Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Rendre leur place aux femmes dans la naissance: Franck Bernard nous présente la césarienne naturelle.
Transcript
- 0:05En quête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer est être en lien.
- 0:14Pour introduire notre épisode,
- 0:17je vous livre trois phrases.
- 0:20Quel lien peut-il y avoir entre un blessé de guerre et une femme après césarienne ?
- 0:272.
- 0:28La césarienne naturelle n'est pas un oxymore.
- 0:323.
- 0:33Un médecin anesthésiste spécialiste de photos de naissance.
- 0:37Voilà les trois thèmes de notre épisode d'aujourd'hui.
- 0:41Je vous souhaite une excellente écoute.
- 0:48Bonjour Franck Bernard.
- 0:49Bonjour Eman.
- 0:50C'est un grand honneur et un grand plaisir de te recevoir ici à Enquête d'accord.
- 0:55Je suis très heureuse parce que je te connais depuis plusieurs années,
- 1:00anesthésiste,
- 1:01médecin anesthésiste,
- 1:04dans une clinique libérale qui est la clinique
- 1:07Saint-Grégoire à Rennes.
- 1:10Mais je te connais principalement parce que tu es responsable du pôle hypnose et douleurs aiguë.
- 1:17au sein d'Emergence.
- 1:19C'est un institut de formation à l'hypnose,
- 1:22directeur pédagogique en douleur et communication thérapeutique.
- 1:26Je n'ai pas envie de te résumer à des exercices ou des pratiques.
- 1:32Est-ce que tu veux te présenter,
- 1:34Franck,
- 1:34à mes auditeurs ?
- 1:36Oui,
- 1:36pourquoi pas ?
- 1:38Alors,
- 1:39se présenter,
- 1:39c'est toujours un peu difficile parce qu'on ne sait pas par où commencer.
- 1:43Je vais commencer par le début,
- 1:44je suis breton.
- 1:45Je fais effectivement médecin anesthésiste depuis 40 ans bientôt et formé à l'hypnose depuis 30 ans.
- 1:50J'ai une formation qui est assez polyvalente puisque j'ai commencé l'hypnose à Paris,
- 1:54à l'Institut français d'hypnose,
- 1:56entouré de psychanalystes et de psychiatres.
- 2:00C'était très amusant,
- 2:01je ne comprenais rien et ça ne m'a servi à rien juste après.
- 2:07J'ai bien vu que j'avais dans l'idée de faire de l'hypnose pour l'anesthésie et là,
- 2:13ce n'était pas du tout adapté.
- 2:14Donc j'ai fait d'autres formations après,
- 2:16dont une formation avec Claude Viro-Haren à l'Institut Émergence,
- 2:19c'est comme ça qu'on s'est rencontrés.
- 2:20Puis j'ai aussi fait une semaine de formation avec le professeur Fémonville,
- 2:25professeur Fémonville qui a été une des pionnières en hypnose et imagerie fonctionnelle,
- 2:32puisque c'est elle qui a montré la réalité des processus hypnotiques,
- 2:36à l'origine avec des PET scanners,
- 2:38donc des scanners avec injection.
- 2:40elle montrait que le le
- 2:42Au niveau du cerveau,
- 2:43on avait des modifications qui étaient reproductibles.
- 2:46Et que ces modifications,
- 2:48on ne les retrouvait pas lorsque les gens n'étaient pas hypnotisés.
- 2:51C'est la première à avoir montré ça.
- 2:53C'est une femme qui fait ce qu'elle dit et qui dit ce qu'elle fait.
- 2:57C'était très agréable de travailler une semaine avec elle.
- 2:59Elle m'a vraiment introduit dans le monde de l'anesthésie et de l'hypnose.
- 3:04Je lui en sais encore gré maintenant.
- 3:07Ensuite,
- 3:07j'ai fait un DE à la Pitié-Salpêtrière à Paris.
- 3:10le DU de Jean-Marc Benaïm,
- 3:12qui m'a vraiment donné de bonnes assises sur le plan scientifique.
- 3:16Et ça,
- 3:16c'était vraiment aussi intéressant.
- 3:18Ce qui fait qu'avec cette formation-là,
- 3:20très naturellement,
- 3:20je me suis un peu tourné vers l'enseignement,
- 3:23qui m'intéresse de toute façon.
- 3:24Et puis,
- 3:25ça fait maintenant un peu plus de 20 ans que je donne des cours d'hypnose,
- 3:30à émergence,
- 3:31mais aussi en Suisse,
- 3:32en Belgique,
- 3:33récemment au Canada,
- 3:34dans les pays francophones.
- 3:38marié,
- 3:39père de 4 enfants ça c'est aussi quelque chose de très important dans ma vie,
- 3:45j'ai 2 petits-enfants et je fais de l'aquarelle du pilates et du vélo,
- 3:51je crois que tout est dit
- 3:53Excellent et moi je suis très très heureuse d'accueillir un confrère anesthésiste de qui j'ai beaucoup appris et puis surtout parce que émergence c'est quelque chose c'est un souvenir qui est particulier pour moi parce que j'ai j'ai Merci.
- 4:07poussé les portes d'émergence il y a quelques années,
- 4:10le congrès,
- 4:11sans avoir eu au préalable une formation d'hypnose.
- 4:14Et ce que j'ai découvert là était pour moi un monde incroyable,
- 4:18que je ne soupçonnais pas,
- 4:20qui est venu répondre à un instinct ou à un besoin,
- 4:25au fait,
- 4:26dans ma pratique.
- 4:26Et j'étais très heureuse de découvrir tout ce qui se disait dans le congrès d'hypnose et puis dans l'une des formations.
- 4:37il y avait toi qui parlais de la salle de naissance,
- 4:43un endroit si particulier,
- 4:45parce que j'ai quand même passé pas mal d'années dans une maternité niveau 3,
- 4:50il fut un temps.
- 4:51Donc,
- 4:52c'est vraiment un endroit particulier,
- 4:54la salle de naissance.
- 4:56Et là,
- 4:56tu décrivais une salle de naissance avec une ambiance différente.
- 5:01C'était très différent.
- 5:03Et l'ambiance,
- 5:05l'accompagnement des patients.
- 5:07Et tu pratiquais une anesthésie avec une dimension qui était toute nouvelle pour moi.
- 5:14Et je suis quand même heureuse de pouvoir partager ça avec des initiés,
- 5:19c'est-à-dire probablement des confrères qui vont nous écouter,
- 5:23mais aussi avec des patientes ou des personnes qui sont déjà passées par des salles de naissance.
- 5:30peuvent imaginer comment,
- 5:33parce que dans la vie d'une femme,
- 5:36on peut imaginer qu'il peut parfois y avoir ce passage par un monde médicalisé qui est particulier et qui répond à un événement qui est presque naturel.
- 5:49Alors,
- 5:50toi,
- 5:50tu as décrit quelque chose d'absolument innovant.
- 5:57probablement pas le premier,
- 5:58mais tu as quand même apporté ton empreinte,
- 6:00c'est cette césarienne naturelle.
- 6:03Est-ce que tu voudrais m'expliquer d'où est venue l'inspiration de changer la pratique en salle de naissance ?
- 6:13L'inspiration est venue tout simplement des études que j'ai pu lire qui montraient que
- 6:1854% des femmes qui ont des césariennes regrettent de ne pas avoir été actives.
- 6:24Ça,
- 6:24c'est la première chose.
- 6:26La deuxième chose,
- 6:26c'est que j'avais eu une étude qui montrait qu'environ 25 à 33%
- 6:31des femmes qui subissent entre guillemets des césariennes,
- 6:36présentent dans les semaines,
- 6:38les mois qui suivent,
- 6:39des symptômes post-traumatiques.
- 6:41Alors un symptôme post-traumatique,
- 6:43ça peut être une insomnie,
- 6:45des cauchemars,
- 6:46des choses comme ça.
- 6:47Il ne s'agit pas d'un syndrome post-traumatique,
- 6:49là on tombe quand même à 3 à 8%
- 6:51des femmes,
- 6:51ce qui est quand même énorme.
- 6:52Pour vous donner un ordre d'idée,
- 6:5425 à 30%
- 6:56des femmes en France,
- 6:57ça représente la ville de l'Orient par an.
- 7:00C'est impressionnant.
- 7:01Alors,
- 7:02j'avais déjà ça dans l'idée.
- 7:03Avec mon collègue Hervé Muslec,
- 7:06avec qui je travaille,
- 7:08on avait eu l'idée de faire souffler les femmes pendant la sortie du bébé.
- 7:12Mais c'était tout,
- 7:13on ne faisait que cela parce qu'on avait vu une publication anglaise qui montrait qu'ils appelaient ça césarienne naturelle,
- 7:18effectivement.
- 7:19Ils faisaient souffler les femmes.
- 7:20Et puis on s'est dit,
- 7:22c'est un peu idiot parce que nous avons...
- 7:24à notre disposition quelque chose d'extrêmement puissant qui est l'hypnose,
- 7:29avec la possibilité de profiter d'un mode de conscience,
- 7:34d'un processus de conscience qui s'est installé chez les couples qui sont dans la salle de césarienne,
- 7:40à savoir un processus hypnotique.
- 7:42Parce qu'on entend souvent parler d'hypnose,
- 7:45et on pense souvent à mesmères,
- 7:47on pense souvent à des choses complètement absurdes,
- 7:49mais c'est un peu comme si on pensait à anesthésie et qu'on pense aux drogués.
- 7:54La différence est à peu près la même.
- 7:56C'est-à-dire que notre cerveau fonctionne de différentes façons.
- 8:01Il y a différents processus de conscience.
- 8:03Parmi ces processus de conscience,
- 8:05il y a le processus de conscience critique,
- 8:07c'est-à-dire celui qui nous permet d'avoir du recul par rapport aux événements,
- 8:11d'avoir des facultés de cognition,
- 8:14de réflexion.
- 8:15Et puis,
- 8:16il y a un autre processus que le processus hypnotique,
- 8:19où justement ces facultés que nous avons d'être critiques Merci.
- 8:24sont déconnectées du reste de notre cerveau.
- 8:26Elles sont en veille.
- 8:27Oui,
- 8:28elles sont en veille,
- 8:29exactement.
- 8:30C'est-à-dire qu'il y a une modification de l'interconnectivité au niveau cérébral entre différents réseaux.
- 8:37Notre cerveau fonctionne suivant différents réseaux.
- 8:40Et le réseau qui nous sert à être critique se déconnecte un peu,
- 8:43se désamorce du reste du cerveau.
- 8:45Ce qui fait qu'une des particularités de la conscience hypnotique,
- 8:50c'est que
- 8:50nous devenons extrêmement sensibles aux suggestions qu'on nous fait.
- 8:55Et là,
- 8:55nous avions un couple,
- 8:56je dis un couple parce que c'est souvent un couple,
- 8:58qui est l'arrière-parent et le coparent.
- 9:01Un couple qui est extrêmement sensible,
- 9:02parce que toutes les conditions pour qu'on déconnecte notre cerveau critique sont présentes.
- 9:08Il y a l'attente,
- 9:10il y a le stress énorme,
- 9:12il y a la confusion de ne pas savoir trop ce qui se passe.
- 9:15Et ça,
- 9:15c'est vraiment des circonstances qui favorisent ce processus hypnotique.
- 9:19et donc on a
- 9:20Ces circonstances étant présentes,
- 9:23pourquoi ne pas les utiliser en injonctant des suggestions aux patientes et à leurs coparents ?
- 9:33Je peux juste reformuler,
- 9:36Franck.
- 9:36C'est simplement quand la personne qui vient accoucher est accompagnée de son coparent.
- 9:43Quand ils arrivent en salle de naissance,
- 9:45ils sont dans un état modifié de conscience du fait de la conjoncture,
- 9:48dans l'état émotionnel.
- 9:50Et donc,
- 9:50du coup,
- 9:51ils sont particulièrement sensibles à la suggestion et ce qu'on peut leur dire.
- 9:58Ça,
- 9:58c'est une des premières remarques qu'on peut faire.
- 10:01Ils sont sensibles aux suggestions.
- 10:02La deuxième remarque,
- 10:04c'est que souvent les femmes sont dissociées.
- 10:06C'est-à-dire qu'il y a une espèce de perte du continuum de notre corps et de notre esprit.
- 10:14Par exemple,
- 10:15cette dissociation,
- 10:16on la rencontre chez les gens qui sont victimes d'accidents,
- 10:19on la rencontre chez les soldats de la guerre du Vietnam,
- 10:23de la guerre d'Irak.
