Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Démystifier l'Intelligence artificielle en santé, appréhender la révolution par Thomas Klein
Transcript
- 0:05Enquête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:15L'intelligence artificielle en santé.
- 0:18Ces deux mots provoquent des réactions passionnées.
- 0:22Pour certains,
- 0:23ils évoquent un futur radieux où les maladies sont vaincues.
- 0:27Pour d'autres,
- 0:28ils sonnent comme une menace,
- 0:31annonçant la fin de la médecine humaine.
- 0:34La réalité,
- 0:35comme souvent,
- 0:36est ailleurs.
- 0:38Excellente égoûte.
- 0:42Bonjour Thomas.
- 0:43Bonjour Imane.
- 0:44Comment vas-tu aujourd'hui ?
- 0:45Très bien,
- 0:46merci.
- 0:47Je suis vraiment très heureuse de t'accueillir aujourd'hui dans Enquête d'accord.
- 0:50Je te remercie de ton invitation,
- 0:52je suis très heureux d'échanger avec toi et d'aller à la rencontre de tes auditeurs.
- 0:55Et bien voilà,
- 0:56c'est un grand plaisir parce que c'est un plaisir et c'est une nécessité.
- 1:00Et j'ai eu le grand,
- 1:02grand bonheur de tomber sur ton livre.
- 1:04Et je ne pouvais imaginer que de le partager avec mes auditeurs.
- 1:09Parce que ton sujet,
- 1:11c'est l'intelligence artificielle et l'intelligence artificielle en santé.
- 1:15Et je le dis tout de suite,
- 1:16au fait,
- 1:17c'est un livre qui s'adresse à tout le monde,
- 1:19au grand public.
- 1:20Donc,
- 1:21ça concerne évidemment le personnel qui travaille en santé,
- 1:26mais pas que.
- 1:28Tu vas très vite l'expliquer dans ton livre.
- 1:30C'est un sujet de société,
- 1:33l'application de l'intelligence artificielle au service de la santé.
- 1:37Je commence par te présenter un petit peu Thomas.
- 1:41Tu es un expert reconnu en intelligence artificielle appliquée à la santé,
- 1:47donc un directeur de stratégie technologique dans une société de tech basée aux États-Unis.
- 1:53Ton parcours est un parcours d'ingénieur qui commence en France.
- 1:57Tu as fait,
- 1:58et tu me corriges si je me trompe,
- 2:01tu as fait ingénieur à Télécom Nancy et tu as complété par la suite ta formation au Royaume-Uni et aussi aux États-Unis,
- 2:11au MIT et à Harvard avec des programmes qui sont appliqués à l'intelligence artificielle.
- 2:17C'est ça ?
- 2:17C'est exactement ça.
- 2:18Et puis,
- 2:19j'ai effectivement eu la possibilité de faire des programmes de certification professionnelle au MIT et à Harvard Medical School.
- 2:26où effectivement on s'est intéressé à l'intelligence artificielle au sens large,
- 2:32au sens scientifique,
- 2:33dans le sujet de la santé précisément.
- 2:36Et ce qui est intéressant Imane,
- 2:37c'est que j'ai fait ces programmes avant la révolution
- 2:44LLM qu'on a connue fin 2022.
- 2:47Donc il y a certaines bases,
- 2:48si tu veux,
- 2:50que je suis,
- 2:51que je connais depuis longtemps,
- 2:53mais on va en parler je pense.
- 2:54Oui,
- 2:54c'est ça.
- 2:54C'est-à-dire que tu as l'historique de l'intelligence artificielle plusieurs années avant que ça apparaisse au grand public et qu'il en prenne conscience.
- 3:02C'est exactement ça.
- 3:03C'est que l'outil formidable,
- 3:07d'ailleurs l'outil formidable,
- 3:08ChatGPT,
- 3:08qui a permis de démocratiser et de rendre l'intelligence artificielle un peu plus mainstream parce que chacun a pu tester l'outil.
- 3:17d'ailleurs c'est l'outil qui a eu la plus forte...
- 3:21utilisation,
- 3:22puisque je crois qu'on est arrivé à 100 millions d'utilisateurs en moins de 3 mois.
- 3:26On n'a jamais eu un outil dans l'histoire qui a généré un tel engouement sur une période aussi courte.
- 3:34Et finalement,
- 3:35ça c'est le bénéfice d'avoir rendu cet outil un petit peu accessible à tout le monde.
- 3:40Mais on va le voir pendant notre échange,
- 3:42il y a beaucoup de bases qui sont vraies depuis des dizaines d'années dans l'intelligence artificielle.
- 3:48Ce n'est pas
- 3:48pas une discipline qui date d'il y a quelques années,
- 3:51ça fait plus de 50 ans que c'est quelque chose qui existe.
- 3:54Oui,
- 3:55et ce n'est pas fini parce que j'apprends dans ton livre que l'avenir est pour d'autres technologies encore.
- 4:01J'ai entendu parler de Contic.
- 4:04Oui,
- 4:06oui.
- 4:07J'essaye de suivre.
- 4:09Tu as vu ?
- 4:12Tu m'en diras un peu plus.
- 4:13Mais en tout cas,
- 4:15tu es consultant en transformation numérique.
- 4:19notamment pour des projets étatiques en France.
- 4:22Tu as accompagné plusieurs organismes publics dans la transformation à l'IA.
- 4:29Donc,
- 4:31c'est un sujet que tu maîtrises parfaitement.
- 4:33Tu as même eu des distinctions.
- 4:35Tu ne le diras pas toi-même,
- 4:36mais moi,
- 4:36je me permets de le dire.
- 4:37Donc,
- 4:38ta vision est une vision de l'intelligence artificielle au service de l'humain.
- 4:44Et comme projet de société,
- 4:46je préfère le dire tout de suite,
- 4:48pour mettre les bases de ta vision et de ce que tu...
- 4:54Oui,
- 4:55dis-moi Thomas.
- 4:55C'est exactement ça.
- 4:56C'est-à-dire que moi,
- 4:57tu l'as dit très justement,
- 4:58moi j'ai démarré avec une vision technique,
- 5:01technologique.
- 5:01Ça c'est le regard et ma formation scientifique.
- 5:06Et après ce qui m'intéresse,
- 5:07c'est comment est-ce qu'on va mettre toute cette technologie et cette intelligence.
- 5:11pour aider les gens,
- 5:13apporter des solutions aux problèmes et essayer peut-être de rendre le monde un petit peu meilleur.
- 5:19Donc c'est vraiment ça moi qui m'anime.
- 5:23Et ce n'est pas un projet qu'on réalise tout seul.
- 5:26Surtout sur la partie santé,
- 5:29la question d'ailleurs c'est comment est-ce qu'on met toutes ces énergies positives et ces énergies vives pour travailler ensemble et proposer des solutions.
- 5:38pour les médecins,
- 5:39pour les patients et pour tous les gens qui sont concernés par la santé.
- 5:43C'est-à-dire absolument tout le monde,
- 5:45peu importe notre âge,
- 5:46peu importe le pays dans lequel on vit.
- 5:49Et c'est pour ça que je pense que le lien en santé est vraiment le sujet sur lequel on doit tous progresser,
- 5:55s'intéresser,
- 5:56être critique aussi.
- 5:58Moi,
- 5:58je crois beaucoup à l'esprit critique sur ce sujet.
- 6:01C'est-à-dire qu'on n'accepte pas les choses parce que quelqu'un les dit.
- 6:06il ne faut pas être non plus dans le rejet de ces avancées je pense qu'il faut chacun avec son oeil,
- 6:12ce qu'on est,
- 6:13se poser des questions sur est-ce que j'adhère est-ce que j'ai des craintes et pouvoir créer le dialogue sur le sujet et c'est pour ça que je pense que ton podcast va dans le sens,
- 6:23c'est pour ça que j'étais avec plaisir d'accepter ton invitation parce que je pense que ça vaut le coup en tout cas de créer le débat et de se poser des questions c'est surtout ton livre
- 6:31Thomas ton livre,
- 6:33j'étais Merci.
- 6:33extrêmement heureuse de tomber dessus parce que avant ça,
- 6:35j'étais paumée,
- 6:36complètement paumée.
- 6:37Je ne savais pas où me retourner pour m'instruire et pour construire une culture au sujet de l'IA en santé.
- 6:44Et je trouve que c'est un livre extrêmement important que j'ai envie de partager avec le plus grand nombre.
- 6:51C'est un ouvrage qui est tout récent.
- 6:53Il est publié fin 2025,
- 6:54il me semble.
- 6:55Et il permet un panorama vraiment clair,
- 6:58vraiment accessible de l'utilisation de l'intelligence artificielle dans
- 7:02le domaine de la santé,
- 7:03donc vraiment tout le public peut le lire.
- 7:07Et tu pars d'un constat simple,
- 7:09malgré l'omniprésence de l'intelligence artificielle dans les médias,
- 7:12parce qu'on entend tout le temps parler de ça,
- 7:15peu de ressources permettent vraiment de comprendre ce qu'elle peut apporter concrètement en santé entre les prophètes de l'apocalypse,
- 7:23j'en ai entendu plusieurs et ça dérange,
- 7:25ça met mal à l'aise,
- 7:27qui prédisent le remplacement des médecins et les technophiles qui promettent
- 7:31L'immortalité,
- 7:33on a envie de se situer,
- 7:35de construire sa propre opinion et de retrouver la réalité.
- 7:40Ton livre va venir démystifier l'intelligence artificielle appliquée à la santé et il va venir explorer concrètement comment l'IA va transformer des domaines comme le diagnostic,
- 7:53on va en parler,
- 7:54la prévention des maladies et l'assistance aux praticiens.
- 7:58et puis comme tu le dis surtout
- 8:00on va pouvoir avoir un débat critique et une réflexion éthique,
- 8:04parce que tu l'as dit tout le long du livre,
- 8:07c'est un projet de société.
- 8:10Et donc,
- 8:11ton livre s'articule,
- 8:14il est bien structuré dans le sens où on commence d'abord par comprendre les fondamentaux.
- 8:19Ça,
- 8:19moi,
- 8:19j'étais heureuse parce que je n'y connais rien,
- 8:21moi,
- 8:22en fonctionnement de l'intelligence artificielle.
- 8:25Est-ce que tu peux nous aider à expliquer,
- 8:27Thomas,
- 8:28Euh...
- 8:29l'intelligence artificielle en santé,
- 8:33quels sont les types d'intelligence artificielle ?
- 8:35Parce qu'a priori,
- 8:36il y en a plein des intelligences artificielles.
- 8:39Oui,
- 8:40l'intelligence artificielle,
- 8:42c'est assez basique en fait,
- 8:43ça reste des mathématiques à la base,
- 8:45ça reste de la partie mathématique.
- 8:47Sur la partie intelligence artificielle,
- 8:48il y a toute la catégorie machine learning qui date maintenant depuis de nombreuses années.
- 8:54Après,
- 8:55il va y avoir un certain nombre de branches,
- 8:57de sous-branches,
- 8:57de sections et de sous-sections.
