Latest / Raconte Media - Interviews d'esprits audacieux qui inspirent, bousculent et (re)façonnent le monde - Créatifs, entrepreneurs, influents,… / Juliet Bonhomme (The Upcycling Lab) - D'ancienne fast fashion addict à créatrice de mode durable.
Transcript
- 0:00Ça,
- 0:00je suis intimement convaincue,
- 0:01il y a de la place pour tout le monde.
- 0:02C'est juste qu'il faut être assez à l'aise avec une vulnérabilité,
- 0:08une exposition et être OK d'être jugé et de s'en foutre.
- 0:19Imaginez un monde où chaque histoire trouve sa voix,
- 0:22où chaque talent éclaire notre époque.
- 0:28Raconte.
- 0:29est un média digital natif à l'écoute de notre temps.
- 0:35Les interviews grand format sont le premier chapitre de l'univers raconte.
- 0:39Écoutez-les en podcast,
- 0:41visionnez-les en vidéo et préservez-les grâce à nos publications imprimées collector.
- 0:47Notre passion pour l'image est infinie.
- 0:50Raconte,
- 0:51c'est le fond avec la forme.
- 0:54Préparez-vous à voyager au-delà des horizons connus.
- 0:57Aux côtés.
- 0:58de celles et ceux qui les redéfinissent.
- 1:01Bienvenue dans l'Odyssée raconte.
- 1:04Raconte la rencontre.
- 1:08Bonjour Juliette Bonhomme.
- 1:10Bonjour.
- 1:11Bienvenue sur Raconte.
- 1:12Merci.
- 1:13On se voit aujourd'hui un peu à l'invitation d'une personne qui est passée précédemment dans Raconte,
- 1:18Salome de Oise.
- 1:20Pour info,
- 1:21à chaque fois on demande aux personnes à la fin,
- 1:23comme ça tu es déjà prévenu,
- 1:25d'inviter quelqu'un sur Raconte et tu as été entre autres invité par Salome de Oise.
- 1:33Merci à elle.
- 1:35Allez voir l'épisode,
- 1:35on mettra le lien en description.
- 1:37Est-ce que je pourrais te demander qui es-tu ?
- 1:41Alors,
- 1:42je m'appelle Juliette Bonhomme,
- 1:44j'ai 29 ans,
- 1:45j'habite à Bruxelles et j'ai un peu de casquette.
- 1:50J'ai ma marque,
- 1:51mon projet,
- 1:51The Upcycling Lab,
- 1:52de revalorisation textile.
- 1:54Et à côté de ça,
- 1:55je suis aussi influenceuse sur les réseaux sociaux autour de la consommation durable.
- 2:00Voilà.
- 2:01En résumé,
- 2:02mais parfaitement résumé.
- 2:04Pour contextualiser,
- 2:05parce que raconte,
- 2:06se vit,
- 2:07s'écoute et se regarde,
- 2:08pour les personnes qui ne font que nous écouter,
- 2:10où sommes-nous présentement ?
- 2:13Aujourd'hui,
- 2:13on est dans mon atelier au Grand Hospice,
- 2:16dans le centre de Bruxelles.
- 2:20Cet atelier n'est pas une situation anodine,
- 2:22c'est un ancien hôpital qui a été réhabilité pour tous les projets à impact.
- 2:28social,
- 2:28culturel,
- 2:29environnemental,
- 2:30positif.
- 2:31Donc on reçoit une pièce qu'on doit un peu retaper et retransformer à notre image.
- 2:37C'est un peu une suite logique par rapport à ce que tu fais finalement ?
- 2:41Oui,
- 2:41totalement.
- 2:42C'est vraiment refaire du nouveau avec du vieux,
- 2:44revaloriser ce qui est déjà là et lui redonner une deuxième vie finalement.
- 2:50Tu le disais à l'instant,
- 2:51tu te considères entre autres comme influenceuse.
- 2:54Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- 2:56C'est quoi une influenceuse pour toi ?
- 2:59Pour moi,
- 2:59je pense qu'influenceuse,
- 3:00il y a plein de possibilités,
- 3:03de façons d'être influenceuse.
- 3:07En gros,
- 3:08je suis sur les réseaux sociaux et j'essaye d'influencer les gens dans leur consommation.
- 3:13C'est pour ça que je garde ce terme influenceuse.
- 3:15Il y en a qui disent créateur de contenu.
- 3:17C'est aussi une façon de voir les choses.
- 3:20Sur cette plateforme,
- 3:21j'essaye de prendre les codes des influenceurs.
- 3:24de base,
- 3:25et d'adapter ça à un mode de vie plus responsable,
- 3:28plus conscient,
- 3:30plus respectueux de l'homme et de la planète.
- 3:32Donc je n'ai des partenariats qu'avec des projets dans la durabilité à Bruxelles,
- 3:37ou qui lient au social,
- 3:39au culturel,
- 3:40à l'entrepreneuriat.
- 3:42Et l'idée c'est vraiment d'inviter la communauté,
- 3:45donc les gens qui me suivent,
- 3:46à s'habiller durablement,
- 3:48à créer aussi,
- 3:49à prendre les choses en main et oser créer,
- 3:51oser transformer ce qu'ils ont.
- 3:53Et également,
- 3:53il y a le levier entrepreneurial via mon projet,
- 3:56où j'invite vraiment les jeunes et même des gens plus âgés à oser se lancer et croire en leurs rêves et essayer de rendre une idée concrète.
- 4:06Tu viens de dire que tu t'es aussi lancée à un moment.
- 4:09Comment ça s'est fait ?
- 4:10Comment tu as franchi le pas ?
- 4:13Je pense que ça a pris du temps.
- 4:15Ce n'était pas du jour au lendemain où je me suis dit,
- 4:16tiens,
- 4:17en fait,
- 4:17je me lance.
- 4:19J'ai toujours su que j'avais envie d'avoir un métier,
- 4:22je pense,
- 4:23à moi.
- 4:24Parce que j'avais du mal à rentrer dans le moule du
- 4:289 to 5 au bureau.
- 4:30J'ai du mal à me concentrer longtemps.
- 4:32J'aime bien vraiment faire des choses créatives.
- 4:34Et je ne trouvais pas de métier qui répondait à ça.
- 4:37J'ai quand même travaillé dans la communication suite à mes études.
- 4:40d'abord dans une fondation royale puis dans une ASBL.
- 4:43Donc c'était de la communication avec quand même un objectif social ou environnemental positif.
- 4:50Mais je sentais que j'avais un vrai manque de créativité et de concret parce que la communication du coup digitale que je faisais à ce moment-là était très...
- 4:59digital.
- 5:01Et j'ai commencé pendant le confinement simplement à coudre,
- 5:05à transformer des tissus que j'avais chez moi parce que j'étais déjà dans une démarche zéro déchet,
- 5:11éco-responsable à titre personnel.
- 5:14Et pendant le confinement,
- 5:15il y avait la machine à coudre de ma mère que je n'avais jamais osé toucher.
- 5:17Je pensais que c'était impossible,
- 5:19que c'était beaucoup trop compliqué pour moi.
- 5:21Et en fait,
- 5:21je me suis lancée.
- 5:22Elle m'a montré comment ça fonctionnait.
- 5:23Je l'ai appelée,
- 5:24je pense,
- 5:2415 fois pour à chaque fois régler des choses que je ne comprenais pas.
- 5:27Et en fait j'ai commencé à créer,
- 5:29j'ai réussi à faire mon premier top à partir d'un drap que j'avais en satin.
- 5:34Et je me suis dit,
- 5:35mais en fait j'y arrive,
- 5:36c'est pas si compliqué de faire des vêtements.
- 5:37Puisque je prenais les vêtements que j'avais dans ma garde-robe,
- 5:39je les retournais,
- 5:40je copiais la forme.
- 5:42Et en fait de là est venu vraiment cet accomplissement de le mode de consommation durable,
- 5:48plus la créativité me donnait ce concept d'upcycling.
- 5:52Donc où j'upcyclais mes vêtements,
- 5:53je les revalorisais ou revalorisais les tissus.
- 5:56Et j'ai commencé à partager ça sur les réseaux sociaux pour montrer en fait les avant-après des tissus parce que j'avais le temps.
- 6:02J'ai découvert plein de gens du coup pendant le confinement qui faisaient ça aussi en France,
- 6:05en Angleterre,
- 6:06etc.
- 6:06Et en fait ça m'a vraiment animée,
- 6:08je voyais pas les heures passer.
- 6:11Et du coup j'ai continué à partager ça sur les réseaux sociaux et j'ai eu des demandes en fait de magasins pour venir donner des ateliers.
- 6:18Ou une demande de tiens j'ai un magasin de seconde main et j'ai un stock que j'arrive pas à vendre de robes classiques,
- 6:24tu voudrais pas qu'on les transforme ensemble ?
- 6:26Et en fait,
- 6:27petit à petit,
- 6:27je me suis dit,
- 6:27ok,
- 6:28c'est là que je dois aller parce qu'il y a trop de chouettes possibilités,
- 6:30ça m'anime trop.
- 6:32Et je vais arrêter mon travail dans la communication digitale et essayer de me lancer là-dedans.
- 6:37Et j'ai eu de la chance parce qu'à côté de ça,
- 6:39j'avais des chouettes propositions de collaboration sur les réseaux sociaux.
- 6:43Donc j'avais un peu deux mondes.
- 6:44Les réseaux sociaux,
- 6:45ça se développait autour de la durabilité.
- 6:48Et puis à Bruxelles,
- 6:49les ateliers,
- 6:50les co-créations.
- 6:51Et donc je me suis dit,
- 6:52on y va,
- 6:52on essaye.
- 6:53On va se donner une chance de peut-être y arriver,
- 6:55de sortir un peu du moule et de créer son propre moule.
- 7:00Tout s'est bien mis en fait de manière assez organique finalement.
- 7:03Oui.
- 7:04Tu es passée d'une période assez sinistre,
- 7:05tu viens de le dire,
- 7:06de Covid,
- 7:07où tout le monde s'ennuyait ou déprimait.
- 7:09Et toi,
- 7:10tu as pris un twist.
- 7:11Moi,
- 7:12j'ai adoré cette période.
- 7:13Moi,
- 7:13j'ai vraiment adoré parce que je suis un être très social de base,
- 7:17donc je bouge beaucoup,
- 7:18je n'aime pas trop rester chez moi.
- 7:20Et toi,
- 7:20c'était tout le contraire,
- 7:21tout d'un coup ?
- 7:21J'étais forcée et en fait,
- 7:23j'ai adoré ce moment-là parce que j'en ai fait quelque chose qui m'a connectée à mes mains,
- 7:29à mon rêve,
- 7:29je pense.
- 7:30Et donc moi,
- 7:31j'avoue,
- 7:31j'ai adoré ce moment-là.
- 7:32Je créais sans fin,
- 7:35aucune contrainte sociale de devoir sortir voir des gens.
- 7:39Et en fait,
- 7:39ça a totalement débloqué une vraie passion que je n'aurais jamais pris le temps,
- 7:43je pense.
