Latest / Raconte Media - Interviews d'esprits audacieux qui inspirent, bousculent et (re)façonnent le monde - Créatifs, entrepreneurs, influents,… / Adélaïde Charlier : La persévérance dans l'activisme climatique, un triathlon pour un monde meilleur et plus juste - Interview
Transcript
- 0:07Ce qui est important,
- 0:08c'est que je me dis qu'il faut oser,
- 0:10par contre,
- 0:12rêver plus et changer de rêve.
- 0:17Et se questionner de pourquoi on a ces rêves.
- 0:21Et surtout,
- 0:22le plus dur,
- 0:24c'est d'abord renoncer à ces rêves.
- 0:28Imaginez un monde où chaque histoire trouve sa voie,
- 0:32où chaque talent éclaire notre époque.
- 0:38Raconte est un média digital natif à l'écoute de notre temps.
- 0:44Les interviews grand format sont le premier chapitre de l'univers Raconte.
- 0:49Écoutez-les en podcast,
- 0:50visionnez-les en vidéo et préservez-les grâce à nos publications imprimées collector.
- 0:57Notre passion pour l'image est infinie.
- 1:00Raconte,
- 1:01c'est le fond avec la forme.
- 1:03Préparez-vous à voyager au-delà des horizons connus.
- 1:07aux côtés de celles et ceux qui les redéfinissent.
- 1:10Bienvenue dans l'Odyssée Raconte.
- 1:14Raconte,
- 1:15la rencontre.
- 1:17Bonjour Adélie Charlier.
- 1:19Ah bonjour.
- 1:21Bienvenue sur Raconte.
- 1:22Merci,
- 1:23c'est très gentil.
- 1:23Je suis très contente d'être là.
- 1:25Comment on fait ?
- 1:25On se vouvoie,
- 1:26on se tutoie ?
- 1:27J'espère qu'on peut se tutoyer,
- 1:28moi ça me va.
- 1:29Avec plaisir.
- 1:31Dis-moi,
- 1:32est-ce que je pourrais te demander de te présenter ?
- 1:34Qui es-tu ?
- 1:35Que fais-tu ?
- 1:36Bien sûr,
- 1:36entre vous.
- 1:37Alors,
- 1:39je m'appelle Adélaïde,
- 1:40Charlie du coup.
- 1:42J'ai 23 ans,
- 1:44je suis namuroise,
- 1:46je viens de finir mes études en politique européenne,
- 1:50mais surtout ça fait cinq ans que ce qui m'occupe le plus,
- 1:54c'est d'être activiste pour la justice climatique.
- 1:57Alors concrètement,
- 1:57qu'est-ce que ça veut dire ?
- 1:58C'est en gros être dans l'action physiquement pour mettre un maximum de pression vers les institutions politiques et publiques pour s'assurer qu'ils n'oublient pas l'urgence climatique.
- 2:10Et tu pourrais nous dire un peu où on est ici aujourd'hui pour ce tournage ?
- 2:14Voilà.
- 2:15Alors ici,
- 2:16on est dans mon nouveau chez-moi,
- 2:18que je ne considère même pas encore vraiment comme chez-moi parce que ça fait une semaine que j'ai déménagé à Bruxelles en colocation avec beaucoup d'amis et moi.
- 2:28Et pourquoi Bruxelles ?
- 2:30Bruxelles,
- 2:31c'est presque inévitable quand on est très actif sur les questions politiques en Belgique.
- 2:36C'est là que se tient la majorité des institutions politiques à tous les niveaux de pouvoir.
- 2:41Et quand on est dans un mouvement climat qui est international et européen,
- 2:46c'est là qu'il se trouve aussi les institutions européennes.
- 2:49Et donc,
- 2:50pour pouvoir continuer cette pression...
- 2:52Pardon.
- 2:53Pour pouvoir continuer cette pression...
- 2:54physique vers ces institutions qui sont physiquement présentes à Bruxelles,
- 2:58c'est hyper important.
- 2:59Et puis c'est un lieu aussi,
- 3:00c'est une ville en Europe où c'est facile de bouger en train vers d'autres pays,
- 3:08vers Berlin,
- 3:08Amsterdam,
- 3:09vers Paris,
- 3:09etc.
- 3:11Et puis aussi personnellement,
- 3:12c'est là où se retrouvent tous mes amis et ma famille est pas très loin.
- 3:17C'est là que tu te sens mieux en fait ?
- 3:18Je me sens très bien à Bruxelles,
- 3:20alors je me sens encore mieux à Namur,
- 3:21je dois être honnête.
- 3:23Pourquoi le côté campagne encore ?
- 3:25Parce que Namur,
- 3:26pour ceux qui ne connaîtraient pas,
- 3:27c'est un peu une toute petite ville provinciale belge,
- 3:31assez verte encore.
- 3:33Oui,
- 3:33c'est une petite ville qui a tout son charme.
- 3:37C'est une petite ville provinciale qui est quand même la capitale de la Wallonie,
- 3:40il faut le préciser.
- 3:43Et où en fait,
- 3:44on est entre...
- 3:45On sort dans la rue et on peut rencontrer plein de gens.
- 3:49Et en même temps,
- 3:50ça reste une ville,
- 3:51on a vraiment accès à tout.
- 3:52je fais facilement accès à la gare de Namur pour aller partout.
- 3:56Et en même temps,
- 3:56il y a la Stadelle,
- 3:57qui est quand même un lieu historique impressionnant.
- 4:01Et surtout,
- 4:02ce qu'il y a à Namur,
- 4:03c'est le confluent,
- 4:05la confluence entre la Meuse et la Sambre.
- 4:09Et ce point d'eau,
- 4:11ces points d'eau sont pour moi hyper importants.
- 4:14J'ai beaucoup besoin de points d'eau.
- 4:15D'ailleurs,
- 4:15c'est quelque chose qui me manque à Bruxelles.
- 4:17On a malheureusement recouvert tous les points d'eau historiquement,
- 4:19ce qui est très triste.
- 4:22Un grand regret,
- 4:23mais là,
- 4:23à Namur,
- 4:24on a cette beauté d'un fleuve et d'une rivière qu'elle assemble et on a beaucoup de chance de les avoir.
- 4:32On dit que c'est presque thérapeutique d'habiter près des eaux.
- 4:34C'est un peu ce que tu veux dire par là ?
- 4:36Ça ne m'étonnerait vraiment pas.
- 4:38Que ce soit thérapeutique,
- 4:39je pense que ça va être les nombres d'heures que je passe le long de la Meuse pour promener mon chien,
- 4:47ou alors à monter la citadelle,
- 4:49me perdre un peu dans ces bois-là.
- 4:51On a une chance à Namur d'avoir ce mix de la ville qui est à tout,
- 4:55sans qu'elle soit dans l'excès pour que ce soit trop et désastreux,
- 5:01même si sur le monde,
- 5:02on a quand même un impact qui est présent.
- 5:05On a quand même cette relation avec le lien avec la nature qui est juste hyper importante,
- 5:10mais surtout l'eau,
- 5:12pour moi,
- 5:12je ne sais pas pourquoi.
- 5:13Peut-être que c'est hyper apoptique,
- 5:14mais l'eau est hyper importante.
- 5:15Et peut-être aussi parce qu'en vrai,
- 5:17je suis nageuse,
- 5:19et donc pour moi,
- 5:19la Meuse,
- 5:20ce n'est pas seulement que je la regarde,
- 5:21j'aime aussi nager beaucoup dans la Meuse.
- 5:23Il y a la possibilité de nager en saison d'été avec plein d'autres personnes,
- 5:27et on est là avec notre petite bouée orange,
- 5:29et on nage dans la Meuse.
- 5:31Ça fait plusieurs années que je fais le triad Jean de Namur aussi.
- 5:34et gros big up à l'organisation des triathlons de la mûre parce que je les trouve incroyables et c'est un super événement tu viens de citer,
- 5:43tu es sportive triathlon,
- 5:44nage c'est des sports d'endurance est-ce que on peut dire que c'est un trait de ton caractère les endurances par rapport à tes combats ce serait un privilège de pouvoir garder cette endurance et je pense que dans le sport,
- 6:02en effet je préfère l'endurance que le sport
- 6:04que le sprint.
- 6:06Et je pense que dans l'activisme,
- 6:08c'est le sport qui est de l'activisme,
- 6:11c'est quelque chose qui est nécessaire,
- 6:13la persévérance et l'endurance.
- 6:15On ne peut pas lâcher,
- 6:16c'est même pas en sprint l'activisme,
- 6:19c'est même pas en marathon,
- 6:21c'est une course relais.
- 6:23Et donc on ne sait pas combien de kilomètres on a encore face à nous,
- 6:26et quand on est fatigué,
- 6:28on relaie.
- 6:29Et puis peut-être qu'on pourra revenir dans la course.
- 6:32Et donc c'est cette question de l'endurance,
- 6:35mais surtout de la persévérance,
- 6:36parce que souvent on n'a pas directement l'impact,
- 6:40on ne peut pas voir l'impact de notre action,
- 6:44de notre course du coup.
- 6:46Et donc il ne faut jamais regarder le temps ou le timing qu'on veut voir quand on fait une course par exemple en sport,
- 6:55parce que dans l'activisme on n'a pas ça.
- 6:59checker un peu où on en est,
- 7:00est-ce qu'on a fait mieux que la fois dernière.
- 7:02C'est très difficile d'évaluer.
- 7:05Peut-être que c'est ce qui manque un peu de l'activisme,
- 7:07mais donc l'aspect de l'endurance est d'autant plus important dans l'activisme que dans le triathlon.
- 7:14Ce serait quoi ta définition justement de l'activisme ?
- 7:19Alors pour moi,
- 7:20je sais que le mot activiste fait très peur.
- 7:22Et il m'a fait même peur moi,
- 7:23au début.
- 7:24Pourquoi ?
- 7:25Parce que...
- 7:26j'ai commencé les grèves pour le climat et on m'a directement mis cette étiquette sur le front et je n'ai pas grandi dans un monde de l'activisme donc je ne connaissais pas ce terme et il n'était pas nécessairement mal vu mais il n'était pas nécessairement bien vu je ne le connaissais pas et on sait que quand on
- 7:44ne le connait pas souvent ça amène de la peur et donc j'étais un peu
- 7:51perplexe,
- 7:52mais je ne l'ai pas nécessairement renoncé.
- 7:54Et puis après,
- 7:54je l'ai accepté parce que j'ai vite réalisé que d'écrire une personne d'activiste,
- 7:59pour moi,
- 8:00c'est quelqu'un qui est actif face à un changement qu'on veut voir autour de soi,
- 8:05dans la société.
- 8:07Et pour moi,
- 8:10énormément de personnes sont activistes,
- 8:13sans vouloir mettre le mot activiste mais elles le sont.
- 8:16Et après,
- 8:17dans les moyens d'action à établir pour voir ce changement qui nous entoure,
- 8:21Il y a un panel de choses à faire qui sont énormes.
- 8:24Et donc,
- 8:24peut-être qu'on est activiste en faisant une certaine action ou une autre,
- 8:28mais je pense que beaucoup d'entre nous le sommes.
- 8:31Raconte la forme avec le fond.
- 8:35On va revenir au tout début.
- 8:36Quand tu nais à Namur,
- 8:38tu nais dans quel contexte ?
- 8:39Qu'est-ce qu'ils étaient tes parents ?
- 8:42Je nais à Namur en 2009,
- 8:44décembre,
- 8:46à l'hôpital
- 8:47Sainte-Élisabeth. Mes parents,
- 8:48ils avaient déjà deux enfants.
- 8:51mes deux grandes sœurs,
- 8:53qui allaient à l'école à Namur.
- 8:55Nous,
- 8:55on habitait dans un petit village en dehors de Namur.
- 8:57Ma maman est psychologue et mon papa travaille dans l'agence d'aide au développement ici en Belgique.
- 9:07Et donc,
- 9:08ils reviennent d'Afrique,
- 9:10en fait,
- 9:11où ils ont vécu pendant quatre ans avec mes deux grandes sœurs.
- 9:15Et donc,
- 9:16c'est un contexte où ils sont,
- 9:19je pense,
- 9:19très heureux d'être là.
- 9:20Et c'est toute une nouvelle vie pour eux.
- 9:24Une nouvelle vie pour quoi ?
- 9:26J'imagine d'avoir un troisième enfant qui vient un peu plus tard.
- 9:29Il y a un écart quand même entre mes deux grandes sœurs et moi de plus ou moins 6-7 ans.
- 9:36Et puis eux,
- 9:39ils ont eu cette pause un peu où ils ont vécu ailleurs.
- 9:42Puis ils sont revenus en Belgique.
- 9:44Et donc voilà,
- 9:45c'est un point de goût monde.
- 9:47Ils sont toujours,
- 9:48pour le moment...
- 9:50dans un village un peu plus loin de Namur.
- 9:52Un peu plus tard,
- 9:54quand j'ai grandi et que ma petite sœur aussi est arrivée,
- 9:57on a déménagé plutôt dans le centre de Namur.
- 9:59Mais bref,
- 10:01un peu d'échangement pour eux.
- 10:02Mais je pense qu'ils aiment le changement,
- 10:04ce qui est rare chez les humains quand même.
- 10:06D'aimer le changement,
- 10:07c'est vrai,
- 10:07c'est toujours un défi.
- 10:09Quand tu es enfant,
- 10:11la nature c'est déjà important pour toi ?
- 10:13Tu vas souvent dedans ?
- 10:15Tu joues dans la nature ?
- 10:17Quelle a été ta première rencontre avec la nature ?
- 10:20J'ai la chance de grandir dans un espace quand même assez vert,
- 10:24où on avait deux chevaux,
- 10:27on avait en cochon beaucoup de poules,
- 10:30même si aujourd'hui j'ai la phobie des poules.
- 10:33Mais du coup,
- 10:33en environnement,
- 10:34on a vraiment la chance de pouvoir jouer beaucoup dehors.
- 10:37J'ai trois sœurs,
- 10:38donc on est...
- 10:39Beaucoup de l'aura ensemble et avec des animaux hyper random,
- 10:44d'un cheval à un cochon,
- 10:46et qu'on considère vraiment comme nos animaux de compagnie.
- 10:48Parce qu'en fait,
- 10:49une de mes grandes sœurs est allergique aux poils,
- 10:51donc tout ce qui était chien,
- 10:52chat et un peu les animaux traditionnels qu'on pourrait voir à la maison,
- 10:58nous on n'avait pas du tout.
- 11:00Donc c'est un autre style de relation déjà que peut-être on a établi avec les animaux.
- 11:06Et j'ai adoré ça,
- 11:08vraiment.
- 11:09Est-ce qu'il y avait une conscience climatique,
- 11:13écologiste,
- 11:13etc.
- 11:14dans ta famille ou pas du tout ?
- 11:16Je pense qu'il y avait une conscience écologique de la part de mes deux parents,
- 11:22qu'ils l'ont peut-être eux eu différemment,
- 11:25parce que je pense qu'ils reçoivent cette conscience différemment,
- 11:32mais ils sont bien conscients.
- 11:34Ils agissent de manière différemment,
- 11:35mais par contre,
- 11:36ils ne sont pas des grands activistes.
- 11:39Avec mes parents,
- 11:40on n'a jamais été à une marche pour le climat.
- 11:43C'était rare,
- 11:43je pense qu'on avait fait notre toute première avec un tout petit groupe d'amis au Vietnam,
- 11:50quand j'habitais là-bas.
- 11:51Mais ce n'est pas du tout dans ce monde de l'activisme que j'ai grandi.
- 11:57Mais de temps en temps,
- 11:58on se disait,
- 11:59OK,
- 11:59aujourd'hui,
- 11:59on va à l'école à vélo.
- 12:02Donc c'était plutôt un petit truc qui était là.
- 12:06Mais moi,
- 12:07ça ne m'a jamais vraiment marqué dans mon enfance.
- 12:10C'était plutôt la chance de vivre dans un cadre où on était toujours dehors,
- 12:14peut-être qui m'a impactée,
- 12:16mais ce n'était pas du tout,
- 12:18à ce moment-là,
- 12:18en tout cas,
- 12:18le message de mes parents autour du climat.
- 12:22Pas du tout.
- 12:23Mais tu viens de dire que tu es passée du temps à Hanoi,
- 12:27au Vietnam.
- 12:28Oui.
- 12:28Comment tu t'es retrouvée là-bas ?
- 12:30Alors,
- 12:30je me suis retrouvée à 11 ans,
- 12:3211 ans et demi.
- 12:35À Hanoï,
- 12:36avec mes parents et ma petite sœur,
- 12:38pour le travail de mon père,
- 12:41qui travaille dans l'agence de développement de l'histoire magique.
- 12:45On arrive là,
- 12:47à cet âge-là,
- 12:48c'est un peu bizarre avec ma petite sœur,
- 12:50parce qu'on quitte le seul monde qu'on connaît,
- 12:53Namur.
- 12:53Ce n'est pas pour monter à Bruxelles,
- 12:57ou en Allemagne,
- 12:58ou dans le nord de l'Europe,
- 12:59dans le sud,
- 12:59peu importe,
- 13:00c'est vraiment où on quitte.
- 13:03Le seul monde que l'on peut connaître aux yeux d'une jeune fille de
- 13:0611 ans.
- 13:08Et donc,
- 13:09c'est un moment un peu difficile de dire au revoir à nos amis qui,
- 13:14eux,
- 13:14vont vivre des expériences qu'on vit quand on a 11 ans,
- 13:17finir notre primaire et faire nos anniversaires.
- 13:21C'est une rupture.
- 13:23Pardon ?
- 13:23C'est une rupture.
- 13:24C'était un peu une rupture.
- 13:25Au début,
- 13:25j'ai râlé sur mes parents pendant quelques mois.
- 13:30C'est pas seulement une rupture...
- 13:33pays,
- 13:33de continents,
- 13:34culturels,
- 13:35mais aussi de langues.
- 13:36On arrive sur place et on apprend qu'on ne va pas pouvoir parler français,
- 13:41en tout cas seulement à la maison,
- 13:43et que ce soit à l'école ou dans la rue,
- 13:46si on veut pouvoir communiquer avec le monde extérieur,
- 13:48il va falloir apprendre en tout cas une autre langue.
- 13:50Et donc,
- 13:51c'est un peu difficile à cet âge-là,
- 13:52mais en même temps,
- 13:54vraiment,
- 13:54quand je regarde mon nom,
- 13:55je me dis,
- 13:55mais quelle chance !
- 13:57Et merci à mes parents,
- 13:58parce que je pense que le Vietnam a changé ma vie.
- 14:04parce que j'ai eu la chance là-bas de vivre cinq ans à Hanoï,
- 14:10d'aller à l'école des Nations Unies à Hanoï,
- 14:13où notre éducation était basée sur les objectifs des Nations Unies,
- 14:16déjà à ce moment-là.
- 14:18Et donc,
- 14:18on était vraiment sur,
- 14:20à 12 ans,
- 14:21c'est pas grave,
- 14:22on parle de,
- 14:24je ne sais pas,
- 14:25qu'est-ce qu'on devrait mettre en place une fois qu'un pays a été touché par des catastrophes naturelles.
- 14:30C'était très clairement un travail,
- 14:31d'ailleurs,
- 14:31que j'ai retrouvé il y a...
- 14:32quelques semaines.
