Latest / Pourquoi ? / « Pourquoi les États-Unis ne débloquent-ils pas le détroit d’Ormuz ? »
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- 0:00Grand angle
- 0:05le soir,
- 0:06repensons notre quotidien.
- 0:09Pourquoi ? Pourquoi ?
- 0:10Avec le
- 0:11podcast Pourquoi ?
- 0:12la rédaction du soir vous invite à poser vos questions,
- 0:14à soumettre vos interrogations sur le monde qui nous entouré,
- 0:17politique, économie,
- 0:19culture, relations internationales,
- 0:21enseignement, santé où journalisme.
- 0:22Aucun sujet n'est interdit.
- 0:24Découvrez la réponse à une question dans le podcast du jour.
- 0:28Je m'appelle Pierre Fagnard et vous écoutez pourquoi,
- 0:30le podcast du soir qui questionne pour mieux comprendre.
- 0:34Continuez de vous demander pourquoi,
- 0:35pour mieux comprendre pourquoi.
- 0:44Cette semaine,
- 0:45on va partir de 2 questions similaires liées
- 0:48à l'actualité internationale et au marché du pétrole.
- 0:51Annette nous demande
- 0:52pourquoi les États-Unis laissent ils les gardiens de la révolution contrôler le détroit d'Ormuz
- 0:57alors qu'ils disposent d'un arsenal permettant de s'en emparer?
- 1:00? Même ordre d'idée pour Pierre qui nous demande
- 1:03pourquoi les Américains ne débloquent t ils pas le détroit d'Ormuz ?
- 1:06Ce détroit situé au sud de l'Iran est au cœur de la guerre
- 1:10avec une réouverture du détroit d'Ormuz
- 1:12pour ouvrir le détroit d'Ormuz,
- 1:16des bateaux dans le détroit d'Ormuz.
- 1:18Pour répondre à ces 2 questions,
- 1:20il faut d'abord faire un petit peu de géographie.
- 1:22Le détroit d'Ormuz,
- 1:23c'est un détroit qui permet la communication entre le golfe Persique et le golfe d'Oman.
- 1:28Autrement dit,
- 1:29c'est la seule route qui permet de.
- 1:31Partir du Golfe Persique,
- 1:32c'est une voie commerciale essentielle
- 1:34pour comprendre à quel point c'est un endroit stratégique.
- 1:36Je suis allé trouver Bernard Padoan,
- 1:38le spécialiste énergie du pôle planète.
- 1:41Bonjour Bernard,
- 1:41bonjour Pierre,
- 1:42pourquoi est ce que le détroit d'Ormuz est à ce point là un point essentiel?
- 1:45? Mais principalement parce que c'est par là que transite
- 1:47à peu près,
- 1:48on va dire à peu
- 1:49près. 1/5
- 1:51du pétrole,
- 1:51pétrole et
- 1:52produits pétroliers raffinés qui est consommé
- 1:54chaque jour
- 1:55dans le monde,
- 1:56et l'équivalent
- 1:57aussi à peu près 1/5
- 1:58du gaz naturel liquéfié qui est
- 2:00voilà qui est utilisé chaque jour dans le monde.
- 2:02et c'est.
- 2:03Très important parce que c'est
- 2:04un un
- 2:05véritable goulet d'étranglement.
- 2:07Les pays producteurs sont
- 2:08autour du Golfe Persique.
- 2:09Le Golfe Persique,
- 2:10c'est un cul-de-sac.
- 2:11Et donc pour sortir
- 2:12le pétrole et le gaz du Golfe Persique,
- 2:14il faut passer
- 2:15par le détroit d'Ormuz qui est qui est coincé entre
- 2:18entre l'Iran
- 2:19et Oman.
- 2:20C'est donc par là que passe une partie du pétrole produit en Iran,
- 2:23à Oman,
- 2:24aux Émirats arabes unis,
- 2:25mais aussi en Irak ou au Koweït.
- 2:27Depuis les frappes israélo-américaines
- 2:29en Iran,
- 2:29le détroit a été sanctuarisé,
- 2:32c'est à dire qu'il n'est pas techniquement fermé,
- 2:34mais formellement,
- 2:34il n'est pas fermé.