- 7:44C'était juste un rêve,
- 7:45un rêve qui était déjà là,
- 7:47présent,
- 7:47bien avant.
- 7:49Oui,
- 7:49en fait,
- 7:49quand j'étais petite,
- 7:50je voulais être styliste,
- 7:51je voulais faire la cambre.
- 7:52J'ai visité cette école après mes études secondaires et je n'ai pas osé en fait,
- 7:56parce qu'à ce moment-là,
- 7:58il n'y avait pas les réseaux sociaux.
- 8:00Et tant qu'il y a d'années,
- 8:01pour contextualiser un peu.
- 8:03Alors,
- 8:03là,
- 8:05quand j'ai dû choisir mes études,
- 8:08je...
- 8:08Je pense qu'on était en 2013,
- 8:092014,
- 8:14donc il y a 10 ans.
- 8:15Et j'ai visité la cambre.
- 8:19Ça m'a fait rêver de voir les ateliers,
- 8:21les tissus,
- 8:21la créativité.
- 8:22Mais on m'a dit,
- 8:23si tu fais la cambre,
- 8:25soit tu deviendras costumière ou habilleuse au théâtre ou dans le cinéma.
- 8:29Mais donc,
- 8:29tu ne vas pas vraiment créer les vêtements dont tu rêves.
- 8:32Soit tu auras la chance d'une personne sur mille qui sera vraiment le créatif qui sortira du lot.
- 8:37Et donc j'ai pris peur,
- 8:39parce que je me suis dit je ne vais pas y arriver,
- 8:41c'est trop compliqué.
- 8:42Et donc j'ai enfermé ce rêve dans un petit tiroir à double tour,
- 8:45j'ai jeté la clé.
- 8:46Et j'ai fait communication à l'IEX,
- 8:48je pense que ça m'a beaucoup aidée finalement.
- 8:50Mais en fait j'ai vraiment mis ce rêve de la créativité sur le côté.
- 8:56Et du coup je suis passée plus dans le mode consommée.
- 8:58Donc j'ai un peu surconsommé la mode que je ne pouvais pas créer.
- 9:02Et donc je suis partie vraiment dans un travers de mes secondaires à mes années aussi à l'IEX.
- 9:07donc à mon autre école,
- 9:09mon université,
- 9:10où en fait je surconsommais la mode et la fast fashion,
- 9:13donc la mode jetable,
- 9:14parce que j'étais étudiante,
- 9:15donc je n'avais pas le budget pour m'acheter des pièces onéreuses,
- 9:20ce qui ne veut pas spécialement dire durables,
- 9:21mais voilà.
- 9:22Et en fait,
- 9:23j'allais tout le temps chez H&M,
- 9:25Zara,
- 9:25des énormes enseignes pour assouvir,
- 9:26je pense,
- 9:27ce besoin d'être connectée à cette mode sans la créer.
- 9:30Et du coup,
- 9:30en fait,
- 9:31j'étais la pire de toutes mes copines.
- 9:32Et dans ma famille,
- 9:33j'étais l'accro au shopping,
- 9:35au solde,
- 9:36au petit prix.
- 9:37Parce que je pense que j'avais ce rêve enfoui qui était en fait frustré.
- 9:41Et la frustration sortait via cette consommation,
- 9:43je pense.
- 9:45Ça a bien changé.
- 9:46Ouais,
- 9:47ouais,
- 9:47ouais.
- 9:48Du coup,
- 9:49j'ai pris une grosse claque.
- 9:51Comment est arrivée cette claque ?
- 9:53Eh bien,
- 9:54dans mon avant-dernière année de l'université,
- 9:56je devais choisir un...
- 9:58Dans ma dernière année d'université,
- 9:59je devais choisir un stage et un sujet de mémoire.
- 10:03Et j'avais déjà commencé à être alerte en termes des co-responsabilités.
- 10:08J'avais arrêté de manger de la viande,
- 10:09j'utilisais une gourde,
- 10:10enfin un peu on va dire des basiques.
- 10:11Et tout ça,
- 10:12c'est fait de manière tout à fait naturelle ou dans ta famille,
- 10:14avec d'autres personnes ?
- 10:15Je ne sais pas si tu as des connaissances.
- 10:16Oui,
- 10:17en gros,
- 10:18ma mère nous a toujours sensibilisé beaucoup à la nourriture de saison,
- 10:22au gaspillage alimentaire.
- 10:24Elle avait demandé un compost pour Noël,
- 10:26donc j'étais déjà un peu venu là-dedans.
- 10:27Elle avait une sensibilité là.
- 10:28Elle avait une sensibilité.
- 10:30Par contre,
- 10:31j'étais la première de ma famille à vouloir arrêter de manger de la viande.
- 10:33Ça,
- 10:33c'était via des documentaires que j'avais vus.
- 10:36Tu t'es embarquée.
- 10:37Voilà.
- 10:37Et même un film qui n'est pas un documentaire,
- 10:39mais qui s'appelle Okja.
- 10:41O-O-K-J-A.
- 10:44Je vois qu'il y a un personnage...
- 10:45Qui est un animal fictif.
- 10:46C'est un animal,
- 10:46oui,
- 10:47voilà,
- 10:47tout à fait.
- 10:47Il m'a en fait vraiment transpercé le cœur.
- 10:50Et donc là,
- 10:50j'ai décidé de commencer à vraiment prendre des actions.
- 10:53Mais par contre,
- 10:54la mode restait encore,
- 10:55on va dire,
- 10:55ma bête noire.
- 10:57J'arrivais pas à changer.
- 10:59Ouais.
- 10:59Mon addiction,
- 11:00et aussi à ce moment-là,
- 11:02c'était pas si stylé et commun d'aller en friperie,
- 11:04d'acheter sur Vinted,
- 11:05en vide-dressing.
- 11:07Et en fait...
- 11:08On était en 2015-2016,
- 11:10si je suis bien les années,
- 11:11plus ou moins.
- 11:11Oui,
- 11:12c'est ça,
- 11:12plus ou moins.
- 11:13Et en fait...
- 11:15Mais c'est particulier parce que depuis qu'on était petite avec mes copines,
- 11:19dans la cour de récré,
- 11:20on savait très bien que la mode n'était pas faite en respect de l'homme et de la planète.
- 11:25On savait que les baskets Nike étaient faites à l'autre bout du monde,
- 11:28par des gens pas très majeurs,
- 11:29dans des pas très bonnes conditions.
- 11:30Donc,
- 11:30je ne vais pas dire que j'ai eu une claque ou j'ai découvert tout ça.
- 11:33On le savait.
- 11:34C'est ça le paradoxe,
- 11:34c'est qu'on le sait.
- 11:35Il y a eu des informations,
- 11:36il y a eu des documents.
- 11:38Quasiment tout le monde le sait,
- 11:39il y a des images de ça.
- 11:40Et on le fait quand même.
- 11:42Voilà,
- 11:42et en fait,
- 11:45à ma dernière année à l'IEX,
- 11:47j'avais fait le choix de ne pas prendre publicité,
- 11:49de prendre relation publique,
- 11:50parce que je n'avais pas envie d'être dans un mode où on vend aux gens des choses qu'ils n'ont pas besoin.
- 11:55mais au-delà de ça,
- 11:55d'être plutôt porteur de messages,
- 11:57de valeurs.
- 11:58Donc je me suis dit,
- 11:58là c'est le bon moment pour vraiment commencer à prendre les choses en main.
- 12:02Donc j'ai décidé de choisir un stage dans la mode durable et de faire mon mémoire autour de la durabilité.
- 12:08Et mon stage dans la mode durable s'est annulé parce que la marque dans laquelle je devais faire mon stage a fait faillite,
- 12:14malheureusement.
- 12:15Le monde,
- 12:15je pense,
- 12:15n'était pas encore prêt aux marques durables à ce moment-là.
- 12:19C'était le début.
- 12:19C'était le début,
- 12:20c'était vraiment très très...
- 12:21C'était vraiment...
- 12:22Et on y est.
- 12:23Ouais,
- 12:23vraiment une marque pionnière qui malheureusement a dû déposer le bilan.
- 12:27Et du coup,
- 12:27j'ai trouvé un autre stage dans une ASBL qui en fait était un guide en ligne de marques durables dans la nourriture,
- 12:35dans la cosmétique,
- 12:36dans la mode,
- 12:37dans des hôtels,
- 12:38etc.
- 12:38Donc un peu un guide et qui organisait des conférences autour de la durabilité.
- 12:43Et donc j'ai postulé là-dedans et en fait c'est à ce moment-là que j'ai vraiment transformé mes pensées en actions.
- 12:51Je me suis dit « Ok » .
- 12:52Là,
- 12:52on va arrêter d'écrire des articles pour mon stage,
- 12:55pour dire aux gens comment faire les courses zéro déchet,
- 12:57comment acheter seconde main,
- 12:58on va vraiment le faire.
- 12:59Et donc à partir de ce moment-là,
- 13:01j'avais complètement arrêté d'acheter en fast fashion et j'ai vraiment commencé à trouver des solutions pour continuer à être moi-même et renouer cet amour à la mode sans polluer,
- 13:11sans nuire.
- 13:12Et donc à partir de ce moment-là,
- 13:13de ce stage,
- 13:14de cette réalisation de mémoire,
- 13:16etc.,
- 13:17j'ai cherché des solutions.
- 13:19Je suis partie en friperie sur Vinted qui venait d'arriver sur le marché en brocante et j'ai commencé à renouer totalement avec ce bonheur de la mode sans culpabiliser.
- 13:30Et j'ai commencé à partager ça sur les réseaux sociaux,
- 13:34avant le cycling,
- 13:34etc.
- 13:35juste pour montrer qu'on peut être stylé sans trop polluer.
- 13:40Et donc je prenais les codes des influenceuses qui se prenaient en photo en rue et je me prenais avec des looks 100%
- 13:46de brocante,
- 13:47acheté à une amie.
- 13:48trouvée sur
- 13:49Vinted. Et je faisais vraiment comme elle,
- 13:50les photos en rue.
- 13:51Et puis,
- 13:51je mettais en description
- 13:54« Ensemble tailleur »
- 13:55trouvé en brocante pour 10 euros.
- 13:57Et en fait,
- 13:58c'est de là que la page a un peu,
- 13:59on va dire,
- 14:00démarré en termes de mode durable.
- 14:02Et puis,
- 14:02c'est en confinement qu'elle a pris vraiment autour de l'upcycling.
- 14:05Quel a été l'accueil quand tu as commencé à diffuser ces photos ?
- 14:08Hyper bon.
- 14:09Tout de suite ?
- 14:09Ouais,
- 14:10hyper bon.
- 14:11Les gens adoraient.
- 14:13Les gens étaient hyper réceptifs.
- 14:15Quel type de personne ?
- 14:16Est-ce qu'il y a un...
- 14:17personnalité ?
- 14:19Je pense que c'était concrètement des filles de mon âge.
- 14:24Autour de la vingtaine.
- 14:25Des jeunes filles qui avaient envie de changer,
- 14:30qui avaient envie d'avoir des solutions.