- 14:34Et il y a aussi des travaux sur la question de la pauvreté dans le monde,
- 14:38des inégalités.
- 14:39Donc il y avait déjà,
- 14:41en tout cas,
- 14:42une éducation qui était très présente sur les objectifs pour 2015,
- 14:46à ce moment-là,
- 14:47des Nations Unies.
- 14:49Et en plus de ça,
- 14:49on est dans un pays qui est déjà touché par les conséquences climatiques.
- 14:54On parle des typhons qui deviennent de plus en plus forts.
- 14:56Cette année,
- 14:56en 2024,
- 14:57le Vietnam a encore fait face à un des plus grands typhons auxquels l'Asie n'a jamais fait face.
- 15:02Donc il y a vraiment cette intensification qui est là.
- 15:05Hanoï est touchée fortement,
- 15:07un peu moins que les côtes du Mekong.
- 15:09Il y a la côte du Vietnam,
- 15:11je pensais,
- 15:12plus de 3500 km de long.
- 15:14Donc quand on parle de montée des eaux,
- 15:15pour eux,
- 15:16c'est quelque chose qui les concerne littéralement.
- 15:19Et il y a aussi la montée des eaux du Mekong.
- 15:22Donc on est vraiment sur...
- 15:25Tout ce que peut-être nous,
- 15:26on lit dans les rapports...
- 15:28Mais c'est extrêmement lointain pour nous,
- 15:30aux Occidentaux.
- 15:31Un jour,
- 15:32ça arrivera,
- 15:32ou ça arrive de temps en temps.
- 15:34Là-bas,
- 15:34c'est vraiment réel.
- 15:35Ça a un impact direct sur beaucoup de populations,
- 15:38enfin,
- 15:38sur la population.
- 15:41Et à ce moment-là,
- 15:43évidemment,
- 15:44ça ne me rend pas encore activiste,
- 15:45mais il y a un terrain fertile qui est en train de se créer.
- 15:48La graine se met en place.
- 15:49Et il y a quelque chose qui arrive.
- 15:51Il y a quelque chose qui se prépare.
- 15:52Et c'est sûr qu'on ne peut pas revenir du Vietnam.
- 15:56Avec cette éducation,
- 15:57dans ce contexte-là,
- 15:58avec les rencontres que j'ai pu faire,
- 16:01en ayant vécu dans un monde hyper multiculturel où on est obligé de vivre avec nos différences.
- 16:08Ce n'est pas du tout une question où on n'a pas du tout les mêmes religions,
- 16:13on n'a pas du tout nos parents qui font le même travail,
- 16:17on a tous des nationalités différentes.
- 16:18Je pense qu'on était cinq Belges dans mon école.
- 16:21Et donc,
- 16:23on grandit,
- 16:24on est juste différents.
- 16:25et de pouvoir l'accepter déjà à l'âge de 11 ans,
- 16:28je pense que ça m'a beaucoup changé.
- 16:30Donc,
- 16:30je reviens de Vietnam avec...
- 16:32Tu reviens à quel âge ?
- 16:33Ah oui,
- 16:34pardon.
- 16:35Je reviens à 16 ans,
- 16:37je pense.
- 16:39Et je reviens,
- 16:40donc je dois encore faire quelques années avant de finir ma réto,
- 16:43ma dernière année scolaire ici en Belgique.
- 16:45Et je vais dans une école à Namur.
- 16:49Et là,
- 16:49je me sens très bien que j'étais,
- 16:52encore une fois,
- 16:52je râlais sur mes parents.
- 16:54Parce que je n'avais aucune envie de revenir.
- 16:56Je n'avais aucune envie de changer d'école.
- 16:59C'était...
- 17:01Je pense que j'ai réalisé mon privilège quand je suis rentrée,
- 17:04d'avoir eu la chance d'aller là-bas.
- 17:06Et donc,
- 17:06il y a un peu une première claque pour moi,
- 17:09déjà de juste revenir à Namur,
- 17:11et puis une deuxième claque d'aller à l'école et de réaliser que l'enseignement que j'avais,
- 17:19ou que je recevais,
- 17:19par exemple,
- 17:20était hyper décalé de ce que je recevais au Vietnam.
- 17:24C'était un peu comme vivre dans un autre monde,
- 17:26une autre réalité,
- 17:27d'autres importances,
- 17:28d'autres priorités.
- 17:31Et donc ça m'a très vite frustrée parce que je sentais que je n'apprenais pas ce dont j'avais aussi envie d'apprendre.
- 17:36Évidemment,
- 17:36il y a les maths,
- 17:37il y a les sciences,
- 17:38il y a le français,
- 17:39il y a l'anglais,
- 17:39etc.
- 17:40Mais il n'y avait pas en cours sur qu'est-ce qu'on fait,
- 17:44par exemple,
- 17:45quand un pays est impacté directement par une catastrophe naturelle.
- 17:49Qu'est-ce qu'on met en place ?
- 17:50Comment les politiques gèrent ça ?
- 17:52Évidemment,
- 17:52ce n'était pas un cours de politique qu'on avait à l'école,
- 17:54mais c'était un peu OK.
- 17:55Ils nous testaient dans notre créativité aussi à penser ça,
- 17:58à faire des recherches.
- 17:59Il y avait beaucoup,
- 17:59beaucoup de recherches à l'âge de 12 à 16 ans.
- 18:02C'est quand même assez jeune.
- 18:04Et donc,
- 18:05on est dans une manière de travailler qui est très différente que l'étude par cœur.
- 18:10Et donc,
- 18:11surtout,
- 18:11je pense que ce qu'il y avait en fait là-bas,
- 18:13c'était du sens dans l'éducation qu'on me donnait.
- 18:17Et donc,
- 18:17je comprenais pourquoi.
- 18:19On me demandait de travailler pendant des heures pour écrire un texte sur,
- 18:25je vais garder un exemple,
- 18:26sur un typhon qui s'est passé.
- 18:28Parfois,
- 18:28ce n'était pas du tout en Asie,
- 18:29ça pouvait être n'importe où dans le monde.
- 18:32Mais ça avait un peu plus de sens parce que je sentais que ça pourrait nous toucher à n'importe quel moment.
- 18:37Et donc,
- 18:38ce manque,
- 18:39je pense que j'ai voulu le compléter inconsciemment plutôt par vouloir m'engager par autre chose qu'il y avait à l'école.
- 18:45Il y avait un groupe Amnesty,
- 18:47il y avait un groupe Oxfam.
- 18:48il y avait un peu le groupe
- 18:50Eco Team,
- 18:51un peu genre Climat et tout et je me suis inscrite dans les trois et j'étais en mode ok go et je passais mes temps de midi à manger dans ces groupes là je vendais des trucs pour Oxfam,
- 19:03pour Amnesty,
- 19:03on pensait à des actions que vous pouviez faire,
- 19:05des signatures faire signer toute l'école et je commençais vraiment à aimer ça,
- 19:08de me dire ok,
- 19:09toute l'école doit signer y'a pas de soucis,
- 19:11on va faire en sorte que toute l'école signe
- 19:13Là t'es en marche quoi
- 19:14Là y'a une première étape ouais et c'est là
- 19:17Et c'est à ce moment-là que je réalise maintenant que le Vietnam a eu un impact énorme pour moi.
- 19:20Parce que si je n'avais pas eu ce manque de me dire,
- 19:22mais là,
- 19:23je sens que mon éducation n'est pas complète,
- 19:25qu'il me manque un truc.
- 19:25En tout cas,
- 19:26j'ai besoin d'être nourrie par autre chose aussi et d'avoir un peu de sens dans ce que je fais,
- 19:31un peu plus.
- 19:32Je ne dis pas du tout que notre enseignement est complètement en manque de sens,
- 19:36mais il manque quelque chose.
- 19:39Et je l'ai pu retrouver grâce à ces orgues et à ces professeurs incroyables qui passent leur temps.
- 19:44de midi,
- 19:45leur temps après l'école,
- 19:47à se dire,
- 19:47OK,
- 19:47je ne rentre pas,
- 19:48je reste avec ces élèves motivés pour essayer de faire un peu bouger les choses dans mon école.
- 19:52Et donc,
- 19:53merci à tous ces professeurs qui font ça.
- 19:55Et c'est à ce moment-là que ton champ de vision s'ouvre vers toutes ces possibilités de se faire entendre,
- 20:02finalement,
- 20:02de faire entendre des choses qui manquent à ce moment-là,
- 20:05selon toi.
- 20:06Me faire entendre à ce moment-là,
- 20:08déjà dans mon école.
- 20:10le directeur,
- 20:11aujourd'hui,
- 20:12c'est un peu le président.
- 20:13Tu avais quel âge à ce moment ?
- 20:15Là,
- 20:16j'ai entre mes 16 et mes 18,
- 20:18les dernières années à l'école.
- 20:22Donc,
- 20:22je grandis un peu,
- 20:23etc.
- 20:24Et ça fait deux ans,
- 20:26je pense,
- 20:26que je suis dans l'équipe
- 20:28Amnesty. Je me souviens très bien qu'il y a une de mes profs qui vient vers moi en mode Ah,
- 20:33Amnesty cherche un jeune qui pourrait représenter la Belgique,
- 20:38etc.
- 20:38Tu veux postuler ?
- 20:39Tu devrais tester,
- 20:40etc.
- 20:40Je me dis
- 20:41En vrai,
- 20:41why not ?
- 20:44J'ai postulé,
- 20:45j'ai eu la chance de l'avoir.
- 20:46Et donc,
- 20:48ça m'a permis d'avoir la première étape de l'engagement en dehors.
- 20:52Des murs de l'école.
- 20:54Et ça,
- 20:54c'était énorme.
- 20:55Je dois vraiment remercier cette prof,
- 20:57en fait.
- 20:58Peut-être qu'elle verra la vidéo.
- 20:59Je la remercie vraiment.
- 21:01Oui,
- 21:01on verra éventuellement.
- 21:05Et aussi remercier Amnesty d'avoir cru en moi.
- 21:07Parce que grâce à ça,
- 21:08je commence à tester quelque chose de nouveau.
- 21:11Mais c'est cette année-là,
- 21:12donc c'est l'année de Marito,
- 21:14où aussi,
- 21:16j'ai un peu le goût d'Amnesty.
- 21:18Ça,
- 21:18c'est en septembre.
- 21:19Et en fait,
- 21:20en...
- 21:21Décembre,
- 21:21janvier,
- 21:23je commence l'activité.
- 21:24Donc c'est vraiment,
- 21:26il y a eu très peu de temps entre le goût de l'engagement,
- 21:28que je commençais à toucher un peu à 16 ans à l'école,
- 21:32et au début de ma réto,
- 21:34à 17 ans,
- 21:35je commençais à toucher un peu en dehors de l'école,
- 21:38et à
- 21:3917 ans et demi,
- 21:3918 ans,
- 21:40je commence l'activité.
- 21:41C'est un peu la révélation,
- 21:42c'est ça que je veux faire.
- 21:43Ouais,
- 21:44c'est pas ça que je veux faire,
- 21:45parce que pour moi ça n'est pas...
- 21:46C'est ça qu'il faut faire peut-être.
- 21:47C'est ça qu'il fallait faire à ce moment-là.
- 21:50Mais pour moi,
- 21:50ça allait durer une semaine,
- 21:52cet engagement-là.
- 21:54Le premier jour où...
- 21:56Comment ça s'est passé ?
- 21:57C'est que je descends en matin avec des amis à moi.
- 22:03On avait des bandes verts,
- 22:04on est rentrés dormir.
- 22:06Le matin,
- 22:06je me réveille,
- 22:07je descends.
- 22:08Et là,
- 22:08il y a mon père qui me dit Ah,
- 22:10t'as vu cette meuf ou pas ?
- 22:12Tu la connais ?
- 22:13Et c'était Anna de Wever,
- 22:14qui avait lancé la première grève pour le climat en Belgique,
- 22:17qui faisait une interview en néerlandais.
- 22:20J'étais en mode Ah,
- 22:20j'avais pas vu,
- 22:21Nantes,
- 22:21c'était trop cool.
- 22:23Et il me dit Bah écoute,
- 22:24en vrai,
- 22:24via via,
- 22:25j'ai vu qu'elle cherchait de l'aide de la partie francophone,
- 22:29parce qu'en fait,
- 22:30pour le moment,
- 22:30c'est vraiment que flamand.
- 22:32Et j'étais en mode Ah,
- 22:33ok,
- 22:34bah ouais,
- 22:34je peux aider,
- 22:35y a pas de souci.
- 22:36Enfin,
- 22:36je veux bien aider pour une fois,
- 22:37s'ils ont besoin d'aide,
- 22:38en vrai,
- 22:38why not ?
- 22:40Et donc,
- 22:42grâce à ça,
- 22:43j'ai reçu un numéro d'Anouna,
- 22:44je lui ai envoyé un message,
- 22:45je lui ai dit Ok,
- 22:45apparemment,
- 22:45t'as besoin d'aide.
- 22:46Et en mode,
- 22:47OK,
- 22:47ouais,
- 22:48viens sur Bruxelles,
- 22:48il faut que je te raconte ce qui se passe.
- 22:50Et donc,
- 22:51je débarque à Bruxelles,
- 22:52en mardi,
- 22:53je suis en mode,
- 22:54OK,
- 22:54qu'est-ce qui se passe ?
- 22:55On boit un verre avec Ausha,
- 22:56elle m'explique,
- 22:56OK,
- 22:57voilà pourquoi j'ai lancé des grèves,
- 22:59voilà pourquoi on est dans la merde sur les questions de l'urgence climatique.
- 23:01Et j'ai un peu un cours hyper rapide de gens,
- 23:03en une heure,
- 23:04qui essaient de comprendre pourquoi elle a lancé ce mouvement.
- 23:08Et qui,
- 23:08à ce moment-là,
- 23:09en fait,
- 23:09c'est juste un groupe de jeunes,
- 23:11de potes en verse qui sont en mode,
- 23:12il faut qu'on fasse quelque chose,
- 23:13quoi.
- 23:13Ils ne sont pas beaucoup,
- 23:14à ce moment-là,
- 23:15ils sont...
- 23:15Je pense qu'ils sont dans l'orga,
- 23:19aujourd'hui on appelle ça un orga,
- 23:20mais en fait dans le groupe de potes qu'ils lançaient,
- 23:23c'était 5-6.
- 23:25Mais ils ont fait une vidéo,
- 23:26ils avaient été la première fois,
- 23:27la vidéo avait tourné beaucoup en Flandre,
- 23:29mais pas du tout en Wallonie,
- 23:31puisque la vidéo était en flamande.
- 23:33Et donc il fallait vraiment briser cette frontière linguistique,
- 23:36cette frontière culturelle presque.
- 23:38Et donc ça on était prêts à le faire,
- 23:40j'étais en mode web,
- 23:41bien sûr,
- 23:41on le fait.
- 23:42Donc au tout début c'est un peu dur pour moi parce que...
- 23:44tout se passe en flamand,
- 23:45que c'est un groupe d'amis qui se connaissent,
- 23:48que moi je ne connais pas du tout,
- 23:49que c'est vraiment le début pour moi,
- 23:50les questions climatiques.
- 23:52Donc il faut un peu que je me mette à la une.
- 23:57Mais là,
- 23:57on est mardi quand je la rencontre et elle me dit,
- 23:59ok,
- 23:59jeudi matin,
- 24:009h,
- 24:02on se retrouve à la gare centrale.
- 24:04Et ramène un maximum de personnes de Wallonie.
- 24:08J'étais en mode,
- 24:08ok,
- 24:08donc je rentre à Namur et je me dis,
- 24:11j'ai 24h.
- 24:13pour trouver un maximum de personnes qui sont prêtes à rater l'école jeudi pour revenir dans les rues pour le climat.
- 24:19Et du coup,
- 24:20c'était un peu un challenge comme ça,
- 24:21parce que de base,
- 24:22je suis une bonne élève.
- 24:24J'ai un peu peur,
- 24:24donc je me souviens que je ne dis pas à mes profs que je rate l'école pour ça.
- 24:28Mais en attendant,
- 24:29sur Facebook,
- 24:31je crée plein de groupes avec l'aide de mes amis et je suis en mode OK,
- 24:34les gars,
- 24:34il faut que toutes les écoles où on connaît des gens,
- 24:38il faut qu'ils créent un groupe,
- 24:39il faut qu'ils savent que jeudi matin,
- 24:41on prend le train et qu'on va en fait
- 24:44à Bruxelles.
- 24:46Et ça prend vraiment de l'ampleur,
- 24:47avec l'aide aussi qu'en Flandre,
- 24:49ça avait bien fonctionné.
- 24:50Et en fait,
- 24:51les Wallons,
- 24:51ils réagissent.
- 24:52Et donc,
- 24:53je me souviens que le jeudi matin,
- 24:55c'était le
- 24:5723 janvier 2019,
- 24:58je pense.
- 24:58Je me souviens parce que c'était l'anniversaire de ma mère.
- 25:01Le 24,
- 25:01du coup.
- 25:04Et bref,
- 25:05on est sur ce quai,
- 25:06et en fait,
- 25:06le quai est rempli.
- 25:08On monte dans le train,
- 25:08il est rempli.
- 25:09C'était incroyable.
- 25:11Donc j'imaginais...
- 25:12Mais les classes vides,
- 25:13c'était en mode trop bien.
- 25:16Et puis,
- 25:16on débarque à Bruxelles.
- 25:17Et là,
- 25:18directement,
- 25:19je perds mes amis parce qu'il y a tellement de monde.
- 25:21Je dois retrouver ce fameux groupe d'Anversois qui avait décidé de lancer cette folie.
- 25:27Et j'ai rejoint en mode Ok,
- 25:28j'ai ramené des gens
- 25:29Et ils sont en mode Ok,
- 25:31ben t'es prête ?
- 25:32Je suis en mode Prête,
- 25:33pourquoi ?
- 25:33Parce que là,
- 25:34il y a déjà beaucoup de monde.
- 25:35Ils sont en mode Ben oui,
- 25:35mais en fait,
- 25:36t'es la seule francophone,
- 25:38donc tu vas devoir gérer tout ce qui est français,
- 25:39quoi.
- 25:40Et là,
- 25:41il faut imaginer qu'on est dans un contexte où en fait,
- 25:43c'est assez nouveau,
- 25:44les grèves pour le climat,
- 25:46qu'on est vraiment,
- 25:47après la Suède où il y a Greta,
- 25:48on est vraiment le premier pays à être massivement présent dans les rues.
- 25:52Donc,
- 25:52il y a un intérêt des médias en dehors de la Belgique.
- 25:57clairement européens.
- 25:59Et donc,
- 26:00dès qu'ils veulent poser une question en français,
- 26:02c'est moi qui dois gérer le truc.
- 26:03Moi,
- 26:04ça fait quelques jours que je suis là,
- 26:05je suis vraiment tombée dans les rues.
- 26:08Et en même temps,
- 26:08ça a énormément de sens,
- 26:10parce qu'il y avait 35 000 jeunes dans les rues ce jour-là à Bruxelles,
- 26:14il y en avait des milliers d'autres dans plein d'autres villes.
- 26:16Et je me suis dit,
- 26:17il faut dire pourquoi ils sont là,
- 26:19il faut partager ça.