- 2:35Si par fermé on entend-il y a des
- 2:37bateaux qui barrent l'accès ou bien ou bien
- 2:39y a des mines qui ont été
- 2:40placées tout
- 2:42en travers du détroit pour empêcher les bateaux de passer,
- 2:44c'est pas le cas,
- 2:45ce n'est pas
- 2:46physiquement fermé.
- 2:48Ce qui se passe,
- 2:48c'est qu'aujourd'hui la menace qui pèse
- 2:51sur les bateaux qui tenteraient leur chance,
- 2:53qui tenteraient le passage,
- 2:54elle est très haute.
- 2:55D'abord, la menace d'une.
- 2:57Balle perdue,
- 2:57entre guillemets,
- 2:58Ben d'un
- 2:58drone perdu ou d'un missile perdu,
- 3:00on pourrait dire ça.
- 3:02Et puis
- 3:02deuxièmement, simplement,
- 3:03les Iraniens ont dit
- 3:05que ils en avaient le contrôle et que c'était eux qui décidaient qui peut passer.
- 3:09Et voilà,
- 3:09cette menace-là suffit à faire à faire reculer
- 3:13les compagnies
- 3:14de transport maritime,
- 3:15tout simplement parce que les assureurs ont fait
- 3:17exploser les primes
- 3:18en disant voilà,
- 3:19si vous tentez votre chance,
- 3:20Ben vous serez pas couvert.
- 3:21Et on a vu que plusieurs bateaux ont été touchés
- 3:24par des par des
- 3:25projectiles dont on ne sait pas toujours quelle était l'origine.
- 3:28Mais il y a une dizaine de bateaux environ
- 3:31qui, depuis le début de la guerre,
- 3:32ont été touchés et donc
- 3:33en fait,
- 3:33plus personne
- 3:34n'ose y aller.
- 3:35Il est bloqué par la menace.
- 3:37Maintenant, je dois vous faire une confidence.
- 3:39J'ai développé une nouvelle passion en
- 3:40travaillant sur ce podcast.
- 3:42Ça s'appelle Marine Traffic,
- 3:43c'est le Flight radar des bateaux.
- 3:45En un clic,
- 3:45on a une carte du monde constellée de dizaines et de dizaines de
- 3:49petits points.
- 3:50Ces petits points,
- 3:50ce sont tous les bateaux qui naviguent à l'instant T.
- 3:53C'est absolument fascinant.
- 3:54En zoomant sur le golfe Persique,
- 3:56l'évidence, au large d'Abu Dhabi,
- 3:58de Ras Lafan au Qatar,
- 4:00ou du champ pétrolier de Safania,
- 4:02des dizaines de pétroliers,
- 4:04de tankers,
- 4:04de méthaniers attendent.
- 4:06Et quand on déplace la carte sur le fameux détroit d'Ormuz.
- 4:09Il y
- 4:09a plus personne.
- 4:10Pourtant, dans le coin,
- 4:11l'armée américaine a une véritable armada
- 4:14à même de protéger les bateaux.
- 4:15C'est l'objet de la question posée par Annette et Pierre.
- 4:18Alors, pourquoi est ce que les États-Unis ne forcent pas le passage ?
- 4:21On est toujours avec Bernard Padoan,
- 4:23alors il pourrait faire 2 choses,
- 4:24il pourrait,
- 4:25et le président Trump l'a évoqué,
- 4:27c'est escorter les bateaux.
- 4:28Mais même escorter les bateaux,
- 4:31est-ce que ça suffit?
- 4:31? On sait que depuis la côte,
- 4:33le détroit il est pas très large,
- 4:35il fait
- 4:36entre 50 et 40 km en fonction de l'endroit où on se trouve.
- 4:39Ben depuis la côte,
- 4:39il est très facile de tirer sur un bateau,
- 4:41un bateau qui passerait.
- 4:42Même s'il est escorté,
- 4:43on peut tirer sur le bateau militaire.
- 4:46Alors ils ont évidemment des moyens de défense,
- 4:48des missiles antimissiles,
- 4:49ce genre de choses sur les bateaux.
- 4:50Mais il faudrait d'abord escorter énormément,
- 4:52énormément de tankers et de méthaniers.
- 4:55Et puis l'autre possibilité,
- 4:57c'est de bombarder
- 4:58les bases iraniennes de missiles ou de drones.
- 5:00Mais d'abord,
- 5:00y en a énormément.
