Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Christophe Haag nous explique l'Intelligence émotionnelle et la Contagion émotionnelle. (Rediffusion)
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- 0:05Enquête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:15A l'occasion de la sortie de son livre,
- 0:17le petit guide illustré de l'intelligence émotionnelle,
- 0:22j'accueille Christophe Haag,
- 0:24professeur en psychologie sociale à E.M.
- 0:27Lyon.
- 0:28et auteur de plusieurs ouvrages sur les émotions.
- 0:34En plus de profiter de l'occasion pour discuter des tests de QE,
- 0:38de la signification de ce type d'intelligence,
- 0:41je ne peux m'empêcher de l'interpeller au sujet de la contagion émotionnelle,
- 0:47ce phénomène dynamique qui donne une incarnation émotionnelle à un groupe.
- 0:54Non,
- 0:55l'émotion ne s'arrête pas.
- 0:56pas à l'épiderme de chacun de nous,
- 0:59mais elle diffuse d'une personne à l'autre pour faire vibrer les cœurs à l'unissant.
- 1:07D'un tête-à-tête intimiste à la foule grouillante,
- 1:12je m'interroge sur ce processus et surtout j'interroge l'expert
- 1:18Christophe Ingres.
- 1:21Excellente écoute.
- 1:27Bonjour Christophe.
- 1:29Bonjour Imane.
- 1:29Je suis très très heureuse qu'on soit ensemble aujourd'hui dans Enquête d'accord.
- 1:34Je te remercie d'avoir accepté de venir jusque-là.
- 1:38Merci de l'invitation.
- 1:40C'est un plaisir.
- 1:41Donc,
- 1:43tu es un invité particulier parce que tu es un diffuseur de savoir et ton dada,
- 1:49c'est l'intelligence émotionnelle.
- 1:51Donc,
- 1:52là récemment,
- 1:54on va avoir la sortie de ton livre.
- 1:56Le petit guide illustré de l'intelligence émotionnelle.
- 2:01Il est édité chez
- 2:03Albain Michel,
- 2:04c'est ça ?
- 2:05Je suis impatiente de le voir.
- 2:09Quand je t'ai sollicité,
- 2:10j'avais une envie de parler d'un livre majeur.
- 2:16Tu en as écrit plusieurs,
- 2:17j'en ai lu quelques-uns.
- 2:19J'ai lu
- 2:21« Le pouvoir de la surprise » ,
- 2:24« Provoque ta chance » .
- 2:26Et ensuite,
- 2:27la contagion émotionnelle.
- 2:29Et ça me semblait un thème qui était tellement en accord avec le podcast,
- 2:35qui avait toute sa place et qui m'interpellait à bien des niveaux.
- 2:41Et je suis vraiment heureuse de pouvoir en parler avec toi.
- 2:44Tu es quelqu'un qui allie plusieurs choses.
- 2:48D'abord,
- 2:49le factuel de la recherche scientifique,
- 2:52pour démarrer.
- 2:53tu es aussi euh
- 2:55Quelqu'un qui puise dans l'expérimental,
- 3:02qui cherche absolument à aller comprendre dans la réalité,
- 3:06dans la vie et dans les situations extrêmes,
- 3:09ce qui se passe et ce qui se trame et qui peut apporter à l'ordinaire.
- 3:14Et pour finir,
- 3:15tu es quelqu'un qui transmet,
- 3:17qui a pour mission de transmettre.
- 3:19Et j'en suis très heureuse et j'ai envie d'en profiter,
- 3:21justement.
- 3:23Merci.
- 3:25t'as résumé à peu près ma mission de vie.
- 3:27Donc moi,
- 3:27j'essaie d'aligner ou de juxtaposer comme ça plusieurs passions,
- 3:30parce que j'aime la recherche.
- 3:32Je trouve que c'est passionnant quand l'humain devient un rat de laboratoire.
- 3:36Et d'ailleurs,
- 3:36c'est pour ça que j'écris aussi des livres,
- 3:37c'est pour remercier les personnes que j'ausculte à la loupe de me donner de leur temps,
- 3:43parce que le temps,
- 3:44c'est quand même une des choses les plus précieuses aujourd'hui.
- 3:47Donc ils m'accordent de leur temps,
- 3:49c'est énergivore quelquefois,
- 3:50quand tu fais des expérimentations.
- 3:53les gens repartent avec des questionnements quelques fois profonds.
- 3:57Pour les remercier aussi,
- 3:59j'ai cette autre passion qui est l'écriture de livres,
- 4:01mais pour rendre accessibles ces résultats de recherche,
- 4:04parce qu'on fait beaucoup de statistiques,
- 4:05on a des modèles des fois un peu complexes.
- 4:08Il y a un résultat ou deux résultats à chaque fois qui ressortent.
- 4:11C'est ça qui est
- 4:14« utile » pour les gens et que je diffuse à travers les livres.
- 4:19Effectivement,
- 4:20après,
- 4:20mon métier...
- 4:21à la base,
- 4:22c'est prof.
- 4:23Donc l'idée,
- 4:24c'est de transmettre aussi des choses.
- 4:27Et c'est vrai que c'est presque symbolique aujourd'hui dans mon hygiène de travail,
- 4:33mais tous les ans,
- 4:34je change à peu près 20 à 30%
- 4:35du contenu des cours que je donne à mes étudiants à l'EM Lyon.
- 4:40Et je réinjecte des choses nouvelles,
- 4:43des découvertes nouvelles qui ont été faites sur mes sujets de prédilection,
- 4:47l'émotion,
- 4:48l'intelligence émotionnelle,
- 4:49l'intuition.
- 4:50pour être systématiquement à la page et quelque part aussi tenter de les outiller pour faire face au monde dans lequel on vit,
- 4:59parce que c'est un monde...
- 5:01qui bouge,
- 5:01qui nous remue.
- 5:03On reçoit pas mal de coups de poing.
- 5:04Il y a une instabilité chronique maintenant,
- 5:07crise politique.
- 5:09Il y a des guerres aussi,
- 5:11pas si loin que ça.
- 5:13Un pouvoir d'achat qui est un peu compliqué.
- 5:17Donc,
- 5:18l'idée,
- 5:18c'est aussi de se dire,
- 5:19tiens,
- 5:19comment est-ce qu'on arrive lorsqu'on est bousculé par toutes ces mutations sociétales,
- 5:25par tous ces changements,
- 5:26par toutes ces transformations ?
- 5:28Comment est-ce qu'on fait globalement aussi ?
- 5:30pour tenir debout et être à l'équilibre.
- 5:34Donc,
- 5:34c'est ça un peu l'idée que j'essaye à entendre.
- 5:37Alors,
- 5:37est-ce que tu peux me rappeler ton métier,
- 5:40ta profession ?
- 5:41Tu es chercheur à Emelian,
- 5:42professeur.
- 5:44Tu es habilité à diriger de la recherche.
- 5:47Tu es également formateur,
- 5:50conférencier.
- 5:52Dis-moi toutes les fonctions que tu occupes actuellement.
- 5:55Alors,
- 5:55il y a vraiment,
- 5:56c'est tout ça.
- 5:57Aujourd'hui,
- 5:58quand on est prof dans ce type d'école,
- 6:01on doit faire de la recherche globalement.
- 6:03On doit être à la page,
- 6:05on doit tenter des choses.
- 6:06Donc,
- 6:06effectivement,
- 6:07la recherche a alimenté ma pédagogie.
- 6:09Donc,
- 6:10ça,
- 6:10c'est quelque chose qui me tient à cœur.
- 6:12Effectivement,
- 6:13après,
- 6:13je donne aussi des conférences,
- 6:14j'écris des livres.
- 6:16Je suis aussi cofondateur d'entreprise parce que je pense que moi,
- 6:21j'ai des fois...
- 6:22un public de managers,
- 6:23de top managers ou de dirigeants,
- 6:24donc de personnes qui pratiquent des métiers émotionnels,
- 6:27qui ont à gérer le stress,
- 6:28qui doivent prendre des décisions quelquefois impactantes et pour eux et pour les autres.
- 6:32Et donc la matière émotionnelle là,
- 6:34elle est centrale en fait.
- 6:36Et je pense que ce serait compliqué pour moi de venir face à ces populations-là en n'ayant pas expérimenté ce que c'est que de lancer sa propre boîte.
- 6:46Donc c'est pour ça que par exemple avec deux étudiants qui sont
- 6:51qui était à l'EMION.
- 6:52On avait cofondé
- 6:54Moodwork, qui est aujourd'hui un des leaders en santé mentale,
- 6:59qui a beaucoup de travaux sur tout ce qui est facteur à risque par rapport au burn-out,
- 7:04etc.
- 7:04dans les entreprises,
- 7:06donc ils sont assez actifs,
- 7:08plein,
- 7:08plein,
- 7:08plein de boîtes.
- 7:10Récemment,
- 7:11il y a deux ans,
- 7:11on a créé une entreprise qui s'appelle Génération QE.
- 7:14Oui,
- 7:14c'est ça.
- 7:15Et l'idée,
- 7:15c'était vraiment de proposer des tests d'intelligence émotionnelle qui soient fiables.
- 7:20statistiquement valides,
- 7:22robustes,
- 7:23pour permettre aux gens à un moment de connaître leur profil émotionnel,
- 7:26de savoir sur quoi travailler,
- 7:29connaître un petit peu les axes sur lesquels il faut renforcer deux,
- 7:32trois choses.
- 7:34C'est beaucoup de travail parce qu'on a créé des tests qu'on appelle les tests de performance.
- 7:37Ceux-là,
- 7:37c'est un peu les plus compliqués à créer.
- 7:40C'est quand même des années de recherche et de développement.
- 7:43Généralement,
- 7:44la plupart des chercheurs se disent...
- 7:45Ouf !
- 7:45en psychométrie,
- 7:46je ne sais pas si je veux aller là-dedans parce que c'est très énergivore.
- 7:50Nous,
- 7:51on l'a fait,
- 7:52ça s'est bien passé.
- 7:54Et donc,
- 7:55on a créé ces tests-là et moi,
- 7:56je suis super fier.
- 7:57Aujourd'hui,
- 7:57la fierté est une émotion.
- 7:59Pas souvent facile à reconnaître ou même à assumer.
- 8:03Il n'y a pas que les émotions déplaisantes.
- 8:05Mais je suis fier de ça parce qu'on a vraiment un retour aujourd'hui de personnes qui ont passé ce type de test.
- 8:12Ça s'appelle le QO pro pour l'entreprise,
- 8:14le QEG pour le grand public.
- 8:16C'est celui que j'ai fait.
- 8:17Oui,
- 8:17tout à fait.
- 8:18Peut-être que tu en dirais quelques mots.
- 8:20Oui,
- 8:20c'est ça.
- 8:21Et c'est vrai que derrière,
- 8:23toi qui es médecin,
- 8:24tu le sais,
- 8:26tu ne peux pas dresser une ordonnance si le diagnostic lui-même n'est pas précis.