- 10:24Ce sont des gens qui ont des dissociations,
- 10:27et ces dissociations aiguës,
- 10:29puisque là c'est vraiment quelque chose qui survient à un moment donné,
- 10:33elles peuvent se chroniciser et c'est le lit des syndromes post-traumatiques.
- 10:38C'est quoi être dissocié ?
- 10:39Ça veut dire qu'on est là sans être là ?
- 10:43Exactement,
- 10:43on est là sans être là.
- 10:45La dissociation,
- 10:47c'est quelque chose qui vient à l'origine pour nous protéger.
- 10:50Par exemple,
- 10:51on en rencontre chez les gens qui sont victimes d'agressions sexuelles.
- 10:54Souvent,
- 10:54les gens,
- 10:55principalement des femmes,
- 10:56disent
- 10:59« je ne bougeais plus,
- 11:00c'est comme si je ne voulais rien ressentir » .
- 11:03Et ces femmes,
- 11:03quand on les retrouve dix ans,
- 11:05cinq ans après,
- 11:06elles n'ont plus de plaisir à être avec leur mari,
- 11:09elles n'ont plus de plaisir à être avec leurs enfants.
- 11:11Elles savent bien qu'elles aiment leurs enfants,
- 11:13qu'elles aiment leurs conjoints,
- 11:15mais elles sont dissociées de leurs émotions.
- 11:17Elles se sont dissociées parce que c'était trop intense et trop violent pour elles de pouvoir être là au moment de l'agression sexuelle.
- 11:26Et donc,
- 11:27pour pouvoir ne plus être là,
- 11:29en fait,
- 11:30elles se dissocient,
- 11:31elles partent ailleurs.
- 11:32Leur corps reste là,
- 11:33mais leur esprit par ailleurs.
- 11:35Elles coupent,
- 11:36elles débranchent en quelque sorte.
- 11:37Et le problème,
- 11:39c'est un peu comme la douleur.
- 11:40La douleur aiguë,
- 11:41c'est très utile.
- 11:42Si je mets la main sur une plaque chauffante,
- 11:44je l'enlève tout de suite parce que ça me fait mal.
- 11:46C'est protecteur.
- 11:47La dissociation,
- 11:48c'est protecteur initialement.
- 11:49C'est la chronicité qui n'est pas protectrice.
- 11:51C'est la chronicité qui est pathologique,
- 11:53comme dans la douleur.
- 11:54Si,
- 11:55après avoir retiré ma main de la plaque chauffante,
- 11:58je continue à avoir mal pendant des mois,
- 12:00des années,
- 12:01c'est absolument pas normal,
- 12:02et ça devient pathologique.
- 12:04Si,
- 12:04après m'être dissocié pendant un viol ou un attentat,
- 12:08je reste dissocié pendant des années,
- 12:10c'est pathologique.
- 12:11Et je pense que c'est ce qui se passe pour beaucoup de femmes qui vivent des césariennes.
- 12:16Donc on avait le double problème,
- 12:18entre guillemets,
- 12:20le fait d'être hyper suggestible,
- 12:21donc faire attention à ne pas donner de mauvaises suggestions,
- 12:24ce qui peut être le cas des gens qui sont dans la salle,
- 12:26par exemple.
- 12:28Et puis ?
- 12:29faire attention à ce que la femme ne se dissocie pas trop et au contraire reste bien associée à l'événement.
- 12:36Et pour que ce soit le cas,
- 12:39il faut déjà diminuer l'anxiété préalable,
- 12:42expliquer ce qui va se passer de manière à ce que la femme ne soit pas dans la confusion mais justement qu'elle comprenne ce qui va se passer et la faire participer.
- 12:50Et le trépied de la césarienne naturelle,
- 12:53c'est exactement cela.
- 12:54Donc la première chose qu'on fait,
- 12:56c'est qu'on diminue l'anxiété.
- 12:58Pour diminuer l'anxiété,
- 12:59on essaie d'avoir un local qui soit plutôt agréable sur le plan sensoriel.
- 13:04Dans notre salle de naissance,
- 13:06nous,
- 13:06de césarienne,
- 13:07il y a une fenêtre.
- 13:08Donc ça,
- 13:08c'est la lumière du jour,
- 13:09c'est plutôt sympa.
- 13:11Au début,
- 13:12j'avais mis de la musique et puis ce n'était pas toujours très adapté.
- 13:15Donc maintenant,
- 13:16je mets surtout des bruits naturels,
- 13:17des chants d'oiseaux,
- 13:18des choses comme ça.
- 13:20Il faut que la femme soit bien installée,
- 13:21confortablement,
- 13:22qu'elle ait bien chaud.
- 13:23Et il faut que ça sente bon.
- 13:24Donc je mets des huiles d'orange douce pour que ça sente bon.
- 13:28Donc tous ces sens recueillent des informations qui sont agréables.
- 13:33Et cette information,
- 13:35elle est transmise immédiatement à leur cerveau émotionnel,
- 13:38qui donc est plutôt branchée sur
- 13:40« ça se passe pas mal ici » ,
- 13:41plutôt que « c'est inquiétant ici,
- 13:42ça sent les terres,
- 13:43il fait froid,
- 13:44je suis mal installé » .
- 13:45Est-ce que tu leur parles de tout ça à la consultation d'anesthésie avant la naissance ?
- 13:52Je parle des césariennes programmées.
- 13:55Et puis,
- 13:55bien sûr,
- 13:56tu me diras comment ça se présente quand c'est une césarienne qui n'était pas attendue et quand elle survient en urgence.
- 14:02Effectivement,
- 14:03quand j'ai la chance de voir les femmes en consultation pré-anesthésie,
- 14:07je leur explique la césarienne naturelle.
- 14:10Déjà,
- 14:11quand c'est programmé,
- 14:13je recadre la césarienne.
- 14:15La césarienne,
- 14:15ce n'est pas une opération que vous allez subir,
- 14:18en fait.
- 14:19La césarienne,
- 14:20c'est le meilleur moyen pour votre bébé et pour vous.
- 14:24que ce bébé naisse en fait.
- 14:26Et il y a environ un cinquième des femmes qui accouchent par voie haute.
- 14:31Et je dis bien qui accouchent par voie haute et non pas qui sont césarisées.
- 14:35Ah,
- 14:35ça change tout.
- 14:36Ça change tout.
- 14:37C'est du langage,
- 14:37mais ça change tout.
- 14:38Elle est active,
- 14:39elle participe à cet accouchement,
- 14:41elle ne va pas le subir.
- 14:42Tout à fait,
- 14:43elles deviennent participantes pleinement et ça les rapproche de l'accouchement autocycle,
- 14:49comme on dit,
- 14:49c'est-à-dire l'accouchement par voie basse.
- 14:51Ça devient un accouchement par voie haute.
- 14:53Je donne souvent l'image de la porte-fenêtre.
- 14:55Il y a environ un cinquième des gens qui,
- 14:58quand ils habitaient la campagne,
- 14:59ils sortent par la porte-fenêtre au lieu de la porte d'entrée.
- 15:01Une fois qu'ils sont dehors,
- 15:02finalement,
- 15:02tout le monde s'en fiche.
- 15:03Il y a des dramatismes.
- 15:04Oui.
- 15:04Alors,
- 15:05comment leur parler du risque à ce moment-là,
- 15:07sans les inquiéter,
- 15:09parce que c'est une obligation de parler de tout ce qui peut arriver ?
- 15:12Alors,
- 15:14globalement,
- 15:17comment parler des risques ?
- 15:18Eh bien,
- 15:19je parle surtout des solutions.
- 15:21C'est ça.
- 15:21Déjà.
- 15:24Par exemple,
- 15:26si la femme me dit,
- 15:28la césarienne,
- 15:29ne serait-ce que la césarienne,
- 15:31c'est un risque en quelque sorte,
- 15:32mais c'est aussi une solution.
- 15:34Donc on va en parler comme solution.
- 15:36Si on doit parler des événements indésirables qui peuvent survenir,
- 15:40on peut évoquer le risque au point de vue probabilité,
- 15:44mais en donnant une probabilité positive.
- 15:47Par exemple,
- 15:48le risque de mourir d'une anesthésie,
- 15:50c'est alors toute personne confondue en France maintenant,
- 15:54aux alentours,
- 15:55on va dire,
- 15:55de 1 sur 1 million,
- 15:56même entre 1 sur 1 million et 1 sur 10 millions.
- 15:59Ça ne veut rien dire,
- 16:00ça,
- 16:001 sur 1 million,
- 16:01parce que 1 sur 1 million,
- 16:02Les statistiques,
- 16:03quand ça vous tombe dessus,
- 16:04c'est du 100%.
- 16:05C'est ça.
- 16:05Par contre,
- 16:06si je dis à la personne,
- 16:08prenez votre téléphone,
- 16:10et maintenant que vous l'avez,
- 16:11les gens prennent parce que c'est le docteur qui l'a dit,
- 16:15vous faites 0686.
- 16:17Alors,
- 16:18ils font 0686.
- 16:19Maintenant,
- 16:20vous faites n'importe quel numéro.
- 16:21Si mon téléphone qui est là sonne,
- 16:24c'est la probabilité qu'il se passe quelque chose de vraiment grave en anesthésie.
- 16:27Et là,
- 16:28les gens sourient,
- 16:29c'est la vraie probabilité.
- 16:30J'ai dit la vérité.
- 16:31Mais je les comparais avec quelque chose qui paraît tellement incroyable,
- 16:35impossible,
- 16:35que c'est une métaphore du risque.
- 16:38Et donc,
- 16:38ils rangent leur téléphone et ils sourient.
- 16:40Et alors,
- 16:40à ce moment-là,
- 16:41pour les faire rire,
- 16:41je dis en plus,
- 16:42mon téléphone est sur mode avion avec moi.
- 16:44Je ne la connaissais pas,
- 16:45je la garde.
- 16:45Merci Franck.
- 16:47Et donc,
- 16:48on explique un peu les risques comme ça.
- 16:50Le risque,
- 16:51je ne sais pas,
- 16:52d'avoir des problèmes dentaires,
- 16:54c'est le même risque que la même probabilité que dans un champ.
- 16:59rempli de trèfles,
- 16:59de trouver un trèfle à quatre feuilles du premier coup.
- 17:02Voilà,
- 17:03etc.
- 17:03Donc,
- 17:04c'est une façon d'aborder les choses qui est différente.
- 17:07Et après,
- 17:07est-ce qu'on leur parle un petit peu de tout le déroulement,
- 17:10de ce qu'elles vont vivre ?
- 17:12Est-ce que le fait de savoir comment ça va se présenter,
- 17:14est-ce que ça rassure ?
- 17:15Est-ce que ça permet d'anticiper ?
- 17:17Alors,
- 17:17imagine qu'on achète une maison,
- 17:21quelqu'un achète une maison,
- 17:22une maison très isolée dans la forêt.
- 17:27Et cette personne la reçoit le
- 17:301er janvier.
- 17:31Le propriétaire lui donne les clés.
- 17:32Donc le premier week-end après,
- 17:34cette personne va toute seule dans cette maison.
- 17:38Et tout à coup,
- 17:39à 11h du soir,
- 17:41il y a un bruit énorme qui arrive.
- 17:42Quelque chose,
- 17:43mais d'énorme.
- 17:44Ça fait très peur,
- 17:45en fait.
- 17:46Deuxième cas de figure.
- 17:47Cette personne achète une maison.
- 17:49Les propriétaires lui donnent la clé le 1er janvier.
- 17:51Et ils lui disent,
- 17:51ah,
- 17:51j'ai oublié de vous dire,
- 17:52le premier samedi de chaque année,
- 17:54Il y a une vérification du système de chauffage,
- 17:57parce que c'est une pompe à chaleur et c'est obligatoire.
- 18:00C'est vérifié automatiquement une fois par an.
- 18:02Ça fait énormément de bruit.
- 18:04Avant,
- 18:04c'était à minuit.
- 18:05Maintenant,
- 18:05c'est à 11h du soir.
- 18:07On n'a jamais pu changer les horaires.
- 18:08Donc,
- 18:08sachez que ça va être samedi prochain.
- 18:10Le samedi d'après,
- 18:11quand la personne s'installe dans la maison,
- 18:13elle entend le bruit.
- 18:13Effectivement,
- 18:14c'est assez énorme.
- 18:15Elle n'est plus inquiète.
- 18:16Donc,
- 18:17savoir où on va,
- 18:18c'est une façon d'être rassuré.
- 18:20Et donc,
- 18:20je pense qu'il faut expliquer aux gens,
- 18:22pas sur le moment,
- 18:24Mais avant,
- 18:25en amont,
- 18:26ce qui va se passer.
