mon système 1 va facilement me convaincre que c'est bon tu sais faire il n'y a pas besoin de mettre en place cette check list qui est fastidieuse qui va impliquer le système 2 c'est tout son tout son enjeu est
- 30:20celui qui va permettre de me sortir de cette recherche de facilité et me faire appliquer le processus le protocole
- 30:29C'est le système 3.
- 30:30C'est aussi celui qui nous empêche de dire profondément à quelqu'un ce qu'on pense de lui,
- 30:38alors qu'on a très envie.
- 30:41Donc le système 3 permet d'inhiber...
- 30:47cette réactivité et permet aux gens de vivre en société,
- 30:51en harmonie,
- 30:51et de ne pas se sauter les uns sur les autres aussi,
- 30:54non ?
- 30:54Tout à fait,
- 30:55c'est celui qui va nous permettre,
- 30:56comme tu l'expliques,
- 30:57dans des situations dans lesquelles on pourrait avoir tendance à surréagir,
- 31:03à respecter les normes sociales,
- 31:05quelque part.
- 31:06Guillaume,
- 31:07j'ai une citation de Victor Frankel qui m'a fait beaucoup méditer,
- 31:12que j'ai adoré,
- 31:13tu dis...
- 31:14Entre le stimulus et la réponse,
- 31:16il y a un espace.
- 31:18Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir notre réponse.
- 31:22Et dans notre réponse se trouve notre grandeur et notre liberté.
- 31:26Je trouve ça magnifique.
- 31:27Oui.
- 31:28J'ai découvert cette citation dans un livre de Stephen Covey,
- 31:31qui est un gourou de leadership et de management dans les années 80-90 aux États-Unis.
- 31:35Et donc on voit qu'en fait le système 3,
- 31:37ça ne date pas d'hier.
- 31:38Viktor Frankl,
- 31:39il a vécu dans les camps de concentration.
- 31:42pendant la seconde guerre mondiale et même quand on remonte aux philosophes grecs on se rend compte qu'on a des notions chez platon chez aristote de système 1 système 2 système 3 c'est jusqu'aujourd'hui ça a vraiment été formulée de cette manière là de
- 31:57manière très structurée et aujourd'hui il ya des études scientifiques qui portent sur justement ce mode de fonctionnement ces différents modes de fonctionnement système 1 système 2 et système 3
- 32:07Olivier Houdet à la Sorbonne,
- 32:09même des expériences qui ont pour objectif de comprendre comment développer ce système 3,
- 32:14parce qu'on est tous inégaux par rapport à ça.
- 32:16Il semblerait que des personnes qui dans leur enfance ont eu à gérer davantage de frustrations et un système 3 qui ne s'est plus développé,
- 32:25ça se mesure par la taille,
- 32:30le diamètre si on veut dire,
- 32:31la bande passante d'un faisceau neuronal qui s'appelle le faisceau frontostriatal.
- 32:37On est tous inégaux par rapport à ça.
- 32:38La bonne nouvelle,
- 32:40c'est que ça s'entraîne.
- 32:41Donc même quand on est adulte,
- 32:42on peut entraîner sa capacité d'inhibition,
- 32:44on peut entraîner son système 3,
- 32:46de manière à pouvoir être davantage maître de soi-même et moins avoir l'impression d'être une victime de soi-même.
- 32:53Ça me fait penser à la fameuse expérience des marshmallows,
- 32:57des enfants à qui on a proposé la friandise et on leur a demandé s'ils étaient capables de patienter,
- 33:04mais on n'a pas précisé combien de temps.
- 33:08pour manger la friandise ou le marshmallow et si jamais il parvenait à attendre et à patienter,
- 33:17il pouvait en avoir un deuxième.
- 33:19Et donc ça permettait de mesurer ce système 3,
- 33:24j'imagine.
- 33:25Donc si les enfants étaient capables,
- 33:28en inhibant leur système 1 qui avait une envie d'aller chercher la friandise,
- 33:34Et en actionnant leur système 2,
- 33:37qui voit du coup un objectif plus loin,
- 33:41à moyen et à long terme.
- 33:43Et il paraît qu'il y a une partie des enfants qui a quand même réussi à patienter.
- 33:49Et après,
- 33:49ce qui était intéressant,
- 33:50c'est de voir ces enfants-là,
- 33:53une fois qu'ils ont grandi,
- 33:55si ces aptitudes-là qu'ils avaient durant l'enfance,
- 33:58s'ils avaient un impact.
- 34:00par la suite.
- 34:01C'est un peu le système 3 et c'est un peu l'intelligence émotionnelle,
- 34:08mais ça on en parlera peut-être.
- 34:09Alors on abordera l'intelligence émotionnelle juste après.
- 34:13Ici effectivement c'est une expérience emblématique qui montre l'efficacité du système 3,
- 34:18le fonctionnement du système 3.
- 34:20Et ce qui est intéressant c'est que
- 34:22Walter Michel qui a réalisé cette expérience fin des années 60 à Stanford.