- 8:30Un test reste un test,
- 8:31mais c'est un point de départ.
- 8:33Et si on n'avait pas ce point de départ,
- 8:34ce serait compliqué après de savoir sur quel axe de cette forme d'intelligence qu'on appelle l'intelligence émotionnelle,
- 8:39on devrait travailler.
- 8:40Donc,
- 8:40autant que le diagnostic soit bon,
- 8:41parce que si le diagnostic est mauvais,
- 8:43derrière,
- 8:44comment veux-tu que,
- 8:45entre guillemets,
- 8:45l'ordonnance,
- 8:46c'est une image...
- 8:46Soit adéquate.
- 8:47Ouais,
- 8:47soit bonne.
- 8:48Donc,
- 8:49la contagion émotionnelle,
- 8:51tu commences à en parler en parlant de l'émotion.
- 8:54Et tu dis,
- 8:54au début,
- 8:55il y a l'émotion et sans l'émotion,
- 8:56tu l'appelles la particule de Dieu.
- 8:59S'il n'y a pas l'émotion,
- 9:00il n'y a rien.
- 9:01Rien ne bouge,
- 9:01rien ne se fait.
- 9:03Et cette émotion,
- 9:04elle a la particularité d'être invisible,
- 9:06mais là,
- 9:07il y a la notion de la contagion.
- 9:09Et dans la contagion,
- 9:10il y a quelque chose qui est un peu inquiétant,
- 9:12un peu effrayant,
- 9:15qui se rapporte à la maladie,
- 9:18à la pandémie peut-être,
- 9:20mais là c'est différent.
- 9:23Tu es celui qui a le plus parlé de l'importance de ce phénomène.
- 9:30Il y a beaucoup de personnes qui en ont bien sûr parlé auparavant,
- 9:34mais tu es venu avec quelque chose d'assez singulier.
- 9:37c'est le fait d'aller le chercher et l'observer dans des milieux extrêmes.
- 9:42Et dans ton livre,
- 9:44tu l'as présenté dans le cadre,
- 9:48au départ,
- 9:49c'était l'espace,
- 9:51c'est ça ?
- 9:52De la station spatiale,
- 9:53le milieu restreint en apesanteur de l'espace.
- 9:57Ensuite,
- 9:57c'était les loups de Wall Street,
- 9:58j'étais passionnée,
- 10:01j'ai adoré.
- 10:02ensuite il y a les explorateurs
- 10:05de l'extrême des montagnes,
- 10:06ceux qui ont cherché à aller à la montagne et ceux qui sont arrivés là par le hasard du destin et de l'accident.
- 10:14Et ensuite,
- 10:17si je me rappelle bien,
- 10:18ah oui,
- 10:19la justice et le tribunal,
- 10:21c'est incroyable,
- 10:22extraordinaire.
- 10:23Et donc,
- 10:24tu expliques que la contagion...
- 10:27émotionnel,
- 10:28c'est un phénomène qui nous permet de survivre et qui permet la survie de l'espèce humaine.
- 10:33C'est extrêmement important.
- 10:35C'est grâce à ça qu'on s'accorde,
- 10:36qu'on s'harmonise.
- 10:38Et par la suite,
- 10:41il est important de comprendre le phénomène parce qu'il y a les avantages et il y a les inconvénients.
- 10:47Est-ce que tu peux me parler des avantages et des inconvénients,
- 10:49Christophe ?
- 10:50Déjà,
- 10:50la contagion émotionnelle,
- 10:51c'est le transfert des émotions
- 10:54d'une personne à une autre,
- 10:55d'une tête à une autre,
- 10:57d'un corps à un autre.
- 10:58Il y a une dimension physiologique,
- 10:59biologique qu'on est capable aujourd'hui de mesurer.
- 11:02C'est un phénomène qui s'opère,
- 11:03se transfère là,
- 11:05très rapidement,
- 11:05en quelques millième de seconde,
- 11:08soit par des phénomènes basiques d'imitation.
- 11:11Tu vois,
- 11:12quand il y a quelqu'un que tu admires,
- 11:14par exemple,
- 11:14ou quelqu'un qui a un statut hiérarchique supérieur au tien,
- 11:17tu vas lui accorder plus d'attention.
- 11:19Et ce degré d'attention étant plus élevé,
- 11:22tu capteras plus facilement
- 11:24des signaux faibles,
- 11:25des micro-expressions de tel ou tel type d'émotion.
- 11:28Et donc,
- 11:29tu vas capturer ça,
- 11:30tu vas l'expérimenter toi-même,
- 11:33tout en sachant,
- 11:34dans beaucoup de cas,
- 11:35que cette émotion ne t'appartient pas,
- 11:37elle appartient à l'autre.
- 11:38Et quelquefois,
- 11:39quand on manque d'intelligence émotionnelle,
- 11:42on pense que c'est notre propre émotion.
- 11:44Alors qu'elle est juste là,
- 11:45c'est comme un virus,
- 11:47ça passe d'un individu à un autre.
- 11:48Moi,
- 11:48je dis souvent,
- 11:48c'est le virus le plus contagieux au monde.
- 11:51on est
- 11:528 milliards de dollars
- 11:53plus maintenant d'individus sur cette petite boule bleue,
- 11:56à se transmettre ce type de virus.
- 11:59On est soit celui qui transmet,
- 12:01soit celui qui reçoit.
- 12:02Mais dans chaque échange social avec quelqu'un,
- 12:05dans chaque interaction,
- 12:07il se passe quelque chose.
- 12:08Ce phénomène opère.
- 12:10Et ce qui est intéressant,
- 12:11effectivement,
- 12:12c'est que quelquefois,
- 12:12il opère avec un impact positif et quelquefois avec un impact négatif.
- 12:18L'impact positif,
- 12:20c'est quand on devient capable à un moment de partager une vision,
- 12:24partager une passion avec des gens,
- 12:26avoir un flot argumentatif qui est super fluide,
- 12:29qui parle aux intentions et aux besoins des personnes et qui va créer une espèce de synergie qui fait qu'on aura tous envie de ramer dans le même sens et on pourra faire de grandes choses.
- 12:42Et d'autres fois,
- 12:42cette contagion opère de manière un peu plus pernicieuse.
- 12:45Quand vous êtes face,
- 12:46par exemple,
- 12:46à des personnes qui sont dans la perversion narcissique,
- 12:49dans le machiavélisme,
- 12:51qui veulent tout simplement abuser de vous,
- 12:56ces personnes-là peuvent aussi jouer là-dessus et tenter d'inoculer chez vous des émotions toxiques qui vont faire que vous allez vous sentir un peu inférieur,
- 13:06baisse d'estime de soi,
- 13:08un espèce de mal-être qui sera là et vous serez fragilisé et donc,
- 13:13entre guillemets,
- 13:13plus facilement.
- 13:14une proie pour obéir ou pour suivre celui qui s'affirme comme étant un alpha dominant.
- 13:23Il y a tout ça.
- 13:24Moi,
- 13:24ces personnages,
- 13:25je les appelle des enflures toxiques.
- 13:28Et ce n'est pas pour être vulgaire ou pour choquer.
- 13:31C'est parce que si on prend le terme d'enfler,
- 13:33il y a cette notion d'amplifier les choses.
- 13:36Et ces personnes-là peuvent avoir un effet,
- 13:39pas que sur un individu,
- 13:40mais vraiment sur un groupe d'individus.
- 13:43Ils peuvent faire extrêmement mal.
- 13:45Et d'ailleurs,
- 13:45dans le livre de la contagion émotionnelle,
- 13:47j'ai travaillé avec quelqu'un que j'aime beaucoup,
- 13:50qui est une amie qui s'appelle
- 13:51Elisabeth Fresnel,
- 13:52la petite fille de Fresnel,
- 13:54les lents,
- 13:54tout ça,
- 13:55bref,
- 13:56et qui est une médecin phognâtre et qui travaille avec des chefs d'entreprise,
- 14:01avec des grandes stars de la chanson à travers le monde,
- 14:05sur la voix.
- 14:07Et moi,
- 14:08je m'étais intéressé à la contagion des émotions à travers la voix,
- 14:11le débit de parole.
- 14:12la tonalité,
- 14:14la fréquence fondamentale,
- 14:15etc.
- 14:16Et un peu sadique,
- 14:18des chercheurs en psychologie sociale,
- 14:19il y a tout un petit fond comme ça un peu,
- 14:21je lui ai proposé en fait plusieurs heures d'enregistrement de gourous.
- 14:27Donc trois gourous assez connus,
- 14:32un encore vivant.
- 14:33Et je lui ai dit,
- 14:34écoute,
- 14:34essaye d'analyser ces voix-là et qu'on comprenne en fait...
- 14:38Donne-moi les caractéristiques vocales de ces personnes-là,
- 14:41qu'on comprenne comment ces gens-là arrivent à hamsonner leurs victimes,
- 14:45à les rameuter dans leur rang.
- 14:48Comment est-ce qu'ils opèrent ?
- 14:50Et là,
- 14:51les résultats sont assez surprenants,
- 14:55parce qu'on pourrait se dire que ces personnes-là ont une forme d'esthétisme vocal,
- 15:00des envolées comme ça,
- 15:01lyriques très jolies,
- 15:03très belles,
- 15:05très chiadées,
- 15:06etc.
- 15:07Alors que pas du tout.
- 15:08Ce sont des tons de voix monotones,
- 15:11des débits de parole qui ralentissent.
- 15:14Ils accentuent certains mots très fort,
- 15:16quelquefois de manière assez grossière,
- 15:18mais ça marche,
- 15:20parce que quand on ralentit comme ça le débit de parole,
- 15:22il y a une forme de sérieusité chez l'autre.
- 15:24On se dit,
- 15:24tiens,
- 15:25ce qu'il dit,
- 15:25il y a quand même peut-être un socle possible et solide dans ce qui est raconté,
- 15:32sur lequel la personne va s'appuyer.
- 15:34Oui,
- 15:35ça a l'air d'être structuré.
- 15:36En fait,
- 15:36notre cerveau fait tout un tas de...
- 15:38pari sur finalement la fiabilité du propos de l'autre.
- 15:43C'est comme ça qu'ils arrivent à convaincre des gens et peu importe d'ailleurs les catégories socio-professionnelles.
- 15:50Il suffisait d'être à un moment de sa vie,
- 15:53un carrefour de sa vie où on a subi une fracture.
- 15:57où il y a une fêlure psychique forte,
- 16:00perte d'emploi,
- 16:01séparation,
- 16:02mort d'un proche,
- 16:04la maladie,
- 16:05etc.
- 16:05Et donc,
- 16:06ils arrivent à s'engouffrer comme ça avec des caractéristiques précises de voix.
- 16:10Il y en a d'autres encore.
- 16:12Et donc là,
- 16:12cette contagion s'opère,
- 16:13mais au service,
- 16:14entre guillemets,
- 16:17du toxique.