- 18:27Expliquer sur le moment,
- 18:29ça ramène à focaliser les gens sur ce qui se passe.
- 18:32Et ça,
- 18:32je pense que ce n'est pas bien en fait.
- 18:34Alors que si on a expliqué avant,
- 18:36même s'il y a une partie qui voit ce qui se passe,
- 18:38bon,
- 18:39on s'est expliqué,
- 18:40c'est bon,
- 18:40on sait ce que c'est.
- 18:41Donc effectivement,
- 18:42moi j'explique en consultation comment ça va se dérouler.
- 18:45J'explique,
- 18:45voilà,
- 18:45dans un premier temps,
- 18:47on installe tout,
- 18:49on met des grands draps pour vous protéger et protéger l'équipe chirurgicale,
- 18:53votre cours.
- 18:54Votre mari ou votre femme,
- 18:55ça dépend,
- 18:56votre mère des fois vient à côté de vous,
- 18:57vous vous installez.
- 18:59Et puis c'est le début du protocole de la naissance.
- 19:01À un moment donné,
- 19:02vous entendrez qu'on va rompre la poche des os.
- 19:05C'est un accouchement,
- 19:05donc on rompt la poche des os.
- 19:07Et peu de temps après,
- 19:08vous allez sentir qu'on installe des choses.
- 19:10Et ça va bouger parce qu'un accouchement,
- 19:12ça bouge.
- 19:13Et c'est là qu'on va vous demander de respirer et de vous servir de la respiration pour mobiliser votre diaphragme,
- 19:20c'est-à-dire le muscle qui est à la base du thorax,
- 19:22et mobiliser aussi...
- 19:23d'autres muscles qui vont permettre de faciliter la sortie du bébé et donc de faire naître votre bébé.
- 19:30Et si vous le souhaitez,
- 19:31on peut tout à fait à ce moment-là baisser un peu les champs opératoires où nous avons une petite fenêtre transparente qui permet de voir ce qui se passe et vous verrez ce qui se passe.
- 19:39Alors Franck,
- 19:40avant qu'on puisse décrire tout le processus d'une patiente ou d'une parturiante,
- 19:44parce que ce n'est pas une patiente qui va venir pour sa césarienne naturelle,
- 19:49Est-ce que tu peux juste me dire qu'est-ce qui t'a plu ?
- 19:53Il te reste comme possibilité quand même pour baisser la fréquence de survenue du syndrome post-traumatique chez une césarienne non programmée en urgence.
- 20:04On a encore des manœuvres,
- 20:06on a encore des choses à mettre en place pour réduire le stress et faire en sorte que ça se passe bien ?
- 20:11Oui,
- 20:11alors tout dépend.
- 20:13Quand on fait des césariennes,
- 20:15il y a trois codes.
- 20:16Il y a un code vert,
- 20:17c'est la césarienne programmée,
- 20:18tout va bien.
- 20:19Il y a un code orange.
- 20:20Ça,
- 20:21c'est une césarienne qui n'était pas programmée.
- 20:23Par exemple,
- 20:24son bébé est en siège.
- 20:26Elle doit avoir une césarienne dans huit jours.
- 20:28Et puis,
- 20:28elle arrive en travail.
- 20:29Donc,
- 20:30on est obligé de faire une césarienne.
- 20:31Donc,
- 20:32ce n'est pas programmé,
- 20:32mais c'est un code orange.
- 20:33C'est assez rapide.
- 20:34Il ne faut pas traîner dans les couloirs,
- 20:36mais on a le temps.
- 20:37Et puis,
- 20:37le troisième type de césarienne,
- 20:38c'est le code rouge.
- 20:39C'est extrêmement urgent.
- 20:40Les codes oranges...
- 20:42on retrouve un peu ce qu'on fait dans les codes verts.
- 20:44Donc là,
- 20:45c'est exactement la même chose.
- 20:47Les codes rouges,
- 20:47on n'a absolument pas le temps d'installer tout ça.
- 20:50Donc là,
- 20:50je me sers d'une métaphore que j'utilise aussi dans les hémorragies de la délivrance.
- 20:55Je dis au couple,
- 20:57vous avez déjà vu une course de Formule 1.
- 21:02À la course de Formule 1,
- 21:03le pilote et le copilote,
- 21:04parfois,
- 21:05rentrent au stand,
- 21:06et là,
- 21:07tout le monde s'occupe d'eux.
- 21:08Il y en a un qui change les pneus,
- 21:09il y en a un qui met l'essence,
- 21:10il y en a un qui change les essuie-glaces,
- 21:12il y en a un qui met l'eau,
- 21:13l'autre qui met l'huile,
- 21:13etc.
- 21:14Et le copilote et le pilote,
- 21:16pendant ce temps-là,
- 21:16ils sont calmes et tranquilles,
- 21:18ils respirent,
- 21:18ils en profitent.
- 21:20Et tout le monde court autour et c'est normal,
- 21:21et c'est l'équipe qui gagne.
- 21:23Et là,
- 21:24nous sommes une équipe et vous êtes le copilote et le pilote.
- 21:26Et on a plein de choses à faire.
- 21:28Et puis,
- 21:29au moment où on sort le bébé,
- 21:30je leur propose quand même de souffler.
- 21:33Et comme il y a des phénomènes hypnotiques qui sont installés,
- 21:37et de façon très prégnante,
- 21:39je donne aussi des suggestions.
- 21:41Je leur dis que c'est super ce qu'elles font,
- 21:42je leur dis que c'est vraiment bien.
- 21:44Parce qu'à force de l'avoir fait,
- 21:46j'ai automatisé un certain nombre de choses que je peux dire.
- 21:50Donc je peux tout à fait m'en servir tout en faisant tout à fait autre chose.
- 21:52Exact.
- 21:53Est-ce que tu vois la différence entre les parturiantes qui ont reçu,
- 21:59par exemple,
- 22:00cet accompagnement-là et celles qui ne l'ont pas eu ?
- 22:03Parce que j'imagine que tout le monde n'est pas formé à l'hypnose ?
- 22:06Alors...
- 22:07Moi,
- 22:07je ne le vois pas vraiment parce que finalement,
- 22:09je ne vois plus les autres,
- 22:10celles qui n'ont pas.
- 22:12Tout le monde n'est pas formé à l'hypnose,
- 22:13c'est vrai.
- 22:14Mais dans l'équipe où je travaille,
- 22:17il y a déjà sur les 35 médecins anesthésistes que nous sommes,
- 22:21il y en a une petite vingtaine qui sont formés déjà.
- 22:24Ensuite,
- 22:24parmi les autres,
- 22:26il y a une espèce d'osmose qui s'est faite.
- 22:29Ils ont un peu l'habitude.
- 22:30Et puis surtout,
- 22:31les infirmiers de bloc opératoire qui travaillent en salle de césarienne et les gynéco-obstétriciens.
- 22:36Alors eux,
- 22:38ils ont tellement eu ça,
- 22:40et ils ont,
- 22:40ils nous le disent,
- 22:41ils ont tellement vu les bénéfices de ce type de naissance,
- 22:45qu'eux,
- 22:45ils sont très partants,
- 22:47et quand l'anesthésiste ne le fait pas,
- 22:48c'est eux qui le font.
- 22:49Alors c'est pas tout à fait pareil,
- 22:51ils font la césarienne naturelle,
- 22:53ils font participer la femme,
- 22:54ils n'utilisent pas les suggestions forcément,
- 22:56ils savent qu'il y a des mots qu'il ne faut pas dire,
- 22:57parce que des mots comme « vous n'êtes pas mal » ,
- 23:00« vous n'êtes pas froid » ,
- 23:00des choses comme ça,
- 23:02parce que le cerveau n'entend pas les négations dans ces cas-là.
- 23:06Si on leur dit,
- 23:07n'ayez pas peur,
- 23:07le bébé ne va pas mourir la tête écrasée par le forceps,
- 23:11c'est vrai,
- 23:11mais en même temps,
- 23:12c'est pas à dire.
- 23:13Et on se rend compte à travers cette phrase,
- 23:16combien on peut dire des choses qui vont heurter le cerveau du couple.
- 23:22Donc les gynécos sont habitués,
- 23:24ils le font naturellement.
- 23:26Et surtout,
- 23:27les psychologues du réseau Périnatalité,
- 23:29qui passent voir systématiquement toutes les femmes ayant accouché par césarienne,
- 23:33et toutes celles qui posent des problèmes autrement,
- 23:35Elles nous le disent.
- 23:36Elles nous disent,
- 23:36de toute façon,
- 23:37on entre et on sait,
- 23:39rien qu'à la tête,
- 23:40si c'est une césarienne naturelle ou si c'est une césarienne d'autrefois.
- 23:44Alors,
- 23:46tu soulignes quelque chose d'extrêmement important,
- 23:48c'est que dans un endroit où l'hypnose est pratiquée,
- 23:53il y a une émulation qui se fait.
- 23:54Et puis,
- 23:55j'imagine qu'il y a beaucoup qui sont passés par la formation à émergence.
- 23:59j'ai vu sur les formations à l'émergence que la communication
- 24:02thérapeutique était proposée non pas seulement au personnel soignant,
- 24:07mais vraiment à tous les participants,
- 24:10brancardiers,
- 24:10secrétaires médicals.
- 24:13C'est un travail d'équipe et s'il y a quelqu'un qui n'a pas la formation et qui n'est pas dans la sensibilité des mots et de comment pratiquer la communication vis-à-vis des patients,
- 24:28en fait,
- 24:28ça prêche.
- 24:30Et il faut que ça marche pour tout le monde,
- 24:31il faut que tout le monde participe.
- 24:33Bien sûr,
- 24:34il faut qu'il y ait une cohérence du soin,
- 24:36il faut qu'il y ait une cohérence du cadre soignant,
- 24:38je dirais.
- 24:39L'avantage des formations à émergence,
- 24:41c'est qu'elles sont faites principalement par des infirmiers anesthésistes et des médecins anesthésistes qui travaillent au bloc opératoire tous les jours.
- 24:49Et donc,
- 24:50forcément,
- 24:51ce sont des gens qui sont impliqués dans l'hypnose et la douleur aiguë.
- 24:56Et je pense que c'est ça qui fait que c'est bien efficace.
- 25:00Et quand on est formé à l'hypnose,
- 25:02même si on ne fait pas d'hypnose formelle pour faire des opérations,
- 25:07on garde forcément toute cette empreinte d'hypnose informelle et qui permet d'être efficace et d'être beaucoup moins agressif vis-à-vis des patients et des patientes.
- 25:18Ok,
- 25:18alors si on déroule maintenant le petit trajet de cette parturiante qui va venir pour un jour heureux,
- 25:27accouchées de son bébé,
- 25:28même par césarienne.
- 25:30Donc,
- 25:31je crois comprendre que même dans la démarche,
- 25:34puisqu'on est dans une démarche active,
- 25:37elle est parturiante,
- 25:38elles arrivent debout.
- 25:39Oui,
- 25:40chez nous elles arrivent debout,
- 25:41parce que c'est mieux,
- 25:43elles arrivent debout,
- 25:44parfois elles arrivent en poussant le berceau.
- 25:46Ah bon ?
- 25:48Oui,
- 25:48parce que c'est des berceaux sur roulettes,
- 25:50donc elles repartiront avec le berceau et le bébé,
- 25:52et donc elles arrivent debout avec le coparent.
- 25:55Le coparent va se changer de manière à être apte à rentrer dans le bloc opératoire,
- 26:00et la femme pendant ce temps-là,
- 26:01on l'installe.
- 26:02Pendant que le coparent se change,
- 26:04il va attendre dans la salle où il fera plus tard la rencontre.
- 26:09charnel avec son bébé,
- 26:10c'est-à-dire il fera le pot à pot,
- 26:12eh bien,
- 26:12pendant ce temps-là,
- 26:13nous,
- 26:13on installe la femme.
- 26:15Alors,
- 26:16dans mon souvenir,
- 26:17le moment de poser une perfusion est un moment quand même assez stressant pour les parturiantes,
- 26:23parce que je me souviens que les perfusions,
- 26:27personne n'aime ça.
- 26:28Alors,
- 26:28personne n'aime ça.
- 26:28De plus,
- 26:29dans les césariennes,
- 26:30on pose des perfusions avec des cathéters d'un bon calibre.
- 26:33Je ne voulais pas le dire pour ne pas inquiéter,
- 26:35mais oui,
- 26:36tu as le droit.
- 26:37Et quand les femmes voient ça,
- 26:38elles ont souvent un petit peu d'appréhension.
