Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Enfin comprendre l'hypnose, Jean-Marc Benhaiem raconte François Roustang (Rediffusion)
Transcript
- 0:05Enquête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:14Aujourd'hui,
- 0:15l'hypnose s'avance comme une médecine du regard intérieur,
- 0:19portée par la rigueur scientifique,
- 0:21mais nourrie depuis toujours par une pensée plus vaste.
- 0:26Car derrière les protocoles et les études,
- 0:29il y a eu,
- 0:30il y a encore,
- 0:31la lente méditation de quelques pionniers.
- 0:35Parmi eux,
- 0:36François Rostand,
- 0:37dont Jean-Marc Benahem ravit ici la présence.
- 0:41Rostand,
- 0:42qui voyait dans l'hypnose,
- 0:43n'en peint un pouvoir mais un accompagnement à la transformation,
- 0:48une disponibilité nouvelle au réel.
- 0:51Dans cet épisode,
- 0:53Jean-Marc Benahem nous raconte cet héritage,
- 0:57l'art de l'hypnose.
- 0:59Excellente écoute !
- 1:04Eh bien bonjour
- 1:05Jean-Marc. Bonjour à vous.
- 1:08Bienvenue dans Enquête d'accord.
- 1:10Merci pour l'invitation.
- 1:11C'est un énorme plaisir pour moi.
- 1:13Bah écoutez,
- 1:14j'espère que ça va correspondre à vos attentes.
- 1:17Ça le sera,
- 1:18je n'ai aucun doute.
- 1:20Alors,
- 1:20je commence par vous présenter Jean-Marc.
- 1:23Vous êtes médecin,
- 1:24mais surtout vous êtes l'une des figures les plus importantes de l'hypnose clinique en France.
- 1:30Depuis les années 80,
- 1:32vous explorez ce que l'hypnose peut apporter aux soins,
- 1:36à la douleur,
- 1:37au comportement et surtout à la relation thérapeutique.
- 1:41Ça me tient particulièrement à cœur.
- 1:43Vous vous êtes formé auprès de plusieurs grands noms.
- 1:47Il y a Léon Chertok,
- 1:49Didier Michaud.
- 1:50Ensuite,
- 1:51votre trajectoire va profondément être marquée par un lien particulier qui est celui de François Roustan.
- 1:58avec qui vous avez entretenu une relation intellectuelle et amicale durable.
- 2:03Votre travail porte la trace de cette filiation.
- 2:07Une certaine hypnose,
- 2:08une hypnose qui est non directive,
- 2:11centrée sur la présence,
- 2:12l'écoute,
- 2:13l'accordage et la capacité du patient à retrouver ses propres ressources.
- 2:19Vous avez exercé dans des structures hospitalières qui étaient dédiées à la douleur,
- 2:24qui y est encore dédiée à la douleur.
- 2:26Vous avez accompagné des patients qui étaient aux prises avec des addictions,
- 2:32des phobies,
- 2:32des troubles psychosomatiques,
- 2:34des problématiques de poids,
- 2:36et toujours avec cette attention à la parole juste,
- 2:40aux gestes discrets,
- 2:42avec une possibilité de s'ouvrir à l'intérieur.
- 2:46Et vous avez également contribué à structurer l'enseignement universitaire de l'hypnose,
- 2:53en participant activement à la création des premiers DU.
- 2:56Les premiers diplômes dédiés à l'hypnose clinique et en formant des générations de soignants.
- 3:01Il y avait des médecins,
- 3:02des dentistes,
- 3:03des psychologues,
- 3:04des infirmiers.
- 3:05Ils sont encore,
- 3:05je dis,
- 3:06dans le passé,
- 3:07mais c'est toujours d'actualité.
- 3:09Et vous avez une grande bibliographie avec plusieurs livres.
- 3:14Il y a l'hypnose aux portes de la guérison,
- 3:17le dernier lien.
- 3:18Et il y a des ouvrages destinés au grand public sur le tabac,
- 3:22sur les troubles du comportement alimentaire.
- 3:25Et celui qui nous intéresse aujourd'hui,
- 3:28c'est celui qui s'appelle « L'art de l'hypnose »
- 3:32avec François Roustan,
- 3:33qui est sorti en 2024 chez Odile Jacob.
- 3:37C'est un livre essentiel qui réunit près de 20 ans de vos échanges avec lui.
- 3:43Vous y donnez à entendre sa pensée,
- 3:46sa manière d'être en séance,
- 3:47son regard si particulier sur la liberté intérieure.
- 3:51et vous proposer même des séances d'hypnose thérapeutique.
- 3:55pour que le lecteur et aujourd'hui l'auditeur puissent expérimenter cette approche de l'intérieur.
- 4:01Votre œuvre entière est traversée par une même intuition,
- 4:06la guérison,
- 4:07le changement,
- 4:08la liberté,
- 4:09ces trois naissent d'un réajustement profond de notre manière d'être au monde et une disponibilité nouvelle.
- 4:18Et c'est tout le sens de votre présence aujourd'hui dans Enquête d'accord et nous explorons justement...
- 4:24l'art d'être en lien et j'ai envie
- 4:29Jean-Marc, si vous me le permettez de commencer par un texte d'une étudiante en médecine que vous avez cité dans le livre de...
- 4:41Oui,
- 4:41c'est Rostand,
- 4:42avec Rostand Exactement,
- 4:44et que je trouve tellement représentative de qui vous êtes et de qui était et...
- 4:52François Roustan et je trouve qu'elle avait un regard extrêmement fin.
- 4:57Elle dit
- 4:58Jean-Marc Benaïm,
- 5:00c'est une voix,
- 5:01un phrasé,
- 5:02une façon de parler particulière avec une technique extraordinaire.
- 5:07Ce qui se dégage de lui et ce qu'il a transmis,
- 5:11c'est rien n'est grave,
- 5:13rien n'est important.
- 5:15C'est ça qu'elle a retenu.
- 5:16Tout est très bien.
- 5:18Par exemple,
- 5:18cela fait Merci.
- 5:20Une année que je me forme à l'hypnose et j'ai l'impression de ne pas encore savoir grand-chose.
- 5:24Est-ce qu'il me reste tant à apprendre ?
- 5:27Et je l'entends dire,
- 5:28c'est parfait.
- 5:29Cet aspect relax m'a bien imprégnée,
- 5:32m'a été grandement utile lors de mes premières expériences d'hypnose où je me suis sentie parfois démunie.
- 5:40Je me suis mise en mode Benayem.
- 5:43J'étais décontractée dans ce que je faisais.
- 5:45C'était vraiment agréable.
- 5:48Ça vous représente ?
- 5:49tellement.
- 5:50Et alors,
- 5:50elle poursuit sur François Roussan.
- 5:52Elle dit,
- 5:53un autre phénomène se dégage de lui,
- 5:56un mélange d'approche animale et d'experts de l'aérospatial,
- 6:01comme ces rencontres improbables de deux navettes dans l'infini de l'espace pour permettre,
- 6:08en deux ou trois manœuvres précises,
- 6:11la réparation d'un satellite défectueux.
- 6:14C'est une approche lente,
- 6:15concentrée,
- 6:16au millimètre.
- 6:17une écoute du silence et une attention extrême.
- 6:20Un ajustement et pourtant ça bouge.
- 6:23C'est le silence.
- 6:25Cependant,
- 6:25les mots viennent.
- 6:27C'est un contact précis et un endroit précis qui change le cours de la vie.
- 6:33C'est incroyable ce qu'elle dit sur vous quand même.
- 6:35Je trouve qu'elle a eu un regard extrêmement fin.
- 6:40C'est vrai.
- 6:41François Roustan est décédé en novembre
- 6:442016. Oui.
- 6:46et à l'âge de 93 ans,
- 6:48et vous dites,
- 6:49je ressens un grand vide et une grande solitude qui ne m'a plus quitté.
- 6:55C'est ça l'amitié,
- 6:56Jean-Marc.