- 8:59Donc nous,
- 9:00ce qui a rendu les choses un petit peu plus populaires depuis maintenant trois ans,
- 9:03ça va être la partie machine learning,
- 9:06deep learning précisément,
- 9:08et après la partie LLM,
- 9:09LLM l'acronyme de Large Language
- 9:11Model, qui est une approche probabilistique sur toute la partie création,
- 9:18mots.
- 9:18Donc quand on pose une question à un chatbot,
- 9:22Tchadjepété,
- 9:23c'est celui que je cite,
- 9:23mais il y en a plein d'autres.
- 9:27En fait,
- 9:28l'ordinateur va deviner quel est le mot le plus pertinent qui va suivre.
- 9:36Et comment il fait ça ?
- 9:37En fait,
- 9:37il a appris à travers un corpus extraordinaire,
- 9:42extrêmement large,
- 9:44d'informations qui sont disponibles sur Internet,
- 9:46qui sont disponibles dans les livres,
- 9:48qui peuvent être disponibles dans des vidéos,
- 9:49dans des podcasts,
- 9:50etc.
- 9:51Donc le corpus va être extrêmement large pour pouvoir être le plus...
- 9:55pertinents possibles lorsque l'on va faire une demande à ce chatbot.
- 10:00Donc,
- 10:00tu vois,
- 10:00il y a de l'intelligence artificielle.
- 10:02Ça paraît compliqué,
- 10:03mais ce n'est pas si compliqué que ça,
- 10:04en fait,
- 10:05si on essaie d'utiliser des mots simples.
- 10:08Alors,
- 10:08ce que j'ai compris,
- 10:09c'est qu'il y avait des IA qui s'appuyaient sur le langage et d'autres qui s'appuyaient sur d'autres choses que le langage.
- 10:17Il y a des IA multimodales,
- 10:19c'est ça ?
- 10:19Oui,
- 10:20tout à fait.
- 10:20En multimodale,
- 10:21on va...
- 10:22Pour préciser,
- 10:23on va intégrer différents types d'éléments.
- 10:27C'est-à-dire qu'il y a la partie textuelle,
- 10:28ça qu'on comprend,
- 10:29tout ça c'est tous.
- 10:30Mais on peut avoir la partie également son,
- 10:32on peut avoir la partie image,
- 10:35on peut avoir la partie vidéo.
- 10:36Et donc toutes ces parties,
- 10:38toutes ces différentes typologies d'informations vont pouvoir constituer la partie multimodale.
- 10:44Ça va vraiment être la base de cette intelligence artificielle multimodale.
- 10:48Alors,
- 10:48il y a des intelligences artificielles qu'on va superviser et d'autres qui vont pouvoir travailler toutes seules,
- 10:55mais toutes seules à partir de quoi ?
- 10:59Je pense que je vais faire référence à toute la partie agents,
- 11:02agents,
- 11:04intelligences artificielles,
- 11:06où on va effectivement avoir différentes approches.
- 11:10L'approche des agents,
- 11:12notamment supervisés,
- 11:14c'est-à-dire qu'on va donner une tâche Merci.
- 11:17très précises à un agent pour réaliser des actions de l'automation,
- 11:22mais je te promets de ne pas utiliser trop d'anglicisme dans le cas,
- 11:25mais vraiment toute la partie qui va être vraiment automatisation dans un périmètre donné.
- 11:32Tu vas avoir également des approches où on va avoir la partie interaction avec les humains et l'humain va donner des inputs à cette intelligence artificielle de façon régulière pour pouvoir lui permettre de voyager de de
- 11:46d'interagir.
- 11:47Et après,
- 11:48tu vas avoir un niveau plus élevé,
- 11:49c'est tout ce qu'on va appeler frontier model,
- 11:52donc vraiment toute la partie beaucoup plus autonome où tu vas pouvoir avoir des agents d'IA qui vont avancer,
- 12:01agir,
- 12:01interagir de façon autonome,
- 12:03mais toujours dans un périmètre donné.
- 12:05Et après,
- 12:05tu peux avoir aussi des conversations agent to agent.
- 12:10Donc là,
- 12:10il y a des protocoles qui sont mis en place pour permettre à des agents Merci.
- 12:13de communiquer entre eux,
- 12:14des agents qui peuvent être d'ailleurs construits sur des technologies complètement différentes et ont pouvoir interagir dans leur propre langage,
- 12:22donc pas avec des mots comme toi et moi,
- 12:25mais véritablement avec ce langage un peu informatique qui vont pouvoir se partager de l'information pour échanger.
- 12:33Et j'ai essayé de donner un exemple un peu concret pour revenir un peu à des cas d'usage qui nous intéressent dans la santé.
- 12:42On peut tout à fait envisager des agents,
- 12:45par exemple,
- 12:45qui vont optimiser l'utilisation des blocs opératoires dans un hôpital.
- 12:52C'est très basique parce que quand on parle d'intelligence artificielle dans la santé,
- 12:54on pense très souvent naturellement à la partie de données médicales,
- 12:58mais il y a beaucoup de cas d'usage et je prends volontairement un cas d'usage qui n'a pas d'application avec des données médicales.
- 13:05Comment est-ce qu'on optimise les salles dans un hôpital ?
- 13:09Donc là,
- 13:10tu vas pouvoir avoir un agent qui va...
- 13:12s'intéresser à toute la partie salle avec les parties opérations qui vont être devoir programmées.
- 13:17Donc ça,
- 13:17c'est clairement,
- 13:18ça peut être des agents qui vont communiquer entre eux pour pouvoir offrir un planning d'optimisation le mieux possible en prenant en compte,
- 13:25par exemple aussi,
- 13:26les disponibilités des médecins au moment des opérations souhaitées.
- 13:30D'accord,
- 13:31donc ça,
- 13:31c'est une application organisationnelle.
- 13:33Exactement.
- 13:34Alors,
- 13:34est-ce qu'on peut revenir aux fondamentaux ?
- 13:36Est-ce qu'on peut tout de suite parler des limites ?
- 13:39Explique-moi les limites.
- 13:42Tu parles de la boîte noire.
- 13:43Oui,
- 13:45deux choses.
- 13:45La partie limite,
- 13:49l'utilisation de l'IA va être aussi bonne déjà que le modèle qui existe.
- 13:54Ce modèle va être pertinent en fonction de la qualité des données qui vont être fournies.
- 13:58Tu peux avoir des modèles avec des biais.
- 14:01C'est un des premiers sujets autour de l'IA,
- 14:04limiter les biais.
- 14:05Je vais en donner un.
- 14:07biais qu'on a eu sur la partie en santé,
- 14:09donc ça a été largement corrigé depuis,
- 14:11mais c'était pour toute la partie reconnaissance de mélanome.
- 14:15Et on s'est rendu compte,
- 14:16dans certains cas,
- 14:17que ça avait été entre le modèle avait été entraîné sur des peaux qui étaient blanches.
- 14:23Mais si tu as des peaux qui sont un peu plus foncées,
- 14:26la détection ne va pas se faire pareil.
- 14:28Donc là,
- 14:28c'est typiquement un cas d'un biais où le modèle a dû être corrigé pour pouvoir prendre en compte la réalité de ce que représentent les
- 14:36les humains sur Terre.
- 14:37Donc ça,
- 14:38c'est un premier sujet de la partie B.
- 14:39Un des deuxièmes challenges qu'on a,
- 14:41tu l'as mentionné,
- 14:42c'est la partie boîte noire.
- 14:44Alors,
- 14:46qu'est-ce que je dis,
- 14:47qu'est-ce qu'on dit sur la partie IA ?
- 14:49C'est qu'on doit être capable de comprendre et d'expliquer,
- 14:53expliquer aussi l'impatience,
- 14:55l'utilisation de l'IA,
- 14:56comment...
- 14:57est-ce que le résultat a été obtenu ?
- 15:00Tu es médecin,
- 15:01tu utilises l'IA,
- 15:02il y a un diagnostic,
- 15:03et tu vas utiliser l'IA pour t'aider sur certains sujets.
- 15:05Il faut que tu sois capable d'expliquer à la partie,
- 15:10à ton patient,
- 15:11voilà comment on arrive un petit peu à cette information,
- 15:14à ce résultat.
- 15:15Et pas simplement dire,
- 15:17j'ai donné une information,
- 15:18une information qui est sortie,
- 15:19c'est magique.
- 15:19Et donc ça,
- 15:20c'est de l'ambition.
- 15:21Ça,
- 15:21c'est la volonté.
- 15:22Et là où je reconnais quand même la grande difficulté,
- 15:26C'est capable sur les modèles,
- 15:28par exemple,
- 15:29d'OpenAI,
- 15:30de GPT.
- 15:32On est sur le nombre de paramètres qui se compte en centaines de milliards.
- 15:35Donc,
- 15:35ce n'est même pas la donnée,
- 15:37c'est juste le nombre de paramètres pour arriver à une décision.
- 15:40Donc,
- 15:40c'est des ordres de grandeur que nous,
- 15:43en tout cas moi,
- 15:44je n'arrive même pas à me représenter.
- 15:46C'est tellement grand qu'on ne sait même pas se représenter ces centaines de milliards de paramètres et après de variables et de données qui peuvent aller derrière.
- 15:53Donc,
- 15:54on a vraiment ce challenge sur la partie
- 15:56IA de lutter contre cet effet boîte noire et d'être capable de donner des explications simples et compréhensibles par tous sur comment on va obtenir des résultats après une requête.
- 16:08D'accord,
- 16:09donc c'est la notion d'explicabilité.
- 16:13C'est exactement ça.
- 16:14C'est l'une des règles pour que l'IA puisse être utilisée avec confiance envers des patients.
- 16:20On doit prendre...
- 16:22On peut prendre des décisions qui sont basées sur l'IA à condition de pouvoir le dire d'abord au patient et ensuite de lui expliquer comment on est arrivé à cette décision.
- 16:33C'est exactement ça.
- 16:34Et je pense que peut-être aussi ton témoignage de par tes fonctions est utile parce que je pense que tu es confronté dans ton quotidien à ce besoin d'explicabilité,
- 16:42n'est-ce pas ?
- 16:42Tu le confirmes.
- 16:44Donc,
- 16:45tu rajoutes en plus cette complexité de ces nouveaux outils,
- 16:48un peu de suspicion,
- 16:48qu'est-ce que c'est,
- 16:49etc.
- 16:50C'est vraiment important de le comprendre déjà.
- 16:54Pour bien expliquer,
- 16:55il faut déjà un petit peu comprendre.
- 16:56C'est pour ça que je rejoins ton appel et ton invitation à tout le monde de s'informer sur le sujet.
- 17:04Parce que pour expliquer,
- 17:05il faut déjà avoir compris un petit peu les bases.
- 17:07D'accord.
- 17:08Alors,
- 17:08pour parler de ces LLM et notamment du modèle d'OpenAI qui est le chat GPT ou GPT-TIC.
- 17:16quatre,
- 17:17je crois,
- 17:17à qui on a donné le concours de Yusmeli pour vérifier s'il était capable de réussir un concours médical et pour savoir jusqu'où va sa compétence.
- 17:29C'est intriguant,
- 17:31c'est incroyable.
