Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / Les 42, quand le marathon se met au service de la jeunesse par Malek Boukerchi
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- 0:05Enquête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer et d'être en lien.
- 0:14Quoi de mieux que les propres mots de Malek pour introduire ce podcast ?
- 0:19Je le cite.
- 0:22On ne peut s'empêcher de songer à ces cieux lointains et proches,
- 0:26où la désolation de la tristesse des fracas des bombes dicte leur propre loi.
- 0:32Alors,
- 0:33comment peut-on encore célébrer ce demandeton quand le monde autour semble s'enfoncer dans le chaos ?
- 0:42La réponse se murmure alors comme une promesse.
- 0:47C'est précisément parce que la nuit est sombre qu'il nous faut devenir des veilleurs de lumière.
- 0:54Ici,
- 0:55plus qu'ailleurs,
- 0:56nous avons le devoir de cultiver cet élan vital.
- 1:00de magnifier l'ardeur de nos âmes et de porter avec une fierté douce le flambeau d'une espérance lucide et solidaire.
- 1:11Excellente écoute.
- 1:18Bonjour Malek,
- 1:19bienvenue tellement,
- 1:20merci d'être là avec moi.
- 1:23Pour démarrer,
- 1:24j'ai envie de te présenter et je me suis dit que j'allais faire une fiche métier.
- 1:29Du coup,
- 1:30j'ai regardé un peu sur ton site et je me suis dit,
- 1:32si je dois faire une fiche métier,
- 1:34parce qu'il faut le dire,
- 1:36tu n'existes pas.
- 1:37Au fait,
- 1:37il a fallu inventer une fiche métier que pour toi.
- 1:41Donc,
- 1:42du coup,
- 1:43j'ai sélectionné quelques mots.
- 1:44Il y a l'ultra-marathonien de l'extrême,
- 1:46mais ça,
- 1:47oui.
- 1:48Mais j'ai bien envie d'en parler quand même.
- 1:51Philoconteur,
- 1:52anthropologue du lien,
- 1:55ludologue,
- 1:56conférencier,
- 1:58mentor.
- 1:59Passeur,
- 2:00éclaireur,
- 2:02semeur de graines et d'espérance,
- 2:05guetteur de rêves.
- 2:07Magnifique.
- 2:08Ça,
- 2:08c'est une fiche métier.
- 2:09C'est bien sûr que c'est une ficheuse.
- 2:12Attends.
- 2:13Et puis après,
- 2:14j'ai sélectionné des superlatifs,
- 2:17des qualificatifs,
- 2:17on va dire.
- 2:19Alors,
- 2:19joyeux,
- 2:20parce que je t'ai écouté beaucoup.
- 2:21D'accord.
- 2:22Joyeux,
- 2:23enthousiaste,
- 2:24inspirant,
- 2:26sensible,
- 2:27bouleversant.
- 2:29humaniste,
- 2:30alchimiste,
- 2:31je dirais.
- 2:32Mais il y a un mot qui revient beaucoup.
- 2:35Pour moi,
- 2:35c'est travailleur ou grand travailleur acharné.
- 2:39Grand travailleur acharné.
- 2:41Ça,
- 2:41c'est comme ça que je te perçois.
- 2:43Bravo,
- 2:43il y a beaucoup de vrai,
- 2:45chère Imane.
- 2:46Et bonjour,
- 2:47Imane,
- 2:47je n'ai pas eu l'occasion de te saluer.
- 2:49Bonjour,
- 2:49Manon.
- 2:50Merci de l'invitation,
- 2:51je suis extrêmement honorée.
- 2:52Le bonheur est pour moi.
- 2:53Alors,
- 2:54j'ai envie de commencer par une histoire.
- 2:56Parce que tu es le maître des récits et des histoires.
- 2:59Alors,
- 2:59je commence par la mienne.
- 3:00Je n'irai pas jusque-là.
- 3:02Tout le monde se racontait des histoires.
- 3:03On est tous des raconteurs-contreurs.
- 3:05C'est vrai,
- 3:05mais tu le fais tellement bien quand même.
- 3:08Alors,
- 3:08la mienne,
- 3:08c'est que la première fois où j'ai écouté une de tes interventions,
- 3:13Malek,
- 3:14c'était en 2022.
- 3:152022,
- 3:16d'accord.
- 3:17Et alors,
- 3:17j'étais en train de courir.
- 3:19J'étais en train de faire mon petit jogging du dimanche matin.
- 3:22Et comme d'habitude,
- 3:23j'ai mon podcast dans les oreilles.
- 3:25Elle ajoute.
- 3:25tombe sur le tien.
- 3:27Alors mes pieds n'ont presque pas touché le sol.
- 3:30Tu parlais et tu racontais la traversée du désert mauritanien.
- 3:35Et j'ai eu l'impression de l'avoir traversée avec toi.
- 3:39Tes mots étaient puissants,
- 3:41tes silences l'étaient davantage,
- 3:44tes exploits étaient incontestablement impressionnants,
- 3:48exceptionnels.
- 3:49Mais j'ai découvert ce jour-là le pouvoir du mot et du récit.
- 3:54Et puis ta quête,
- 3:56cette puissance que tu vas puiser dans le dépassement de soi,
- 4:00pour la mettre au service du lien social,
- 4:04du partage et au service de la jeunesse.
- 4:06J'espère qu'on va en parler beaucoup de la jeunesse.
- 4:09Avec plaisir.
- 4:10Et à la fin du podcast,
- 4:11je me suis retrouvée chez moi en autonomie totale.
- 4:14C'est un petit peu ce que tu dis souvent.
- 4:16C'est-à-dire que les repères étaient un peu brouillés,
- 4:19mais je suis arrivée jusqu'à chez moi un peu depuis ce moment suspendu.
- 4:24Et si on m'avait dit ce jour-là que quelques temps plus tard,
- 4:28je t'en parlerais en direct,
- 4:30j'aurais bien rigolé,
- 4:31mais je trouve que la vie est pleine de malice.
- 4:33Ça,
- 4:34tu le dis souvent aux jeunes.
- 4:35Alors,
- 4:37je commence par te dire un énorme merci pour cette sublime occasion,
- 4:40Malek,
- 4:42que je vais essayer de transmettre à mes auditeurs,
- 4:45les plus jeunes et les moins jeunes,
- 4:48parce qu'on en a tous besoin.
- 4:51Et peut-être que tu me diras qu'on n'a pas...
- 4:54vraiment besoin de parler de tes exploits mais moi je pense que si parce que c'est une colonne vertébrale qui te constitue quand même à partir de laquelle tu puises beaucoup beaucoup de ressources que tu vas mettre
- 5:08comme un anthropologue,
- 5:10au service du lien,
- 5:11de la relation,
- 5:12tu vas mettre au service des jeunes,
- 5:14et qui vont des fois se transformer en grande,
- 5:17grande sagesse,
- 5:18et qui vont alimenter des contes et des récits que tu vas mettre à notre service pour qu'on puisse palper et saisir ce qui est difficile à saisir quand on n'a pas fait les traversées ou les exploits que toi,
- 5:32tu as réalisés.
- 5:34Est-ce que tu peux dire à nos auditeurs un petit peu l'historique
- 5:38de ce que tu as fait.
- 5:40Je sais qu'il y a plein de projets encore à venir.