- 26:21Et donc,
- 26:22on avait eu,
- 26:22heureusement,
- 26:23avec les Flamands,
- 26:23on avait parlé des points qu'ils voulaient mettre en avant.
- 26:26pourquoi eux avaient lancé ça,
- 26:28je le dis en français.
- 26:29Et le soir,
- 26:30après,
- 26:32une fois que la marche a hyper bien réussi,
- 26:33c'est un peu la folie,
- 26:34je ne comprends pas trop ce qui se passe.
- 26:38Je me souviens,
- 26:38il y a RTL qui me dit,
- 26:39est-ce que ça te chauffe de venir ce soir sur le plateau du JT ?
- 26:44Et moi,
- 26:44je suis en mode,
- 26:45en fait,
- 26:45ce soir,
- 26:45c'est l'anniversaire de ma mère.
- 26:46Du coup,
- 26:47on va au restaurant à la mûre.
- 26:49Je ne connais pas le monde de la presse du tout.
- 26:51Donc voilà,
- 26:52c'est chaud.
- 26:52Non,
- 26:53mais non.
- 26:54qui propose le plateau du JT,
- 26:55l'ouverture du JT.
- 26:56Je suis un peu en mode,
- 26:57je ne sais pas.
- 26:59Et donc,
- 26:59je ne sais pas,
- 27:00je l'appelle ma maman en mode,
- 27:01je ne sais pas quoi faire,
- 27:02genre.
- 27:04Et donc,
- 27:04ce soir-là,
- 27:04pour moi,
- 27:05c'est un peu un soir important.
- 27:06La raison pour laquelle je suis allée dans les détails,
- 27:07c'est parce que j'avais décidé de mettre cette importance,
- 27:13d'aller délivrer le message de pourquoi il y avait eu 35 000 jeunes aujourd'hui et pas rejoindre ma famille au resto pour l'anniversaire de ma mère.
- 27:21Parce que pour moi,
- 27:21c'était exceptionnel.
- 27:22Enfin,
- 27:23c'était un soir.
- 27:24Et en fait,
- 27:25je n'ai pas réalisé qu'après,
- 27:27ça allait continuer,
- 27:28ça a continué.
- 27:29Et encore aujourd'hui,
- 27:30je mets beaucoup la priorité sur cet engagement,
- 27:33sur le partage de la voix de ces jeunes qui s'engagent à travers la Belgique et toute l'Europe.
- 27:39Parce qu'en fait,
- 27:40il y a un manque de personnes qui font ça.
- 27:43C'est fou parce qu'en moins d'une semaine,
- 27:44tu es une étudiante tout à fait anonyme à Namur.
- 27:47Et en quelques jours,
- 27:48on pourrait même dire quelques heures,
- 27:50tu ouvres un JT national en Belgique.
- 27:52Et tu es repris par les titres européens.
- 27:54Oui,
- 27:54ça n'a aucun sens.
- 27:56Et c'est vraiment pour dire que ça aurait pu être moi,
- 27:59que ça aurait pu être n'importe quel autre jeune qui était là ce jour-là.
- 28:04C'est hyper important que ça n'a aucune importance que ce soit moi.
- 28:08Ce qui était important,
- 28:09c'est que ce qui était fort,
- 28:10c'était qu'il y avait les 35 000 jeunes.
- 28:12Et que ce jour-là,
- 28:14on m'a un peu donné la responsabilité de passer le message.
- 28:21Tu aurais pu refuser ?
- 28:22J'aurais pu refuser,
- 28:23mais j'étais en mode,
- 28:24il y a une nuit et demie,
- 28:25je suis là,
- 28:25il n'y a pas de souci.
- 28:27En vrai,
- 28:27j'ai beaucoup hésité,
- 28:28j'avais très peur.
- 28:29Le matin,
- 28:30le jeudi matin,
- 28:31quand je devais rater l'école,
- 28:32j'avais une boule dans l'estomac.
- 28:34Même le mercredi soir,
- 28:35je me sentais hyper mal de ne pas aller à l'école.
- 28:38Le lendemain,
- 28:38je me souviens,
- 28:40face à la presse,
- 28:41je tremblais.
- 28:42Quand j'étais sur le JT de RTL,
- 28:44j'avais les jambes en dessous qui étaient comme ça.
- 28:47Je ne comprenais pas trop ce qui se passait.
- 28:49Mais c'est juste qu'à ce moment-là,
- 28:50tout allait tellement vite.
- 28:52Et vraiment,
- 28:52ce groupe flamand qui avait besoin de moi à ce moment-là,
- 28:55moi,
- 28:56je sentais quand même qu'il y avait un projet qui avait beaucoup de sens.
- 29:00J'étais en mode ok,
- 29:00mais je suis vraiment prête à vous aider cette semaine
- 29:03Sauf que le jour où on a fait cette grève,
- 29:06Ausha de Weaver a annoncé à toute la presse qu'on allait continuer jusqu'aux élections.
- 29:11Et donc,
- 29:12quand ça,
- 29:12c'était le titre de tous les journaux,
- 29:13on était en mode mais ouais,
- 29:14il faut qu'on fasse,
- 29:15en fait,
- 29:15c'est logique
- 29:16Et du coup,
- 29:17on était en mode ok,
- 29:17on continue,
- 29:18on lâche pas
- 29:19Du coup,
- 29:19à ce moment-là,
- 29:19je me suis dit,
- 29:20OK,
- 29:20je fais ça jusqu'aux élections.
- 29:22Sauf que rater l'école jusqu'aux élections,
- 29:24ça faisait rater plus de jours que tu peux rater à l'école.
- 29:29Donc,
- 29:29ça donnait tout un challenge.
- 29:30Je me souviens,
- 29:31avec ma prof de français,
- 29:32on calculait le nombre d'heures que je pourrais rater pour avoir mon diplôme.
- 29:37C'était un casse-tête jusqu'à ce que...
- 29:40La ministre de l'Enseignement se positionne enfin,
- 29:44avec beaucoup de pression évidemment de notre part,
- 29:46mais de dire,
- 29:47ok,
- 29:49les jours,
- 29:50j'ai oublié le terme exact,
- 29:51mais sans explications,
- 29:55sans en grosse note du docteur,
- 30:01on va les laisser tomber cette année,
- 30:02parce qu'en vue des grèves,
- 30:04sinon il y a vraiment trop de jeunes qui ne vont pas avoir leur diplôme.
- 30:07Et donc,
- 30:08on doit quand même réussir nos examens,
- 30:09mais ça ne s'est plus compté.
- 30:10Donc ça,
- 30:11c'était vraiment important parce que ça m'a permis de complètement me concentrer sur l'activisme cette année-là.
- 30:17Mes professeurs ne me voyaient plus du tout.
- 30:20Je n'étais plus trop là à l'école.
- 30:21Et j'étais surtout dans les réunions à Anvers,
- 30:25à préparer.
- 30:26Je devais aller voir Alié,
- 30:28je commençais à aller se passer pour la prochaine marche,
- 30:30à rencontrer des experts,
- 30:32des scientifiques,
- 30:33parce que comme vous avez pu le voir,
- 30:34vous avez vu l'explication que je vous donne.
- 30:36Les premiers jours,
- 30:37j'en sais très peu.
- 30:38Je sais juste qu'encore c'est de la merde.
- 30:41Mais concrètement,
- 30:42à part les quelques articles rapides que j'ai pu lire,
- 30:46j'ai 18 ans,
- 30:48on n'a jamais dit qu'on était des experts,
- 30:49mais ce serait quand même cool de savoir un peu plus ce qui se passe.
- 30:52Et donc on a vraiment la chance d'être entouré d'experts,
- 30:54de scientifiques belges qui nous expliquent et qui prennent le temps de vraiment décrypter avec nous cette urgence climatique.
- 31:02Ils vous rejoignent assez vite,
- 31:03les scientifiques,
- 31:04les experts ?
- 31:05Directement.
- 31:07Ils ont été là.
- 31:07Ils ont vu le mouvement se mettre en place.
- 31:11Ils se sont greffés.
- 31:12C'était attendu,
- 31:13j'imagine,
- 31:13depuis longtemps.
- 31:14Pas attendu.
- 31:15Espéré.
- 31:16Ils ont pu enfin souffler,
- 31:18respirer.
- 31:19Parce que,
- 31:20de ce que j'ai compris des experts,
- 31:23et de plus en plus aujourd'hui,
- 31:24c'est qu'ils décrivent ce qu'ont crié dans les rues depuis les années 70,
- 31:3230 ans avant ma naissance.
- 31:33Eux,
- 31:34c'est le travail de leur vie.
- 31:36d'alerter sur le fait que,
- 31:38eh oh,
- 31:38en fait,
- 31:39on est dans le rouge,
- 31:40ça serait cool de mettre quelques politiques pour nous orienter vers le vert.
- 31:44Et en fait,
- 31:45personne ne les écoute.
- 31:46Et comme le dit très bien Jean-Pascal Vanipurzil,
- 31:48qui est un expert belge,
- 31:49un scientifique belge,
- 31:51qui a travaillé pour le GIEC,
- 31:54donc vraiment un peu les experts reconnus au niveau international,
- 31:57qui analyse l'évolution du dérèglement climatique,
- 32:00ce qu'il dit,
- 32:00c'est qu'en rapport du GIEC,
- 32:03ça se met facilement dans un tiroir et ça s'oublie.
- 32:06des milliers de jeunes qui cruent dans la rue,
- 32:08ça,
- 32:08c'est pas possible.
- 32:09Et c'est ça qu'on a fait.
- 32:10Et donc,
- 32:11pour les experts,
- 32:11c'était merci.
- 32:12Et d'ailleurs,
- 32:13nous,
- 32:13ce qu'on disait,
- 32:13c'est qu'on n'est pas nécessairement...
- 32:17On n'est pas des experts,
- 32:18on n'est pas des scientifiques.
- 32:19On est légitimes parce qu'on est jeunes de s'inquiéter,
- 32:22parce que c'est notre future,
- 32:24mais c'est vous qui savez,
- 32:26entre guillemets.
- 32:27Donc,
- 32:28c'est eux qui avaient le message légitime de la science.
- 32:31Donc,
- 32:31c'était hyper important pour nous que ça soit avec les scientifiques parce que c'était leur message qu'on voulait mettre en avant.
- 32:37Comment vous êtes accueillis aussi bien par,
- 32:39tu l'as dit,
- 32:40tes profs,
- 32:41tes parents,
- 32:42ta famille,
- 32:42tes proches,
- 32:42comment eux vivent le truc,
- 32:44ils te voient devenir d'une inconnue,
- 32:47presque une superstar médiatique,
- 32:50en quelques jours ?
- 32:51C'était pas superstar,
- 32:53d'ailleurs ça a jamais vraiment été superstar,
- 32:55ça a plutôt été...
- 32:58En fait il y a eu un shift qui dépassait que,
- 33:01il n'y avait pas que le fait que j'étais présente dans les médias,
- 33:04il y a eu un shift pour mon milieu...
- 33:06personnel,
- 33:06privé,
- 33:07entre guillemets,
- 33:07où on ne savait pas que c'était aussi touché par les questions climatiques,
- 33:11et on ne savait pas que c'était aussi une urgence,
- 33:12et on ne savait pas qu'on pouvait mobiliser autant de personnes,
- 33:14et qu'en fait,
- 33:15maintenant,
- 33:16je me retrouvais dans...
- 33:18C'était plus que la présence climatique,
- 33:20c'était vraiment...
- 33:20Je me retrouve au centre d'une organisation de jeunes qui sont en mode on va organiser des grèves pour le climat et du coup,
- 33:27c'était vraiment...
- 33:29Ok,
- 33:29c'est sérieux,
- 33:30genre...
- 33:31C'est pas juste que...
- 33:33qu'elle est dans la presse,
- 33:34c'est qu'il y a...
- 33:35il y a Adélaïde,
- 33:36là,
- 33:36il y a un tournant.
- 33:37Et il n'y a pas qu'un tournant chez Adélaïde.
- 33:39Elle,
- 33:40c'est peut-être celle qui va le représenter aux yeux des Belges,
- 33:43mais en fait,
- 33:44c'est un tournant pour énormément de jeunes qui se passent à ce moment-là.
- 33:47Et donc,
- 33:47pour mon entourage,
- 33:48c'est...
- 33:50C'est en mode,
- 33:51OK.
- 33:52Du coup,
- 33:52je devrais leur en parler,
- 33:53parce que moi,
- 33:54il y avait tellement de choses qui se passaient dans ma vie que j'étais un peu aveugle aussi de tout ce qui se passait dans mon entourage.
- 33:58J'étais beaucoup moins là,
- 34:00du coup.
- 34:01L'exemple de rater l'anniversaire de ma mère.
- 34:04Et donc...
- 34:06Heureusement,
- 34:07j'ai des parents qui m'ont soutenue depuis jour 1,
- 34:09même les jours avant,
- 34:11parce que quand j'avais la boule dans le ventre de vouloir rater l'école,
- 34:14ils étaient en mode mais si ça a du sens
- 34:19Ce n'est pas la chance de beaucoup de jeunes qui ont le soutien de leurs parents de rater les cours,
- 34:26mais ce n'était pas rater les cours pour aller traîner sur mon sofa,
- 34:31regarder Netflix.
- 34:32Donc bref,
- 34:33le fait qu'ils aient un sens,
- 34:33ça les a motivés,
- 34:34ça les a surtout...
- 34:35Ça les a permis de me soutenir à ce moment-là,
- 34:37dans cette démarche-là.
- 34:39Aujourd'hui,
- 34:39ils me soutiennent encore.
- 34:40Je leur en remercie parce que je ne sais pas si j'aurais pu devenir l'activiste que je suis aujourd'hui sans eux.
- 34:45Et j'en remercie aussi mes amis qui ont été là,
- 34:48qui m'ont soutenu.
- 34:49J'ai remercié ma prof de français qui,
- 34:50au tout début,
- 34:50m'a permis de calculer si je n'allais pas rater trop de cours pour quand même avoir mon diplôme.
- 34:56Qui,
- 34:56à la fin,
- 34:57j'avais raté tellement de cours qu'en fait,
- 35:00je demandais à tous mes potes pour leur note.
- 35:01Puis je demandais un peu au professeur,
- 35:02désolé,
- 35:03j'ai raté.
- 35:03Est-ce que vous pouvez un peu m'aider ?
- 35:05Il acceptait facilement ou pas ?
- 35:06J'avais vraiment la chance d'avoir...
- 35:09Tout le monde n'était pas...
- 35:11Dans les profs,
- 35:11il y avait un peu des réfractaires ou pas du tout ?
- 35:13Il y avait un peu de tout.
- 35:14Il y en a beaucoup qui m'ont...
- 35:15Il y en a qui m'ont challengé aussi un peu de pouvoir comprendre pourquoi je faisais ça,
- 35:22pourquoi je ratais les cours.
- 35:23Et donc,
- 35:24j'avais un prof d'anglais qui me challengeait sur ça et qui,
- 35:27au début du cours,
- 35:27arrêtait pas de me poser des questions.
- 35:29OK,
- 35:30mais pourquoi tu fais ça ?
- 35:31Est-ce que l'urgence automatique,
- 35:31c'est vraiment vrai ?
- 35:33Qu'est-ce qui se passe ?
- 35:33Pourquoi est-ce que j'ai eu le gêne de faire ça ?
- 35:35C'est du méga-training presque.
- 35:37Oui,
- 35:37j'étais en mode,
- 35:37tant mieux.
- 35:38Parce que demain,
- 35:38je vais avoir les mêmes questions,
- 35:39donc ça m'arrange.
- 35:40Je préfère répondre ici devant mes potes que devant les journalistes.
- 35:45Je n'ai pas du tout mal pris.
- 35:49Tu te retrouves aussi énormément dans la presse.
- 35:51Comment ça se passe,
- 35:52les rapports avec les journalistes ?
- 35:54Comment ça s'installe ?
- 35:57Parce que des interviews de toi,
- 35:59on en trouve des centaines,
- 36:00je crois.
- 36:00Au tout début,
- 36:01parce que je suis vraiment concentrée sur le début.
- 36:04C'est très bizarre.
- 36:05En fait,
- 36:06je ne connais pas tout ce monde.
- 36:07Je ne connaissais que le monde de mon école et du Vietnam.
- 36:11Et donc,
- 36:11le monde de la presse,
- 36:12je ne connaissais pas.
- 36:13Mais donc,
- 36:14on peut imaginer qu'à l'école,
- 36:15c'est interdit d'avoir son téléphone.
- 36:18C'était presque impossible pour moi de ne pas être sur mon téléphone.
- 36:21Alors,
- 36:22parfois,
- 36:22je passais durant les récrés,
- 36:24je pouvais sortir mon téléphone juste le temps dans l'appel pour dire ce qu'on peut s'appeler après 15h30.
- 36:29On pourrait bien être journaliste.
- 36:31Pour rappeler un journaliste,
- 36:32pour rappeler des experts,
- 36:33ou pour rappeler,
- 36:34je ne sais pas,
- 36:35peu importe tout ce qui se passait à ce moment-là,
- 36:36c'était pour rappeler parfois la police,
- 36:38oui,
- 36:38c'était juste pour prévenir qu'on aimerait bien en fait faire une grève jeudi matin.
- 36:42Est-ce que c'est possible de vous envoyer par mail ?
- 36:46Puis dire,
- 36:46ok,
- 36:46je vous envoie le mail,
- 36:47mais seulement après 15h30.
- 36:49Et donc,
- 36:50ouais,
- 36:50c'était un peu what the fuck,
- 36:51ça n'avait aucun sens à ce moment-là.
- 36:53Mais heureusement,
- 36:53il y avait la compréhension d'assez de professeurs pour que ça se passe bien.
- 36:56J'avais le soutien de mes potes,
- 36:57de mes amis.
- 36:58Et puis,
- 36:59j'étais pas seule.
- 37:00Je suis pas la seule à gérer tout ça.
- 37:02Il y avait tout le groupe flamand qui,
- 37:04ensuite,
- 37:05commence à s'élargir vers des francophones.
- 37:07Donc,
- 37:08je suis pas un peu soufflée aussi.
- 37:09Je suis pas celle qui gère tout.
- 37:10Il y a clairement...
- 37:11C'est un travail d'équipe.
- 37:13Vous mettez en place une hiérarchie ?
- 37:15Comment ça se passe ?
- 37:16Il fait quoi ?
- 37:18Toi,
- 37:18tu étais un peu porte-parole au début,
- 37:20par défaut.
- 37:20Ça a pris d'un coup.
- 37:22Ça a pris d'un coup.
- 37:22Et ça,
- 37:24c'est un peu la question qui fâche dans les mouvements.
- 37:25C'est la part de la traite.
- 37:27très difficile et qu'on essaye d'établir,
- 37:30mais qui est vraiment...
- 37:32C'est difficile.
- 37:33C'est-à-dire qu'on veut être...
- 37:35Déjà,
- 37:35c'est un mouvement qui s'est créé après en momentum.
- 37:40Pas un mouvement qui a créé en momentum.
- 37:42Donc tout ce qui se passe,
- 37:45on doit ensuite...
- 37:47C'est seulement dans les prochaines semaines qu'on se dit,
- 37:49OK,
- 37:49en fait,
- 37:50comment on s'organise ?
- 37:51Qui fait quoi ?