- 17:33Ce qui est rigolo,
- 17:34c'est qu'effectivement,
- 17:36une partie de gros benchmarks a été fait sur les modèles GPT sur des questions de médecine.
- 17:43Mais pas simplement renvoyer de l'information,
- 17:47ça c'est très facile,
- 17:48on le sait le faire depuis maintenant très très longtemps.
- 17:51Donc ça c'était vraiment avoir des raisonnements un petit peu posés.
- 17:56Et là où ça a été aussi intéressant,
- 18:02c'est que les résultats avec l'amélioration des modèles,
- 18:04les raisonnements ont été bons.
- 18:06Virtuellement,
- 18:08cette IA passe les concours et elle pourrait...
- 18:11être médecin,
- 18:13infirmier,
- 18:13etc.,
- 18:14virtuellement.
- 18:15Et après,
- 18:16il a même été challengé sur des questions extrêmement subjectives et extrêmement humaines.
- 18:21Une des questions qui a été,
- 18:22tu es médecin,
- 18:25tu dois annoncer à un papa que son enfant a une maladie très grave et ça va être très compliqué de le sauver.
- 18:30Qu'est-ce que tu lui dis ?
- 18:30Donc ça,
- 18:31c'est une des questions qui a aussi été posée.
- 18:33Et ce qui était intéressant,
- 18:35c'est de savoir que l'IA a été capable de trouver des mots extrêmement intéressante
- 18:40extrêmement pertinents et plein d'empathie aussi.
- 18:45Il y a toute cette partie de raisonnement derrière sur des données extrêmement subjectives où l'IA peut aider et termine des études qui ont été faites.
- 18:54ou des patients posaient des questions.
- 18:58Donc,
- 18:59on ne savait pas si c'était un médecin qui répondait ou une IA.
- 19:02Et après,
- 19:02la question,
- 19:02c'était qui répond de façon la plus claire.
- 19:04Donc,
- 19:04on revient à ce besoin d'explicabilité.
- 19:07Et avec le plus d'empathie,
- 19:08tu le sais aussi bien que moi,
- 19:11que dans la notion d'empathie et de confiance qu'on va avoir le patient a un impact direct sur le taux de guérison.
- 19:19Oui,
- 19:19énorme.
- 19:20L'effet placebo,
- 19:23il est énorme.
- 19:24et puis qu'on a confiance dans l'alliance thérapeutique exactement donc on le sait la relation d'empathie c'est pour ça que la médecine est et doit rester humaine donc ceux qui disent non non c'est bon les machines j'ai envie de dire bon il faut qu'on revoie les bases et
- 19:39même sur cette logique d'empathie qui avait été jugée en tout cas dans cette étude là de façon extrêmement pertinente je te fais un aveu Thomas avant de lire ton livre j'étais terrorisée par ça Merci.
- 19:53par le fait que,
- 19:54non seulement,
- 19:55je n'arriverai jamais à être aussi intelligente qu'une machine,
- 19:59et qu'en plus de ça,
- 20:00il a une empathie qui peut être plus juste que la mienne.
- 20:03Là,
- 20:03c'était la fin des haricots.
- 20:05Mais en fait,
- 20:06le fait de lire ton livre,
- 20:08je me suis sentie à ma place,
- 20:09au fait.
- 20:10Parce que je comprends très bien comment tu intègres l'IA.
- 20:13Au final,
- 20:14ce n'est pas un danger.
- 20:15C'est-à-dire que c'est génial.
- 20:17On peut utiliser toutes ces performances qu'a l'IA.
- 20:21pour faire encore mieux.
- 20:23Et il faut juste connaître quand même les limites et être lucide des dangers.
- 20:27On est d'accord.
- 20:28Exactement.
- 20:29Ça peut être génial,
- 20:30ça peut être fantastique si on se met d'accord sur ce qu'on veut faire et ce qu'on ne veut pas faire.
- 20:34Je crois que c'est un petit peu la base de l'éthique.
- 20:37Ce n'est pas parce qu'on peut techniquement faire quelque chose qu'on doit forcément le faire.
- 20:41Et c'est quelle barrière,
- 20:43au sens de garder les cheveux en sécurité,
- 20:46on veut se mettre dans nos usages.
- 20:48Et c'est pour ça qu'on essaie de...
- 20:50de poser le débat sur le sujet pour que chacun puisse en servir.
- 20:55Parmi les choses qui font rêver depuis la venue des LLM,
- 21:02c'est d'abord tout ce qui concerne la tâche administrative médicale.
- 21:06Il y a un mot qui m'a bien plu que tu as dit,
- 21:09une phrase,
- 21:09tu dis le temps médical est une ressource rare.
- 21:12Je suis d'accord avec toi.
- 21:14Je ne peux qu'aller dans ce sens.
- 21:16Je reprends les noms qui sont...
- 21:19partagé par tes confrères et tes consoeurs,
- 21:22entre 30 et 55%
- 21:25du temps du médecin est traité sous l'administratif.
- 21:29Prenons même l'estimation de base,
- 21:31prenons juste un tiers.
- 21:32On va dire qu'un médecin passe un tiers de son temps sous l'administratif.
- 21:35Si avec de l'automatisation,
- 21:37si avec de l'IA,
- 21:38on arrive à réduire ce temps,
- 21:40ne serait-ce que de moitié,
- 21:41disons même pas 0%,
- 21:42disons moitié,
- 21:43mais quelle différence ça fait ?
- 21:45Quelle différence ça fait ?
- 21:47Ça laisse du temps en plus pour le médecin,
- 21:49peut-être pour échanger un petit peu plus avec le patient,
- 21:51parce qu'il y a un peu plus de temps pour répondre aux questions.
- 21:53Ça peut laisser du temps,
- 21:54peut-être plus vite,
- 21:55pour se former.
- 21:56Peut-être plus de temps pour échanger aussi avec des confrères.
- 22:00Peut-être même plus de temps pour soi aussi.
- 22:02Et puis éviter aussi les burn-out des médecins qu'on peut avoir,
- 22:05les surmenages qui peuvent aussi être extrêmement négatifs.
- 22:08Donc,
- 22:08c'est vraiment rendre du temps au personnel médical pour faire ce qu'il en veut.
- 22:14Je vais donner un exemple vécu.
- 22:15C'est une chose que j'ai vécue moi aux Etats-Unis pour ma première consultation médicale chez Generalist.
- 22:21Dans la salle d'attente,
- 22:21il y avait une petite affiche qui disait pendant la consultation,
- 22:26il est possible qu'une IA participe à la consultation.
- 22:29Et effectivement,
- 22:30je suis arrivé,
- 22:32le médecin a dit vous êtes OK,
- 22:33si on a une IA,
- 22:34etc.
- 22:34Et puis effectivement,
- 22:35la consultation était enregistrée et à la fin de la consultation,
- 22:41le rapport,
- 22:42les ordonnances,
- 22:42le diagnostic étaient déjà...
- 22:44pré-tapé sur l'ordinateur du médecin.
- 22:46Donc,
- 22:46il vérifie,
- 22:47il fait des ajustements de ce qu'il a envie,
- 22:49et voilà.
- 22:50Et c'est gagné.
- 22:51Et sur une consultation de 15-20 minutes,
- 22:53s'il gagne 4 ou 5 minutes à taper sur l'ordinateur,
- 22:58à la fin de la journée,
- 23:00à la fin de la semaine,
- 23:01à la fin de l'année,
- 23:02ça fait quand même beaucoup de temps de sauver.
- 23:04J'ai beaucoup de questions sur le fait de la transcription de la consultation.
- 23:09Comme je ne l'ai pas encore essayé,
- 23:11je préfère ne pas faire de commentaires parce que là,
- 23:14comme ça,
- 23:14j'ai beaucoup de réticences par rapport à ça parce que ce que la LIA transcrit,
- 23:19c'est les paroles du patient.
- 23:21Et or,
- 23:22au fait,
- 23:23nous,
- 23:23ce qu'on écrit en tant que médecin quand on a un patient en face de soi,
- 23:28ce n'est pas les mots.
- 23:30les phrases mot pour mot des patients,
- 23:32mais déjà,
- 23:34on a dans notre tête...
- 23:36J'apporte une valeur.
- 23:37J'apporte une valeur autre,
- 23:39et ce que j'écris,
- 23:39ce sont des notes médicales qui n'ont rien à voir avec le récit propre du patient.
- 23:44Donc,
- 23:45c'est pour ça que comme je n'ai pas encore expérimenté,
- 23:49je ne sais pas comment ça se passe.
- 23:51En fait,
- 23:51bonne question.
- 23:52En fait,
- 23:52c'est exactement...
- 23:53Ce n'est pas du tout une transcription qui est faite de la consultation.
- 23:56C'est vraiment...
- 23:57une analyse.
- 23:58Il y a assez la partie captation et transcription,
- 24:00mais c'est pas ça qui est mis dans le compte-rendu.
- 24:03Ça serait assez peu d'intérêt.
- 24:06Ça a vraiment les informations utiles pour le médecin,
- 24:10pour le suivi en temps normal,
- 24:12avec aussi les mots que peut dire le médecin pendant l'échange.
- 24:15C'est toute cette valeur d'intelligence.
- 24:18Si tu commences la consultation à demander si la personne a passé un bon week-end,
- 24:23oui,
- 24:23j'étais...
- 24:24J'étais au musée ce week-end avec mes enfants.
- 24:26Bon,
- 24:26voilà,
- 24:26ça ne va pas trop nous intéresser.
- 24:29C'est ce qui m'intéresse,
- 24:30moi.
- 24:30C'est ce qui m'intéresse,
- 24:32mais dans le bilan de consultation,
- 24:35peut-être un peu moins.
- 24:35Ça peut m'apporter des éléments,
- 24:37au fait.
- 24:38C'est implicite.
- 24:41C'est ça qui est complètement bluffant.
- 24:43C'est la capacité de ces petits-là de capter des éléments intelligents et retranscrire dans un langage médical qui va avoir de la valeur pour les médecins,
- 24:51tout comme dans les consultations d'aujourd'hui.
- 24:53Très bien.
- 24:54Il y a aussi cet accès au savoir médical.
- 24:57Alors,
- 24:57je commence déjà à utiliser pleinement plusieurs applications médicales.
- 25:03Et c'est vrai que c'est juste incroyable le fait de pouvoir accéder à autant de savoirs,
- 25:11autant d'articles,
- 25:12autant de revues aussi facilement.
- 25:16Ça,
- 25:16c'est un vrai apport.
- 25:17Je pense que quelque part,
- 25:19tous dans mon métier,
- 25:21quelques solométriques,
- 25:22on aimerait avoir assez accès à cette connaissance quasi infinie sur les sujets pour être meilleur dans notre job,
- 25:29pour être plus efficace,
- 25:30plus performant,
- 25:30plus juste,
- 25:31faire moins d'erreurs.
- 25:33Et quand,
- 25:34accessoirement,
- 25:35il y a la vie de gens qui sont derrière ces décisions,
- 25:37je pense qu'on n'est jamais...
- 25:40On ne rechigne jamais avoir un petit peu d'aide en plus.