- 5:46Il y a eu le désert.
- 5:48Tu veux en parler ?
- 5:50Je suis extrêmement gêné d'évoquer l'historique des traversées parce que,
- 5:57encore une fois,
- 5:58tu l'as bien dit,
- 5:59Imane,
- 6:00la course à pied ou en tout cas l'ultra-marathon des extrêmes,
- 6:02c'est qu'un prétexte.
- 6:04pour pouvoir partir à la découverte de soi,
- 6:06certes,
- 6:07mais surtout à la découverte des autres et du monde.
- 6:10Traverser les immensités des paysages,
- 6:16c'est forcément répondre à trois questions.
- 6:17C'est ce qui m'anime toujours.
- 6:18C'est qui les gens ?
- 6:19C'est quoi le monde et comment ça marche ?
- 6:22Et je n'oublie pas que les plus beaux paysages,
- 6:23ça reste les visages.
- 6:24Donc,
- 6:24ce n'est qu'un prétexte que d'aller se confronter et d'affronter un réel improbable,
- 6:30insondable,
- 6:31ineffable.
- 6:34Mais ce qui est peut-être le plus important,
- 6:37c'est de démontrer que tout un chacun est capable de faire des grandes choses avec des petites choses,
- 6:40parce que rien ne me prédisposait à être un ultra-marathonin d'extrême.
- 6:47Parce que mon ADN premier,
- 6:49c'est le ballon rond,
- 6:49c'est le foot.
- 6:50J'ai grandi avec ça.
- 6:52Ça m'a structuré,
- 6:54forcément.
- 6:57Mais comme quoi,
- 6:58la vie,
- 6:58elle est faite de rencontres,
- 6:59et c'est les rencontres qui te permettent après de grandir autrement et d'aller sur des territoires de jeu totalement inconnus.
- 7:05Et ça fait 25 ans maintenant que je pratique l'ultra-marathon des extrêmes,
- 7:09c'est-à-dire on est à peu près
- 7:10700 dans le monde,
- 7:11on représente moins de 0,1%
- 7:13de la population mondiale,
- 7:15donc on est très peu nombreux sur 8 milliards d'habitants.
- 7:17Alors qu'il y a à peu près 220 millions de marathoniens,
- 7:19et ça fait plaisir parce que les jeunes que j'ai embarqués sur ma nouvelle aventure,
- 7:22leur faire faire des marathons pour des jeunes qui ne courent pas et qui n'ont pas d'appétence et qui sont sortis du système scolaire,
- 7:27donc cabossés par le système scolaire ou le système familial,
- 7:30et on leur propose un système solaire pour vivre autrement.
- 7:33Vous ne pouvez pas savoir ces jeunes quand ils terminent un marathon,
- 7:35comme là à New York dernièrement,
- 7:37quand ils ont lu la une du New York Times,
- 7:39où la première phrase,
- 7:40il est écrit,
- 7:41vous faites partie des 0,97%
- 7:43de la population mondiale à avoir fini un marathon.
- 7:46Imaginez leur regard,
- 7:48leur transformation,
- 7:49leur métamorphose.
- 7:50Et tu as parlé d'alchimistes et je suis tout à fait d'accord avec toi.
- 7:53Je crois que la vie,
- 7:53c'est que ça.
- 7:54C'est la capacité à transformer l'improbable en probable,
- 7:57la capacité à en transformer toujours des problèmes en solutions,
- 8:03à transformer les incertitudes en projets,
- 8:05les énigmes en apprentissage.
- 8:07La vie,
- 8:07c'est que ça,
- 8:08cette capacité.
- 8:09C'est une question de regard,
- 8:10à faire basculer.
- 8:12Tout à chacun,
- 8:13comment on bascule du confort à l'effort ?
- 8:15Comment on bascule de la facilité à la volonté ?
- 8:17C'est de l'alchimie,
- 8:18c'est des métamorphoses silencieuses qui se mettent en place.
- 8:21Comment on bascule de la négligence à l'exigence ?
- 8:23De la nonchalance à la vaillance ?
- 8:25Comment on bascule effectivement de la stagnance ?
- 8:28Beaucoup de gens sont pro-assis,
- 8:29sédentaires à la mouvance.
- 8:31Bref,
- 8:32l'ultra-marathon c'est une école de la vie et la vie est un ultra-marathon fondamentalement.
- 8:36Alors pour répondre à ta question de manière concrète,
- 8:38Ça fait que 25 ans que je pratique l'ultramarathon.
- 8:41Je suis un amateur éclairé parce que je ne vis pas de ça.
- 8:43C'est une passion,
- 8:43mais ça m'anime.
- 8:45Dans ma réflexion d'anthropologue,
- 8:46c'est pour ça qu'aujourd'hui je me considère plutôt comme un anthropodologue.
- 8:50Anthropologue et podologue,
- 8:52ça donne anthropodologue,
- 8:53où j'associe les résonances de nos vies internes et externes.
- 8:57Et j'associe,
- 8:58bien sûr,
- 8:59cet éloge du corps.
- 9:00Et ça,
- 9:00tu connais très bien.
- 9:02Il s'agit d'habiter un corps avant d'habiter une tête.
- 9:05Parce que quand le corps est bien,
- 9:06le reste suit,
- 9:07mais pas l'inverse.
- 9:09Et donc ça m'a permis,
- 9:11grâce à des rencontres,
- 9:12grâce à des gens qui ont cru en moi,
- 9:14d'aller marteler,
- 9:15d'aller découvrir des endroits improbables.
- 9:18Les déserts,
- 9:18c'est ma première appétence,
- 9:20parce que dans les déserts,
- 9:22il y a des peuples premiers,
- 9:24des peuples racines qui vivent là-bas.
- 9:26Et ce qui est intéressant,
- 9:27moi,
- 9:27ce qui m'anime dans la traversée,
- 9:28dans ces grandes traversées,
- 9:29dans ces grandes chevauchées fantastiques,
- 9:31parce qu'on traverse des endroits...
- 9:33qui sont imprégnés de social,
- 9:34d'histoire et de culturel et qui sollicitent en nous la dimension du sacré et du merveilleux.
- 9:38Quand vous êtes dans les déserts,
- 9:40vous êtes connectés à des forces telluriques et vous êtes connectés à des forces célestielles.
- 9:44Vous êtes dans l'essentiel,
- 9:45dans l'essentiel inaperçu.
- 9:47Le futile n'existe plus,
- 9:48c'est l'utile qui va t'animer,
- 9:50qui va te permettre de traverser.
- 9:51Mais je sais que pour avoir la capacité à finir ces grandes traversées,
- 9:55j'ai besoin de rencontrer des gens et en particulier c'est les peuples premiers.
- 9:58Donc je fais des détours de 80 à 200 kilomètres sur ces grandes courses.
- 10:01pour aller les voir,
- 10:02je reste deux jours,
- 10:03trois jours,
- 10:03j'apprends,
- 10:05je m'imprègne.
- 10:07de ces peuples qui sont extraordinaires,
- 10:09qui vivent dans un univers contraint.
- 10:10Ils sont dans le désert,
- 10:11c'est dur,
- 10:12c'est compliqué,
- 10:13mais ils ont une dignité.
- 10:15Il y a une grande perméabilité culturelle,
- 10:17ils sont d'une curiosité sans faille et ils sont d'une hospitalité merveilleuse.