- 14:32Et du coup,
- 14:33je pense que je les ai présentées sur un plateau d'argent et ça leur a énormément parlé.
- 14:37Parce que j'essayais vraiment de ne pas culpabiliser.
- 14:39Je partageais les informations sur ce qui se passait.
- 14:42Voilà.
- 14:43Parce que j'avais été très loin dans cette consommation.
- 14:46néfaste.
- 14:47Mais je montrais vraiment les solutions et l'aspect fun,
- 14:49moderne,
- 14:50chouette où en fait on est stylé et sans culpabiliser.
- 14:54Et en fait,
- 14:54j'ai eu beaucoup de retours très positifs.
- 14:56J'ai eu des articles dans la presse.
- 14:57Et en fait,
- 14:59c'est parce qu'à ce moment-là,
- 15:00l'influence était vraiment...
- 15:02Enfin,
- 15:02les blogueuses étaient vraiment autour de la surconsommation.
- 15:05Et là,
- 15:06je prenais un parti pris totalement différent qui n'avait pas encore été pris à ce moment-là,
- 15:09en tout cas à Bruxelles.
- 15:11T'étais pris déjà ailleurs,
- 15:13dans d'autres pays ?
- 15:14Genre,
- 15:14tu suivais ?
- 15:16Pas encore à ce moment-là.
- 15:17J'avais pas encore vu,
- 15:18moi,
- 15:18vraiment d'influenceuses qui m'inspiraient.
- 15:20C'est pour ça que j'ai décidé de prendre ce...
- 15:24Voilà,
- 15:24de vraiment d'aller à contre-courant et de proposer autre chose,
- 15:28mais de prendre tous les codes des blogueuses que je voyais depuis toujours.
- 15:31Mais à ce moment-là,
- 15:32je ne connaissais pas de gens qui faisaient comme moi.
- 15:34Je me suis vraiment trouvée plutôt une communauté au fur et à mesure,
- 15:37en découvrant en fait dans d'autres pays.
- 15:39Et avec l'upcycling,
- 15:40j'ai pu voir de plus en plus de gens qui avaient la même vision que moi.
- 15:43Mais à ce moment-là,
- 15:44non,
- 15:45je me sentais assez seule dans cette démarche.
- 15:47Mais heureusement,
- 15:47ça a trop pris autour de mes copines,
- 15:49puis de la famille de mes copines,
- 15:50puis les amis des amis.
- 15:51Et en fait,
- 15:52ça a pris.
- 15:53Et puis de plus en plus de gens ont commencé aussi à le faire,
- 15:55à s'habiller en seconde main et à partager sur les réseaux sociaux et à vraiment enlever cette image que le seconde main,
- 16:03la durabilité,
- 16:04c'est sale,
- 16:05c'est vieux,
- 16:06c'est pas chouette,
- 16:07c'est pas moderne,
- 16:08c'est has been.
- 16:09Là,
- 16:09c'était totalement un autre parti pris.
- 16:11En fait,
- 16:12non,
- 16:12c'est trop stylé,
- 16:13c'est trop sexy,
- 16:13c'est trop moderne.
- 16:14C'est original aussi parce qu'on trouve des pièces uniques qu'on va venir mettre et qui ne sont pas par milliers vendues chez Zara et que le lendemain...
- 16:22Nos copines peuvent avoir les mêmes.
- 16:23Non,
- 16:23là,
- 16:23on prend des pièces aussi qui nous ont parlé,
- 16:26pas via une campagne de marketing en magasin ou un stand bien arrangé.
- 16:30Non,
- 16:30parce que ça nous a parlé nous-mêmes.
- 16:32Est-ce que c'est dur d'avoir cette singularité ?
- 16:37Non,
- 16:39non,
- 16:39je ne dirais pas.
- 16:40Au début,
- 16:40c'était dur parce que je me suis beaucoup cherchée professionnellement et que j'ai dû un peu sortir d'un moule dans lequel mon environnement était,
- 16:48mes copines,
- 16:48ma famille.
- 16:50Mais maintenant,
- 16:51non.
- 16:51je me sens hyper épaulée parce qu'en fait,
- 16:53grâce aussi aux réseaux sociaux,
- 16:54on voit plein de gens maintenant qui font comme nous.
- 16:56Et donc,
- 16:57ça nous permet d'avoir un lien.
- 16:58Ça a été un peu ton moteur,
- 16:59en fait,
- 16:59d'avoir ces retours.
- 17:00Totalement.
- 17:00Des gens,
- 17:01des followers.
- 17:02Oui,
- 17:03totalement.
- 17:03Qui t'ont un peu confirmé,
- 17:05si je puis dire.
- 17:06Totalement.
- 17:06Ils m'ont élevée,
- 17:07en fait.
- 17:08Ils m'ont encouragée à continuer à faire encore plus.
- 17:11Et donc,
- 17:11c'était génial et c'est génial encore.
- 17:13Raconte la forme avec le fond.
- 17:16À la base,
- 17:17tu viens d'où ?
- 17:18Tu viens de Bruxelles même ou d'un village ?
- 17:20Non,
- 17:22je viens de Jette,
- 17:23donc dans le nord de Bruxelles,
- 17:24comme Salomé au final,
- 17:25c'est comme ça qu'on se connaissait.
- 17:26Ok.
- 17:27On faisait du théâtre quand on était plus jeunes ensemble.
- 17:29Donc tu as toujours eu envie de côté un peu sain,
- 17:32du côté aussi vêtement finalement,
- 17:34parce que dans le théâtre,
- 17:35le costume est très important.
- 17:37Oui,
- 17:37c'est vrai.
- 17:37Ça a été peut-être une première rencontre ?
- 17:39Je pense,
- 17:39je pense que c'est le côté aussi d'oser s'assumer.
- 17:44Avec le théâtre,
- 17:44c'est se montrer un peu,
- 17:46incarner des personnages,
- 17:47même si ce n'est pas totalement nous-mêmes.
- 17:48C'est quand même se montrer,
- 17:50être vulnérable sur scène.
- 17:51Se mettre en danger,
- 17:52oui.
- 17:52Oui,
- 17:53et donc je pense que tout ça composait en fait ce vers quoi j'allais.
- 17:58Même les réseaux sociaux,
- 17:59c'est aussi une mise en scène.
- 18:00C'est un jeu d'acteur presque.
- 18:02Et en fait,
- 18:03oui,
- 18:03je pense que la créativité a toujours fait partie de ma vie,
- 18:07que ce soit scénique,
- 18:09que ce soit artistique,
- 18:10on va dire dans la créativité manuelle.
- 18:14Mes parents m'ont toujours beaucoup poussé à ça.
- 18:16À la maison,
- 18:17ça a toujours été très autour du bricolage,
- 18:19d'essayer des choses.
- 18:20Mon papa qui adorait la musique,
- 18:22ma maman qui était très créative.
- 18:24Vous avez des métiers créatifs ou pas du tout ?
- 18:27Pas spécialement des métiers créatifs,
- 18:29mais des hobbies et des passions quand même créatives.
- 18:33Mon papa adore la musique et tous les soirs,
- 18:37il était dans la cave,
- 18:38dans son studio,
- 18:39à écouter de la musique,
- 18:40à faire des...
- 18:41Des mix et à juste être dans sa passion.
- 18:44Ma maman,
- 18:44elle a toujours touché à tout,
- 18:46que ce soit le dessin,
- 18:47la couture,
- 18:47la céramique maintenant.
- 18:50Donc j'ai eu une famille qui m'a beaucoup poussée à me cultiver de plein de choses et toujours tester de nouvelles choses.
- 18:58Et aussi quand on aime quelque chose,
- 18:59y aller,
- 18:59se donner tous les moyens pour vraiment en profiter.
- 19:03C'est rock,
- 19:04s'il le faut.
- 19:05Oui,
- 19:05c'est ça,
- 19:05totalement.
- 19:06On n'était pas une famille très télé.
- 19:09télé tout le temps,
- 19:10etc.
- 19:11C'est une famille qui bouge beaucoup,
- 19:14qui va avoir des pièces de théâtre,
- 19:15des expositions.
- 19:16Donc ça,
- 19:17j'ai eu de la chance.
- 19:17Je pense que ça m'a beaucoup aidée,
- 19:19même à me mettre dans des stages créatifs.
- 19:21Donc je pense que ça a aussi beaucoup mis sur mon parcours plein d'étapes pour arriver là où j'étais.
- 19:29On va revenir maintenant un peu plus loin dans le temps où tu as lancé ta marque.
- 19:34Comment ça se met en place ?
- 19:35Parce que là,
- 19:36on a parlé de comment ça s'est fait finalement pendant le Covid.
- 19:39Mais quand ça devient un métier,
- 19:41c'est tout à fait autre chose.
- 19:42Ouais.
- 19:44Donc,
- 19:44j'ai eu la chance de me...
- 19:45Donc,
- 19:46j'ai arrêté mon contrat en communication digitale.
- 19:49C'était un risque énorme,
- 19:50en fait.
- 19:50Oui,
- 19:51j'ai eu assez peur parce que mes parents avaient...
- 19:54Assez peur pour moi,
- 19:56parce que mon frère et mes deux parents sont salariés.
- 19:59Donc pour eux,
- 20:01se lancer,
- 20:01c'était très flou.
- 20:03Pourquoi pas prendre un mi-temps quand même,
- 20:04au cas où ?
- 20:06Donc quand même dans les peurs,
- 20:07j'ai dû quand même aller au-delà de ça,
- 20:08c'était dur.
- 20:10Parce que j'avais déjà des peurs moi-même,
- 20:12donc je devais aller au-delà des peurs de ma famille.
- 20:13Quel genre de peur,
- 20:14si c'est pas indiscret ?
- 20:16Peur d'échouer,
- 20:17je pense.
- 20:19Peur de manquer financièrement de quoi que ce soit.
- 20:23Peur de se retrouver seule face à soi-même dans un projet,
- 20:29peur de réaliser qu'en fait,
- 20:32c'est pas parce qu'on fait bien quelque chose que ça va d'office marcher aux yeux des autres,
- 20:36que ça va prendre,
- 20:37qu'on va y arriver.
- 20:41Et donc ça a été un peu un beau...
- 20:43c'est une année post-Covid qui a été vraiment charnière dans ma vie où j'ai décidé d'arrêter mon boulot.
- 20:52confortable.
- 20:53Je décide de quitter chez mes parents et d'emménager toute seule parce que je pense que j'ai besoin de ça à ce moment là pour m'envoler concrètement et de me sortir de toutes les peurs et des schémas dans lesquels j'ai peut-être grandi.
- 21:06Et donc je suis rentrée dans un programme d'accompagnement pour les entrepreneurs dont j'avais entendu parler.
- 21:13Une couveuse,
- 21:14c'est ça une couveuse.
- 21:17Et je suis rentrée dans cette couveuse sans trop savoir ce que j'allais faire.
- 21:19J'ai expliqué en fait toute ma...
