Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Mettre en pratique les facteurs Humains et s'entrainer: formation et simulation par Guillaume Tirtiaux.
Transcript
- 0:05Enquête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:14Nous arrivons ici au dernier chapitre du livre de Guillaume Tirsio,
- 0:19Mieux réussir ensemble.
- 0:22Guillaume est pilote chez Air France,
- 0:24instructeur mais surtout formateur CRM.
- 0:28Crew Resource Management.
- 0:31Il est également coach,
- 0:33conférencier et passionné par le fonctionnement humain.
- 0:37Il nous fait l'immense cadeau de plusieurs heures d'échanges et aujourd'hui nous abordons la simulation et la formation pour la mise en œuvre des facteurs humains.
- 0:48Je vous retrouve à la fin de l'épisode.
- 0:51Excellente écoute !
- 0:56Et ça me fait passer naturellement au chapitre de la formation et de la simulation,
- 1:03parce que ce sont les deux outils aussi qui contribuent à ce que tout ce qu'on a appris le long de temps libre puisse être mis en œuvre.
- 1:16Parce que c'est génial tout ce qu'on apprend sur le plan théorique,
- 1:20on devient riche de tout ce qu'on a appris théoriquement.
- 1:24Mais si on n'est pas capable de le mettre en œuvre,
- 1:27c'est compliqué.
- 1:29Le mettre en œuvre,
- 1:30ça veut dire que ce sont des formations à cette fois qui sont sur le terrain et aussi la simulation.
- 1:39Je pense que tu as beaucoup travaillé,
- 1:41Guillaume,
- 1:43sur ce sujet.
- 1:44Tu as été toi-même formateur,
- 1:46instructeur,
- 1:47tu l'es d'ailleurs.
- 1:48Et puis,
- 1:49ce que je veux dire,
- 1:49c'est que...
- 1:50intervenu en aviation civile,
- 1:52mais tu as aussi une expérience dans des terrains qui sont autres que ton domaine et tu as pu avoir un regard sur différentes industries.
- 2:03Est-ce que tu peux me dire ce que ces deux outils sont et quelle est leur place ?
- 2:12Alors,
- 2:12effectivement…
- 2:16La nécessité,
- 2:17ce qui a été identifié comme nécessité pour que toutes ces pratiques soient implémentées au sein d'une organisation,
- 2:23au sein des équipes et qu'elles soient acceptées par les individus,
- 2:26c'est une formation en différentes étapes.
- 2:29La première partie,
- 2:32elle consiste à apporter une prise de conscience.
- 2:36Parce que tant qu'on n'est pas conscient qu'on est faillible et qu'on est capable d'apporter ou d'adopter des comportements qui vont...
- 2:44pas lié à cette faillibilité en grande partie,
- 2:47et bien il n'y a pas de raison de se remettre en question.
- 2:49Et donc cette prise de conscience,
- 2:51il y a ceux malheureusement qui l'ont de manière un peu violente parce qu'ils sont membres d'une équipe au sein duquel se passe une situation dramatique,
- 3:04donc qui sont acteurs d'un accident,
- 3:07d'un événement indésirable grave.
- 3:09Et puis l'autre manière c'est la manière soft,
- 3:13c'est-à-dire...
- 3:14de suivre une formation qui amène à prendre conscience du fonctionnement système 1,
- 3:19système 2,
- 3:20système 3,
- 3:21l'influence des émotions,
- 3:22la raison pour laquelle nous endossons certains comportements,
- 3:26les peurs qui guident ces comportements,
- 3:29qui guident nos choix,
- 3:31les histoires qu'on se raconte,
- 3:32les suppositions qu'on fait en permanence.
- 3:34Donc prendre conscience de tout ça,
- 3:36comprendre qu'on est concerné tout autant que les autres.
- 3:39Moi il y a une douzaine,
- 3:41quinzaine d'années,
- 3:43Jusque-là,
- 3:43je considérais que j'étais infaillible.
- 3:45Et j'ai vécu quelques événements dont un qui s'est produit en 2015 lors duquel j'ai eu de la fumée en cabine.
- 3:54Je ne sais plus si je l'avais évoqué déjà dans un épisode précédent.
- 4:06Le commandant de bord était le pilote en fonction et moi je l'assistais dans les tâches annexes.
- 4:10Et puis sur le vol retour,
- 4:11on allait faire l'inverse.
- 4:12Et au milieu du vol,
- 4:14on reçoit un appel d'urgence de la cabine.
- 4:16Donc la cabine,
- 4:17juste pour la sémantique,
- 4:19la cabine c'est là où se trouvent les passagers et le cockpit c'est là où se trouvent les pilotes.
- 4:24Et on reçoit un appel d'urgence de la cabine,
- 4:26le commandant de bord prend l'appel.
- 4:28Moi j'étais en train de pianoter dans l'ordinateur de bord,
- 4:31il se retourne vers moi,
- 4:32il me regarde avec un regard sérieux,
- 4:35fumé en cabine.
- 4:36Donc là,
- 4:37nous appliquons la procédure,
- 4:38nous mettons le masque à oxygène et puis je passe un appel d'urgence sur la fréquence.
- 4:44Le commandant de bord me dit « dis-leur qu'on continue sur Brest » .
- 4:47On avait déjà préparé tout notre ordinateur de bord et toute la documentation nécessaire pour aller se poser à Brest.
- 4:55Puis je prends la checklist d'application dans ce genre de situation,
- 4:59je réalise les premiers éléments.
- 5:01À ce moment-là,
- 5:02je vois sur mon écran navigation que nous sommes beaucoup plus proches de l'aéroport de Rennes,
- 5:05que nous ne fréquentons pas habituellement,
- 5:07mais c'est un aéroport avec une piste qui permet de nous accueillir.
- 5:10Et au même moment,
- 5:11le commandant de bord me dit « On est plus proche de Rennes,
- 5:13dis-leur qu'on va à Rennes » .
- 5:13Donc on était sur le même projet d'action,
- 5:16donc je rappelle le contrôle aérien pour leur dire qu'on va à Rennes.
- 5:19Et comme on va à Rennes,
- 5:20il faut que pendant que lui pilote,
- 5:23je reprogramme l'ordinateur de bord et je sorte la documentation en fonction des approches à Rennes.