- 10:22Quelque chose qu'on a peut-être perdu dans nos sociétés d'abondance et dans nos sociétés modernes.
- 10:27Et donc aujourd'hui,
- 10:27nous,
- 10:28nous sommes capables,
- 10:28on est 700 dans le monde,
- 10:29à faire des chevauchées fantastiques de 400 km jusqu'à 3000 km.
- 10:32On est capable de monter jusqu'à 2008 en autonomie totale.
- 10:36Donc c'est des marches,
- 10:36courses de 80-100 km de jour qui durent 5,
- 10:3910,
- 10:3915,
- 10:4020 jours,
- 10:4030 jours.
- 10:41Ça dépend de la distance.
- 10:43Autonomie totale,
- 10:44sac à dos,
- 10:45alimentation.
- 10:46Après je m'alimente grâce aux peuples premiers qui vont me donner des ressources autres pour pouvoir avancer.
- 10:52Notre enjeu c'est de basculer de puits d'eau en puits d'eau.
- 10:55Donc dans les déserts il y a plein d'eau.
- 10:56Et j'en imagine pas le nombre de puits ou de nappes phréatiques qui existent.
- 11:02Mais encore faut-il savoir les lire,
- 11:03c'est pas donné à tout un chacun.
- 11:05Ce sont des grandes courses d'orientation,
- 11:06carte boussole,
- 11:07en fonction de l'ancienne.
- 11:08On n'a pas de balise,
- 11:09on n'a pas de téléphone satellitaire,
- 11:12on n'a pas de téléphone portable,
- 11:14les réseaux ne passent pas.
- 11:15Donc on est complètement déconnecté de tout.
- 11:18C'est un des rares sports aventure laconique,
- 11:20cette déconnexion totale.
- 11:22On n'est pas connecté aux outils numériques,
- 11:24on est connecté au réel,
- 11:26à l'organique,
- 11:26au minéral,
- 11:27à la terre qui est là et on avance.
- 11:30Et ce qui m'a permis alors de traverser,
- 11:32bien sûr...
- 11:34des beaux paysages,
- 11:35que ce soit le Sahara,
- 11:37effectivement la Tunisie,
- 11:41la Mauritanie,
- 11:42la traversée nord-sud de la Mauritanie,
- 11:44plus de 1500 km,
- 11:47de basculer dans le désert d'Atacama également,
- 11:49Bodivy,
- 11:50Chili,
- 11:50on démarre à 4000 m d'altitude et on termine à 6000 m d'altitude.
- 11:54Donc là,
- 11:55il y a une autre contrainte dans l'Atacama désert,
- 11:57c'est la haute altitude d'hypoxie.
- 11:59Autre grande difficulté par rapport au désert classique,
- 12:02des déserts froids,
- 12:02on a des températures extrêmes de 50 degrés et la nuit on bascule à zéro,
- 12:05donc il faut gérer également tout ça.
- 12:08Désert polaire,
- 12:08l'Antarctique,
- 12:09là on change d'univers,
- 12:10mais en tant qu'amateur éclairé,
- 12:11mon rôle c'est juste,
- 12:13moi j'ai juste un seul objectif,
- 12:14c'est de finir.
- 12:16Et c'est un message fort à faire passer que dans la vie,
- 12:18le plus important c'est pas de démarrer,
- 12:20il est donné à tout un chacun de pouvoir démarrer.
- 12:22Le plus important c'est pas de démarrer,
- 12:24le plus important c'est de finir ce qu'on a démarré.
- 12:26Combien de projets qui sont lancés ?
- 12:28et qui deviennent des bonhommes de neige en plein soleil,
- 12:30parce qu'on ne va pas au bout.
- 12:32Enjeu démarré,
- 12:33mais le plus important,
- 12:34c'est de finir.
- 12:34L'ultra-marathon t'apprend cette qualité remarquable qu'est la persévérance,
- 12:39qu'est l'abnégation,
- 12:39qu'est la ténacité,
- 12:41avec une grosse dose de travail derrière en amont,
- 12:43forcément,
- 12:44parce que la clé,
- 12:44c'est la préparation,
- 12:46et que dans la vie,
- 12:46c'est cette capacité à aller jusqu'au bout.
- 12:49Et là,
- 12:49on est dans l'accomplissement,
- 12:51et là,
- 12:52on est dans l'épanouissement,
- 12:53et là,
- 12:54on est capable de raisonner avec soi,
- 12:55avec les autres.
- 12:58Et donc,
- 12:58il y a toujours plein de rêves,
- 12:59plein de projets,
- 13:00d'autres grandes traversées qui se mettent en place.
- 13:01Après,
- 13:02il y a eu les traversées des pays,
- 13:03bien sûr,
- 13:04qui ont été aussi effectuées,
- 13:05la traversée de la France,
- 13:07en courant nord-sud.
- 13:08Ça a été fabuleux.
- 13:09C'était une de mes premières courses,
- 13:10la traversée du Rajasthan,
- 13:11de l'Inde jusqu'au Pakistan.
- 13:12C'est aussi une belle course,
- 13:13la traversée du Burkina Faso,
- 13:15en courant pour rencontrer les peuples promis.
- 13:17Et c'est de là que vient le titre de Gettert,
- 13:18histoire de rêve,
- 13:19parce que c'est au Faso que j'ai rencontré dans mes déperditions,
- 13:22parce que je me perds souvent,
- 13:23mais ce n'est pas grave.
- 13:24Mieux se perdre pour mieux se retrouver.
- 13:26Et au fasson,
- 13:27quand je suis perdu,
- 13:28je suis arrivé dans un village paumé et j'ai rencontré des chefs de village qui se définissaient comme des guetteurs-tisseurs de rêve.
- 13:34Il n'y a rien.
- 13:35Il y a une misère sans fin.
- 13:37Ils vivent dans des troglodytes.
- 13:38Il n'y a même pas de toit parce qu'il ne pleut pas.
- 13:40Ils vont chercher l'eau.
- 13:41Ils envoient leurs enfants chercher l'eau à 10-15 kilomètres avec des bassines,
- 13:45aller-retour.
- 13:48Et ils s'appellent guetteurs-tisseurs de rêve.
- 13:49J'ai trouvé ça fascinant.
- 13:51Je suis resté 4 jours avec eux et ils m'ont...
- 13:53C'est encore une grosse histoire à raconter,
- 13:55mais ils m'ont ouvert les yeux sur le simple,
- 13:58sur l'humble,
- 14:00et sur la capacité toujours à tendre la main.
- 14:02Je crois que pour moi,
- 14:04l'ultra-marathon,
- 14:05c'est que ça.
- 14:06C'est comment on bascule du solitaire au solidaire,
- 14:08et comment on arrive après à embarquer toutes les énergies pour générer de la synergie.
- 14:11Parce que plus que jamais,
- 14:13c'est ensemble qu'on est capable d'aller loin,
- 14:15c'est pas seul.
- 14:16Sans ces traversées,
- 14:17tu ne serais pas l'homme que tu es aujourd'hui.
- 14:20Ce que tu n'aimes pas les citer,
- 14:22mais moi ça me fait juste rire,
- 14:24il te constitue profondément.
- 14:27Ça représente qui tu es et s'il n'y avait pas ces traversées,
- 14:31tu ne serais pas en mesure de compter et raconter aujourd'hui.