- 34:29a suivi les enfants quelques années après avoir mené cette expérience et puis les a suivis de dix ans,
- 34:36de dix années en dix années pendant leur vie et il s'est rendu compte qu'il y avait une forte corrélation entre le fait d'avoir réussi à résister,
- 34:43à manger le marshmallow tout de suite,
- 34:46et les réussites scolaires,
- 34:48sociales,
- 34:49familiales,
- 34:49professionnelles et l'état de santé de ces personnes.
- 34:53Très intéressant.
- 34:54Et on en arrive aux émotions.
- 34:58ces émotions qui sont
- 35:01Les moteurs qui nous font agir,
- 35:04c'est ce qui fait que nous agissons dans un sens ou dans un autre.
- 35:08On peut imaginer que connaître ces émotions,
- 35:11connaître comment elles surviennent,
- 35:14leur intensité,
- 35:16le moment où elles surviennent,
- 35:18va faire que le moteur qui va nous propulser dans une action va être différent.
- 35:25On peut aller dans un sens comme...
- 35:27dans un autre,
- 35:28c'est important de connaître comment elles se fabriquent et à quoi elles servent,
- 35:33au final.
- 35:34Effectivement,
- 35:34c'est un sujet qui est fondamental,
- 35:37c'est aussi un sujet qu'on aborde aujourd'hui en aéronautique.
- 35:42Et au début,
- 35:44certains nous regardaient des grands yeux,
- 35:47avec quoi ils viennent,
- 35:48on va nous parler d'émotion dans un milieu hyper rationnel,
- 35:52professionnel.
- 35:53Et aujourd'hui...
- 35:55On continue d'avancer pour faire en sorte que cette compréhension soit partagée par tous et ait un effet positif sur les comportements et sur les interactions.
- 36:08Je me suis rendu compte il y a quelques années,
- 36:09après une formation en programmation neurolinguistique,
- 36:13formation en communication non-violente,
- 36:16en mettant un peu tout ça ensemble,
- 36:19Il était possible de présenter un modèle de nouveau de fonctionnement humain au travers de l'importance qu'ont les émotions sur les choix qu'on fait.
- 36:29Et l'idée elle est assez simple,
- 36:31c'est que dans chaque situation,
- 36:34on ressent une émotion.
- 36:36Souvent c'est complètement inconscient,
- 36:38c'est sous le radar parce que c'est à un niveau très faible.
- 36:41Et de temps en temps,
- 36:44c'est plus évident.
- 36:45parce qu'on vit une situation dans laquelle on est vraiment en colère ou alors il y a une grosse tristesse par rapport à un événement,
- 36:49je reste dans les émotions de base,
- 36:52et ces émotions vont provoquer une réaction.
- 36:56Et cette réaction,
- 36:57son objectif c'est quoi ?
- 36:58Si je suis dans un état émotionnel agréable,
- 37:01L'objectif de la réaction va être de maintenir la situation,
- 37:04d'agir sur la situation pour la maintenir,
- 37:06pour faire en sorte que l'état émotionnel reste agréable.
- 37:09En revanche,
- 37:10si mon état émotionnel est désagréable,
- 37:12donc si je suis dans le registre de la colère,
- 37:14la peur ou la tristesse,
- 37:15mon objectif,
- 37:16l'objectif de ma réaction va être d'influencer la situation.
- 37:20pour que l'état émotionnel devienne agréable.
- 37:23Et la question fondamentale,
- 37:25c'est qu'est-ce qui,
- 37:27dans une situation donnée,
- 37:28va caractériser le fait que mon état émotionnel est agréable ou désagréable ?
- 37:32Et là,
- 37:32on en vient aux besoins,
- 37:33aux valeurs,
- 37:34voire aux croyances.
- 37:36Si dans la situation,
- 37:38mes besoins sont satisfaits,
- 37:39il n'y a rien qui choque mes valeurs,
- 37:42a priori,
- 37:43mon état émotionnel...
- 37:45Je ne dirais pas qu'il sera particulièrement agréable,
- 37:47mais il ne sera pas désagréable.
- 37:49Par contre,
- 37:50si dans une situation,
- 37:51mes besoins ne sont pas satisfaits,
- 37:53mes valeurs sont mises à mal,
- 37:55à ce moment-là,
- 37:56je vais commencer à sentir que ça ne va pas trop bien.
- 38:00l'état émotionnel est désagréable,
- 38:01et donc je vais avoir tendance à avoir une réaction de manière à influencer la situation.
- 38:05Dans de nombreux cas,
- 38:06la réaction qu'on a,
- 38:07elle est appropriée.
- 38:09Le système 1,
- 38:10la réaction vient du système 1,
- 38:11il sait faire.
- 38:12On a énormément d'expérience de vie,
- 38:14il sait faire.
- 38:15Mais dans certaines situations,
- 38:17le système
- 38:181 va agir d'une manière inappropriée,
- 38:23et ça va dégrader encore davantage la situation.
- 38:26Pense éventuellement au fait d'être sur la route et d'avoir quelqu'un qui vient s'intercaler devant nous de manière un peu brutale.
- 38:34On a plusieurs comportements qui peuvent suivre ça.
- 38:37Soit on va klaxonner,
- 38:38faire des appels de phare,
- 38:39éventuellement sortir de la voiture,
- 38:40etc.