- 5:31l'iPad dans lequel nous avons toute la documentation,
- 5:33et je suis un peu comme un poisson rouge devant un ordinateur,
- 5:38c'est-à-dire que je suis dans l'incapacité de savoir où je dois appuyer.
- 5:41Pourquoi ?
- 5:42Alors que j'utilise tous les jours,
- 5:44depuis des années,
- 5:45cet équipement.
- 5:46Et en fait,
- 5:46je me rends compte que...
- 5:48Je me suis rendu compte par la suite que j'avais une petite voix dans ma tête qui me disait « Oh non,
- 5:53pas ça !
- 5:54Oh non,
- 5:54pas ça !
- 5:54Oh non,
- 5:54pas ça ! »
- 5:55« Pas ça quoi ?
- 5:56De la fumée en cabine ? »
- 5:57parce que...
- 5:58il est de notoriété publique en aéronautique qu'un feu non maîtrisé à bord d'un avion,
- 6:06c'est entre
- 6:0713 et 17 minutes de survie.
- 6:10Si on n'est pas posé dans ce laps de temps-là,
- 6:12statistiquement,
- 6:13tout le monde va mourir.
- 6:14Alors je ne savais pas s'il y avait du feu,
- 6:17mais directement mon cerveau système 1 avec le biais de négativité,
- 6:22parce que ça,
- 6:23ça a été utile à la survie,
- 6:24envisager le pire a toujours été utile à la survie de l'homme quand on vivait il y a 50 000 ans,
- 6:28dans un environnement réellement dangereux,
- 6:30mon cerveau avait imaginé le pire.
- 6:33Et donc j'étais complètement bloqué,
- 6:37tétanisé,
- 6:38et pendant une durée qui ne doit pas avoir été très longue,
- 6:4210,
- 6:4220,
- 6:42peut-être 30 secondes,
- 6:43j'étais complètement incapable de faire quoi que ce soit.
- 6:45Et puis à un moment donné je me suis reconnecté,
- 6:47j'ai réussi à faire tout ce qu'on attendait de moi,
- 6:49on a traité le problème,
- 6:50on s'est posé,
- 6:51ça s'est très bien passé.
- 6:52Et ça,
- 6:53ça a été un peu un électrochoc pour moi parce que
- 6:55Je n'avais pas encore connaissance de tout ce qui était système 1,
- 6:59système 2.
- 7:00J'y suis vraiment venu par la suite.
- 7:02Question émotionnelle,
- 7:02à l'époque j'étais incompétent complet en termes d'émotion.
- 7:06Je me suis rendu compte par la suite que je passais à côté de beaucoup de choses.
- 7:11Et du coup cet électrochoc m'a amené à m'intéresser.
- 7:14Mais comment moi,
- 7:16qui me considère comme étant infaillible,
- 7:18qui ne comprenais pas quand j'entendais des histoires qui concernaient des...
- 7:22des collègues qui s'étaient retrouvés dans des situations complètement tétanisées.
- 7:26Je disais,
- 7:26mais ce n'est pas possible,
- 7:27on est entraîné,
- 7:28on va au simulateur,
- 7:29on sait faire.
- 7:30Eh bien,
- 7:31malgré ça,
- 7:33ça a été pour moi,
- 7:34fort heureusement,
- 7:35ça s'est bien terminé,
- 7:36mais ça a été pour moi une prise de conscience un peu électrochoc.
- 7:41Les formations que je propose,
- 7:44et comme tu le disais,
- 7:44dans différents environnements,
- 7:45donc bien sûr l'aéronautique,
- 7:47mais aussi les soins de santé,
- 7:48le nucléaire,
- 7:49l'industrie ferroviaire,
- 7:51J'ai fait des interventions dans le domaine spatial et même dans des entreprises qui ne sont pas dans des domaines à risque,
- 7:56parce qu'en fait la performance économique d'une entreprise va être fonction notamment de la capacité de ses équipes et de ses individus à bien fonctionner.
- 8:07Eh bien ces formations que je donne et qui ont pour vocation de prendre conscience que nous sommes tous concernés au travers de petits jeux,
- 8:16de petites mises en situation confortables.
- 8:19ça permet la première étape et ça permet par la suite de dire :
- 8:23"OK,
- 8:24j'ai compris,
- 8:24je suis concerné.
- 8:25Que faut-il maintenant que j'apprenne,
- 8:27que je développe comme compétence pour faire en sorte qu'au niveau individuel,
- 8:33je sois plus solide ?
- 8:35Et au niveau de l'équipe,
- 8:37nous soyons plus robustes,
- 8:39nous soyons plus efficaces en termes de communication,
- 8:42nous réussissions à mettre en œuvre un leadership plus approprié à la coopération,
- 8:46à la confiance ? "
- 8:47nous soyons capables de prendre de meilleures décisions en équipe,
- 8:52nous soyons capables de nous représenter la situation de manière plus conforme à la réalité,
- 8:57nous soyons capables de gérer les différentes tâches,
- 9:02le temps,
- 9:02les ressources disponibles de manière plus efficace.
- 9:06Tout ça,
- 9:06ça passe par des formations initialement théoriques.
- 9:09Et puis après,
- 9:10on sait tous,
- 9:11des formations théoriques c'est bien,
- 9:12mais si on en reste là,
- 9:14malgré la prise de conscience qu'il y a eu,
- 9:17de la connaissance,
- 9:18et puis ça va s'étioler au fil du temps.
- 9:20On va oublier.
- 9:21Et donc ce qui est nécessaire par la suite c'est la pratique.
- 9:24L'objectif c'est de transférer ces apprentissages qui passent par le système 2 vers le système 1 pour en faire en quelque sorte des routines de communication,
- 9:34des routines de leadership,
- 9:35des routines de prise de décision.
- 9:37Alors pas que des routines,
- 9:38parce qu'on va quand même,
- 9:40dans le cas de la prise de décision on a parlé du 4DEC,
- 9:42l'objectif du 4DEC c'est d'activer le système 2 pendant le 4DEC.
- 9:45C'est comme ça qu'il a été construit.
- 9:46Mais quand même,
- 9:47on va avoir la systématisation de l'utilisation du foredeck.
- 9:51Spontanément,
- 9:52aujourd'hui,
- 9:52quand je dois prendre une décision dans un cockpit par rapport à une situation qui n'est pas clairement définie par les procédures,
- 9:59spontanément,
- 10:00on va se dire en équipage « Ok,
- 10:02on fait un foredeck » .