- 26:40On utilise des techniques toutes simples,
- 26:42comme des techniques de confusion,
- 26:44qui ont été éprouvées et vraiment prouvées également scientifiquement,
- 26:50puisqu'il y a eu des articles dans la presse médicale,
- 26:52notamment dans le
- 26:53British Journal of Anesthesia,
- 26:55qui montrent qu'on est plus efficace,
- 26:57on diminue les douleurs de façon incroyable au niveau de la pose de la perfusion.
- 27:02Déjà,
- 27:02une pose de perfusion,
- 27:03c'est quelque chose qui est relativement,
- 27:05pas confortable mais
- 27:07On met tout en œuvre pour que ce soit le plus confortable possible.
- 27:10Mais là,
- 27:11avec des techniques de confusion,
- 27:12ça devient vraiment très facile.
- 27:13Et en plus,
- 27:14ces techniques de confusion permettent de renforcer le lien soignant-soigné.
- 27:20Est-ce que tu peux donner à nos auditeurs un petit exemple ?
- 27:23Ou est-ce que le fait de le dire peut faire que ça ne marche pas au moment où on la pose ?
- 27:28Non,
- 27:28ça marche toujours.
- 27:29Ça marche toujours,
- 27:30même quand on connaît la technique.
- 27:31Oui.
- 27:32Est-ce que ton mari va toujours à la piscine ?
- 27:35D'accord,
- 27:35donc ça te fait réfléchir sur un truc et focaliser sur quelque chose qui fait que...
- 27:40Tout à fait,
- 27:40ou alors on peut dire aussi,
- 27:44les gens nous regardent et disent comment ?
- 27:47Donc ils sont archi-focalisés sur ce qu'on a dit,
- 27:50donc comme ils sont archi-focalisés,
- 27:52la focalisation c'est la porte d'entrée dans le monde hypnotique.
- 27:56Donc ils deviennent en mode hypnotique,
- 27:57leur cerveau bascule en une fraction de seconde en mode hypnotique,
- 28:02donc en mode d'hypersuggestibilité.
- 28:05Donc ils sont focalisés sur autre chose que la perfusion.
- 28:08Premier atout.
- 28:09Deuxième atout,
- 28:10ils sont hyper suggestibles.
- 28:11Et à ce moment-là,
- 28:13on leur fait un grand sourire et on leur dit non,
- 28:15rassurez-vous,
- 28:16c'était juste incompréhensible pour qu'on soit le plus agréable pour vous.
- 28:20Et donc,
- 28:20on donne des suggestions qui sont non verbales et verbales de bonheur,
- 28:25d'agréabilité,
- 28:26de choses comme ça.
- 28:27Il arrive des fois que certaines parties orientent ou certains patients dans la vraie vie,
- 28:32même avec toutes les techniques du monde,
- 28:35ils sont complètement stressés.
- 28:37paniquer,
- 28:38comment on fait ?
- 28:39Est-ce que tu as des outils dans l'hypnose qui peuvent aider ?
- 28:43Oui,
- 28:43on a des outils très rapides qui permettent juste à l'entrée en salle ou juste avant l'entrée en salle de baisser un petit peu le niveau d'anxiété des gens.
- 28:54Ce sont des techniques basées sur je ne vais pas rentrer dans les détails d'hypnose mais sur la catalepsie,
- 28:59sur la lévitation,
- 29:01des techniques sur la visualisation,
- 29:03il y en a plein en fait,
- 29:05sur la respiration.
- 29:06Il y a énormément de techniques très simples,
- 29:08très rapides,
- 29:09qui sont vraiment faites en,
- 29:11je dirais,
- 29:13une minute,
- 29:14deux minutes.
- 29:15Et ces minutes qui semblent perdues sont des minutes gagnées,
- 29:18en fait,
- 29:19pour plus tard.
- 29:20Et ça permet de baisser le niveau émotionnel,
- 29:23et donc ensuite de retrouver un petit peu de niveau critique pour faire toute cette partie entre je rentre dans la salle et mon bébé arrive.
- 29:30Est-ce qu'on peut partager,
- 29:32par exemple,
- 29:32juste un outil qui est la mise à l'index ?
- 29:35Pour nos auditeurs,
- 29:36comme ça,
- 29:37ils peuvent sortir un petit peu de l'abstraction de l'hypnose qui reste quand même un domaine assez inaccessible.
- 29:42Alors,
- 29:42on demande aux gens,
- 29:43et vous pouvez le faire en même temps si vous voulez,
- 29:46on demande aux gens de faire une pince entre le pouce et l'index,
- 29:51c'est-à-dire de mettre son index au-dessus de son pouce.
- 29:54Je le fais.
- 29:55Et puis de sentir qu'il y a un pou,
- 29:58c'est-à-dire un pou,
- 29:58P-O-U-L-S,
- 30:01une pulsation.
- 30:02On peut rechercher la pulsation.
- 30:06Des fois,
- 30:06il faut appuyer un peu plus,
- 30:08appuyer un peu moins.
- 30:10Une fois qu'on a bien la pulsation,
- 30:14vous allez laisser l'index se soulever extrêmement lentement,
- 30:20le plus lentement possible,
- 30:23de quelques millimètres au-dessus du pouce,
- 30:28un peu moins d'un centimètre.
- 30:30Et puis quand l'index est soulevé,
- 30:36quelques millimètres au-dessus du pouce.
- 30:39Alors à ce moment-là,
- 30:42vous allez pouvoir explorer ce petit matelas d'air qui existe entre le pouce et l'index,
- 30:52un peu comme on palpe une pêche pour voir si elle est bien mûre sans trop appuyer,
- 30:59juste une pression discrète.
- 31:02Et à ce moment-là,
- 31:03sentir l'élasticité.
- 31:06de la petite couche d'air qui se trouve entre le pouce et l'index,
- 31:15et sentir toute l'énergie de l'air,
- 31:18comment l'énergie est utile,
- 31:20l'énergie des molécules,
- 31:23des atomes,
- 31:25cette énergie qui rentre,
- 31:28qui permet aussi au reste du corps de ne rien faire,
- 31:34rien que du calme.
- 31:36du confort,
- 31:38de la tranquillité.
- 31:41Puis une fois que toute cette énergie de calme,
- 31:46cette vague de bien-être,
- 31:48de tranquillité,
- 31:49une fois qu'elle est rentrée dans le corps,
- 31:54qu'elle s'est installée,
- 31:57qu'elle enveloppe,
- 31:58qu'elle protège,
- 32:00tranquillement,
- 32:03le doigt va revenir de lui-même,
- 32:04tout seul.
- 32:06sur le pouce,
- 32:09et c'est un sentiment très agréable qui va s'installer dans l'ensemble du corps,
- 32:16un peu comme une détente,
- 32:21une détente globale,
- 32:22et puis une fois que cette détente est bien là,
- 32:27elle va rester pendant peut-être plusieurs heures,
- 32:33et vous pouvez à ce moment-là frotter.
- 32:36les mains l'une contre l'autre,
- 32:39et profiter de ce calme qui s'est installé.
- 32:44Voilà,
- 32:44ça c'est une petite technique,
- 32:47qui s'appelle la mise à l'index,
- 32:48ou la catalepsie des doigts,
- 32:51qui permet donc d'amener du calme.
- 32:54On a plein d'autres.
- 32:55Après,
- 32:55ça dépend un peu des gens,
- 32:56ça dépend des circonstances,
- 32:58ça dépend aussi de mon envie,
- 32:59parce qu'il y a des jours où j'ai envie de faire celle-ci,
- 33:02d'autres,
- 33:03voilà.
- 33:04Oui,
- 33:05c'est interactif.
- 33:06Moi,
- 33:06je retrouve mes esprits parce que j'ai fait quand même l'expérience et la mise à l'index.
- 33:10Alors,
- 33:11une fois que la perfusion est posée,
- 33:14vient un moment qui est tout aussi fatidique,
- 33:16qui est l'anesthésie rachidienne.
- 33:18Donc,
- 33:18j'explique aux auditeurs que pour la césarienne,
- 33:23c'est souvent une anesthésie que du bas du corps,
- 33:25qu'on appelle anesthésie rachidienne.
- 33:27Et donc,
- 33:28ça consiste en une injection dans le dos et que beaucoup d'entre nous redoutent.
- 33:34je parle des femmes,
- 33:36c'est un moment où c'est intéressant de proposer encore des techniques pour que ça se passe bien.
- 33:43Oui,
- 33:43alors là aussi,
- 33:45d'abord,
- 33:45il faut savoir qu'on réalise une anesthésie locale de la peau du dos dans un premier temps.
- 33:51Moi,
- 33:51j'en fais toujours une anesthésie locale de la peau du dos,
- 33:53de manière à ce que la suite soit tout à fait anodine finalement.
- 33:56C'est l'anesthésie locale qui ressemble à un vaccin.
- 33:59Donc,
- 33:59en fonction de la personne,
- 34:01je vais lui dire que c'est un vaccin vers le confort.
- 34:03ou comme de l'acupuncture,
- 34:05ou comme un tatouage de bien-être.
- 34:07Donc,
- 34:07j'explique cela de manière à ce qu'il y ait quelque chose qu'elle connaisse,
- 34:11qu'elle puisse rattacher à quelque chose qui est réel pour elle.
- 34:15Une fois que j'ai expliqué cela,
- 34:19je propose à la personne,
- 34:20par exemple,
- 34:20il y a plusieurs techniques là encore,
- 34:22mais on peut lui proposer d'aller vers un endroit qu'elle aime bien.
- 34:25Vers quel endroit elle aimerait bien être aujourd'hui si elle n'était pas là ?
- 34:28On peut proposer aussi d'aller un peu dans le futur.
- 34:30on peut proposer aussi
- 34:33simplement de basculer les yeux en arrière et de nous parler de la couleur qu'il y a à l'intérieur de soi.
- 34:40Parce que nous avons tous une certaine couleur à l'intérieur de nous.
- 34:43Les choses n'existent que si elles sont sensorielles.
- 34:46Et si on regarde autour de nous,
- 34:49on voit qu'il y a des couleurs,
- 34:50on entend qu'il y a des sons,
- 34:52on sent qu'il y a des sensations,
- 34:53des odeurs.
- 34:55Et c'est ce qui fait que ça existe.
- 34:57Et l'intérieur de moi,
- 34:58il existe aussi.
- 34:59Donc si je bascule mes yeux,
- 35:01À l'intérieur de moi,
- 35:02je vois une certaine couleur.
- 35:04Je peux entendre un certain son.
- 35:06Et donc,
- 35:06je vais focaliser la personne en lui expliquant cela.
- 35:09Et ensuite,
- 35:10je peux lui proposer de modifier la couleur,
- 35:13par exemple.
- 35:13Si je trouve que la couleur n'est pas terrible,
- 35:15ou si par exemple,
- 35:16elle me dit,
- 35:17je ne sais pas,
- 35:19l'autre jour,
- 35:20une femme m'a dit,
- 35:21c'est un peu jaune pipi,
- 35:22en faisant une grimace.
- 35:24Donc,
- 35:24ça veut dire,
- 35:24pour moi,
- 35:25ce n'est pas très agréable.
- 35:26Comment est-ce qu'on pourrait changer ça ?
- 35:28Qu'est-ce qu'on pourrait faire ?
- 35:30Alors elle m'a dit,
- 35:30je ne sais pas,
- 35:30si c'est un peu comme du pipi,
- 35:32et si on mettait un colorant,
- 35:34par exemple,
- 35:34si on mettait un joli colorant bleu,
- 35:35comme du bleu de cuirassot,
- 35:37est-ce que ce serait bien ?
- 35:38On peut proposer des choses et demander à la personne de le faire.
- 35:41Et pendant qu'on fait la rachianesthésie,
- 35:43elle,
- 35:43elle change la couleur.
- 35:44Et le fait de changer la couleur,
- 35:46changer la couleur vers quelque chose de plus agréable,
- 35:49c'est une suggestion que les choses deviennent plus agréables.
- 35:51Et ça fait un peu cercle verteux,
- 35:53les choses deviennent plus agréables.
- 35:55Et puis,
- 35:55une rachianesthésie,
- 35:57ça dure moins de cinq minutes.
- 35:59Une à deux minutes,
- 36:00c'est très rapide.
- 36:01Donc,
- 36:02il n'y a pas besoin de faire quelque chose de très long pour que ce soit agréable et utile.
- 36:05Baisser la douleur et l'anxiété par le balancement ?
- 36:09Alors,
- 36:09on peut aussi.
- 36:10Ça,
- 36:10on s'en sert beaucoup pour les péridurales.