- 38:42Soit on va réussir à bloquer ces réactions qui sont parfois instinctives.
- 38:47On se fait agresser,
- 38:49on a tendance à agresser en retour.
- 38:51C'est un peu aussi l'éducation qui veut ça.
- 38:54C'est un peu comme ça qu'on vit pendant toute notre existence.
- 38:59Par contre,
- 38:59si on parvient à bloquer cette réaction,
- 39:01à se dire,
- 39:01OK,
- 39:02j'ai vraiment envie de faire ça,
- 39:03mais si je le fais,
- 39:04quelles vont être les conséquences ?
- 39:05Qu'est-ce que je veux ?
- 39:06Juste de la sérénité.
- 39:07J'ai besoin de sérénité.
- 39:08Je me suis senti agressé par cette action,
- 39:13par ce comportement,
- 39:14mais j'ai juste envie de retrouver la sérénité.
- 39:16donc
- 39:16je ne vais pas klaxonner,
- 39:17je ne vais pas faire d'appel de phare,
- 39:18et je vais rapidement réussir à retrouver ma sérénité.
- 39:21De nouveau,
- 39:22on implique le système 3.
- 39:23Réussir à...
- 39:25apporter une réponse appropriée en fonction d'un objectif qu'on se fixe,
- 39:29plutôt que d'être victime d'une réaction inappropriée,
- 39:33c'est le système 3 qui va nous permettre de le faire.
- 39:37Voilà,
- 39:37c'est l'espace de Victor Frankel.
- 39:39Exactement.
- 39:40Là,
- 39:40on peut écrire sans script.
- 39:42Voilà.
- 39:43Soit je décide de me mettre en colère et de foudroyer le mec en face et de crier,
- 39:51voilà.
- 39:51Et soit je décide de le faire de façon soft,
- 39:54de prendre
- 39:55le temps et de transformer la situation.
- 39:57Exactement et c'est là
- 40:00C'est là que c'est vraiment fondamental,
- 40:01c'est là que je reprends le contrôle de la situation.
- 40:04Parce que je peux décider d'être en colère et je peux décider d'aller l'engueuler.
- 40:08Donc c'est vraiment un choix que je fais,
- 40:09plutôt que d'être une victime de moi-même dans la situation.
- 40:12Alors les états émotionnels inconfortables,
- 40:15parce qu'il faut parler du stress,
- 40:18c'est quand même le sujet majeur en milieu professionnel.
- 40:24On a l'impression qu'on est dans un état de stress continu.
- 40:29D'ailleurs,
- 40:29si tu peux juste m'éclairer un peu sur la différence entre le stress et l'anxiété,
- 40:35c'est la petite nuance qu'il y a entre les deux.
- 40:38Qu'est-ce qu'on sait maintenant sur le stress ?
- 40:41On sait beaucoup de choses et je ne prétendrai jamais être un spécialiste du stress.
- 40:44Non.
- 40:46Mais ce qui est certain,
- 40:47c'est que le stress à la base,
- 40:50dans l'évolution de l'espèce,
- 40:53Le stress a vocation à être temporaire,
- 40:56de manière à pouvoir nous sortir de situations qui représentent une menace pour notre intégrité.
- 41:03J'ai beaucoup de forêts autour de chez moi,
- 41:05j'aime beaucoup aller courir ou faire du VTT.
- 41:08Parfois j'ai la chance de voir un chevreuil.
- 41:11Le chevreuil,
- 41:12il m'entend,
- 41:13il regarde,
- 41:14il court,
- 41:15il s'enfuit dans les bois,
- 41:16je ne le vois plus.
- 41:18Deux minutes plus tard,
- 41:19il s'arrête de courir,
- 41:20il voit un manger par terre,
- 41:21il se remet à brouter.
- 41:22Il a oublié l'événement,
- 41:24il s'est juste enfui,
- 41:25il a eu un stress passager qui potentiellement lui a permis de survivre.
- 41:28Aujourd'hui,
- 41:30en ce qui nous concerne,
- 41:31un chiffre qu'on entend parfois,
- 41:33c'est que
- 41:3390% de nos stress sont liés à des histoires qu'on se raconte.
- 41:38C'est notre imagination qui crée nos stress.
- 41:42Et donc on n'est plus du tout dans ce fonctionnement utile du stress.
- 41:46Bien sûr,
- 41:47les personnes qui ont le malheur de vivre dans des zones de conflit,
- 41:50etc.,
- 41:51ont ce système toujours qui va les aider.
- 41:54Mais en ce qui nous concerne dans des environnements qui sont sereins,
- 41:56je vais dire,
- 41:57et qui sont sécurisés,
- 41:58la plupart des éléments de stress que nous vivons sont des éléments qui sont hallucinatoires,
- 42:03j'irais.
- 42:04Pas tous,
- 42:04mais la plupart.
- 42:05Il y a des enjeux au travail aussi.
- 42:08On peut être stressé par l'enjeu du travail,
- 42:11par la performance,
- 42:14par les comptes qu'il faut rendre,
- 42:16et par l'interaction avec le reste de ses équipes.
- 42:22Tout ça,
- 42:22c'est des facteurs de stress aussi.