- 21:21où j'en étais,
- 21:22qu'il y avait l'upcycling,
- 21:24des demandes d'ateliers,
- 21:25des demandes de co-création,
- 21:26j'avais l'influence sur les réseaux sociaux,
- 21:29mais j'avais des notions en communication digitale.
- 21:31Et j'ai eu un rendez-vous avec une personne incroyable qui m'a dit
- 21:36« Ok, tu as une âme d'entrepreneuse,
- 21:39rentre chez nous,
- 21:39on va t'aider à même te définir,
- 21:42définir ce projet dans lequel tu veux te lancer,
- 21:43même si tu ne le sais pas encore. »
- 21:45Et donc grâce à elle,
- 21:46je me suis dit « Ok,
- 21:47j'y vais. »
- 21:47Et donc en fait,
- 21:48pendant plusieurs mois,
- 21:50Une fois par semaine,
- 21:51j'avais des calls avec un groupe,
- 21:53parce que du coup,
- 21:54on était post-Covid,
- 21:55donc on ne pouvait pas se voir.
- 21:56Tu étais en visio.
- 21:58En visio,
- 21:59pour en fait préparer ce projet,
- 22:01qui était encore très flou,
- 22:03et qui,
- 22:04en deux,
- 22:05trois mois,
- 22:06s'est avéré devenir The Upscycling Lab,
- 22:09qui est du coup ce projet de revalorisation,
- 22:11qui est en fait un peu,
- 22:13à mon image,
- 22:13composé de plusieurs bras,
- 22:15de plusieurs casquettes.
- 22:17Donc il y avait les ateliers que je donne encore une fois par semaine ici.
- 22:21Peut-être pour contextualiser,
- 22:22les ateliers c'est quoi ?
- 22:24Donc les ateliers c'est des cours où j'ai cinq élèves et en fonction du thème,
- 22:30on leur apprend à transformer des tissus.
- 22:33Donc la matière première ne sera que des tissus récupérés,
- 22:36des rideaux,
- 22:36des fins de rouleaux,
- 22:38des nappes,
- 22:38enfin tout ce que je trouve quand je chine ou qu'on me donne.
- 22:42Pas forcément des tissus qui sont adaptés aux vêtements de plus à bord.
- 22:45Non,
- 22:46totalement.
- 22:47Ça peut être des vieux jeans qu'on va transformer en bob.
- 22:53J'ai commencé avec ce levier atelier.
- 22:57Ce que je faisais dans ma chambre quand j'étais en confinement,
- 22:59c'était essayer de le transmettre.
- 23:01On avait différents thèmes,
- 23:03les bobs,
- 23:04des sacs,
- 23:05transformer une chemise en ensemble.
- 23:08Et puis,
- 23:10d'aujourd'hui...
- 23:11On s'est plus affiné sur le gilet sans manche,
- 23:14comme je porte.
- 23:15Que tu portes justement,
- 23:15on va en parler après.
- 23:17Voilà,
- 23:18donc c'est avec des thèmes.
- 23:19Donc l'idée,
- 23:19c'est un atelier où une personne même qui n'a jamais cousu peut venir faire l'atelier,
- 23:23va transformer un tissu et repartira avec quelque chose qu'elle a fait.
- 23:27L'idée,
- 23:27c'était vraiment d'avoir un seul cours et que la personne puisse,
- 23:31avec ce cours,
- 23:32repartir avec des compétences et une création.
- 23:36Sans prérequis.
- 23:37Sans prérequis.
- 23:39Puis on a le levier de la co-création,
- 23:42c'est aussi mis dans ce projet parce que j'ai reçu des demandes des petits riens par exemple ou d'un magasin de seconde main pour les aider à revaloriser des stocks d'un vendu.
- 23:51Donc
- 23:52The Upcycling Lab était aussi dans la co-création,
- 23:54donc on co-créait avec des projets.
- 23:57Puis il y a le levier aussi sensibilisation qui était très fort à ce moment-là et qu'il l'est encore parce que les réseaux sociaux sont une sensibilisation.
- 24:06Je vais parfois en entreprise.
- 24:08sur des temps de midi,
- 24:09parler avec des gens autour de la durabilité,
- 24:11en maison de jeûne aussi,
- 24:13en conférence sur des festivals comme la CEMO.
- 24:17Et donc ce projet s'est défini comme ça,
- 24:19petit à petit,
- 24:20par toutes les demandes et on a réussi à en faire quelque chose.
- 24:23Et je pense que la couveuse m'a vraiment aidée à avoir confiance en la vie,
- 24:28en moi,
- 24:28en le projet et en se disant « tu peux créer quelque chose qui te convient » .
- 24:32Parce que j'avais beaucoup de mal à me dire « je ne vais faire que des ateliers »
- 24:34ou « je ne vais faire que des créations » .
- 24:36ou je vais faire quoi de la sensibilisation,
- 24:37j'avais besoin d'un projet un peu hybride.
- 24:40Et donc,
- 24:41grâce à cette couveuse,
- 24:42The Upcycling Lab s'est développée.
- 24:46Et finalement,
- 24:46le levier marque s'est développé plus sur le tard,
- 24:50parce que j'étais plus dans une optique où je co-créais avec des projets.
- 24:56J'ai fait quelques petits marchés de Noël,
- 24:57donc je créais un peu pour des ventes spéciales,
- 24:59mais je n'osais pas encore m'établir comme vraie marque.
- 25:02C'est vraiment venu plus depuis l'année dernière,
- 25:05parce qu'en fait un projet d'entrepreneuriat,
- 25:07ça prend du temps et c'est ok.
- 25:09Et en fait j'ai d'abord développé les ateliers,
- 25:10puis maintenant que les ateliers étaient rodés,
- 25:12il y a eu les co-créations,
- 25:14puis la sensibilisation,
- 25:15et puis maintenant vient ce levier marque qui devient de plus en plus important.
- 25:19Parce que j'ai pris de l'expérience,
- 25:21j'ai pris de l'assurance,
- 25:22j'ai compris ce qui fonctionnait,
- 25:23ce qui ne fonctionnait pas.
- 25:25Et voilà,
- 25:26ce levier de marque est venu maintenant prendre une plus grande place parce que j'adore créer et maintenant je suis confiante de créer pour les gens.
- 25:34Et je pense qu'avant,
- 25:34je préférais leur donner des compétences que des produits.
- 25:37Et maintenant,
- 25:37j'arrive de plus en plus à être dans cette démarche-là.
- 25:41Mais ça a pris du temps et c'est ça aussi que j'ai compris dans l'entrepreneuriat,
- 25:45c'est que tout prend du temps et que là,
- 25:48ça va faire
- 25:493-4 ans que j'ai mon projet.
- 25:52Il n'est pas du tout le même que quand je l'ai lancé et à mon avis dans 3-4 ans il ne sera pas du tout le même non plus.
- 25:56Et c'est ça qui est génial,
- 25:57c'est qu'il se compose de plein de choses.
- 26:00Et donc voilà.
- 26:04Raconte,
- 26:05où chaque format donne vie à une histoire.
- 26:07On sent que tu as ce besoin de communiquer,
- 26:09tu pourrais juste rester dans ton coin et faire de l'artisanat et ne voir quasiment personne,
- 26:14mais toi tu vas vraiment vers les gens,
- 26:15que ce soit de manière numérique,
- 26:17vers les réseaux sociaux,
- 26:18ou comme tu disais,
- 26:19via des rencontres,
- 26:20des événements,
- 26:21même dans des maisons de jeunes et tout,
- 26:22c'est très important,
- 26:23c'est un trait de ta personnalité en fait.
- 26:25Oui,
- 26:26parce qu'en fait,
- 26:27créer dans mon coin,
- 26:29entre guillemets,
- 26:31Et juste délivrer un produit que des gens vont mettre,
- 26:34ce n'était pas mon objectif premier et ce n'est pas ce qui me nourrit.
- 26:38Je suis très sociale,
- 26:39je me nourris beaucoup des gens,
- 26:41de mes amis,
- 26:41de l'entourage.
- 26:44C'est déjà un challenge d'avoir un projet seul,
- 26:46mais si en plus je n'ai pas de lien avec les gens,
- 26:49pour moi ça n'aurait vraiment pas de sens.
- 26:52Et je respecte les artisans qui arrivent à rester dans leur atelier et créer et délivrer.
- 26:57Moi j'ai besoin de liens,
- 26:58j'ai besoin d'échanger.
- 27:00J'ai besoin,
- 27:01ok,
- 27:01je suis ok maintenant de vendre un produit,
- 27:03mais j'aime bien aussi passer des compétences pour que les gens continuent de le faire chez eux.
- 27:08Tu n'es pas fermée à dire,
- 27:09moi,
- 27:10je détiens de savoir.
- 27:11Toi,
- 27:11tu es vraiment dans le partage à fond.
- 27:13Oui,
- 27:13total.
- 27:14Mais c'est ça,
- 27:15parce qu'en fait,
- 27:15j'ai réalisé que,
- 27:18de base,
- 27:18ma mission était vraiment d'aider les gens à s'habiller de manière durable.
- 27:22Et moi,
- 27:23je ne vois pas,
- 27:24pour moi,
- 27:25aider des gens à s'habiller de manière durable,
- 27:26ce n'est pas juste en leur vendant un produit en plus de ce qu'ils ont déjà.
- 27:30C'est en parlant avec eux,
- 27:31en partageant l'expérience,
- 27:33en étant honnête sur moi,
- 27:34mon parcours et aussi en leur passant des compétences comme celle de la couture.
- 27:39Et que je n'avais vraiment pas envie que le projet soit juste une marque,
- 27:42ce qui est déjà énorme pour plein de projets,
- 27:45parce que je sens que j'ai besoin de cet échange,
- 27:47de ce lien,
- 27:48de transmettre des choses qui vont pouvoir se transmettre.
- 27:51Et un produit,
- 27:52ça se transmet,
- 27:53mais c'est un produit.
- 27:57C'est pas une valeur,
- 27:57c'est pas une information et c'est pas une compétence.
- 28:00Et le nombre de gens qui viennent ici apprendre à coudre et qui ont envie d'apprendre à coudre,
- 28:05qui n'osent pas et qui après repartent d'ici avec des compétences,
- 28:08c'est incroyable,
- 28:09ça n'a pas de prix.
- 28:10Parce qu'après,
- 28:11eux vont continuer chez eux,
- 28:12vont pouvoir le transmettre et ça fait perdurer ça.
- 28:16L'idée ici,
- 28:17c'est vraiment d'être quand même de la base,
- 28:21on est quand même dans une valeur de durabilité,
- 28:23d'écologie,
- 28:24de préservation de notre planète.
- 28:26Et du coup,
- 28:26moi,
- 28:27je trouve ça génial que les gens qui repartent de mes ateliers ou de mon compte,
- 28:30parce que je donne des tutoriels sur mon compte,
- 28:32arrivent à revaloriser des choses qu'ils ont chez eux plutôt qu'à aller acheter des nouvelles choses.
- 28:36Et voilà,
- 28:38je pense que c'est aussi avec cette économie de partage qu'on va avancer et j'espère sauver le monde.
- 28:43Mais voilà.