- 36:14Plus que pour les césariennes,
- 36:16on peut le faire aussi pendant la césarienne.
- 36:17Si la femme est vraiment un peu inquiète,
- 36:20on peut balancer d'avant en arrière,
- 36:22faire un petit mouvement entéropostérieur.
- 36:27On avait réalisé avec une anesthésiste qui s'appelle Véronique Weisblatt,
- 36:31qui travaille dans la région parisienne,
- 36:32à Montfermeil,
- 36:34on avait réalisé une étude qu'on a publiée à l'association d'anesthésie américaine et à la Société Française d'Anesthésie aussi,
- 36:41qui montrait qu'on pouvait diminuer,
- 36:43si mes soignants sont bons,
- 36:44sur une échelle de 0 à 10,
- 36:46de 2.5,
- 36:48la douleur ressentie de la péridurale,
- 36:51rien qu'en faisant du balancement,
- 36:52plus un peu d'hypnose.
- 36:54Et donc on peut faire ça.
- 36:56effectivement c'est une façon très simple aussi de diminuer les sensations moins agréables.
- 37:00J'ai vu dans une formation que tu donnais qui était enregistrée,
- 37:08je pense que c'était un congrès où tu parlais de la focalisation,
- 37:12alors c'est dans le cadre de la péridurale sous échographie,
- 37:16où tu parlais de la focalisation par l'écran et que c'était aussi une manière d'utiliser ce qui se passe.
- 37:23passe,
- 37:23notamment l'échographie et l'écran pour faire focaliser les patients.
- 37:28Tout à fait.
- 37:29La métaphore de l'hypnose,
- 37:31c'est Mary Poppins.
- 37:33Comme Avrigo Pins,
- 37:34avec les enfants et son amoureux,
- 37:37saute dans des dessins à la craie sur le trottoir.
- 37:41Vraiment,
- 37:42c'est la métaphore de l'hypnose,
- 37:43parce qu'il saute dans un autre monde.
- 37:45Et pour sauter dans un autre monde,
- 37:47dans le dessin animé,
- 37:48vous pouvez voir qu'il y a une focalisation.
- 37:50C'est-à-dire que tout se regroupe,
- 37:52leurs images se regroupent dans le dessin,
- 37:54et ensuite repartent du dessin et se retrouvent dans le paysage du dessin.
- 37:58Et donc effectivement,
- 38:00en focalisant l'éparturiante
- 38:02sur quelque chose.
- 38:04Par exemple,
- 38:05je peux aussi focaliser sur le bâtonnet qui sert à nettoyer le dos en le donnant à la parturiante et en lui demandant de le garder bien vertical.
- 38:13C'est une façon de focaliser.
- 38:14Mais on peut aussi focaliser sur l'écran d'échographie qui sert quand les péridurales sont un peu moins faciles à faire.
- 38:21On se sert de l'échographie pour bien visualiser les structures osseuses et interosseuses.
- 38:27Et donc,
- 38:28il y a un écran d'échographie.
- 38:29Donc,
- 38:30il y a la focalisation.
- 38:31c'est la porte d'entrée dans l'hypnose et derrière il va y avoir la créativité de la personne et puis la sienne propre lorsqu'on fait des échographies pour les péridurales on a plein d'images différentes on
- 38:48doit rechercher des choses qui sont un peu comme des lutins on doit rechercher des choses qui ressemblent à un oiseau donc c'est assez facile d'emmener les gens vers autre chose que la salle de naissance je me souviens d'une clairière Merci.
- 39:00Ça m'a remarqué.
- 39:01Tout à fait.
- 39:02C'était très joli.
- 39:04Est-ce qu'on discute de choses positives ?
- 39:09Dans la discussion des choses positives,
- 39:11est-ce qu'on peut parler de la césarienne qui va suivre en posant la péridurale ou de l'accouchement qui va suivre pour se projeter un peu ?
- 39:19Est-ce qu'on parle même de après ?
- 39:21Alors,
- 39:22pendant la pose de la rachianesthésie ou de la péridurale,
- 39:25ce n'est pas le bon moment pour parler de l'après.
- 39:27Mais par contre,
- 39:28Une fois que,
- 39:29par exemple,
- 39:29dans la césarienne,
- 39:30la rachianesthésie s'installe,
- 39:32qu'elle est faite,
- 39:33qu'on rallonge la parturiante,
- 39:36il y a tout un moment de préparation pour l'équipe chirurgicale,
- 39:39à savoir le badigeonnage et le nettoyage de la zone qui va être opérée,
- 39:43et largement,
- 39:44puisqu'on badigeonne bien au-delà de la zone opérée pour que tout soit bien propre,
- 39:48la mise en place des champs opératoires,
- 39:50la mise en place de la sonde urinaire.
- 39:52Bref,
- 39:52il y a environ 5-10 minutes pendant lesquelles on...
- 39:56De notre côté,
- 39:56il ne se passe plus grand-chose si ce n'est une surveillance.
- 39:59Donc on peut en profiter pour projeter mentalement,
- 40:02en se souvenant que la femme est toujours hyper suggestible,
- 40:06on va la projeter dans un futur
- 40:08« idéal » , un futur où tout va bien et où elle va être après la césarienne.
- 40:15Et ce futur-là,
- 40:16on va l'interroger petit à petit sur ce qui va se passer,
- 40:19de manière à ce qu'elle construise aussi ce futur-là.
- 40:22Qui vient vous chercher ?
- 40:24Quelle est la première chose que vous faites en rentrant chez vous ?
- 40:26Et puis,
- 40:27au bout d'un mois,
- 40:28vous vous souvenez,
- 40:29vous êtes devant la glace,
- 40:31c'est le matin,
- 40:32vous vous regardez,
- 40:34et vous vous dites,
- 40:35il y a un mois,
- 40:37c'était la naissance de
- 40:38Roméo.
- 40:41J'étais avec l'anesthésiste.
- 40:42Et là,
- 40:42on peut retracer tout.
- 40:44Il me disait comment ça allait se passer,
- 40:46comment j'allais pouvoir moi-même participer à la naissance,
- 40:50comment j'allais pouvoir souffler.
- 40:52Et on lui redit ce qu'on lui a dit avant.
- 40:54C'est une façon de re-expliquer les choses,
- 40:57mais en étant un peu à côté.
- 41:00Et en donnant plein de suggestions de calme,
- 41:02de confort,
- 41:03que tout va bien,
- 41:03que tout se passe bien.
- 41:04Alors évidemment,
- 41:05si c'est une césarienne en extrême urgence,
- 41:07on n'a pas le temps de faire ça.
- 41:08Et puis,
- 41:09on ne sait pas trop ce qui va se passer après,
- 41:11si l'enfant va aller bien,
- 41:12etc.
- 41:13Donc,
- 41:13on évite de faire ça.
- 41:14Mais dans les césariennes programmées,
- 41:15il n'y a aucune raison pour que l'enfant aille mal.
- 41:18Donc,
- 41:18de fait,
- 41:19on va parler de ça.
- 41:20D'accord.
- 41:21Là,
- 41:22le coparent,
- 41:23il est rentré ou il va rentrer ?
- 41:25Souvent,
- 41:25il est rentré.
- 41:26Moi,
- 41:26je le fais rentrer assez tôt parce que ça leur évite de rentrer au moment où on a commencé à inciser,
- 41:33où il y a une ambiance qui est une ambiance de bloc opératoire auquel les gens ne sont pas forcément habitués.
- 41:38S'il rentre et qu'on est en train de nettoyer,
- 41:41qu'il voit les choses s'installer progressivement,
- 41:44je trouve qu'il y a une espèce d'habitude,
- 41:46une habituation en quelque sorte,
- 41:48qui se fait et qui font qu'ils ne sont plus détendus.
- 41:51Et ils n'arrivent pas juste au moment de la naissance de l'enfant.
- 41:53Ils sont déjà là un peu,
- 41:55ils sont déjà un petit peu à côté de nous,
- 41:58les choses sont déjà un peu installées,
- 41:59donc ils ont eu le temps de se poser.
- 42:01Ont-ils un rôle,
- 42:02ces copains ?
- 42:03Bien sûr,
- 42:04ils ont un rôle parce que c'est extrêmement important.
- 42:08Moi,
- 42:09ce n'est pas pour rien que j'ai dit que j'avais quatre enfants.
- 42:12Parce qu'effectivement,
- 42:13j'ai assisté à la naissance de mes enfants et j'ai souvent trouvé que je n'avais pas grand-chose à faire.
- 42:17Et pourtant,
- 42:18j'étais anesthésiste.
- 42:19et pourtant je connais bien la maternité,
- 42:20j'ai beaucoup travaillé en maternité mais souvent les coparents ils n'ont pas grand chose à faire si ce n'est qu'être comme des potiches au milieu d'un d'un magasin de potiches et donc
- 42:33Je trouve que leur donner un rôle,
- 42:34c'est extrêmement important.
- 42:36Et le rôle qu'ils peuvent avoir,
- 42:37c'est de soulever la tête,
- 42:39de souffler avec,
- 42:41de donner des suggestions positives à leurs femmes.
- 42:45Alors,
- 42:46à émergence,
- 42:47on va bientôt faire,
- 42:50je pense que c'est au mois de janvier l'année prochaine,
- 42:52une formation justement pour les coparents,
- 42:55c'est-à-dire pour les papas et pour les deuxièmes mamans qui viennent,
- 42:59de manière à ce qu'ils sachent quoi faire,
- 43:01non seulement pendant les césariennes,
- 43:03mais aussi pendant les accouchements par voix basse.
- 43:05Oui,
- 43:05ça me semble important parce qu'ils peuvent se sentir mal,
- 43:08un peu exclus de la dynamique.
- 43:10Complètement,
- 43:10alors qu'ils peuvent avoir un rôle,
- 43:12et un rôle super valorisant pour eux,
- 43:16et très utile pour leurs femmes.
- 43:18Et alors,
- 43:18maintenant qu'on a installé les champs et qu'on s'apprête à accoucher par voix haute,
- 43:23comme vous dites,
- 43:24qu'est-ce qui se passe ?
- 43:25Alors,
- 43:26c'est le moment où le chirurgien,
- 43:27le obstétricien arrive.
- 43:31Donc là...
- 43:32Il ne se passe pas grand-chose,
- 43:34donc j'ai encore du temps.
- 43:35Et j'ai du temps pour proposer à la femme d'apprendre ou de réviser,
- 43:41si elle ne l'a pas vu avant,
- 43:44de réviser la façon dont elle doit devoir respirer lors de la naissance.
- 43:49Donc c'est l'inspiration par le nez et l'expiration,
- 43:52ou le fait de souffler,
- 43:54par la bouche.
- 43:55Et parallèlement,
- 43:56je me sers de ma main pour faire ce qu'on appelle un pacing dirigé.
- 44:00Ben,
- 44:00ici,
- 44:00c'est...
- 44:01respirer en même temps que le patient et le diriger avec son doigt.
- 44:06Donc je demande à la dame de souffler sur mon doigt qui s'éloigne de son visage.
- 44:12Donc il y a une focalisation extrême sur le doigt et j'en profite pour donner plein de suggestions que ça va être facile,
- 44:19que c'est super ce qu'elle fait,
- 44:21que la naissance va être vraiment incroyable,
- 44:23etc.
- 44:25Et ça leur apprend en même temps à souffler.
- 44:27Et de plus,
- 44:28ça permet en allongeant Euh...
- 44:31l'expiration,
- 44:33d'activer une partie du système nerveux,
- 44:36qu'on dit système nerveux autonome,
- 44:38qui est la partie parasympathique.
- 44:40En gros,
- 44:40dans notre système nerveux,
- 44:42il y a une partie qui est l'accélérateur,
- 44:44qui fait accélérer le cœur,
- 44:45qui fait augmenter la tension,
- 44:48qui est liée un peu à la fuite,
- 44:52au combat,
- 44:52et puis une partie de résilience,
- 44:54qui est la partie parasympathique,
- 44:56qui est la partie de repos,
- 44:57notre cœur se ralentit,
- 44:58notre tension baisse.
- 45:00Et on sait que lorsqu'on souffle longtemps,
- 45:03lorsqu'on augmente la partie expiratoire de la respiration,
- 45:07on active le parasympathique,
- 45:09donc ces capacités du système nerveux autonome de nous fabriquer du calme,
- 45:14de la détente,
- 45:15de la réassurance.
- 45:16Et donc en allongeant l'expiration,
- 45:19puisqu'elles soufflent sur mon doigt,
- 45:20donc elles sont obligées de souffler tant que mon doigt s'éloigne,
- 45:22je leur suggère qu'elles vont être plus calmes aussi.