- 42:24Ce sont des facteurs de stress par rapport à des histoires qu'on se raconte.
- 42:27C'est-à-dire qu'on a vécu des éléments dans le passé,
- 42:33qui nous ont blessés,
- 42:34et l'anticipation d'événements similaires dans le futur,
- 42:38qu'on a tendance du coup à vouloir éviter,
- 42:41nous stresse.
- 42:42Mais ces événements dans le futur,
- 42:43ils ne sont même pas encore passés.
- 42:44Donc on a...
- 42:45C'est assez dingue quand on y réfléchit,
- 42:48parce qu'on a le même cerveau qui va...
- 42:50imaginer comment ça pourrait mal se passer,
- 42:53et donc ça provoque du stress,
- 42:54et ce même cerveau va essayer de mettre en place des stratégies pour éviter le fait que ça se passe mal.
- 42:59Donc ça se passe tout dans le cerveau,
- 43:00en fait.
- 43:00Ok,
- 43:01donc au fait,
- 43:02ce sont nos...
- 43:04c'est notre historique,
- 43:05notre mémoire,
- 43:06qui a enregistré des situations avec une émotion en rapport,
- 43:11et donc à chaque fois qu'on pense à la situation,
- 43:13il y a l'émotion en rapport qui se déclenche,
- 43:15si je comprends bien.
- 43:16Exactement,
- 43:16et les états émotionnels agréables,
- 43:18on va avoir
- 43:19On va chercher à les reproduire,
- 43:20les états émotionnels désagréables,
- 43:22on va chercher à les éviter.
- 43:23Voilà,
- 43:23notre cerveau va fonctionner pour éviter ce qui nous a chagrinés ou ce qui nous a dérangés et pour reproduire justement les situations où on s'est senti bien.
- 43:33Exactement.
- 43:35Par contre,
- 43:35il y a un élément qui est fondamental par rapport au stress.
- 43:38Il a été montré aujourd'hui,
- 43:40depuis de nombreuses années,
- 43:41il y a de nombreuses expériences qui ont été menées,
- 43:44que lorsque nous sommes stressés,
- 43:48notre système 2
- 43:49et notre système 3 sont moins disponibles,
- 43:52voire,
- 43:53dans des cas de stress extrême,
- 43:55pas disponibles du tout.
- 43:56Mais ça,
- 43:56c'est majeur.
- 43:57C'est majeur parce qu'on perd plusieurs capacités essentielles du système 2 et du système 3,
- 44:02je les rappelle.
- 44:03On perd notre capacité de réflexion,
- 44:05de résolution de problèmes.
- 44:07On perd notre capacité d'anticipation,
- 44:09c'est-à-dire,
- 44:10on utilise beaucoup ça,
- 44:11vous et nous,
- 44:12au niveau des briefings.
- 44:13Qu'est-ce qu'on va faire ensemble dans cette intervention ?
- 44:16Qu'est-ce qu'on va faire ensemble lors de ce vol ?
- 44:18On perd aussi notre capacité de détection des erreurs qui sont réalisées par le système 1,
- 44:23cette sensation qu'on a parfois qu'il y a un truc qui ne va pas,
- 44:25on la perd quand on n'a plus le système 2,
- 44:27quand on est stressé,
- 44:28et puis on perd cette capacité d'inhibition qu'est le système 3.
- 44:31C'est l'espace où on crie le script et là où on peut choisir ce qu'on veut mettre comme scénario.
- 44:39C'est cet espace où on a notre petit libre-arbitre au final.
- 44:42Et on redevient donc sous stress victime de nous-mêmes.
- 44:45Alors il n'y a pas que le stress,
- 44:46il y a d'autres états.
- 44:48On connaît tous des états dans lesquels on sent qu'on a moins envie de faire comme il faut que quand on est en forme.
- 44:53Donc il y a le stress,
- 44:54il y a la fatigue,
- 44:56il y a les besoins physiologiques non assouvis,
- 44:58il y a la faim,
- 44:59la soif.
- 45:00Quand on est sous l'emprise de certaines substances,
- 45:02alcool,
- 45:03médicaments,
- 45:04drogues,
- 45:05et puis alors il y en a un,
- 45:07et non des moindres,
- 45:08c'est l'ego,
- 45:09c'est l'image sociale.
- 45:10Qu'est-ce qu'on va penser de moi ?
- 45:12Et c'est dingue de voir certains comportements dans certains secteurs d'activité,
- 45:17dans tous les secteurs d'activité,
- 45:19qui sont provoqués par l'ego,
- 45:21mais dans lesquels il n'y a manifestement plus aucune considération du système 2,
- 45:24plus aucune analyse.
- 45:26Je vais donner un exemple concret.
- 45:29Ça s'est passé dans une compagnie européenne il y a une trentaine d'années.
- 45:35Un avion long courrier était en vol à destination du Canada.
- 45:39Je n'ai plus l'aéroport en tête.
- 45:40Et c'était en période d'hiver,
- 45:42tout était enneigé.
- 45:44Le commandant de bord était...
- 45:46Au commande,
- 45:48commandant de bord et copilote se partagent les étapes.