- 25:42Et la question que je pose souvent,
- 25:44et puis si tu me permets de la poser,
- 25:46est-ce que tu as une idée,
- 25:48Imane,
- 25:49du nombre de Merci.
- 25:51de publications scientifiques médicales,
- 25:53juste médicales,
- 25:54qui sont publiées chaque jour.
- 25:56Chaque jour ?
- 25:57Je ne sais pas,
- 25:58je dirais une dizaine.
- 25:59Eh bien,
- 25:59on est...
- 26:03Juste en prenant PubMed comme référence,
- 26:06on est à plus de 2000 par jour.
- 26:08Ah oui,
- 26:08d'accord.
- 26:09Par an,
- 26:09on est à plus d'un million.
- 26:11Et puis certains parlent même de 2,
- 26:122,5 millions.
- 26:13Donc,
- 26:14on se rend bien compte que même si quelqu'un passait juste son temps à s'occuper,
- 26:17pas des patients,
- 26:18Ne mange pas,
- 26:19ne dors pas.
- 26:20Juste lire,
- 26:21c'est absolument impossible d'appréhender tout ça.
- 26:23Donc c'est là vraiment que c'est intéressant,
- 26:26parce que dans des diagnostics précis,
- 26:29c'est des choses très courantes,
- 26:30ok,
- 26:31mais c'est des choses très précises,
- 26:33très rares,
- 26:34très difficiles à appréhender.
- 26:36C'est vraiment une aide pour le médecin de pouvoir se dire,
- 26:40bon,
- 26:41aide-moi à faire le tri,
- 26:42à vraiment aller dans cette branche,
- 26:44etc.
- 26:45Et dans la logique...
- 26:46d'errance médicale aussi que peuvent connaître certains,
- 26:48on les envoie de spécialiste en spécialiste pendant des mois ou des fois beaucoup plus longtemps,
- 26:54ça peut vraiment être une aide très forte sur le sujet pour permettre à un médecin,
- 27:00on ne peut pas reprocher à un médecin de ne pas connaître la rareté.
- 27:06Il n'a jamais entendu parler,
- 27:08donc jamais j'ai recroché ça à un médecin,
- 27:12mais pouvoir utiliser cette aide pour pouvoir lui dire il y a ces cas-là,
- 27:15On en a vu quelques-uns,
- 27:16peut-être à l'autre bout du pays.
- 27:18C'est vraiment une valeur forte,
- 27:20je trouve.
- 27:21Oui,
- 27:21tu en parles.
- 27:22De toute façon,
- 27:23dans le cas des maladies rares,
- 27:24c'est un apport incroyable.
- 27:27Oui,
- 27:28c'est une avancée et un espoir dans le cadre des maladies rares.
- 27:34Ensuite,
- 27:34il y a...
- 27:35Oui,
- 27:35pardon,
- 27:35Thomas.
- 27:36Non,
- 27:36et cette connaissance médicale,
- 27:37elle va de façon extrêmement croissante.
- 27:40Je ne veux pas te dire d'ailleurs dans les chiffres,
- 27:44entre ce qu'on a produit en termes de publication médicale depuis les années 2000 par rapport à ce qu'on a produit sur les milliers d'années précédentes.
- 27:52On explose.
- 27:53On sait que ça va plus vite,
- 27:55on sait que ça va plus fort.
- 27:56C'est fantastique.
- 27:57Il faut pouvoir avoir un outil un peu de médiation pour pouvoir appréhender cette donnée.
- 28:03Et ça,
- 28:04je pense que c'est un des cas d'usage qui va mettre tout le monde d'accord.
- 28:07En fait,
- 28:07tu parlais de l'accès,
- 28:08mais tu parles aussi de la recherche.
- 28:10rapport de l'IA dans la recherche médicale,
- 28:14ça aussi,
- 28:14c'est une révolution.
- 28:17Absolument,
- 28:17pour vraiment s'informer pour absolument tout le monde.
- 28:23C'est-à-dire que c'est un outil statistique juste phénoménal.
- 28:27Oui,
- 28:27c'est axé à une base de données extrêmement riche en quelques instants,
- 28:34parce qu'il y a deux volets.
- 28:35Il y a le volet le médecin qui va vouloir faire sa recherche
- 28:39Il y a un autre volet qui va être par rapport à un diagnostic précis.
- 28:44Oui.
- 28:44Demander des mises en relation directes.
- 28:46Donc,
- 28:46pas que des questions générales.
- 28:47Si j'ai ce cas de patient.
- 28:49voilà les informations qu'on a,
- 28:51voilà ce qu'on ne sait pas,
- 28:52aide-moi à essayer de mettre ça dans un certain nombre de boîtes et quelques orientations.
- 28:58Et ça aussi,
- 28:58c'est extrêmement fort.
- 29:02Ok.
- 29:03Alors,
- 29:03et du coup,
- 29:05les enjeux,
- 29:07il y a les espoirs,
- 29:09c'est plus que des espoirs,
- 29:10c'est déjà des apports concrets,
- 29:12plus des espoirs,
- 29:14mais il y a aussi les enjeux.
- 29:15C'est important d'en parler,
- 29:18parce que
- 29:19c'est les corollaires.
- 29:20Il y a ce paradoxe dont tu parles qui est l'espèce d'asynchronicité entre le développement de la tech
- 29:33et le besoin en éthique et en sécurité.
- 29:36Tu en parles très bien,
- 29:37c'est-à-dire,
- 29:37autant la technologie va tellement vite,
- 29:41mais en même temps,
- 29:44pour valider la recherche,
- 29:48pour rendre des applications,
- 29:52par exemple,
- 29:53conformes et qui soient validées,
- 29:55on a besoin de temps,
- 29:56on a besoin de réflexion,
- 29:57d'éthique et de sécurité.
- 29:58Oui,
- 29:59et puis ce que j'aime bien revenir,
- 30:00c'est un peu les fondamentaux.
- 30:03qu'est-ce qu'on apprend en première année de médecine ?
- 30:05Primo non non quere.
- 30:06Je crois que c'est un certain Hippocrate qui a exprimé ça il y a quelques temps.
- 30:11D'abord,
- 30:12ne pas nuire.
- 30:14D'abord,
- 30:14ne pas faire de mal.
- 30:15C'est aussi prendre le temps de faire les choses correctement.
- 30:19La texte,
- 30:20c'est...
- 30:21C'est pas du tout ça.
- 30:23Dans la psychologie de Valais,
- 30:24c'est move fast and break things.
- 30:26On voit bien que ce n'est pas applicable dans la santé,
- 30:28heureusement.
- 30:29Comment est-ce qu'on fait ces deux mondes ?
- 30:31ces deux mondes se parler,
- 30:33travailler ensemble.
- 30:34Et c'est pour ça que,
- 30:35dans le livre que j'ai écrit,
- 30:38j'ai associé un certain nombre de médecins,
- 30:41de professeurs,
- 30:42de directeurs de recherche,
- 30:45parce que c'est comme ça qu'on va avancer.
- 30:46Ce n'est pas juste les ingénieurs d'un côté,
- 30:48spécialisés en informatique et en IA,
- 30:49et ce n'est pas juste les médecins.
- 30:50Donc,
- 30:51c'est vraiment cette collaboration forte qu'en tout cas,
- 30:54moi,
- 30:55je crois qu'il va être bénéfique à tous.
- 30:57J'ai été très contente de lire des...
- 30:59Le point de vue de plusieurs médecins qui sont très engagés dans le domaine de l'ILA,
- 31:05il y a
- 31:06Emmanuel Bibaud en oncologie,
- 31:09il y a le professeur Alexandre Mignon comme professeur d'anesthésie.
- 31:15Ça ajoute de l'incarnation au livre pour montrer des visions concrètes de praticiens ?
- 31:24Des personnes brillantes,
- 31:26extrêmement curieuses,
- 31:28pleines d'humilité,
- 31:30et qui vraiment contribuent en plus de leur activité,
- 31:35j'allais dire classique,
- 31:37de praticien,
- 31:38qui vraiment permettent de faire avancer les choses.
- 31:41Donc,
- 31:42c'est vraiment des gens qui,
- 31:42en France,
- 31:44aident beaucoup,
- 31:45je pense.
- 31:46Et ils ont été d'une gentillesse terrible pour pouvoir contribuer et échanger.
- 31:50Tant mieux,
- 31:51on a besoin de ça.
- 31:52Alors,
- 31:53comment gagner en confiance les défis éthiques ?
- 31:57Tu parles de robustesse des modèles et tu parles des billets,
- 32:01les billets encore une fois,
- 32:03ces données au fait.
- 32:04Moi,
- 32:04ce qui m'intéresse sur la partie
- 32:07IA, c'est comment est-ce qu'elle va bénéficier le bien commun ?
- 32:12Comment est-ce que l'IA va permettre d'avoir une partie diagnostic expert rendue accessible à tous et à toutes ?
- 32:21Donc,
- 32:21je dis accessible,
- 32:22c'est en termes de rapidité d'accès,
- 32:24en termes de coût.
- 32:25en termes de non-discrimination géographique.
- 32:29Donc,
- 32:29comment est-ce que l'IA va permettre de mieux servir tous et toutes ?
- 32:34Moi,
- 32:34je ne veux pas d'une médecine à deux vitesses où on va avoir les super hôpitaux qui vont avoir l'IA,
- 32:40qui vont faire des miracles,
- 32:41et ceux qui n'ont pas accès à ces hôpitaux qui ne vont pas bénéficier de tous ces avancées.
- 32:45Donc,
- 32:45pour moi,
- 32:45ça,
- 32:46c'est une priorité d'un point de vue éthique qui est extrêmement forte.
- 32:52Comment est-ce qu'on fait de l'IA vraiment ?
- 32:55ce bien commun pour tous et toutes.
- 32:56Tu peux me donner un exemple concret,
- 32:59par exemple,
- 32:59en ce qui concerne quand tu dis que ça va privilégier certaines personnes par rapport à d'autres,
- 33:08si on n'utilise pas les bonnes données,
- 33:10par exemple,
- 33:12dans le cas du dépistage du cancer,
- 33:14si on sait plus dépister certaines
- 33:16population,
- 33:17les autres vont être si on n'utilise pas des données qui représentent la majorité de la société,
- 33:23ça va concerner juste une partie de la population ?
- 33:25Comment ça se passe,
- 33:26les biais ?
- 33:26Oui,
- 33:26alors là,
- 33:27au niveau du...
- 33:28Il y a effectivement au niveau du modèle,
- 33:30il y a au niveau du modèle tel quel,
- 33:32et même en fonction des populations du monde,
- 33:35géographiquement,
- 33:37avec les différences qu'il peut y avoir.
- 33:41Donc ça c'est avoir des modèles assez clairs et assez inclusifs finalement.
- 33:47Donc ça c'est un premier sujet.
- 33:50Je faisais mention un petit peu avant plus d'un point de vue axé à une médecine de qualité parce que pour prendre l'exemple du cancer du sein.
- 34:01Par exemple,
- 34:02cancer du sein avec une
- 34:06IA, on a un taux de détection
- 34:09supérieur de 17%.
- 34:11Donc,
- 34:1117%,
- 34:11c'est énorme.