- 37:53Et du coup,
- 37:54on avait quelqu'un qui était plus responsable des questions de la police,
- 37:56quelqu'un qui était plus responsable des relations avec les politiciens,
- 38:00d'autres avec les experts.
- 38:02À ce moment-là,
- 38:02vu qu'à nous,
- 38:03on allait moins,
- 38:03on était plus dans la presse,
- 38:04c'était relation avec la presse et les médias.
- 38:09Mais évidemment,
- 38:10tout ça,
- 38:10on veut essayer que ça change,
- 38:12mais en même temps,
- 38:13le monde de la presse,
- 38:13ce n'est pas un monde qui aime changer de visage comme ça.
- 38:18Et donc,
- 38:18la question du visage,
- 38:20c'est encore aujourd'hui.
- 38:22C'est un grand débat et un questionnement au sein des mouvements.
- 38:26Est-ce qu'on personnalise ou pas en mouvement ?
- 38:29Ça,
- 38:29c'est la grande difficulté.
- 38:30Et on peut analyser,
- 38:31il y a des sociologues qui l'ont fait,
- 38:33les différences dans les mouvements en Europe,
- 38:35même dans le monde,
- 38:36mais en Europe,
- 38:38de certains mouvements qui avaient des visages et d'autres non.
- 38:41En Belgique,
- 38:41il y a eu Anouna et moi.
- 38:45Est-ce que parfois ça a été dur,
- 38:49insurmontable ?
- 38:52Trop.
- 38:53L'activisme en général.
- 38:57Ouais,
- 38:58au début,
- 38:58ça a été.
- 39:00Même si je pouvais rentrer quand même en pleurs.
- 39:02La difficulté aussi du jour au lendemain,
- 39:05je deviens très,
- 39:06très,
- 39:06très proche d'un groupe que je connais en réalité pas trop.
- 39:11J'ai cette question d'être présente dans la presse,
- 39:14mais il faut dire ce que les jeunes veulent dire.
- 39:17Mais en même temps,
- 39:18on n'a pas été...
- 39:19élu au début,
- 39:20vu que ces jeunes sont sortis dans la rue,
- 39:22mais après,
- 39:22écoute les interviews que nous on donne.
- 39:24Donc ça,
- 39:25ça a amené beaucoup de tensions.
- 39:29Et j'ai très vite compris que gérer un mouvement,
- 39:31c'était très,
- 39:32très,
- 39:32très difficile.
- 39:33Donc c'était...
- 39:35Beaucoup de fois,
- 39:36j'étais...
- 39:37J'étais dans des moments très difficiles,
- 39:38en fait.
- 39:39Je sentais la tension et c'était pas facile à gérer.
- 39:42Et en même temps,
- 39:43heureusement,
- 39:44on est toujours plein.
- 39:45Et puis après,
- 39:47juste l'activisme,
- 39:48ça a toujours été très,
- 39:50très,
- 39:50très présent.
- 39:51Donc ça a souvent été trop.
- 39:53Mais après,
- 39:54il fallait gérer ça,
- 39:55gérer ces réactions.
- 39:57Là,
- 39:57c'est beaucoup d'émotions parce que je suis en train de parler à des experts qui sont vraiment en train de me décrire la réalité de la science qui fait peur.
- 40:06Et en fait,
- 40:08ça m'impressionne les experts qui travaillent sur ça quotidiennement,
- 40:11parce que je pense qu'humainement,
- 40:13pour ne pas être en dissonance cognitive,
- 40:15on ne peut pas prendre toutes les informations dans le mot.
- 40:18Et donc,
- 40:18de se driller à
- 40:2018 ans d'abord,
- 40:21d'enchaîner les rendez-vous avec les experts pour bien comprendre,
- 40:25c'est aussi un coup émotionnel.
- 40:27Et encore aujourd'hui,
- 40:29il faut continuer à s'éduquer,
- 40:30je continue à avoir ces experts,
- 40:31et maintenant j'ai développé un peu des mécanismes de défense pour m'assurer de...
- 40:36de ne pas tomber en dépression et de ne pas être toujours triste.
- 40:40Mais d'ailleurs,
- 40:41j'expliquerai mon mécanisme de défense bizarre,
- 40:43mais c'est quelque chose que j'ai développé à travers les années.
- 40:47Ce qui a été trop,
- 40:48c'est qu'au final,
- 40:49du jour au lendemain,
- 40:50c'est devenu le centre de ma vie.
- 40:51Et depuis,
- 40:53quand on réalise que,
- 40:54un,
- 40:55il y a une urgence et que c'est vraiment la merde,
- 40:57que,
- 40:57deux,
- 40:58on peut avoir un impact en s'engageant collectivement,
- 41:03c'est une recette.
- 41:05où c'est impossible de vouloir rentrer dans le déni ou de plus vouloir s'activer,
- 41:10parce qu'on réalise qu'on a une recette ici qui fonctionne et qui peut vraiment permettre de changer des choses.
- 41:16Et c'est une recette que je pense énormément de personnes aimeraient toucher et avoir.
- 41:21Quand j'étais dans ce bol,
- 41:23je me dis,
- 41:23mais jamais de la vie,
- 41:25je me sens de là.
- 41:26Je continuerai toujours.
- 41:28Donc oui,
- 41:28à plein de moments,
- 41:28ça a été trop,
- 41:30et c'était intense,
- 41:31et j'ai raté ces 50 ans d'année.
- 41:34énormément de soirées,
- 41:35de moments importants.
- 41:36J'ai eu une jeunesse qui est hyper différente peut-être que d'autres,
- 41:41mais j'ai eu une jeunesse qui a eu tellement de sens et qui a tellement de sens aujourd'hui et qui m'a amenée tellement et j'ai eu la chance d'apprendre énormément et ça m'a fait grandir beaucoup.
- 41:52Donc pour rien au monde je change,
- 41:55mais oui ça a été des moments durs.
- 41:57Tu recommencerais tout pareil ?
- 41:58En réalité je recommencerais tout pareil.
- 42:02Parce que même quand on a fait des erreurs,
- 42:05par exemple dans des décisions au sein du mouvement,
- 42:07quand on a réalisé qu'en fait,
- 42:09je ne sais pas,
- 42:10on aurait dû créer une charte éthique dès le début,
- 42:12qu'on aurait dû s'éduquer beaucoup plus,
- 42:14pas seulement sur les questions climatiques,
- 42:15mais intersectionnelles,
- 42:17comment unir les luttes beaucoup plus rapidement,
- 42:20etc.
- 42:21C'est quelque chose que j'ai appris seulement après deux,
- 42:23trois,
- 42:23quatre,
- 42:24cinq ans,
- 42:24quand aujourd'hui je suis en plein éducation de tout ça.
- 42:27Donc toutes les erreurs qu'on a commises,
- 42:30Elles m'ont permis aujourd'hui de me dire,
- 42:33en fait je vais m'éduquer sur ces questions.
- 42:35En fait,
- 42:36quand j'ai fait ça,
- 42:37quand on a pris ces décisions avec le mouvement,
- 42:40c'est mal passé,
- 42:41donc tant mieux en fait.
- 42:41Enfin non,
- 42:43c'était pas drôle du tout à ce moment-là,
- 42:44c'était à coup de pleurs ou à coup de ruptures amicales,
- 42:49etc.
- 42:49Mais ça a été des moments où ça nous a fait grandir,
- 42:52ça a fait grandir le mouvement,
- 42:53ça m'a fait grandir personnellement.
- 42:56Et je pense que ces erreurs qu'on a commises,
- 42:58entre guillemets,
- 42:59par exemple,
- 43:00si je prends l'exemple d'une vision beaucoup plus intersectionnelle dans le mouvement qui est nécessaire,
- 43:05dans le mouvement climat,
- 43:06avoir eu quelques claques,
- 43:08ça nous permet peut-être enfin aujourd'hui de réaliser que le mouvement climat,
- 43:12il doit évoluer.
- 43:14Et j'espère qu'il y a eu le mouvement des jeunes pour le climat et qu'aujourd'hui,
- 43:17il est clairement en train d'évoluer.
- 43:18En tout cas,
- 43:18moi,
- 43:18je vais tout faire pour.
- 43:21Tu voudrais qu'il évolue comment ?
- 43:22Je pense que le mouvement climat...
- 43:26il doit évoluer pour s'assurer que dans notre message,
- 43:30on ne parle pas seulement de climat.
- 43:33C'est-à-dire que le climat,
- 43:35c'est une conséquence d'un système qui va mal,
- 43:39et les conséquences,
- 43:40elles sont multiples.
- 43:41C'est-à-dire que le climat,
- 43:43c'est une oppression des hommes avec un grand H vers la planète Terre,
- 43:47la Terre,
- 43:48les autres espèces sur Terre qu'on oublie trop souvent.
- 43:52crise multiple,
- 43:53on est en train de dépasser toutes les limites de la terre,
- 43:55mais il y a d'autres oppressions.
- 43:57Il y a l'oppression des hommes avec un petit H vers les femmes,
- 44:00les questions féministes,
- 44:01il y a l'oppression des blancs envers les noirs,
- 44:04et ça c'est la question raciale,
- 44:06et donc il y a tellement de luttes,
- 44:07en fait,
- 44:08qu'on peut retrouver où on va se dire mais en fait ce sont des conséquences.
- 44:12D'une manière qu'on a décidé de vivre,
- 44:14d'accepter une oppression envers une autre,
- 44:16elle devrait être refusée,
- 44:19condamnée.
- 44:21Pour toutes ces luttes,
- 44:22c'est la même condamnation.
- 44:23Et donc,
- 44:24il faut qu'on se retrouve.
- 44:25Parce que si demain,
- 44:26on est dans un monde neutre en carbone,
- 44:28mais qu'on est encore dans un monde où on doit lutter pour les droits des femmes,
- 44:32lutter pour les injustices raciales,
- 44:34etc.,
- 44:35on a un problème.
- 44:37Et donc...
- 44:39Tout est lié.
- 44:40Et tant qu'on est en train de changer structurellement le monde,
- 44:43d'ailleurs,
- 44:43ce n'est pas possible d'atteindre,
- 44:45par exemple,
- 44:45la neutralité carbone en Belgique sans changer nos habitudes,
- 44:49sans changer de manière structurelle la manière dont on vit en Belgique.
- 44:53Ça a été prouvé par plusieurs rapports.
- 44:56Si on change tout jusqu'à la racine,
- 44:58la racine,
- 44:59elle va ramener la manière dont on a décidé de vivre.
- 45:02C'est-à-dire qu'on doit prendre en compte l'histoire qui nous a amenés ici.
- 45:07Et pour ça aussi,
- 45:09l'urgence climatique,
- 45:10pour donner un autre exemple,
- 45:11est ancrée dans les inégalités.
- 45:14On ne peut pas parler de climat sans parler de l'inégalité,
- 45:16vu que le climat,
- 45:18ceux qui contribuent le plus aux dérèglements climatiques,
- 45:22donc ceux qui polluent le plus,
- 45:24sont les personnes,
- 45:25souvent,
- 45:25ou les groupes de personnes qui ont le plus de capital économique.
- 45:29Ça a été prouvé par différents rapports,
- 45:31entre autres le rapport d'Oxfam.
- 45:33Tandis que ceux qui polluent le moins,
- 45:34entre guillemets,
- 45:35sont ceux qui ont plus de capital économique,
- 45:38mais surtout aussi qui subissent directement les conséquences climatiques.
- 45:41Donc c'est-à-dire qu'on est en train d'avoir… Une courbe d'injustice.
- 45:43Ou genre,
- 45:44en fait,
- 45:45par exemple,
- 45:45je ne sais pas,
- 45:46dites-moi si le Vietnam a été un pays majoritairement émetteur historiquement de CO2,
- 45:53beaucoup d'experts vous diront,
- 45:54non,
- 45:54c'est majoritairement les pays occidentaux,
- 45:55pendant la révolution industrielle.
- 45:58Aujourd'hui,
- 45:58la tendance se change,
- 45:59mais il ne faut pas oublier l'histoire.
- 46:01Parce que si on oblige l'histoire,
- 46:02on crée des tensions internationales déjà premièrement,
- 46:06mais aussi,
- 46:08c'est pas égal.
- 46:09Enfin bref,
- 46:10il y a beaucoup de choses dont on devrait parler sur tout ça,
- 46:13mais en gros,
- 46:14on a une responsabilité qui dépasse le fait qu'aujourd'hui,
- 46:17il y a trop de CO2 dans l'atmosphère.
- 46:18Le problème est beaucoup plus profond,
- 46:20et donc chez Star,
- 46:22et les mouvements climat le réalisent,
- 46:24c'est juste qu'on doit continuer à faire de mieux en mieux.
- 46:29Le média intimiste,
- 46:31mais pas indiscret.
- 46:34Pour en revenir à tes actions,
- 46:37tout prend un volet international avec des figures majeures,
- 46:40dont tu as cité Anuna de Weaver,
- 46:42toi,
- 46:43Camille Etienne en France,
- 46:44Greta Thunberg,
- 46:45mondialement connue depuis sa Suède.
- 46:48Vous vous rencontrez.
- 46:49Comment ça se met en place ?
- 46:51Oui,
- 46:51il y en a plein d'autres.
- 46:53Il y a Vanessa Nakate qui vient du Uganda.
- 46:56Il y a aussi Luisa qui vient de...
- 46:58D'Allemagne,
- 46:59il y en a plein,
- 47:00plein,
- 47:00plein,
- 47:00plein qu'on pourrait énumérer.
- 47:02On se rencontre.
- 47:03Au début,
- 47:04ça se faisait parce qu'on allait un peu dans les grèves,
- 47:08les grèves à Paris,
- 47:08les grèves à Berlin,
- 47:09les grèves en Suède,
- 47:11etc.
- 47:12Et puis maintenant,
- 47:13c'est juste que la coalition a été créée grâce,
- 47:16entre autres,
- 47:16aux réseaux sociaux,
- 47:17qui nous permettent d'être internationalement connectés.
- 47:21Et donc,
- 47:21on se rencontre aussi à des grands événements parce qu'on essaye d'être présents au COP.
- 47:26donc grande conférence annuelle sur le dérèglement climatique.
- 47:30On essaie d'être présents à des moments clés,
- 47:33mais c'est surtout qu'on se voit grâce aux réseaux sociaux et qu'on reste connectés pour avoir une stratégie qui est alignée.
- 47:38Vous vous trouvez vite,
- 47:40vous tombez vite d'accord ?
- 47:41Non.
- 47:42Non ?
- 47:42On est loin d'être toujours d'accord.
- 47:45Ce n'est pas toujours facile.
- 47:46On a été toujours beaucoup d'accord au début,
- 47:49mais quand je dis qu'il faut faire évoluer,
- 47:51par exemple,
- 47:52le mouvement...
- 47:53Le climat,
- 47:53ce n'est pas facile toujours de voir comment on fait ça mieux.
- 47:58Et donc aujourd'hui,
- 47:59non,
- 47:59il y a aussi des désaccords profonds entre,
- 48:02par exemple,
- 48:03ces figures-là,
- 48:04mais aussi dans les différents mouvements nationaux,
- 48:06parce que nos pays ont aussi différentes histoires.
- 48:10Donc plus on va profond dans la manière dont on doit amener ce changement structurel,
- 48:16plus c'est difficile de savoir que ça doit se faire différemment dans certains pays.
- 48:20Parfois avec différentes communications,
- 48:21donc on ne peut pas toujours coopérer avec ce qu'on va dire en France aujourd'hui,
- 48:25peut-être pas être dit au Bouganda aujourd'hui,
- 48:28c'est différent.
- 48:30Mais on est d'accord parfois aussi souvent que c'est différent.
- 48:36Mais c'est vraiment très fort parce que c'est avec elle,
- 48:40souvent,
- 48:41qu'on évolue bien,
- 48:42qu'on établit ses stratégies,
- 48:44qu'on évolue bien,
- 48:45j'espère qu'on évolue bien,
- 48:46qu'on établit ses stratégies et après qu'on puisse abonner.
- 48:49avoir une coordination internationale,
- 48:51ce qui est quand même assez rare pour des jeunes aujourd'hui,
- 48:55de déjà être en contact,
- 48:57plus qu'en contact,
- 48:58être en coordination de stratégie pour avoir un impact sur le monde politique et privé.
- 49:03Parfois,
- 49:04on attaque les mêmes compagnies privées au même moment,
- 49:06au même endroit,
- 49:07enfin pas au même endroit du coup,
- 49:08mais partout dans le monde,
- 49:09au même moment,
- 49:10avec le même message.
- 49:11Tout ça,
- 49:12c'est très fort et c'est un peu notre force.
- 49:15On vient de citer le nom de différentes de tes codex.
- 49:18Je ne sais pas si on peut dire codex ou...
- 49:19ou consœurs,
- 49:21je ne sais pas quel terme vous avez dit.
- 49:24Autres militantes.
- 49:26Militantes.
- 49:27Il n'y a pas d'hommes.
- 49:29Il y a des hommes aussi.
- 49:30Mais ils sont moins connus.
- 49:31Pourquoi ?
- 49:33Je pense qu'il y a plein de raisons pour ça.
- 49:35Plein de raisons pour lesquelles ce sont surtout des figures féminines qui ont émergé de ce mouvement climat.
- 49:42On va commencer peut-être par la positive.
- 49:45L'hypothèse positive,
- 49:46c'est que peut-être que...
- 49:48Parce qu'il y a des hommes dans le mouvement.
- 49:50Il y en a.
- 49:51C'est peut-être que le monde a évolué et qu'il laisse aussi,
- 49:57enfin,
- 49:57la place à la femme de prendre le lead.
- 50:00Voilà.
- 50:00Ça,
- 50:01comme ça,
- 50:01c'est la positive qui est passée,
- 50:02mais tout le monde ne sera pas d'accord avec moi.
- 50:04Mais je me dis,
- 50:04ça n'a pas toujours dérangé les mecs,
- 50:06que ce soit nous qui prenons la parole,
- 50:08ce qui est hyper important et vraiment...
- 50:10Enfin,
- 50:11quoi.
- 50:13Et puis,
- 50:14d'autres raisons,
- 50:15c'est que politiquement,
- 50:17dans les sphères politiques,
- 50:18mais dans les sphères privées,
- 50:19là où les décisions sont prises,
- 50:22là où il y a beaucoup de pouvoir,
- 50:25ça,
- 50:25on peut le regarder dans les faits,
- 50:27il y a moins de femmes.
- 50:29Je pense qu'il y a aujourd'hui 9 femmes qui sont chefs d'État sur 139,
- 50:35140 pays.
- 50:36Il y en a beaucoup plus,
- 50:36je ne sais pas.
- 50:38Il y en a combien ?
- 50:39Il y en a...
- 50:40honnêtement je ne sais pas c'est dans les 193 quelque chose reconnu par l'ONU mais il y en a un peu plus ceux qui ne sont pas reconnus bon on va dire 200 prendre ceux qui ne sont pas reconnus dans les 200 pays donc c'est enfin bref c'est rien du tout 9 femmes sur 193 200 donc on a vraiment un manque de représentation de femmes ou même de place pour la femme dans ses rôles
- 51:00importants que ce soit chef d'état ministre mais aussi CEO dans des boards etc parfois on est obligé d'imposer le quota
- 51:09pour qu'il y ait des femmes.
- 51:11Et donc,
- 51:11c'est une évidence.