- 6:57C'est vrai qu'on était tellement en duo pendant les cours,
- 7:01que de temps en temps,
- 7:02je regarde à droite,
- 7:03à gauche,
- 7:04mais il est parti.
- 7:06Mais parce qu'on faisait,
- 7:08qu'est-ce que t'en penses ?
- 7:09Oui,
- 7:09je suis d'accord.
- 7:10Ah,
- 7:10on peut dire comme ça.
- 7:11Enfin,
- 7:11c'était sans arrêt un ping-pong.
- 7:14qui enrichissait la présentation.
- 7:16Et là,
- 7:17j'ai des collègues,
- 7:18bien sûr,
- 7:18qui viennent.
- 7:19Mais il y avait une telle complicité,
- 7:21une telle entente,
- 7:23une telle envie de comprendre encore mieux que je ressens ce vide qui est là et qui me manque beaucoup.
- 7:29Oui,
- 7:30j'entends bien.
- 7:31Et ça se ressent dans ce livre.
- 7:32Mais quelle idée extraordinaire d'avoir enregistré et d'avoir retenu ces échanges si précieux.
- 7:40Et quelle générosité de les avoir partagés avec nous.
- 7:43C'est en fait,
- 7:44on se voyait très régulièrement à Villiers,
- 7:47métro Villiers,
- 7:48parce qu'il habitait dans le coin.
- 7:50Et il me dit,
- 7:50bon,
- 7:50on va manger un morceau.
- 7:51Il me dit,
- 7:52OK.
- 7:52Et puis,
- 7:53il commence à me parler.
- 7:54Ah,
- 7:55j'ai vu une dame,
- 7:56j'ai vu un monsieur.
- 7:57Elle m'a dit,
- 7:58si,
- 7:58je lui ai dit,
- 7:59attends,
- 7:59attends,
- 7:59ça m'intéresse,
- 8:00c'est trop important,
- 8:01c'est trop fort là.
- 8:02Et je lui ai dit,
- 8:02ça t'embête pas que j'enregistre ?
- 8:04Il me dit,
- 8:04non,
- 8:05d'accord.
- 8:05Hop,
- 8:06je mets mon téléphone,
- 8:07on enregistre.
- 8:08Et il me dit,
- 8:09qu'est-ce que tu vas en faire ?
- 8:10Je ne sais pas.
- 8:11Donc,
- 8:11c'est resté dans un tiroir pendant des années et des années.
- 8:14Et puis,
- 8:15un beau jour,
- 8:15je me suis dit,
- 8:16je réécoute.
- 8:17Et je me suis dit,
- 8:18ah non,
- 8:18c'est vraiment génial,
- 8:19parce que,
- 8:20mis à part des conversations amicales,
- 8:24il y avait des cas cliniques qu'il décrivait avec une telle précision,
- 8:27une telle originalité,
- 8:29que c'est là que je me suis dit,
- 8:30bon,
- 8:30allez,
- 8:30il faut que j'écrive et qu'on mette sur papier pour partager ça avec les collègues,
- 8:35bien sûr.
- 8:36Et vous l'avez tellement bien structuré que...
- 8:39En suivant le livre,
- 8:41on arrive à comprendre le cheminement de la pensée de François Rostand.
- 8:46Et puis jusqu'à l'heure actuelle,
- 8:49ça permet de comprendre vraiment l'hypnose.
- 8:52Vous l'avez rencontré dans les années 80,
- 8:55vous lui avez demandé,
- 8:57vous avez eu le courage et l'audace de lui demander de créer la première école d'hypnose,
- 9:02c'est ça ?
- 9:02Je l'ai rencontré,
- 9:03c'est ça,
- 9:04en 81,
- 9:06dans la formation de Léon Chertok.
- 9:08qui était psychiatre.
- 9:10Et en fait,
- 9:11à cette époque-là,
- 9:12je l'entendais,
- 9:13et je me disais,
- 9:14ce gars,
- 9:15il est quand même hors norme,
- 9:17dans la puissance,
- 9:18dans la profondeur.
- 9:20Bon,
- 9:20j'ai juste mémorisé.
- 9:22Et puis quand j'ai voulu ouvrir une école,
- 9:25je l'ai appelé,
- 9:26il m'a dit,
- 9:26mais je ne suis pas médecin,
- 9:27je suis psychologue.
- 9:29Alors je lui ai dit,
- 9:30oui,
- 9:30oui,
- 9:30mais ce que vous dites,
- 9:32c'est quand même pas simple,
- 9:35c'est pas banal,
- 9:36c'est trop fort.
- 9:37J'ai dit,
- 9:38vous voulez venir ?
- 9:38On ouvre l'école ?
- 9:39Il me dit,
- 9:39d'accord.
- 9:40Puis il est venu,
- 9:42et on a ouvert,
- 9:42et après je lui ai dit,
- 9:43il n'y a pas de diplôme universitaire d'hypnose.
- 9:47On ouvre ?
- 9:47Il me dit,
- 9:48oui,
- 9:48bien sûr.
- 9:48Et j'ai toujours d'accord parce que le plaisir qu'on avait,
- 9:51c'était...
- 9:51de communiquer avec les collègues,
- 9:54les soignants,
- 9:55pour qu'ils puissent l'utiliser et leur faire profiter de cette puissance,
- 10:00du savoir,
- 10:01de l'intelligence de cet ancien jésuite psychanalyste tellement fort que je lui ai dit,
- 10:07allez,
- 10:07on y va.
- 10:08Donc,
- 10:08on a ouvert cette école à la salle Pétrière,
- 10:12qui est toujours,
- 10:13au bout de 25-26 ans,
- 10:14elle est toujours d'actualité.
- 10:16On a encore,
- 10:18cette année,
- 10:18encore une soixantaine.
- 10:20Médecins,
- 10:21anesthésistes,
- 10:21âges femmes,
- 10:23un peu tous les soignants qui viennent se former.
- 10:26Il y a même des chirurgiens,
- 10:28il y a des psychiatres.
- 10:30Ils sont passionnés par les différents intervenants qui arrivent.
- 10:34Alors,
- 10:35c'est un jésuite,
- 10:36sa carrière était un peu particulière parce qu'il est venu d'un domaine qui n'a rien à voir.
- 10:42Il a cheminé,
- 10:43il est devenu psychanalyste puisqu'il a fait sa propre psychanalyse.
- 10:48et ensuite il est devenu psychologue.
- 10:50psychologue et du coup il s'est intéressé à l'hypnose.
- 10:52Au moment où vous l'avez rencontré,
- 10:54il s'intéressait déjà à l'hypnose.
- 10:57Il en parlait déjà mais ce n'était pas la même approche que la vôtre.
- 11:00C'est ça.
- 11:00Il avait écrit un article sur la suggestion au long cours et puis il voulait savoir mais qu'est-ce qui marche dans la thérapie ?
- 11:09Est-ce que de parler comme ça,
- 11:10d'une manière hebdomadaire pendant des années aide vraiment ?
- 11:16Et puis il s'est dit mais peut-être qu'on pourrait intervenir.
- 11:19pour que le patient commence à changer et non pas rester muet face à toute une conversation sur les souffrances des personnes.
- 11:28Alors il s'est dit,
- 11:29je vais intervenir.
- 11:31Il intervient,
- 11:32ça trouble,
- 11:33ça perturbe,
- 11:33il s'aperçoit qu'il trouve les bons points d'appui,
- 11:36il va se former en hypnose aux États-Unis,
- 11:40il revient,
- 11:41il écrit des articles,
- 11:43ça commence à bousculer parce que l'hypnose était encore...
- 11:46pas très bien apprécié dans les milieux médicaux,
- 11:50ni psychos,
- 11:51ni psychiatriques.
- 11:53Et lui,
- 11:54il dit,
- 11:54oui,
- 11:54mais il y a une vérité.
- 11:55Enfin,
- 11:56c'est que ça qui l'a intéressé.
- 11:57C'est-à-dire,
- 11:58un,
- 11:59comment faire pour aider les patients au mieux ?
- 12:02Et c'est quoi,
- 12:03je veux dire,
- 12:03la profondeur de quelque chose ?