- 16:18Ok.
- 16:19Alors,
- 16:19je me posais la question de comment s'opérer la contagion émotionnelle dans un cadre...
- 16:26ordinaire,
- 16:27enfin je dirais presque ordinaire,
- 16:28c'est-à-dire dans notre travail,
- 16:30dans notre vie de tous les jours.
- 16:32Alors a fortiori quand c'est des milieux dynamiques auxquels je m'intéresse un peu particulièrement,
- 16:38mais c'est parce que les choses sont encore plus intenses quand on est dans des endroits dynamiques à enjeu.
- 16:45Je pense bien sûr au bloc opératoire,
- 16:47mais ça peut être plein d'endroits,
- 16:48ça peut être une brigade de cuisine au moment du service,
- 16:52ça peut être euh euh
- 16:55différents enjeux et des fois,
- 16:56ce sont des enjeux sécuritaires.
- 16:59Et là,
- 17:00l'importance de la contagion,
- 17:03elle est importante parce que nous jouons chacun un rôle dans une dynamique de groupe.
- 17:09Et si je comprends bien,
- 17:11c'est qu'on a notre fonctionnement personnel par rapport à l'émotion et de ce qu'on en fait.
- 17:17Et après,
- 17:17il y a notre empreinte et ce qu'on transmet au sein de notre travail.
- 17:24Est-ce que tu me confirmes déjà que la contagion émotionnelle,
- 17:28c'est le moyen,
- 17:30on va dire,
- 17:30physiologique en dehors de nous qui fait qu'on opère ensemble ?
- 17:34C'est-à-dire qu'on se synchronise,
- 17:37on va aller pour accomplir une action en commun.
- 17:42Si on doit s'inquiéter de quelque chose,
- 17:43on va pouvoir s'en inquiéter ensemble.
- 17:46Et donc,
- 17:46c'est important de comprendre cette dynamique-là pour nous structurer ensemble et pour pouvoir gérer les choses ensemble.
- 17:55Maintenant,
- 17:56dans la vraie vie,
- 17:57ça peut déraper,
- 18:00la contagion peut prendre des formes mal régulées.
- 18:06Et là,
- 18:06ça pose des soucis parce qu'on se transmet nos stress,
- 18:10on se transmet nos angoisses.
- 18:15Et là,
- 18:15la performance peut être mise en jeu.
- 18:23Dans la dynamique de groupe de cette contagion émotionnelle,
- 18:32quel est l'apport et quel est le conseil que tu donnes dans les entreprises et comment on doit gérer ça ?
- 18:38Il y a un papier que je viens de soumettre,
- 18:41il n'est pas encore publié.
- 18:43C'est une observation menée auprès de quelqu'un qui était plusieurs années,
- 18:48psychiquement...
- 18:51C'est une personne,
- 18:53un homme,
- 18:54en l'occurrence,
- 18:54qui était prisonnier mentalement,
- 18:57psychiquement,
- 18:58d'un groupe fermé,
- 18:59sectaire,
- 19:01et qui me raconte comment ça s'est passé de l'intérieur.
- 19:03C'est assez profond,
- 19:06ce qui est dit,
- 19:07mais ça va répondre en partie à ton questionnement.
- 19:11Et ce syndrome-là,
- 19:12de groupe,
- 19:13je l'ai appelé le groupe Phil.
- 19:14J'allais dire en rebond de ce phénomène qu'on appelle le groupe Fink,
- 19:20d'Irene Gianni.
- 19:22qui s'était intéressé à des groupes dysfonctionnels,
- 19:28que ce soit des cabinets présidentiels ou alors des comités de direction,
- 19:36l'agrégation de plein de mécaniques intellectuelles bien huilées.
- 19:39Et malgré ça,
- 19:40à un moment,
- 19:40ça partait en cacahuètes.
- 19:43Et donc le groupe Phil,
- 19:43c'est quoi ?
- 19:44C'est justement,
- 19:46j'allais dire,
- 19:47quelque part le summum d'une contagion émotionnelle.
- 19:52de groupe toxique.
- 19:53C'est-à-dire qu'à un moment,
- 19:54on peut être aussi quelquefois bercé par des illusions de « il faut absolument que ce soit toujours positif,
- 20:02toujours plaisant » .
- 20:03Et donc là,
- 20:05il y a même des organisations,
- 20:06il y a des cultures qui vont dire « attends,
- 20:08il faut toujours sourire,
- 20:09il faut toujours être dans tel ou tel type de posture » .
- 20:11Ça,
- 20:11ça met une pression très forte sur les gens.
- 20:14Et derrière,
- 20:15en réalité,
- 20:15à force d'être toujours à vouloir chercher euh
- 20:19le fameux fake smile,
- 20:21le faux sourire,
- 20:23d'afficher de la joie ou d'afficher une forme d'euphorie,
- 20:25etc.,
- 20:26avec des niveaux d'intensité assez élevés.
- 20:28Mais en fait,
- 20:28on se coupe d'autres signaux émotionnels qui toquent à notre porte et qui disent « attends,
- 20:32en fait,
- 20:33il y a quand même un truc qui ne va pas dans ce que vous êtes en train de faire » .
- 20:36Mais c'est tellement intense,
- 20:37il y a tellement cette norme du
- 20:39« je vais bien,
- 20:40tout va bien,
- 20:40il faut absolument s'imposer ça » ,
- 20:43et bien que derrière,
- 20:44on n'entend pas certains signaux critiques qui pourraient…
- 20:47nous amener à corriger tel ou tel type de comportement,
- 20:49à revenir sur tel ou tel type de décision de groupe,
- 20:52etc.
- 20:53Et là vont émerger des gens qui vont être des espèces de gardiens du bon droit émotionnel.
- 20:59qui vont se dire,
- 21:00pour toute personne qui se ressentirait peut-être pas dans le mood collectif,
- 21:05dans l'humeur collective,
- 21:07vont mettre une pression très forte sur ces personnes et donc vont étouffer quelque part la critique.
- 21:15Donc si tu veux,
- 21:15la contagion émotionnelle va s'auto-alimenter dans un groupe où on a des règles émotionnelles.
- 21:20On se dit,
- 21:20en fait,
- 21:20le climat émotionnel d'une équipe,
- 21:22il doit être comme ça.
- 21:24C'est comme ça la culture de l'entreprise ou de l'organisation.
- 21:27et tout...
- 21:28Le comportement déviant doit être sanctionné,
- 21:31doit être mis de côté,
- 21:32doit être puni.
- 21:34Donc là,
- 21:34tu vois,
- 21:35tu me disais,
- 21:36tiens,
- 21:36oui,
- 21:36des fois,
- 21:36il y a le stress ou l'angoisse,
- 21:38la contagion.
- 21:39Alors,
- 21:39quelquefois,
- 21:40c'est nécessaire.
- 21:40C'est-à-dire un petit peu de stress,
- 21:41c'est comme un comédien avant d'entrer sur scène.
- 21:44C'est important qu'il ressente un petit peu d'anxiété ou,
- 21:49on va dire,
- 21:50une peur modérée,
- 21:51parce que ça va lui donner une sorte d'élan.
- 21:54Il va être en tension musculaire,
- 21:56il va être prêt à affronter finalement le p...
- 21:58public qu'il a face à lui,
- 21:59à affronter son rôle,
- 22:01c'est ça qui va être l'essence qu'on va mettre dans son moteur psychique pour avancer.
- 22:06C'est la même chose,
- 22:06quelquefois,
- 22:08quand t'es au bloc,
- 22:09faut aller vite,
- 22:09je sais pas,
- 22:10il y a pas si longtemps que ça,
- 22:12j'étais au palais des congrès et j'étais face à plusieurs centaines de chirurgiens cardiologues qui étaient là avec leurs équipes,
- 22:20on discutait de ça,
- 22:21effectivement,
- 22:22faut aller vite,
- 22:23je sais pas,
- 22:23la pause d'un stent...
- 22:25quelqu'un qui est en train de faire un infarctus,
- 22:26etc.
- 22:27Ça doit aller vite.
- 22:28Donc,
- 22:28c'est normal qu'il y ait un peu de stress parce que ça va nous booster là-dessus.
- 22:32On va être en résonance avec l'urgence de la situation.
- 22:35Maintenant,
- 22:35effectivement,
- 22:35il y a un seuil à ne pas franchir.
- 22:37Parce que si tu es totalement en panique,
- 22:40c'est Nando Parado qui est un des rescapés de ce crash d'avion dans la Cordillère des Andes.
- 22:47Cette équipe de rugby où ils étaient à un moment obligés de...
- 22:51de manger les cadavres pour survivre,
- 22:54parce que la faune et la flore n'étaient absolument pas nutritives.
- 22:58Et qui me disait,
- 22:59Nando
- 22:59Parado me disait,
- 23:00la peur te sauve,
- 23:01la panique te tue.
- 23:04Et c'est,
- 23:05en fait,
- 23:06il est là l'équilibre.
- 23:07C'est-à-dire que si,
- 23:09dans un moment,
- 23:10dans une situation extrême,
- 23:11effectivement,
- 23:12il faut un peu de stress,
- 23:13etc.
- 23:13Mais si tu dépasses ou si tu es en surdosage de ça,
- 23:17Et effectivement,
- 23:18là,
- 23:18tu deviens un agent pathogène qui va contaminer négativement les autres et qui peut créer de la panique.
- 23:22Et la panique,
- 23:23le problème,
- 23:24c'est que tu peux aller dans tous les sens.
- 23:26Ça va paralyser certaines personnes.
- 23:29D'autres vont se mettre en mouvement et partir dans toutes les directions.
- 23:32Et donc là,
- 23:33effectivement,
- 23:33ça peut être catastrophique.
- 23:35Donc,
- 23:36en réalité,
- 23:38on a un grand pouvoir quand on sait qu'on peut contaminer autrui.
- 23:44Et on peut tous le faire.
- 23:45et surtout quand on a un statut hiérarchique,
- 23:48quand on sait que des gens nous observent,
- 23:50comme je te disais avant,
- 23:50et qu'on sait que le sens de la contagion émotionnelle est facilité du haut vers le bas.
- 23:56D'un point de vue hiérarchique,
- 23:57ce n'est pas sur l'humain en tant que tel,
- 24:00sur sa valeur en tant qu'humain,
- 24:01c'est vraiment sur le statut hiérarchique.
- 24:04Et bien derrière,
- 24:07on a cette responsabilité,
- 24:08c'est dans Spider-Man,
- 24:09alors on a les références qu'on a,
- 24:11où l'oncle dit à un moment...
- 24:13On dit qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.
- 24:17Elle est là,
- 24:17la responsabilité.
- 24:19Donc,
- 24:19on devrait tous faire un peu attention aussi au type d'émotions qu'on va émettre.
- 24:26Parce que derrière,
- 24:27on parle beaucoup aujourd'hui d'écologie,
- 24:29d'empreintes carbone,
- 24:31les petits oiseaux,
- 24:31le CO2,
- 24:32ça,
- 24:32c'est super important.