- 5:01Alors, je suis pas effectivement un spécialiste militaire,
- 5:03mais pour être
- 5:04pour s'assurer qu'il n'y a plus aucun soldat iranien,
- 5:07aucun gardien de la révolution qui ait
- 5:09à sa disposition un drone ou un missile qui peut tirer sur un bateau
- 5:12qui s'aventurerait dans le détroit,
- 5:13Ben je crois qu'il faut déjà bombarder pendant très longtemps et bombarder beaucoup de monde.
- 5:16On ne connaît pas tous les détails du
- 5:19système de défense
- 5:20iranien tout au long du détroit
- 5:22et je pense que militairement,
- 5:23c'est très difficile d'arriver au risque 0.
- 5:26De faire en sorte que il n'y ait plus aucun risque
- 5:28de se faire tirer dessus au moment où on passe.
- 5:30On voit
- 5:31d'ailleurs que de l'autre côté de
- 5:32la péninsule,
- 5:33dans le
- 5:33dans la mer Rouge,
- 5:34au détroit de Bab El Mandeb,
- 5:36au Yémen,
- 5:37Ben là y a les rebelles houthis qui
- 5:39périodiquement peuvent tirer sur des bateaux qui passent.
- 5:42Ils ont été aussi lourdement bombardés par les
- 5:44Américains, mais ils ont toujours la possibilité,
- 5:46ils ont toujours les moyens de
- 5:48bloquer un bateau.
- 5:49Pour ce podcast,
- 5:50j'ai également appelé Emmanuel H,
- 5:52directeur de recherche à l'IRIS,
- 5:54l'Institut des relations.
- 5:55internationale et stratégique,
- 5:57et je lui ai posé la même question.
- 5:59Le détroit d'Ormuz,
- 6:00c'est 40 km de détroit,
- 6:02c'est dans sa largeur,
- 6:03on a des sections qui font quelques
- 6:05kilomètres. Alors on pourrait se dire effectivement,
- 6:08on pourrait sécuriser,
- 6:09mais le problème c'est que,
- 6:10j'ai presque envie de vous dire,
- 6:11il n'y a pas que le détroit d'Ormuz,
- 6:12tout le Golfe arabo-persique,
- 6:14il est important.
- 6:15Pourquoi ? Parce que
- 6:16vous allez avoir dans le Golfe arabo-persique
- 6:18la majeure partie
- 6:20des pays producteurs de pétrole,
- 6:21et quelque part,
- 6:22il faut sécuriser à la fois les
- 6:23installations énergétiques
- 6:25sur territoire
- 6:27de ces pays riverains
- 6:28et également les flux.
- 6:30Et donc les flux,
- 6:31on pourrait essayer de les sécuriser,
- 6:33mais aujourd'hui,
- 6:34la problématique,
- 6:35elle est presque plus
- 6:36assurantielle qu'en matière
- 6:38de flux maritimes.
- 6:39Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucun assureur qui souhaite assurer des bateaux
- 6:43qui souhaiterait transiter par le détroit d'Ormuz.
- 6:45On a déjà eu des dommages,
- 6:47notamment sur une raffinerie en Arabie Saoudite,
- 6:49on a eu
- 6:51aussi des dommages,
- 6:52notamment au Qatar.
- 6:54Le Qatar a décidé
- 6:56notamment de suspendre sa production.
- 6:59Donc, ça veut dire que,
- 7:00bien évidemment,
- 7:01les infrastructures énergétiques,
- 7:03ce sont des infrastructures critiques.
- 7:05Et aujourd'hui,
- 7:06dès que vous allez avoir
- 7:08un dommage sur une de ces infrastructures,
- 7:10ça peut être aussi
- 7:12un terminal,
- 7:12notamment un terminal
- 7:14pétrolier, des dépôts pétroliers,
- 7:16on va avoir
- 7:17une recrudescence des tensions et de la volatilité.
- 7:21Et le problème,
- 7:22c'est que si vous voulez,
- 7:23aujourd'hui, certains pays,
- 7:25comme à se
- 7:26demander s'ils ne vont pas faire des
- 7:28arrêts préventifs
- 7:29d'une partie des
- 7:30installations énergétiques,
- 7:33notamment au Qatar,
- 7:35en Arabie saoudite,
- 7:36mais également dans les Émirats arabes unis.