- 10:03et on fait le foredeck.
- 10:04Il y a quelques années,
- 10:04ce n'était pas le cas.
- 10:05Donc ça a fait l'objet d'un apprentissage et d'une mise en pratique.
- 10:08Comment mettre en pratique ?
- 10:09D'abord au travers de jeux de rôle.
- 10:11Les jeux de rôle,
- 10:11on commence à les faire en salle de classe parce que c'est moins onéreux que l'utilisation d'un simulateur et après on va au simulateur et là on met les équipages dans des situations les plus proches du réel.
- 10:21Ce sont des simulateurs qui sont vraiment impressionnants,
- 10:23les simulateurs aéronautiques mais même moi qui assiste régulièrement à des séances de simulation en santé,
- 10:29on se rend compte comment,
- 10:30à quel point les...
- 10:32les différents participants sont plongés dans la situation.
- 10:35Si le scénario est bien fait,
- 10:37si l'environnement est conforme,
- 10:39c'est toujours plus efficace,
- 10:40j'ai pu l'observer,
- 10:42de faire de la simulation en santé dans une vraie salle d'op,
- 10:45s'il s'agit d'une équipe opératoire,
- 10:47que dans une salle dont on dit que c'est une salle d'op.
- 10:50Et oui,
- 10:50il n'y a pas tel ou tel équipement,
- 10:51mais faites comme si.
- 10:52C'est beaucoup moins efficace que si on est dans l'environnement réel.
- 10:55Et là,
- 10:56on va réellement commencer à transférer les compétences vers le système 1.
- 11:01développer de réelles compétences individuelles,
- 11:03de réelles compétences d'équipe de manière à s'approprier tout ce que le CRM peut proposer pour mieux réussir ensemble.
- 11:11Et pour que la simulation soit la plus efficace possible,
- 11:16il faut la préparer à l'avance et il faut que les opérateurs puissent s'habituer aux outils.
- 11:24C'est ce que tu disais,
- 11:24il faut qu'ils soient dans leur milieu,
- 11:26dans leurs éléments.
- 11:27Parce que si on leur demande de simuler des situations,
- 11:31d'autant plus si c'est des situations de crise dans des milieux qu'ils ne connaissent pas en plus,
- 11:38ça rajoute encore plus de la difficulté.
- 11:43Et l'idée,
- 11:45c'est que ce soit préparé,
- 11:46qu'il soit habitué aux outils et ensuite de dérouler le jeu et la mise en situation.
- 11:55Et après ça,
- 11:56vient ce moment où il faut débriefer.
- 11:59Alors effectivement,
- 12:01si au cours d'une séance de simulation,
- 12:04on souhaite qu'un équipage s'approprie…
- 12:08Je vais faire une petite aparté en amont.
- 12:13En santé,
- 12:14il y a un anesthésiste américain dont le nom de famille c'est Gaba.
- 12:20qui déjà dans les années 80 s'est inspiré de ce que l'aéronautique était en train de développer en termes d'outils CRM pour créer ce que lui a appelé le Crisis Resource Management en santé,
- 12:31c'est-à-dire des outils de communication,
- 12:33leadership,
- 12:33de prise de décision,
- 12:34etc.,
- 12:35appliqués à la santé pour améliorer le fonctionnement des équipes.
- 12:39Et l'intention elle est géniale et ça a très bien fonctionné de manière globale,
- 12:46même si ça reste...
- 12:47très peu diffusée,
- 12:48mais là où c'est utilisé ça fonctionne très bien.
- 12:50Il y a un écueil c'est le nom qu'il a donné à cette discipline,
- 12:54le Crisis Resource Management et donc il y a toute une série de personnes dans le domaine des soins de santé qui sont persuadées que ce genre d'outils ne s'applique que pour la gestion de crise et résultat pour que dans le cadre de l'apprentissage dans des séances de simulation tout de suite elles mettent les participants dans des équipes,
- 13:14dans des situations de gestion de crise
- 13:17Avant ça,
- 13:18il est important de faire en sorte que ces personnes aient pu s'approprier les outils.
- 13:24S'approprier les outils de communication,
- 13:26s'approprier les outils de leadership,
- 13:28s'approprier l'utilisation d'une checklist,
- 13:30s'approprier la manière de faire un briefing,
- 13:32s'approprier la manière de prendre une décision en équipe en fonction du temps disponible.
- 13:36Et ça,
- 13:36on le fait dans un environnement serein,
- 13:39dans des séances de simulation,
- 13:40mais dans lesquelles tout se passe bien parce qu'on pratique l'outil.
- 13:44Et une fois qu'on a suffisamment pratiqué l'outil et qu'on s'est approprié l'outil,
- 13:48à ce moment-là,
- 13:49on va pouvoir le tester dans des situations un peu plus difficiles,
- 13:53un peu plus complexes,
- 13:54un peu plus rapides,
- 13:56sous pression temporelle et sous niveau de stress plus élevé.
- 13:59Pour voir si on parvient dans ces situations à se comporter de manière suffisante,
- 14:05pas parfaite,
- 14:06mais suffisante en fonction de l'objectif qui est visé.
- 14:09Donc ça c'est un élément qui est fondamental.
- 14:11Il faut...
- 14:12commencer par s'approprier les outils avant de mettre les participants à des séances de simulation dans des situations de crise.
- 14:20Et bien sûr,
- 14:22suite à chaque simulation,
- 14:23et ça c'est quelque chose qui est déjà très très bien fait dans le domaine des soins de santé,
- 14:27il y a l'aspect débriefing,
- 14:30et l'aspect débriefing,
- 14:31il est tout aussi important,
- 14:33si pas plus important,
- 14:34que la séance en elle-même,
- 14:35en fonction de comment ce débriefing est mené.
- 14:38Et généralement il est bien mené parce qu'il y a
- 14:41énormément de guidelines à ce sujet-là,
- 14:43qui se sont inspirés notamment de ce que l'aéronautique recommande depuis pas mal d'années.
- 14:49L'idée c'est d'amener...
- 14:51De nouveau,
- 14:51c'est un peu comme ce qu'on a évoqué tout à l'heure concernant la culture juste.
- 14:55L'idée c'est pas de pointer du doigt ce qui a été mal fait...