- 14:35La sagesse ne serait forcément pas là.
- 14:37La profondeur et tout ce qu'il y a à transmettre à ces jeunes.
- 14:42Le fait que tu puisses finir,
- 14:44que tu puisses te lancer dans des dépassements de soi,
- 14:48dans ta solitude,
- 14:49parce qu'il faut la supporter la solitude quand tu passes autant de jours tout seul,
- 14:54complètement déconnecté face à toi-même,
- 14:57c'est une traversée en soi déjà.
- 15:01Et s'il n'y avait pas ça,
- 15:03je ne suis pas certaine que…
- 15:06Tu me diras,
- 15:07c'est ça qui fait que tu as autant de choses et de matière à transmettre.
- 15:12Mais la vie est une traversée.
- 15:15Tout est traversé.
- 15:17Est-ce qu'il faut aller dans les déserts pour se constituer ?
- 15:19Je ne sais pas.
- 15:20Après,
- 15:20ce sont des choix qui ont fait que et qui me permettent alors de vibrer de manière extrêmement dense et intense.
- 15:26Mais il est donné à tout un chacun de vibrer,
- 15:31de vivre.
- 15:31Parce qu'il ne faut pas oublier qu'entre le naître et le mourir,
- 15:33il y a un espace qui s'appelle vivre.
- 15:35à chacun d'aller se confronter et d'affronter le réel de la vie.
- 15:40Moi,
- 15:40j'aime beaucoup ce que disait ce grand poète du Creusot,
- 15:43Christian Bobin,
- 15:45qui disait « Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles.
- 15:49Tout est question de regard. »
- 15:50La vie,
- 15:50c'est que ça.
- 15:51Tout est question de regard.
- 15:52Alors,
- 15:52c'est vrai,
- 15:52allez-moi dans les déserts,
- 15:53c'est tous les endroits les plus beaux,
- 15:57parce qu'on est dans un épurement.
- 16:00C'est à la fois le tout plein et le tout vide.
- 16:03C'est ça qui est fascinant d'aller là-bas,
- 16:04mais c'est riche de rencontres.
- 16:07Mais il s'agit d'aller à la rencontre de tout un chacun,
- 16:08que ce soit là aujourd'hui,
- 16:10que ce soit en ville,
- 16:12que ce soit en campagne.
- 16:14Il y a toujours moyen de traverser l'espace.
- 16:16Et quand on traverse l'espace,
- 16:17il y a toujours moyen d'aller à la rencontre des gens.
- 16:19Et quand on va à la rencontre des gens,
- 16:20forcément,
- 16:22on ne peut être que sublimé parce que ce sont des mondes qui vont s'ouvrir.
- 16:26Alors bien sûr,
- 16:27j'ai fait le choix pour plein de raisons personnelles.
- 16:31pour plein de raisons issues à des failles,
- 16:32on a tous des failles,
- 16:33et derrière les failles,
- 16:34il y a des éveils,
- 16:34qui fait qu'on va aller se confronter à un réel extrêmement compliqué,
- 16:39mais la vie,
- 16:42elle est là.
- 16:43Moi,
- 16:43je garde en mémoire,
- 16:44il y a un joli adage berbère qui dit
- 16:46« Un ennemi,
- 16:47c'est une personne dont on ne connaît pas son histoire. »
- 16:50Pour moi,
- 16:50la traversée,
- 16:50c'est ça.
- 16:51Au-delà de l'espace.
- 16:53Le plus beau des espaces,
- 16:54c'est le corps.
- 16:55Le corps humain.
- 16:56Il s'agit d'aller à la rencontre de ces gens-là et de les traverser.
- 17:00Et là,
- 17:00ça prend son sens.
- 17:01Alors c'est vrai que tu dis,
- 17:03tu as raison,
- 17:04parce que le fait d'aller au Faso,
- 17:05le fait d'aller en Mauritanie,
- 17:06le fait d'aller en Namibie,
- 17:07le fait d'aller dans des endroits assez improbables,
- 17:10tu reviens riche d'histoire,
- 17:11parce que ça te constitue,
- 17:12ça te forme,
- 17:13ça te forge,
- 17:13ça te donne une autre,
- 17:15entre guillemets,
- 17:16autorité morale qui te permet de dire ce que le corps peut.
- 17:21Avec de la volonté,
- 17:22de la négation,
- 17:23on peut faire vraiment...
- 17:25Tout le monde est capable de faire des grandes choses.
- 17:28Il suffit juste peut-être de savoir saisir,
- 17:31saisir sa chance,
- 17:32saisir son destin,
- 17:34parce qu'il n'y a pas de fatalité dans la vie,
- 17:36loin de là.
- 17:37Moi,
- 17:37j'ai beau avoir grandi dans un quartier compliqué,
- 17:40rien ne me prédisposait à être ce que je suis devenu.
- 17:44Mais encore une fois,
- 17:45ce sont des rencontres qui te constituent,
- 17:46des gens qui croient en toi,
- 17:48des gens qui vont te tendre la main.
- 17:49Encore faut-il saisir cette opportunité de la rencontre et de la magnifier,
- 17:54et ensuite de transmettre ce message.
- 17:58Pour pouvoir dire,
- 18:00tout simplement,
- 18:02on a une alternative dans la vie,
- 18:03mourir ou mûrir.
- 18:05Et bien c'est ce que disait Saint-Exupéry,
- 18:06fais en sorte que ta vie,
- 18:08fais en sorte que tes rêves dévorent ta vie avant que la vie ne dévore tes rêves.
- 18:11Et bien je crois qu'il faut cultiver les rêves,
- 18:13et les rêves sont faits pour féconder le réel.
- 18:15Et je ne sais pas moi,
- 18:16si on m'avait dit que l'achat d'une salle de basket allait m'amener aussi loin au bout du monde connu,
- 18:20aussi loin au bout de mes profondeurs intérieures,
- 18:21jamais je l'aurais cru.
- 18:22Parce qu'au démarrage,
- 18:23je courais dans,
- 18:24voilà,
- 18:24je faisais 10 kilomètres de l'asphalte,
- 18:26mais après voilà,
- 18:26encore une fois.
- 18:28Des rencontres qui vont te permettre d'ouvrir des nouvelles portes,
- 18:31qui vont te dire,
- 18:32tiens Malek,
- 18:32tu peux aller par là,
- 18:33tiens Malek,
- 18:34tu peux aller encore un peu plus loin,
- 18:35après tu te dis,
- 18:36tiens,
- 18:36et après tout,
- 18:37et pourquoi pas ?
- 18:38Et je crois que ce pourquoi pas,
- 18:42en ces temps de résignation,
- 18:45en ces temps d'indifférence,
- 18:47en ces temps de cacophonie généralisée,
- 18:49en ces temps de peur,
- 18:51plus que jamais,
- 18:52il s'agit de cultiver l'audace,
- 18:54plus que jamais,
- 18:54il s'agit de dire à tout un chacun que...
- 18:57J'ai l'air d'en mémoire des propos d'un Georges Bernanos qui disait « Face au démon de mon cœur qui dit « À quoi ça sert ? »
- 19:02Parce que souvent,
- 19:02on va se dire « À quoi ça sert ? »
- 19:04Eh bien,
- 19:05lui,
- 19:05il disait « Face au démon de mon cœur qui s'appelle « À quoi ça sert ? »
- 19:07Je fais appel à l'ange de la rescousse et pourquoi pas ? »
- 19:11C'est joli.