- 12:05Qu'est-ce qui marche ?
- 12:07Et il ne voulait que ça tout le temps.
- 12:09Donc finalement,
- 12:10on pourrait dire qu'il est toujours jésuite,
- 12:11puisque finalement,
- 12:12c'était ça son objectif,
- 12:14d'aider quelqu'un qui souffre.
- 12:15alors c'est
- 12:16Est-ce qu'il voulait l'aider avec la religion ?
- 12:18Il s'est dit oui,
- 12:19c'est pas sûr que.
- 12:21Je vais l'aider avec la psychanalyse.
- 12:23Il a dit,
- 12:24c'est un peu trop long de passer des années à écouter.
- 12:27Et puis il découvre,
- 12:28il dit oui,
- 12:30à la fois on écoute le patient et on peut intervenir.
- 12:33Pour dire,
- 12:33là il y a un point intéressant qu'on pourrait modifier.
- 12:37Donc il a toujours voulu aider des personnes en souffrance.
- 12:40Il y a quelque chose de lui qui me vient quand vous dites ça,
- 12:43c'est que dans le livre,
- 12:45vous dites...
- 12:47où lui,
- 12:47il dit,
- 12:48on est thérapeute à l'âge de 7 ans ou on ne l'est pas.
- 12:52C'est-à-dire qu'on se découvre thérapeute très très jeune au final.
- 12:57Oui,
- 12:58c'est troublant de voir qu'il avait cette vocation.
- 13:01C'est peut-être pour ça que sa mère lui a dit,
- 13:03tu feras jésuite.
- 13:04Il a dit,
- 13:04d'accord maman,
- 13:05il a obéi.
- 13:06Mais en fait,
- 13:07lui,
- 13:07il pensait pouvoir aider quelqu'un dans la souffrance.
- 13:11Et comme il n'a pas fait d'études médicales,
- 13:13il a dit,
- 13:13bon,
- 13:13je vais faire des études de psy.
- 13:15Le livre se compose en six parties et
- 13:1820% de livres est dédié à la définition de l'hypnose.
- 13:23C'est pour dire la difficulté.
- 13:25Quand vous avez commencé à enseigner l'hypnose,
- 13:29vous avez beaucoup discuté et échangé sur comment définir l'hypnose.
- 13:34Et puis surtout,
- 13:35comment la transmettre.
- 13:36Et à un moment donné,
- 13:38ce qui est incroyable,
- 13:40c'est qu'une fois que vous êtes arrivé à protocoliser...
- 13:44l'hypnose et la rendre,
- 13:48la faire rentrer dans le rang des études médicales.
- 13:51Donc,
- 13:52à partir du moment où vous avez commencé les études cliniques,
- 13:55à faire de la recherche,
- 13:57à lui donner un cadre d'évidence base,
- 14:01à ce moment-là,
- 14:02François Roustan dit,
- 14:04à la fin,
- 14:04quand on a fini la formation pour les élèves,
- 14:07il faudra leur dire oubliez tout.
- 14:12J'ai trouvé ça juste incroyable.
- 14:14Alors,
- 14:15à la fois,
- 14:15ça permettrait de faire une confusion,
- 14:18de provoquer une confusion par rapport à ceux qui voulaient maîtriser.
- 14:23Et ce qu'il voulait dire par là,
- 14:24oublier,
- 14:25ça voulait dire intégrer tout et arrêter de vouloir tout maîtriser,
- 14:31codifier,
- 14:32évaluer.
- 14:33Laissez-vous ressentir.
- 14:35Et puis un autre jour,
- 14:36peut-être que vous l'avez déjà écrit.
- 14:39Il a regardé le public qui était dans l'amphi et puis il dit,
- 14:44en fait,
- 14:45la formation à l'hypnose,
- 14:47c'est le changement chez les thérapeutes.
- 14:49Oui,
- 14:50on en parlera.
- 14:51Voilà,
- 14:51et du coup,
- 14:52ils se sont dit,
- 14:53ah bon,
- 14:53mais moi je viens pour apprendre des choses pour aider les patients qui vont…
- 14:56Ah,
- 14:56en fait,
- 14:56je viens pour moi ?
- 14:58Ce n'est pas un protocole à délivrer,
- 14:59ni une ordonnance à donner.
- 15:01C'est d'abord soi à changer.
- 15:03Voilà,
- 15:03changer pour pouvoir bien accompagner le patient.
- 15:06Tout à fait.
- 15:07Tout à fait.
- 15:08Et donc,
- 15:09de ce que je comprends,
- 15:10c'est que pourquoi il dit que c'est un art et pourquoi vous dites vous aussi que c'est un art ?
- 15:14Parce que je comprends que la technicité,
- 15:16elle est dans le fait.
- 15:17Et peut-être que le public a besoin qu'on lui répète l'explication et qu'on lui redise la définition de l'hypnose.
- 15:24Et qu'est-ce que c'est l'état d'hypnose ?
- 15:28D'abord,
- 15:28on a l'induction de l'hypnose qui peut avoir des outils et des protocoles.
- 15:34l'approfondissement de l'hypnose qui a besoin d'outils et de protocoles.
- 15:38Et une fois qu'on a induit cet état,
- 15:40le reste,
- 15:41ce n'est que de l'art.
- 15:42C'est chercher le point d'attache ou le levier pour accompagner un patient.
- 15:49Et ça,
- 15:50il n'y a pas de protocole pour ça.
- 15:53C'est ce qu'on va décrire tout à l'heure,
- 15:55c'est-à-dire la prédisposition du thérapeute qui va accompagner,
- 16:00recevoir et trouver l'astuce singulière de chaque patient.
- 16:03passion.
- 16:04C'est-à-dire qu'au final,
- 16:05on protocolise l'induction et l'approfondissement.
- 16:09Rappelez-nous,
- 16:10Jean-Marc,
- 16:11l'hypnose,
- 16:12qu'est-ce que c'est cet état pour que les gens comprennent qu'est-ce que c'est l'hypnose ?
- 16:16Ce n'est pas du sommeil,
- 16:17c'est autre chose.
- 16:18Oui,
- 16:19c'est vrai que l'hypnose musicale nous perturbe,
- 16:23puisqu'on voit la manipulation pour faire rire le public,
- 16:27etc.
- 16:29Mais quand les patients me disent
- 16:31« Vous allez faire quoi là ?
- 16:32Vous allez me manipuler ? »
- 16:34Ils s'angoissent.
- 16:35Je leur dis
- 16:35« Ah non,
- 16:36non,
- 16:36je vais vous démanipuler.
- 16:38Vous êtes manipulés par une souffrance,
- 16:40le passé,
- 16:41par une addiction.
- 16:43Non,
- 16:43je vous démanipule. »
- 16:44Et dès que je dis ça,
- 16:45ils disent « Ah oui,
- 16:45comme ça,
- 16:46ça me convient. »
- 16:47Et hop,
- 16:47ils se laissent porter.
- 16:48En fait,
- 16:49j'ai écrit un autre livre qui s'appelle « Une nouvelle voie pour guérir » .
- 16:53Et dedans,
- 16:53je parle de ces deux modes que nous avons,
- 16:55qui nous permettent d'encore mieux comprendre l'hypnose.
- 16:57Ça aussi,
- 16:58c'est un travail qu'on a fait à gros temps.
- 17:01C'est-à-dire,
- 17:02il y a le mode mental,
- 17:04et là,
- 17:04vous l'avez très bien dit,
- 17:06je dois apprendre les techniques,
- 17:09les suggestions,
- 17:11les exercices,
- 17:12les métaphores.
- 17:13Ah oui,
- 17:13il faut apprendre.
- 17:14Et puis ensuite,
- 17:15il faut passer à l'autre mode,
- 17:16qui est le mode sensoriel.
- 17:18Et là,
- 17:19c'est la relation.
- 17:21Est-ce que je suis à ma place ?
- 17:23Est-ce que le patient est à sa place ?
- 17:25Est-ce qu'il est présent ?
- 17:27Est-ce que c'est pertinent,
- 17:29ce chemin ?