- 15:00c'est d'amener les participants à une réflexion qui va les amener eux-mêmes à tirer leur propre conclusion sur « Ok,
- 15:09la prochaine fois,
- 15:10je ferai plutôt ça comme ça parce que ici,
- 15:13ça n'a pas super bien marché.
- 15:14Donc,
- 15:15la prochaine fois,
- 15:15cette pratique-là,
- 15:16je la ferai un peu différemment.
- 15:18Mais par contre,
- 15:18ça,
- 15:19ça a super bien marché.
- 15:20Et donc,
- 15:20ça,
- 15:20je garde et je m'en souviendrai pour la fois suivante. »
- 15:22Plutôt que d'avoir un instructeur qui dit tout ça pour les participants et qui leur fait un peu la leçon…
- 15:28L'objectif de l'instructeur en simulation dans le cadre du débriefing,
- 15:33ça va être de questionner.
- 15:34Ça va être une posture de coach pour amener les participants à leur propre compréhension de ce qui a bien fonctionné et de ce qu'ils feront différemment la prochaine fois.
- 15:44C'est beaucoup plus efficace en termes d'ancrage et en termes de rétention de ces pratiques.
- 15:50Les séances en grande majorité sont filmées ?
- 15:53parce que c'est important qu'il y ait une visualisation par la suite dans le débriefing ?
- 15:58Le support visuel est important ?
- 16:00Alors,
- 16:00en aéronautique pour l'instant,
- 16:02elles ne sont pas filmées dans la plupart des entreprises,
- 16:03dans la plupart des compagnies aériennes,
- 16:06pour des raisons de sécurité de l'information essentiellement.
- 16:11Moi,
- 16:11ce que j'ai pu observer dans des séances de simulation santé,
- 16:17c'est que le recours au film est extrêmement efficace.
- 16:23on adopte certains comportements dans des situations notamment stressantes,
- 16:27dont on n'a pas idée soi-même individuellement.
- 16:30On n'a pas idée de la manière dont on peut se transformer.
- 16:34Dr Jekyll and Mr Hyde,
- 16:37on peut se transformer quand on est confronté à une situation stressante et on a beau l'entendre dire de la part de nos collègues,
- 16:45rien n'est plus efficace que d'assister soi-même à cette transformation pour en prendre conscience de nouveau.
- 16:52La prise de conscience,
- 16:54c'est l'étape initiale indispensable à la deuxième qui est la responsabilité de changer,
- 17:01de faire en sorte de mettre en place les apprentissages nécessaires au changement individuel.
- 17:07Ok.
- 17:08Et donc cet instructeur bienveillant,
- 17:12il est extrêmement important qu'il comprenne qu'une évaluation,
- 17:16c'est quelque chose de complètement subjectif ?
- 17:21C'est important à comprendre.
- 17:24Se rendre compte que quand quelqu'un pose une évaluation sur nous,
- 17:29c'est quelque chose qui est influencé par un tas de choses.
- 17:34Et là tu parles des « noise » ,
- 17:40tout ce qui…
- 17:43En français comment tu avais dit à la place de « noise » ?
- 17:46En fait c'est du bruit.
- 17:47C'est ce qu'on appelle du bruit,
- 17:50comme on peut avoir une forme de bruit statistique.
- 17:54C'est un terme scientifique qui est utilisé en mathématiques.
- 17:58Et c'est un sujet qui a été développé par Daniel Kahneman,
- 18:03notamment,
- 18:04et Olivier Sibony,
- 18:04dont on a...
- 18:06Daniel Kahneman,
- 18:06qu'on a évoqué avec son livre « Système 1,
- 18:09système 2,
- 18:09les deux vitesses de la pensée » .
- 18:11Et donc,
- 18:11effectivement,
- 18:12ils ont défini le fait que lorsqu'on...
- 18:16pose un jugement sur une performance,
- 18:22même si dans ce cas de la simulation,
- 18:23on va s'appuyer sur un modèle de compétence qui reprend les différentes compétences individuelles d'équipe et procédure et technique.
- 18:30On va,
- 18:30en fonction de qui on est en termes d'observateur,
- 18:34être soumis à ce qui s'apparente à des biais cognitifs d'observation.
- 18:41Et donc il y a différents types de bruits qui ont
- 18:46qui ont été identifiés.
- 18:49Alors il y a le bruit,
- 18:50ce qui s'appelle en anglais le pattern noise,
- 18:53donc le bruit de motif,
- 18:56si tu veux.
- 18:57Le pattern dans cette acceptation-là,
- 19:01j'en ai jamais vraiment trouvé une définition qui me satisfaisait,
- 19:05mais l'idée c'est que je vais,
- 19:07en fonction de mes préférences,
- 19:10accorder une attention différente,
- 19:12une importance différente,
- 19:13un poids différent
- 19:14à certains aspects des comportements dans la situation.
- 19:17Et si mon dada,
- 19:18c'est le leadership,
- 19:19eh bien je vais accorder un poids disproportionné au leadership par rapport aux compétences de communication,
- 19:25de gestion du stress,
- 19:26de prise de décision,
- 19:27etc.
- 19:29Chaque évaluateur en fonction de sa sensibilité va se fixer sur un caractère.
- 19:34Bien sûr.
- 19:36Donc on va avoir un domaine sur lequel on va se focaliser.
- 19:40On va aussi avoir une exigence différente.
- 19:42Donc même si on porte notre...
- 19:45attention sur le même domaine,
- 19:48on va avoir des niveaux d'exigence différents.
- 19:50Donc là,
- 19:51on est sur le bruit de niveau,
- 19:52le level noise.
- 19:54Et on va voir un évaluateur,
- 19:56par exemple,
- 19:56qui va attribuer...
- 19:58On n'utilise pas de notes comme ça,
- 19:59mais je vais prendre un exemple simple.
- 20:00Il y en a deux évaluateurs qui vont observer la même chose.
- 20:03Il y en a un qui va mettre 4 sur 10 et l'autre qui va mettre 8 sur 10.
- 20:06Pourquoi ?
- 20:07Parce qu'en fait...
- 20:08Notre observation,
- 20:09elle est subjective,
- 20:10elle est biaisée.
- 20:11Et il existe,
- 20:12et c'est une obligation en aéronautique,
- 20:15depuis maintenant 2019,
- 20:18des formations...