- 7:38Donc ça veut dire que,
- 7:39potentiellement, on pourrait avoir à terme
- 7:43une augmentation des tensions.
- 7:44Pour y voir plus clair,
- 7:46j'ai rendez-vous avec Adel El Gamal,
- 7:47professeur en géopolitique de l'énergie à l'Université
- 7:50Université libre de Bruxelles.
- 7:51Il est également secrétaire général de l'Alliance européenne pour la recherche en énergie,
- 7:56l'eera. C'est justement là que j'ai rendez-vous.
- 7:59Allô ? Oui,
- 8:00bonjour, j'ai rendez-vous avec le professeur El Gamal.
- 8:04Merci beaucoup.
- 8:06Là, ce serait une possibilité aujourd'hui d'imaginer un espèce
- 8:09de couloir sécurisé par l'armée américaine pour permettre aux pétroliers de transiter.
- 8:13Alors, je
- 8:14bon, je ne suis pas un militaire,
- 8:16donc je ne peux pas me prononcer avec certitude,
- 8:18mais c'est en tout cas quelque chose que
- 8:21différents pays envisagent.
- 8:22C'est très clair.
- 8:23C'est pour ça aussi qu'on voit
- 8:24une telle concentration de
- 8:26bateaux, de
- 8:26porte-avions dans ce coin.
- 8:28C'est évidemment une des options,
- 8:30c'est de sécuriser militairement le
- 8:32transit des navires pétroliers et gaziers
- 8:35à travers le détroit.
- 8:36Il faut quand même se rendre compte que
- 8:37c'est relativement compliqué parce que
- 8:40le détroit étant ce qu'il
- 8:42est-il est quand même
- 8:43extrêmement vulnérable
- 8:45depuis le continent.
- 8:47Donc même des petites factions,
- 8:50des unités mobiles peuvent
- 8:52ont une capacité
- 8:53de nuisance
- 8:53extrêmement importante.
- 8:54Sans compter en fait
- 8:56que comme le détroit est extrêmement étroit,
- 8:58il est très facile
- 8:59a priori de
- 9:00déposer des mines,
- 9:02même avec des petites
- 9:03embarcations. Donc c'est pas des
- 9:04c'est pas des grandes opérations militaires.
- 9:07qui sont nécessaires
- 9:08pour créer une nuisance
- 9:10ou une insécurité importante.
- 9:12Qui dit insécurité dit réduction du trafic,
- 9:14augmentation des primes d'assurance,
- 9:17augmentation du prix,
- 9:18incertitude et instabilité.
- 9:20Donc même
- 9:22avec un renfort militaire massif,
- 9:24cela va permettre de débloquer peut-être temporairement
- 9:28les flux,
- 9:29mais ce n'est pas pour ça que la zone sera
- 9:31sécurisée d'un point de vue de l'approvisionnement.
- 9:33La flambée des cours,
- 9:34c'est cette incertitude,
- 9:35en fait,
- 9:35ce n'est pas
- 9:36juste le fait que le détroit
- 9:37soit bloqué,
- 9:37c'est le fait qu'on ne sache pas.
- 9:38Absolument. Il
- 9:39faut savoir
- 9:41que les marchés réagissent en anticipation,
- 9:43on se projette dans le futur
- 9:46et donc c'est bien pour ça que
- 9:47c'est très difficile de lire en fait ce qui se passe
- 9:49pour le moment puisque hier matin ça a complètement explosé
- 9:52à des niveaux qui
- 9:54n'étaient même
- 9:55pas vraiment anticipés
- 9:56et puis aujourd'hui ça a assez fort diminué de nouveau,
- 9:59ça pourra remonter demain
- 10:01et en fait tout ça se fait au gré de
- 10:03comment le marché analyse les différentes déclarations
- 10:06Et le
- 10:06déroulement de la
- 10:07situation sur le terrain.
- 10:09Et aujourd'hui,
- 10:09c'est particulièrement difficile
- 10:11à déchiffrer parce que
- 10:12on a
- 10:14un Donald Trump
- 10:15qui est
- 10:15plus illisible
- 10:16que jamais puisque
- 10:18on ne sait pas en fait
- 10:19s'il va lancer des troupes au sol ou bien s'il va arrêter la guerre.
- 10:22Et s'il va arrêter la guerre,
- 10:23on ne sait
- 10:24pas comment.