- 45:24Et je fabrique du calme.
- 45:27Alors,
- 45:27et cette naissance ?
- 45:29Comment va participer cette parturiante à la naissance de son enfant par voie haute ?
- 45:35Alors,
- 45:35il y a un signal.
- 45:37Le signal,
- 45:38c'est quand le chirurgien rond la poche des os.
- 45:41Pourquoi ?
- 45:41Parce que c'est assez simple.
- 45:42Parce qu'on entend à ce moment-là l'aspiration par l'aide du liquide amniotique.
- 45:47Pour ne pas qu'il y en ait partout.
- 45:48Donc,
- 45:48on entend le bruit de l'aspirateur.
- 45:50Donc,
- 45:50je sais que c'est le signal pour moi.
- 45:51Je sais que juste après,
- 45:52on va mettre les écarteurs et qu'on va pousser.
- 45:55Donc,
- 45:56je dis à la...
- 45:57au couple,
- 45:57je dis,
- 45:58ben voilà,
- 45:58ça y est,
- 45:59la poche des oeufs est rompue,
- 46:00donc je vais vous demander de commencer à respirer.
- 46:03Et quand,
- 46:04donc à ce moment-là,
- 46:05le processus de la naissance est enclenché.
- 46:08Et dès que,
- 46:08alors moi j'ai un oeil au-dessus et un oeil sur le couple.
- 46:11Est-ce qu'on fait une ouverture dans le champ ?
- 46:13À quel moment on la fait ?
- 46:14Alors,
- 46:14on fait l'ouverture au moment où la tête va commencer à sortir,
- 46:17quand je vois que la tête va commencer à sortir.
- 46:20Parce que le chirurgien prépare la zone et à un moment donné,
- 46:23il enlève les écarteurs et la tête va commencer à sortir.
- 46:26Et c'est à ce moment-là qu'il faut...
- 46:27Alors,
- 46:28on a des champs qu'on dit fenestrés,
- 46:30c'est-à-dire les champs opératoires,
- 46:31ce sont des grands draps,
- 46:32il y en a des horizontaux sur le patient ou la patiente,
- 46:36mais il y en a aussi des verticaux qui sont la barrière de séparation entre l'équipe chirurgicale et l'équipe patient-anesthésie.
- 46:42Et souvent,
- 46:42le patient,
- 46:43il l'a en face de ses yeux et de sa tête.
- 46:46Donc,
- 46:47il ne voit pas ce qui se passe de l'autre côté.
- 46:48Exactement.
- 46:48Donc,
- 46:49on a des champs fenestrés,
- 46:50c'est-à-dire qu'il y a une partie qui est transparente.
- 46:54Un peu comme les châssis pour la culture.
- 46:56Et donc,
- 46:57on peut relever la partie qui n'est pas transparente de manière à ce que le couple puisse voir au travers de cette petite fenêtre ce qui se passe.
- 47:04Et donc,
- 47:05ils ont pile poil la vue sur la tête du bébé.
- 47:07D'accord.
- 47:08Ce n'est pas impressionnant ?
- 47:10Pas plus qu'un accouchement par voie basse.
- 47:11Pas plus qu'un accouchement par voie basse.
- 47:12C'est la même chose.
- 47:12Je dirais même que c'est moins impressionnant.
- 47:15Moi,
- 47:15je trouve ça moins impressionnant.
- 47:16Je ne sais pas.
- 47:17Honnêtement,
- 47:17je trouve ça moins impressionnant qu'un accouchement par voie basse.
- 47:20Et puis,
- 47:21on voit la tête qui sort.
- 47:22Donc,
- 47:23on demande à la femme de souffler,
- 47:25on lui soulève un peu la tête.
- 47:26Ça,
- 47:27c'est le rôle du coparent,
- 47:28de manière à ce qu'elle puisse voir,
- 47:29qu'elle puisse aussi mobiliser ses muscles.
- 47:32Elle pousse ?
- 47:34Elle pousse.
- 47:34On lui demande de pousser.
- 47:35Donc,
- 47:35elle accouche de son enfant ?
- 47:36Elle accouche de son enfant,
- 47:38même si ses muscles poussent.
- 47:39Pas trop parce qu'il y a l'arraché anesthésie,
- 47:42mais elle pousse dans sa tête et il y a quand même des muscles qui poussent.
- 47:45Et donc l'obstétricien,
- 47:47il va lentement pour aider à sortir.
- 47:50Il dirige très lentement.
- 47:51C'est vraiment une direction.
- 47:53Dans les césariennes non naturelles,
- 47:54c'est l'obstétricien qui tire l'enfant.
- 47:56Là,
- 47:57dans les césariennes naturelles,
- 47:58c'est la femme qui pousse et le chirurgien qui dirige.
- 48:02C'est un autre avantage,
- 48:04c'est que l'enfant va rester plus longtemps dans la cavité utérine.
- 48:09Et ces pieds vont pouvoir tamponner cette cavité éthérine,
- 48:13c'est-à-dire appuyer sur les parois de l'utérus et favoriser ce qu'on appelle l'hémostase,
- 48:19c'est-à-dire le fait qu'il y a toujours un peu de sang qui part,
- 48:23parce qu'il y a le placenta qui se décolle,
- 48:25etc.
- 48:26Donc,
- 48:27ça favorise le fait qu'il y ait de moins de sang possible à sortir.
- 48:30Et donc,
- 48:30ça,
- 48:30c'est vraiment hyper,
- 48:32hyper utile.
- 48:34Et puis donc,
- 48:35le bébé sort.
- 48:36Au moment où le bébé sort,
- 48:38le chirurgien clampe le cordon qui relie l'enfant à son placenta.
- 48:44À ce moment-là,
- 48:45on rebaisse le champ opératoire et le bébé vient de l'autre côté.
- 48:49Il est mis tout de suite avec la maman.
- 48:53Dans la salle de naissance,
- 48:55il y a le pédiatre qui est avec nous.
- 48:57Et il y a la petite table de naissance.
- 48:59Comme on dit,
- 49:00c'est une petite table où le pédiatre fait les premiers soins de l'enfant.
- 49:03à savoir,
- 49:04il met un
- 49:05il refait ce que le chirurgien a fait,
- 49:07c'est-à-dire qu'il met un clan plus petit,
- 49:09plus propre que le chirurgien,
- 49:10enfin plus propre non,
- 49:11mais plus petit,
- 49:13plus pratique.
- 49:15Sur le nombril,
- 49:17sur l'ombilique,
- 49:18sur le petit bout du cordon qui dépasse,
- 49:22on essuie l'enfant parce qu'ils sont quand même un peu humides,
- 49:24on met un petit bonnet pour qu'il soit bien chaud dans la salle,
- 49:26on commence un peu à les habiller,
- 49:28et puis le pédiatre fait les premiers soins,
- 49:30on voit si tout est bien normal.
- 49:32juste à côté de la maman et du coparent.
- 49:34Donc ça,
- 49:34c'est à 30 centimètres.
- 49:35C'est sous l'œil de la maman.
- 49:36Ah oui,
- 49:37à 30 centimètres.
- 49:38Ça dure environ 5-10 minutes,
- 49:40tout ça.
- 49:41Quand le bébé a son petit habillement et au moins sa couche,
- 49:46eh bien,
- 49:47on le laisse torse nu et on le met contre la maman en faisant du peau à peau contre le sein de la maman.
- 49:55Donc ça,
- 49:55c'est un moment qui est vraiment génial parce que c'est hyper émouvant.
- 49:59Toujours.
- 50:00Moi,
- 50:00je pleurais tout le temps.
- 50:01Ah oui.
- 50:02Toi aussi ?
- 50:03Même après tant d'années ?
- 50:05C'est hyper émouvant,
- 50:06rien d'en parler c'est émouvant
- 50:07Et donc on met le bébé contre la maman
- 50:10Et là c'est merveilleux
- 50:13Et donc le coparent Tient là encore
- 50:16Parce que c'est quand même une position un peu instable pour le bébé Donc tient
- 50:20Le bébé sur la maman
- 50:22Auparavant on a fait attention Lors de l'installation de mettre toute la surveillance Dans des endroits qui ne vont pas
- 50:28Utiliser la poitrine de la maman Parce que d'habitude on met
- 50:30La surveillance cardiaque,
- 50:31elle est faite sur des petites pastilles qu'on met sur la poitrine.
- 50:35C'est les crottes,
- 50:35les fils,
- 50:36on les dégage pour que le poids apporte.
- 50:38Les fils sont mis sur le pied,
- 50:40le fil de l'oxygénation par exemple,
- 50:42sur le pied.
- 50:43Et puis le tensiomètre,
- 50:44une fois que les tensions sont bonnes pendant une partie du temps,
- 50:47souvent moi je le détache,
- 50:48je le vois bien.
- 50:49Pour arrêter de médicaliser quand ce n'est pas nécessaire.
- 50:52Et la maman tient son enfant.
- 50:55Et à ce moment-là,
- 50:56je fais les photos.
- 50:58C'est excellent.
- 50:59Du coup,
- 50:59je trouve que c'est mieux que ce soit le papa qui tienne le bébé.
- 51:03Et c'est moi qui fais les photos.
- 51:04Donc,
- 51:04je propose de faire les photos.
- 51:05Anesthésiste,
- 51:06photographe de naissance.
- 51:08Oui,
- 51:08mais c'est super.
- 51:09C'est magnifique.
- 51:09C'est super.
- 51:10Puis,
- 51:11je sais faire les photos de manière à ce qu'on ne voit pas les trucs qui ne sont pas bien.
- 51:15Maintenant,
- 51:15tu as de l'expertise sur la photo de naissance.
- 51:18C'est excellent,
- 51:19j'adore.
- 51:21J'ai envie de savoir,
- 51:22du coup,
- 51:23l'état d'esprit de la maman au moment de la naissance.
- 51:26Est-ce qu'elle est en état d'hypnose ?
- 51:28Alors...
- 51:29Ce qui est très important,
- 51:30c'est si elle est plutôt en processus hypnotique,
- 51:34il ne faut pas qu'elle soit dissociée.
- 51:36Il ne faut pas qu'elle soit ailleurs.
- 51:38Parce que là,
- 51:38on se retrouve dans la situation du viol,
- 51:40exactement.
- 51:41Donc,
- 51:42il faut qu'elle soit présente.
- 51:43Elle peut être,
- 51:46comment dirais-je,
- 51:47en processus hypnotique,
- 51:49mais il faut qu'elle soit archi-focalisée,
- 51:51archi-présente.
- 51:52Et ça,
- 51:52c'est vraiment important.
- 51:53Et le fait de la faire souffler,
- 51:54de la faire regarder.
- 51:56Et pas d'avoir un truc qui se passe,
- 51:58elle ne sait pas ce qui se passe.
- 51:59Ça participe au fait qu'elle est active et qu'elle est présente.
- 52:02Comment tu peux vérifier qu'elle n'est pas dissociée ?
- 52:05Comment je peux vérifier qu'elle n'est pas dissociée ?
- 52:07Ça,
- 52:07c'est une bonne question.
- 52:08Je n'en ai aucune idée.
- 52:09Je ne sais pas.
- 52:11Je pense qu'il y a des signes de dissociation qui sont le fait que la personne paraît ailleurs,
- 52:19le fait que son regard soit vide,
- 52:21fixe,
- 52:22le fait qu'elle ne parle pas,
- 52:23qu'elle ne bouge pas.
- 52:24Ça,
- 52:24c'est des signes de dissociation qu'on peut rencontrer.
- 52:27Mais dans les césariennes,
- 52:28ces signes-là,
- 52:28ils étaient souvent absents parce que souvent,
- 52:31ce sont plutôt des signes de répétition de mouvements,
- 52:35de mal-être qu'on ressent en fait.
- 52:39Là,
- 52:40quand la femme est active,
- 52:41qu'elle souffle,
- 52:41etc.,
- 52:42je sais qu'elle n'est pas ailleurs.
- 52:43Elle est dedans.
- 52:44Oui,
- 52:44elle est dedans.
- 52:46En fait,
- 52:47je ne sais pas comment on peut savoir que la femme n'est pas dissociée,
- 52:50parce qu'elles ne sont plus dissociées maintenant.
- 52:52Je les vois associées à la naissance.
- 52:54Elles sont complètement proactives.
- 52:56Exactement.
- 52:56On est cinq personnes complètement associées à la naissance.
- 52:59La femme,
- 53:00le coparent,
- 53:02le chirurgien,
- 53:03l'aide et moi.