- 20:20Dans le cadre des formations que les instructeurs suivent tous les six mois,
- 20:24qui sont des formations qui ont pour objectif de rafraîchir leurs compétences d'instructeur,
- 20:29il y a des exercices obligatoires qui consistent à les amener à observer une situation filmée en salle de classe,
- 20:35en formation d'instructeur.
- 20:37et cette situation filmée,
- 20:38ils doivent l'évaluer pour leur permettre de se situer,
- 20:42pour voir s'ils sont plutôt dans la moyenne ou s'ils sont trop exigeants ou trop laxistes par rapport à la moyenne.
- 20:47On ne pourra jamais faire des évaluations qui sont
- 20:50100% objectives,
- 20:51mais l'idée c'est d'accompagner les instructeurs pour essayer de standardiser le niveau.
- 20:56Et puis alors,
- 20:57il y a un autre bruit qui a été identifié,
- 21:00c'est le bruit lié à...
- 21:05au facteur contextuel.
- 21:07Par exemple,
- 21:08on est sujet à des différences d'humeur selon qu'on est fin ou pas,
- 21:13selon qu'il fasse beau ou pas,
- 21:14selon que notre équipe de foot préférée ait gagné le match la veille ou pas.
- 21:18Et donc ça va avoir un impact sur notre humeur et donc sur notre niveau d'exigence dans le cadre d'une évaluation.
- 21:25Oui,
- 21:27l'être irrationnel dans toute sa splendeur.
- 21:29Tout à fait.
- 21:30Et alors il y a un élément qui est fondamental aussi dans le cadre de tout ce système
- 21:34On parle essentiellement aujourd'hui de formation continue en aéronautique,
- 21:38c'est-à-dire que la notion d'évaluation,
- 21:40même s'il y a toujours une forme d'évaluation au sens où si un jour un équipage n'est pas au niveau lors d'une séance de simulateur,
- 21:47on ne va pas les remettre dans l'avion le lendemain.
- 21:49Il va y avoir un entretien pour comprendre ce qui s'est passé,
- 21:52un réentraînement et puis on va s'assurer qu'ils sont remis au niveau.
- 21:56Il y a plein de raisons qui peuvent amener à ça.
- 21:59On n'est pas au top de notre forme tous les jours.
- 22:04parce qu'on a mal dormi,
- 22:05on a eu un enfant malade,
- 22:06parce qu'on a eu un accident,
- 22:09parce qu'on traverse une période de notre vie un peu difficile.
- 22:14Une échéance,
- 22:16sachant que nous on va au simulateur et c'est une obligation tous les six mois,
- 22:20avec essentiellement un objectif de formation très bienveillant au travers de laquelle il y a quand même une forme d'évaluation parce qu'on veut s'assurer qu'on est au niveau en permanence.
- 22:31C'est une exigence réglementaire.
- 22:33il peut arriver qu'un jour ça se passe mal.
- 22:36Ce jour-là,
- 22:37on n'y arrive pas.
- 22:38Et forcément,
- 22:39l'instructeur dans ce cadre-là,
- 22:41il va rédiger un rapport en fonction.
- 22:43Alors déjà,
- 22:43il va y avoir un debriefing.
- 22:44Le debriefing de l'instructeur va être fondamental pour ne pas enfoncer l'équipage.
- 22:49C'est jamais un pilote seul.
- 22:51C'est toujours l'équipage qui a été performant ou pas.
- 22:53Et donc,
- 22:54l'idée,
- 22:54c'est pas d'enfoncer l'équipage,
- 22:56c'est de comprendre ce qui s'est passé.
- 22:57C'est comme par rapport aux événements indésirables.
- 22:59Qu'est-ce qui s'est passé ?
- 23:00Vous êtes des professionnels,
- 23:01ça fait 20 ans que ça marche !
- 23:02Il n'y a pas de raison qu'aujourd'hui ça ne marche pas.
- 23:04Donc il y a d'autres facteurs qui font que ça n'a pas fonctionné aujourd'hui.
- 23:08On essaie de comprendre,
- 23:09il y a des groupes qui ont été mis en place au sein d'Air France notamment,
- 23:15il y en a un qui s'appelle GAIN,
- 23:16le groupe d'accompagnement individuel des navigants,
- 23:18dont l'objectif est en toute confidentialité,
- 23:22donc il n'y a pas d'intervention du management,
- 23:27c'est de faire intervenir des instructeurs qui ont une formation complémentaire de coach pour
- 23:31accompagner des pilotes qui ont fait face à des difficultés dans le cadre de formation-évaluation,
- 23:37parce qu'on peut rapidement,
- 23:38de nouveau au biais de négativité,
- 23:40s'imaginer le pire pour la suite.
- 23:41Ça n'a pas marché cette fois-ci,
- 23:42la fois prochaine ça ne va pas marcher non plus.
- 23:44Et donc s'enfoncer dans une spirale infernale qui fait que notre niveau de confiance en nous-mêmes va s'effondrer.
- 23:53C'est-à-dire qu'une mauvaise expérience dans la simulation peut impacter par la suite la confiance
- 24:00pour le travail et les jours à venir.
- 24:02C'est ça que tu veux dire ?
- 24:03Ça peut être dramatique.
- 24:04Et la personne,
- 24:07chère France,
- 24:07qui a mis ce processus en place me disait
- 24:12« c'est dramatique parce que nous fabriquons nos propres malades » .
- 24:16Et de nouveau,
- 24:17ce n'est pas de la mauvaise volonté de la part de l'instructeur qui a fabriqué le malade.
- 24:23Lui,
- 24:24il faisait du mieux qu'il pouvait avec les compétences et les ressources qu'il avait.
- 24:28Mais,
- 24:29Un mot malheureux,
- 24:30une phrase malheureuse dans un contexte un peu compliqué peut avoir un impact énorme sur l'individu et parfois on ne s'en rend pas compte.
- 24:36Et donc l'idée c'est d'une part de former les instructeurs à la façon dont ils vont accompagner les équipages qui font face à des difficultés au sein de la séance et au sein du debriefing.
- 24:49Donc à l'instant T et aussi en parallèle avoir cette structure qui va permettre aux
- 24:56à l'équipage ou à l'individu qui sent que ça l'a vraiment affecté et qui a des craintes pour l'avenir,
- 25:02d'être accompagné,
- 25:03de bénéficier de séances supplémentaires d'entraînement de manière à remonter son niveau de confiance au niveau attendu.