- 10:24Et puis se greffent à cette incertitude-là,
- 10:28les déclarations de l'Iran et le fait qu'ils
- 10:30ont donc nommé un nouveau guide suprême
- 10:32qui a déclaré en fait
- 10:34qu'il n'était pas du tout dans
- 10:35une posture de
- 10:36négociation et d'arrêt de guerre.
- 10:38Et se
- 10:38greffe une troisième incertitude
- 10:40qui est l'agenda politique d'Israël,
- 10:42renverser le
- 10:43régime et s'assurer que
- 10:45voilà qu'il y ait une transition
- 10:47qui leur soit
- 10:48favorable. Chose qui,
- 10:50à mon avis,
- 10:50est relativement illusoire parce que ça va être extrêmement difficile à réaliser malgré.
- 10:54les tapis de bombes
- 10:56qu'ils sont en train de déverser sur les rangs.
- 10:57Là on voit qu'il y a autre chose qu'on n'avait peut-être pas particulièrement anticipé,
- 11:01c'est des frappes directes
- 11:02sur des infrastructures pétrolières,
- 11:04c'est encore plus problématique que le blocage du détroit d'Ormuz.
- 11:08Absolument, vous avez tout à fait raison parce que le
- 11:10blocage du détroit d'Ormuz,
- 11:11on peut imaginer
- 11:13que soit par la force militaire,
- 11:14soit par un
- 11:15deal, et ça,
- 11:17reste une possibilité
- 11:18d'avoir un scénario,
- 11:19je dirais
- 11:20de façon simpliste,
- 11:21à la Venezuela,
- 11:22c'est-à-dire où Trump
- 11:24finalement sortirait de cette crise
- 11:27en faisant un deal
- 11:29qui lui permettrait de mettre
- 11:30la main sur une partie
- 11:32du commerce pétrolier
- 11:33originaire de l'Iran.
- 11:34Ça, reste dans l'ordre du possible et donc on aurait une crise qui aurait eu
- 11:38des pics relativement élevés,
- 11:40mais encore une fois,
- 11:40ce n'est pas tellement l'amplitude des pics qui est important,
- 11:43c'est la durée de la crise qui est importante,
- 11:44on peut y revenir tout à l'heure.
- 11:46Par contre,
- 11:47effectivement, les attaques sur les infrastructures,
- 11:49c'est tout à fait différent puisque là on est hors d'usage d'infrastructures majeures
- 11:53qui mettent des semaines
- 11:54voire des mois
- 11:55à retrouver leur niveau de production.
- 11:57Et donc là effectivement,
- 11:58on s'installe dans la durée.
- 12:00C'est ça quelque chose qu'il faut expliquer
- 12:02aussi il me semble.
- 12:03On en avait aussi parlé au moment
- 12:05de l'opération américaine au Venezuela où on disait mais les infrastructures pétrolières vénézuéliennes,
- 12:09il faudra des
- 12:10années avant de les relancer.
- 12:11C'est une
- 12:13technologie particulière,
- 12:14tellement lourde,
- 12:15tellement précise
- 12:16que ça demande effectivement
- 12:17beaucoup de temps.
- 12:18On peut pas en un claquement de doigts entre guillemets dire hop,
- 12:20c'est reparti,
- 12:20on relance l'exploitation.
- 12:22C'est de l'industrie lourde.
- 12:24Et donc c'est des choses qui mettent beaucoup de temps.
- 12:26Il y a quand même tout
- 12:27un aspect sécuritaire,
- 12:28toujours en particulier pour le gaz,
- 12:30mais pour le pétrole aussi.
- 12:31Et donc ça met assez bien de
- 12:32temps à
- 12:33reconstituer ces infrastructures
- 12:36et à les remettre en production.
- 12:37Donc il y a tout
- 12:38un protocole de remise en production aussi,
- 12:39en particulier pour le gaz.
- 12:41Donc effectivement,
- 12:42toute attaque sur les infrastructures
- 12:45donne en tout cas des coups d'arrêt sur
- 12:47les capacités de production
- 12:49qui sont relativement longs dans le temps
- 12:51et c'est de ça qu'il faut probablement s'inquiéter aujourd'hui,
- 12:53c'est ça que les analystes vont
- 12:54de plus près.