- 24:33Mais dans cette grande,
- 24:34grande,
- 24:34grande famille de l'écologie,
- 24:37il y a aussi,
- 24:37moi,
- 24:37ce que j'appelle l'empreinte émotionnelle.
- 24:39Quelle trace tu laisses de ton passage ?
- 24:41au sein de tes équipossins,
- 24:42de ta famille,
- 24:43des membres de ta famille,
- 24:44de tes amis.
- 24:45Comment tu te comportes d'un point de vue émotionnel ?
- 24:48Quel est l'impact que tu as sur les autres ?
- 24:50Est-ce que tu fais du bien ?
- 24:52Est-ce que tu crées des synergies ?
- 24:54Est-ce que tu aides,
- 24:55par exemple,
- 24:55des gens à décadenasser des problèmes ?
- 24:57Est-ce que tu es en écoute active,
- 24:59etc. ?
- 25:00Ou alors,
- 25:00est-ce que tu es un pollueur psychique ?
- 25:02Comme le sont les personnes qui balancent des bouteilles de plastique à la mer et qui s'en fichent,
- 25:08il y a des gens,
- 25:09d'un point de vue émotionnel,
- 25:09qui...
- 25:10polluent l'esprit d'autrui,
- 25:11qui hackent leur cerveau,
- 25:13juste pour les contraindre à aller dans leur sens.
- 25:16Donc là,
- 25:16à un moment,
- 25:17il y a vraiment aussi ce choix à faire,
- 25:19à l'heure où,
- 25:20effectivement,
- 25:21on vit des situations stressantes,
- 25:22où des gens,
- 25:23quelquefois,
- 25:23perdent de pied et rejoignent assez facilement le côté obscur de la force,
- 25:28quelquefois sans s'en rendre compte.
- 25:30Donc là,
- 25:30voilà,
- 25:32on a un rôle à jouer et là-dessus,
- 25:34il y a une chose qui est assez intéressante,
- 25:35c'est que...
- 25:36Moi,
- 25:36je développe cette idée dans le dernier bouquin illustré.
- 25:40C'est qu'on connaît tous le quotient familial,
- 25:45qui est un indicateur économique du foyer.
- 25:49Moi,
- 25:49je parle aujourd'hui de quotient parental,
- 25:52de quotient émotionnel parental dans un foyer.
- 25:56Si les parents développent peu leur intelligence émotionnelle,
- 25:59la probabilité est très très forte que l'enfant aura deux,
- 26:03trois difficultés à comprendre les logiques émotionnelles,
- 26:06pourquoi une émotion naît en lui,
- 26:08qu'est-ce que ça implique,
- 26:09en quoi ça peut l'aider à faire de meilleurs choix,
- 26:11à augmenter la qualité de la relation avec les autres,
- 26:14à trouver un consensus,
- 26:15à s'adapter tout simplement,
- 26:16c'est très darwinien ce que j'ai,
- 26:18à s'adapter à une situation,
- 26:19il aura un peu plus de difficultés.
- 26:22Donc là aussi,
- 26:23en tant que parent,
- 26:24figure d'autorité,
- 26:25Oui.
- 26:26on a une vraie grosse responsabilité.
- 26:29Ce n'est pas pour mettre un poids supplémentaire sur les épaules des gens,
- 26:33mais quand même,
- 26:33quand on choisit de faire des enfants,
- 26:35on a cette responsabilité de comment on les contamine.
- 26:39Ah oui,
- 26:39d'accord,
- 26:40dans ce sens-là.
- 26:41D'abord les contaminer et ensuite leur enseigner éventuellement l'identification des émotions et la régulation.
- 26:49Et quand je dis contaminer,
- 26:51c'est à nouveau,
- 26:51on sait que dans l'apprentissage,
- 26:52effectivement,
- 26:53il faut un peu d'écoute,
- 26:54il faut un peu de patience.
- 26:56On peut faciliter l'apprentissage de l'enfant en utilisant des émotions ludiques,
- 27:03en le surprenant.
- 27:03La surprise est une des émotions de base.
- 27:06Il y a plein de mécanismes émotionnels qui aident l'enfant,
- 27:10finalement,
- 27:10à se développer plutôt bien au cours,
- 27:14au fil des années.
- 27:16Donc là,
- 27:16il y a vraiment des choses à mettre en place,
- 27:18parce qu'effectivement,
- 27:19on peut être sur une posture qui est très coercitive,
- 27:21on peut être sur une posture extrêmement dure avec l'enfant,
- 27:25mais derrière.
- 27:26On en paie le prix,
- 27:27en fait.
- 27:28Et ce que je vais te dire,
- 27:31c'est un constat qui est un peu triste,
- 27:34mais fut une époque,
- 27:35maintenant j'ai moins le temps,
- 27:36malheureusement,
- 27:38mais j'allais voir des personnes âgées en maison et qui étaient vraiment isolées.
- 27:44En maison de retraite.
- 27:45Voilà.
- 27:47Physiquement,
- 27:48psychiquement.
- 27:49Et globalement,
- 27:50statistiquement parlant,
- 27:52quasi toutes ces personnes...
- 27:54m'adressait le même constat,
- 27:56c'était en fait,
- 27:57j'ai passé ma vie à vivre exclusivement pour moi-même.
- 28:02J'étais plutôt dans un rapport de force avec les autres.
- 28:06J'ai souvent tenté deux,
- 28:09trois fourberies pour amener l'autre à aller dans mon sens,
- 28:13etc.
- 28:14J'étais habité par des regrets,
- 28:16des remords,
- 28:19qui renvoyaient à une empreinte émotionnelle qui était...
- 28:23pas si soigné que ça.
- 28:25Et si vous voulez,
- 28:26derrière,
- 28:27le constat,
- 28:27il est terrible.
- 28:27C'est-à-dire que quand vous agissez comme ça,
- 28:29quand vous êtes toxique avec autrui,
- 28:33que vous accordez absolument pas de temps de cerveau disponible à l'autre,
- 28:36à un moment,
- 28:37il y a un héroïe affectif,
- 28:38il y a un retour sur investissement,
- 28:40ou dans ce cas-là,
- 28:40sur désinvestissement affectif,
- 28:43les gens,
- 28:43finalement,
- 28:44n'ont plus aucun intérêt qu'il soit analytique ou émotionnel,
- 28:50pour être en contact avec vous.
- 28:51et donc très rapidement,
- 28:52mais vous êtes mis de côté.
- 28:55Et ça,
- 28:55on sait que ça accélère la décrépitude,
- 28:59que ça donne un coup au système immunitaire,
- 29:01etc.
- 29:01Donc,
- 29:02il y a une vraie...
- 29:03En fait,
- 29:04je crois qu'il y a une vraie morale dans tout ça.
- 29:07On peut se contaminer,
- 29:09comme je vous l'ai dit,
- 29:09c'est très rapide.
- 29:11On sait en plus que la contagion d'émotions déplaisantes est plus facile que l'inverse.
- 29:18C'est pour ça que je parle du milieu du travail,
- 29:20parce que de ce que je comprends de ton livre,
- 29:24et tu utilises une métaphore qui est extrêmement parlante,
- 29:28c'est quand tu dis que ce qui est...
- 29:31pas sympa,
- 29:32le cerveau agit sur le cerveau comme s'il était du velcro.
- 29:36Ça s'accroche.
- 29:38Alors qu'effectivement,
- 29:40les émotions plaisantes qu'on reçoit,
- 29:42on se dit « ok,
- 29:44très bien,
- 29:45j'acte » ,
- 29:45mais ça glisse et là,
- 29:47on est plutôt sur du téflon.
- 29:49Le problème,
- 29:49c'est que c'est beaucoup plus compliqué de décroter ce type d'émotions déplaisantes.
- 29:55Mais déplaisantes,
- 29:57quand je dis déplaisantes,
- 29:59toutes les émotions ont un rôle à jouer.
- 30:00Elles sont toutes utiles.
- 30:02C'est un peu comme ces animaux où on se dit,
- 30:06tiens,
- 30:06la limace ou l'araignée,
- 30:09on se dit,
- 30:09tiens,
- 30:10c'est répugnant,
- 30:11etc.
- 30:11Mais en réalité,
- 30:12ça sert l'écosystème.
- 30:12On en a besoin.
- 30:13C'est la même chose pour les émotions déplaisantes.
- 30:15Sauf que quand ces émotions déplaisantes s'invitent,
- 30:18pas dans le bon espace-temps,
- 30:19pas avec la bonne intensité,
- 30:22pas de la bonne manière,
- 30:23eh bien là,
- 30:23elles deviennent toxiques.
- 30:25Et là,
- 30:25effectivement,
- 30:25elles sont très compliquées à décroter.
- 30:28Enfin,
- 30:28pas si compliquées.
- 30:29que ça,
- 30:30quand on connaît un petit peu deux,
- 30:31trois...
- 30:32Ça met plus de temps.
- 30:34Ça met un petit peu plus de temps.
- 30:35Et derrière,
- 30:35effectivement,
- 30:36ça place l'individu dans une posture émotionnelle qui est une posture qui l'empêche d'être lucide,
- 30:43qui le coupe quelques fois des autres,
- 30:45qui le rend un peu moins performant,
- 30:47qui va créer des troubles.
- 30:48L'individu et le groupe,
- 30:49au fait.
- 30:49Tout à fait.
- 30:50C'est les deux en même temps.
- 30:51Et ce que j'ai retenu,
- 30:52par contre,
- 30:52une notion qui est super importante,
- 30:54c'est qu'au final,
- 30:56dans la dynamique de groupe,
- 30:58Je fais ça parce que je vois un petit peu ton schéma,
- 31:00tu vois à quoi je fais allusion.
- 31:03C'est un groupe qui arrive à dépasser un moment où la contagion émotionnelle a été pas sympa vers quelque chose ensemble.
- 31:13C'est-à-dire le groupe en entier arrive à être résilient et aller vers quelque chose de plus positif.
- 31:18C'est un groupe qui est plus soudé,
- 31:21plus coopérant et qui se construit sur des bonnes bases,
- 31:25a priori.
- 31:26et c'est en fait
- 31:27Une équipe,
- 31:29un groupe,
- 31:29une équipe dans une organisation,
- 31:31c'est quoi ?
- 31:32Finalement,
- 31:33c'est quelque chose de très organique.
- 31:35C'est ça.
- 31:37Il y a une durée de vie,
- 31:38il se passe des choses.
- 31:40C'est la vie,
- 31:40en fait.
- 31:41J'adore cette idée-là,
- 31:42c'est-à-dire un groupe,
- 31:43c'est organique.
- 31:45Au final,
- 31:45j'ai l'impression que le fonctionnement individuel,
- 31:49on peut imaginer que le groupe,
- 31:52au final,
- 31:53avec la contagion émotionnelle,
- 31:55fait que...