- 34:12C'est énorme.
- 34:13Et surtout,
- 34:14si on est la personne concernée.
- 34:17Parce qu'on sait,
- 34:18un taux de cancer du sein pris en charge assez tôt,
- 34:21on sait qu'on est sur un taux de guérison de plus de 99%,
- 34:24c'est parfait.
- 34:25Donc,
- 34:25on sait à quel point c'est important d'être dans l'anticipation vis-à-vis.
- 34:30Et puis,
- 34:30finalement,
- 34:30on reparle après de cette médecine des différents P,
- 34:33avec le P,
- 34:34vraiment,
- 34:35de prévention.
- 34:36Donc ça,
- 34:36c'est l'IA qui va nous permettre d'y arriver.
- 34:39Sur le cancer du sein,
- 34:43la mammographie,
- 34:44qu'elle soit réalisée dans une ville,
- 34:47deux provinces,
- 34:48etc.,
- 34:48peu importe,
- 34:50ou dans le plus bel hôpital parisien ou je ne sais quel pays,
- 34:57finalement,
- 34:57l'IA intervient de façon univoque.
- 35:03Elle ne fait aucune...
- 35:04peu importe où l'examen a été réalisé,
- 35:06elle peut apporter son aide au diagnostic.
- 35:09Donc,
- 35:09c'est pour ça que...
- 35:10Utiliser de façon intelligente,
- 35:12ça sera un vecteur finalement d'égalité aux soins.
- 35:15Et on revient,
- 35:17pour l'introduction à notre échange,
- 35:19c'est comment est-ce qu'on en fait un projet de société extrêmement positif.
- 35:23Donc ça,
- 35:23c'est l'exemple sur la partie cancer du sein.
- 35:27Je l'ai dit,
- 35:287%.
- 35:29À chaque fois que je donne un chiffre,
- 35:30c'est des chiffres qui viennent d'études scientifiques qui ont été publiés dans les revues de référence.
- 35:38et il y a des taux de succès qui sont même beaucoup plus importants que d'autres études.
- 35:43Tout ça,
- 35:44c'est vraiment des choses qui vont permettre d'aider et d'avancer pour cette adoption de l'IA.
- 35:52Il y a des petites limites au déploiement de tout ça.
- 35:58C'est le fait qu'il y a quand même certains enjeux pour que ça puisse diffuser partout où on veut.
- 36:05Tu parles de l'interface et de l'interopérabilité.
- 36:07Ça,
- 36:08ça me parle parce que,
- 36:09travaillant dans des établissements de santé,
- 36:12on sait que les passerelles entre les différents logiciels,
- 36:16c'est une difficulté qui est réelle.
- 36:20Passer de tous les logiciels déjà qui existent de diagnostic,
- 36:26notamment quand je pense à l'imagerie médicale,
- 36:27vers d'autres applications et intégrer l'intelligence artificielle là-dedans,
- 36:34c'est un défi,
- 36:35n'est-ce pas ?
- 36:36Oui.
- 36:38Juste un nom pour situer un petit peu le débat.
- 36:42Aujourd'hui,
- 36:4499%
- 36:45de la donnée de santé n'est jamais réutilisée.
- 36:48C'est-à-dire qu'on va avoir toute cette richesse en informations,
- 36:5199%
- 36:52n'est jamais réutilisée.
- 36:52Et ce n'est pas une spécificité française.
- 36:55C'est vrai partout dans le monde,
- 36:57aux États-Unis aussi.
- 36:58Les États-Unis ont un avantage.
- 37:02Et après,
- 37:02on a aussi beaucoup d'avantages.
- 37:03Mais un avantage qu'ils ont,
- 37:04c'est qu'eux,
- 37:05d'un point de vue logiciel,
- 37:06il y a une solution de référence sur le marché qui capte quasiment tous les hôpitaux.
- 37:13Donc,
- 37:14toute cette partie interopérabilité de données,
- 37:16elle fonctionne extrêmement bien.
- 37:19Je pourrais redonner un exemple aussi que j'ai vécu,
- 37:23la collaboration entre,
- 37:25alors,
- 37:25SERC et Service d'un même hôpital,
- 37:27c'est sûr,
- 37:27mais entre ces partages d'informations et de données,
- 37:32pour peu qu'on donne le droit,
- 37:34c'est vraiment...
- 37:35extrêmement utile.
- 37:36J'ai eu des retours de médecins qui prenaient en compte des examens que j'avais fait dans cette même structure hospitalière sans que je leur reparle précisément.
- 37:45Ça,
- 37:45c'est une réalité.
- 37:46Nous,
- 37:46en France,
- 37:47on a d'autres avantages aussi.
- 37:50C'est accessoirement ce SNDS et c'est cette sécurité sociale qui permet de codifier absolument tous les actes et qui est une base de connaissances absolument énorme.
- 38:01Donc,
- 38:01on a aussi...
- 38:02Des avantages forts par rapport au modèle qu'on a,
- 38:06qui permet aussi de faire progresser énormément les informations,
- 38:10la recherche,
- 38:10le suivi historique des patients.
- 38:12Et d'un point de vue statistique,
- 38:14individuellement,
- 38:14ça n'a pas d'intérêt,
- 38:15mais vraiment d'un point de vue statistique,
- 38:17pour faire progresser la recherche,
- 38:18ça c'est vraiment des choses qu'on va pouvoir faire fortement en France.
- 38:22D'accord.
- 38:23Alors,
- 38:24l'acculturation et la formation du personnel,
- 38:26ben voilà,
- 38:27ça commence par ici,
- 38:28par le partenariat en livre et par le podcast.
- 38:30Alors...
- 38:32Là,
- 38:33c'est un vaste sujet.
- 38:35Je vais citer les personnels médicaux eux-mêmes.
- 38:39C'est une étude que j'ai lue il y a quelques semaines.
- 38:41La très grande majorité,
- 38:42on était de l'ordre de plus de 80%,
- 38:44disait qu'ils ne s'estimaient pas assez informés sur le sujet et qu'ils voulaient s'en savoir plus.
- 38:54Moi,
- 38:54j'ai échangé aussi à travers le livre,
- 38:56j'ai échangé avec des étudiants de médecine qui sont aujourd'hui à la fac dans les premières années.
- 39:00et qui m'expliquent à quel point ils étaient curieux du sujet.
- 39:03Ils regrettaient en l'état pour l'instant que ça ne faisait pas partie importante du programme.
- 39:10Ils se sentaient un petit peu inéquipés sur le sujet.
- 39:14Et quand je discute avec des médecins qui pratiquent depuis de nombreuses années,
- 39:19il y a les deux cas.
- 39:20Il y a ceux qui ne savent pas et il y a ceux qui,
- 39:24en plus de tout ce qu'ils font,
- 39:25ils prennent le temps de se former,
- 39:26de s'intéresser.
- 39:27Donc je pense qu'il y a une vraie appétence sur le sujet,
- 39:31et maintenant je pense que ça doit faire partie de cette culture un petit peu globale.
- 39:34En tout cas,
- 39:35moi c'est ce que j'entends de la part des médecins.
- 39:39J'ai rarement entendu de rejet,
- 39:41j'ai rarement entendu de gens qui n'y croyaient pas,
- 39:44qui n'étaient pas intéressés,
- 39:47des inquiétudes,
- 39:47des craintes,
- 39:48d'ailleurs tu en as exprimé quelques-unes pendant l'échange,
- 39:52mais toujours avec cette volonté d'apprendre,
- 39:53et je crois d'ailleurs que ça fait partie...
- 39:55des qualités intrinsèques qu'a un bon médecin de toujours avoir cette volonté d'apprendre.
- 39:59Donc,
- 40:00je pense qu'on est au début de l'histoire sur le sujet et puis il faut continuer cet apprentissage de façon extrêmement forte.
- 40:07Oui,
- 40:07tout à fait.
- 40:09Merci pour ça.
- 40:09Merci de contribuer à ça,
- 40:10Thomas.
- 40:11Et alors,
- 40:11l'autre enjeu,
- 40:12c'est celui du patient parce que tout ça,
- 40:14c'est bien sympa,
- 40:15mais le patient,
- 40:16il a son mot à dire à plein de niveaux,
- 40:19au fait.
- 40:20Qui va se duper de lui ?
- 40:22Ces données,
- 40:22où elles vont aller ?
- 40:24qu'est-ce qu'on en fait,
- 40:25qui les utilise,
- 40:26pour quel usage.
- 40:29Le patient fait partie intégrante de l'équation.
- 40:34Je considère que les données appartiennent à la personne qui les incarne.
- 40:41Les données doivent clairement appartenir au patient.
- 40:44Il doit avoir la plus grande clarté sur l'usage qui est fait de ces données.
- 40:49Il doit avoir plus grande cartée sur ce qui est fait,
- 40:52qui a accès,
- 40:53etc.
- 40:54Je pense que ça doit faire vraiment partie intégrante.
- 40:57C'est que comme ça qu'on construira un socle de confiance.
- 41:00Moi,
- 41:00si tu veux,
- 41:01il m'a des projets.
- 41:03En IA,
- 41:04j'en ai vécu un nombre très important.
- 41:08Certains fonctionnent,
- 41:09certains ne fonctionnent pas.
- 41:10Quand ça ne fonctionne pas,
- 41:11c'est très rarement pour des questions techniques,
- 41:14technologiques.
- 41:15Quand ça ne fonctionne pas,
- 41:16la très grande majorité des cas,
- 41:18c'est parce qu'il y a une mauvaise explication de ce qui allait être fait,
- 41:21donc les critères de succès n'étaient pas bien définis.
- 41:25C'est parce qu'il y a une résistance des gens.
- 41:28parce qu'ils ne comprennent pas et parce qu'ils opposent la technologie avec ce qui va être fait.
- 41:33Dans certains cas,
- 41:34à une fois,
- 41:34je ne vais même pas dire que mon job va être affecté,
- 41:36donc je rejette.
- 41:38Donc,
- 41:38c'est important de pouvoir créer les conditions de la confiance pour que chacun soit à l'aise,
- 41:44chacun ait envie et chacun puisse voir un bénéfice à l'arrivée de cette technologie.
- 41:49Après,
- 41:49est-ce qu'il va y avoir des impacts ?
- 41:51Oui,
- 41:51c'est sûr et certain qu'il va y avoir des impacts.
- 41:54Mais si on prend un peu de recul,
- 41:56si on regarde ce qu'a...
- 41:58apporter la science à la médecine depuis plusieurs millénaires,
- 42:05on voit que le médecin n'a pas été effacé,
- 42:10l'arrivée des antibiotiques n'a pas effacé les médecins,
- 42:12l'arrivée des vaccins n'a pas effacé les médecins,
- 42:14l'arrivée de la chirurgie robotisée n'a pas effacé les médecins.
- 42:17À chaque fois,
- 42:19la science a contribué à rendre la médecine plus forte,
- 42:21plus importante,
- 42:22et j'ai envie de dire même dans les deux cas,
- 42:24la médecine aussi a permis de contribuer de façon générale à la science.
- 42:27Mais à chaque fois,
- 42:27le médecin est ressorti avec des pouvoirs magiques en plus,
- 42:31si tu veux.