- 17:30Et c'est vrai que cela relève de la créativité.
- 17:34Puisque je suis en face d'un être humain,
- 17:36je ne suis pas devant un objet.
- 17:38C'est un être humain qui est tellement original,
- 17:41tellement,
- 17:42je dirais,
- 17:43pas comme les autres,
- 17:44puisqu'on est tous différents,
- 17:46que l'objectif c'est d'entrer en relation avec cet être qui est particulier et pouvoir trouver un chemin.
- 17:54Et c'est qu'une intuition qui va nous permettre de dire
- 17:57« Ah, ça y est,
- 17:58je le ressens comme ça » .
- 17:59Et cette intuition développe notre mode sensoriel et fait que la relation commence à se tisser pour tenter de faire du bon travail,
- 18:08bien sûr.
- 18:09L'objectif,
- 18:09c'est ça,
- 18:10bien sûr.
- 18:10Mais l'état d'hypnose,
- 18:11pour pouvoir bien l'exprimer aux auditeurs,
- 18:14c'est un état où la première fois que ça a été découvert,
- 18:19par exemple,
- 18:20pour bien illustrer,
- 18:21c'est quand on demandait aux gens de fixer,
- 18:24par exemple,
- 18:25un objet,
- 18:26tellement qu'au final,
- 18:28le mental s'arrête.
- 18:30la conscience devient plus générale l'objet disparaît quasiment et au fait on a une conscience qui est beaucoup plus élargie on n'a plus l'objet et on a tout ce qu'il y a autour qui devient flottant c'est ça un état d'hypnose ?
- 18:47alors oui,
- 18:48c'est un processus comme vous avez dit c'est à dire une fois qu'on a beaucoup discuté avec la personne dans une visée thérapeutique on a clarifié,
- 18:58on a éclairé ou non.
- 19:00Par exemple,
- 19:01si le patient dit,
- 19:04le tabac c'est mon ami.
- 19:06Donc il faut bien que je perturbe pour qu'il puisse dire,
- 19:11vous avez souvent des amis qui vous font du mal ?
- 19:14Vous restez avec eux ?
- 19:15Donc là on est dans la confusion,
- 19:18on produit une confusion pour que le patient puisse lâcher le tabac c'est mon ami.
- 19:23Il dit,
- 19:24ah oui,
- 19:25non,
- 19:25si cet ami est malveillant,
- 19:27je le quitte.
- 19:27Il dit,
- 19:28ben voilà,
- 19:28c'est pareil.
- 19:29Et donc,
- 19:30on modifie la perception qu'il a,
- 19:32comme vous l'avez dit,
- 19:33en élargissant.
- 19:34S'il focalise sur quelques éléments bénéfiques,
- 19:39« Oui,
- 19:39mais attendez,
- 19:40quand même,
- 19:40c'est sympa,
- 19:41c'est ma petite peau,
- 19:42ça me détend. »
- 19:43Et si on élargit,
- 19:45« Ah,
- 19:45ça détruit le corps ?
- 19:47Ah ben non,
- 19:48c'est un faux ami.
- 19:49Ah ok,
- 19:49bon,
- 19:49alors je lâche. »
- 19:50Donc vous sentez,
- 19:51perception restreinte,
- 19:53la personne focalise sur quelque chose.
- 19:56Et du coup,
- 19:57il n'arrive pas à bouger,
- 19:58ça le fascine.
- 20:00On perturbe,
- 20:01c'est la phase de confusion.
- 20:03On met de la confusion dans les certitudes,
- 20:05les croyances,
- 20:06les habitudes.
- 20:07Hop,
- 20:07on voit plus large.
- 20:09Ah,
- 20:09vous détestez votre ventre !
- 20:11Vous voulez qu'on l'enlève,
- 20:13votre colon,
- 20:14parce qu'il fait mal.
- 20:15Mais est-ce qu'il ne faut pas plutôt l'aimer,
- 20:17ce ventre ?
- 20:18Que j'aime mon ventre qui me fait mal ?
- 20:20Ben oui,
- 20:20le pauvre,
- 20:21il faut le protéger pour qu'il puisse aller mieux.
- 20:24Ah oui,
- 20:25d'accord.
- 20:25Non,
- 20:26je ne l'avais pas vu comme ça.
- 20:27Donc,
- 20:27confusion.
- 20:28Et ensuite,
- 20:29perception élargie,
- 20:31où la personne dit,
- 20:32d'accord,
- 20:33donc si je l'aime,
- 20:34je vais lui envoyer des bonnes hormones.
- 20:36Ben oui,
- 20:37il pourrait se désenflammer.
- 20:39Ah,
- 20:39d'accord.
- 20:40Et c'est d'ailleurs un colloque que je vais faire le 20 juin 2026 sur hypnose et maladies inflammatoires.
- 20:47Pourquoi ?
- 20:48Parce que j'aime ce corps qui est en souffrance.
- 20:51Et en quelque sorte,
- 20:51on a les trois étapes.
- 20:53La première étape,
- 20:54le patient raconte le problème.
- 20:56La deuxième,
- 20:57confusion pour qu'il puisse changer.
- 20:59Et la troisième étape,
- 21:01on lui dit,
- 21:02vous n'êtes pas là,
- 21:03vous n'êtes pas présent.
- 21:04Ou est-ce que vous êtes,
- 21:05ah ben non,
- 21:05je suis dans le passé.
- 21:07Ah non,
- 21:07ben vous n'êtes pas là.
- 21:08Et quand il est présent là dans le fauteuil,
- 21:11on espère qu'il va dire
- 21:13« Ah ben là,
- 21:13oui,
- 21:13je comprends.
- 21:14Ah ben là,
- 21:14je peux relâcher.
- 21:15Ah oui,
- 21:15parce que quand j'étais dans le passé,
- 21:17j'étais tout crispé.
- 21:18Et là,
- 21:18je suis dans le fauteuil.
- 21:20Ah,
- 21:20j'ai le droit de relâcher ?
- 21:21Ben oui.
- 21:22Ah ben là,
- 21:22c'est différent,
- 21:23je n'ai jamais vécu ça. »
- 21:38C'est-à-dire que ce même changement de comportement ou ce même changement de perception ne pourrait pas s'opérer si le patient est en état de conscience normal.
- 21:50Parce que dans notre état de conscience normal,
- 21:53on a tous nos modes mentaux qui font qu'on s'inhibe soi-même.
- 21:57On a construit plein de blocages qui font qu'on ne peut pas le faire spontanément.
- 22:03spontanément.
- 22:04Il faut passer par ce moyen de lâcher prise qu'est l'hypnose.
- 22:08Cet état de veille particulier qui fait qu'on peut lâcher tout ce qu'on a construit et pouvoir,
- 22:16en étant guidé par un praticien,
- 22:20opérer un changement.
- 22:21Donc,
- 22:22ce n'est pas par la tête,
- 22:24c'est par des perceptions sensorielles,
- 22:27si je comprends bien.
- 22:28Exactement,
- 22:28vous avez tout dit.
- 22:30La personne vient,
- 22:31elle ne le fait pas exprès.
- 22:33Il y a une rigidité qu'on remarque même au niveau cérébral quand on fait...
- 22:38des IRM,
- 22:40une telle rigidité qu'elle n'arrive pas à changer.
- 22:42Et si on arrive dans la trance à voir un peu autrement,
- 22:46il y a une souplesse.
- 22:48Mais qu'est-ce qui peut changer ?
- 22:50Eh bien,
- 22:50le corps,
- 22:50il peut changer que s'il devient souple.
- 22:52La pensée,
- 22:54elle peut s'élargir que si elle aussi,
- 22:56elle se décloisonne.
- 22:58Et c'est vérifié dans l'imagerie cérébrale,
- 23:00la personne,
- 23:01quand on lui dit,
- 23:02et ça comme ça,
- 23:03c'est,
- 23:03ah oui,
- 23:04ah oui,
- 23:04je n'avais pas vu,
- 23:05tac,
- 23:05c'est décloisonné.