- 31:57C'est ce qui nous permet,
- 32:00ce qui permet à un groupe de fonctionner comme s'il était un individu autre,
- 32:05un troisième individu.
- 32:06C'est exactement ça.
- 32:08Et si tu veux,
- 32:09cette entité organique,
- 32:11elle vit.
- 32:12Et la vie,
- 32:12il y a des hauts,
- 32:13il y a des bas.
- 32:14Et effectivement,
- 32:15quand tu es capable à un moment de passer les bas,
- 32:20quelque part,
- 32:21et de rebondir là-dessus,
- 32:23ça créera dans la mémoire...
- 32:24collectif de ce groupe,
- 32:27ça créera finalement quelque chose de très très fort.
- 32:29C'est-à-dire que d'ailleurs,
- 32:30on pourra,
- 32:31lorsqu'on sera à nouveau confronté à une situation difficile,
- 32:34se dire « Attends,
- 32:35souviens-toi,
- 32:36il y a 3-4 ans,
- 32:37on pensait qu'on était dans une impasse,
- 32:39que c'était extrêmement compliqué.
- 32:42On a quand même réussi à surpasser tout ça,
- 32:46à peut-être même faire le deuil de cette chose-là.
- 32:49Aujourd'hui,
- 32:49on est dans une société où on n'arrive plus à faire le deuil. »
- 32:52Parce qu'on crée une distance avec la mort.
- 32:54Regarde même tout le cérémonial avec les défunts.
- 32:58On se coupe de plus en plus.
- 33:00Et donc,
- 33:00si tu te coupes de la mort,
- 33:01qui fait quand même partie de l'équation de la vie,
- 33:04c'est plus compliqué derrière d'assumer une perte.
- 33:07Une perte,
- 33:07que ce soit perte de quelqu'un,
- 33:08mais aussi perte,
- 33:09c'est un échec professionnel,
- 33:11un projet qui n'a pas abouti,
- 33:13une décision qui a été catastrophique.
- 33:15OK,
- 33:15à un moment,
- 33:16il faut digérer ça.
- 33:17Et sauf qu'aujourd'hui,
- 33:18on a tellement perdu l'usage du deuil
- 33:21que les gens restent un peu en circuit fermé avec cet échec et se définissent par cet échec et les émotions qui vont avec.
- 33:29Et moi,
- 33:29je dis souvent aux gens,
- 33:30tu n'es pas l'émotion que tu ressens.
- 33:31L'émotion,
- 33:33c'est une information qui vient à un instant T,
- 33:35tu la captures,
- 33:36ça te dit qu'il se passe un truc dans ton environnement.
- 33:39Et ce truc-là,
- 33:40ce changement peut avoir un impact direct sur ton niveau de bien-être,
- 33:43sur celui des membres de ton équipe ou des gens qui sont autour de toi,
- 33:47etc.
- 33:48Mais ça reste une information.
- 33:50Ça n'est pas la définition de qui tu es.
- 33:54Donc là,
- 33:54effectivement,
- 33:55il y a quelque chose qui est assez importante,
- 33:59c'est cette notion de se dire,
- 34:01et c'est un chasseur de trésors qui m'a dit ça,
- 34:04et qui s'appelle Ivan Sprach.
- 34:06Moi,
- 34:06je suis un grand fan d'Indiana Jones.
- 34:09Et donc,
- 34:09je suis allé voir pour Provoque ta chance,
- 34:11je suis allé voir des chasseurs de trésors.
- 34:14Et parmi eux,
- 34:15il y a Ivan Sprach,
- 34:15qui est celui qui a inspiré Spielberg pour le personnage d'Indiana Jones.
- 34:19D'ailleurs,
- 34:20la première fois que j'ai échangé avec lui,
- 34:23il a la veste en cuir,
- 34:24le chapeau.
- 34:24J'ai dit,
- 34:25tu ressembles vachement à Indy.
- 34:26Non,
- 34:27c'est Indy qui me ressemble.
- 34:28Bref,
- 34:29c'est un des grands docteurs.
- 34:33En archéologie,
- 34:34il découvre encore aujourd'hui des pentes citées mayas,
- 34:37etc.
- 34:37C'est fabuleux,
- 34:38sa vie est extraordinaire.
- 34:39Et lui,
- 34:40il m'a dit un jour,
- 34:41la chose suivante,
- 34:41il m'a dit,
- 34:42il y a une solution pour tout,
- 34:43sauf pour la mort.
- 34:45Et je me suis dit,
- 34:46en fait,
- 34:46c'est vrai.
- 34:47Et juste après lui,
- 34:49c'est fou l'enchaînement dans la vie,
- 34:51j'interrogeais le champion du monde de magie et son acolyte qui écrit ces textes,
- 34:58qui s'appelle Hugo.
- 34:58Et Hugo me dit à un moment,
- 35:00il me parle de Harry Houdini.
- 35:02Et tout de suite,
- 35:02mon cerveau fait le rapprochement entre Houdini et ce que venait de me dire
- 35:08Ivan Sprach,
- 35:09ce chasseur de trésors,
- 35:13etc.
- 35:14Et je me dis,
- 35:15mais en fait,
- 35:15c'est vrai qu'il y a quand même globalement une solution pour à peu près tout.
- 35:20Et Harry Houdini,
- 35:21je te raconte juste cette histoire,
- 35:22mais c'est vrai qu'Harry Houdini,
- 35:24le papa de l'escapologie en magie,
- 35:26donc l'art de s'évader,
- 35:27etc.
- 35:28Il avait cette...
- 35:31Il lançait des défis à beaucoup de gens,
- 35:33notamment à la police de Chicago.
- 35:36Il leur disait,
- 35:37« Enfermez-moi dans une cellule,
- 35:39menottez-moi,
- 35:40fermez à double tour.
- 35:41Vous verrez,
- 35:42en moins de 30 minutes,
- 35:42je serai capable de m'évader. »
- 35:44Généralement,
- 35:44il y arrivait en moins de 3 minutes.
- 35:46Et le truc,
- 35:46c'est qu'il y avait un truc.
- 35:48Harry Houdini l'avait croisé sur une foire,
- 35:50un avalor de sabre,
- 35:52qui lui a dit,
- 35:52« Attends,
- 35:52dans ton oesophage,
- 35:53tu peux mettre une pièce un peu particulière et tu pourras comme ça te libérer de donc. »
- 35:59En réalité,
- 35:59Harry Houdini n'était jamais aussi prisonnier qu'il n'y paraissait.
- 36:03Et c'est exactement la même chose pour nous.
- 36:05On n'est jamais aussi prisonnier qu'il n'y paraît.
- 36:09Il y a globalement une solution à tout et on peut s'évader.
- 36:13Aujourd'hui,
- 36:14tout houdinise en anglais,
- 36:15c'est l'art de s'évader,
- 36:16mais pas que physiquement,
- 36:17aussi psychiquement,
- 36:18mentalement.
- 36:20On est tous capables de s'évader mentalement,
- 36:23à condition de travailler justement cette intelligence émotionnelle.
- 36:28qui fait qu'à un moment,
- 36:29on va entrevoir l'issue de ce cours.
- 36:32Ça va être le petit signal émotionnel qui dit « Attends,
- 36:34attends,
- 36:34là,
- 36:34on change un truc dans tout ton schéma de pensée,
- 36:37ta manière de penser.
- 36:38Attends,
- 36:38va plutôt réfléchir à ça. »
- 36:40Parce que l'émotion,
- 36:42on ne peut pas prendre de décision sans émotion.
- 36:46Vous avez plein de travaux en neurosciences sociales qui vous montrent que l'être rationnel n'existe pas si derrière,
- 36:53il n'y a pas d'émotion.
- 36:54Alors,
- 36:54l'être rationnel absolu,
- 36:55il n'existe de toute façon pas.
- 36:57Non.
- 36:57Mais c'est l'émotion qui donne une coloration pour décider entre qu'est-ce que je fais,
- 37:02alpha,
- 37:03beta ou gamma.
- 37:04S'il n'y avait pas cette coloration-là,
- 37:06s'il n'y a pas de relief,
- 37:07tout se vaut en fait.
- 37:09Il n'y a pas de différence dans les opportunités,
- 37:11dans les choix,
- 37:12etc.
- 37:13Donc ça,
- 37:13c'est quelque chose d'important.
- 37:15Moi,
- 37:15je le redis,
- 37:17il y a une solution pour tout sauf pour la mort.
- 37:19Et ce que nous disent la plupart des travaux en neurosciences sociales,
- 37:22et ce que disent aussi
- 37:24Enando Parado et Ivan Sprach,
- 37:27C'est que plus c'est compliqué,
- 37:29moins il faut réfléchir,
- 37:30au sens traditionnel du terme.
- 37:32Alors,
- 37:32qui veut dire ?
- 37:34Il veut dire qu'il ne faut pas céder à la réunionite aiguë avec soi-même.
- 37:38Il ne faut pas entrer dans ce tunnel de la rumination sans fin.
- 37:43Ça vaut aussi pour les groupes.
- 37:44On se dit,
- 37:44tiens,
- 37:45il y a un problème qui se pose à nous,
- 37:47on va faire dix réunions.
- 37:51Le problème s'est posé à un instant
- 37:54T.
- 37:54t plus,
- 37:55je ne sais pas,
- 37:5740 jours,
- 37:58on va apporter collectivement une réponse.
- 38:00Le problème,
- 38:01c'est comme les virus,
- 38:03tu le sais mieux que quiconque,
- 38:06et on l'a vu avec le Covid,
- 38:07etc.,
- 38:08mais ils ont le temps de muter trois fois dans cet espace-temps.
- 38:13Donc,
- 38:13cette maturation extrême,
- 38:15en fait,
- 38:15en réalité,
- 38:16nous pousse ou nous éloigne de la réalité du terrain.
- 38:21Et c'est pour ça que l'intelligence émotionnelle...
- 38:23qui est une forme d'intuition et qui processe en quelques millième de seconde,
- 38:29voire seconde,
- 38:31tout de suite,
- 38:31en fait,
- 38:32on a une sensation plaisante,
- 38:33déplaisante par rapport à telle ou telle option,
- 38:35etc.
- 38:36Et on peut répondre aux problèmes qui interviennent dans notre environnement.
- 38:40On gagne en vitesse.
- 38:41Tu veux la décrire ?
- 38:42Tu veux nous expliquer ce que c'est que l'intelligence émotionnelle ?
- 38:46Alors,
- 38:46de manière imagée,
- 38:47on pourrait dire que c'est un GPS intérieur.
- 38:49C'est un peu un Waze psychique.
- 38:50Je ne suis pas du tout sponsorisé par Waze.
- 38:53Mais ça fonctionne un peu pareil,
- 38:54parce que Waze,
- 38:56comment ça fonctionne ?