- 45:50Donc si le commandant de bord fait l'aller,
- 45:51c'est le copilote qui va piloter l'avion sur le retour.
- 45:53Et donc là pour l'aller,
- 45:54le commandant de bord était au commande et il avait été exécrable pendant tout le vol avec le copilote.
- 45:59Et pendant l'approche finale sur l'aéroport de destination,
- 46:02le copilote se rend compte que l'avion n'est pas aligné sur la piste.
- 46:06d'atterrissage,
- 46:07mais est aligné sur la voie de circulation parallèle à la piste d'atterrissage.
- 46:10Sa réaction,
- 46:12c'est
- 46:15« je vais laisser le commandant de bord se poser sur la voie de circulation,
- 46:19comme ça,
- 46:20ça lui fera les pieds » .
- 46:21Oui,
- 46:21c'est ça.
- 46:21Donc c'était une réaction de vengeance complètement libre.
- 46:27Le copilote était victime de lui-même,
- 46:29victime de son égo,
- 46:30victime de ce qu'il avait vécu.
- 46:34L'avion s'est posé sur la voie de circulation.
- 46:36Bien sûr,
- 46:36ça a eu des conséquences par la suite,
- 46:39parce qu'il n'y a pas eu de conséquences dramatiques,
- 46:42il n'y a pas eu d'accident,
- 46:44mais il y a eu des conséquences,
- 46:45il a fallu s'expliquer par la suite.
- 46:46Un incident grave,
- 46:46quoi.
- 46:47Voilà.
- 46:48Mais le copilote n'avait...
- 46:49complètement éludé le fait que à tout moment,
- 46:52un avion pouvait venir rouler sur cette voie de circulation.
- 46:55Alors que la piste d'atterrissage et décollage,
- 46:58elle est protégée pendant qu'un avion décolle et qu'un avion atterrit.
- 47:00Il y en a un seul,
- 47:01et le contrôle aérien est focalisé là-dessus.
- 47:03Mais au sol,
- 47:04il y a plein d'avions qui circulent dans tous les sens.
- 47:06Et pour peu qu'un avion arrive à ce moment-là,
- 47:08c'était le drame.
- 47:09Il n'avait absolument pas imaginé ça,
- 47:12tellement il était focalisé sur cette envie de vengeance qui était provoquée par son égo qui...
- 47:17inhiber complètement son système 2.
- 47:20Oui,
- 47:21ça c'est un facteur humain extrêmement parlant.
- 47:26Pour en revenir au stress,
- 47:28tu as dit énormément de choses sur le stress,
- 47:31tu as parlé de la tolérance,
- 47:33le niveau de tolérance,
- 47:34et tu as parlé du fait qu'il soit cumulatif,
- 47:36et ça c'est quelque chose d'extrêmement important,
- 47:38c'est-à-dire qu'on ne commence pas tous du même niveau du seuil de stress.
- 47:47On peut par notre vécu ou par notre tolérance individuelle commencer à différents niveaux.
- 47:55D'ailleurs ça se travaille,
- 47:56tu nous en parleras après j'imagine.
- 47:59Il y a des choses pour travailler sur sa propre tolérance et essayer de la baisser pour pouvoir avoir plus de marge et pour pouvoir réagir en cas de situation dynamique ou urgente.
- 48:09Tu peux m'en parler Guillaume,
- 48:10tu le diras mieux que moi.
- 48:12Donc d'une part le stress est cumulatif dans le sens où
- 48:16Chaque circonstance qu'on rencontre au fur et à mesure d'une journée va ajouter au stress qu'on avait déjà avant,
- 48:26même si ça nous semble un événement qui n'est pas stressant.
- 48:28Mais le fait de me lever pour éventuellement aller chercher un verre d'eau parce que j'ai soif,
- 48:32la soif ça provoque un petit stress,
- 48:36le fait de me lever également,
- 48:38et puis j'ai des événements qui sont plus significatifs.
- 48:41J'ouvre le robinet,
- 48:42il n'y a pas d'eau qui coule.
- 48:44Mince,
- 48:45j'ai soif !
- 48:45Je regarde dans le frigo,
- 48:46il n'y a pas d'eau.
- 48:47Donc là j'ai un stress qui va un peu augmenter.
- 48:49Donc je fais face à une situation qui va à l'encontre de l'attente que j'avais.
- 48:54En ouvrant le robinet,
- 48:56je m'attendais à ce qu'il y ait de l'eau qui coule.
- 48:57chaque fois il y a des frustrations comme ça qui génèrent un stress
- 49:00et puis éventuellement je me rends compte que c'est parce qu'il y a des travaux dans la rue.
- 49:04Je me dis mais c'est pas possible,
- 49:06ils n'ont pas prévenu les gens.
- 49:07En plus après j'ai un rendez-vous,
- 49:08je n'ai pas encore pris ma douche et je dois aller prendre ma douche et je n'ai pas d'eau.
- 49:11Et donc je vais trouver le mec dans la rue pour lui demander quand ça va se terminer et puis lui me dit on en a pour deux heures,
- 49:17mais c'est pas possible je dois repartir dans une heure et demie,
- 49:18il faut que je prenne une douche.
- 49:20Je peux avoir comme ça un stress qui monte,
- 49:21qui monte,
- 49:21qui monte.