- 42:32Donc,
- 42:32je pense qu'il faut vraiment prendre un peu de recul,
- 42:34sortir un peu de la hype autour de l'IA et regarder.
- 42:38Finalement,
- 42:38on regarde toutes ces choses qui se passent.
- 42:41L'IA rentre dans cette logique,
- 42:43dans ces nouveaux outils qui vont permettre d'être au médecin.
- 42:45Ce n'est pas un outil magique.
- 42:46Il va pouvoir faire des choses très bien.
- 42:48Certaines choses,
- 42:49il ne va pas être capable de les faire.
- 42:51mais voilà comment on va pouvoir avancer au service de...
- 42:56de cette mission et de cette vocation.
- 42:59Merci beaucoup pour ce rappel,
- 43:00Thomas.
- 43:01Alors,
- 43:02j'ai envie qu'on revienne sur les données,
- 43:03parce que c'est quelque chose d'extrêmement important qu'il faudra expliquer.
- 43:10On dit que c'est le nouveau pétrole,
- 43:12que ça conditionne tout.
- 43:16C'est à partir des données qu'on va avoir des objectifs et qu'on va pouvoir les réaliser.
- 43:21Sans les données,
- 43:21on n'a rien.
- 43:22Mais ces données-là,
- 43:24elles ne sont pas brutes.
- 43:26il faut les travailler,
- 43:27il faut les préparer,
- 43:28il faut faire en sorte que l'IA puisse les utiliser comme il faut.
- 43:33Alors,
- 43:34d'où ça vient déjà les données ?
- 43:36Elles proviennent d'où en France ?
- 43:40Ça va vraiment dépendre des désirs qu'on va vouloir intéresser.
- 43:46On a parlé un petit peu avant de toute la partie corpus scientifique et médical,
- 43:51ça c'est une source de données très forte.
- 43:54Ensuite,
- 43:54il y a la partie en retravail des données brutes,
- 43:57tu as tout à fait raison.
- 43:58Donc ça,
- 43:58c'est un métier,
- 43:59c'est le métier de certaines personnes de créer des choses pour que l'IA puisse bien absorber les données,
- 44:05que l'IA puisse bien faire le tri et puisse avoir une utilisation intelligente de sa donnée.
- 44:10Donc ça,
- 44:11ça fait partie des sujets de préparation.
- 44:13Effectivement,
- 44:14il faut de la clarté sur comment est-ce que les modèles ont été entraînés,
- 44:16avec quelles sources de données,
- 44:19etc.
- 44:20Et après,
- 44:22C'est toujours les usages.
- 44:23On va revenir après aux usages de ce qu'on va faire de tout cela.
- 44:28Prévention,
- 44:29diagnostic,
- 44:31suivi,
- 44:31accompagnement.
- 44:32Je pense que c'est tous les sujets derrière qui vont être vraiment intéressants.
- 44:35Est-ce qu'il faut qu'elles soient annotées,
- 44:37anonymisées,
- 44:38les données de santé ?
- 44:41Pour entraîner les modèles,
- 44:42oui,
- 44:43ça n'a pas d'intérêt d'avoir le nom,
- 44:46que ce soit Thomas,
- 44:47etc.
- 44:47que ce soit un numéro anonyme et qu'il peut y avoir un suivi,
- 44:51ça peut être intéressant.
- 44:52Mais ça dépend toujours de ce qu'on veut faire derrière.
- 44:56En tout cas,
- 44:57je pense qu'il faut respecter la plus grande confidentialité sur toute la partie donnée.
- 45:04Mais ça nous implique aussi...
- 45:06Il y a un sujet que je trouve qu'on ne parle pas assez lorsqu'on parle du mentionné.
- 45:11Parce que la plupart du monde,
- 45:13les données médicales vont être utilisées par des sociétés Merci.
- 45:16pharmaceutiques,
- 45:18des sociétés scrupuleuses qui vont exploiter.
- 45:20C'est un peu la peur qu'on peut tous avoir.
- 45:24Aucun souci.
- 45:24Très bien.
- 45:25Maintenant,
- 45:26la réalité derrière tout ça,
- 45:28c'est la fuite des données.
- 45:31C'est la sécurisation des données.
- 45:33Ça fait partie d'un chapitre dans le livre,
- 45:35la partie cybersécurité.
- 45:37Comment est-ce qu'on donne les moyens aux hôpitaux aussi de protéger les données des patients ?
- 45:42Les hôpitaux,
- 45:42ils ont des données.
- 45:43Quand on voit ce qui s'est passé et
- 45:46en France ces dernières années pour vraiment tirer la sonnette d'un arbre.
- 45:49Il n'y a pas que en France,
- 45:50aux Etats-Unis aussi et dans tous les pays du monde.
- 45:53Mais c'est parce que ces données ont de la valeur,
- 45:55comme tu as dit justement,
- 45:56elles sont la proie de personnes qui ont peu d'éthique pour le coup et qui veulent les voler,
- 46:03les revendre,
- 46:03les utiliser,
- 46:04faire du chantage aux hôpitaux pour payer des rançons.
- 46:08C'est ce qu'on appelle des ransomware où tu vas avoir des gens qui vont envoyer un virus informatique,
- 46:13qui vont chiffrer toutes les données Merci.
- 46:15C'est un hôpital qui va dire que vous avez payé une rançon en crypto-monnaie et tant que vous n'avez pas payé la rançon,
- 46:24vous n'aurez pas la clé informatique qui va permettre de déchiffrer ces données.
- 46:28Donc,
- 46:28vous êtes paralysé.
- 46:31Donc,
- 46:31ça,
- 46:31c'est des cas réels.
- 46:32Ce n'est pas du tout des cas fictifs.
- 46:36Il y a beaucoup d'exemples en France.
- 46:37Je ne vais pas nommer les hôpitaux,
- 46:40mais ceux qui veulent chercher des trouvons assez facilement.
- 46:43où il y a de la fuite de données de patients ou des systèmes informatiques qui ont été chiffrés et les conséquences sont graves.
- 46:52Et on a des bonnes pratiques sur le sujet dans le métier.
- 46:56Et première pratique,
- 46:57c'est ne jamais payer les rançons.
- 47:00Ne jamais payer les rançons,
- 47:01parce que sinon,
- 47:01c'est un appel aux gens à répéter.
- 47:04Donc ça,
- 47:04c'est la politique qu'on a en France,
- 47:06qui est notamment portée par un organisme qu'on appelle l'ANSI.
- 47:08L'ANSI,
- 47:09c'est vraiment l'organisme de référence en France,
- 47:13la partie bonne pratique,
- 47:14cybersécurité,
- 47:15protection de la donnée au sens large.
- 47:18Dans la doctrine qu'ils proposent,
- 47:19en tout cas,
- 47:19moi j'adhère pleinement,
- 47:21c'est qu'on ne paye jamais les rançons,
- 47:23on accepte les conséquences de ça.
- 47:25mais accepter de payer une rançon pour un sujet,
- 47:26c'est vraiment ouvrir la porte à de nombreuses attaques dans le futur.
- 47:30Donc,
- 47:31tout à fait d'accord,
- 47:31pour revenir à ta question,
- 47:34il faut que les données n'aient pas d'utilisation non consentie par les patients,
- 47:39n'aient pas d'utilisation commerciale non validée,
- 47:42ou pas de caution commerciale tout court.
- 47:44Et moi,
- 47:44ce que je veux aussi lever à côté,
- 47:46c'est comment est-ce qu'on fait pour protéger les données,
- 47:48parce qu'aujourd'hui,
- 47:49c'est le cas,
- 47:50il y a des fuites de données qui sont faites.
- 47:52parce qu'on n'a pas mis les moyens pour protéger les serveurs qui stockent les données.
- 47:56D'accord.
- 47:56Alors ça,
- 47:57c'est le côté cybersécurité.
- 47:58Tiens,
- 47:58il y avait la ministre de l'Intelligence Artificielle qui en parlait ce matin à la radio,
- 48:02de tous ces sujets-là.
- 48:04Je voudrais revenir sur l'utilisation des données de santé dans le sens du développement et de la progression.
- 48:14Comment ça s'organise en France ?
- 48:16Je sais qu'il y a quelque chose qui s'appelle le
- 48:20Alt Data Hub.
- 48:21qui est une spécificité française,
- 48:26qui est là depuis les années,
- 48:28depuis 2018,
- 48:30c'est sous Macron qui avait annoncé la création de cette plateforme nationale.
- 48:35Elle fonctionne bien ?
- 48:36Comment elle fonctionne ?
- 48:38Il faut plutôt leur poser la question à eux qu'à moi,
- 48:42mais il y a de l'information,
- 48:43en tout cas publique,
- 48:44sur ce sujet.
- 48:46C'est effectivement une plateforme qui permet,
- 48:50d'utiliser les droits des données de façon anonymisée,
- 48:53pseudonymisée,
- 48:54pour effectivement faire de la recherche.
- 48:56Et c'est vraiment dans l'esprit de rendre la donnée accessible pour permettre à des structures,
- 49:02mais ça peut être aussi peut-être des grosses structures,
- 49:04mais aussi des startups,
- 49:05et on a beaucoup d'usages,
- 49:06pour pouvoir permettre de créer aussi des champs.
- 49:09Parce que ce qui se passe aujourd'hui,
- 49:11c'est que beaucoup de sociétés medtech quittent la France pour aller dans d'autres pays.
- 49:15Donc,
- 49:16de fait,
- 49:16ils travaillent avec d'autres standards sur la partie santé.
- 49:19parce qu'ils ont accès à de la donnée médicale de façon beaucoup plus facile.
- 49:22C'est toujours une question d'équilibre assez subtile,
- 49:25où on veut pouvoir permettre d'encourager,
- 49:27etc.,
- 49:29en donnant de l'accès à de la donnée,
- 49:31tout en conservant la protection de la donnée.
- 49:34Les deux extrêmes sont mauvais.
- 49:36C'est-à-dire donner toute la donnée de façon ouverte et sans contrôle,
- 49:40non,
- 49:40c'est absolument inacceptable pour les patients.
- 49:42Mais en même temps,
- 49:43on veut quand même pouvoir permettre à cette recherche de progresser.
- 49:46C'est une question que personne n'a la réponse de façon péremptoire,
- 49:51mais je pense que c'est des projets extrêmement intéressants.
- 49:56C'est des beaux succès,
- 49:58le Wells Data Hub,
- 49:58des beaux succès français et des initiatives un petit peu similaires qui se sont montées depuis aux États-Unis.
- 50:05Et moi,
- 50:07je trouve que c'est bien quand l'État innove et permet de créer les conditions de la recherche en mettant des plateformes utiles pour...
- 50:16toutes ces équipes d'intelligence artificielle et de data science.
- 50:18Il y a peut-être une petite organisation européenne autour de ça,
- 50:21non ?
- 50:21Oui,
- 50:22tu as tout à fait raison.
- 50:24Il y a également un S-Data Hub européen qui est en projet.
- 50:29Je crois comprendre,
- 50:31mais il faudra leur poser la question à eux,
- 50:33que le S-Data Hub français a été une forte source d'inspiration sur le sujet.