- 25:12Comment sont formés les instructeurs,
- 25:13Guillaume ?
- 25:14Les instructeurs sont formés à des techniques...
- 25:18Déjà,
- 25:18ils doivent avoir une certaine expérience,
- 25:21une expérience sur l'avion sur lequel ils volent
- 25:24Et puis,
- 25:24ils sont formés à des techniques pédagogiques et à des techniques de briefing et de debriefing et d'observation.
- 25:32Et ce qui pose le plus de...
- 25:36le plus grand challenge pour eux,
- 25:37c'est les techniques de debriefing.
- 25:39C'est comment débriefer ce que j'ai observé de manière à ce que,
- 25:42d'une part,
- 25:43je ne détruise pas la confiance de l'équipage et d'autre part,
- 25:48je les amène à des apprentissages utiles pour la suite.
- 25:51C'est vraiment là-dessus qu'est axée une grande partie de la formation.
- 25:56Et puis après,
- 25:56bien sûr,
- 25:57il y a un mentorat,
- 25:58c'est-à-dire qu'il y a un accompagnement.
- 25:59Les premières séances d'instruction sont des séances techniques,
- 26:04c'est-à-dire ce sont des séances lors desquelles l'instructeur forme un équipage sur un nouvel avion.
- 26:10Donc,
- 26:10il y a peu de non technique,
- 26:12il y a peu de CRM là-dedans.
- 26:13C'est vraiment telle procédure,
- 26:15vous devez la piloter comme ça.
- 26:17On le fait,
- 26:18ça a bien fonctionné,
- 26:21on passe à la suite,
- 26:21ça a moins bien fonctionné,
- 26:23on va le refaire,
- 26:23etc.
- 26:24Donc c'est vraiment l'utilisation de l'avion,
- 26:27même s'il y a un peu de non-technique dedans,
- 26:28il y en a toujours.
- 26:30Et puis progressivement,
- 26:31on amène les instructeurs au fur et à mesure avec des observations de séance,
- 26:37avec des séances sous supervision à être capables de mener des séances concrètes
- 26:44qu'on appelle des séances de line-oriented
- 26:49LOE.
- 26:50Line, c'est peut-être un acronyme français.
- 26:53D'ailleurs,
- 26:53je ne sais plus ce qu'il veut dire.
- 26:57En anglais,
- 26:57c'est des lofts,
- 26:58line-oriented flight training.
- 27:00C'est-à-dire que ce sont des séances de simulateurs qu'on veut les plus proches d'un vol réel dans lesquels il se passe des événements à gérer et qui nécessitent une grande expertise en termes d'observation actuelle.
- 27:13et en termes de débriefing de la part de l'instructeur.
- 27:15Donc c'est vraiment graduel,
- 27:17et on n'est pas plongé dès le début dans des situations où on doit observer l'équipage qui gère une crise.
- 27:24Tu sais qu'il y a des plateformes de simulation en ligne où on peut s'entraîner un peu seul en attendant de faire des simulations sur le terrain,
- 27:34sur le terrain d'ailleurs ou dans les centres de simulation ?
- 27:39Donc les plateformes en ligne permettent d'aborder des sujets de façon individuelle déjà,
- 27:45comme tout ce qui est facteur humain,
- 27:48comme la prise de conscience sur des sujets,
- 27:52comme la communication,
- 27:54la bienveillance,
- 27:55la communication envers les patients.
- 27:58Les sujets sont énormes,
- 27:59la checklist par exemple.
- 28:02Voilà,
- 28:02donc il y a déjà un apprentissage qui est individuel et là-dessus se greffent aussi des possibilités de faire des choses à deux,
- 28:11à trois ou à quatre personnes.
- 28:13Donc pour toi c'est un outil en plus pour travailler sur certains sujets en plus du travail sur le terrain ?
- 28:32qu'on essaye de rendre les plus standards possibles en termes d'observation,
- 28:37en termes d'entraînement au debriefing,
- 28:40etc.
- 28:42Si on peut amener les instructeurs,
- 28:47les professionnels de la santé notamment,
- 28:49qui sont en charge de séances de simulation à s'entraîner à ça,
- 28:53ça va avoir un grand bénéfice pour les participants à leurs séances de simulation.
- 28:59on arrive à presque la fin de ton livre.
- 29:01On pourrait encore parler de milliers d'autres choses.
- 29:05Ça a été pour moi une aventure extraordinaire.
- 29:07Je te remercie,
- 29:08mais du fond du cœur de tout ce que j'ai appris et de l'échange que j'ai eu avec toi.
- 29:13J'ai envie de te laisser le mot de la conclusion.
- 29:16Toi,
- 29:16tu conclus ton livre en parlant de ce que c'est que la résilience à différents niveaux,
- 29:21qu'elle soit personnelle ou organisationnelle.
- 29:24Et tu mentionnes l'organisation à haut degré de fiabilité.
- 29:31Est-ce que c'est des notions que tu as envie d'évoquer ?
- 29:33Et si tu as envie d'évoquer autre chose à toi,
- 29:37carte blanche ?
- 29:38Alors,
- 29:39je propose d'aller sur la notion de résilience parce que c'est un des éléments qui fait partie des sujets réglementaires que nous devons traiter sur base triannuelle dans le cadre des formations
- 29:54CRM en aéronautique.
- 29:56Et donc,
- 29:56la résilience,
- 29:57c'est quoi ?
- 29:58Résilienne,
- 29:59ça vient du latin rebondir.
- 30:03Alors c'est un terme qui a été utilisé beaucoup en psychologie,
- 30:06c'est la manière dont on est capable de se reconstruire après avoir fait face à un événement difficile.
- 30:12Et dans le cadre d'une équipe ou d'une organisation,
- 30:16ça va être la capacité à retrouver un niveau de fonctionnement suffisant,
- 30:22si possible optimal,
- 30:24mais pas toujours dans un premier temps,
- 30:26suite à un événement significatif.
- 30:29Et donc...
- 30:30Une question qui est souvent posée,
- 30:33c'est comment atteindre ce niveau de résilience qui est attendu ?
- 30:36Parce que ça fait partie des obligations réglementaires que nous devons traiter.