- 49:23et à un moment donné...
- 49:25Il peut y avoir un pétage de plomb.
- 49:26On appelle ça en anglais le amygdala hijack,
- 49:29la prise en otage de l'amygdale,
- 49:30qui est un des éléments du cerveau qui contribue à gérer les états émotionnels.
- 49:36Et la plupart d'entre nous avons vécu des situations personnelles où à un moment donné on a eu une réaction complètement inappropriée,
- 49:43mais sur le moment on ne s'en rendait pas compte.
- 49:45On parlait tout à l'heure...
- 49:47D'avoir quelqu'un qui s'est intercalé devant nous en voiture,
- 49:49moi je me souviens un jour avoir commencé à faire une course sur la route avec le gars,
- 49:57c'était hyper dangereux,
- 49:58c'était complètement ridicule.
- 50:00J'étais passé à un stade où j'étais plus vraiment maître de moi-même.
- 50:05Tu n'es plus toi-même et tes paroles dépassent tes pensées.
- 50:09Tes paroles dépassent tes pensées,
- 50:11tes comportements dépassent ce que tu ferais si tu avais le contrôle de toi.
- 50:15Et ce qui caractérise les amygdales à hijack,
- 50:17c'est que...
- 50:18C'est le pétage des plans en fait,
- 50:19non ?
- 50:20Bien sûr,
- 50:20et quand tu y repenses après,
- 50:21tu te dis mais comment j'ai pu être débile à ce point d'avoir ce genre de comportement,
- 50:24ce genre de propos.
- 50:25Des exemples célèbres.
- 50:26Des exemples célèbres.
- 50:28Alors il y en a...
- 50:29il y avait Sarkozy avec le casse-toi pauvre.
- 50:32Ça c'est typiquement un amie de Dalaï-Jack parce qu'on en parle à Sarkozy.
- 50:36C'est sur caméra,
- 50:36c'est visionné par des millions de français et même ailleurs dans le monde.
- 50:40Et donc sur le moment c'est sorti tout seul parce qu'il était irrité,
- 50:44il y avait déjà le stress de l'environnement dans lequel il était,
- 50:49plus les gens qui l'interpellent etc.
- 50:51Et je suis certain que si on lui avait posé...
- 50:53D'ailleurs des journalistes ont posé la question par la suite.
- 50:55qu'est-ce que vous pensez de votre réaction à ce moment-là ?
- 50:58C'est complètement inapproprié.
- 50:59Oui,
- 51:00c'est ça.
- 51:01Il y a des exemples célèbres,
- 51:03effectivement.
- 51:04C'est-à-dire qu'au fait,
- 51:04ce qui se passe sur le plan chimique,
- 51:06c'est que les hormones de stress sont au taquet et l'amygdale est complètement envahie.
- 51:13Et qu'est-ce qui se passe ?
- 51:14Au fait,
- 51:15le système d'inhibition ne fonctionne plus.
- 51:18ne fonctionne plus,
- 51:19la réaction est autoroute directe.
- 51:22Et elle est même basique,
- 51:23c'est-à-dire que même le système 1 est affecté.
- 51:25Dans des épisodes où on atteint ce niveau de stress,
- 51:30même le système 1 dans nos routines apprises,
- 51:37les normes sociales par exemple,
- 51:38n'est plus disponible.
- 51:39Donc on est vraiment dans un fonctionnement dégradé du système 1,
- 51:44avec système 2,
- 51:44système 3 qui ne sont plus là.
- 51:46Donc on en revient à des fonctionnements qui sont,
- 51:48je ne vais pas dire animaux,
- 51:50mais vraiment basiques au sens premier du terme.
- 51:54Mais c'est impressionnant,
- 51:55on n'aimerait jamais arriver à cet état-là,
- 51:56parce qu'au final tu peux être responsable d'actes que tu n'as absolument pas voulu ni souhaité.
- 52:02Alors,
- 52:02exactement,
- 52:03et je te remercie de me ramener à ta question précédente qui était,
- 52:07que peut-on faire pour éviter de se retrouver justement dans ce genre de situation ?
- 52:11Il y a plusieurs choses qu'on peut faire.
- 52:12Quand on est dans une situation dans laquelle on sent que le stress commence à monter,
- 52:17il y a des outils,
- 52:17par exemple la respiration abdominale,
- 52:19c'est-à-dire le fait de créer de la cohérence cardiaque,
- 52:22donc une régularité dans le rythme cardiaque et une cohérence entre la fréquence cardiaque et la fréquence cérébrale au travers de respiration.
- 52:35Ça va permettre de se mesurer,
- 52:38de faire rediminuer
- 52:40la quantité de cortisol et surtout de cortisol,
- 52:44hormone du stress,
- 52:45qui circule dans notre système sanguin de manière beaucoup plus rapide que si on ne fait rien et donc on va récupérer plus rapidement notre système 2,
- 52:52notre système 3.
- 52:53Donc ça c'est quelque chose qui fonctionne très bien pour dans une situation dynamique où je sens que ça monte là,
- 52:58si je réussis à le prendre à temps,
- 53:00quelques profondes respirations au niveau ventral,
- 53:03il faut vraiment que le ventre rentre et sorte.