- 28:45Participer à son sauvetage,
- 28:46en tout cas.
- 28:47En tout cas.
- 28:49Tu le disais précédemment,
- 28:50tu es suivi par environ 30 000 personnes,
- 28:52c'est ça,
- 28:53sur les réseaux sociaux,
- 28:54Instagram notamment.
- 28:56Ça c'est fait,
- 28:57tu as très bien expliqué sur le temps et à une période donnée.
- 29:00Est-ce que ça serait possible de le refaire aujourd'hui,
- 29:02en début 2020 ?
- 29:032025,
- 29:05selon toi,
- 29:06qui connaît bien les réseaux.
- 29:08Que quelqu'un,
- 29:08par exemple,
- 29:08se lance...
- 29:09Partir de zéro.
- 29:10Oui,
- 29:11vraiment.
- 29:12Ça,
- 29:12je suis intimement convaincue.
- 29:13Il y a encore de la place.
- 29:14Oui,
- 29:15il y a de la place.
- 29:16Et c'est dingue parce que sur les réseaux,
- 29:18tout le monde peut percer,
- 29:21entre guillemets,
- 29:21ou composer,
- 29:23enfin,
- 29:24cultiver une communauté.
- 29:26Ça,
- 29:27je suis intimement convaincue.
- 29:27Il y a de la place pour tout le monde.
- 29:29C'est juste qu'il faut...
- 29:31Être assez à l'aise avec une vulnérabilité,
- 29:35une exposition et être ok d'être jugé et de s'en foutre.
- 29:42Oui,
- 29:42parce qu'on a beaucoup de gens qui ont beaucoup de followers dans Raconte.
- 29:48Parfois,
- 29:48ça se passe mal.
- 29:50C'est vrai,
- 29:51moi j'ai énormément de chance,
- 29:52j'ai pas eu une expérience négative.
- 29:54Et ton message est très positif aussi.
- 29:56Oui,
- 29:56mais dès qu'on parle de durabilité,
- 29:58on peut très vite être la cible de critique parce que les gens se sentent du coup piqués dans leur consommation.
- 30:04Qui sait,
- 30:04c'est de nous deux le sont.
- 30:06Exactement,
- 30:06et c'est pour ça que j'ai toujours gardé ce ton léger,
- 30:12fun,
- 30:13pas se prendre trop au sérieux,
- 30:14je trouve ça important ça dans la vie.
- 30:16Les gens se prennent trop au sérieux,
- 30:18oublient de rire,
- 30:18oublient de se dire,
- 30:19ils sont en fait là...
- 30:20On a tellement de chance où on en est,
- 30:22on va se calmer.
- 30:23Et oui,
- 30:24pas donner des leçons.
- 30:26C'est vraiment,
- 30:26j'essaie juste de montrer ce que je fais avec humilité,
- 30:32de montrer mes solutions sans pointer du doigt les gens qui ont...
- 30:36Évidemment,
- 30:37je dénonce des choses,
- 30:38mais j'essaie de ne pas pointer du doigt le consommateur parce que le consommateur peut changer les choses,
- 30:42mais est aussi une première victime,
- 30:44comme j'ai été,
- 30:45et qu'on est tous tellement différents de part.
- 30:49nos familles,
- 30:50ce qu'on nous a transmis,
- 30:53mais aussi de par nos...
- 30:56Comment dire ça ?
- 30:57D'où on vient,
- 30:58notre sociologie ?
- 30:59C'est ça,
- 31:00c'est ça.
- 31:02Et on n'est pas tous nés à la même enseigne,
- 31:04on n'a pas tous les mêmes chances.
- 31:06Et quand je parle avec des jeunes de Maisons de Jeunes,
- 31:09pour eux,
- 31:09avoir la dernière Nike à la mode ou le dernier pull Lacoste,
- 31:12c'est un moyen de...
- 31:14C'est un sens...
- 31:15C'est un marqueur social.
- 31:16C'est un marqueur social,
- 31:18c'est pour avoir un sentiment d'appartenance à un groupe.
- 31:20Et qui sommes-nous pour juger ça ?
- 31:22Sachant que eux,
- 31:23c'est souvent des familles où il se passe déjà les vêtements de frères en...
- 31:26frères,
- 31:27entre cousins,
- 31:28donc la seconde main et le fait de reporter des choses qu'on a déjà,
- 31:30est déjà ancrée.
- 31:31Donc comment communiquer avec eux pour avoir du coup ce levier de durabilité,
- 31:35mais d'un autre œil.
- 31:37Donc c'est hyper intéressant de se cultiver en fait de tous ces différents mondes,
- 31:42horizons,
- 31:43mais de ne pas juger et je pense que c'est ça le plus important.
- 31:47Et aussi je m'en fous du regard des gens en fait.
- 31:49Et donc du coup...
- 31:50C'est dur de s'en foutre.
- 31:53C'est dur et en même temps c'est une protection,
- 31:55ça me permet du coup de faire tout ce que je fais sans me prendre la tête,
- 31:59sans me rendre folle,
- 32:00sans me torturer.
- 32:02Je m'en fous du regard des gens parce que moi depuis que j'ai commencé ça,
- 32:05depuis que je suis devenue on va dire influenceuse,
- 32:08mes amis sont restés les mêmes,
- 32:09ma famille est restée la même.
- 32:12Donc j'ai pas eu de changement où je me disais zut là je prends un mauvais tournant,
- 32:15je suis plus moi-même,
- 32:17je tombe dans des travers.
- 32:19Non j'ai toujours été...
- 32:21entourée pareil avec le même soutien et je suis très ouverte à la critique aussi même si je suis vachement susceptible mais par contre voilà le jugement je m'en fous parce que dans tous les cas tout le monde juge tout le monde tout le temps donc du coup autant
- 32:36s'en foutre le média game changer multiples thématiques
- 32:42On peut dire que tu es un pur produit de la génération Z,
- 32:46génération très portée sur l'entrepreneuriat.
- 32:50Quel est ton regard par rapport à la génération Z et les autres ?
- 32:54Est-ce que tu sens de grandes différences avec les interactions que tu as avec,
- 32:57par exemple,
- 32:57je ne sais pas,
- 32:58moi,
- 32:58les millenials,
- 32:59les boomers ou d'autres,
- 33:00ou même les alphas peut-être qui arrivent maintenant ?
- 33:03Je ne sens pas vraiment de décalage ou de grand clivage.
- 33:09Mais...
- 33:11Pour notre génération Z,
- 33:12je pense que ce n'est pas simple.
- 33:15Parce que comme tu le dis,
- 33:16je suis vraiment le pur produit de la génération dans l'écologie,
- 33:20l'entrepreneuriat,
- 33:20etc.
- 33:21Mais parfois,
- 33:22c'est une pression sociale,
- 33:23on en parle beaucoup avec mes amis,
- 33:24de se dire en fait,
- 33:25on est un peu une génération start-upper,
- 33:28on doit avoir nos projets,
- 33:29ou alors il faut voyager,
- 33:31il faut s'émanciper,
- 33:32se lancer.
- 33:34Tout le monde n'est pas fait pour se lancer et avoir un projet sur les épaules,
- 33:37et c'est OK.
- 33:38C'est une forme de pression.
- 33:39C'est une pression sociale parce que ça veut dire « Waouh,
- 33:42t'as réussi,
- 33:42t'as ton projet. »
- 33:43Ben non,
- 33:43et puis peut-être que si j'ai ce projet-là encore cinq ans,
- 33:45et après je prends un travail et dans un projet qui existe déjà,
- 33:49il n'y a aucun souci.
- 33:51Mais c'est quand même un critère social qui devient,
- 33:54je trouve,
- 33:55pas toujours facile à porter quand on est dedans ou quand on n'est pas dedans.
- 33:59Donc c'est marrant un peu,
- 34:00on en parle beaucoup avec mes amis,
- 34:01de se dire « Voilà,
- 34:02c'est à la mode de se lancer. »
- 34:04Mais en fait,
- 34:05c'est pas pour tout le monde,
- 34:05ça convient pas à tout le monde.
- 34:07Et peut-être que moi,
- 34:08à un moment,
- 34:08ça me conviendra plus non plus.
- 34:10Mais par contre,
- 34:11je pense que les générations plus jeunes voient ça,
- 34:14sont fort influencées par ça.
- 34:15Et nous,
- 34:16je pense qu'on est encore dans la génération recul,
- 34:17parce qu'on a grandi sans les réseaux.
- 34:19Ils sont arrivés plus tard.
- 34:21Et je pense que ce n'est pas facile pour eux,
- 34:22parce que notamment les jeunes avec qui je parle en maison de jeunes,
- 34:26qui du coup sont les jeunes avec qui j'ai le plus de contacts,
- 34:29sont des jeunes qui se sont baignés dans la génération d'influenceurs,
- 34:34que c'est ça,
- 34:34réussir sa vie,
- 34:35aller à Dubaï.
- 34:36pour ne pas payer ses impôts et vivre la fast life.
- 34:39Et c'est ça qui me fait parfois un peu peur.
- 34:42J'utilise ce levier des réseaux sociaux pour parler aux jeunes,
- 34:44parce qu'ils disent,
- 34:45un,
- 34:46elle a plein d'abonnés sur les réseaux sociaux,
- 34:48c'est stylé,
- 34:48donc au moins ça fait un point d'accroche.
- 34:51Mais j'essaye de leur montrer que ce n'est pas un travail pour tout le monde,
- 34:57ce n'est pas une fin en soi,
- 34:59et que la réussite sur les réseaux sociaux n'a rien à voir avec le bonheur.
- 35:02Et ça qui est un peu effrayant,
- 35:03c'est qu'eux grandissent là-dedans et se disent « Bah oui,
- 35:05en fait,
- 35:05moi plus tard,
- 35:06moi je veux être influenceur. »
- 35:08Ils prennent tout pour un agent content alors que c'est fake.
- 35:10C'est énormément...
- 35:11C'est fake !
- 35:12Peut-être pour deux ou trois,
- 35:14mais la majorité c'est fake.
- 35:15C'est fake et aussi je leur dis
- 35:18« Pourquoi tu veux être influenceur ? »
- 35:20Comme ça je gagne de l'argent,
- 35:21on m'envoie des messages et je suis connue et tout.
- 35:24Je me dis « Mais pour être influenceur,
- 35:26c'est chouette d'avoir un projet,
- 35:27d'avoir quelque chose.
- 35:29Pourquoi les gens te suivraient ?
- 35:30Qu'est-ce qui peut te différencier ? »
- 35:31ou qu'est-ce qui va faire qu'on a envie de t'écouter.
- 35:34Et j'essayais de leur faire avoir un peu ce chiffre,
- 35:36de se dire,
- 35:37ok,
- 35:38tu veux être influenceur,
- 35:38pourquoi ?
- 35:39Qu'est-ce que tu veux partager au monde,
- 35:40au lieu de juste vivre ta vie sur des gros bateaux,
- 35:43etc.
- 35:44Et donc,
- 35:44c'est essayer de se dire,
- 35:46en fait,
- 35:47oui,
- 35:47influenceur,
- 35:48pourquoi pas ?