- 53:03Et le bébé.
- 53:04Et le bébé.
- 53:05Ça fait six.
- 53:06Oui,
- 53:06le bébé.
- 53:09C'est toujours un moment puissant.
- 53:11Et alors,
- 53:11le pot à pot avec le coparent ?
- 53:13Alors ensuite,
- 53:14une fois que,
- 53:15là,
- 53:15on a fait le pot à pot avec la maman,
- 53:17il y a le moment où le chirurgien a refermé la petite ouverture,
- 53:23qui est une petite ouverture de 10 cm,
- 53:26qui va être cachée dans le maillot de bain ou dans le slip.
- 53:30Il va y avoir tout un nettoyage,
- 53:32il va falloir enlever les champs.
- 53:33Donc,
- 53:34ce n'est pas pratique pour le bébé.
- 53:36qu'on en profite pour...
- 53:37installer le coparent avec son enfant dans la petite salle où il s'est changé et où sa femme,
- 53:45sa compagne va le rejoindre ensuite de manière à ce que il fasse du pot à pot.
- 53:51Donc on installe des fois c'est moi,
- 53:53des fois c'est les auxiliaires de puriculture qui installent le bébé en pot à pot avec son papa ou sa deuxième maman dans cette petite salle-là,
- 54:01en attendant le retour de la maman en fait.
- 54:06La suite...
- 54:07La césarienne,
- 54:08c'est quand même une chirurgie,
- 54:11malgré tout,
- 54:13avec la réhabilitation qui a été de mieux en mieux organisée autour pour diminuer la douleur,
- 54:22pour faire en sorte que ces mamans qui ont accouché par voie haute puissent être actives et pouvoir participer au premier jour de la vie de bébé,
- 54:34être disponibles pour l'allaitement,
- 54:35tout ça.
- 54:36donc
- 54:36Comment maintenant se fait la réhabilitation post-opératoire ?
- 54:40Alors ça,
- 54:41c'est assez bien programmé.
- 54:42Ça,
- 54:42c'est les sociétés françaises d'anesthésie qui nous disent comment faire.
- 54:46C'est un peu à l'image de ce qu'on retrouve en orthopédie,
- 54:49notamment ce qu'on appelle la RAC,
- 54:51la réhabilitation précoce après chirurgie.
- 54:54Et en fait,
- 54:55la femme est déperfusée rapidement,
- 54:57elle peut se réalimenter rapidement.
- 54:59On fait tout en sorte que ce soit comme un accouchement par voie basse,
- 55:03là encore,
- 55:04et que...
- 55:05toute la partie chirurgicale disparaisse largement.
- 55:11Et la douleur ?
- 55:12La douleur est prise en charge.
- 55:13Déjà,
- 55:14il y a la rachianesthésie.
- 55:17Au sein de la rachianesthésie,
- 55:19on met des produits qui vont durer deux heures à peu près,
- 55:23qui permettent la chirurgie,
- 55:24mais on met aussi des produits qui permettent d'avoir une analgésie de qualité jusqu'à 18 heures après la naissance.
- 55:34Merci.
- 55:35Ce produit est relayé par des médicaments qui sont pris per os,
- 55:42par la bouche,
- 55:43dès la salle de post-césarienne.
- 55:46L'hypnose a quoi comme apport au niveau de la douleur ?
- 55:50Déjà,
- 55:51on utilise en salle de césarienne des échelles de confort plus que des échelles de douleur.
- 55:58Imaginez que vous alliez dans un restaurant et qu'on vous demande de coter entre
- 56:030 et 10
- 56:05le mauvais goût des aliments,
- 56:06c'est un peu idiot parce que vous n'allez pas au restaurant pour avoir des mauvais aliments.
- 56:10Donc on vous demanderait plutôt de coter sur les sites,
- 56:14sur les réseaux sociaux,
- 56:15on vous demande de coter la qualité.
- 56:17Et la qualité maximum,
- 56:19c'est 5 étoiles ou c'est 0 à 10.
- 56:21Et là,
- 56:21on demande de coter le confort parce que la femme,
- 56:24quand elle arrive en salle de post-césarienne,
- 56:28elle est confortable puisqu'elle ne ressent rien en fait.
- 56:31Donc son confort est à 10 et on s'arrange pour lui.
- 56:33parler de confort.
- 56:34Il y avait une étude qui avait été faite et publiée dans une grande revue d'anesthésie par
- 56:39Sina,
- 56:40C-Y-N-A, c'est un auteur australien,
- 56:42je crois,
- 56:43qui montrait l'utilité de ces échelles de confort par rapport aux échelles de douleur,
- 56:47en fait.
- 56:47Parce qu'elles sont beaucoup plus cohérentes avec ce qui se passe quand la femme arrive.
- 56:51Donc,
- 56:51on utilise ces échelles-là et puis,
- 56:54voilà,
- 56:54on donne aussi,
- 56:56alors il y en a eu avant,
- 56:58il y en a pendant la naissance et il y en a après,
- 57:00des suggestions de confort,
- 57:02de réhabilitation.
- 57:04de résilience pour les jours à venir.
- 57:06Chez toi,
- 57:06est-ce qu'on dit encore est-ce que vous avez mal en salle de réveil ?
- 57:10Non,
- 57:10parce que,
- 57:11je vais reprendre l'exemple du restaurant,
- 57:13est-ce que la serveuse qui arrive,
- 57:15tout à l'heure j'étais au restaurant,
- 57:16la serveuse ne m'a pas demandé est-ce que c'était dégueulasse ?
- 57:19Elle m'a dit est-ce que c'était bon ?
- 57:20Est-ce que ça vous a plu ?
- 57:22Donc je fais pareil.
- 57:23Est-ce que tout va bien ?
- 57:25Soit j'ai un doute sur le fait que la personne est un peu mal,
- 57:29à ce moment-là je dis est-ce que tout va bien ?
- 57:31Ou comment ça va ?
- 57:33Si je n'ai aucun doute,
- 57:34c'est-à-dire que je vois une personne qui est relâchée,
- 57:35je dis « ben voilà,
- 57:36votre confort est à combien ? »
- 57:37Si par contre,
- 57:38la personne est extrêmement douloureuse et que ça se voit,
- 57:41il serait presque criminel de lui demander « alors,
- 57:44votre confort ? »
- 57:44alors qu'elle est en train de se tordre de douleur.
- 57:46Donc dans ces cas-là,
- 57:48la matrice cérébrale de la douleur est déjà activée et je peux parler de douleur,
- 57:52j'ai le droit de parler de douleur,
- 57:53mais pas autrement.
- 57:54Parce que sinon,
- 57:55on active la matrice cérébrale de la douleur,
- 57:57on sait.
- 57:58Ça,
- 57:58on le sait depuis 2010.
- 57:59C'était une étude qui était parue dans Pain,
- 58:01qui est un grand journal de médecine aussi.
- 58:05C'est quelqu'un qui s'appelait Richter,
- 58:06je crois,
- 58:07qui a montré que rien qu'en parlant,
- 58:10en donnant à une personne,
- 58:11sans hypnose,
- 58:12sans rien du tout,
- 58:13rien qu'en parlant à une personne de mots comme douleur,
- 58:16souffrance,
- 58:17bourreau,
- 58:17on active,
- 58:18on préactive la matrice cérébrale de la douleur.
- 58:21Et on sait que lorsqu'on préactive cette matrice cérébrale,
- 58:23c'est-à-dire on a
- 58:24tous les centres nerveux qui sont impliqués dans la douleur,
- 58:27dès qu'on les préactive,
- 58:30quand le stimulus nociceptif va survenir,
- 58:33la douleur va être plus importante.
- 58:35Un peu comme un échauffement.
- 58:37Oui.
- 58:38Mais Franck,
- 58:38je me dis que l'hypnose,
- 58:40elle a dû changer tellement de choses en toi depuis tant d'années.
- 58:45Même ta façon de réfléchir,
- 58:47s'il y a des mots que tu dis moins souvent,
- 58:50forcément,
- 58:51ça doit changer même ta perception.
- 58:55du confort,
- 58:56de l'inconfort,
- 58:58ça a dû vraiment complètement métamorphoser ta pratique ?
- 59:03Tout à fait.
- 59:04Jusqu'à quel point ?
- 59:04Ça a métamorphosé le soin,
- 59:07c'est-à-dire que maintenant,
- 59:09je n'ai plus de patients chiants,
- 59:12parce que sinon,
- 59:13avant j'en avais.
- 59:14Maintenant,
- 59:14je dois faire autrement,
- 59:16mais je n'ai plus de patients qui sont vraiment casse-pieds,
- 59:20que je crains de voir.
- 59:21Finalement,
- 59:23j'arrive grâce à l'hypnose et surtout grâce aux techniques de communication qui sont issues de l'hypnose et qu'on enseigne à l'émergence,
- 59:29j'arrive très bien à trouver ce petit pertuit par lequel je vais rentrer dans l'esprit des gens qui va me permettre de m'en faire des alliés or on sait que l'alliance thérapeutique c'est la base du soin et donc je vais arriver à
- 59:47me faire allier de la personne et me faisant allier de la personne et bien
- 59:52Je vais recevoir à mon tour quelque chose de l'ordre de l'empathie,
- 59:56on pourrait dire ça comme ça pour simplifier,
- 59:58qui fait que j'en ai un bénéfice secondaire énorme en fait.
- 1:00:01Est-ce que c'est ça qui te fait réveiller encore la nuit ?
- 1:00:06Alors non,
- 1:00:07non.
- 1:00:07La nuit,
- 1:00:08ce qui me fait réveiller quand je suis à la maternité par exemple,
- 1:00:10c'est le coup de téléphone de la sage-femme qui m'appelle et qui me dit vite code orange.
- 1:00:17Alors ça,
- 1:00:17ça me fait réveiller.
- 1:00:19c'est ce qui me motive pour sortir.
- 1:00:21Grosso modo,
- 1:00:22on a trois réseaux de la motivation.
- 1:00:26Il y a le réseau adrénergique,
- 1:00:28c'est le réseau de l'obligation.
- 1:00:30Je suis obligé d'y aller.
- 1:00:31Je suis payé pour ça,
- 1:00:32je suis responsable,
- 1:00:34j'ai accepté de faire des gardes,
- 1:00:36je suis médecin anesthésiste,
- 1:00:37c'est moi qui suis la bonne personne.
- 1:00:39Donc,
- 1:00:39je suis obligé d'y aller.
- 1:00:40Là,
- 1:00:41je me lève,
- 1:00:41en grognant des fois,
- 1:00:42d'ailleurs,
- 1:00:43quand il est 2h du matin et que je me suis couché à minuit.
- 1:00:46Donc là,
- 1:00:46je grogne et j'y vais.
- 1:00:48Et puis petit à petit,
- 1:00:50comme j'ai acquis,
- 1:00:52un peu comme dans le soin,
- 1:00:53on acquiert des techniques.
- 1:00:55On ne pense plus,
- 1:00:55le chirurgien qui coud,
- 1:00:56il ne pense plus du tout qu'il est en train de coudre,
- 1:00:58il fait ça.
- 1:00:59Ma mère,
- 1:00:59elle nous faisait rester nos devoirs en regardant les chiffres et les lettres et en tricotant,
- 1:01:03tout en surveillant la cuisine parce qu'elle avait tellement l'habitude de faire tout ça qu'elle pouvait faire ça en même temps.
- 1:01:08Donc moi,
- 1:01:08je peux très bien faire ma péridurale,
- 1:01:10faire ma rachianesthésie,
- 1:01:12tout en parlant et en ayant automatisé à la fois le geste et à la fois ce que je dis.
- 1:01:18C'est-à-dire que c'est très technique,
- 1:01:19en fait,
- 1:01:20l'hypnose,
- 1:01:21la communication hypnotique.
- 1:01:22Et donc,
- 1:01:23je peux tout à fait automatiser cela.
- 1:01:24Donc,
- 1:01:24dans un premier temps,
- 1:01:25c'est ce qui passe.
- 1:01:26C'est-à-dire que j'automatise,
- 1:01:27je suis vraiment hyper professionnel.
- 1:01:29Et le fait d'être hyper professionnel fait que,
- 1:01:32malgré tout,
- 1:01:33j'ai un retour.
- 1:01:34Et ce retour-là,
- 1:01:35il fait que je me réveille.
- 1:01:37Je me réveille déjà factuellement,
- 1:01:40je me réveille.
- 1:01:41Et puis,
- 1:01:42en plus,
- 1:01:43je me réveille à la relation.