- 23:06Comme il y a des échanges dans différentes aires cérébrales,
- 23:09la personne commence à trouver soit de l'anthalgie,
- 23:12soit une autre vision,
- 23:14soit il assouplit son corps,
- 23:16donc il assouplit sa tête,
- 23:18et sa vie est toute modifiée.
- 23:20Est-ce que l'auto-hypnose,
- 23:22on peut arriver à changer des fonctionnements soi-même,
- 23:26ou c'est mieux si on est guidé par un praticien ?
- 23:28Alors ça dépend de la profondeur du problème.
- 23:32C'est vrai que j'ai aussi écrit un livre sur l'hypnose toi-même.
- 23:36chez Flammarion,
- 23:37mais il y a des patients à qui on apprend l'hypnose et quand on finit la séance,
- 23:43on lui dit,
- 23:44ça y est,
- 23:44vous avez senti l'exercice d'être dans le moment présent ?
- 23:49Parce que j'ai senti,
- 23:50vous pensez beaucoup.
- 23:51Ah,
- 23:52vous pouvez descendre dans votre corps ?
- 23:54Oui.
- 23:54Ah oui,
- 23:54là je suis dans mon corps.
- 23:56Et bien voilà,
- 23:57refaites cet exercice d'auto-hypnose jusqu'à ce que vous soyez moins dans la tête et plus dans les muscles,
- 24:04les bras.
- 24:04Et puis,
- 24:05de temps en temps,
- 24:05il y a des gens qui disent « je n'ai pas eu besoin d'y aller,
- 24:07j'ai lu,
- 24:08j'ai plein d'exercices que j'ai fait chez moi,
- 24:10à la maison,
- 24:11et ça m'a convenu » .
- 24:13Sinon,
- 24:13on est là,
- 24:14bien sûr,
- 24:14pour les accompagner.
- 24:15Alors,
- 24:16il y a deux questions.
- 24:17La première,
- 24:19c'était du coup,
- 24:20comme
- 24:21François Roustan répétait beaucoup,
- 24:23la séance unique.
- 24:26il était pour lui il fallait proposer et prendre le temps dans une séance de trouver le le
- 24:34point d'attache,
- 24:36je ne sais pas comment,
- 24:36le point d'ancrage et le levier pour pouvoir proposer en une seule séance le changement à un patient et qu'une fois que c'était fait,
- 24:47il fallait le lâcher avec même la frustration de ne pas savoir ce qui se passe par la suite.
- 24:52Oui,
- 24:52non,
- 24:52mais vous avez dit le mot fort qu'il aimait beaucoup,
- 24:55le levier.
- 24:57Parce qu'on imagine bien,
- 24:58c'est une belle métaphore en plus.
- 25:00Un rocher énorme comme ça,
- 25:02on ne pourra jamais le bouger.
- 25:04Sauf si on trouve une espèce de barre qu'on peut glisser sous,
- 25:10et on s'aperçoit que si on bouge,
- 25:13ça bouge.
- 25:14Oui,
- 25:14c'est le levier,
- 25:15sinon on ne pourrait pas.
- 25:16Et cette puissance du levier,
- 25:18c'est une métaphore,
- 25:19bien sûr.
- 25:20Mais ça veut dire que quelque chose qui était très dur,
- 25:23très dense,
- 25:25très ancien,
- 25:26ça peut bouger quand même.
- 25:28Même si ça fait 20 ans que c'est comme ça,
- 25:3030 ans que c'est comme ça.
- 25:32que ce soit une addiction ou autre chose,
- 25:34ça peut bouger.
- 25:35Parce qu'on a trouvé où mettre le levier,
- 25:39et c'est pour ça que parfois on fait ça en une séance,
- 25:42mais pas pour faire un challenge,
- 25:45c'est juste parce que si le patient a changé,
- 25:47on lui dit,
- 25:47mais ça va,
- 25:48c'est bon,
- 25:48vous avez changé,
- 25:49ça y est,
- 25:49vous n'avez plus besoin de revenir.
- 25:51Tellement différent des autres approches thérapeutiques,
- 25:54ils pouvaient dire,
- 25:55non,
- 25:56quand même,
- 25:56il faudrait que vous reveniez 4,
- 25:585,
- 25:586 fois.
- 25:59J'ai des patients qui viennent et qui me disent,
- 26:01je suis allé voir un thérapeute qui m'a dit,
- 26:03oui,
- 26:03il y aura bien besoin de cinq séances.
- 26:05Je dis,
- 26:05moi,
- 26:06je ne veux pas,
- 26:06je suis prêt à guérir tout de suite.
- 26:09Alors,
- 26:10pourquoi si longtemps ?
- 26:12Alors,
- 26:12je dis,
- 26:13vous êtes prête là,
- 26:14c'est sûr ?
- 26:14Oui,
- 26:15ok,
- 26:15on y va.
- 26:16On a fait une séance,
- 26:17je dis,
- 26:17s'il y a besoin,
- 26:18on est là.
- 26:19Mais si c'est guéri,
- 26:20c'est guéri.
- 26:21La personne bascule complètement dans un autre monde.
- 26:24D'ailleurs,
- 26:24il dit,
- 26:25il faut considérer le patient comme guéri quand on le reçoit.
- 26:29Voilà,
- 26:29c'est une belle image.
- 26:31Il y a le monde des souffrances,
- 26:34des patients qui souffrent,
- 26:35un peu comme à l'hôpital.
- 26:36Après,
- 26:37quand on dit non,
- 26:38ça va,
- 26:38il va bien,
- 26:38ça y est,
- 26:39on a bien fait la réanimation,
- 26:41tout va bien,
- 26:42il n'est plus en danger.
- 26:43Ah d'accord,
- 26:44tu le mets où ?
- 26:45Je ne sais pas,
- 26:45on va le mettre en voie de convalescence dans un autre service.
- 26:49On ne va pas le garder aux urgences,
- 26:50en soins intensifs.
- 26:52Donc,
- 26:52on le déplace,
- 26:53donc on le considère comme guéri.
- 26:55C'est pareil en thérapie.
- 26:57le patient vient
- 26:58C'est urgent,
- 26:59ça ne va pas,
- 27:00je souffre trop.
- 27:01On fait la séance,
- 27:02on dit,
- 27:02écoutez,
- 27:03vous êtes en voie de guérison,
- 27:04ça y est,
- 27:04ça bouge.
- 27:06Laissez-vous ressentir,
- 27:07vous traversez et vous êtes maintenant en convalescence.
- 27:10Ah oui,
- 27:11d'accord.
- 27:11Et en quelque sorte,
- 27:12le patient,
- 27:13en quelque sorte,
- 27:14on a amplifié quelque chose qui est déjà en lui,
- 27:17que vous avez déjà nommé,
- 27:18les ressources.
- 27:19Oui,
- 27:20mais il y a des patients qui sont prêts,
- 27:22mais d'autres moins.
- 27:23Et il y a des patients qui sont suggestibles et d'autres moins.
- 27:27Absolument.
- 27:27Donc c'est pour ça qu'on questionne.
- 27:30Mais vous voulez vraiment changer ?
- 27:32Vous voulez quoi ?
- 27:33Vous voulez faire plaisir à quelqu'un ?
- 27:35Ou bien pour vous-même ?
- 27:38Et donc on veut savoir s'ils sont prêts.
- 27:40Et si jamais ils disent,
- 27:41oui,
- 27:41enfin,
- 27:42c'est vrai,
- 27:42je ne suis pas tout à fait prêt.
- 27:44Je dis,
- 27:44bon,
- 27:45très bien.
- 27:45Alors vous allez,
- 27:46si vous êtes d'accord,
- 27:47vous mettre juste sur le chemin.
- 27:49Et vous avancez.
- 27:50Oui,
- 27:51mais alors,
- 27:51et si je tombe ?
- 27:52Je dis,
- 27:52ben,
- 27:52ce n'est pas grave,
- 27:53vous vous relevez.
- 27:54Vous n'allez pas rester par terre.