- 12:55Ce n'est pas la hauteur des pics qui importe,
- 12:56c'est combien de temps est-ce que
- 12:58ça fonctionne ?
- 12:58Absolument. C'est que
- 12:59la hauteur des pics,
- 13:00il faut bien se rendre compte que l'économie,
- 13:01elle absorbe.
- 13:03Ce qu'elle regarde,
- 13:04c'est en fait,
- 13:05si je schématise,
- 13:06c'est le prix moyen
- 13:08du gaz ou
- 13:10du pétrole
- 13:11sur une certaine
- 13:12durée financière,
- 13:14que ce soit un
- 13:14trimestre ou une année.
- 13:15Si on a un pic de quelques jours,
- 13:18oui, ça crée une disruption très momentanée,
- 13:21mais ça n'impacte pas véritablement le cours
- 13:24Le coût économique.
- 13:26Par contre,
- 13:26si la durée est un
- 13:28peu plus longue,
- 13:28on le voit déjà maintenant,
- 13:30il y a les discussions
- 13:32sur l'utilisation des réserves stratégiques,
- 13:34puisqu'on sait que depuis les chauffes pétrole des années septante,
- 13:36sous l'intégration
- 13:38de l'Agence internationale de l'énergie,
- 13:40donc des
- 13:40les pays membres de l'IEA,
- 13:42ont des stocks stratégiques pour leur permettre de tenir 3 mois,
- 13:45nonante jours.
- 13:46Et donc on parle aujourd'hui de la libération d'une partie de ces stocks stratégiques,
- 13:50ce qui montre
- 13:50bien que
- 13:51pour éviter un embrasement des cours,
- 13:53on relâche un petit peu
- 13:56de ses stocks.
- 13:57Alors le danger est
- 13:58encore à mon avis plus important du côté du gaz parce qu'on
- 14:01a un marché qui est beaucoup plus inélastique que celui du pétrole,
- 14:05parce que la chaîne
- 14:07d'approvisionnement est
- 14:08plus tendue,
- 14:09il y a moins d'acteurs,
- 14:11elle est plus régionale
- 14:12et il
- 14:12y a moins de surcapacité aussi,
- 14:14le stockage est plus compliqué du gaz
- 14:16et donc
- 14:17d'une façon générale,
- 14:18le marché du gaz réagit de manière
- 14:20beaucoup plus rapide
- 14:21à ces risques
- 14:23que le marché du pétrole.
- 14:24la certitude
- 14:25évidemment pèse
- 14:26pèse lourd parce qu'on ne sait pas combien de temps va durer
- 14:29va durer cette guerre.
- 14:30Pour l'instant,
- 14:30il n'y a pas
- 14:31physiquement de problème d'approvisionnement.
- 14:33Il y a suffisamment de pétrole sur le marché,
- 14:35il y a des réserves,
- 14:36les réserves stratégiques dans tous les pays qui sont
- 14:38qui sont membres de l'Agence internationale de l'énergie.
- 14:40Donc le marché
- 14:42reste toujours approvisionné,
- 14:43mais on ne sait pas pour combien de temps encore le détroit va être fermé,
- 14:47pour combien de temps encore
- 14:48des missiles vont être tirés d'un côté et l'autre
- 14:50et de l'autre du Golfe.
- 14:52Et donc
- 14:53ça Par définition,
- 14:54les marchés n'aiment pas l'incertitude.
- 14:56Ajoutez Y,
- 14:57et ça en plus,
- 14:57on peut pas y échapper une part de spéculation.
- 15:00Il y a toujours évidemment des traders,
- 15:01des investisseurs qui font des paris sur
- 15:04ça va durer longtemps,
- 15:04ça va pas durer longtemps.
- 15:05Et tout ça évidemment alimente,
- 15:07alimente les cours
- 15:08à la hausse comme à la baisse.
- 15:10On voit parfois qu'il a suffi de
- 15:12d'une, d'un,
- 15:12d'un message,
- 15:13d'une phrase
- 15:14du président Trump disant que la guerre était
- 15:16presque finie
- 15:17pour faire
- 15:17retomber brutalement les cours
- 15:19alors que dans la même journée ils avaient-ils avaient grimpé
- 15:21de 30%.
- 15:22Donc oui,
- 15:23l'incertitude. Est
- 15:24évidemment mauvaise conseillère dans ce type de situation.