- 38:57C'est des données entrantes des utilisateurs,
- 39:00et à un moment,
- 39:02ces données vont entrer dans l'algorithme de Waze,
- 39:05qui va calculer tout ça très rapidement,
- 39:07et qui,
- 39:07en fonction des informations qui remontent,
- 39:11va dire,
- 39:11attention,
- 39:12là,
- 39:12j'ai changé ton itinéraire.
- 39:13Parce que si on va dire,
- 39:15tiens,
- 39:15là,
- 39:15il y a un animal mort,
- 39:16là,
- 39:16il y a sur la route,
- 39:17là,
- 39:17il y a une déviation,
- 39:19il y a des bouchons,
- 39:20il y a des machins,
- 39:20hop !
- 39:21L'utilisateur fait remonter des données vraiment de terrain.
- 39:24Et derrière,
- 39:25recalcule comment toi,
- 39:26tu peux aller de A à B de manière assez efficiente et le plus rapidement possible.
- 39:33L'intelligence émotionnelle,
- 39:33c'est la même chose,
- 39:34c'est des données terrain.
- 39:34Il n'y a pas plus pragmatique qu'une émotion.
- 39:37L'émotion,
- 39:38elle est là,
- 39:39on dit souvent oui.
- 39:40Il n'y a pas qu'une dimension psychologique pure et dure ou théorique ou conceptuelle.
- 39:45Quand on ressent des émotions,
- 39:46il y a des sensations physiologiques,
- 39:48il y a des manifestations physiologiques.
- 39:51Ça peut accélérer...
- 39:53la fréquence cardiaque,
- 39:55augmenter,
- 39:56baisser la pression artérielle.
- 39:58Tu peux avoir des sensations de chaud,
- 40:00de froid ici et là dans le corps.
- 40:02Ça peut activer,
- 40:02sous-activer certains muscles du corps,
- 40:06etc.
- 40:06C'est du langage corporel ?
- 40:08C'est du langage corporel,
- 40:10mais qui est concret,
- 40:11qui est très concret.
- 40:13L'émotion,
- 40:13elle se manifeste quand on en a les codes de manière assez précise.
- 40:18Donc,
- 40:19il faut savoir décoder,
- 40:20si je comprends bien.
- 40:20Il faut savoir décoder.
- 40:21Et donc,
- 40:21c'est là où...
- 40:23J'en viens.
- 40:24J'ai un ça.
- 40:24Quand on est...
- 40:25L'intelligence émotionnelle,
- 40:27il y a des données de terrain qui nous disent qu'il y a des émotions,
- 40:30il y a un changement dans l'environnement.
- 40:32J'en tiens compte quand je suis émotionnellement intelligent.
- 40:34Et derrière,
- 40:34je modifie des choses.
- 40:37Soit je les prolonge,
- 40:38soit je les écourte,
- 40:39soit je change quelque chose pour arriver finalement à mon objectif.
- 40:43L'intelligence émotionnelle,
- 40:44c'est la capacité à raisonner à partir de ces émotions.
- 40:47Quand je dis raisonner,
- 40:48c'est comprendre pourquoi une émotion naît chez moi ou chez autrui.
- 40:52quelles sont les conséquences à ressentir cette émotion,
- 40:55positive,
- 40:55négative,
- 40:58à anticiper tout ça aussi,
- 40:59on est un peu dans l'anticipation.
- 41:01Et une fois qu'on comprend ces logiques,
- 41:03c'est de se dire,
- 41:05est-ce que cet état émotionnel que je suis en train d'expérimenter,
- 41:08il est vraiment le bon dans cette situation-là ?
- 41:11Et donc derrière,
- 41:12on adapte,
- 41:13on régule pour mieux s'adapter.
- 41:14Donc c'est une forme d'intelligence à part entière.
- 41:18L'intelligence,
- 41:19c'est...
- 41:20Ce qu'on appelle l'intelligence,
- 41:21en fait,
- 41:21c'est une grande armoire.
- 41:22Il y a plusieurs tiroirs.
- 41:23Chacun de ces tiroirs est une forme d'intelligence.
- 41:25D'ailleurs,
- 41:26Howard Garner d'Harvard parlait d'intelligence multiple.
- 41:30On sait maintenant qu'il y a plusieurs formes d'intelligence.
- 41:32Et parmi ces formes-là,
- 41:34il y a l'intelligence émotionnelle.
- 41:36Donc,
- 41:36on reste vraiment sur cette capacité à raisonner à partir d'informations émotionnelles pour produire un comportement qui nous permette de mieux nous adapter à tel ou tel type de situation,
- 41:46en préservant son bien-être et aussi celui d'autrui.
- 41:49Ah oui,
- 41:49les deux en même temps,
- 41:50c'est mieux.
- 41:50C'est un peu l'image de,
- 41:53tu vois,
- 41:53quand tu es dans l'avion,
- 41:56tu traverses une zone de turbulence,
- 41:58les masques à oxygène tombent.
- 42:00Alors oui,
- 42:00c'est important,
- 42:01imaginons ce cas de figure,
- 42:02tu es à côté de quelqu'un qui est peut-être en position plus faible que toi,
- 42:05une personne âgée,
- 42:06un enfant,
- 42:07etc.
- 42:08Les masques tombent.
- 42:09C'est important effectivement de le mettre d'abord sur toi,
- 42:11pour que toi,
- 42:12tu reviennes à l'équilibre.
- 42:13Et ensuite,
- 42:14il ne faut juste pas oublier aussi de le mettre à l'enfant.
- 42:16C'est ce que la société oublie un petit peu.
- 42:19Mais si tu l'avais mis directement sur l'enfant,
- 42:22peut-être que toi,
- 42:23derrière,
- 42:23il serait arrivé une bricole et derrière,
- 42:26l'enfant aurait été démuni.
- 42:27Donc ça n'aurait pas amélioré sa situation.
- 42:31Donc ça,
- 42:31c'est quelque chose.
- 42:32C'est se préserver soi-même,
- 42:34mais aussi chercher à préserver l'équilibre émotionnel des autres.
- 42:39Et ça,
- 42:39on peut y arriver.
- 42:40Ce n'est pas quelque chose d'utopique.
- 42:41On le sait,
- 42:42maintenant,
- 42:42on a mené des études.
- 42:43Il y a moins d'un pour cent de la population en France.
- 42:46On a mené cette étude en France sur des milliers de Français et de Françaises qui sont des experts en intelligence émotionnelle qui ont un score supérieur à 130 au QEG,
- 42:56QE pour caution émotionnelle,
- 42:57à ce test fiable.
- 42:59Et ces personnes-là ont accès à tout un tas de bénéfices.
- 43:03C'est-à-dire,
- 43:04selon la science,
- 43:05à être dans le registre de l'intelligence émotionnelle,
- 43:08eh bien,
- 43:09on est moins sujet au burn-out,
- 43:11on augmente la qualité de la relation à l'autre,
- 43:13on prend de meilleures décisions en situation complexe et en jeu.
- 43:16on a un meilleur sommeil.
- 43:18On arrive plus facilement,
- 43:19ça c'est important pour les ados,
- 43:20à déjouer le harcèlement,
- 43:23qu'il soit physique ou psychique.
- 43:25On est plus résilient,
- 43:26notamment face à la maladie.
- 43:28Il y a plein d'études qui sont menées chez des femmes qui sont atteintes du cancer du sein,
- 43:33qui est quand même le cancer qui tue le plus chez la femme,
- 43:35et qui expliquent que quand on est émotionnellement intelligent,
- 43:39ça c'est une petite variante,
- 43:40qu'on se perçoit comme tel,
- 43:43on dispose en fait de ressources psychiques assez fortes.
- 43:45Par rapport au diagnostic,
- 43:46on le reçoit mieux.
- 43:48Par rapport à,
- 43:50d'après tout le programme qui est mis en place,
- 43:51type chimiothérapie,
- 43:52etc.,
- 43:53où on va accepter plus facilement la pénibilité de la chose.
- 43:58Et en plus,
- 43:59derrière,
- 44:00quand on s'en sort,
- 44:02on aura moins peur de la récidive.
- 44:04On ne va pas se couper pendant tout le process de ces cercles premiers aux deuxièmes.
- 44:10Donc,
- 44:10on reste connecté à l'humain,
- 44:11on ne s'isole pas.
- 44:12Parce qu'effectivement,
- 44:13quand on s'isole...
- 44:14psychiquement derrière ça vient atteindre,
- 44:16ça vient créer tout un tas de troubles chez l'individu qui le rend un peu moins vaillant,
- 44:20moins costaud.
- 44:23moins résilients,
- 44:24tout simplement.
- 44:26Et puis,
- 44:27on voit,
- 44:27les personnes émotionnellement intelligentes sont moins addictes à l'alcool,
- 44:32l'alcool fort,
- 44:33aux drogues dures,
- 44:34donc rentrent moins facilement dans des addictions.
- 44:38Troubles du comportement alimentaire ?
- 44:40Et effectivement,
- 44:41au comportement alimentaire,
- 44:42parce que l'intelligence émotionnelle,
- 44:44aujourd'hui,
- 44:44on sait très bien la cartographier.
- 44:46Il y a eu plein,
- 44:46plein,
- 44:46plein de travaux ici et là,
- 44:48dans des laboratoires de neurosciences sociales.
- 44:52où pas mal de collègues arrivent à tracer le chemin d'une émotion en direct live sur des écrans d'ordinateur.
- 44:59Donc ça,
- 44:59on s'est très bien tracé.
- 45:01Maintenant,
- 45:01ce qui est intéressant,
- 45:02c'est de se dire que l'intelligence émotionnelle,
- 45:03ça ne se passe pas que là-haut dans le cerveau du haut,
- 45:06ça se passe aussi au niveau des intestins.
- 45:10On sait qu'il y a des centaines de millions de neurones qui tapissent les parois intestinales et que de manière indirecte,
- 45:16les neurones du bas communiquent avec les neurones du haut.
- 45:21on a des messages forts,
- 45:23surtout du bas vers le haut.
- 45:259 échanges sur 10 entre les deux cerveaux se font dans le sens du bas vers le haut.
- 45:31Ce qu'on croyait être une succursale,
- 45:32en fait,
- 45:33c'est un autre siège social.
- 45:34C'est une vraie base.
- 45:35C'est une vraie base armée.
- 45:37Et ce qui est assez intéressant,
- 45:38c'est qu'on sait aussi que 95%
- 45:40de la sérotonine est produite à nouveau au cerveau du bas.
- 45:44C'est quand même...
- 45:46quelque chose qui est directement impliqué dans l'humeur,
- 45:50la régulation de l'humeur.
- 45:52On sait que si on mange des produits trop transformés,
- 45:55avec trop de sucre,
- 45:56sucre raffiné,
- 45:58derrière,
- 45:58ça peut faire naître en nous des pointes d'angoisse,
- 46:01totalement factices.
- 46:02Mais voilà,
- 46:03elles n'ont pas de raison d'être.
- 46:04Par contre,
- 46:05elles nous polluent l'esprit.