- 50:38On peut être très fiers de tout cela.
- 50:41Voilà.
- 50:42Un concept que j'ai vraiment envie
- 50:45de partager avec les auditeurs,
- 50:46c'est le jumeau numérique.
- 50:48J'ai besoin de toi,
- 50:49Thomas.
- 50:50Le jumeau numérique,
- 50:52bonne question,
- 50:53ce n'est pas une notion qui date d'hier.
- 50:55Pareil,
- 50:56c'est comme l'IA,
- 50:56ça ne date pas d'il y a quelques années.
- 51:02C'est assez intéressant,
- 51:03un des projets qui a permis d'accélérer,
- 51:06c'est un projet lorsqu'on a eu des astronautes qui étaient un peu perdus dans l'espace et il a fallu faire une tâche.
- 51:13Ah,
- 51:13pour le fait.
- 51:14C'est exactement ça,
- 51:15c'est là qu'on a appelé au 13.
- 51:16Il a fallu les faire revenir et il n'y a pas le droit à l'erreur.
- 51:19Donc il y a des modèles de simulation qui ont été tournés,
- 51:22ce qu'on a appelé ce jumeau numérique.
- 51:24Donc le jumeau numérique,
- 51:25le fantasme,
- 51:26l'idée,
- 51:26l'objectif.
- 51:27c'est d'avoir une copie intégrale d'un humain pour pouvoir tester en amont des traitements,
- 51:34des médicaments et voir comment ça va réagir.
- 51:38On n'y est pas encore,
- 51:39ce jumeau numérique parfait n'existe pas.
- 51:43Aujourd'hui,
- 51:44on arrive à avoir des simulations d'un organe précis,
- 51:50mais c'est extrêmement positif.
- 51:54En oncologie,
- 51:55l'HVC...
- 51:55était une étude qui était publiée dans Nature,
- 51:58je crois,
- 51:59où on arrivait à avoir des taux de fiabilité de plus de 94%.
- 52:05Et pour des patients qui sont concernés,
- 52:08qu'il n'y ait pas ce tâtonnement pendant des semaines et mois,
- 52:11où des fois ça peut être extrêmement dur pour les patients,
- 52:16pour le médecin,
- 52:18du premier coup,
- 52:18voilà la bonne dose de rayonnement,
- 52:21voilà comment on va traiter.
- 52:24en ayant des résultats mais voilà ça change tout donc on progresse c'est hyper encourageant le jumeau numérique tu as absolument raison d'en parler on progresse énormément sur le sujet il y a encore du travail mais quand on y arrivera ça va être ça va être extrêmement bien et
- 52:42on l'a vu dans plein de films de science-fiction ouais non mais c'est extraordinaire moi j'ai vu des chirurgiens pour le cancer du rein à priori c'est pour la chirurgie cardiaque aussi donc
- 52:53on peut créer un organe jumeau numérique pour pouvoir déjà faire de la médecine prédictive,
- 53:01c'est ça ?
- 53:02C'est-à-dire ?
- 53:04C'est comment est-ce que...
- 53:06L'organe va réagir à la chimie ou comment le malade va réagir à une ligne de chimio ?
- 53:16Moi,
- 53:16je pense,
- 53:16si on se projette dans un langage comme moi,
- 53:20vu les efforts qui sont déployés,
- 53:22Le taux de fiabilité du jumeau numérique,
- 53:26on y arrivera.
- 53:26On y arrivera.
- 53:28Il y a énormément de moyens qui sont mis en oeuvre sur le sujet.
- 53:31Ça ne date pas d'hier,
- 53:32mais effectivement,
- 53:33l'IA va permettre d'accélérer tout ça.
- 53:36C'est le traitement personnalisé.
- 53:38L'IA va permettre un traitement personnalisé.
- 53:41C'est exactement ça.
- 53:42La difficulté du jumeau numérique,
- 53:44c'est simplement par rapport au fait qu'il faut donner...
- 53:47C'est-à-dire que,
- 53:48par exemple,
- 53:49je prends l'exemple d'un...
- 53:50patient qui est hospitalisé en réanimation,
- 53:53si je veux prendre l'exemple d'un jumeau numérique,
- 53:55il faut que les données soient apportées de façon continue.
- 54:00Et c'est la difficulté.
- 54:02C'est-à-dire que ce n'est pas à un moment T,
- 54:05le jumeau numérique correspond à un moment T et il y a l'évolution.
- 54:08Et même,
- 54:08j'ai un peu un moment avant que la situation critique arrive.
- 54:12Ah oui,
- 54:13en réanimation,
- 54:14oui,
- 54:15mais l'application du jumeau numérique.
- 54:16Mais c'est vrai que c'est...
- 54:18hyper prometteur,
- 54:19ça c'est la médecine prédictive dont tu parles,
- 54:21c'est-à-dire qu'au fait en utilisant des données qui viennent de plusieurs l'IA a permis d'anticiper beaucoup mieux et beaucoup plus tôt qu'un réanimateur sur des signaux très faibles,
- 54:36c'est ça ?
- 54:37C'est un peu ça ?
- 54:38Oui,
- 54:39exactement,
- 54:39et cette médecine anticipative,
- 54:42préventive,
- 54:43prédictive,
- 54:44personnalisée,
- 54:45c'est vraiment cette médecine des 4 P on...
- 54:48qu'on veut viser,
- 54:48et du jumeau numérique,
- 54:49complètement dans cette logique et cette dynamique.
- 54:54Et sur la partie cancer colorectal,
- 54:57on a aussi des excellents résultats.
- 54:59Cancer des poumons,
- 55:00je dis,
- 55:01on a plus de 90%
- 55:02de fiabilité sur de nombreuses études.
- 55:07C'est extrêmement encourageant parce qu'il faut être capable de faire tourner des modèles assez longs,
- 55:13assez coûteux en intelligence et en énergie.
- 55:16pour pouvoir savoir comment est-ce que ça va réagir,
- 55:19un organe va réagir à un traitement.
- 55:22Ok.
- 55:23Le temps file,
- 55:24mais j'ai vraiment envie qu'on aborde cette histoire d'imagerie médicale,
- 55:28parce qu'on est persuadés que les radiologues sont les premiers spécialistes qui vont disparaître du fait de l'IA.
- 55:38Je voudrais juste expliquer quelle est la place.
- 55:41de l'intelligence artificielle au service de l'imagerie et du diagnostic et expliquer qu'on ne pourra pas tout de suite,
- 55:48ni après d'ailleurs,
- 55:51renoncer à nos radiologues.
- 55:52On a besoin d'eux malgré cette progression fulgurante de l'IA en imagerie.
- 55:59Oui,
- 55:59tout à fait.
- 56:01Dans le livre,
- 56:01je donne le témoignage du professeur Langlois,
- 56:04qui est une sommité en radiologie aux États-Unis.
- 56:12et on a des résultats extrêmement intéressants sur la partie imagerie avec l'IA où on va pouvoir permettre de détecter des petites variations,
- 56:24des toutes petites choses qui vont pouvoir nous laisser penser qu'eux.
- 56:28Et là où l'IA est vraiment extrêmement forte,
- 56:31c'est qu'elle va pouvoir mettre en corrélation l'image,
- 56:34le scanner,
- 56:34la radio,
- 56:35peu importe,
- 56:36avec des millions
- 56:40d'autres images qui ont été prises à travers le monde.
- 56:43Elle est capable de dire,
- 56:45ces petites choses-là,
- 56:46ces petits points-là,
- 56:48j'ai vu 10 000 autres cas dans ce sujet à travers le monde,
- 56:53et cinq ans après,
- 56:54ça a donné un développement de tel cancer,
- 56:55tel cancer.
- 56:56Donc,
- 56:57monsieur le médecin,
- 56:58madame le médecin,
- 57:00regardez un petit peu.
- 57:01Nous,
- 57:01on vous invite à avoir une attention un petit peu particulière sur le sujet.
- 57:04Et c'est là vraiment la partie...
- 57:06et de diagnostic où l'IA n'est pas là pour poser le diagnostic,
- 57:11mais pouvoir attirer l'attention des médecins sur ces différents sujets et que personne n'est infaillible,
- 57:19moi non plus,
- 57:19les médecins non plus.
- 57:20Les médecins peuvent être fatigués,
- 57:22ils peuvent avoir aussi des heures d'inattention,
- 57:24ils peuvent être dérangés,
- 57:25ils peuvent avoir mal dormi parce que leurs enfants ont fait du bruit.
- 57:30Mille raisons qu'on peut louper,
- 57:31personne n'est infaillible.
- 57:32Et avoir cette aide en plus,
- 57:33c'est ce que je disais,
- 57:35Moi,
- 57:35j'aime bien aussi dans mon métier avoir cette IA qui va m'aider à avoir plus de justesse,
- 57:39plus de rigueur et plus de précision.
- 57:40Surtout qu'elle est capable de voir des choses que l'être humain ne peut pas voir.
- 57:45Exactement.
- 57:47Au-delà de la faillibilité,
- 57:49il y a le fait qu'elle est capable de voir ce que le radiologue ne peut pas voir.
- 57:52Quand on a un médecin compétent qui travaille avec une IA rigoureuse,
- 57:56je pense que c'est le meilleur des combos.
- 58:02Et aussi parce que ça permet d'être le deuxième regard quand il s'agit de vérifier,
- 58:10de faire le dépistage,
- 58:11par exemple,
- 58:12des mammographies.
- 58:14Ça permet de faire le tri.
- 58:16J'ai trouvé ça hyper intéressant dans les urgences.
- 58:19C'est-à-dire qu'au lieu que le radiologue se fasse les 100 clichés et qu'il se fatigue,
- 58:26elle va trier pour lui tout le temps.
- 58:28tout ce qui est normal,
- 58:29elle le met de côté et elle va lui proposer là où il faut qu'il regarde et qu'il pose un diagnostic et un avis médical.
- 58:35C'est un bon assistant l'IA finalement.
- 58:37C'est génial.
- 58:38C'est génial,
- 58:38mais on ne peut pas se passer du radiologue.
- 58:40Non,
- 58:44je ne pense pas.
- 58:44C'est les yeux augmentés.
- 58:45Voilà,
- 58:45c'est les yeux augmentés,
- 58:46c'est exactement ça qu'on dit,
- 58:47mais moi je reste dans cette position que l'IA est un très bon assistant pour les très bons médecins et c'est ça qu'on veut.
- 58:55Voilà.
- 58:55Et alors,
- 58:56on peut
- 58:56coupler les images de radiologie à d'autres données médicales et c'est encore plus pertinent parce que du coup...
- 59:04Oui,
- 59:05c'est de quoi on vient,
- 59:06l'approche un peu multimodale que tu évoquais,
- 59:10c'est des informations de différents types qui vont permettre vraiment d'être le plus complet et le plus exhaustif possible.
- 59:16Sauver des vies parce que le scanner fait en urgence va tout de suite...
- 59:23en cas d'accident vasculaire où il faut revasculariser rapidement,
- 59:27on va pouvoir alerter directement le neurologue de garde ou alors le cardiologue qui doit aller déboucher une coronaire.