- 53:055 secondes d'inspiration,
- 53:065 secondes d'expiration,
- 53:08je le fais pendant rien que 30 secondes,
- 53:10je vais sentir que je me pose un peu.
- 53:12Maintenant,
- 53:13à plus long terme,
- 53:14on peut travailler sur,
- 53:15d'une part,
- 53:15sa tolérance au stress,
- 53:17et d'autre part,
- 53:17sa capacité à le gérer de manière plus efficace en situation dynamique.
- 53:22Et donc là,
- 53:23de nouveau,
- 53:24on a la respiration.
- 53:25Moi,
- 53:25j'encourage,
- 53:26enfin,
- 53:26j'ai découvert ça il y a...
- 53:28Il y a 8-9 ans,
- 53:30c'est un collègue qui était préparateur mental,
- 53:33préparateur sportif et pilote,
- 53:36et qui m'a parlé de la respiration abdominale,
- 53:39et puis on a fait des exercices ensemble,
- 53:40il m'a montré ce que ça donnait en mesurant la variation.
- 53:43de ma fréquence cardiaque pendant que je faisais l'exercice,
- 53:45ça m'a vraiment convaincu,
- 53:46parce que je le répète,
- 53:47cartésien,
- 53:48donc il fallait que je vois.
- 53:50Et ça marche mieux avec du feedback,
- 53:52au fait,
- 53:52la cohérence cardiaque.
- 53:53Alors ça marche mieux avec du feedback au début,
- 53:55parce que ça nous permet de voir qu'on le fait correctement.
- 53:58Ça nous rassure.
- 53:59Mais en fait,
- 54:00on est tous capables de le faire sans feedback.
- 54:02Parce que c'est quelque chose qu'on fait de manière spontanée.
- 54:04On ne s'en rend pas compte,
- 54:05mais on a tendance à le faire de manière spontanée dans certaines situations.
- 54:08Notamment,
- 54:09on a tous connu une situation dans laquelle,
- 54:11à un moment donné,
- 54:12on a un profond soupir de soulagement.
- 54:13Enfin,
- 54:15on a besoin de relâcher,
- 54:15quoi.
- 54:16Et ce soupir vient automatiquement.
- 54:19Et bien en fait,
- 54:20c'est une manière pour le corps d'activer le nerf vague,
- 54:23le nerf vague,
- 54:23le nerf pneumogastrique que la respiration abdominale active et qui va nous permettre de relâcher la pression et de retrouver une partie de notre...
- 54:34facultés.
- 54:34Je précise juste que la cohérence cardiaque a des effets peut-être à moyen et long terme mais pour que ça puisse avoir des effets rapides il faut un entraînement préalable avant de pouvoir arriver à l'actionner au moment voulu pour que ça ait un effet immédiat.
- 54:54Il y a un petit peu d'entraînement et de régularité à avoir,
- 54:58c'est trois fois par jour.
- 55:00Et c'est tous les jours et ça commence à avoir des effets bénéfiques au bout de
- 55:056 à 8 semaines.
- 55:07Tout à fait.
- 55:07Mais par contre les effets sont incroyables parce que c'est au niveau des hormones de stress mais aussi l'immunité.
- 55:15Et puis c'est incroyable,
- 55:16si on se dit qu'on baisse la tolérance et le seuil de stress,
- 55:21ça veut dire qu'on se laisse encore plus de marge vu qu'il est cumulatif.
- 55:25Ça nous laisse un peu plus de place.
- 55:28pour accueillir les difficultés du quotidien ou les enjeux et les contraintes du travail ou ce qui grince ou ce qui coince et ce qui n'est pas fluide.
- 55:38Oui,
- 55:38tout à fait.
- 55:39Il y a un autre outil que j'ai découvert récemment dans un bouquin de Russell Kennedy qui est un médecin américain qui est spécialisé en anxiété.
- 55:49Et puis j'ai creusé et je l'ai retrouvé ailleurs aussi.
- 55:51C'est ce qu'on appelle le soupir physiologique.
- 55:53Oui,
- 55:54le soupir des bébés.
- 55:55Alors,
- 55:56le soupir des bébés...
- 55:57Moi j'ai deux enfants qui ont 7 et 9 ans et je me souviens qu'après un gros épisode de pleurs,
- 56:05quand je les baladais,
- 56:06ils s'endormaient et puis à un moment donné,
- 56:08je t'ai persuadé qu'ils dormaient sur mon épaule et puis à un moment donné...
- 56:14En fait ils ne dorment pas encore complètement.
- 56:16Mais si !
- 56:17Mais c'est une activation de nouveau du système parasympathique pour calmer le corps.
- 56:22Pour vraiment,
- 56:24le bébé s'endort et rentre en sommeil profond,
- 56:27eh bien,
- 56:27il y a eu des études qui ont été menées.
- 56:29Le fait de volontairement avoir une inspiration multiple...
- 56:35trois inspirations qui se suivent avec une longue expiration,
- 56:38ça va aussi avoir un effet sur la diminution du niveau de stress.