- 19:12Il ne faut pas tout ramener à l'utilitarisme parce que des fois,
- 19:14on me dit « Mais Malek,
- 19:15à quoi ça sert de traverser les déserts ? »
- 19:17Ce n'est pas la question.
- 19:19Arrêtez avec le démon d'utilité et laissez-vous porter par le rêve,
- 19:22laissez-vous porter par le beau,
- 19:23laissez-vous porter par le simple,
- 19:25laissez-vous porter par...
- 19:27La vibration,
- 19:28je crois que c'est ça qui doit nous animer.
- 19:30Vibrer avec les autres,
- 19:32toujours.
- 19:33Et alors cette vibration,
- 19:35c'est celle que tu essaies de transmettre à tous les jeunes dont tu t'occupes actuellement ?
- 19:40Parce qu'il y a eu beaucoup de projets,
- 19:42mais le plus récent,
- 19:43c'est quand même l'association des 42.
- 19:45Tout à fait.
- 19:45Un magnifique projet que j'ai suivi.
- 19:47J'ai été jalouse de tous ces jeunes qui n'ont terminé le marathon,
- 19:50mais je le dis,
- 19:51je ne vais pas essayer.
- 19:53Et pourquoi pas ?
- 19:54Et pourquoi pas ?
- 19:54Oui,
- 19:55peut-être,
- 19:55peut-être.
- 19:57Parce que franchement,
- 19:58c'est ce que disaient les jeunes.
- 19:59On va peut-être raconter très rapidement.
- 20:02Oui,
- 20:02avec grand plaisir.
- 20:03Les 42.
- 20:05Et là encore une fois,
- 20:05c'est ça qui est intéressant.
- 20:08Nous en anthropologie,
- 20:09on dit souvent que la vie c'est une trajectoire.
- 20:12La vie c'est une trajectoire,
- 20:13chacun suit sa trajectoire de vie.
- 20:16Ça peut être une autoroute,
- 20:17quand tout va bien.
- 20:19Mais souvent,
- 20:19ce n'est pas une autoroute,
- 20:20ça se saurait.
- 20:21La vie,
- 20:21ce n'est pas une autoroute.
- 20:23Elle est faite de trous,
- 20:23elle est faite de chutes,
- 20:24elle est faite de lignes qui montent,
- 20:26de pentes sinueuses,
- 20:28de lignes de crête extrêmement dangereuses,
- 20:29elle est faite de glissades,
- 20:30elle est faite de blessures,
- 20:32elle est faite de meurtrissures,
- 20:33elle est faite de fêlures,
- 20:34elle est faite de ratures.
- 20:35Bref,
- 20:37ce n'est pas droit,
- 20:38la vie.
- 20:38Et alors ?
- 20:40Et alors ?
- 20:41Et donc,
- 20:41cette vie qui est une trajectoire,
- 20:43à un moment donné,
- 20:44tout à chacun...
- 20:45On arrive à une sorte de bifurcation.
- 20:47Et je crois que la vie,
- 20:48il s'agit de savoir bifurquer,
- 20:50s'aventurer dans la vie.
- 20:51Et la vie,
- 20:52elle bifurque.
- 20:53Et le chemin,
- 20:54il va se séparer.
- 20:55Et souvent,
- 20:56pour beaucoup de personnes,
- 20:57ça fait peur parce que là,
- 20:57vous vous dites à un moment donné,
- 20:58quand la vie,
- 20:59elle bifurque par rapport à votre rail tracé,
- 21:01on se dit,
- 21:02quel chemin je vais prendre ?
- 21:03Qu'est-ce que je fais ?
- 21:04J'y vais ou j'y vais pas ?
- 21:06Je fais ou je fais pas ?
- 21:08J'ose ou j'ose pas ?
- 21:09Je tente ou je tente pas ?
- 21:11cette fameuse question de l'essai de l'audace et je crois qu'il faut avoir en tête,
- 21:14il y a pire dans la vie que ne pas avoir réussi,
- 21:16c'est ne pas avoir essayé on ne vous fera jamais le reproche d'avoir essayé,
- 21:21parce que la vie elle est là on tente,
- 21:23on essaye et donc face à ces choix,
- 21:25ça s'appelle un kinamen en anthropologie,
- 21:27où à un moment donné qu'est-ce que je fais ?
- 21:29Moi souvent je suis toujours confronté à ça,
- 21:31qu'est-ce que je fais ?
- 21:32mais je crois beaucoup à l'action parce que le secret de l'action c'est d'y aller de tenter,
- 21:36et si ça ne marche pas il est où le risque ?
- 21:40Il est où le risque ?
- 21:42On a tout à gagner à essayer.
- 21:44Et si ça ne marche pas,
- 21:45ça ne marche pas.
- 21:45Tu sais,
- 21:45les jeunes de quartier,
- 21:46comme je suis éducateur,
- 21:47on va revenir sur les 42,
- 21:48les jeunes de quartier disent souvent,
- 21:50au pire,
- 21:50ça marche.
- 21:51Si ça ne marche pas,
- 21:52alors ça ne marche pas,
- 21:52mais ce n'est pas grave.
- 21:53Et donc,
- 21:54face à cette bifurcation,
- 21:56on dit que la vie est faite de trois ingrédients.
- 21:59Elle est faite de circonstances,
- 22:01de choix et de rencontres.
- 22:04La vie,
- 22:04c'est que ça.
- 22:05Les circonstances,
- 22:07elles te tombent dessus.
- 22:08Tu ne les choisis pas.
- 22:09La guerre en Ukraine,
- 22:10la situation Covid.
- 22:11Moi,
- 22:11c'est la situation Covid qui m'a permis de créer les 42.
- 22:14Si on n'avait pas été confinés,
- 22:16moi,
- 22:16j'aurais continué l'ultra-marathon.
- 22:17Mais pendant la situation Covid,
- 22:19les 5 ans...
- 22:20On n'a plus eu le droit de partir.
- 22:22Les déserts étaient fermés.
- 22:24Et qu'est-ce que tu fais dans ce cas-là ?
- 22:25Je ne concevais pas une vie sans une activité physique,
- 22:27sans la dimension motrice du corps.
- 22:30Et tu ne vas pas t'entraîner 8h,
- 22:319h par jour pour pouvoir tenir les 80 km jour.
- 22:34Si je n'ai pas de course,
- 22:35il faut qu'il y ait tout de même un objectif.
- 22:37Il n'y a plus.
- 22:38En revanche,
- 22:38les marathons se sont ouverts très vite.
- 22:39C'est un business.
- 22:41C'est là où je me suis dit,
- 22:42tiens,
- 22:42au moment où on utilise les circonstances,
- 22:44une situation de contrainte,
- 22:47il faut la transformer en positif.
- 22:49Autrement dit,
- 22:49face à un imprévu,
- 22:50tout est question de regard.
- 22:51Est-ce que c'est un péril ou est-ce que c'est un prodige ?
- 22:54Comment tu transformes un événement affreux en événement heureux ?
- 22:59Tout est question de regard,
- 23:00d'attitude,
- 23:01ça se cultive,
- 23:01ça se travaille.