- 27:55Ah d'accord,
- 27:56comme ça,
- 27:56ça me convient.
- 27:57Donc il n'y a pas la pression du style « tu dois guérir tout de suite » .
- 28:00Non,
- 28:01ils avancent,
- 28:02ils avancent,
- 28:03et puis un beau jour,
- 28:04ils diront
- 28:05« ah là,
- 28:05c'est trop sympa cette idée de guérir » ,
- 28:08et hop,
- 28:08ils vont peut-être atteindre l'objectif.
- 28:12Alors les suggestibilités,
- 28:14ça dépend de chaque personne.
- 28:16En fait,
- 28:16tout le monde est suggestible.
- 28:18On fait des humains ce qu'on veut.
- 28:20On leur dit « tu es un homme,
- 28:21tu dois fumer,
- 28:22ok ?
- 28:23Tu es une femme,
- 28:24tu dois t'émanciper,
- 28:25vas-y,
- 28:25tu fumes » .
- 28:26Le vin,
- 28:27c'est normal pour faire la fête,
- 28:28ok,
- 28:28tu bois.
- 28:30C'est les soldes,
- 28:30il faut que tu achètes,
- 28:31ok,
- 28:31j'achète.
- 28:32C'est en fait de nous ce qu'on veut.
- 28:34On est des gens influençables.
- 28:35Mais on est complètement influençables par la pub,
- 28:38la politique,
- 28:39les infos,
- 28:40les amis,
- 28:41la famille.
- 28:42Mais tout le temps,
- 28:43on est complètement comme des éponges.
- 28:46Mais nous,
- 28:46ce qui nous intéresse,
- 28:48c'est quand le patient commence à dire non.
- 28:50Non,
- 28:50ça ne va pas.
- 28:51Non,
- 28:51ce n'est pas bienveillant.
- 28:53Et dès qu'il commence à se défendre,
- 28:55Il commence à s'affirmer.
- 28:57par rapport à une influence,
- 29:00si c'est une influence amicale,
- 29:02une personne bienveillante,
- 29:04voilà,
- 29:04je me laisse faire.
- 29:05Mais si c'est une influence qui finit mal,
- 29:07on profite de ma gentillesse,
- 29:10on veut que je me drogue,
- 29:12mes copains veulent me donner du cannabis,
- 29:14non,
- 29:14j'en ai marre.
- 29:15Il faut pouvoir dire non.
- 29:17Sinon,
- 29:17en quelque sorte,
- 29:18je suis tout le temps dans la posture d'une victime.
- 29:21Alors que dès que je commence à dire non à quelque chose de tordu,
- 29:25Là,
- 29:25ça y est,
- 29:26j'existe.
- 29:27Ça me fait penser à ce que vous dites ou ce que disait Roustan,
- 29:32c'est l'homme n'est pas disposé à deux choses,
- 29:35le bonheur et la liberté.
- 29:37Oui,
- 29:37c'est vrai que quand on a fait un cours,
- 29:40et je crois que j'ai même la vidéo,
- 29:42quand il a dit ça devant les collègues,
- 29:45ils ont dit,
- 29:46attends,
- 29:47c'est quoi ça ?
- 29:48Ils étaient pétrifiés.
- 29:49C'est tout à fait vrai.
- 29:50Mais oui,
- 29:51parce que nous,
- 29:51on pensait qu'il allait dire l'inverse.
- 29:53En disant,
- 29:55on est très capables.
- 29:56Il dit,
- 29:56non,
- 29:57le bonheur,
- 29:58on voudrait,
- 29:59mais on est tellement perturbés par l'environnement,
- 30:02on a du mal,
- 30:02on va faire plaisir à tout le monde.
- 30:04À papa,
- 30:05à maman,
- 30:05aux amis,
- 30:06à la pub,
- 30:07aux invités,
- 30:07tout le temps.
- 30:08Aux restaurateurs qui insistent pour qu'on mange deux fois plus,
- 30:11tout le temps.
- 30:13Et la liberté,
- 30:14on dit,
- 30:14oui,
- 30:15j'ai envie de liberté.
- 30:16Il dit,
- 30:16ça ne se voit pas beaucoup.
- 30:18Non,
- 30:18on est des pantins.
- 30:20On est très pantins.
- 30:21Et c'est pour ça que quand le patient arrive,
- 30:24alors là,
- 30:24on dit celui-là,
- 30:26il a pris du temps pour venir.
- 30:28C'est peut-être un des rares qui aime,
- 30:30qui a envie de liberté.
- 30:31Et donc,
- 30:32on l'accompagne.
- 30:33Et c'est pour ça qu'ils disent,
- 30:35c'est tout différent.
- 30:37C'est un autre monde.
- 30:38Oui,
- 30:38parce qu'enfin,
- 30:39il s'affirme.
- 30:40C'est ça.
- 30:41Il y a des choses qu'il n'avait pas découvertes parce qu'on a des ornières.
- 30:46Oui,
- 30:47il s'était un peu éloigné de son corps.
- 30:50Donc,
- 30:50son corps s'est décrispé,
- 30:52son corps,
- 30:52il l'a empoisonné,
- 30:53il ne fait pas exprès.
- 30:55Son corps,
- 30:56il s'en éloigne,
- 30:57il n'arrive pas à dormir.
- 30:59Son corps,
- 31:00il se fait plein d'adrénaline,
- 31:02il n'arrive pas à lâcher.
- 31:03Donc,
- 31:04il n'est pas dans son corps.
- 31:05Alors,
- 31:06pour parler du corps,
- 31:07la phrase que vous dites,
- 31:08c'est se réduire,
- 31:09l'hypnose,
- 31:10c'est se réduire à l'état d'être vivant.
- 31:12Mais oui,
- 31:13parce que finalement,
- 31:15animal.
- 31:16C'est-à-dire,
- 31:17mais la tête est tellement...
- 31:19intense,
- 31:20le mode mental maîtrise,
- 31:23contrôle.
- 31:24Moi,
- 31:24je m'amuse,
- 31:24entre guillemets,
- 31:25quand je vois des patients,
- 31:27à leur dire,
- 31:29j'ai l'impression que vous pensez beaucoup.
- 31:31Je dis,
- 31:32oui,
- 31:32comment vous savez ?
- 31:33Parce qu'il vient de me raconter que comme il a beaucoup souffert,
- 31:37alors il s'angoisse,
- 31:38il appréhende l'avenir.
- 31:40Et donc,
- 31:40quand je dis,
- 31:41vous pensez beaucoup,
- 31:42il me dit,
- 31:42oui,
- 31:42ça c'est vrai.
- 31:43J'ai l'impression que vous aimez beaucoup maîtriser.
- 31:45Ah oui,
- 31:46ça je suis perfectionniste,
- 31:47ça c'est sûr.
- 31:48Et du coup,
- 31:49je sais tout à l'avance,
- 31:51parce que c'est pour ça qu'ils sont rentrés dans la souffrance,
- 31:54trop d'exigence,
- 31:56trop de vouloir maîtriser.
- 31:59Et voilà,
- 31:59c'est pour ça qu'en quelque sorte,
- 32:02on est allé un jour dans une autre région du monde,
- 32:06le Japon,
- 32:06mais ça aurait pu être en Inde,
- 32:08pour voir maîtrise,
- 32:10non maîtrise,
- 32:11vouloir.
- 32:12pas vouloir.
- 32:13Et il faut cette dualité en nous pour pouvoir sortir de la souffrance qui,
- 32:19elle,
- 32:19voudrait tout le temps qu'on souffre,
- 32:21qu'on anticipe.
- 32:22Enfin,
- 32:23c'est des choses qu'on connaît tous,
- 32:24bien sûr.
- 32:25Il y a un côté de l'hypnose qui m'intéresse particulièrement,
- 32:29c'est la posture du thérapeute.
- 32:31Et ça me semble tellement important parce que
- 32:35Roustan a été un personnage à la fois qui était dans le soin,
- 32:41mais qui était philosophe,
- 32:42qui était un homme de lettres et il avait un couteau suisse.