- 35:48Je le suis,
- 35:49donc je ne vais pas me jeter la pierre à ce monde-là.
- 35:54Pourquoi ?
- 35:55Quel message tu veux véhiculer ?
- 35:56Quelles valeurs tu veux transmettre ?
- 35:58Et c'est en ayant des valeurs,
- 35:59un message ou une façon de voir la vie différente ou innovante ou dire tout haut ce qu'on pense tout bas,
- 36:04que ça peut marcher.
- 36:05Mais pas...
- 36:07En fait,
- 36:08j'essaie de vraiment revenir à la source de...
- 36:11En tout cas,
- 36:11moi,
- 36:11comment le projet a fonctionné.
- 36:12C'est parce que j'ai écouté mon rêve et que j'ai commencé à faire des choses concrètes.
- 36:17Sincère aussi.
- 36:19Ouais,
- 36:20c'est vrai.
- 36:22On en parlait un peu en trame de l'argent ici,
- 36:24de ces influenceurs.
- 36:26Comment toi,
- 36:26tu gagnes ta vie ?
- 36:28C'est vraiment comme si j'avais deux mi-temps.
- 36:30J'ai mon mi-temps influenceuse et mon mi-temps The Upcycling Lab où j'ai les ateliers,
- 36:35les ventes,
- 36:36la sensibilisation.
- 36:38Donc dans ma semaine,
- 36:39c'est un peu moitié-moitié.
- 36:41Après,
- 36:42ce qui est génial,
- 36:42c'est que grâce au projet,
- 36:44j'ai des collabs sur les réseaux sociaux.
- 36:46Ce sont des marques.
- 36:47Des institutions qui viennent vers toi pour des postes sponsorisés ?
- 36:51Exactement.
- 36:52Donc,
- 36:52ce sont comme des campagnes publicitaires.
- 36:55Après,
- 36:55moi,
- 36:55je suis très exigeante sur les marques.
- 36:59Tout le monde ne peut pas venir te trouver ?
- 37:01Non.
- 37:02Je suis dans une agence maintenant qui m'aide à gérer ça parce qu'en fait,
- 37:07j'ai envie d'avoir du temps pour mon projet textile.
- 37:10Donc,
- 37:10l'agence,
- 37:10elle va filtrer les choix de collaboration,
- 37:12me les proposer et en fait,
- 37:14faire tout le travail qu'avant,
- 37:15je n'avais plus le temps de faire.
- 37:17La négociation,
- 37:18vérifier des contrats,
- 37:19la facturation,
- 37:19en fait,
- 37:19chose que je ne maîtrisais pas bien.
- 37:22Et il va me proposer des collaborations qui ne sont qu'en valeur avec ce que je veux.
- 37:25Donc aujourd'hui,
- 37:26je suis hyper fière de me dire qu'en fait,
- 37:27je travaille avec très peu finalement de marques.
- 37:30Je mets peu en avant des produits.
- 37:32Je suis un vecteur pour toucher une cible peut-être plus jeune autour de problématiques comme par exemple,
- 37:40enfin de problématiques ou de sujets tout simplement.
- 37:43Là par exemple,
- 37:44pour la fin d'année,
- 37:45je travaille avec...
- 37:48Je travaille sur une campagne autour de l'artisanat bruxellois.
- 37:51Je suis sur deux campagnes,
- 37:52une avec Hub Brussels,
- 37:54qui est un levier d'entrepreneuriat bruxellois,
- 37:57et
- 37:57Artisans Bruxelles,
- 38:00lesartisans.be et
- 38:02Local Guide.
- 38:03Ce sont tous des leviers que la ville active pour faire vivre l'artisanat et les commerces bruxellois.
- 38:11C'est génial,
- 38:12mon compte permet de mettre en avant l'artisanat bruxellois.
- 38:15Chose que j'essaye aussi de mettre en avant dans mon projet,
- 38:17donc en fait je me dis mais c'est génial,
- 38:18enfin je suis comme un vecteur,
- 38:21un média dans une campagne publicitaire.
- 38:24Et je peux,
- 38:25avec mes propres mots et mon propre style,
- 38:28communiquer aux gens qui me suivent ce qui se passe,
- 38:30comment faire des cadeaux de Noël plus durables,
- 38:32comment soutenir des artisans,
- 38:33pourquoi faire des ateliers chez des artisans,
- 38:36aller à la rencontre.
- 38:37Je travaille aussi avec la Croix Rouge notamment,
- 38:39je suis ambassadrice pour eux,
- 38:41Oxfam.
- 38:42Également les vestiboutiques de la Croix-Rouge et les boutiques seconde-main d'Oxfam.
- 38:46J'y travaille avec les Petits Riens.
- 38:49Donc en fait,
- 38:49c'est génial.
- 38:50Parce que c'est plusieurs fois que tu en parles,
- 38:52mais je rebondis là-dessus.
- 38:53Les Petits Riens.
- 38:54Oui.
- 38:54C'est horrible,
- 38:55toi qui as fait de la communication,
- 38:56enfin qui étudies la communication,
- 38:58appeler une entreprise comme ça,
- 39:00c'est déjà se tirer une balle dans le pied.
- 39:03Parce qu'à l'époque,
- 39:04ces petits riens et cette image de gens,
- 39:06t'allais aux petits riens,
- 39:07c'est parce que tu ne pouvais pas aller ailleurs,
- 39:09financièrement parlant.
- 39:11Et toi,
- 39:11par ton travail,
- 39:12tu changes un peu cette image-là,
- 39:14où on en fait un truc à la mode,
- 39:17sympa.
- 39:19C'est ça.
- 39:20En fait,
- 39:20l'idée que ce soit pour les petits riens,
- 39:22les vestiboutiques de la Croix-Rouge,
- 39:23ou les magasins de Oxfam seconde main.
- 39:26Ce sont en fait trois projets qui se font vraiment écho parce qu'on achète de la seconde main,
- 39:31mais pour soutenir une ASBL derrière qui fait travailler,
- 39:34qui met en œuvre de la réinsertion sociale.
- 39:37Donc,
- 39:38c'est génial.
- 39:38Et en fait,
- 39:39l'idée,
- 39:39c'est de vraiment casser les idées reçues,
- 39:41de se dire,
- 39:42parce que si j'ai des questions parfois,
- 39:43de mettre les petits riens,
- 39:45c'est pour les gens qui n'ont pas de sous.
- 39:47Donc,
- 39:47si tu vas là-bas,
- 39:48tu voles un peu les vêtements pour ces gens-là.
- 39:51Donc déjà casser cette image là que non en fait.
- 39:53En allant dans des vestiboutiques,
- 39:55les petits riens chez Oxfam,
- 39:56on soutient une ASBL qui a besoin de fonds pour pouvoir faire de la réinsertion sociale et financer leurs autres missions.
- 40:03On montre,
- 40:03en fait j'adore montrer l'année passée pour Noël,
- 40:07j'ai dû faire des looks de fête chez Oxfam.
- 40:09C'est génial,
- 40:09je montrais ce que j'avais trouvé chez Oxfam avec des pièces vraiment qu'on n'aurait jamais pu dire ou croix rouge.
- 40:16Et je montrais comment faire des looks avec des pièces comme ça.
- 40:19certes pas cher,
- 40:19mais surtout de seconde main et qui finançait derrière une ASBL.
- 40:22Donc c'est vraiment venir casser ces idées reçues,
- 40:25aller à la rencontre de projets différents qu'on ne voit pas toujours dans l'influence.
- 40:30C'est peut-être moins glamour,
- 40:32c'est moins luxuriant,
- 40:33mais en fait ça a tellement plus de sens.
- 40:36Toujours en parlant d'argent,
- 40:38est-ce que selon toi il faudrait une taxe sur le fast fashion ?
- 40:42Oui,
- 40:43c'est ce qu'ils essaient de mettre en place,
- 40:45mais oui.
- 40:47Parce que c'est pas normal qu'une artisane bruxelloise qui fait des vêtements,
- 40:52parce que j'ai eu plein de copines là-dedans,
- 40:55qui fasse des vêtements payent les mêmes taxes qu'un vêtement fait à l'autre bout du monde,
- 41:00dans des conditions horribles,
- 41:02avec un impact horrible,
- 41:04et fait dans des conditions horribles,
- 41:05qu'on paye les mêmes taxes,
- 41:07voire plus.
- 41:09Ça n'a aucun sens.
- 41:11Chaque pays devrait pouvoir soutenir leur propre artisan.
- 41:16et cautionner et taxer beaucoup plus des produits qui viennent de beaucoup plus loin,
- 41:21d'entreprises multimillionnaires qui ont totalement l'argent de faire les choses différemment,
- 41:28qui ont juste un business model qui est impensable dans la durabilité.
- 41:32Et à contrario,
- 41:32est-ce qu'il faudrait en mettre une sur le luxe,
- 41:35les vêtements de luxe ?
- 41:37Je pense aussi.
- 41:38Après,
- 41:39ce qui est un peu compliqué,
- 41:40je trouve,
- 41:40avec le luxe,
- 41:41c'est qu'on a le luxe qui est un vrai luxe parce qu'on a derrière des...
- 41:45Un savoir-faire qui est inestimable,
- 41:48etc.
- 41:49Mais en fait,
- 41:49maintenant,
- 41:49on a un luxe où des sacs Yves Saint Laurent,
- 41:52ils sont aussi faits en Chine.
- 41:54Donc,
- 41:54au final,
- 41:55maintenant,
- 41:55c'est quoi le luxe ?
- 41:56Et donc,
- 41:57c'est ça qui est un peu particulier et paradoxal.
- 41:59Hier,
- 41:59je suis passée devant chez Prada.
- 42:01Je n'avais jamais fait ça.
- 42:02J'ai regardé le prix d'une veste en vitrine,
- 42:042950 euros.
- 42:07J'étais là,
- 42:07ah quoi ?
- 42:07Elle est faite à Bruxelles,
- 42:09dans l'atelier juste au-dessus,
- 42:11avec des tissus de luxe.
- 42:12Enfin,
- 42:13non,
- 42:14j'imagine que non.
- 42:15Donc oui,
- 42:15évidemment aussi taxer le luxe,
- 42:17mais aussi c'est quoi,
- 42:18quel luxe finalement ?
- 42:22Est-ce que tu as déjà eu,
- 42:24comment dire,
- 42:25une espèce de syndrome de l'imposteur ?
- 42:27Parce que tu disais,
- 42:28tu as voulu faire des études de mode à Cambres ou autre chose,
- 42:32tu n'as pas fait.
- 42:33Et quand tu es arrivé dans le vêtement,
- 42:35tu t'es dit...
- 42:37Tu as trouvé assez vite ta place ?
- 42:38Comment ça s'est mis en place ?
- 42:39J'avais un énorme syndrome de l'imposteur et je l'ai encore tous les jours.
- 42:43Je pense à un peu la bête noire de l'entrepreneur ou de l'artisan.
- 42:49Et je pense même que c'est encore plus fort chez la femme.