- 23:03Donc il y a l'effet de circonstance,
- 23:04c'est le fameux peristasis grec,
- 23:05qui veut dire les choses qu'on ne maîtrise pas.
- 23:07Et face aux circonstances,
- 23:08on doit faire des choix.
- 23:09Et ça,
- 23:09ça fait peur,
- 23:10parce que les gens se posent toujours la question
- 23:12« Est-ce que je fais le bon choix ? »
- 23:14Ça,
- 23:14on ne le sait pas.
- 23:15C'est le temps qui va te permettre de savoir.
- 23:17Et alors,
- 23:17on y va et si ça ne va pas,
- 23:19on a toujours la possibilité de revenir en arrière.
- 23:22Ça s'appelle la posture d'humilité,
- 23:23la remise en cause,
- 23:24pour pouvoir rebifurquer et ne pas être dans un entêtement capricieux.
- 23:29Et ces choix qui dépendent de moi,
- 23:31ces choix peuvent être magnifiés par les autres.
- 23:34On a besoin des autres qui vont nous aider peut-être dans un éclairage.
- 23:37Ils ne vont pas décider par toi,
- 23:39mais il y a des gens qui vont te dire,
- 23:40vas-y,
- 23:41fais-le,
- 23:41tente.
- 23:41Il faut aller avec ces gens qui vont croire en toi.
- 23:44éviter les enténébreurs qui vont te dire tu peux pas,
- 23:46c'est pas possible,
- 23:46il y en a plein qui s'appellent des enténébreurs,
- 23:49ils ont des mots poison,
- 23:50ce sont des docteurs tant pis ils sont dans une logique mortifère les médias aujourd'hui c'est une logique mortifère,
- 23:57anxogène tout va,
- 23:59à chaque fois nous dire que tout est laid,
- 24:00que tout est mauvais alors que il y a encore beaucoup de beau dans ce monde et le monde ne mourra pas par manque de merveille il mourra par manque d'émerveillement ce qui est différent,
- 24:08donc tout est question de regard récemment j'ai revu un film de
- 24:13Une parenthèse,
- 24:14j'ai lu la fille de Kenzo
- 24:15Mizoguchi, ce grand cinéaste japonais,
- 24:17qui est mort en 1956,
- 24:20et qui disait à ses enfants,
- 24:22voilà une belle attitude,
- 24:23et c'est la clé.
- 24:24Il faut se laver les yeux entre chaque regard.
- 24:26Et là,
- 24:26on cultive l'émerveillement.
- 24:27Voilà le message que j'essaye modestement de faire passer également à mes étudiants et surtout à mes jeunes.
- 24:32Et donc,
- 24:32les 42,
- 24:33c'est ça.
- 24:33Circonstances,
- 24:34choix,
- 24:35et forcément rencontres.
- 24:37Le Covid m'a permis,
- 24:38alors là,
- 24:38maintenant je vais revenir sur l'ultra,
- 24:40parce qu'on peut repartir en 2027,
- 24:41je repars sur un gros combat.
- 24:43Mais je garde les 42 créés en 2022.
- 24:46On a fait deux éditions.
- 24:47La dernière est en 2025.
- 24:49Il y a eu Athènes en
- 24:512023, New York en 2025.
- 24:53Et les 42,
- 24:54c'est quoi ?
- 24:54C'est 42 pour 42 kilomètres.
- 24:56Je reviens sur marathon classique parce que les marathons ont repris très vite malgré la situation Covid.
- 25:02Parce qu'on est dans un univers totalement sécurisé,
- 25:05il y a plein de monde,
- 25:07il n'y a pas de danger,
- 25:08on est en ville.
- 25:08Ce n'est pas le cas des déserts où là il n'y a personne,
- 25:10vous êtes tout seul,
- 25:11il faut arriver au bout.
- 25:1242 kilomètres pour 40,
- 25:14l'idéal c'est 42 jeunes,
- 25:15mais en tout cas je garde cet idéal et on va y arriver,
- 25:17on va y tomber.
- 25:1842 kilomètres pour 42 jeunes de 18 à 28 ans,
- 25:22mais il n'y a pas d'âge,
- 25:23on est d'accord,
- 25:23on est jeune jusqu'à 50 ans,
- 25:2460 ans,
- 25:2570 ans,
- 25:26on est bien sûr.
- 25:27Mais dans l'association,
- 25:28dans la loi 1901,
- 25:29il faut contraindre,
- 25:30il y a une raison d'être,
- 25:31et donc on a limité,
- 25:32même si dans la deuxième édition,
- 25:33j'ai pris des jeunes de 33 ans,
- 25:35une mère célibataire,
- 25:374 enfants,
- 25:37et qui est venue au combat,
- 25:39un jeune de 36 ans qui se cherchait,
- 25:41parce qu'on peut être à 36 ans,
- 25:42on se cherche,
- 25:42et les jeunes qu'on va aller chercher,
- 25:44j'ai créé des partenariats avec les missions locales,
- 25:46et la demande,
- 25:47je me suis dit qu'il faut aller chercher des jeunes,
- 25:50certes,
- 25:52désaffiliés,
- 25:53c'est le terme qu'on emploie en sociologie,
- 25:55des jeunes en situation de vulnérabilité,
- 25:57familiales,
- 25:58scolaires,
- 25:59sociales,
- 26:00sociétales.
- 26:01Donc des jeunes qui se cherchent,
- 26:02qui ne savent pas quoi,
- 26:03qui sont à l'arrêt.
- 26:04Un peu cette génération sale d'attente.
- 26:06Des jeunes,
- 26:07non seulement qui sont en génération sale d'attente,
- 26:09qui ne savent pas quoi faire,
- 26:10parce qu'ils ont quitté l'école très tôt,
- 26:11donc ils n'ont pas les parchemins diplômants,
- 26:13et on est dans une société où on est dans cette injonction du diplôme permanent,
- 26:18alors qu'on peut réussir sa vie sans forcément avoir des diplômes.
- 26:21S'il y a l'envie,
- 26:21l'enthousiasme,
- 26:22s'il y a...
- 26:23Il y a plein d'exemples dans la vie,
- 26:24où il y a des gens qui ont arrêté l'électeur.
- 26:26Un des plus grands milliardaires français,
- 26:28François Pinault,
- 26:28il a arrêté l'école à 16 ans.
- 26:30Kering.
- 26:31Complètement.
- 26:32Il a démarré.
- 26:32Après,
- 26:33je ne parle pas d'André Malraux,
- 26:34d'Annelie Deleuze,
- 26:35Catherine Deneuve.
- 26:36On peut se former.
- 26:38Lourd.
- 26:38La vie,
- 26:38c'est un apprentissage permanent.
- 26:40Voilà.
- 26:41Ça,
- 26:41c'est la qualité la plus remarquable,
- 26:43la curiosité.
- 26:44Donc,
- 26:44on va chercher ces jeunes qui sont un peu caboussés par la vie et surtout des jeunes qui ne pratiquent pas de sport,
- 26:50pas d'activité physique.
- 26:51Voilà le défi des jeunes qui sont à l'arrêt.
- 26:54Cette génération Netflix,
- 26:56cette génération Disney,
- 26:57cette génération Amazon,
- 26:58cette génération des écrans.
- 27:00Et les écrans génèrent quoi ?
- 27:01La maladie du siècle,
- 27:02la sédentarité.