- 32:46Il avait plusieurs regards,
- 32:48on va dire,
- 32:50et un regard particulièrement profond.
- 32:52Et ça se ressent en fait de ce que vous décrivez de lui et vous revenez beaucoup sur la philosophie du soin.
- 33:01Et je me demandais si,
- 33:03bien sûr,
- 33:03le soin,
- 33:03au fait,
- 33:04vous le prouvez,
- 33:05que l'hypnose changeait complètement la posture du thérapeute et du soignant par rapport à son patient.
- 33:11Et c'est un peu contre-intuitif parce qu'on a l'impression que dans l'hypnose,
- 33:15il y a le thérapeute qui est là pour guider,
- 33:20pour à la limite influencer.
- 33:21Et on se demande en quoi ça pourrait faire installer une relation de qualité.
- 33:28or c'est or c'est
- 33:30il y a une posture du thérapeute qui est celle de faire le vide.
- 33:35Donc vous dites,
- 33:36un thérapeute doit complètement faire le vide,
- 33:39doit être en réceptivité maximale par rapport aux patients.
- 33:44D'ailleurs,
- 33:45Milton Erikson,
- 33:47il allait dans les délires des patients,
- 33:50c'est-à-dire il était tellement dans la réalité des patients qu'il allait les chercher là où ils se trouvaient,
- 33:55dans leur propre réalité.
- 33:57ça demande de ne pas
- 33:59plus avoir de jugement,
- 34:01de ne plus avoir de parti pris et de vraiment laisser se poser toute la réalité du patient.
- 34:08Et ça,
- 34:09je pense que c'est la première étape à des relations profondes qui changent complètement notre façon d'être lié au patient,
- 34:17mais d'être lié les uns aux autres de façon générale.
- 34:20C'est une vraie philosophie.
- 34:22Oui,
- 34:22en fait,
- 34:23c'est grâce à des années de pratique dans les centres de traitement de la douleur.
- 34:27on va se...
- 34:28paré à l'hôpital Cochin,
- 34:29que j'étais confronté à tellement de patients qui étaient un peu rejetés par les autres collègues qui ne connaissent pas l'hypnose et qui disaient,
- 34:38vous allez prendre tel médicament.
- 34:40Et en quelle sorte ils s'intéressaient plus à la pathologie qu'à la personne.
- 34:45Mais c'est normal,
- 34:46on ne nous a pas appris ça dans nos études.
- 34:49Du coup,
- 34:49je ne leur en veux pas du tout.
- 34:51Mais quand je recevais après les patients,
- 34:53je sentais qu'en fait...
- 34:55personne ne s'était vraiment intéressé à leur personnalité.
- 34:58À quoi ça sert que je m'intéresse si je ne sais pas quoi faire ?
- 35:01Tandis que si je dis,
- 35:02ah mais si,
- 35:03si,
- 35:03moi je pratique l'hypnose.
- 35:05Ah d'accord,
- 35:06donc tu as besoin d'en savoir plus.
- 35:07Ben voilà,
- 35:08il n'y a que nous qui avons besoin d'en savoir plus pour comprendre comment le patient s'est égaré.
- 35:14Et par exemple,
- 35:15tous les symptômes des douleurs,
- 35:18des addictions,
- 35:20des peurs,
- 35:21tous les symptômes évoqués par le patient,
- 35:24sont justifiés et en même temps,
- 35:26comment dire,
- 35:28ils ont une valeur.
- 35:30C'est-à-dire que je ne fume pas pour me détruire,
- 35:32je ne suis pas alcoolique pour me détruire.
- 35:35C'est parce que c'est la seule manière que j'ai de moins penser.
- 35:38Et donc tous les comportements qu'on pourrait dire toxiques,
- 35:42parce qu'à la fin ça fait mal,
- 35:45ont une raison.
- 35:46Mais pourquoi tu es contracté comme ça ?
- 35:48Ah,
- 35:48tu te protestes que si jamais tu as une menace qui vient et tu restes contracté.
- 35:53Ah d'accord,
- 35:53donc c'est pour te protéger,
- 35:55ce n'est pas pour embêter quelqu'un ou moi-même.
- 35:58Et donc tous les symptômes ont une valeur,
- 36:01sont là pour prendre soin de la personne,
- 36:03mais maladroitement.
- 36:05Et donc on travaille pour que la personne dise,
- 36:07ah d'accord,
- 36:08donc c'était pour que je me protège du passé,
- 36:11de papa qui me frappait,
- 36:13de maman qui était un peu bizarre.
- 36:16Et en quelque sorte,
- 36:16c'est là qu'on intervient,
- 36:18bien sûr,
- 36:18pour qu'il lâche des systèmes de défense qui n'ont plus de pertinence.
- 36:22justement
- 36:23Jean-Marc en parlant de symptômes la fin du livre c'est les aphorismes de François Roustan et il y a j'ai envie que vous puissiez me commenter quelques phrases il y en a beaucoup,
- 36:38il y en a 32 j'en ai choisi quelques-uns alors il y a le symptôme,
- 36:45comme on parle de symptômes et la voie d'entrée à la réalité c'est ce que vous étiez en train de dire
- 36:51Exactement,
- 36:52le symptôme,
- 36:53si on le voit comme toxique,
- 36:55on va donner un médicament pour ramollir le patient,
- 36:58le faire dormir de force.
- 37:00Donc on va donner un anxiolytique,
- 37:02un somnifère,
- 37:03un antidépresseur.
- 37:04Donc on dit non,
- 37:05ce symptôme,
- 37:06il nous guide.
- 37:07C'est parce que le patient,
- 37:09ça veut attirer l'attention du patient pour lui dire non,
- 37:13ça ne va pas.
- 37:13Il y a un endroit que tu ne lâches pas,
- 37:15comme vous avez dit tout à l'heure.
- 37:17Il y a un endroit où tu te crispes.
- 37:20Et le symptôme est là pour nous informer que je dois lâcher quelque chose.
- 37:24Mais le patient a besoin de savoir quoi.
- 37:27Et si je lâche,
- 37:27est-ce que j'irai mieux ?
- 37:28Donc le symptôme nous aide à trouver le chemin vers le soulagement.
- 37:35L'hypnose fait disparaître la distance entre l'intention et l'action.
- 37:40Oui,
- 37:40c'est ça.
- 37:41C'est que si je pense beaucoup,
- 37:43je ne peux pas agir.
- 37:45Si j'arrête de penser en disant,
- 37:47écoute,
- 37:47on verra.
- 37:48Bon,
- 37:48par exemple,
- 37:49c'est une vieille histoire.
- 37:50Si je dis,
- 37:51attends,
- 37:51tu veux que j'apprenne à nager ?
- 37:52Oui,
- 37:53d'accord.
- 37:54Comment je dois faire ?
- 37:55Il faut que je fasse comme ça.
- 37:56Et si je bois la tasse ?
- 37:57Et si je coule au fond ?
- 37:59Arrête,
- 38:00rentre dans l'eau.
- 38:01C'est-à-dire arrête de penser,
- 38:03arrête l'intention,
- 38:04bouge l'action et tu vas voir comment ça flotte.
- 38:08Et la personne va dire,
- 38:09hey,
- 38:10c'est génial,
- 38:10je flotte.
- 38:12Donc en quelque sorte,
- 38:13il faut arrêter de réfléchir et passer dans le corps qui agit.
- 38:16Oui,
- 38:16passer dans le corps pour passer à l'action.
- 38:18C'est-à-dire que souvent on a oublié ce que c'était par toutes les inhibitions qu'on a fabriquées,
- 38:24on a oublié comment...
- 38:25passé à l'action et on est resté figé et bloqué.
- 38:28D'ailleurs,
- 38:29vous dites l'hypnose,
- 38:30c'est mettre quelqu'un dans de l'eau chaude pour qu'il enlève le gel.
- 38:35Je trouve que la métaphore,
- 38:36elle est très explicite.
- 38:37Moi,
- 38:38je comprends avec ça.
- 38:39On peut l'utiliser,
- 38:40bien sûr.