- 51:12Et ce que certains sociologues ont remarqué,
- 51:14c'est que du coup,
- 51:15la femme va trouver un autre endroit pour pouvoir s'exprimer et trouver ce empowerment comme on dit en anglais,
- 51:20mais cet endroit où on peut avoir du pouvoir,
- 51:23pour pouvoir s'exprimer,
- 51:24tout simplement.
- 51:25Et donc,
- 51:26l'utilisation de la rue,
- 51:27l'utilisation des mouvements sociaux va être très,
- 51:30très importante parce que ça va être l'outil le plus accessible pour la femme.
- 51:36Et donc,
- 51:37en général,
- 51:39on va retrouver énormément de femmes dans les mouvements sociaux,
- 51:42dans les mouvements du climat,
- 51:45parce que c'est ces moyens d'action qui sont accessibles.
- 51:48Donc ça,
- 51:48c'est aussi pour moi quelque chose qui,
- 51:50je pense,
- 51:51est évident et qui ne m'étonnerait pas non plus.
- 51:55Il y a énormément d'autres explications,
- 51:57je pense,
- 51:58qui peuvent découler de ça.
- 52:01Mais pour moi,
- 52:02c'est ces deux-là qui sont un peu les clés et les raisons pour lesquelles je pense qu'on s'est retrouvées là.
- 52:10On vient de dire que vous avez eu une médiatisation mondiale.
- 52:17Notamment,
- 52:17on a pu connu d'entre vous Greta Thunberg,
- 52:20mais vous êtes aussi,
- 52:21pour beaucoup,
- 52:22une cible.
- 52:24Comment on vit un truc pareil ?
- 52:25Parce qu'il y a des fois des attaques extrêmement virulentes contre vous.
- 52:28C'est dur.
- 52:30Oui,
- 52:31et on vient de parler de l'action de la femme.
- 52:33Donc je vais commencer par là.
- 52:35Les attaques qu'il y a sur Greta ou d'autres figures.
- 52:37que ce soit dans le monde climatique ou de l'activisme en général,
- 52:43ce que j'ai remarqué,
- 52:45c'est que c'est majoritairement des attaques qui sont liées au physique de la personne que nous sommes et pas au contenu qu'on amène.
- 52:55Et donc,
- 52:56on a vraiment beaucoup d'attaques sur le fait qu'on est des femmes.
- 53:00Mais des attaques misogyniques,
- 53:01c'est incroyable que les gens osent dire ça.
- 53:03Peut-être parce qu'ils sont cachés derrière leur écran,
- 53:06parce que c'est rare.
- 53:07qu'on me les dit ça face à face,
- 53:08mais je pense jamais.
- 53:12Mais donc les attaques qui sont majoritairement présentes,
- 53:14ce sont des attaques comme rentrer à la cuisine,
- 53:19retourner à l'école,
- 53:20ça c'est aussi parce qu'on est jeune.
- 53:21Donc jeune femme,
- 53:23c'est vraiment pas top.
- 53:24On a quand même le privilège d'être blonde,
- 53:26donc c'est pour ça qu'on a pu épargner toutes les remarques racistes.
- 53:29Mais dès qu'on pouvait trouver quelque chose,
- 53:32c'était le fait que c'était ça.
- 53:34après moi j'étais ok mais parlons du fond oui jamais sur les faits ou sur les plans et là peut-être qu'on aurait pas pu avoir un débat mais donc il y a des attaques très présentes sur les réseaux sociaux j'ai un fichier sur mon téléphone ce que je garde tout parce que c'est continu de
- 53:502019 jusqu'à aujourd'hui où on pourrait dire il y a peut-être un peu moins de médias wow pardon il y a un peu moins de
- 53:59Médiatisation.
- 54:00Médiatisation,
- 54:00oui.
- 54:02On est quand même sur les réseaux sociaux,
- 54:04mais les réseaux sociaux,
- 54:05peu importe l'impact qu'on a,
- 54:07on va se faire attaquer.
- 54:11Au point où,
- 54:12en 2019,
- 54:13ça,
- 54:13au tout début,
- 54:14pour Anna et celles qui les entouraient,
- 54:18entre autres moi,
- 54:19il y a eu des attaques,
- 54:20des menaces de mort,
- 54:21et où on a dû commencer des dossiers.
- 54:23Donc,
- 54:24c'est très réel,
- 54:25les attaques qu'il y a eu et qu'il y a encore aujourd'hui.
- 54:30Et c'est très triste.
- 54:32C'est très misogyne.
- 54:32Et j'en ai...
- 54:33Il y en a une qui me dérange beaucoup,
- 54:36mais je pense que je vais la dire juste parce que pour réaliser un peu le niveau de ce qu'on pourrait attendre,
- 54:42c'est juste que mon problème,
- 54:44c'est que...
- 54:45Je n'ai pas une grosse bite entre les jambes et que du coup,
- 54:48je ne suis pas relax.
- 54:50Il y a plein,
- 54:51plein,
- 54:51plein,
- 54:51plein d'attaques comme ça,
- 54:54complètement inacceptables et qui sont très dérangeantes.
- 54:57Et donc,
- 55:00ça,
- 55:00c'est la réalité des réseaux sociaux.
- 55:02Mais avec tout ça,
- 55:04quand on reçoit ça toute sa journée,
- 55:06j'imagine que c'est assez fréquent ?
- 55:08Dès qu'on poste,
- 55:09en fait.
- 55:09Dès que tu postes,
- 55:10donc c'est énorme.
- 55:12Ça va dépendre aussi des réseaux,
- 55:13parce qu'il y a des réseaux qui...
- 55:15qui ont une certaine...
- 55:16Monétisation.
- 55:19Oui.
- 55:20Ils ont des gens qui checkent.
- 55:21Enfin,
- 55:22pas des gens,
- 55:22mais il y a quand même un minimum de choses qui ne peuvent pas être faites.
- 55:26Une politique,
- 55:26quoi,
- 55:27de sécurité.
- 55:29Et il y en a qui n'en ont pas du tout pour ne pas les citer.
- 55:35Et c'est là qu'on ressent vraiment beaucoup plus d'attaques.
- 55:39Après,
- 55:39il y a des analyses à faire.
- 55:40Par exemple,
- 55:40je remarque qu'il y a quand même des gens qui reviennent constamment.
- 55:43Ils sont peut-être...
- 55:43addicts à moi et je sais pas,
- 55:45ils ont envie de rester là.
- 55:47Et il y en a,
- 55:48des nouveaux de temps en temps.
- 55:50Mais ça t'a jamais empêché de continuer ?
- 55:53Non,
- 55:53non,
- 55:53pour rien au monde,
- 55:53parce que sinon,
- 55:54ils gagnent.
- 55:55Et ça,
- 55:56pour rien au monde,
- 55:56ils gagnent.
- 55:57On a rien à ce qu'on disait au début,
- 55:59l'endurance,
- 56:00par rapport au sport,
- 56:01triathlon,
- 56:02tout ça,
- 56:03marche de fond.
- 56:04Si on se casse la gueule,
- 56:05on s'enlève.
- 56:06Parce que,
- 56:07ou si quelqu'un veut nous tirer...
- 56:10Ou mentalement nous dire en fait t'es trop nulle,
- 56:12tu vas jamais finir la course.
- 56:15C'est un enjeu sportif,
- 56:16tu peux jamais écouter les gens qui sont sur le côté et qui te regardent performer.
- 56:20Tu leur demandes de courir et d'essayer de faire le triathlon,
- 56:22alors on verra si eux ils arrivent à persévérer.
- 56:26Et en fait c'est beaucoup dans le mental aussi,
- 56:28comme dans le sport.
- 56:30Mais c'est aussi parce qu'au-delà du sport qui est un dépassement souvent quand même personnel et individuel,
- 56:36ici on est dans un enjeu collectif.
- 56:38C'est-à-dire que ce n'est pas bon,
- 56:40est-ce que je ne peux continuer pas ?
- 56:41Non,
- 56:42c'est en fait,
- 56:43on a besoin de ça.
- 56:44Alors moi,
- 56:45personnellement,
- 56:45je peux me retirer un peu parce qu'il faut quand même que je reste zen et que je puisse me reposer quand il faut.
- 56:51C'est pour ça que je dis que c'est un relais,
- 56:52c'est une course relais.
- 56:53Parfois,
- 56:54je passe le bâton,
- 56:56je prends le temps de souffler.
- 56:57Parfois,
- 56:57j'ai envie de boire un peu autre chose.
- 56:58Et après,
- 56:59je reprends le bâton et je continue la course.
- 57:02Tu fais quoi dans ces moments-là,
- 57:03des moments un peu plus de repos ?
- 57:07Je passe beaucoup de temps avec ma famille.
- 57:08Mes amis,
- 57:10un peu déconnectés.
- 57:11Tu as un noyau dur comme ça autour de toi.
- 57:13Eux vont dire que je ne me déconnecte jamais,
- 57:15mais j'essaie vraiment.
- 57:19Et puis,
- 57:19des moments où on part,
- 57:22là où il n'y a pas de wifi,
- 57:23et on s'isole près de Pando ou dans la montagne ou à la mer,
- 57:29peu importe.
- 57:29Et ça,
- 57:30c'est hyper important.
- 57:33Et puis,
- 57:33il y a des moments aussi où j'ai donné le bâton,
- 57:34comme l'année dernière,
- 57:35où j'ai voulu me concentrer sur un master.
- 57:37et je savais qu'il allait me demander énormément de temps.
- 57:40Et donc là,
- 57:40j'ai un peu donné le relais.
- 57:41Et si maintenant,
- 57:42je reprends le bateau,
- 57:44ça ne veut pas dire que je ne cours pas,
- 57:45mais je cours un peu plus lentement.
- 57:48Ton master que tu viens de faire,
- 57:49c'est dans le but...
- 57:51Tu as déjà un but très précis dans ton carrière ou pas du tout ?
- 57:56Je ne fais jamais...
- 57:56Enfin,
- 57:57je ne prends pas mes décisions pour une carrière ou pour une vision long terme,
- 58:00même si je prends une vision long terme.
- 58:03Pour le climat,
- 58:03mais pas pour toi.
- 58:05On fera distinction.
- 58:07Mais personnellement,
- 58:09l'évolution s'est un peu faite.
- 58:11Je suis en réto quand je commence les grèves pour le climat,
- 58:13donc c'est logique que j'essaie de comprendre les institutions politiques.
- 58:16Au début,
- 58:16c'est vraiment que focus politique.
- 58:19Du coup,
- 58:19je veux vraiment comprendre qui j'attaque,
- 58:22qui je pointe du doigt.
- 58:24J'étais beaucoup entourée de scientifiques qui me disaient que les informations scientifiques,
- 58:29on les a.
- 58:30Donc,
- 58:31ça ne m'a pas poussée notamment à étudier de la science parce que je réalisais qu'en fait,
- 58:35on était en train de...
- 58:36passer un message de scientifique qui n'est même pas encore entendu.
- 58:39Donc,
- 58:40si c'est pour devenir un scientifique qui n'est pas écouté,
- 58:44ça sert à quoi ?
- 58:44Donc,
- 58:45ce n'est pas pour dire qu'il y a un manque de science,
- 58:47elle est là.
- 58:48Mais j'avais besoin de comprendre ces institutions politiques pour me dire,
- 58:51OK,
- 58:52comment on continue ?
- 58:53Qui je prends de doigt ?
- 58:55À travers mon bachelier ici à Bruxelles en sciences politiques et sociales,
- 59:00à la VUB à UGent.
- 59:03J'ai continué mon activisme,
- 59:04c'était vraiment le centre de mon activité.
- 59:06Et basée à Bruxelles,
- 59:08un peu indirectement,
- 59:10on est devenu un peu la base du mouvement pour l'Europe à Bruxelles,
- 59:15vu les institutions.
- 59:16Et donc,
- 59:17je commence à avoir de plus en plus de responsabilités au niveau des campagnes européennes.
- 59:22Et là,
- 59:22je suis encore en mode,
- 59:23ok,
- 59:23je ne comprends pas trop ce qui se passe.
- 59:26Et donc,
- 59:27à la fin de mon bachelier,
- 59:28c'est très logique pour moi de me dire,
- 59:29il faut vraiment...
- 59:31que je comprenne les institutions européennes,
- 59:33ce monde-là.
- 59:34Si je veux rester basée à Bruxelles,
- 59:35il faut que je comprenne tout.
- 59:38Et donc,
- 59:39maintenant,
- 59:40j'ai fait mes études,
- 59:41mon master en politique de l'Union européenne.
- 59:43Tu voudrais les intégrer,
- 59:45les institutions européennes ou onusiennes ou autres ?
- 59:47Du coup,
- 59:47je n'ai vraiment pas fait ça pour les intégrer.
- 59:50Alors,
- 59:50une fois qu'on les étudie,
- 59:51on a un mode.
- 59:52Et que tous mes potes de mon master rentrent dans ces institutions,
- 59:55c'est impressionnant.
- 59:57C'est un peu les grands...
- 59:59Mais franchement,
- 59:59pas.
- 1:00:00C'est un peu une forme d'édit,
- 1:00:02on peut dire,
- 1:00:02je crois.
- 1:00:03C'est le Collège de Bruges,
- 1:00:04si je ne me trompe pas.
- 1:00:05Le Collège de l'Europe à Bruges,
- 1:00:07c'est clairement l'idée d'aller chercher ceux qui vont créer d'abord une bulle pour rentrer dans la bulle européenne.
- 1:00:16Et donc,
- 1:00:16c'est assez ironique parce que le monde de la bulle européenne veut absolument casser la bulle européenne,
- 1:00:22mais il y a une école qui est là pour s'assurer que les gens aillent dans cette bulle.
- 1:00:26Mais il faut quand même dire que l'école existait avant que l'Union européenne existe.
- 1:00:31C'était les futurs penseurs de l'Europe qui se réunissaient à Bruges.
- 1:00:38Bref,
- 1:00:38ça c'est l'histoire de Bruges.
- 1:00:39J'ai pas très d'interessants,
- 1:00:40mais si c'est intéressant,
- 1:00:41bref.
- 1:00:42Mais ça reste très élitiste.
- 1:00:45Néanmoins,
- 1:00:46ça a été une force pour moi de vraiment me dire Ok,
- 1:00:49c'est comme ça que ça se passe.
- 1:00:51Et aujourd'hui,
- 1:00:52je peux vraiment comprendre tout le système de l'Union européenne.
- 1:00:56Je peux jouer sur cette carte du collège pour assurer que la voix des jeunes qui sont engagés à travers l'Europe soit entendue ici dans les institutions,
- 1:01:07soit entendue à Bruxelles.
- 1:01:09Et donc maintenant,
- 1:01:10c'est un mot de pied.
- 1:01:13Comment est-ce qu'on coordonne tout ça ?
- 1:01:14C'est un peu la prochaine étape.
- 1:01:17Est-ce que tu voudrais jouer un rôle politique,
- 1:01:20en dehors du fait que ton action est déjà politique,
- 1:01:23mais si demain on te propose un mandat,
- 1:01:25par exemple ?
- 1:01:25Bon,
- 1:01:26politique-fiction.
- 1:01:27On te propose premier ministre.
- 1:01:30Premier ministre ?
- 1:01:31Est-ce que tu acceptes ?
- 1:01:33Alors là,
- 1:01:33je n'ai pas les compétences de premier ministre aujourd'hui.
- 1:01:36Je suis beaucoup trop jeune et je pense que ce n'est pas un rôle facile du tout.
- 1:01:41Donc,
- 1:01:41je n'accepterai pas aujourd'hui.
- 1:01:45Et je n'accepte pas aujourd'hui,
- 1:01:47du coup,
- 1:01:48en fait,
- 1:01:48de rôle au sein de cette politique qui est...
- 1:01:53Parce que je fais de la politique.
- 1:01:55qui est plutôt dans la démarche démocratique vers les institutions telles que le Parlement ou devenir ministre et autres.
- 1:02:07Tu préfères une politique,
- 1:02:08on peut dire,
- 1:02:09d'influence par rapport à une politique exécutive.
- 1:02:12Exactement,
- 1:02:12mais je vais aller en plein nuance dans ça.
- 1:02:14La raison pour laquelle j'ai cette position aujourd'hui,
- 1:02:18c'est parce qu'à travers mon activisme,
- 1:02:21j'ai réalisé qu'on est constamment exclu.
- 1:02:23en tant que jeunes alors qu'on n'a jamais été aussi actifs.
- 1:02:26En tout cas,
- 1:02:27une partie de ma génération,
- 1:02:28parce que c'est impossible de généraliser ça à toute ma génération,
- 1:02:30mais une partie de ma génération n'a jamais été aussi active dans l'envie de participer,
- 1:02:35dans l'envie d'être présente,
- 1:02:37d'être autour de la table,
- 1:02:39de parler et ensuite même de pouvoir décider.
- 1:02:42C'est quelque chose qui est hyper important pour les jeunes aujourd'hui,
- 1:02:45surtout sur les questions climatiques.
- 1:02:48Il faut se battre,
- 1:02:49littéralement,
- 1:02:50pour avoir accès
- 1:02:51à une demi-chaise entre deux personnes pour parfois lever la main et peut-être avoir la parole.
- 1:02:58Donc c'est très,
- 1:02:58très compliqué,
- 1:02:59en fait.
- 1:03:00Alors qu'on est hyper actifs,
- 1:03:02genre.
- 1:03:02Donc je me dis,
- 1:03:04il y a un problème d'inclusion de certaines communautés.
- 1:03:07Et je veux dire,
- 1:03:08je ne suis pas la première à le découvrir,
- 1:03:09évidemment.
- 1:03:10Tous les sociologues et politologues l'avaient déjà vu.
- 1:03:13Mais là,
- 1:03:13je l'ai vraiment vécu.
- 1:03:14Et donc,
- 1:03:14ce n'est pas possible pour moi de me dire,
- 1:03:17OK,
- 1:03:17je suis ministre,
- 1:03:18je vais résoudre le problème.
- 1:03:19Non.
- 1:03:20Déjà,
- 1:03:20on ne peut pas le résoudre seul.
- 1:03:22Donc,
- 1:03:23ce ne serait pas possible pour moi de venir et je vais résoudre le problème climatique en devenant ministre du climat.
- 1:03:27Il y a un problème beaucoup plus profond.
- 1:03:29Déjà,
- 1:03:29le climat,
- 1:03:29c'est beaucoup plus profond,
- 1:03:30mais il y a un problème beaucoup plus profond de démocratie en Belgique et même en Europe,
- 1:03:36où on doit pouvoir beaucoup plus inclure le citoyen.
- 1:03:38Quand il a une énergie folle,
- 1:03:41c'est quand même fou de l'exclure.
- 1:03:43Alors que quand on est dans le monde de la politique,
- 1:03:45je l'entends très bien,
- 1:03:45on est en mode,
- 1:03:46comment on s'assure d'écouter les citoyens ?
- 1:03:49Mais ils sont là,
- 1:03:49ils crient.
- 1:03:51Mais évidemment qu'après cinq ans,
- 1:03:52ils sont fatigués de s'organiser pour se mobiliser sous la pluie,
- 1:03:55à huit heures du matin,
- 1:03:56de rater le boulot,
- 1:03:58de voir,
- 1:03:58je ne sais pas,
- 1:03:59rater les cours.