- 27:04On ne bouge pas.
- 27:05Or,
- 27:05le corps est fait pour bouger.
- 27:06Et donc,
- 27:07je dis à ces jeunes,
- 27:08quand j'ai eu cette intuition de créer les 42,
- 27:11venez courir un marathon.
- 27:13Genre comme si moi,
- 27:14tu venais me dire,
- 27:14viens courir un marathon.
- 27:16Voilà,
- 27:16la première réaction,
- 27:17c'est,
- 27:17ils rigolent,
- 27:19ils te regardent en disant,
- 27:19mais il est fou le gars,
- 27:20je ne pratique pas de sport.
- 27:22J'ai fait des semis,
- 27:23mais il y a fort longtemps,
- 27:24mais le marathon,
- 27:25je n'ai pas fait.
- 27:25Ils ont la même réaction en disant,
- 27:26mais c'est n'importe quoi,
- 27:27ce n'est pas possible,
- 27:29je ne peux pas.
- 27:30Je ne pratique pas de sport,
- 27:31je suis à l'arrêt.
- 27:31Et en plus,
- 27:32on prend tous les polymorphismes des corps.
- 27:34Les gens fit,
- 27:35les gens gros,
- 27:35gras,
- 27:36large.
- 27:36Le dernier qui a fait le marathon avec nous à New York,
- 27:38on avait un jeune qui faisait 112,
- 27:40115 kilos.
- 27:42Même substrat physiologique.
- 27:43En plus,
- 27:44on s'en fout du substrat physiologique,
- 27:46ce qui compte,
- 27:47l'envie,
- 27:48l'enthousiasme,
- 27:49l'énergie joyeuse qu'on va aller chercher.
- 27:51et qu'on va leur délivrer,
- 27:53et qu'on va accompagner,
- 27:54parce que le message fort,
- 27:55ça sera toujours de croire en eux.
- 27:57Et je leur dis,
- 27:57venez,
- 27:58et la promesse que je leur fais,
- 28:00vous allez avoir le plus beau des diplômes,
- 28:02sur un CV,
- 28:03marathon.
- 28:04Vous n'avez pas les diplômes techniques des grandes écoles ou de la fac ?
- 28:08Ok.
- 28:08Mais ce qu'on recherche aujourd'hui dans le monde du travail,
- 28:10au-delà de la compétence technique,
- 28:12c'est des clones qui arrivent sur le marché du travail.
- 28:14Mais ce qu'on demande aujourd'hui dans un monde trop troublé,
- 28:16trop blanc,
- 28:17où tout bouge,
- 28:17où tout change,
- 28:18il faut savoir garder le cap.
- 28:20Si vous mettez un marathon sur un CV à 20 ans,
- 28:23parce qu'à 20 ans,
- 28:24on ne fait pas de marathon,
- 28:25eh bien,
- 28:25moi,
- 28:25je suis recruteur.
- 28:27Là,
- 28:27je vais m'arrêter sur le CV.
- 28:29En plus,
- 28:29pas n'importe lequel.
- 28:30Il a fait un marathon à 20 ans,
- 28:32ça veut dire qu'il a développé les fameuses mad skills,
- 28:34c'est le terme qu'on emploie dans le monde du travail.
- 28:36Ténacité,
- 28:36abnégation,
- 28:37discipline,
- 28:37engagement,
- 28:38voilà ce qu'on recherche.
- 28:39Et puis lui-même,
- 28:40j'imagine qu'une fois qu'il s'est ouvert cette porte,
- 28:42il peut rêver de tout.
- 28:43Mais une fois qu'il vient,
- 28:44bien sûr,
- 28:45parce que là...
- 28:46Il peut s'autoriser de rêver de tout ce qu'il veut.
- 28:47Ou tant,
- 28:48une fois que tu as fait un marathon.
- 28:4942 km,
- 28:50tu es en difficulté,
- 28:51tu penses à ton marathon,
- 28:5242 km.
- 28:54Autrement dit,
- 28:55grâce au marathon,
- 28:56non seulement on leur donne un diplôme extraordinaire,
- 28:58symbolique,
- 28:59extrêmement puissant dans l'imaginaire collectif,
- 29:01parce qu'ils sont très peu nombreux,
- 29:02encore une fois,
- 29:02c'est 0,97%
- 29:04de la population mondiale,
- 29:05c'est 220 millions sur 8 milliards d'habitants à être finisher.
- 29:08On travaille leur estime de soi.
- 29:10Et la clé pour pouvoir avancer dans la vie,
- 29:12c'est l'estime de soi.
- 29:14Quand je m'aime,
- 29:15je suis capable d'être avec les autres.
- 29:18L'inverse,
- 29:18c'est impossible.
- 29:19Comment aider les gens si je ne m'estime pas ?
- 29:21Il y a un joli adage du Liban qui dit
- 29:23« Commence par être l'ami de toi-même,
- 29:24tu ne seras plus jamais seul. »
- 29:26combien de chers tonnes ne sont pas amis vis-à-vis d'eux-mêmes,
- 29:29et bien c'est ce qu'on leur donne et avec ça,
- 29:32il y a tout un programme qui se met en place,
- 29:33on pourra en parler très longtemps mais on les accompagne pratiquement pendant un an ça dure deux ans le cycle,
- 29:37parce qu'il y a un an où je vais chercher les fonds financés,
- 29:39parce que ça coûte de l'argent donc j'ai des mentors,
- 29:42des dirigeants qui viennent financer l'aventure,
- 29:45et mes mentors qui ne courent pas ils vont venir courir avec les jeunes,
- 29:48donc on est dans l'intergénérationnel,
- 29:50grands dirigeants d'entreprises,
- 29:51petites entreprises,
- 29:52ils viennent courir donc il y a un échange permanent c'est fabuleux
- 29:55Et les mentors,
- 29:55on les visite.
- 29:56En plus,
- 29:56on va visiter leur entreprise.
- 29:58Et ce qui est intéressant,
- 30:00on dit à nos mentors,
- 30:01racontez-nous votre histoire.
- 30:02Comment vous avez créé votre structure ?
- 30:04D'où vient votre structure ?
- 30:05C'est quoi votre parcours de vie ?
- 30:06Et qu'est-ce que vous attendez d'un jeune dans le monde du travail aujourd'hui ?
- 30:09Et là,
- 30:10on fait la connexion entre l'école marathon et les jeunes.
- 30:13Et à la fin,
- 30:13je leur demande,
- 30:14c'est la dimension téléologique,
- 30:16recrutez-les.
- 30:17La dimension social,
- 30:18insertion professionnelle.
- 30:19Non seulement,
- 30:19on va courir un marathon,
- 30:20mais l'objectif final,
- 30:22c'est qu'ils puissent rejouer.
- 30:25Leur carte est s'insérer dans cette société.
- 30:28Et donc,
- 30:29mon dirigeant,
- 30:30certains les embauchent directement ou comme ils ont un réseau,
- 30:33ils ouvrent les portes.
- 30:34Et le plus beau dans cette aventure,
- 30:35c'est qu'on crée une communauté de destin.
- 30:37Une destin de communauté parce qu'on crée des liens extrêmement forts et puissants entre la team que j'ai constituée pour aller chercher,
- 30:43bien sûr,
- 30:44mes marathoniens un peu partout en France parce qu'ils viennent de partout,
- 30:46les jeunes.