- 30:42Alors la résilience en pratique va nous donner quelques clés,
- 30:47quelques pistes par rapport à ça.
- 30:48En pratique,
- 30:49l'ingénierie de la résilience,
- 30:51elle évoque quatre piliers.
- 30:53D'abord,
- 30:53on a le pilier de l'anticipation.
- 30:55On va essayer de se projeter par rapport à des...
- 31:00des accidents possibles ou probables,
- 31:02ou des situations difficiles à gérer qui vont probablement arriver aux opérateurs.
- 31:07Et du coup,
- 31:07on va pouvoir les former à ça.
- 31:10Donc,
- 31:10on est dans une recherche d'anticipation permanente.
- 31:13Il y a la surveillance,
- 31:14deuxième pilier.
- 31:15La surveillance,
- 31:16c'est le fait d'être attentif en permanence à ce qui se passe sur le terrain.
- 31:19Donc,
- 31:19on l'a évoqué tout à l'heure.
- 31:21La surveillance,
- 31:21ça passe par les rapports d'incidents qui nécessitent une culture juste.
- 31:26Ça passe par le fait que les...
- 31:30le management doit sortir de ses illusions.
- 31:33Je ne pense pas qu'on les ait évoquées,
- 31:34mais on a l'illusion du contrôle qui va faire en sorte que le management se donne l'impression que la situation est sous contrôle parce qu'il a rédigé des procédures pour tout.
- 31:47Et donc,
- 31:47on essaie de rédiger des procédures pour tout,
- 31:49pour la moindre petite chose.
- 31:50Mais ça,
- 31:51ça ne va pas fonctionner parce qu'en fait,
- 31:52on ne peut pas tout anticiper et puis on devient tellement rigide qu'on commence à introduire des contradictions régulières
- 31:59dans le système,
- 32:00et donc c'est contre-productif.
- 32:02Et il y a un autre biais dont le nom ne me revient pas là maintenant,
- 32:11mais c'est le principe d'être persuadé que si le management n'a pas connaissance d'événements significatifs qui se passent sur le terrain,
- 32:21c'est qu'il ne se passe rien,
- 32:22c'est que tout va bien.
- 32:23Or ce n'est pas le cas,
- 32:24c'est simplement que les événements ne remontent pas.
- 32:26Il y a la nécessité,
- 32:27en parallèle de la culture juste,
- 32:29de faire en sorte d'aller chercher,
- 32:31d'aller observer,
- 32:32d'aller surveiller la manière dont les choses se passent sur le terrain.
- 32:34Donc les deux premiers piliers de la résilience,
- 32:36anticipation et surveillance.
- 32:37Ensuite il y a la réponse,
- 32:38troisième pilier.
- 32:40Quelle est la réponse que je vais apporter à ça ?
- 32:42En fonction de ce que j'observe,
- 32:43en fonction des rapports qui m'arrivent,
- 32:45en fonction des écarts,
- 32:46en fonction des événements indésirables,
- 32:48graves ou pas,
- 32:48en fonction des comportements à risque,
- 32:50quelle est la réponse que j'apporte ?
- 32:52Est-ce que je me contente de compiler un joli dossier pour...
- 32:56le régulateur ou est-ce qu'effectivement je vais essayer de comprendre ce que je peux apporter comme changement dans le fonctionnement de l'organisation en termes de procédures,
- 33:05checklists,
- 33:06en termes de formation,
- 33:07en termes de ressources que je mets à disposition des opérateurs.
- 33:12Et il y a l'apprentissage.
- 33:13Donc l'apprentissage c'est une fois que j'ai compris qu'est-ce que je vais mettre en place de manière à faire évoluer les choses de manière pérenne.
- 33:20Donc ça sont les quatre piliers de la résilience,
- 33:23en ingénierie de la résilience qui est une science à part entière.
- 33:26En fait,
- 33:26si on prend un peu de recul et qu'on repense à tout ce qu'on a évoqué,
- 33:29le fonctionnement individuel,
- 33:31système 1,
- 33:31système 2,
- 33:32il y a les automatismes qu'il faut laisser faire dans la plupart des cas parce qu'ils sont très efficaces.
- 33:36Mais dans certains cas,
- 33:37ils peuvent se tromper.
- 33:38Et donc,
- 33:38on a la présence indispensable du système 2 pour surveiller le système 1.
- 33:43On a la présence indispensable du système 2 pour envisager,
- 33:47pour créer des solutions nouvelles dans des situations inédites.
- 33:52on a la présence indispensable du système 3 pour nous empêcher d'aller spontanément vers le système 1,
- 33:59vers la facilité dans certains rares cas où il est important de confier la gestion à la situation système 2.
- 34:05Mais là,
- 34:05on se rend compte qu'on est déjà dans une forme de résilience parce qu'on va pouvoir en permanence se surveiller soi-même,
- 34:13on va être dans une meilleure forme d'anticipation,
- 34:16on va apporter des réponses appropriées et on va apprendre...
- 34:20à chaque fois qu'on est confronté à une nouvelle situation et à chaque fois qu'on va réussir à pratiquer cette inhibition du système 1,
- 34:29cette surveillance du système
- 34:311.
- 34:32On va apprendre à accepter,
- 34:35à gérer,
- 34:36à reconnaître nos émotions et donc ça va avoir un impact positif aussi.
- 34:40Et puis au sein des équipes,
- 34:42si on a un leadership de qualité,
- 34:44si on a une communication qui est efficace,
- 34:47si on a une bonne capacité à gérer les différentes tâches qu'il faut mener,
- 34:52si on est capable collectivement de partager une même compréhension de la situation pour gérer un problème et qu'on est capable collectivement en tenant compte des avis de chacun en fonction des compétences de chacun de prendre des décisions efficaces,
- 35:08on va avoir une résilience d'équipe parce que lorsque nous serons confrontés à une situation un peu plus difficile
- 35:16initialement,
- 35:16généralement,
- 35:18faire baisser le niveau de performance temporairement.
- 35:21On l'espère temporairement,
- 35:23mais grâce au fait que l'équipe est capable de bien fonctionner,
- 35:26on va rebondir,
- 35:28on va être capable de remonter le niveau de performance.
- 35:31Dans un premier temps,
- 35:32peut-être pas tout à fait au niveau attendu,
- 35:34mais progressivement,
- 35:35on va le reconstruire.