- 1:04:01Enfin,
- 1:04:01ça demande beaucoup d'énergie.
- 1:04:04Et il y a énormément de personnes qui le font.
- 1:04:07Donc,
- 1:04:07pour moi,
- 1:04:07il y a un problème plus profond où je me dis,
- 1:04:09pour le moment,
- 1:04:09mon rôle est à l'extérieur de ces institutions parce que,
- 1:04:12ces institutions politiques,
- 1:04:16en tout cas,
- 1:04:16il y aura toujours un pied pour moi.
- 1:04:18hyper important dans l'organisation externe pour se dire comment on s'assure qu'on puisse être beaucoup plus inclus et qu'on inclut ceux qui ont l'énergie.
- 1:04:27Et donc,
- 1:04:27pour ça,
- 1:04:28je suis très intéressée par la démocratie beaucoup plus délibérative,
- 1:04:31la démocratie participative,
- 1:04:32qui,
- 1:04:33je suis persuadée...
- 1:04:34est la démocratie de demain qu'on doit établir aujourd'hui.
- 1:04:38Parce que pour moi,
- 1:04:39c'est juste essentiel pour résoudre énormément d'autres problèmes qui dépassent les questions climatiques.
- 1:04:45Et tant qu'on est dans un changement de système,
- 1:04:47ça doit passer aussi par là.
- 1:04:48Est-ce que ce n'est pas une forme de lutte d'épuisement ?
- 1:04:52Une lutte d'épuisement ?
- 1:04:52Oui,
- 1:04:53de la part des gens qui sont en face de toi,
- 1:04:54de dire on ne va pas trop bouger,
- 1:04:57on va attendre que ça passe.
- 1:04:59Ce n'est pas un peu l'idée ?
- 1:05:00Comme tu le ressens ?
- 1:05:01Pour ceux qui entendent le message qu'on essaie de faire passer ?
- 1:05:04Ou qui devraient l'entendre.
- 1:05:06Ah oui !
- 1:05:07Alors,
- 1:05:08je pense qu'on est entendus parce que c'est pas possible vraiment de...
- 1:05:13Alors,
- 1:05:13il faut vraiment se boucher les oreilles.
- 1:05:15Mais on n'est pas toujours écoutés attentivement.
- 1:05:18Une écoute active aussi,
- 1:05:20et une écoute qui ensuite passe de l'écoute à l'action,
- 1:05:23de l'inclusion.
- 1:05:24C'est vraiment des dabs qui demandent beaucoup de courage,
- 1:05:27apparemment,
- 1:05:27politiques.
- 1:05:29Et donc,
- 1:05:29non,
- 1:05:30on...
- 1:05:31C'est vrai qu'au tout début,
- 1:05:34il y avait un peu l'impossibilité de ne pas inclure les jeunes.
- 1:05:38Ce n'était pas possible à ce moment-là de ne pas sortir dans la presse et dire Le climat,
- 1:05:42c'est notre priorité
- 1:05:44Et comme aujourd'hui,
- 1:05:44on n'est pas 40 milliards devant leur porte comme ça,
- 1:05:48enfin plutôt comme ça,
- 1:05:50ils ne suivent pas,
- 1:05:52ce n'est plus leur priorité.
- 1:05:54Et donc,
- 1:05:54c'est hyper frustrant de se dire que si on n'est pas les pancartes à la main,
- 1:06:02Déjà,
- 1:06:03la première chose qui est entendue,
- 1:06:04c'est que si on n'est pas les pancartes à la main,
- 1:06:06on n'est pas engagé,
- 1:06:08on n'est plus présent,
- 1:06:09c'est plus notre priorité à nous en tant que citoyens,
- 1:06:11ça ne nous touche plus trop.
- 1:06:12C'est fou,
- 1:06:13c'est un narratif ça.
- 1:06:14Parce qu'énormément d'entre nous sommes engagés,
- 1:06:17on a trouvé d'autres moyens d'accent qui sont encore plus critiqués aujourd'hui.
- 1:06:23Et en plus de ça,
- 1:06:24ce n'est pas la priorité politique parce qu'il y a un bon aveuglement du fait que c'est aussi une...
- 1:06:31une priorité publique.
- 1:06:33Donc,
- 1:06:34oui,
- 1:06:35ça nous a,
- 1:06:35ils nous ont bien fatigués et ils ont un peu réussi,
- 1:06:38mais vraiment en persévérance depuis le début.
- 1:06:44Oui,
- 1:06:44parce que tu,
- 1:06:46on a l'impression en voyant ça de l'extérieur,
- 1:06:49il y a eu vraiment une espèce de climax,
- 1:06:51un moment très,
- 1:06:51très fort avant la pandémie,
- 1:06:53enfin,
- 1:06:53les pandémies de Covid où vraiment,
- 1:06:55c'était extrêmement visible avec les figures dont on a parlé précédemment et on a l'impression que
- 1:07:01Sans jugement,
- 1:07:02ça s'essouffle un petit peu.
- 1:07:03Alors,
- 1:07:03est-ce que c'est parce que vous avez grandi en termes des études ou en termes d'une vie active,
- 1:07:07ou il y a vraiment un essoufflement ?
- 1:07:09Non,
- 1:07:09c'est vraiment une autre explication.
- 1:07:10Enfin,
- 1:07:11je vois vraiment que...
- 1:07:12Que d'avoir,
- 1:07:12Anne.
- 1:07:13Et c'est normal que...
- 1:07:15En fait,
- 1:07:15ce qui s'est essoufflé,
- 1:07:16c'est le moyen d'action de la grève.
- 1:07:18Ce qui est visible.
- 1:07:19Ce qui est la visibilité massive présente dans les rues de Bruxelles.
- 1:07:24C'est hyper spécifique,
- 1:07:25en vrai,
- 1:07:25comme moyen d'action.
- 1:07:27Et à travers l'activisme ou l'engagement,
- 1:07:29tout ça s'est démultiplié.
- 1:07:31à travers d'autres choses.
- 1:07:32Il y a énormément de jeunes qui sont en mode,
- 1:07:34OK,
- 1:07:34j'ai marché pendant un an et demi,
- 1:07:36j'ai raté tellement de cours,
- 1:07:37j'ai donné ma vie,
- 1:07:38maintenant je vais continuer à donner ma vie pour cet engagement,
- 1:07:41mais différemment.
- 1:07:42J'ai dû trouver un truc qui soit plus direct,
- 1:07:44donc les mains dans la terre,
- 1:07:45littéralement,
- 1:07:45ou les mains dans un projet concret où je vois l'impact de demain,
- 1:07:49ou quelque chose de complètement différent,
- 1:07:51beaucoup plus large encore,
- 1:07:52quelque chose de peut-être plus artistique.
- 1:07:56En fait,
- 1:07:56ce qui s'est passé,
- 1:07:57c'est que les jeunes sont engagés.
- 1:08:00Et ils ont trouvé leur talent à mettre un peu à travers leur engagement,
- 1:08:06afin que ça soit durable.
- 1:08:08Parce que,
- 1:08:08évidemment,
- 1:08:10faire la grève sous la pluie,
- 1:08:11ce n'est pas durable.
- 1:08:12Et il n'y a aucun mouvement qui a tenu
- 1:08:1615 ans en faisant la grève sous la pluie.
- 1:08:18Mais ils se transforment,
- 1:08:19et les mouvements,
- 1:08:21leurs moyens d'action se transforment.
- 1:08:23Ça ne veut pas dire que l'engagement a disparu.
- 1:08:25Et ça se reflète quand on voit que les jeunes aujourd'hui,
- 1:08:28par exemple,
- 1:08:28refusent de...
- 1:08:30De plus en plus de jeunes refusent de travailler pour des grosses boîtes qui contribuent au dérèglement climatique.
- 1:08:35On voit de plus en plus de jeunes qui ont besoin d'être dans un concret et pas dans un projet un peu luphoque,
- 1:08:40on ne comprend pas trop ce que les gens font,
- 1:08:41ils ont besoin d'être littéralement dans un concret.
- 1:08:44Donc ça se traduit à travers ça,
- 1:08:46il y a énormément d'initiatives.
- 1:08:49Et puis il faut le dire,
- 1:08:50il y a eu la claque du Covid,
- 1:08:52et du coup l'aspect média c'est ce qui nous a fait grandir aussi.
- 1:08:55Et donc quand on n'a plus les médias pour nous faire grandir...
- 1:08:58visiblement,
- 1:08:59parce qu'on était en train de grandir.
- 1:09:00Et pendant le Covid,
- 1:09:01c'est le moment où on a eu le plus de recrutements.
- 1:09:03C'était énorme.
- 1:09:04Parce que c'était en mode
- 1:09:06Ah shit,
- 1:09:06what do I do with my life ?
- 1:09:09Comme on a beaucoup eu aussi,
- 1:09:10à ce moment-là,
- 1:09:11on a eu cette quête de sens générale.
- 1:09:14Donc,
- 1:09:14il y a eu beaucoup de jeunes qui ont fait ça aussi et donc qui l'ont retrouvé à travers le mouvement.
- 1:09:18Mais par contre,
- 1:09:18les médias étaient très focus sur le Covid.
- 1:09:22Seulement focus sur le Covid.
- 1:09:24Après,
- 1:09:24seulement focus sur la guerre en Ukraine.
- 1:09:28Après,
- 1:09:28seulement focus sur les problèmes de l'énergie.
- 1:09:32Et ça s'accumule et ça s'accumule et ça s'accumule.
- 1:09:35Et donc,
- 1:09:36il y a...
- 1:09:38Je pense que ce qui manque peut-être dans le côté médiatique,
- 1:09:41c'est de pouvoir traiter plusieurs urgences et crises en même temps,
- 1:09:45ce qui est évidemment un travail très difficile,
- 1:09:47mais dans un monde où on est vraiment dans un stade de multi-crises,
- 1:09:49ça ne va que s'accumuler.
- 1:09:52L'urgence climatique n'est pas une crise parce qu'elle ne pourra pas se résoudre,
- 1:09:55il n'y aura pas un avant et un après pour revenir à une norme,
- 1:09:58comme on l'a eu un peu avec le Covid.
- 1:10:00Donc ce n'est pas une crise,
- 1:10:02c'est vraiment une urgence dans le changement structurel.
- 1:10:06il faut pouvoir constamment la traiter même quand on fait face à des multiples crises parce que là jusque dans les toutes ces prochaines années je pense que toute ma vie on fera face à toutes ces crises donc c'est un vrai travail très difficile médiatique il y a les réseaux sociaux qui peuvent peut-être aider ou ne pas aider est-ce
- 1:10:25que tu vas voir de temps en temps maintenant des plus jeunes ceux qui ont 15 ans est-ce que tu fais une forme de mentorat,
- 1:10:31de relève il y a beaucoup de moments où je vais dans les écoles...
- 1:10:35Je dis jeunes,
- 1:10:36mais on est plusieurs à le faire aussi.
- 1:10:39Et on parle à des plus jeunes.
- 1:10:43Et le mouvement Youth for Climate,
- 1:10:46lui,
- 1:10:47évolue,
- 1:10:48que je suis en train de quitter.
- 1:10:50Parce que pour moi,
- 1:10:52c'est la prochaine étape.
- 1:10:53Maintenant,
- 1:10:53j'ai ma fille et mes études.
- 1:10:54Donc,
- 1:10:56ça doit rester un mouvement des jeunes,
- 1:10:58universitaire et secondaire.
- 1:11:00Mais oui,
- 1:11:01j'en rencontre.
- 1:11:03Je ne suis pas encore créée de formation,
- 1:11:04mais par contre,
- 1:11:05c'est une bonne idée.
- 1:11:07Si on peut aider.
- 1:11:09Go,
- 1:11:09créez une formation.
- 1:11:09Si quelqu'un veut financer la formation...
- 1:11:12Vous y serez dans la vidéo,
- 1:11:13promis.
- 1:11:14Merci.
- 1:11:15À pieds d'un.
- 1:11:16Un petit teaser.
- 1:11:19Qu'est-ce qui pourrait te faire arrêter ?
- 1:11:21Est-ce qu'il y aurait la goutte qui fait déborder le vase ?
- 1:11:24Est-ce qu'il y aurait quelque chose ?
- 1:11:25Est-ce que cette goutte existe ?
- 1:11:27Ou pourrait exister ?
- 1:11:30Je ne pense pas que cette goutte existe.
- 1:11:32Je ne pourrais pas arrêter parce qu'il y a eu énormément de choses qui se sont passées ces dernières années,
- 1:11:38surtout de rencontres qui ont fait que ça m'a touchée dans les tripes.
- 1:11:41Ce n'est plus une question de calcul,
- 1:11:43de rapport,
- 1:11:44de chiffres que j'ai en tête.
- 1:11:45Du coup,
- 1:11:46j'ai un peu peur.
- 1:11:47Non,
- 1:11:47c'est quelque chose qui m'a vraiment touchée dans les tripes,
- 1:11:49des histoires qui m'ont touchée personnellement,
- 1:11:51des rencontres aujourd'hui qui sont devenues des amitiés et que je ne pourrais jamais lâcher l'action.
- 1:11:57Mais par contre,
- 1:11:57ce qui peut changer et ce qui change déjà maintenant,
- 1:12:00c'est la manière dont je prends l'action.
- 1:12:02La manière dont je décide de faire action,
- 1:12:04le message que je vais mettre en avant,
- 1:12:06ma vision du monde de demain,
- 1:12:07tout ça,
- 1:12:08ça peut évoluer.
- 1:12:09Mais être dans cette idée qu'on va devoir changer,
- 1:12:13qu'on est en train d'établir ça,
- 1:12:14que je vais faire partie,
- 1:12:15j'espère,
- 1:12:16et que je fais partie d'une manière ou d'une autre à essayer de faire changer les choses dans mon entourage,
- 1:12:24et au-delà,
- 1:12:25ça,
- 1:12:25ça ne changera jamais.
- 1:12:26Mon engagement ne changera.
- 1:12:28Mon engagement ne disparaîtra pas.
- 1:12:31Il sera toujours là.
- 1:12:32Il pourra,
- 1:12:32par contre,
- 1:12:33changer.
- 1:12:33Et je pense qu'il va évoluer constamment.
- 1:12:36Mais il n'y aura rien au monde,
- 1:12:37rien,
- 1:12:39qui me fera arrêter d'être engagée.
- 1:12:41C'est ton ADN.
- 1:12:43Ça a touché mon ADN,
- 1:12:44mon nom.
- 1:12:45Ça l'a modifié ?
- 1:12:45Ça l'a fait évoluer ?
- 1:12:47Ça l'a beaucoup fait évoluer.
- 1:12:49Ça l'a complètement modifié.
- 1:12:51L'ADN d'Adelaide Charlie d'avant,
- 1:12:52c'était une ADN très capitaliste.
- 1:12:55J'avais envie de travailler pour Google.
- 1:12:57une grosse boîte,
- 1:12:58j'avais envie d'avoir une grosse
- 1:13:004x4, j'avais envie d'habiter à New York,
- 1:13:02j'avais envie de voyager le monde entier en avion.
- 1:13:05Il y a même eu un moment où je voulais être pilote.
- 1:13:07Enfin,
- 1:13:08je veux dire,
- 1:13:09j'ai eu des envies,
- 1:13:10des rêves qui sont très différents de mes rêves d'aujourd'hui.
- 1:13:14Et c'est des rêves qui sont un peu évidents,
- 1:13:16enfin,
- 1:13:16qui sont un peu logiques pour une jeune fille qui grandit dans le monde dans lequel on est aujourd'hui,
- 1:13:21les publicités qui m'entouraient,
- 1:13:23les rêves que je vois dans tous les films américains que j'ai regardés.
- 1:13:27J'avais envie de vivre ça,
- 1:13:28en fait,
- 1:13:29comme toutes les histoires qu'on me racontait.
- 1:13:32Et heureusement,
- 1:13:33aujourd'hui,
- 1:13:34il y a énormément d'artistes qui me font découvrir d'autres histoires et donc d'autres rêves.
- 1:13:39J'ai complètement changé de rêve.
- 1:13:41Donc oui,
- 1:13:41ça a touché mon ADN.
- 1:13:42Mais c'est quoi ton message pour ceux qui rêvent encore de ça ?
- 1:13:47Comment peut-être les convertir d'une façon ou d'une autre ?
- 1:13:50Merde,
- 1:13:50le monde du dark !
- 1:13:54Parce qu'ils sont encore nombreux et nombreuses à rêver de ça.
- 1:13:57Mais oui,
- 1:13:58et c'est normal déjà.
- 1:13:59Il ne faut pas se sentir coupable de remettre ça.
- 1:14:02Et c'est comme se sentir coupable de prendre l'avion et de faire des actions comme ça,
- 1:14:08qui sont néfastes pour l'urgence climatique.
- 1:14:09Tout ce qu'on fait en impact,
- 1:14:11c'est différent.
- 1:14:12Mais ce que je peux dire,
- 1:14:14c'est que je ne vais jamais dire à un individu ou à quelqu'un qui regarde ça,
- 1:14:19écoute,
- 1:14:19tu devrais vraiment arrêter de manger de la viande et prendre l'avion et renseigne-toi en lisant le rapport du GIEC.
- 1:14:25En vrai,
- 1:14:25ça devrait le faire.
- 1:14:27Mais c'est quelque chose de tellement beaucoup plus large que toi individuellement,
- 1:14:32que j'ai envie de dire,
- 1:14:33la première chose que tu peux faire,
- 1:14:34c'est de rejoindre des collectifs qui ont pensé à ça,
- 1:14:37qui pensent à ça,
- 1:14:38et qui sont toujours prêts d'accueillir des gens pour la réflexion.
- 1:14:42Et il n'y a pas de jugement à avoir sur soi,
- 1:14:44il n'y a pas de jugement à avoir sur les autres.
- 1:14:46Surtout,
- 1:14:46il faut arrêter de se juger,
- 1:14:47sinon on ne va vraiment jamais y arriver.
- 1:14:48Il ne faut pas se tirer dans les pattes.
- 1:14:50Chacun va prendre son temps d'évoluer individuellement,
- 1:14:53mais par contre,
- 1:14:53chacun a la responsabilité d'essayer quand même d'évoluer.
- 1:14:58Donc,
- 1:14:58ça veut dire qu'on a chacun une responsabilité quand même de s'éduquer sur la réalité du monde qui nous entoure.
- 1:15:05Parce que si on veut vivre en collectivité,
- 1:15:07il faut qu'on comprenne ce qui se passe à l'extérieur de chez nous.
- 1:15:10On ne peut pas rester chez nous.
- 1:15:11D'ailleurs,
- 1:15:12personne ne peut vivre seule aujourd'hui,
- 1:15:13c'est très rare,
- 1:15:14des gens qui vivent seuls,
- 1:15:15autonomes.
- 1:15:16Donc,
- 1:15:17vu qu'on dépend des autres,
- 1:15:19il faut qu'on s'éduque,
- 1:15:20il faut qu'on se renseigne sur ce qui se passe à l'extérieur,
- 1:15:23quel est l'impact quand je décide de prendre cette barquette-là ou cette barquette-là,
- 1:15:27c'est quoi la différence ?
- 1:15:29En fait,
- 1:15:29quand j'achète ce t-shirt ou un autre,
- 1:15:32est-ce qu'il y a une différence ?