- 46:08Et nous,
- 46:08on essaye de jouer au sapeur-pompier pour essayer d'éteindre tous ces feux psychiques qui se déclarent ici et là dans le cerveau.
- 46:14et extrêmement usant.
- 46:15Il y a des gens qui n'en peuvent plus de ça,
- 46:18qui développent des troubles assez importants derrière.
- 46:21On sait pareil que la caféine en trop grande quantité,
- 46:26l'alcool en trop grande quantité viennent aussi,
- 46:30on va dire,
- 46:31brouiller nos compétences émotionnelles.
- 46:35On a plus de difficultés lors d'un échange à reconnaître l'émotion chez l'autre.
- 46:39On s'en mêle un peu les pinceaux.
- 46:41On comprend moins la logique émotionnelle.
- 46:43Quand l'autre nous sourit,
- 46:44ce qui est un sourire avec derrière une émotion qui est plutôt plaisante pour faciliter l'échange,
- 46:53on va voir ça peut-être comme une critique ou comme une attaque.
- 46:56Bref,
- 46:58on risque d'être totalement à côté de la plaque d'un point de vue émotionnel,
- 47:01ce qui peut abîmer la relation.
- 47:05Il y a plein de choses autour de ça qui sont extrêmement intéressantes.
- 47:11Dans le cadre d'un...
- 47:12Pareil,
- 47:13d'un livre,
- 47:14j'avais interviewé
- 47:16Michel Neunist,
- 47:17qui est au CHU de Nantes et qui travaille en fait sur ces thématiques.
- 47:21Donc,
- 47:22c'est intéressant.
- 47:23Toutes les semaines,
- 47:24il y a un nouveau papier de recherche qui est publié et qui montre des avancées.
- 47:28Et Christophe,
- 47:31si tu me permets,
- 47:31je m'intéresse à ces gens qui ont les 130 experts que tu nommes experts en intelligence émotionnelle.
- 47:41Ce qu'elle a de différence,
- 47:42intelligence émotionnelle,
- 47:43j'ai besoin,
- 47:44comme tu dis que ce n'est pas quelque chose d'immuable et qui se développe le long de la vie.
- 47:50Je me demandais si les gens qui,
- 47:51à l'âge adulte,
- 47:53ça s'adresse aux enfants et aux adultes.
- 47:56C'est le même test ?
- 47:57Je pense qu'il y a une...
- 48:00Comme je l'ai déjà fait,
- 48:01je pense que probablement que ça ne peut pas intéresser les jeunes enfants à partir de quel âge tu le proposes.
- 48:09Alors,
- 48:10Pour l'instant,
- 48:10non,
- 48:10on ne le propose qu'aux adultes.
- 48:12Là,
- 48:12on est en train de travailler sur une version pour les adolescents,
- 48:14parce que ça,
- 48:15c'est vraiment quelque chose qui fait sens dans ce que j'ai envie de faire.
- 48:18Maintenant,
- 48:18ce qu'on sait,
- 48:19c'est que jusqu'à l'âge de 12 ans,
- 48:22les filles et les garçons ont à peu près le même développement émotionnel.
- 48:26C'est après 12 ans,
- 48:27quand on entre dans la puberté,
- 48:29etc.,
- 48:30avec des tsunamis hormonaux,
- 48:32notamment chez les filles,
- 48:34qui fait que là,
- 48:35il va y avoir des différences.
- 48:37Et on remarque globalement,
- 48:38pour faire simple,
- 48:40que les filles,
- 48:42les adolescentes et les jeunes femmes et femmes après ont des scores supérieurs en intelligence émotionnelle.
- 48:49Alors,
- 48:49il y a plein de paris qui peuvent être faits,
- 48:51mais notamment le fait qu'elles s'entraînent plus tôt que les garçons à malaxer cette patte qui est extrêmement complexe,
- 49:01qui est l'anxiété liée à son apparence physique.
- 49:05qui est le bouleversement hormonal qui va susciter en soi plein d'émotions.
- 49:08Donc,
- 49:08en fait,
- 49:09il y a un entraînement plus tôt qui fait qu'elles sont plus rapidement armées aussi.
- 49:14Dis-moi,
- 49:15après,
- 49:17ça s'égalise à l'âge adulte ?
- 49:18Les femmes ne sont pas plus intelligentes émotionnellement que les hommes ?
- 49:22Globalement...
- 49:23Globalement,
- 49:24on observe dans la population des différences en faveur des femmes.
- 49:27Maintenant,
- 49:28ça dépend de plein de paramètres.
- 49:30Et puis,
- 49:31il y a aussi un aspect génétique à l'intelligence émotionnelle.
- 49:33On le sait,
- 49:34il y a une étude extrêmement récente qui a démontré ça.
- 49:37Comme la plupart des intelligences,
- 49:39il y a toujours une dimension génétique,
- 49:41un héritage,
- 49:42etc.
- 49:43Donc ça,
- 49:43ça existe.
- 49:44Maintenant,
- 49:44c'est l'environnement qui va façonner de manière significative.
- 49:49C'est compliqué quand même de corréler vraiment à la génétique parce qu'en règle générale,
- 49:55on est tellement dépendant de notre environnement dans lequel on a grandi que c'est compliqué de dire que c'est en rapport avec quelque chose.
- 50:03Alors,
- 50:03il y a une part du gâteau qui est liée à cette génétique-là.
- 50:06Donc,
- 50:07on a réussi à identifier,
- 50:08quand je dis « on » ,
- 50:08ce sont des chercheurs,
- 50:11quels étaient des gènes,
- 50:12l'expression et l'inexpression de certains gènes qui étaient directement impliqués dans des mécanismes de compréhension,
- 50:16de régulation émotionnelle.
- 50:18On ne naît pas sur la même ligne de départ par rapport à tout ça.
- 50:23Maintenant,
- 50:24effectivement,
- 50:24avec l'environnement et avec une des plus grandes découvertes en neurosciences qu'on appelle la plasticité cérébrale,
- 50:30la neurogenèse,
- 50:31peu importe.
- 50:33Aujourd'hui,
- 50:33on parle aussi de plasticité émotionnelle,
- 50:35autrement dit,
- 50:36la capacité du cerveau humain à produire de nouveaux neurones qui vont venir aider de nouveaux ponts neuronaux,
- 50:45etc.
- 50:45Donc dit simplement à...
- 50:47aider au développement des compétences émotionnelles.
- 50:50On sait que ça,
- 50:51ça existe.
- 50:52Et ça existe à tout âge.
- 50:53Il y a là le vrai message des sports.
- 50:55Une étude a montré qu'au-delà,
- 50:57après 65 ans,
- 50:58on peut encore bouger les lignes et développer son intelligence émotionnelle.
- 51:03Après,
- 51:03on sait,
- 51:03il y a une étude qui est sortie la semaine dernière d'une collègue en Suisse qui montre que généralement,
- 51:12autour des 40 ans,
- 51:13on a un petit peu un espèce de pic en termes de développement.
- 51:18On a globalement,
- 51:19si on a un peu travaillé sur soi,
- 51:20on a quand même un niveau d'intelligence émotionnelle qui peut être assez élevé.
- 51:24Et après,
- 51:25ça baisse un petit peu.
- 51:26Donc,
- 51:26en fait,
- 51:27c'est comme le sport.
- 51:28À un moment,
- 51:29il faut s'entretenir.
- 51:30Et en s'entretenant,
- 51:31on peut rester expert toute sa vie.
- 51:33Simplement,
- 51:35après 40 ans,
- 51:36il faut redoubler un peu d'efforts.
- 51:38Ça passe par des lectures.
- 51:39Ça passe par des lectures sur le sujet.
- 51:43Ça passe par peut-être des...
- 51:46tout un tas de protocoles en termes d'hygiène alimentaire.
- 51:50Faire un petit peu gaffe sans aller dans l'excès.
- 51:54Apprendre la respiration,
- 51:55plus simplement.
- 51:57Développer tout un tas d'éléments qui nous permettent à un moment de comprendre mieux les émotions.
- 52:03Et en faisant ça,
- 52:04effectivement,
- 52:04on arrive à rester à ce top niveau d'experts en termes d'intelligence émotionnelle.
- 52:10Les comprendre,
- 52:11mais aussi être en situation pour pouvoir s'exercer sur le plan expérimental,
- 52:16de ce que je comprends.
- 52:17C'est tout à fait ça.
- 52:18C'est-à-dire que les personnes qui restent dans leur carcan,
- 52:22qui se sont infligées des tabous intériorisés,
- 52:25des règles,
- 52:26etc.,
- 52:26qui font que jamais elles ne peuvent sortir de tout ça,
- 52:29ces personnes-là,
- 52:30finalement,
- 52:31auront de leur plus jeune âge jusqu'à la fin,
- 52:37accès au même alphabet émotionnel réduit.
- 52:41L'idée,
- 52:41c'est un moment d'aller expérimenter des émotions qu'on n'a pas l'habitude d'expérimenter pour étoffer un petit peu notre vocabulaire émotionnel,
- 52:48notre compréhension.
- 52:50Est-ce que ça vient réveiller en nous un besoin émotionnel ou répondre à un besoin émotionnel ?
- 52:57Bref,
- 52:58c'est l'expérimentation.
- 52:59Et effectivement,
- 53:00là,
- 53:00ce n'est pas lié à l'âge.
- 53:02Moi,
- 53:02j'ai croisé des personnes qui avaient 20 ans qui étaient déjà avec des scores supérieurs à 130.
- 53:10qui avaient déjà compris beaucoup,
- 53:12beaucoup de choses.
- 53:13Et de l'autre côté,
- 53:14des personnes qui pouvaient être des fois à des positions assez importantes dans les entreprises ou autres,
- 53:19mais qui avaient un niveau d'intelligence émotionnelle très,
- 53:22très faible,
- 53:22qui ne s'était jamais posé la question et qui,
- 53:26quand même,
- 53:26redoutaient une chose,
- 53:27c'est qu'à un moment,
- 53:29cette douce musique qu'ils s'étaient imposée ou que le disque totalement allait s'enrayer.
- 53:34Et là,
- 53:35il y avait la crainte de dire,
- 53:36attends,
- 53:36j'essaie à chaque fois de tout contrôler,
- 53:38de tout mettre sous le couvert.
- 53:39tout ceci,
- 53:40cela,
- 53:41elles avaient une peur assez aiguë de se retrouver à un carrefour de leur vie où d'un coup boum,
- 53:47tout ça s'effondre.
- 53:47Et là,
- 53:48effectivement,
- 53:48ces personnes-là auraient,
- 53:50façon de parler,
- 53:51moins les épaules psychiques pour résister à tel ou tel type de tempête parce qu'elles sont restées toute une vie dans un petit précaré comme ça,
- 54:02émotionnel qui en plus n'est pas du tout épanouissant,
- 54:05on le sait,
- 54:05en termes de satisfaction de vie.
- 54:08de sensations en termes de bien-être,
- 54:09etc.