- 1:01:44c'est à dire que
- 1:01:45L'autre me renvoie de l'empathie,
- 1:01:47je renvoie de l'empathie,
- 1:01:48et en fait,
- 1:01:49ça devient presque agréable,
- 1:01:50et je passe dans un autre mode,
- 1:01:55un mode qui est un mode aussitôt synergique,
- 1:01:58qui est un mode de motivation,
- 1:01:59voilà ce que je cherchais comme mot.
- 1:02:01Aussitôt synergique,
- 1:02:02c'est le mode de la relation,
- 1:02:03qui n'a rien à voir avec le mode dopaminergique,
- 1:02:06qui est aussi un mode de motivation.
- 1:02:09Le dopaminergique,
- 1:02:10c'est tout ce qui est de...
- 1:02:12De l'ordre de le chocolat,
- 1:02:14l'argent,
- 1:02:14le sexe.
- 1:02:14De l'addiction.
- 1:02:16L'addiction,
- 1:02:16exactement.
- 1:02:17Là,
- 1:02:17je n'ai pas d'addiction,
- 1:02:18clairement.
- 1:02:19Une fois que j'ai fait ma césarénée et que ça s'est bien passé,
- 1:02:21je ne suis pas motivé pour en avoir une,
- 1:02:23une heure après.
- 1:02:24Clairement.
- 1:02:26J'ai plutôt envie de dormir.
- 1:02:28Mais,
- 1:02:29celle qui s'est passée...
- 1:02:31Même si au début c'était adrénergique,
- 1:02:33elle devient quelque chose de l'ordre de la relation,
- 1:02:36quelque chose d'agréable.
- 1:02:37Et quand je repars me coucher,
- 1:02:40je suis assez heureux.
- 1:02:41Je pense que c'est vraiment ça le gain énorme de l'hypnose et de toutes les techniques hypnotiques.
- 1:02:47C'est qu'on transforme son métier,
- 1:02:50on en fait ce qu'on avait voulu en faire.
- 1:02:53On a un métier très technique comme anesthésiste.
- 1:02:56Moi j'aime beaucoup la technique,
- 1:02:58j'ai beaucoup aimé ça,
- 1:02:59j'aime encore ça.
- 1:03:01Mais j'aime encore plus le fait d'avoir des vraies relations avec les gens,
- 1:03:04de participer à ce moment tellement émouvant,
- 1:03:06comme tu disais tout à l'heure,
- 1:03:08de la naissance en fait.
- 1:03:09Et puis il y a une bonne ambiance dans la salle de césarienne avec l'aide,
- 1:03:14l'obstétricien,
- 1:03:15même si tout le monde n'est pas réveillé au début.
- 1:03:17Finalement après,
- 1:03:18tout le monde est content.
- 1:03:19Tu appelles ça le cerveau prosocial ?
- 1:03:23Oui,
- 1:03:23c'est ça.
- 1:03:24On active son cerveau prosocial.
- 1:03:26Le cerveau prosocial,
- 1:03:27c'est qu'on active des zones qui sont l'inverse
- 1:03:30des zones du dégoût.
- 1:03:31C'est quand même assez intéressant.
- 1:03:33On active des zones du bonheur.
- 1:03:35C'est un mot qui me plaît bien.
- 1:03:37C'est ça qui te motive encore après tant d'années d'exercice ?
- 1:03:41Oui,
- 1:03:43je crois.
- 1:03:44Vraiment,
- 1:03:44c'est ça qui me motive.
- 1:03:47C'est le fait de travailler en équipe et de travailler avec des patients qui font partie de l'équipe.
- 1:03:53À un moment donné,
- 1:03:54ce sont des intermittents du spectacle.
- 1:03:59mais le spectacle,
- 1:04:00c'est eux qui le font.
- 1:04:01Donc,
- 1:04:02c'est des intermittents vraiment importants.
- 1:04:04Et le fait d'avoir des relations avec ces gens-là,
- 1:04:06c'est hyper important.
- 1:04:09Franchement,
- 1:04:10je pense que si j'avais un métier uniquement technique ou uniquement gang-pain,
- 1:04:15je serais à la retraite.
- 1:04:17Est-ce que l'hypnose participe justement à ces capacités et ces comportements prosociaux et compassionnels ?
- 1:04:26Oui.
- 1:04:26Oui,
- 1:04:27l'hypnose participe à ces comportements prosociaux.
- 1:04:29Ça a été montré là aussi que le fait d'avoir des bonnes relations de ce type-là préservait du burn-out syndrome,
- 1:04:38les syndromes d'épuisement émotionnel.
- 1:04:40On avait fait une étude à émergence qu'on a publiée,
- 1:04:43je crois que c'est dans le Canadian Journal of Anesthesia,
- 1:04:45je ne suis pas hyper sûr,
- 1:04:45mais je crois que c'est ça,
- 1:04:47une étude qui montrait,
- 1:04:48on prenait tous les gens qui venaient se former,
- 1:04:51on a fait ça sur plusieurs années,
- 1:04:52et on leur faisait remplir une échelle qui s'appelle l'échelle de Maslach.
- 1:04:56qui est une échelle qui mesure l'épuisement émotionnel des gens avec plusieurs items.
- 1:05:01Les gens,
- 1:05:01pardon,
- 1:05:02c'était les soignants.
- 1:05:03Des soignants qui allaient se former,
- 1:05:04des infirmiers anesthésistes,
- 1:05:06des infirmiers,
- 1:05:07des médecins anesthésistes,
- 1:05:08des gynéco,
- 1:05:09des urgentistes,
- 1:05:10des médecins généralistes,
- 1:05:11des sages-femmes,
- 1:05:12etc.
- 1:05:13Donc,
- 1:05:13des soignants qui venaient se former et on mesurait leur épuisement émotionnel à temps zéro.
- 1:05:19Et puis ensuite,
- 1:05:20on faisait la formation hypnose.
- 1:05:22Ça dure à peu près un an,
- 1:05:23grosso modo,
- 1:05:24avec plusieurs...
- 1:05:25Ces quatre sessions de trois jours,
- 1:05:27qui sont hyper agréables d'ailleurs pour les gens qui la font.
- 1:05:31Et puis au bout d'un an,
- 1:05:32on leur refaisait,
- 1:05:34c'était un questionnaire complètement anonyme,
- 1:05:37l'échelle de masse lâche.
- 1:05:38Et on s'apercevait que pour plein d'items,
- 1:05:40pour tous les items d'ailleurs,
- 1:05:42d'épuisement émotionnel,
- 1:05:42il y avait une amélioration.
- 1:05:44Les gens,
- 1:05:44rien que le fait d'avoir retrouvé du sens à leur métier,
- 1:05:49leur permettait de diminuer leur épuisement émotionnel.
- 1:05:53Où est-ce qu'on peut ?
- 1:05:54en France,
- 1:05:55trouver des centres formés à la césarienne naturelle ?
- 1:06:00Chez nous,
- 1:06:01évidemment,
- 1:06:02au CHP de Saint-Grégoire,
- 1:06:04à Rennes,
- 1:06:05mais je pense qu'il y a d'autres centres,
- 1:06:07j'avoue,
- 1:06:07je ne sais pas trop,
- 1:06:09mais on a formé beaucoup de gens à émergence,
- 1:06:13et parmi la formation,
- 1:06:14il y a des formations pour les césariennes naturelles,
- 1:06:16il y a des formations qui sont faites pour l'obstétrique,
- 1:06:19pour ceux qui veulent faire
- 1:06:21uniquement de l'obstétrique.
- 1:06:22Il y a des formations d'obstétrique,
- 1:06:24puis il y a des formations pour la douleur aiguë et l'anesthésie,
- 1:06:26dans lesquelles on parle aussi des césariennes.
- 1:06:28Donc,
- 1:06:29tous ces gens-là,
- 1:06:29je pense,
- 1:06:30doivent faire des césariennes naturelles.
- 1:06:32Je n'en doute pas,
- 1:06:33d'ailleurs.
- 1:06:33Parce qu'une fois qu'on l'a fait,
- 1:06:36c'est tellement bien que...
- 1:06:37C'est tellement bien qu'on l'adopte.
- 1:06:39Donc,
- 1:06:39on peut,
- 1:06:40si on est une patiente ou une parturiente,
- 1:06:43de toute façon en parler avec son obstétricien et avec son anesthésiste.
- 1:06:49Bien sûr.
- 1:06:50Je me demandais,
- 1:06:50est-ce que vous faites des césariennes naturelles ?
- 1:06:52Est-ce que c'est même possible ?
- 1:06:53Parce que des fois,
- 1:06:54les demandes peuvent venir des patients.
- 1:06:55Tout à fait.
- 1:06:57La première fois que j'ai fait une hypnose,
- 1:06:59c'était une patiente qui voulait absolument avoir une ligature de trompe avec hypnose.
- 1:07:03Moi,
- 1:07:04je n'étais absolument pas chaud,
- 1:07:05parce que les ligatures de trompe,
- 1:07:07à l'époque,
- 1:07:07se faisaient par une technique de chirurgie qui s'appelle la celluloscopie,
- 1:07:11pour laquelle on nous dit bien qu'il faut endormir les gens.
- 1:07:13Mais il se trouve que le gynécologue avec qui je travaillais était un gynécologue qui avait dix ans de plus que moi.
- 1:07:19Il y a longtemps,
- 1:07:20au tout à fait début de mes études de médecine,
- 1:07:22les celluloscopies,
- 1:07:23elles étaient faites au cabinet du gynéco-obstétricien sous anesthésie locale.
- 1:07:28Il dit,
- 1:07:28mais moi j'en ai fait plein sous local,
- 1:07:29il n'y a aucun problème,
- 1:07:30il ne suffit de ne pas gonfler,
- 1:07:31puisqu'on gonfle avec du gaz carbonique.
- 1:07:34Donc on a fait la celluloscopie,
- 1:07:36ligature de trompe,
- 1:07:38avec hypnose,
- 1:07:39à la demande de la patiente,
- 1:07:40et ça s'est très bien passé.
- 1:07:42Souvent les patients peuvent être des promoteurs de certaines techniques.
- 1:07:45De la demande et du besoin.
- 1:07:47Merci.
- 1:07:48infiniment,
- 1:07:48Franck.
- 1:07:49Est-ce que tu as envie d'ajouter quelque chose au sujet de la naissance par ce mode ou au sujet de l'hypnose ?
- 1:07:57Peut-être tout simplement ce que je dirais,
- 1:07:59c'est que on me demande souvent,
- 1:08:02mais est-ce que ça prend du temps ?
- 1:08:04Est-ce que ça rapporte de l'argent ?
- 1:08:06Est-ce que ça prend du temps ?
- 1:08:07Non,
- 1:08:07ça en gagne.
- 1:08:09Est-ce que ça rapporte quelque chose ?
- 1:08:11Alors,
- 1:08:12on est largement payé de ce qu'on fait avec l'hypnose.
- 1:08:16On est payé de deux manières.
- 1:08:18On est payé par la Sécurité Sociale,
- 1:08:21puisqu'il y a un code pour l'hypnose,
- 1:08:22qui est le code CCAM,
- 1:08:25qui est le code ARNP001.
- 1:08:28La Sécurité Sociale nous offre gracieusement
- 1:08:310€, bien qu'elle ait fabriqué un code de CCAM,
- 1:08:35donc un code de rétribution des actes chirurgicaux et anesthésiques,
- 1:08:39mais il est de 0€.
- 1:08:40Je ne sais pas s'il y a d'autres actes qui sont à 0€.
- 1:08:42Donc ça,
- 1:08:42c'est la première façon d'être rétribué.
- 1:08:45Le deuxième façon,
- 1:08:46c'est ce que je disais tout à l'heure,
- 1:08:48c'est le bonheur des gens,
- 1:08:50c'est le fait d'avoir tout cet amour qui nous est renvoyé et qu'on partage,
- 1:08:57qu'on vole des moments d'amour.
- 1:08:59Et puis l'hypnose,
- 1:09:00c'est peut-être aussi une autre façon de faire des voyages dans la vie des autres.
- 1:09:04Et ça,
- 1:09:07c'est merveilleux.
- 1:09:08C'est absolument facile.
- 1:09:10Merci infiniment,
- 1:09:11Franck Bernard.
- 1:09:12Merci beaucoup pour l'invitation.
- 1:09:19Mes chers amis,
- 1:09:20je suis certaine que ce thème trouvera écho et résonance chez bon nombre d'auditeurs et d'auditrices.
- 1:09:26N'hésitez pas à l'offrir en partage autour de vous et retrouvez-moi sur Instagram.
- 1:09:31A très bientôt !