- 56:42Tu parlais de la gestion des modes mentaux,
- 56:44c'est-à-dire qu'il faut qu'on soit relativement conscient de notre façon de fonctionner,
- 56:52que la façon dont notre cerveau fonctionne et faire la différence entre le mode automatique.
- 56:59C'est-à-dire le système 1 et le mode adaptatif,
- 57:02je ne sais pas comment tu l'as appelé,
- 57:04ou le mode préfrontal,
- 57:05c'est le système 2.
- 57:06Alors ça c'est l'appellation que donne Jacques Fradin,
- 57:08qui a développé l'échelle d'évaluation des modes mentaux,
- 57:11c'est lui qui a développé ce modèle.
- 57:12Donc c'est complètement cohérent avec système 1,
- 57:15système 2.
- 57:17Et
- 57:18Jacques Fradin propose des postures que nous avons tendance à endosser lorsque nous sommes davantage en système 1,
- 57:26automatique,
- 57:27ou en système 2,
- 57:28préfrontal.
- 57:30Par exemple,
- 57:30lorsque nous sommes en système 1,
- 57:31nous avons tendance à fonctionner à l'habitude.
- 57:36Nous avons tendance à être dans le déni par rapport à quelque chose qui ne correspond pas à nos attentes.
- 57:41Nous avons tendance à être très binaires,
- 57:43très dichotomiques.
- 57:44C'est bien,
- 57:45c'est pas bien.
- 57:46C'est blanc,
- 57:46c'est noir.
- 57:47Entre les deux,
- 57:47il n'y a rien.
- 57:48Et alors,
- 57:49on fait aussi très attention à l'image sociale,
- 57:52qu'est-ce que les autres vont penser de nous,
- 57:53et on a tendance à être...
- 57:56plutôt expérimentateur que dans la réflexion.
- 58:00Donc on va essayer,
- 58:01on verra ce que ça donne,
- 58:02plutôt que je réfléchis à la meilleure manière de faire et puis je passe à l'action.
- 58:06Alors que quand on est dans le préfrontal,
- 58:09dans le système 2,
- 58:11on est plus nuancé,
- 58:12on est plus dans l'acceptation.
- 58:15plutôt que d'être dans le déni.
- 58:17On va être plus dans la réflexion que les habitudes.
- 58:21Et on va...
- 58:23Être dans la vérification aussi ?
- 58:25On va porter plus d'importance à notre opinion personnelle plutôt qu'à l'image sociale.
- 58:32C'est-à-dire,
- 58:32je m'en fous de ce que les autres pensent.
- 58:34Il faut que je mesure,
- 58:35je vérifie,
- 58:36et il faut que ce soit factuel.
- 58:38Exactement.
- 58:39Et donc,
- 58:39ce que Jacques Fradin a montré,
- 58:40c'est que plus on réussit à être dans le préfrontal,
- 58:43dans le système 2,
- 58:44plus on est
- 58:45serein de manière générale.
- 58:47Et j'ai un témoignage personnel à offrir.
- 58:50C'est une des premières choses que j'ai découvert dans mon voyage personnel dans la connaissance de soi et dans la connaissance de moi-même.
- 58:58C'est un collègue qui m'a parlé de la gestion des modes mentaux et qui m'a recommandé le livre de Jacques Fradin L'intelligence du stress.
- 59:04Et j'ai vraiment découvert cette approche avec ces deux modes de fonctionnement,
- 59:10automatique préfrontal,
- 59:11système 1,
- 59:12système 2 et
- 59:13et les postures qu'on a tendance à avoir.
- 59:16Et ça m'a permis de me questionner sur toute une série de difficultés auxquelles je faisais face dans la vie,
- 59:22notamment des difficultés relationnelles.
- 59:24Et je me rendais compte que j'étais dans le système 1.
- 59:26Parce que j'étais dans le déni,
- 59:27je n'étais pas dans l'écoute,
- 59:28je n'étais pas dans l'acceptation,
- 59:30j'étais dans les certitudes plutôt que d'être dans la nuance.
- 59:33Et ça ne fonctionne pas.
- 59:34Dans une interaction,
- 59:35si on veut qu'il y ait un échange,
- 59:37il faut créer l'espace de nouveau,
- 59:40créer l'espace.
- 59:41dans lequel on a la capacité,
- 59:43on donne à l'autre la capacité de s'exprimer pleinement et on écoute pleinement ce qu'il nous dit,
- 59:47plutôt que de préparer la réponse qu'on va lui donner pour lui expliquer qu'il a tort.
- 59:52On fait souvent ça,
- 59:53mais on en parlera durant,
- 59:56parce qu'on va parler de la communication non violente aussi,
- 1:00:00je pense que ça y touche.
- 1:00:01C'était Guillaume Tiersiot,
- 1:00:03d'une page à l'autre de son livre « Mieux réussir ensemble » .
- 1:00:07Il nous a raconté l'histoire récente de l'aviation civile ...
- 1:00:11pour nous inspirer et diffuser au plus grand nombre les facteurs humains.
- 1:00:16Je vous remercie infiniment pour votre écoute et vous invite à poursuivre l'aventure de la connaissance de soi dans le prochain épisode.
- 1:00:25A très bientôt !