- 42:54Oui,
- 42:54ce syndrome est encore là.
- 42:55Et c'est pour ça aussi que j'ai mis du temps à lancer vraiment ma marque,
- 42:59que je co-créais ou que je transmettais des compétences.
- 43:02C'était plus facile que de se positionner en tant que marque.
- 43:05Mais en fait,
- 43:07je pars vraiment du principe qu'on est tous capables de tout faire.
- 43:12Il n'y a pas de limite.
- 43:13Et donc,
- 43:13je me suis un peu décollée de cette peur que je me mettais à moi-même,
- 43:18que personne ne pense au final.
- 43:20Comment tu déconnes de ça ?
- 43:22C'est dur.
- 43:23C'est de nouveau cette question.
- 43:24Parce qu'au final,
- 43:24le syndrome de l'imposteur vient de la peur d'être jugé,
- 43:27la peur d'être critiqué,
- 43:28la peur de ne pas être très sérieux.
- 43:29Mais en fait,
- 43:30si toi,
- 43:31tu te juges déjà,
- 43:32si tu t'estimes imposteur,
- 43:33pas assez fort,
- 43:34pas assez qualifié.
- 43:36Déjà,
- 43:37soit on commence à se qualifier.
- 43:38Moi,
- 43:39j'ai pris des cours de couture pour vraiment pouvoir aller un step plus loin dans mon expérience.
- 43:45J'ai beaucoup pratiqué.
- 43:46Tous les jours,
- 43:47presque,
- 43:48je couds.
- 43:50Et en fait,
- 43:51à partir d'un moment,
- 43:51j'étais là,
- 43:52soit tu y vas,
- 43:54soit tu n'y vas pas,
- 43:55mais arrête de te poser mille questions.
- 43:57Et en fait,
- 43:58moi,
- 43:58c'est ça qui m'a sortie de ce syndrome de l'imposteur où j'ai mis des mois à faire un site Internet.
- 44:03J'ai un site internet,
- 44:04mais de faire un e-shop,
- 44:05je n'y arrivais pas.
- 44:07Je me disais comment je vais me positionner comme marque aux yeux de tous.
- 44:09Parce que c'était facile de vendre en pop-up à des petits marchés de Noël,
- 44:11ce n'était pas trop vu.
- 44:13Mais être en tant que marque qui vend en ligne,
- 44:15c'est assurer et assumer.
- 44:18Et en fait,
- 44:20je me suis fait suivre par un deuxième programme d'entrepreneuriat que j'ai pris,
- 44:23qui était entrepreneuriat féminin.
- 44:25Et j'ai eu un workshop qui m'a beaucoup parlé autour des objectifs et des OKR,
- 44:29donc Objective Key Results.
- 44:31Et en fait,
- 44:31je suis sortie de ce...
- 44:33de ce workshop en disant « Ok,
- 44:34en fait,
- 44:35semaine prochaine,
- 44:35je fais mon site et j'arrête de me poser trop de questions. »
- 44:38Et moi,
- 44:38c'est vraiment ça qui me paralyse et qui,
- 44:39je pense,
- 44:40paralyse énormément de gens.
- 44:41C'est la remise en question permanente qui,
- 44:44en fait,
- 44:44nous paralyse et nous empêche de faire.
- 44:46En fait,
- 44:46je me suis dit « Tu sais quoi ?
- 44:47On fait.
- 44:47On fait,
- 44:48on va voir.
- 44:49Essaye,
- 44:49fais des tests,
- 44:50vois comment on fait un site.
- 44:51Renseigne-toi.
- 44:52Fais-toi une liste de tout ce qu'il faut faire et arrête de te poser mille questions.
- 44:55Fais-le.
- 44:55Au pire,
- 44:55t'aimes pas,
- 44:56tu le désactiveras. »
- 44:57Et en fait,
- 44:57c'est ça,
- 44:57moi,
- 44:57qui m'aide à chaque fois dès que je suis paralysée,
- 44:59dès que j'ai peur,
- 45:01syndrome de l'imposteur,
- 45:01etc.
- 45:02C'est on se pose pas trop de questions,
- 45:04on y va et au pire,
- 45:05on verra après.
- 45:07Et j'ai jamais eu de moment où je me dis purée,
- 45:09j'aurais pas dû faire ça.
- 45:10C'est vrai ?
- 45:11Ouais.
- 45:12Pas de regrets ?
- 45:13Vraiment.
- 45:14Génial.
- 45:14Ouais,
- 45:15pas de regrets.
- 45:19Ça serait quoi la prochaine étape ?
- 45:21Tu as ta marque,
- 45:22tes ateliers ?
- 45:24En gros,
- 45:25la prochaine étape...
- 45:30En fait,
- 45:30j'ai déjà fait trois défilés autour de co-créations qu'on faisait avec des projets et on les présentait avec des défilés,
- 45:37c'était génial.
- 45:38Cette année,
- 45:39j'avais décidé de ne pas en faire parce que je me suis dit je vais me focus sur ma marque,
- 45:41arrêter un peu de rigoler là et de se prendre un peu plus au sérieux.
- 45:46Et en fait,
- 45:46ça m'a trop manqué.
- 45:47Donc là,
- 45:47le prochain objectif en mai,
- 45:49c'est de refaire un nouveau défilé à taille plus grande parce qu'en fait,
- 45:52à chaque fois,
- 45:53de nouveau,
- 45:53au syndrome de l'imposteur,
- 45:54je fais des défilés,
- 45:55mais dans des lieux pas énormes.
- 45:56Et en fait,
- 45:56il y a plein de gens qui viennent parce que c'est gratuit et en fait,
- 45:58on s'amuse trop.
- 46:00Et ce sont des amis à moi qui défilent parce que j'ai envie que ce soit des vrais gens,
- 46:04pas des faux gens qui font 1m80.
- 46:07qui pèse pas le poids qu'on pèse toutes,
- 46:10on va dire.
- 46:10La fameuse taille mannequin.
- 46:11Voilà,
- 46:11la taille mannequin dont je n'ai rien contre,
- 46:13mais c'est pas dans les...
- 46:14C'est pas représentatif de tout le monde.
- 46:16Voilà.
- 46:16Et moi,
- 46:17j'ai envie de faire une mode qui parle à tout le monde,
- 46:18qui est accessible,
- 46:19qui est portable.
- 46:21Et donc là,
- 46:22en mai 2025,
- 46:23l'objectif,
- 46:24c'est un défilé toute seule,
- 46:26donc pas en co-création avec un projet.
- 46:30Et c'est un défilé autour de tissus que j'adore travailler,
- 46:33c'est à dire la dentelle,
- 46:34le napperon,
- 46:37le drap brodé.
- 46:40Et donc ça,
- 46:40c'est le prochain objectif.
- 46:41Donc j'ai hyper hâte de me remettre dans une dimension plus artistique,
- 46:46moins produit à vendre,
- 46:48moins peut-être marque,
- 46:49mais plus artistique.
- 46:50Parce que je sens qu'il y a encore des consciences à élever et que ce genre d'événements sont très artistiques,
- 46:56mais aussi montrent aux gens ce qu'on peut faire avec des tissus.
- 47:01Et ça aborde le sujet de la question environnementale d'une hyper chouette manière.
- 47:05Donc ça,
- 47:06c'est le prochain objectif.
- 47:09En parlant du travail du tissu,
- 47:11on va peut-être en venir à ce que tu portes.
- 47:13Oui.
- 47:14Il est particulier,
- 47:14ce gilet.
- 47:15Oui.
- 47:17Ce gilet,
- 47:18il est vraiment à l'image de ce que j'adore faire.
- 47:20C'est prendre des tissus qui n'ont rien à voir,
- 47:22qui n'ont pas du tout à être cousus ou à être portés,
- 47:25et de les transformer.
- 47:26Donc ça,
- 47:27c'est un...
- 47:28C'est un sac de café.
- 47:29Donc pour les gens qui nous écoutent,
- 47:31allez voir un petit peu la vidéo.
- 47:32C'est bien aussi.
- 47:34C'est une veste sans manche réalisée à partir de sacs de jute qui contiennent de base du café de la marque de Torrefactor,
- 47:42Torrefactory,
- 47:44qui est une marque belge de torréfaction.
- 47:47Et en fait,
- 47:49ils sont hyper investis dans la durabilité de leur café,
- 47:51de leurs grains,
- 47:52qui font venir de plantations durables où les agriculteurs sont correctement payés,
- 48:00correctement employés,
- 48:02engagés,
- 48:02etc.
- 48:03Et donc j'ai été leur rendre visite,
- 48:06on s'est trop bien entendus,
- 48:07et ils avaient ces sacs,
- 48:07et je leur ai demandé si je pouvais partir avec un sac,
- 48:09parce qu'ils me faisaient trop de l'œil,
- 48:10et que j'avais trop envie de le transformer.
- 48:12Et donc j'ai fait cette petite veste.
- 48:14Je ne sais pas,
- 48:15pour le sac,
- 48:16pourquoi faire ?
- 48:16Pour mettre des choses ?
- 48:17Bah non,
- 48:17faire une veste.
- 48:18Bah ouais,
- 48:18mais eux,
- 48:19ils étaient trop contents.
- 48:20Et du coup,
- 48:22je leur ai montré en vidéo,
- 48:23parce que leur entreprise,
- 48:26leur usine,
- 48:28elle est près d'Anvers.
- 48:29Donc du coup,
- 48:30voilà,
- 48:30je leur ai montré plutôt en vidéo.
- 48:33Et quelle était la réaction ?
- 48:34Ils étaient trop contents.
- 48:35Ils ne s'attendaient pas à ça ?
- 48:37Ben non,
- 48:37ils sont fans et moi j'adore le produit parce qu'en fait il est métable.
- 48:42Il est doublé,
- 48:43il y a des petits boutons.
- 48:45Et pour moi,
- 48:46j'adore utiliser des tissus qui de base,
- 48:48tout le monde me dit « mais tu ne vas pas coudre ça » .
- 48:50Et ça j'adore,
- 48:51et ça c'est mon plus beau challenge.
- 48:52C'est attention légère si je puis dire.
- 48:55Totalement.
- 48:55Quand des fois j'achète des plaids de crocheté.
- 48:58pour couper dedans et en faire des pièces,
- 49:00les vendeuses elles sont là « Vous n'allez pas couper là-dedans,
- 49:03c'est pas possible de coudre ! »
- 49:03Je suis là
- 49:05« Regardez-moi bien ! »
- 49:06Et je pense que là c'est pour ça que j'ai envie de faire ce nouveau défilé,
- 49:09ce nouveau challenger,
- 49:11utiliser tout ce qui,
- 49:12dans tel,
- 49:13apprend des choses très compliquées à transformer,
- 49:15parce que moi dès que j'ai envie de transformer,
- 49:16j'y arrive et je me dis...
- 49:17C'est le challenge technique aussi qui te motive ?
- 49:21À fond,
- 49:21parce que du coup à chaque fois j'apprends des nouvelles compétences.
- 49:25Et c'est en faisant que j'apprends les nouvelles compétences.