- 38:41Le patient était dans l'eau froide,
- 38:43donc il est crispé.
- 38:45Et donc,
- 38:45on va dire il est normal.
- 38:47Dans l'eau froide,
- 38:48tout le monde est crispé.
- 38:49Donc,
- 38:49si on dit mais arrête,
- 38:50détends-toi,
- 38:51il est dans l'eau froide.
- 38:53Donc,
- 38:53il faut changer l'eau du bain,
- 38:54si je puis dire,
- 38:56pour que le patient puisse dire,
- 38:57ah ben oui,
- 38:58si j'ai un bain chaud,
- 38:59je relâche,
- 38:59c'est sûr.
- 39:00Mais là,
- 39:00j'étais dans un bain froid.
- 39:02Donc,
- 39:02on lui construit un bain chaud.
- 39:03Et là,
- 39:04il va pouvoir lâcher.
- 39:05Et en parlant du corps,
- 39:06vous dites,
- 39:07notre corps n'est qu'un voilier qui ne demande qu'à partir.
- 39:11C'est un peu dans le même sens du mouvement,
- 39:13ça ?
- 39:13Oui,
- 39:14mais c'est fort parce que ça nous met vraiment dans l'action,
- 39:18parce qu'il y a le vent,
- 39:20et puis parce que je suis en relation.
- 39:22avec l'extérieur.
- 39:23Je ne suis pas tourné vers moi.
- 39:25Je vois comment le vent vient de là,
- 39:28il faut que je vérifie la barre.
- 39:31Alors que si je suis tourné vers moi,
- 39:34alors tu fais quoi ?
- 39:35Je reste sur le quai.
- 39:36Mais si je pousse le bateau vers le large,
- 39:39je suis obligé d'être hyper présent pour que l'action arrive,
- 39:43que les vagues ne me submergent pas,
- 39:46et ça y est,
- 39:46je reviens dans la vie.
- 39:47C'est-à-dire que si on reste face au vent,
- 39:49on reste sur place.
- 39:50Il faut tenir la voile dans le bon sens.
- 39:53Voilà,
- 39:53il faut ressentir tout.
- 39:55Est-ce qu'il ressent l'extérieur ?
- 39:57Alors,
- 39:57je peux bien m'orienter.
- 39:59Il faut beaucoup d'imagination pour voir la réalité.
- 40:02C'est profond,
- 40:03ça aussi.
- 40:04Oui,
- 40:04c'est un des grands travaux de Jean-Martin Charcot,
- 40:08il y a longtemps,
- 40:08en 1880,
- 40:10qui disait que le mouvement imaginé,
- 40:13c'est déjà le mouvement en voie d'exécution.
- 40:16J'y abonne ?
- 40:17Alors si quelqu'un dit,
- 40:19j'ai trop peur de prendre la voiture,
- 40:20j'ai peur de marcher parce que j'ai une fracture,
- 40:23j'ai peur,
- 40:24il dit,
- 40:24ok,
- 40:25monsieur,
- 40:25madame,
- 40:26allez-y,
- 40:27imaginez que vous êtes en train de marcher,
- 40:29imaginez.
- 40:30Et ça active les bonnes zones cérébrales du cortex moteur,
- 40:34du cortex sensoriel,
- 40:35et le patient va pouvoir dire,
- 40:37j'y suis allé,
- 40:38c'est bizarre,
- 40:39comment ?
- 40:39On a réactivé quelque chose qui était en sommeil.
- 40:42Et c'est pour ça que l'hypnose fonctionne.
- 40:44Sinon on dirait,
- 40:45mais ça ne sert à rien.
- 40:46Mais ça sert parce que ça a été validé.
- 40:49Les zones qui sont activées par l'imagination dans le cerveau sont les mêmes que les zones qui sont activées par le mouvement réel.
- 40:58Tout à fait.
- 40:58Mouvement simulé,
- 40:59mouvement réel.
- 41:00Du coup,
- 41:00on se dit,
- 41:01voilà,
- 41:01c'est pour ça que ça marche.
- 41:02Les sportifs connaissent bien ça.
- 41:03Et les sportifs connaissent bien.
- 41:05De plus en plus,
- 41:06ils travaillent beaucoup là-dessus.
- 41:08En amont,
- 41:09voilà,
- 41:09pour pouvoir ensuite,
- 41:11sur le terrain,
- 41:12être à l'aise.
- 41:13L'hypnose est passionnante.
- 41:16Merci beaucoup Jean-Marc pour cet épisode incroyable.
- 41:20J'ai envie de finir avec des phrases à commenter qui étaient citées dans le livre et qui étaient très belles.
- 41:27« Lacan,
- 41:28là où je suis,
- 41:29je ne pense pas.
- 41:31Là où je pense,
- 41:32je ne suis pas. »
- 41:33Oui,
- 41:34c'est toujours troublant parce que Lacan était psychanalyste,
- 41:37donc on pouvait penser qu'il restait…
- 41:39Mais non,
- 41:39en fait,
- 41:40c'est une telle intelligence.
- 41:42Il a dit des choses qui ont frappé au stand et qui l'a reprise,
- 41:45bien sûr.
- 41:46Comment vous voulez conclure ?
- 41:48Qu'est-ce qu'on n'a pas dit ?
- 41:51On n'a rien dit en même temps,
- 41:52mais qu'est-ce qu'il est important à dire au sujet de ce livre incroyable ?
- 41:57Eh bien,
- 41:58au fond,
- 41:59on a dit,
- 41:59on a déjà parlé de la liberté et on pourrait dire,
- 42:02mais c'est ce que vous venez de dire à l'instant,
- 42:05qu'est-ce qu'on veut,
- 42:07quel est l'objectif,
- 42:08qu'est-ce qu'on veut atteindre,
- 42:09aussi bien nous,
- 42:10parce que nous aussi on est imparfaits,
- 42:12que nos patients.
- 42:14En fait,
- 42:14ce qu'on recherche,
- 42:16c'est une présence.
- 42:17Est-ce qu'on est vraiment là,
- 42:19présent ?
- 42:20Où je suis dans le passé ?
- 42:21Où je suis dans l'anticipation anxieuse de l'avenir ?
- 42:25Je suis dans mon corps,
- 42:26là ?
- 42:27Et si on a juste trouvé une présence,
- 42:31simple,
- 42:32comme là,
- 42:32maintenant ?
- 42:33dans la respiration,
- 42:34dans ce corps vivant,
- 42:36parce que qu'est-ce qu'on est d'autre ?
- 42:37On n'est juste qu'un corps.
- 42:38Et bien ça,
- 42:39ça a été vraiment l'idée fascinante de Roustan,
- 42:43c'est cette présence qui fait qu'on peut s'affirmer et on peut avoir une perception large,
- 42:50on peut avoir du recul,
- 42:51on peut prendre de la distance et ça change tout pour l'existence.
- 42:57Un énorme merci Jean-Marc.
- 42:59Merci,
- 43:00merci Imane de votre invitation.
- 43:02c'était...
- 43:03très agréable de reparler de tout ce travail de plusieurs années qui me passionne toujours autant.
- 43:10Et merci de partager cette passion avec nous.
- 43:13Merci beaucoup Jean-Marc.
- 43:14Merci,
- 43:14il y en a plus tard.
- 43:15On se recroisera certainement.
- 43:17Avec grand plaisir.
- 43:21Mes chers amis,
- 43:23loin des scènes de musicales et de spectacles,
- 43:27l'hypnose reste l'art de nous redonner accès à notre propre magie de la transformation.
- 43:33Tout le sens de l'hypnose est de nous relier à nos ressources oubliées,
- 43:38pour trouver par nos perceptions notre voie de guérison.
- 43:43Un très grand merci à Jean-Marc Benahem de rendre le complexe plus simple et le tendu plus souple.
- 43:51N'est-ce pas ça la magie ?
- 43:53N'hésitez pas les amis à soutenir le podcast par vos retours,
- 43:57vos notes,
- 43:58abonnements et partages.
- 44:00J'ai besoin de vous.
- 44:01A très très vite