- 59:36C'est bon d'avoir capté un maximum d'informations et être dans cette logique d'anticipation.
- 59:41Je vais donner un autre exemple.
- 59:44Passons à toute la partie malaise cardiaque.
- 59:49Aujourd'hui,
- 59:50on sait on sait
- 59:53anticiper un malaise cardiaque de plusieurs heures avant que le malaise n'arrive juste avec des données assez basiques de suivi.
- 1:00:00C'est là qu'il va être vraiment intéressant d'avoir cette analyse en continu
- 1:00:0624h sur 24 7 jours sur 7 pour pouvoir dire alerte à la personne ou au médecin ou à la famille on pense,
- 1:00:15il est possible on a un taux de confiance assez élevé qui laisse penser que d'ici quelques heures vous allez faire un malaise cardiaque.
- 1:00:21Donc,
- 1:00:21on sait à quel point chaque minute compte lorsqu'il y a un malaise cardiaque.
- 1:00:26Donc,
- 1:00:26pouvoir être dans cette anticipation,
- 1:00:29dans cette prédiction,
- 1:00:31ça change tout.
- 1:00:32Et je pense que c'est vraiment des bons usages pour toute la partie.
- 1:00:35Est-ce que tu peux me dire un mot sur la médecine préventive et prédictive ?
- 1:00:39Parce que là,
- 1:00:40c'est super intéressant.
- 1:00:41C'est-à-dire,
- 1:00:41au lieu d'être dans une médecine réactive,
- 1:00:45on va être dans la médecine proactive.
- 1:00:47C'est un changement paradigme de la médecine.
- 1:00:50C'est-à-dire,
- 1:00:50au lieu d'attendre que le monsieur arrive diabétique,
- 1:00:53avec déjà des comorbidités en rapport avec le diabète,
- 1:00:57on va pouvoir détecter quels sont les patients qui sont susceptibles de faire ça,
- 1:01:02et on va le prévenir à l'avance.
- 1:01:04Oui,
- 1:01:05c'est tout à fait ça.
- 1:01:06Je pense qu'on l'a un peu couvert lors de notre échange.
- 1:01:10beaucoup de...
- 1:01:13L'IA va être vraiment cette missime des catégories.
- 1:01:15pays avec la partie prédiction,
- 1:01:17ça fait des années qu'on en rêve.
- 1:01:22Et je crois qu'il y a avec cet outil et déjà cet outil qui permet vraiment d'aller dans ce sens,
- 1:01:28dans cette anticipation parce que l'image que je vais me donner,
- 1:01:32c'est un petit peu le corona pendant le corona comme un puzzle.
- 1:01:37Ce puzzle,
- 1:01:39il est composé de 10 000 pièces.
- 1:01:42Un humain,
- 1:01:42un docteur va pouvoir regarder
- 1:01:453,
- 1:01:454,
- 1:01:455 pièces en même temps,
- 1:01:47les mettre en comparaison,
- 1:01:48analyser,
- 1:01:49essayer de voir des tendances,
- 1:01:49etc.
- 1:01:50L'IA,
- 1:01:51elle s'en moque,
- 1:01:52elle va pouvoir analyser les 10 000 pièces en même temps,
- 1:01:56utiliser l'historique,
- 1:01:57identifier des patterns,
- 1:01:58etc.
- 1:01:59Donc c'est là que toute cette partie,
- 1:02:01pouvoir pousser l'information à un médecin et faire ce travail d'analyse,
- 1:02:05je pense que c'est là que l'IA est vraiment extrêmement pertinente.
- 1:02:09L'homme ne pourra jamais le faire.
- 1:02:11Non,
- 1:02:12je ne crois pas,
- 1:02:13non.
- 1:02:14Ok.
- 1:02:16La santé connectée,
- 1:02:17c'est super important la santé connectée.
- 1:02:21C'est la médecine participative,
- 1:02:23c'est les patients qui vont pouvoir,
- 1:02:26à part certains objets,
- 1:02:27être reliés et avoir un feedback déjà.
- 1:02:30Ça va les faire,
- 1:02:32les engager dans leur santé.
- 1:02:34Oui,
- 1:02:37c'est un peu cet ange gardien,
- 1:02:39si tu veux,
- 1:02:40numérique,
- 1:02:41qui va permettre de surveiller un certain nombre de constances,
- 1:02:43de constantes,
- 1:02:44d'informations.
- 1:02:46pour produire une information utile et utilisable.
- 1:02:50Et toutes les données physiologiques qu'on peut mesurer facilement.
- 1:02:55Je donne un exemple aussi qui m'a été partagé par la professeure Picard du MIT,
- 1:03:01où elle a travaillé avec ses jeunes étudiants chercheurs sur un bracelet qui permet de mesurer la conductance de la peau.
- 1:03:14parce qu'on sait qu'en fonction de notre état émotionnel,
- 1:03:17on va plus ou moins transpirer si on est content,
- 1:03:22stressé,
- 1:03:22si on a peur,
- 1:03:23etc.
- 1:03:24Et elle a travaillé avec notamment un des élèves de ces étudiants qui était autiste et qui était souvent concerné par des crises d'épilepsie.
- 1:03:36Donc elle a mis au point avec ses élèves un bracelet qui permettait de mesurer
- 1:03:42en anticipation d'un certain nombre d'éléments et qui permettait de donner une alerte sur le risque d'une crise d'épilepsie.
- 1:03:52Je donne l'exemple d'une maman qui s'occupait de sa fille autiste qui avait accès au bracelet.
- 1:03:58Elle prenait sa douche et elle reçoit pendant sa douche une alerte sur son téléphone.
- 1:04:03Effectivement,
- 1:04:03elle va voir très rapidement sa fille.
- 1:04:05Effectivement,
- 1:04:06sa fille était déjà toute bleue.
- 1:04:08Elle était tombée la tête sur l'oreiller.
- 1:04:11Et l'intervention rapide de sa fille a permis de la prendre en charge,
- 1:04:15de la retourner et d'éviter une situation qui peut être un peu moins agréable.
- 1:04:21Donc ça,
- 1:04:21c'est très concret.
- 1:04:22Un objet connecté qui a permis d'envoyer une alerte au téléphone pour permettre une intervention.
- 1:04:29Donc là,
- 1:04:30la limite va être notre créativité,
- 1:04:32parce que les cas d'usage sont tellement forts,
- 1:04:34tellement nombreux,
- 1:04:36qu'il faut avoir vraiment...
- 1:04:38Utiliser toute cette intelligence pour créer des bons cas d'usage.
- 1:04:41Tu vas plus loin,
- 1:04:42tu parles de la relation entre toutes ces données des patients dans la médecine prédictive et l'association avec les assurances.
- 1:04:53Il y a notamment une assurance,
- 1:04:54il y a Alan qui a déjà intégré cette façon de...
- 1:04:59Comment dire ?
- 1:05:02d'accompagner les patients qui veulent participer à la prévention et être dans une hygiène de vie.
- 1:05:09Bon,
- 1:05:10après,
- 1:05:10il y a le corollaire,
- 1:05:11c'est-à-dire il y a des gens qui peuvent penser qu'on est suivi,
- 1:05:15on est observé.
- 1:05:16Donc,
- 1:05:16ce n'est pas une position simple.
- 1:05:18Mais l'idée,
- 1:05:19elle est là.
- 1:05:19Et l'idée est d'accompagner les patients dans leur propre prévention,
- 1:05:25qu'ils soient engagés dans leur santé et d'anticiper les comorbidités avant qu'elles s'installent.
- 1:05:31Tout à fait.
- 1:05:34C'est un peu ça.
- 1:05:35Et moi,
- 1:05:35un peu en conclusion de notre échange,
- 1:05:37effectivement,
- 1:05:38c'est vraiment dans l'esprit d'inviter tout le monde à s'intéresser au sujet,
- 1:05:42à se poser les bonnes questions,
- 1:05:46à être conscient de ce que ça peut apporter comme risque,
- 1:05:49parce qu'on parle de données médicales et on est tous très,
- 1:05:51très attachés à la protection de nos données médicales,
- 1:05:56voir comment est-ce qu'on peut l'utiliser pour le bien commun.
- 1:05:59comment est-ce que l'IA en santé peut réduire les inégalités et certainement pas les aggraver.
- 1:06:06On a besoin de tout le monde sur le sujet parce que chacun avec sa spécificité,
- 1:06:11sa spécialité va pouvoir apporter des choses différentes.
- 1:06:16Et vraiment,
- 1:06:17pour embrasser cette médecine de prévention,
- 1:06:21cette médecine personnalisée que tu évoquais,
- 1:06:26on a vraiment besoin de...
- 1:06:28de tout s'y pencher.
- 1:06:29Je crois beaucoup au potentiel de toute cette technologie.
- 1:06:34Je pense que c'est vraiment le sujet sur lequel l'IA doit le plus se pencher.
- 1:06:39C'est vraiment toute la partie santé.
- 1:06:41Elle est déjà là,
- 1:06:42ce n'est pas de la science-fiction.
- 1:06:44Elle sauve déjà des vies.
- 1:06:47Donc,
- 1:06:49au lait-cœur,
- 1:06:50avançons sur le sujet et nous pourrons en bénéficier le plus possible.
- 1:06:56C'est un petit peu les mots
- 1:06:58En tout cas,
- 1:06:58de fin de conclusion,
- 1:06:59que moi,
- 1:06:59je pouvais te partager.
- 1:07:02C'était vraiment très agréable d'échanger avec toi,
- 1:07:06Imane.
- 1:07:07Je rappelle ton livre.
- 1:07:08Il s'appelle « L'IA au service de la santé » .
- 1:07:10C'est un ouvrage qui est indispensable pour appréhender la révolution de l'IA.
- 1:07:16Où est-ce qu'on peut le retrouver,
- 1:07:18Thomas ?
- 1:07:19« L'IA au service de la santé » ,
- 1:07:20sur n'importe quel moteur de recherche.
- 1:07:22On trouvera le lien.
- 1:07:24Très bien.
- 1:07:25pour l'avoir en version papier ou en version électronique,
- 1:07:28Ausha.
- 1:07:29Moi,
- 1:07:29je suis de plus papier,
- 1:07:30mais après...
- 1:07:31Moi aussi,
- 1:07:31il y a plein de couleurs.
- 1:07:33Voilà,
- 1:07:34à la discrétion de chacun.
- 1:07:35Merci infiniment,
- 1:07:37Thomas.
- 1:07:37Merci,
- 1:07:37Yvanne.
- 1:07:38Merci beaucoup.
- 1:07:38À bientôt.
- 1:07:39À bientôt.
- 1:07:42Mes chers amis,
- 1:07:43j'ai été enchantée de partager avec vous ce livre indispensable de Thomas Klein,
- 1:07:49l'intelligence artificielle au service de la santé.
- 1:07:53Vous pouvez...
- 1:07:54partagez l'épisode sur les plateformes d'écoute et Instagram pour sensibiliser aux enjeux médicaux de l'intelligence artificielle et les mettre au centre de nos réflexions éthiques et sociales.
- 1:08:07A très bientôt !