- 35:36Dans certains cas,
- 35:37on va être capable,
- 35:38comme par exemple celui qui s'est posé sur l'Hudson,
- 35:41on va être capable d'avoir
- 35:44porter la réponse suffisante.
- 35:46Donc de se poser une question qui est fondamentale,
- 35:48c'est dans cette situation manifestement,
- 35:50je ne vais pas pouvoir sauver tout,
- 35:53je ne vais pas pouvoir sauver à la fois les passagers et l'équipement.
- 35:57Et donc,
- 35:58est-ce que je suis capable de prendre une décision qui consiste à renverser le problème et à déterminer ce que je veux absolument sauvegarder ?
- 36:08Plutôt que de vouloir tout sauver et tout résoudre,
- 36:11C'est qu'est-ce que je veux absolument sauvegarder et qu'est-ce que j'accepte de perdre dans cette situation qui est inédite,
- 36:17que probablement la plupart d'entre nous ne rencontreront jamais dans notre carrière.
- 36:22Et donc tous ces éléments-là,
- 36:24qui sont favorisés par l'application des différentes compétences,
- 36:28dont techniques,
- 36:30vont améliorer la résistance des équipes,
- 36:33et donc des collectifs,
- 36:35et au final des organisations,
- 36:37parce que les organisations ne sont jamais qu'un regroupement d'équipes
- 36:41qui ont différentes tâches,
- 36:42différents rôles,
- 36:43et qui si toutes sont capables de mettre en œuvre ces bonnes pratiques du CRM,
- 36:49vont augmenter globalement la résilience de l'organisation.
- 36:53Les différents sujets FOH qu'on a traités,
- 36:55facteurs organisationnels,
- 36:56on peut quasi tous les mettre en parallèle avec un sujet d'équipe.
- 37:02Si on s'amuse à faire la liste,
- 37:04on peut tous les mettre en parallèle avec un sujet d'équipe quasi.
- 37:07Donc en fait,
- 37:08la résilience d'une organisation,
- 37:09elle tient à la résilience des équipes et des individus.
- 37:12Bien sûr,
- 37:12il y a l'implication du management,
- 37:15mais là on revient sur un leadership,
- 37:17un leadership au niveau de l'organisation qui va faire en sorte qu'on va créer cette forme de confiance au travers d'une culture juste,
- 37:24qui va permettre un apprentissage,
- 37:25etc.
- 37:25Donc c'est vraiment de manière globale que ces pratiques,
- 37:29si elles sont adoptées à tous les niveaux de l'organisation,
- 37:33par les individus et par les collectifs,
- 37:34des opérateurs de première ligne jusqu'au directeur général,
- 37:37au PDG,
- 37:38au CEO vont améliorer la résilience et la performance de l'organisation.
- 37:44Et ce qui est fondamental,
- 37:45c'est qu'un corollaire,
- 37:48un bénéfice collatéral,
- 37:50c'est que le bien-être de tous les opérateurs de l'organisation,
- 37:54de tous les individus présents dans l'organisation va être amélioré et l'efficience économique de l'organisation va également en bénéficier.
- 38:02Je suis inquiète.
- 38:03hyper heureuse que tu finisses sur deux mots efficience et bien-être.
- 38:08Sur ces belles paroles,
- 38:11Guillaume,
- 38:11je rappelle le non-temps livre
- 38:14Mieux réussir ensemble qui est édité chez Edipro en deuxième édition.
- 38:20Où te retrouver,
- 38:21Guillaume,
- 38:21si on a envie d'en savoir un peu plus,
- 38:25de suivre ton activité ?
- 38:27Alors,
- 38:27je suis peu présent volontairement sur les réseaux sociaux.
- 38:30Je suis sur LinkedIn et de temps en temps,
- 38:32je publie une…
- 38:33Par exemple,
- 38:34j'ai donné une conférence ce jeudi,
- 38:35une conférence grand public sur le fonctionnement du cerveau.
- 38:38La thématique,
- 38:39c'était
- 38:40« Reprenez le contrôle de votre cerveau » .
- 38:41Donc là,
- 38:42c'est une volonté que j'ai,
- 38:46un peu un rôle citoyen que j'ai envie d'endosser de manière à pouvoir donner des clés à mes compatriotes et à tout qui peut en bénéficier.
- 38:57Elle a d'ailleurs été filmée,
- 38:58je vais la mettre en ligne le temps de faire le montage,
- 39:00je vais la mettre en ligne dans les prochaines semaines.
- 39:03Et puis j'ai un site internet,
- 39:04Tirtio.com,
- 39:05sur lequel je dois le rafraîchir,
- 39:10je vais le rafraîchir,
- 39:12je ne dois pas,
- 39:13je vais le rafraîchir.
- 39:14Tu peux mettre tous les épisodes Guillaume !
- 39:18J'attends d'avoir monté cette vidéo dont je viens de récupérer les rushs hier soir.
- 39:24pour rafraîchir le site,
- 39:26mais effectivement mes informations de contact s'y trouvent pour les personnes qui souhaiteraient éventuellement envisager une intervention au sein d'un collectif ou au sein d'une organisation de manière à apporter les premières prises de conscience nécessaires.
- 39:41Mon objectif c'est toujours d'amener à l'autonomie,
- 39:44c'est-à-dire que j'encourage toutes les organisations dans lesquelles j'interviens
- 39:49à mettre en place une équipe qui sera capable de prendre le relais et de manière à ce que les formations soient le plus rapidement possible développées et données en interne.
- 40:00J'ai été extrêmement heureuse de faire partie de ce relais et de la diffusion de ton livre et de tes paroles.
- 40:07Merci infiniment Guillaume.
- 40:09Merci Man pour ton accueil et ta bienveillance par rapport à tous ces sujets.
- 40:17Mes chers amis,
- 40:19J'espère que cette odyssée dans le livre de Guillaume Tirsio est à ses côtés,
- 40:24vous a porté,
- 40:25accompagné et peut-être en partie transformé comme ça l'a été pour moi.
- 40:30Je vous rassure,
- 40:32nous ne sommes qu'au début du voyage.
- 40:34Nous avons tous à charge de mettre en œuvre cet apprentissage pour mieux réussir ensemble.
- 40:39N'oubliez pas de vous abonner,
- 40:42de partager le podcast à votre tour.
- 40:44À très bientôt !
- 40:48Musique de générique