- 1:15:33Et ça ne veut pas dire que du jour au lendemain,
- 1:15:35vous allez réussir à tout changer.
- 1:15:37Moi,
- 1:15:38ça me prend du temps de m'éduquer sur comment je dois agir.
- 1:15:42Mais surtout,
- 1:15:43on va se dire,
- 1:15:44se renseigner,
- 1:15:45c'est tellement plus important.
- 1:15:46Et rejoindre un collectif,
- 1:15:47c'est tellement plus important.
- 1:15:48Parce que c'est un projet qu'on est en train de mettre en place là,
- 1:15:53qui nous dépasse complètement individuellement.
- 1:15:56Ça dépasse ce que tu décides de faire,
- 1:15:59comment tu décides d'aller au travail.
- 1:16:00Ça dépasse comment tu décides de manger ce soir et dans quelle maison tu habites.
- 1:16:05C'est partout,
- 1:16:05tout le temps.
- 1:16:06C'est beaucoup plus gros que ça.
- 1:16:08C'est un projet beaucoup plus profond,
- 1:16:10mais un projet qu'on est en train de mettre en place qui va nécessiter qu'un jour,
- 1:16:14par contre,
- 1:16:15tu ne pourras plus ou tu auras pris le temps de te renseigner qu'en fait,
- 1:16:20cette barquette-là,
- 1:16:21tu ne vas plus la prendre.
- 1:16:23Ça devrait être illégal parce qu'elle a un impact non seulement sur le climat,
- 1:16:26mais sur peut-être certains fermiers,
- 1:16:29sur des communautés autochtones,
- 1:16:31mais auxquelles on n'entend jamais parler parce qu'on n'arrive jamais à...
- 1:16:36Ça ne dépasse jamais,
- 1:16:37soit même leurs médias locaux ou juste leur manière de communiquer de leur côté.
- 1:16:43Enfin bref,
- 1:16:44du coup,
- 1:16:47ce qui est important,
- 1:16:48c'est que je me dis,
- 1:16:50il faut oser par contre rêver plus et changer de rêve.
- 1:16:58Et se questionner de pourquoi on a ces rêves.
- 1:17:02Et surtout,
- 1:17:02le plus dur,
- 1:17:04c'est d'abord renoncer à ces rêves.
- 1:17:07Et ça ?
- 1:17:07Ce que tu as fait ?
- 1:17:09Ouais,
- 1:17:09parce qu'en réalité,
- 1:17:12c'est facile en tant que jeune fille privilégiée qui peut,
- 1:17:19je pourrais très bien ignorer la réalité du monde.
- 1:17:23Je peux vivre dans mon bunker,
- 1:17:25dans un...
- 1:17:27à New York,
- 1:17:28dans une grosse boîte pour travailler pour une grosse boîte,
- 1:17:30acheter la plus grosse voiture.
- 1:17:32Enfin,
- 1:17:32j'ai pas l'argent aujourd'hui,
- 1:17:33mais si je voulais,
- 1:17:34on me le ferait en gros tas.
- 1:17:37Mais ça serait ignorer le monde.
- 1:17:39Et plus que ça,
- 1:17:39ça serait contribuer à un désastre et c'est inacceptable.
- 1:17:43Ça devrait être illégal.
- 1:17:44Du coup,
- 1:17:45c'est normal qu'au début,
- 1:17:47il faut renoncer à ça.
- 1:17:48Et c'est dur par contre.
- 1:17:49Parce qu'on renonce à un rêve parfois sans savoir c'est quoi notre autre rêve.
- 1:17:54D'ailleurs aujourd'hui,
- 1:17:54je n'ai jamais été aussi
- 1:17:56perdue dans la vie,
- 1:17:57genre de savoir,
- 1:17:58OK,
- 1:17:58complètement,
- 1:18:00je rêve de faire quoi quotidiennement ?
- 1:18:02Ouais,
- 1:18:02je veux avoir de l'impact,
- 1:18:03ouais,
- 1:18:03je veux m'engager,
- 1:18:05mais quotidiennement,
- 1:18:06à quoi ça ressemble ?
- 1:18:07Mais justement,
- 1:18:08c'est quoi une journée d'ADHR ?
- 1:18:10Comment ça se passe ?
- 1:18:11Il n'y a pas une journée type.
- 1:18:13Il y a plein de journées très,
- 1:18:14très différentes parce qu'en fait,
- 1:18:20je décide de prendre l'action sur...
- 1:18:22tellement d'angles très différents.
- 1:18:24Il y a des moments où ça va être des moments de plus de renseignements,
- 1:18:26où je vais passer des journées avec des scientifiques,
- 1:18:30ou quelques heures par-ci,
- 1:18:31par-là,
- 1:18:31pour essayer de mieux comprendre quelque chose.
- 1:18:33Je vais passer des heures à lire des rapports.
- 1:18:36Il y a beaucoup de temps de documentation qui est essentiel pour constamment être au point de ce qui se passe dans la réalité du monde,
- 1:18:45qui est tellement grande.
- 1:18:46Il y a l'éducation qui dépasse sur les questions climatiques.
- 1:18:50Je l'adhérais énormément sur les autres luttes.
- 1:18:53Et ce n'est pas seulement à travers la lecture,
- 1:18:55c'est à travers les rencontres aussi.
- 1:18:56Donc la plupart du temps,
- 1:18:57je suis avec des gens.
- 1:18:59Ça,
- 1:18:59c'est des réunions avec d'autres mouvements,
- 1:19:01des réunions avec des experts,
- 1:19:02des réunions politiques ou alors des réunions à travers l'Europe,
- 1:19:08des réunions avec d'autres ONG aussi,
- 1:19:09parce qu'on veut savoir comment on peut coopérer ensemble.
- 1:19:13C'est beaucoup,
- 1:19:13beaucoup,
- 1:19:13beaucoup d'organisations.
- 1:19:16peu d'impact.
- 1:19:17Enfin,
- 1:19:18pas d'impact,
- 1:19:18l'impact est énorme,
- 1:19:19je pense,
- 1:19:19mais à l'extérieur,
- 1:19:21la visibilité qu'il y a est comme ça aujourd'hui.
- 1:19:25Mais on travaille plein d'ayées sur se dire,
- 1:19:26OK,
- 1:19:27si on veut lancer une campagne,
- 1:19:28qu'est-ce qui serait important,
- 1:19:29par exemple,
- 1:19:29aujourd'hui ?
- 1:19:30La plupart de mes journées ressemblent à réfléchir avec d'autres à c'est quoi comment on a un impact maintenant sur les institutions et tout le monde politique qui est en train de se créer,
- 1:19:39comment on s'assure que le climat reste à l'actualité,
- 1:19:43concrètement,
- 1:19:43c'est quoi les priorités.
- 1:19:45En sachant que ces prochaines années,
- 1:19:47on ne va parler que de défense et d'énergie.
- 1:19:49Est-ce qu'on sera en fait présent ?
- 1:19:50Comment est-ce qu'on est présent ?
- 1:19:52Donc il y a tout un moment de stratégie.
- 1:19:54Mais j'en ai l'impression d'avoir rencontré des gens aussi pour trouver des fonds pour pouvoir payer notre travail.
- 1:20:00Ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui,
- 1:20:01mais j'espère un jour ça sera un de mes rêves.
- 1:20:04Un rêve que j'ai développé à travers l'activisme.
- 1:20:05C'est quoi ton rapport à l'argent ?
- 1:20:07Mon rapport à l'argent ?
- 1:20:08Oui.
- 1:20:10Aujourd'hui ?
- 1:20:11Oui.
- 1:20:12Mon rapport à l'argent,
- 1:20:13c'est que je n'ai pas de job pour le moment.
- 1:20:17C'est de l'activisme.
- 1:20:18Et grâce à mon Lice Bell que j'ai créé,
- 1:20:20on peut se financer deux jours semaine avec une de mes collègues amies.
- 1:20:25Et mon rêve serait de pouvoir payer toute une équipe,
- 1:20:29qu'on puisse être hyper actifs.
- 1:20:31Le fait qu'on ait déjà eu tellement d'impact sans être payés,
- 1:20:35je me dis,
- 1:20:35mais le jour où on est payés,
- 1:20:38et ce n'est pas parce que j'ai besoin,
- 1:20:40c'est tous en dehors du profit,
- 1:20:42je trouve ça,
- 1:20:43pour rien au monde,
- 1:20:43je travaillerais un jour.
- 1:20:45pour quelque chose qui a comme but seulement de gagner du profit,
- 1:20:49vraiment ça je m'en fous,
- 1:20:49mais par contre avoir du sens et d'impact,
- 1:20:51si je peux payer mon loyer et ma nourriture grâce à ça,
- 1:20:55le rêve,
- 1:20:56le rêve.
- 1:20:57En attendant,
- 1:20:59j'ai la chance d'être une jeune fille privilégiée comme d'autres en Belgique,
- 1:21:04où à travers nos études,
- 1:21:06nos parents nous aident à payer notre cote et payer notre bouffe,
- 1:21:10parfois avec quand même un job d'étudiant,
- 1:21:12mais moi mon job d'étudiant,
- 1:21:13c'était l'activisme.
- 1:21:15Et donc,
- 1:21:15de temps en temps,
- 1:21:17j'avais un peu d'aide grâce à du crowdfunding pour pouvoir payer certains trains,
- 1:21:28etc.
- 1:21:30Ou alors,
- 1:21:32un peu de babysitting par là.
- 1:21:33Bref,
- 1:21:34ou alors de temps en temps,
- 1:21:35une conférence qui paye un peu.
- 1:21:38C'est de la débrouille,
- 1:21:38en fait.
- 1:21:39Ah ouais,
- 1:21:40je suis constamment en mode...
- 1:21:43Mais tant que je peux vivre,
- 1:21:46c'est plus important.
- 1:21:49Le média Game Changer,
- 1:21:50multiples thématiques.
- 1:21:53Est-ce qu'il y aurait un sacrifice ultime que tu serais prête à faire ?
- 1:21:57Quoi ?
- 1:21:58Si il y a un sacrifice ultime que je serais prête à faire ?
- 1:22:01Oui.
- 1:22:02Tu peux le choisir.
- 1:22:05Mais genre un sacrifice...
- 1:22:07Je donnerais quoi ?
- 1:22:08J'ai déjà tout donné.
- 1:22:11Non,
- 1:22:11je n'ai pas tout dit,
- 1:22:11mais il y a le sacrifice.
- 1:22:15Quelque chose.
- 1:22:16Je vais sortir la définition du sacrifice.
- 1:22:19Quelque chose dont tu te prives.
- 1:22:20On peut prendre cette définition.
- 1:22:22Que je devrais me priver.
- 1:22:23Que tu devrais,
- 1:22:24que tu n'as pas encore fait.
- 1:22:25Beaucoup de privilèges auxquels j'ai encore.
- 1:22:30À travers mon éducation sur la lutte qui est nécessaire,
- 1:22:34qui doit être beaucoup plus intersectionnelle,
- 1:22:36je réalise de plus en plus de privilèges que j'ai.
- 1:22:39De par ton milieu social,
- 1:22:40tu veux dire.
- 1:22:40De par mon milieu social,
- 1:22:42que j'ai eu grâce au milieu où je suis née.
- 1:22:46Et donc,
- 1:22:46tout ça,
- 1:22:46il faut pouvoir d'abord questionner,
- 1:22:49on se renseigne,
- 1:22:49puis se questionner,
- 1:22:50et puis il faut les lâcher pour vivre dans une société un peu plus égale.
- 1:22:56Et donc,
- 1:22:57ça,
- 1:22:57c'est un truc que je devrais lâcher.
- 1:22:58Mais pour être honnête,
- 1:22:59comme je suis encore en plein moment d'éducation,
- 1:23:03sur ces questions-là,
- 1:23:03je dois encore savoir concrètement.
- 1:23:07Comment on fait ?
- 1:23:09Et pourquoi ?
- 1:23:10Et comment ?
- 1:23:11Enfin bref,
- 1:23:11ça c'est un sacrifice que je dois faire,
- 1:23:13mais je ne sais pas si le mot sacrifice est le bon terme.
- 1:23:15Je n'aime pas trop ce mot en fait,
- 1:23:18parce qu'il y a aussi beaucoup de gens qui étaient en mode
- 1:23:20Vous avez sacrifié votre jeunesse à travers votre activisme ?
- 1:23:23J'étais en mode
- 1:23:23What ?
- 1:23:26Ma jeunesse a été enrichie quoi.
- 1:23:29Et donc je pense que ce qui peut être vu par l'extérieur peut-être comme des sacrifices,
- 1:23:33c'est pour moi un enrichissement énorme.
- 1:23:36Sacrifier de ne pas manger chez McDo avec mes potes et je les attends devant parce que je refuse de rentrer dans le McDo,
- 1:23:44c'est pas un sacré,
- 1:23:44je suis hyper fière.
- 1:23:46Je les regarde manger leurs trucs,
- 1:23:47je suis en mode...
- 1:23:48On le fout,
- 1:23:49genre,
- 1:23:49mangez vos trucs,
- 1:23:50je vais ailleurs.
- 1:23:51Et ça s'est beaucoup passé ces derniers temps avec mes potes parce que j'ai pas que des potes activistes.
- 1:23:56Et voilà.
- 1:23:57Et c'est ma manière d'être cohérente avec moi et je me sens hyper bien et...
- 1:24:01Enfin,
- 1:24:02c'est pour donner un exemple comme ça,
- 1:24:04mais des sacrifices de...
- 1:24:06De,
- 1:24:07non,
- 1:24:07je ne vais pas...
- 1:24:07Enfin,
- 1:24:08cet été,
- 1:24:09j'aurais beaucoup aimé aller voir une de mes meilleures amies qui a eu son diplôme à UCLA aux États-Unis.
- 1:24:18Mais non,
- 1:24:18je ne vais pas la voir.
- 1:24:19Enfin,
- 1:24:19je ne vais pas prendre l'avion pour lui taper la gueule.
- 1:24:22Elle a déjà été en bateau une fois.
- 1:24:23Elle a été en bateau une fois,
- 1:24:24oui.
- 1:24:24Peut-être que j'irai une deuxième fois,
- 1:24:26j'espère.
- 1:24:27Teaser.
- 1:24:29Peut-être.
- 1:24:30Épisode 2.
- 1:24:30Épisode 2,
- 1:24:31oui.
- 1:24:31J'aimerais beaucoup en ce cas.
- 1:24:33Par rapport à tes amis,
- 1:24:35tu viens de dire que tu n'avais pas que des amis activistes ou sensibles à la cause.
- 1:24:39Comment ça se passe ?
- 1:24:43C'est tendu parfois ?
- 1:24:46Non,
- 1:24:46j'ai beaucoup d'amis.
- 1:24:47On se respecte énormément,
- 1:24:48donc ce n'est pas tendu.
- 1:24:49Et puis parfois,
- 1:24:49souvent,
- 1:24:50c'est un sujet qui ne vient pas.
- 1:24:52et que je décide de ne pas mettre parce que j'ai beaucoup d'amis d'avant le moment où j'ai eu tout le rendement dans ma vie.
- 1:25:00Et en fait,
- 1:25:01elles sont tellement importantes pour moi,
- 1:25:03ces amitiés,
- 1:25:03que pour rien au monde,
- 1:25:04je veux les détruire ou les impacter.
- 1:25:07Mais néanmoins,
- 1:25:08je sais très bien qu'avec ma vie du quotidien,
- 1:25:11indirectement,
- 1:25:12il y a un impact sur mes amis.
- 1:25:15Moi,
- 1:25:16je fais ce qui a du sens pour moi et peut-être que ça aura du sens.
- 1:25:21vous aussi un jour,
- 1:25:22de vous laisser sur ça.
- 1:25:23Et puis,
- 1:25:24j'ai plein d'amis qui,
- 1:25:24du coup,
- 1:25:24me posent plein de questions.
- 1:25:25Et puis,
- 1:25:27j'ai quand même des amis qui me confondent un peu avec des trucs.
- 1:25:29Mais ces amitiés sont hyper importantes.
- 1:25:31C'est aussi parce que j'apprends aussi beaucoup de mes amis.
- 1:25:34Je veux dire,
- 1:25:35j'ai de loin la vérité absolue et de loin,
- 1:25:38parfois,
- 1:25:38en restant trop dans mes documents,
- 1:25:41en restant trop dans le monde politique,
- 1:25:43je vous gagne la réalité du terrain,
- 1:25:45entre guillemets,
- 1:25:46si on peut le dire comme ça.
- 1:25:47Mais du coup,
- 1:25:47ces amitiés,
- 1:25:49elles sont...
- 1:25:50aussi hyper importante pour moi,
- 1:25:51mais aussi parce que pour rien au monde,
- 1:25:52je lâcherai ses amis,
- 1:25:53que j'aime énormément.
- 1:25:58On se rappelle,
- 1:25:59tu as eu un documentaire qui t'a été consacré à 52 minutes nommé La Meuf du Climat.
- 1:26:04Et dedans,
- 1:26:05à un moment,
- 1:26:05tu apprends une décision,
- 1:26:07je ne sais plus exactement au contexte,
- 1:26:09mais comme quoi une partie,
- 1:26:11je crois,
- 1:26:11de l'Alaska va être sacrifiée.
- 1:26:15On peut dire sacrifiée.
- 1:26:16Justement,
- 1:26:17par mon sacrifice,
- 1:26:18ça revient.
- 1:26:19Un sacrifice que je ne ferai pas,
- 1:26:20moi.
- 1:26:21Et vient d'être légué à des compagnies pétrolières ou quelque chose,
- 1:26:26dans cette vannage,
- 1:26:27je n'ai plus d'informations exactes,
- 1:26:28et tu en es émue aux larmes.
- 1:26:31Oui.
- 1:26:32Tu souffres d'éco-anxiété ?
- 1:26:35Alors,
- 1:26:36à ce moment-là,
- 1:26:36c'était les 5 derniers pourcents d'Alaska qui étaient donnés à la campagne pétrolière,
- 1:26:42alors qu'ils avaient déjà eu les 95 autres pourcents.
- 1:26:45Et pour moi,
- 1:26:45c'était en fait un moment où je me dis mais en fait...
- 1:26:49Tu craques.
- 1:26:49En fait,
- 1:26:51on n'y arrivera jamais.
- 1:26:55Si 95% on a déjà tout donné aux compagnies pétrolières et qu'on leur donne les 5 derniers pauvres pourcents là qui nous ont permis de garder peut-être quelques espèces sur Terre.
- 1:27:06Ouais,
- 1:27:07j'ai craqué et je craque beaucoup.
- 1:27:10Et je ne pense pas que je souffre d'éco-anxiété parce que l'éco-anxiété est...
- 1:27:17je pense qu'on pourrait dire maladie,
- 1:27:19mais une souffrance qu'on a intérieurement,
- 1:27:22surtout quand on vit des moments durs comme ceux-là,
- 1:27:26la réalité scientifique,
- 1:27:29et qu'il y a un écart énorme qui est créé avec la réalité du monde politique où en fait il n'y a pas de réaction.
- 1:27:36Et donc l'écart entre la science,
- 1:27:37l'urgence et l'action est tellement énorme qu'on tombe dans une éco-anxiété.
- 1:27:42Et grâce au moment où,
- 1:27:44quand je me suis...