- 54:10On sait que ces personnes-là expérimentent quand même pas mal de difficultés sur ces deux registres-là.
- 54:16Et on peut passer comme ça toute une vie.
- 54:19Moi,
- 54:19je dis souvent,
- 54:19on a un CDD de vie sur cette planète.
- 54:21Qu'est-ce qu'on en fait ?
- 54:23Et quand on se réveille à 55,
- 54:2560 ans et qu'on se dit,
- 54:26on regarde dans le rétroviseur,
- 54:27on se dit en fait,
- 54:29tout a été calculé.
- 54:31En plus,
- 54:32on est une enflure toxique où on se dit,
- 54:34attends,
- 54:34j'ai quand même fait beaucoup,
- 54:35beaucoup de mal.
- 54:37Le boomerang,
- 54:38il peut faire très,
- 54:39très mal.
- 54:40Et c'est généralement là où s'il y a cette montée à la conscience de tout ce qu'on a pollué et qui on a pollué précédemment,
- 54:50où là,
- 54:50ça peut être extrêmement déroutant et on peut...
- 54:53On peut facilement expérimenter de la dépression,
- 54:56tomber en burn-out,
- 54:57etc.
- 54:58Est-ce qu'on peut conclure,
- 54:59Christophe,
- 54:59sur l'empreinte émotionnelle ?
- 55:01Parce que je pense que c'est un sujet qui est important.
- 55:07Se rendre compte et être conscient que ce qu'on apporte aux autres,
- 55:13tu as parlé aussi de la transmission transgénérationnelle,
- 55:17c'est quelque chose dont il faut être conscient et c'est un message à porter.
- 55:25tu parles du tranche générationnelle à un moment on se dit c'est fou ce truc il y avait des gens ici et là au Québec qui parlaient de ça il y a longtemps ils sont totalement allumés et en réalité aujourd'hui il y a plein d'expériences il y a eu des publications par exemple dans Nature sur
- 55:41des espèces vertébrées il y a eu des expérimentations sur des rats de laboratoire et qui montrent qu'effectivement l'angoisse ça peut
- 55:53se transmettent sur plusieurs générations.
- 55:56Donc ça,
- 55:56on le sait,
- 55:56on sait le mesurer.
- 55:58Je ne vais pas rentrer dans le détail,
- 55:59mais c'est assez fou.
- 56:02Donc là,
- 56:03je reviens au QO parental,
- 56:05cette responsabilité.
- 56:06Si on veut vraiment stopper ce type de contagion,
- 56:09on n'est pas forcément,
- 56:12pour prendre un terme de science-fiction,
- 56:14on n'est pas un réplicant,
- 56:17on n'est pas une espèce de clone.
- 56:20de ses parents.
- 56:21Isoler complètement de son passé.
- 56:24Quand le schéma n'a pas été bon,
- 56:25on n'est pas obligé de reproduire un mauvais schéma.
- 56:27Comment on fait alors ?
- 56:28Quand il a été bon,
- 56:29on peut le...
- 56:30Justement,
- 56:31c'est cette prise de conscience.
- 56:32Il y a un moment,
- 56:33quand on travaille sur l'intelligence émotionnelle,
- 56:35quand on commence à s'ouvrir aux émotions,
- 56:38tout à coup,
- 56:39on gagne en lucidité et on se rend compte de toutes nos fautes de quart.
- 56:45On se dit,
- 56:46effectivement,
- 56:47ça fait des années et des années que je...
- 56:48Je pensais,
- 56:49c'était une croyance intérieure.
- 56:51Il fallait agir comme ça avec les gens.
- 56:52Mais en réalité,
- 56:53maintenant que j'ai développé cette forme d'intelligence,
- 56:56je me rends compte que ce que je fais là est totalement non productif,
- 56:59qu'en plus,
- 57:00ça peut faire du mal à l'autre et que derrière,
- 57:03ça me coupe peut-être même de l'autre.
- 57:05Et rappelons-nous juste une chose,
- 57:07c'est que qui porte nos opportunités,
- 57:09c'est l'autre.
- 57:10Sans l'autre,
- 57:10il ne se passe rien.
- 57:11Bref,
- 57:12c'est un autre sujet d'un autre podcast.
- 57:16Et je reviens sur la notion d'empreinte émotionnelle.
- 57:19Un de mes prix Nobel de la paix préférés,
- 57:21c'est Feu d'Esmond Toutou.
- 57:24J'ai toujours adoré ce personnage.
- 57:26Il disait à peu de choses près que c'est la somme,
- 57:30en gros,
- 57:30qu'on doit produire pas mal de petits biens,
- 57:32et que c'est la somme de tous ces petits biens qui amèneront un grand bien pour l'humanité.
- 57:37Alors souvent,
- 57:37on peut dire,
- 57:37tiens,
- 57:38c'est bateau,
- 57:38c'est bisounours,
- 57:39etc.
- 57:39Mais ce n'est pas vrai,
- 57:40en fait.
- 57:41Quand on sait que ce phénomène de contagion émotionnelle,
- 57:43il existe,
- 57:45Merci d'ailleurs à Hélène Hadfield,
- 57:47qui est cette psy nord-américaine qui est la plus citée au monde depuis plus de 30 ans et qui m'avait fait l'honneur de participer au livre sur la contagion émotionnelle,
- 57:54où on a beaucoup,
- 57:55beaucoup échangé ensemble,
- 57:57qui est à l'Université d'Hawaï.
- 57:59Eh bien,
- 58:01aujourd'hui,
- 58:01on sait effectivement que lorsqu'on produit des émotions bénéfiques,
- 58:07on peut avoir un impact sur une personne,
- 58:10deux personnes,
- 58:11plusieurs personnes.
- 58:12personne.
- 58:12On peut répandre tout ça,
- 58:14c'est réel.
- 58:15C'est un peu...
- 58:16La contagion émotionnelle,
- 58:18ça renvoie à cette théorie d'Edouard Lorenz,
- 58:22théorie du chaos,
- 58:23l'effet papillon.
- 58:25On est exactement là-dedans.
- 58:27Un tout petit truc peut modifier tout le système.
- 58:30Edouard Lorenz,
- 58:31c'est ingénieur du MIT,
- 58:32il voulait prédire à l'époque un modèle de prédiction météorologique.
- 58:38Donc il avait tout un tas de facteurs,
- 58:39pluviométrie,
- 58:40etc.
- 58:41Et finalement,
- 58:42son algorithme fonctionnait plutôt bien.
- 58:43Il arrivait à prédire sur un jour,
- 58:45deux jours,
- 58:45etc.
- 58:46ça fonctionnait bien sauf qu'un jour il y a eu une panne
- 58:48Et donc là,
- 58:50toutes ces données-là qui rentraient automatiquement,
- 58:53la mesure était automatiquement intégrée dans le calcul,
- 58:57ça n'a pas pu se produire.
- 58:58Donc lui,
- 58:58il s'est dit,
- 58:59attends,
- 58:59je ne vais pas perdre une journée,
- 59:00parce qu'il a réussi à réparer la panne.
- 59:03Il dit,
- 59:03pour ne pas perdre cette journée-là,
- 59:04je vais rentrer manuellement les données chiffrées.
- 59:08Et lui,
- 59:08ce qu'il voyait sur son écran d'ordinateur,
- 59:12c'est qu'il y avait des données avec un certain nombre de chiffres après la virgule.
- 59:16Et lui s'est dit,
- 59:17en fait,
- 59:17je vais rentrer ces valeurs-là avec trois chiffres après la virgule.
- 59:20Ou deux chiffres après la virgule,
- 59:22je ne sais plus exactement.
- 59:23Sauf que le logiciel,
- 59:24en réalité,
- 59:25lui,
- 59:25quand il calculait automatiquement,
- 59:27avec les données entrantes,
- 59:28il calculait bien plus de chiffres après la virgule.
- 59:32Ce qui fait que,
- 59:33finalement,
- 59:33Édouard Lorenz,
- 59:34pour attraper le coup,
- 59:35avait rentré,
- 59:36avait saisi des données tronquées,
- 59:38arrondies.
- 59:40Si bien qu'au bout de quelques jours,
- 59:42quelques semaines,
- 59:43toutes les...
- 59:44prédictions météorologiques étaient faussées.
- 59:46On annonçait de la neige en plein été,
- 59:48des machins,
- 59:49plus rien ne marchait.
- 59:50Et c'est là où il en a conclu que effectivement,
- 59:54globalement,
- 59:54on a beau essayer de reproduire à l'identique quelque chose,
- 59:59il y a toujours une variable qu'on ne saisit pas,
- 1:00:02mais qui aura un impact grand sur le tout.
- 1:00:05L'émotion,
- 1:00:05c'est ça.
- 1:00:06C'est cette particule de Dieu en référence à plein de choses.
- 1:00:11Mais il y a ce côté,
- 1:00:13cette petite chose-là qui est l'émotion,
- 1:00:15ce petit ressenti-là qui nous cogne,
- 1:00:19qui nous percute à un moment,
- 1:00:20qui percute les autres,
- 1:00:22en réalité peut avoir un impact significatif sur le cours de la vie.
- 1:00:27Et ça,
- 1:00:27je l'observe maintenant depuis plus de 20 ans dans mes recherches,
- 1:00:31et c'est juste extraordinaire.
- 1:00:34Et on se dit,
- 1:00:35apprenons un petit peu à privoiser cette fameuse particule de Dieu.
- 1:00:39Oui,
- 1:00:40je ne...
- 1:00:41peut que ça résonne parfaitement et je ne peux que approuver expérimentalement,
- 1:00:47en tout cas,
- 1:00:47pas par des recherches,
- 1:00:49mais j'approuve complètement ça.
- 1:00:51Instinctivement,
- 1:00:52on le pense tous et merci de le confirmer justement par des choses factuelles et par ton regard sur le sujet.
- 1:00:59Je rappelle le petit guide illustré qui va sortir bientôt.
- 1:01:06La semaine prochaine peut-être ?
- 1:01:08Le 15 octobre.
- 1:01:09J'y serai.
- 1:01:11Je te remercie encore infiniment Christophe pour cet éclairage,
- 1:01:15que ce soit sur la contagion émotionnelle ou sur l'intelligence émotionnelle.
- 1:01:21Un début d'exploration qui j'espère va continuer encore et je suis très heureuse de pouvoir diffuser ce sujet.
- 1:01:28Merci à toi pour l'invitation.
- 1:01:29Merci Christophe.
- 1:01:35Un grand merci à Christophe Hag pour ce précieux moment.
- 1:01:40J'espère que cet épisode vous a rendu plus sensible au concept de l'empreinte émotionnelle.
- 1:01:47Si vous avez apprécié le voyage,
- 1:01:50soutenez Enquête d'accord en suivant,
- 1:01:54en recommandant,
- 1:01:55en mettant 5 étoiles et en diffusant l'épisode.
- 1:02:00Je vous espère en excellente forme et je vous dis à très bientôt.
- 1:02:04pour d'autres explorations.