- 49:27Donc de nouveau,
- 49:28cette idée d'arrêter de trop réfléchir et de faire,
- 49:30parce que moi vraiment,
- 49:31c'est l'essai-erreur qui me fait avancer.
- 49:38Quand tu vois toutes ces immenses marques qui ont des moyens de marketing considérables,
- 49:44c'est des groupes mondiaux,
- 49:46ils font un peu ce qu'on appelle du greenwashing,
- 49:48ils vendent plus blanc que blanc,
- 49:50plus vert que vert.
- 49:51Est-ce que ça ne te décourage pas ?
- 49:55Ça ne me décourage pas parce que j'ai toujours des gens aux ateliers,
- 49:59des gens qui viennent au pop-up et qui soutiennent le projet.
- 50:01Donc je me dis,
- 50:01ça va,
- 50:04le projet n'est pas en péril.
- 50:06Mais parfois,
- 50:06ça me fait peur parce que je me dis,
- 50:08purée,
- 50:08on est là,
- 50:10on se bat comme on peut dans nos petits ateliers puisqu'on est plein à essayer de faire changer les choses.
- 50:15Je me dis,
- 50:15est-ce qu'à terme,
- 50:16ça va vraiment fonctionner ou est-ce qu'en fait,
- 50:19le monde ne va pas changer ?
- 50:21Donc ça me fait peur,
- 50:22mais par contre,
- 50:22ça ne me décourage pas.
- 50:24Ça va peut-être même plus me driller et me donner envie de mettre les bouchées doubles et de toujours continuer à développer le compte,
- 50:30de toucher encore des gens.
- 50:32Un mode combatif en fait.
- 50:34Ouais,
- 50:35je pense que ça me drille.
- 50:36plus que ça me décourage.
- 50:39Mais par contre,
- 50:39ça me fait un peu peur.
- 50:40Ça,
- 50:41je ne vais pas mentir,
- 50:41c'est quand même un peu effrayant.
- 50:43Surtout que je vois aussi de plus en plus de marques du rap qui mettent la clé sous la porte,
- 50:47parce qu'en fait,
- 50:47ça n'a pas fonctionné.
- 50:49Et c'est ça qui me fait peur,
- 50:50parce que je me dis,
- 50:50putain,
- 50:52ils peuvent peut-être gagner et on va peut-être perdre,
- 50:54et c'est ça qui fait peur.
- 50:57Et donc je pense que ça c'est important en tant qu'entrepreneur dans la durabilité et la mode actuelle,
- 51:03c'est de toujours quand même remettre notre business en question pour être sûr qu'il puisse perdurer dans le temps et de toujours quand même être à l'écoute de ce que le consommateur final,
- 51:11on va quand même parler en termes comme ça,
- 51:14veut.
- 51:15Parce que c'est super de faire des produits incroyables,
- 51:21j'allais dire incroyaux.
- 51:22horrible.
- 51:22C'est super de faire des produits incroyables qui sont faits à Bruxelles ou dans les ateliers d'autres artisans avec des matières récupérées.
- 51:30Mais si ce n'est pas portable ou trop cher ou pas au goût du jour,
- 51:34si personne n'achète ces produits,
- 51:36le projet ne vivra pas et la mode ne va pas changer.
- 51:40C'est quand même important parce qu'on va pas se leurrer.
- 51:44On doit tous payer notre loyer,
- 51:45notre nourriture et on est quand même dans un système comme ça.
- 51:51Après je pense que de plus en plus,
- 51:54moi en tout cas je le vois avec le projet et c'est comme ça aussi que je m'en sors.
- 51:58Je trouve ça assez génial,
- 51:59ça va de nouveau avec cette économie de partage,
- 52:01les échanges.
- 52:02Où en fait moi je te fais venir à cet atelier là,
- 52:06toi en échange tu me donnes des tissus,
- 52:08tu me fais de la visibilité.
- 52:09Où en fait même ce week-end j'étais à un marché de créateurs,
- 52:14un marché de Noël où je vendais.
- 52:16Il y a une créatrice qui m'a fait une petite œuvre,
- 52:18moi en échange je lui ai donné un de mes produits qu'elle voulait,
- 52:20et en fait on est de plus en plus dans cet échange qu'il y avait au final avant.
- 52:24Du troc.
- 52:25Du troc.
- 52:26Et ça je trouve ça génial,
- 52:27ça évolue quand même de plus en plus,
- 52:29et c'est chouette de sortir de cette société un peu plus capitaliste,
- 52:34avec le capital,
- 52:35et d'être plus dans ce troc,
- 52:37parce qu'en fait ça marche hyper bien,
- 52:39et donc ça c'est cool.
- 52:41En parlant de choses qui peuvent bien marcher,
- 52:42qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ?
- 52:46Vous pouvez me souhaiter quoi ?
- 52:50Que les ateliers et que le e-shop continuent de fonctionner,
- 52:53comme ça,
- 52:54ça me motive.
- 52:55Et de rêves ultimes,
- 52:56de trucs...
- 52:58Ah ouais,
- 52:58moi j'ai un rêve ultime en vrai.
- 53:00Ce serait que Beyoncé porte une de mes créations.
- 53:03Eh bien j'espère qu'elle va regarder Raconte,
- 53:05comme ça je serai encore mieux.
- 53:06On l'attaquera,
- 53:07on sait jamais.
- 53:08On l'attaquera,
- 53:08oui.
- 53:08Bonne idée,
- 53:09on va essayer ça.
- 53:10On va essayer.
- 53:11Et en parlant de musique,
- 53:12ça serait quoi la bande originale de ta vie ?
- 53:14Si tu devais en trouver une ?
- 53:16La bande originale de ma vie.
- 53:19Donc une chanson qui pourrait...
- 53:20Présumerait ta vie.
- 53:22Oh,
- 53:22ma vie.
- 53:25Si ta vie était un film.
- 53:26Si ma vie était un film.
- 53:27Il y en a tellement.
- 53:28Il y en a hyper dynamiques.
- 53:30Il y en a des plus mélancoliques.
- 53:33Je vais en prendre une qui,
- 53:34en ce moment,
- 53:34m'accompagne beaucoup dans mon quotidien,
- 53:35on va dire.
- 53:36Et qui me...
- 53:38qui me...
- 53:39Ah j'en ai deux.
- 53:39On m'a dit il y a deux,
- 53:40Ada.
- 53:41Il y en a une qui est vraiment belle,
- 53:42que j'adore,
- 53:43et j'adore les paroles et la mélodie,
- 53:45c'est Can I Call You Rose ?
- 53:48Et il y en a une qui est beaucoup plus drôle,
- 53:50mais qui m'a beaucoup donné du punch quand j'étais plus jeune,
- 53:53et je pense que je l'écoute encore,
- 53:54elle pourra encore me faire beaucoup rire.
- 53:57C'est Fuck You de CeeLo Green.
- 53:59Elle est hyper joyeuse,
- 54:01et en même temps j'adore,
- 54:02enfin les paroles me font rire aussi,
- 54:03c'est un peu un...
- 54:05ça illustre un peu ce qui se passe avec le projet.
- 54:08Et pas se prendre au sérieux finalement d'en parler tout à l'heure.
- 54:10Exactement.
- 54:11Bien.
- 54:12Écoute,
- 54:12il me reste à te poser la dernière question.
- 54:15On en avait déjà parlé un peu tout à l'heure.
- 54:18Qui voudrais-tu voir,
- 54:19lire,
- 54:20entendre dans Raconte à ta classe ?
- 54:22Attends,
- 54:23je réfléchis deux minutes parce que je n'avais pas encore réfléchi à cette question.
- 54:26Et j'ai envie de...
- 54:29Qui tu veux mettre un peu madanaise pour répondre à tout un tas de questions ?
- 54:33On est gentils.
- 54:34Oui,
- 54:34j'imagine.
- 54:35Non,
- 54:35mais par exemple,
- 54:36qui j'aimerais bien raconte son histoire.
- 54:39Oui.
- 54:40De nouveau,
- 54:40j'en ai deux,
- 54:41mais je peux donner la première.
- 54:43Tu peux donner deux ?
- 54:44Alors,
- 54:45il y a Maëté Méus de Balance ton bar,
- 54:49qui est très inspirante.
- 54:50Elle est à Bruxelles il y a un an ou deux,
- 54:53suite des affaires.
- 54:54Exactement,
- 54:55mais elle va au-delà de ça.
- 54:58Elle est hyper intéressante et j'adorais plus connaître son histoire,
- 55:01puisque je connais ce qu'elle fait.
- 55:02Et son histoire doit être très intéressante.
- 55:05Et sinon,
- 55:06j'ai aussi...
- 55:09Good Morning Law,
- 55:10elle s'appelle sur les réseaux sociaux.
- 55:11Ah oui,
- 55:11je ne connais pas.
- 55:12Ou Lori Pazienza,
- 55:13si je dis bien son nom de famille,
- 55:14j'ai peur de l'écorcher.
- 55:15Elle,
- 55:15c'est une activiste bruxelloise qui est très inspirante,
- 55:20qui est une vraie activiste en fait,
- 55:22donc très intéressante.
- 55:23Activiste dans qu'est-ce ?
- 55:24Dans l'écologie,
- 55:25dans la durabilité.
- 55:27Elle travaille beaucoup aussi avec Adélaïde Charlier,
- 55:29qui peut être aussi hyper intéressante à écouter.
- 55:32Trop de femmes !
- 55:33C'est déjà fait.
- 55:34Ah,
- 55:35voilà !
- 55:36C'est pas encore diffusé à l'heure où on enregistre,
- 55:37mais c'est déjà fait.
- 55:38C'était super intéressant.
- 55:40Ah ben trop chouette.
- 55:40Une heure quarante,
- 55:41mais il n'y a pas une minute en trop.
- 55:43Ah ben génial.
- 55:44Ben voilà,
- 55:44du coup.
- 55:45Et une toute dernière question subsidiaire,
- 55:47tu leur poserais quoi comme question ?
- 55:55Déjà,
- 55:55j'aurais envie de savoir tout leur parcours parce que je le connais moins bien.
- 55:57Je connais surtout leur présent.
- 55:59Et peut-être ce que j'aurais besoin de savoir,
- 56:00c'est qu'est-ce qui les motive à continuer au jour le jour pour les moments où je suis quand même un peu en baisse de motivation ou que j'ai peur.
- 56:08Garder le feu sacré.
- 56:09Ouais,
- 56:09exactement.
- 56:11Et bien sur ce,
- 56:12merci beaucoup,
- 56:12Juliette Bonhomme.
- 56:14Merci,
- 56:14Raconte.
- 56:16Raconte,
- 56:17s'écoute,
- 56:18se lit et se requerde.
- 56:20Merci pour votre écoute.
- 56:22Retrouvez nos photographies et écrits sur raconte.media ainsi que sur nos réseaux sociaux.
- 56:27Raconte.
- 56:28est une création originale d'Anthony Dehé et Michel Bourgeois,
- 56:32du studio DB Création,
- 56:34spécialisé en design de marques et photographie.
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