- 1:27:46J'ai commencé à me renseigner sur les questions climatiques,
- 1:27:47j'ai directement commencé à m'engager et aujourd'hui,
- 1:27:50comme je vous ai dit,
- 1:27:50pour rien au monde,
- 1:27:52j'arrête l'engagement,
- 1:27:52mais aussi parce que le jour où j'arrête,
- 1:27:54je tombe dans l'éco-anxiété.
- 1:27:56Parce que le jour où on continue à se renseigner mais qu'on n'est pas dans une action,
- 1:28:00c'est hyper logique,
- 1:28:01parce que c'est hyper anxiogène,
- 1:28:04c'est triste aussi cette réalité.
- 1:28:07Elle est horrible.
- 1:28:09Et donc si on reste dans cette réalité-là,
- 1:28:11ben ouais,
- 1:28:13je pleure.
- 1:28:14Et comme beaucoup de gens,
- 1:28:15je pense que c'est humain.
- 1:28:16C'est très bizarre de ne pas pleurer,
- 1:28:17je pense.
- 1:28:18C'est très bizarre de ne pas pleurer quand on réalise qu'on est dans la sixième extinction de Naas,
- 1:28:21qu'on est en train de voir des gens littéralement là au moment où on parle,
- 1:28:26où les gens voient cette vidéo,
- 1:28:27qui sont en train de souffrir ou de mourir.
- 1:28:32Qu'en attendant,
- 1:28:34on rentre,
- 1:28:35je ne sais pas,
- 1:28:36dans des moments où je suis dans des réunions politiques où on rigole presque.
- 1:28:42Tout pour peut-être un peu créer de la distance entre cette réalité de l'urgence et la nôtre,
- 1:28:50parce que l'écouter sérieusement,
- 1:28:51ça nous ferait peur,
- 1:28:53et ça nous ferait peut-être sentir mal,
- 1:28:55bizarre.
- 1:28:58Et donc pour moi,
- 1:28:59dans l'étape de l'engagement,
- 1:29:02il y a d'abord l'étape de la tristesse,
- 1:29:04ou en tout cas du ressenti.
- 1:29:06Pas besoin d'être triste,
- 1:29:06mais il y a besoin que ça nous touche.
- 1:29:10Parce que si ça ne touche pas,
- 1:29:11on n'est pas humain,
- 1:29:12on est robot,
- 1:29:13évidemment que ça va nous toucher.
- 1:29:14Donc il y a des moments de tristesse,
- 1:29:15comme il y avait dans le documentaire,
- 1:29:16où je pleure,
- 1:29:18et ils sont très présents,
- 1:29:20et c'est normal.
- 1:29:23Mais pour en sortir,
- 1:29:25une fois que je sens que ça m'a touché les tripes et que ça m'a vraiment un peu détruit pendant au moins,
- 1:29:29on va dire,
- 1:29:29une soirée ou max deux jours,
- 1:29:32il faut que je fasse un truc.
- 1:29:33Et je suis en mode,
- 1:29:34OK,
- 1:29:35c'est la merde,
- 1:29:36mais c'est pas grave.
- 1:29:37Genre,
- 1:29:37qu'est-ce que je peux faire ?
- 1:29:38Je suis pas seule.
- 1:29:39En vrai,
- 1:29:39c'est la merde pour tout le monde.
- 1:29:40Genre,
- 1:29:40la question de l'urgence climatique,
- 1:29:42c'est autant la merde pour vous que pour moi,
- 1:29:44finalement.
- 1:29:44Donc,
- 1:29:45moi,
- 1:29:45en tout cas,
- 1:29:46j'ai envie d'en faire quelque chose parce que sinon,
- 1:29:47je vais rester au fond de mon lit en train de pleurer.
- 1:29:49Donc,
- 1:29:49je me lève et je suis en mode,
- 1:29:50OK,
- 1:29:51ça a touché qui d'autre,
- 1:29:52les gars ?
- 1:29:52Cette news.
- 1:29:53Genre,
- 1:29:54il n'y a que moi qui ressent ça.
- 1:29:57Souvent,
- 1:29:57il n'y a pas que moi.
- 1:29:58On est beaucoup déjà.
- 1:29:59Il y en a déjà qui ont même déjà souvent travaillé sur des trucs comme ça.
- 1:30:02Donc,
- 1:30:02je les rejoins.
- 1:30:03Je suis en mode,
- 1:30:03OK,
- 1:30:03comment je peux aider ?
- 1:30:04Je vous donne tout.
- 1:30:05Je fais tout.
- 1:30:06Genre,
- 1:30:06je suis prête à organiser les gens,
- 1:30:09mobiliser les gens.
- 1:30:10Je suis prête à créer des campagnes.
- 1:30:12Je suis prête à faire des vidéos.
- 1:30:13Je suis prête à tout ce qu'il faut faire.
- 1:30:14Je suis là.
- 1:30:15Et donc,
- 1:30:16je donne tout mon temps.
- 1:30:17Et franchement,
- 1:30:18là,
- 1:30:19aller se rendormir,
- 1:30:20c'est en mode OK.
- 1:30:21c'est trop chiant de lui donner par exemple les 50% de la mascarpone mais ils vont pas le faire sans bruit ils vont pas le faire sans pression et ça c'est le maximum déjà qu'on peut faire j'adore parce qu'il y a un point de bascule dans ton discours où on a senti l'énergie mais remonté d'un coup le rythme cardiaque s'est accéléré c'était génial racontez
- 1:30:43autant en vidéo qu'en podcast allez voir la vidéo vous verrez c'est deux personnes différentes
- 1:30:50C'est génial.
- 1:30:50C'est vraiment ce qui se passe dans mon quotidien.
- 1:30:53Un coup comme ça d'adrénaline ou je ne sais pas quoi qui revient.
- 1:30:57Est-ce que malgré tout ça,
- 1:30:59tu restes optimiste ?
- 1:31:00Parce que c'est quand même lourd.
- 1:31:02C'est quand même quoi,
- 1:31:03pardon ?
- 1:31:03Lourd,
- 1:31:04dur.
- 1:31:04Oui,
- 1:31:04lourd,
- 1:31:05dur.
- 1:31:05Oui,
- 1:31:06oui,
- 1:31:06oui.
- 1:31:06Mais ce qui est lourd et dur,
- 1:31:11c'est les faits,
- 1:31:12c'est la science,
- 1:31:14c'est tous ces racontes.
- 1:31:16Donc,
- 1:31:16le port qui s'accumule,
- 1:31:17c'est les inégalités sociales qui sont derrière.
- 1:31:19Tout ça,
- 1:31:19c'est très,
- 1:31:20très dur.
- 1:31:22La deuxième partie qui est très,
- 1:31:23très dure et lourde,
- 1:31:24c'est l'inaction ou l'action qui n'est pas suffisante.
- 1:31:29C'est aussi très pesant.
- 1:31:31Et donc,
- 1:31:32quand on est dans ce carré-là d'information,
- 1:31:35c'est pas possible d'être optimiste.
- 1:31:37Il n'y a pas d'optimisme là-dedans.
- 1:31:41Ça me fait rire,
- 1:31:41je me dis,
- 1:31:41OK,
- 1:31:42c'est une opportunité.
- 1:31:43Non,
- 1:31:43c'est triste,
- 1:31:44OK ?
- 1:31:44Genre,
- 1:31:45c'est vraiment...
- 1:31:45Non,
- 1:31:46c'est pas drôle.
- 1:31:46Et là,
- 1:31:47on ne peut pas être optimiste.
- 1:31:49Mais ce qui me donne de l'optimisme,
- 1:31:53et ce qui me fait sourire,
- 1:31:55c'est de voir la réaction de certaines communautés,
- 1:31:58de certaines personnes,
- 1:31:59de certains groupes.
- 1:32:00Et ça,
- 1:32:00on peut en retrouver partout,
- 1:32:01dans le monde privé,
- 1:32:02dans le monde politique,
- 1:32:03dans les citoyens,
- 1:32:04les initiatives citoyennes,
- 1:32:07chez des profs,
- 1:32:08chez des ingénieurs,
- 1:32:09même certains économistes,
- 1:32:11des écrivains,
- 1:32:11des artistes,
- 1:32:12tous ceux qui nous font rêver,
- 1:32:15parce que quotidiennement,
- 1:32:16ils nous montrent,
- 1:32:17ou à travers leurs initiatives,
- 1:32:19qu'en fait,
- 1:32:21ouais,
- 1:32:21c'est la merde,
- 1:32:21mais regarde ce qu'on va en faire.
- 1:32:23Et ça,
- 1:32:24c'est magique.
- 1:32:24Parce que...
- 1:32:25Je ne sais pas,
- 1:32:26je suis trop fière de ceux qui réalisent la ceinture énergétique autour de Namur,
- 1:32:30parce que c'est l'énergie de demain.
- 1:32:32Ceux qui ont réalisé la ceinture alimentaire à Liège,
- 1:32:36c'est incroyable,
- 1:32:37parce que ça,
- 1:32:37c'est l'agriculture de demain.
- 1:32:39Et toutes ces initiatives à travers la Belgique qui s'accumulent,
- 1:32:42qui ont d'ailleurs besoin d'un peu plus de soutien financier pour ceux qui veulent aider,
- 1:32:46mais tout ça qui s'accumule,
- 1:32:48ça par contre,
- 1:32:48c'est optimiste.
- 1:32:49Parce qu'ils nous montrent,
- 1:32:50regardez,
- 1:32:50c'est possible.
- 1:32:52En notre narratif,
- 1:32:53notre vision du monde est possible.
- 1:32:56justement ce fameux rêve dont je parlais.
- 1:32:58Le rêve qu'on a parce qu'on a les pubs Ryanair,
- 1:33:02les pubs de Coca dans les yeux,
- 1:33:03les pubs de Google,
- 1:33:05parce qu'on a les gros films américains qui nous disent qu'en fait quand t'es milliardaire c'est trop bien.
- 1:33:09Ben non,
- 1:33:10parce qu'eux ils te montrent qu'il y a un rêve qui peut se faire sentir complet,
- 1:33:15heureux,
- 1:33:16sain et pourtant c'est pas du tout volé en jet privé.
- 1:33:22Et donc,
- 1:33:24merci à eux.
- 1:33:25Et eux,
- 1:33:25ils me rendent optimiste.
- 1:33:28Et donc,
- 1:33:28oui,
- 1:33:28évidemment que je suis optimiste quand je regarde.
- 1:33:30Mais évidemment aussi que je suis très pessimiste sur la réalité des choses.
- 1:33:34Et je pense qu'être les deux,
- 1:33:36c'est être réaliste.
- 1:33:38Où seras-tu demain ?
- 1:33:42Où voudrais-tu être demain ?
- 1:33:46C'est très difficile pour moi de me projeter à cause de ce côté quand même pessimiste.
- 1:33:54Parce que je ne sais pas quel sera le nombre d'initiatives citoyennes qui pourront me faire vibrer encore.
- 1:34:03Et je l'espère qu'elles ne vont que s'accumuler,
- 1:34:05s'agrandir et que demain je pourrai contribuer.
- 1:34:09Ces personnes qui devront être là pour aider à coordonner un peu tout ça,
- 1:34:12à se dire Ok,
- 1:34:13il y a toutes ces initiatives sur l'énergie,
- 1:34:15toutes ces initiatives sur l'agriculture,
- 1:34:17et puis il y en aura d'autres sur l'aspect éducatif et beaucoup d'autres.
- 1:34:21Et donc,
- 1:34:21comment est-ce qu'on s'assure que tout le monde est bien là et que,
- 1:34:25tu vois,
- 1:34:25ça,
- 1:34:25c'est un peu cette stratégie de comment on peut évoluer,
- 1:34:28tout ça.
- 1:34:28Et aussi...
- 1:34:30Pardon ?
- 1:34:31De coordination.
- 1:34:31De coordination.
- 1:34:32Ça,
- 1:34:32ça me passionne et je trouve ça trop,
- 1:34:34trop,
- 1:34:34trop cool.
- 1:34:35Donc,
- 1:34:35j'espère que demain,
- 1:34:37je pourrai aider avec ça.
- 1:34:38Mais avant d'arriver à cette étape-là,
- 1:34:41demain,
- 1:34:42je vais devoir continuer,
- 1:34:44comme maintenant,
- 1:34:44à me joindre à ceux qui ont le courage.
- 1:34:48C'est pas toujours facile de dire des choses tout haut qui parfois ça dérange un petit peu et d'être un peu le parti poubloir quoi.
- 1:34:55Et d'arriver dans des grandes salles remplies de politiciens ou de personnes importantes qui disent ok donc notre plan maintenant ça va être ça,
- 1:35:06ça,
- 1:35:06ça et puis en fait on va dire ça et puis on réalise qu'on va avoir autant d'impact.
- 1:35:10De dire bah écoutez les gars en vrai c'est tellement plus profond.
- 1:35:15que si là,
- 1:35:15vous restez dans le silo climat,
- 1:35:17on ne va pas y arriver,
- 1:35:18si on n'arrive pas à clure telle et telle chose.
- 1:35:20Si on n'est pas prêt à re-questionner notre vision économique,
- 1:35:23parce qu'aujourd'hui,
- 1:35:24on a comme seul intérêt la croissance économique,
- 1:35:28le PIB,
- 1:35:29la croissance du PIB,
- 1:35:30merci,
- 1:35:32en fait,
- 1:35:33c'est aujourd'hui,
- 1:35:33des économistes prouvent que cette seule fixette qu'on ne s'est pas lâchée,
- 1:35:38qu'on ne s'est pas lâchée,
- 1:35:43a pour impact.
- 1:35:43a un impact colossal dans les pays occidentaux,
- 1:35:46mais quand même,
- 1:35:47a un impact colossal sur notre environnement et on doit pouvoir changer d'objectif pour pouvoir être aligné à l'accord de Paris,
- 1:35:57respecter les limites planétaires,
- 1:35:59mais les limites sociales aussi.
- 1:36:00On les oublie trop souvent,
- 1:36:01et moi d'ailleurs,
- 1:36:01je suis désolée,
- 1:36:02je les mets toujours à la fin,
- 1:36:03mais clairement,
- 1:36:04c'est au centre aussi de la tension.
- 1:36:06Donc bref,
- 1:36:07ce courage-là de demain,
- 1:36:10continuer à oser la confrontation,
- 1:36:11et c'est quelque chose qui me fait très très très très peur.
- 1:36:13la confrontation,
- 1:36:14c'est jamais un sentiment agréable mais il faut le faire et je pense qu'on va avoir demain on aura besoin d'encore beaucoup de moments de confrontation si on veut un jour arriver à ce rôle plus fun,
- 1:36:26on coordonne toutes les initiatives incroyables il me reste à te poser la dernière question que je pose à tout le monde dans Raconte qui voudrais-tu voir,
- 1:36:37entendre lire dans Raconte ?
- 1:36:40à ta place
- 1:36:42Tellement de personnes !
- 1:36:44Tu peux en citer plusieurs si tu veux.
- 1:36:50Féris Bakar,
- 1:36:51qui est le co-créateur de
- 1:36:56Banlieue Climat en France,
- 1:36:58qui a vraiment donné un nouveau souffle aux mouvements climat qui sont très nécessaires.
- 1:37:04Dans Raconte,
- 1:37:06je pense qu'il faudrait...
- 1:37:08Hmm...
- 1:37:09Sandrine Dixon de Clèves,
- 1:37:10qui est la co-présidente du club de Rome,
- 1:37:12un peu ma maman du climat.
- 1:37:17Elle m'a beaucoup inspirée dans tout.
- 1:37:21Et aujourd'hui,
- 1:37:22quand on me dit un peu à quoi je ressemble demain,
- 1:37:26j'espère que j'aurai encore son énergie pour me battre et être très forte.
- 1:37:31Esmeralda de Belgique,
- 1:37:32qui reconnaît ses privilèges et qui,
- 1:37:36depuis toujours,
- 1:37:38est présente dans le combat du climat,
- 1:37:40mais la reconnaissance aussi des peuples indigènes et leur présence publique dans des éléments importants.
- 1:37:47Et c'est un peu grâce à elle aussi que j'ai été très proche de ces communautés-là et qu'aujourd'hui,
- 1:37:51je trouve que la question des droits humains est tout aussi importante que la question du climat aussi.
- 1:37:55Donc,
- 1:37:56c'est sûr.
- 1:37:57Après,
- 1:37:57je pense que mon pote
- 1:37:59Youssef Swatz aussi,
- 1:38:00qui fait du rap,
- 1:38:03ça n'a rien à voir,
- 1:38:03on change de registre.
- 1:38:04Non,
- 1:38:04mais c'est bien justement.
- 1:38:06Ok.
- 1:38:06Lui,
- 1:38:08je le connais depuis 3-4 ans et directement,
- 1:38:13on a cru mutuellement à nos projets.
- 1:38:15Moi,
- 1:38:16dans son rap,
- 1:38:16et pourtant,
- 1:38:17je ne suis pas très fan de rap,
- 1:38:18mais son rap,
- 1:38:18j'ai toujours kiffé.
- 1:38:19Et lui,
- 1:38:19il m'a toujours aidée un peu dans ma communication,
- 1:38:25autour de mon activisme et tout ça.
- 1:38:27Et donc,
- 1:38:28je le remercie parce qu'en vrai,
- 1:38:30c'est un très,
- 1:38:30très bon pote.
- 1:38:31C'est une personne très inspirante et ses textes sont très beaux.
- 1:38:34Et tous les artistes qui nous entourent sont ceux qui nous permettent de rêver et d'avancer.
- 1:38:38Donc,
- 1:38:38il faut vraiment les mettre en avant,
- 1:38:40il faut vraiment les mettre en valeur.
- 1:38:42Il y en a beaucoup.
- 1:38:42Il faut absolument interviewer Camille Etienne,
- 1:38:45qui est une activiste incroyable en France,
- 1:38:49qui fait aussi avancer beaucoup de choses.
- 1:38:50Mais il faudrait aussi interviewer
- 1:38:53Solal, son caméraman,
- 1:38:55mais qui est une personne différée et indépendante de Camille Etienne aussi.
- 1:39:03est en fait un réalisateur incroyable qui pense à ses imaginaires qui sont nécessaires d'avoir dans nos salles de cinéma.
- 1:39:10Donc pour ça il y a aussi Cyril Dion,
- 1:39:12enfin je vais arrêter de la liste,
- 1:39:13mais Cyril Dion ça serait aussi un problème d'inclure.
- 1:39:16Bref,
- 1:39:16il y a plein de personnes,
- 1:39:17n'hésitez pas à les interviewer.
- 1:39:19Je crois qu'on n'a jamais eu autant de personnes,
- 1:39:21il y a des fois les gens doivent chercher longtemps,
- 1:39:23voir on fait une pause et ils trouvent quelqu'un,
- 1:39:25et toi t'es parti en mode automatique,
- 1:39:27mais c'est génial !
- 1:39:28Il y en a encore plein d'autres,
- 1:39:29mais c'est ça pour le prochain épisode.
- 1:39:31Épisode 2,
- 1:39:32Adélie Charrier.
- 1:39:33Eh bien,
- 1:39:33merci beaucoup Adélie Charrier d'avoir participé à cet épisode.
- 1:40:06Cela contribue réellement à la visibilité de raconte.
- 1:40:10Une suggestion d'invité ?
- 1:40:11Écrivez-nous.