- 30:47On n'est pas qu'à Paris.
- 30:48On va chercher la France des couleurs et la France des terroirs pour pouvoir jouer sur cette diversité fascinante entre l'urbain compliqué et le rural profond.
- 30:56Donc,
- 30:57les jeunes se découvrent.
- 30:59Les jeunes du 93 qui vont courir avec des jeunes de l'Alsace profonde,
- 31:02de l'Alsace-Beau-Sud,
- 31:03du côté de Lingen,
- 31:04de Berkhaus,
- 31:05de Wolgelsheim.
- 31:06Ils vont courir avec des jeunes de Guéret,
- 31:07du Creusot.
- 31:08Ils vont courir avec des jeunes de Châlons-sur-Saône.
- 31:12Jamais de la vie,
- 31:13ils vont se rencontrer.
- 31:14Tout comme pour les jeunes des quartiers nord de Marseille,
- 31:16ou de Lyon,
- 31:17de Vaux-en-Velin.
- 31:19On crée une communauté de vie qui est fascinante,
- 31:22plus avec des dirigeants qui rencontrent ces jeunes et ils se rendent compte qu'il y a des talents.
- 31:26Il y a des véritables talents,
- 31:27des jeunes qui veulent s'en sortir.
- 31:29Donc la dimension anthropologique,
- 31:31elle est extrêmement forte et puissante.
- 31:32Et pour les faire rêver,
- 31:34on ne va pas courir en France.
- 31:35Parce que les beaux marathons ont lieu en mars-avril,
- 31:37je ne peux pas les faire courir en mars-avril parce que les entraînements ont lieu à l'heure d'hiver.
- 31:41Et des jeunes qui n'ont jamais couru,
- 31:43on ne va pas les faire courir en hiver,
- 31:44c'est trop compliqué.
- 31:45Déjà même pour nous,
- 31:46expérimenter.
- 31:47Tous les marathons auront lieu en fin d'année,
- 31:49parce que les entraînements vont démarrer au mois de mai.
- 31:52Et on va partir dans les plus beaux marathons du monde,
- 31:54parce que je crois en la force des histoires.
- 31:55J'ai la dimension narrative que je travaille avec eux.
- 31:57On va raconter des histoires pour pouvoir les sublimer.
- 32:00Donc la première édition,
- 32:01forcément,
- 32:02je me suis dit,
- 32:02tiens,
- 32:02j'avais jamais fait en plus,
- 32:03j'étais marathonien.
- 32:05Tiens,
- 32:05on va faire Athènes,
- 32:06c'est l'origine.
- 32:06On va leur parler de la bataille de marathon du 13 septembre 490,
- 32:10parce que le marathon vient de la bataille de marathon entre les Perses.
- 32:14Et la civilisation achéenne,
- 32:16les achéens c'est la coalition des différentes cités grecques,
- 32:22entre la ligue de Délos et la ligue du Péloponnèse,
- 32:25ils vont découvrir l'histoire de la bataille de Marathon à travers Thucydide,
- 32:28à travers Échille,
- 32:29à travers Hérodote,
- 32:30alors qu'ils ont quitté l'école.
- 32:32Ils vont comprendre d'où vient la marque Nike,
- 32:34parce que c'est...
- 32:36C'est Philippe Hides,
- 32:36l'hémérodrome,
- 32:37qui va annoncer la victoire et qui va créer Nike,
- 32:39il va créer Niki,
- 32:40en grec ça c'est Niki,
- 32:41c'est du grec,
- 32:42c'est pas du français,
- 32:43N-I-K-E,
- 32:44qui veut dire victoire,
- 32:45et Nike reprend l'histoire de cet hémérodrome,
- 32:49ce soldat coureur qui annonce la victoire,
- 32:51bref,
- 32:52on les alimente,
- 32:53on va faire ce beau marathon,
- 32:55marathon le plus moche,
- 32:56il n'y avait aucun intérêt à voir,
- 32:57hormis l'arrivée au stade,
- 32:59au Panathénaïque,
- 33:00et ils ont fait le marathon le plus dur,
- 33:01650 mètres à 750 mètres de délivré positif.
- 33:04Ah oui,
- 33:05d'accord.
- 33:05Très compliqué le marathon d'Athènes.
- 33:07Et Athènes,
- 33:08c'était tellement fabuleux,
- 33:09on est parti à 35 finishers pour leur premier marathon.
- 33:13Ils m'ont ouvert la porte pour faire une deuxième édition parce que mes jeunes m'ont dit,
- 33:16Malek,
- 33:16il faut poursuivre,
- 33:17il faut aller chercher d'autres jeunes,
- 33:18on sera tes ambassadeurs,
- 33:19on va en parler.
- 33:21C'est l'aventure,
- 33:21on va poursuivre.
- 33:22C'est du combat,
- 33:24avec bien sûr ma team qui est là.
- 33:25Heureusement,
- 33:26je ne suis pas seul,
- 33:26c'est ensemble qu'on avance.
- 33:28On a aujourd'hui à peu près
- 33:2910 actifs dans l'association avec un véritable trident.
- 33:34Je me dis,
- 33:34Malek,
- 33:34il faut poursuivre.
- 33:35Je lui dis,
- 33:35tiens,
- 33:36forcément,
- 33:36on a fait l'alpha athénien.
- 33:37Continuons l'histoire,
- 33:38parce que je crois en la force narrative,
- 33:40parce que la vie,
- 33:41c'est de raconter des histoires pour pouvoir embarquer et fédérer.
- 33:44Et après l'alpha,
- 33:44je lui dis,
- 33:45on va faire l'oméga.
- 33:47Alpha,
- 33:48l'origine,
- 33:48l'oméga,
- 33:49la fin.
- 33:50D'Athènes,
- 33:51on a basculé à New York.
- 33:52Tu emmènes des jeunes qui n'ont jamais quitté leur territoire.
- 33:56Et tu leur dis,
- 33:56viens faire le marathon de New York qui fait rêver.
- 34:00Un des plus grands marathons.
- 34:02Ce n'est même pas un marathon,
- 34:03c'est une aventure à vivre.
- 34:04Et tu les amènes pendant dix jours à New York.
- 34:07Ils ont vécu Halloween,
- 34:09le plus grand carnaval du monde.
- 34:114 millions de New Yorkais,
- 34:12ce n'était même pas une foule oppressante,
- 34:13c'est la fête,
- 34:14le marathon.
- 34:15Ils ont vécu l'élection municipale le 4 novembre de Mandany,
- 34:19musulman,
- 34:20sur la période trumpienne.
- 34:21Et qui va gagner ?
- 34:22La mairie de New York,
- 34:23c'était extraordinaire.
- 34:25Mais après le marathon New York,
- 34:26ce qui a été compliqué,
- 34:27la dimension politique.
- 34:28Je ne savais pas que Trump allait passer au pouvoir,
- 34:30il a fallu se battre pour les visas.
- 34:31la dimension financière,
- 34:32la charge mentale financière,
- 34:33parce que ça va demander beaucoup plus d'argent.
- 34:36Tous les mentors que je suis allé chercher,
- 34:37les mentors qui nous suivent,
- 34:38je leur suis gré.
- 34:40Parce que c'est un coup,
- 34:41partir 10 jours,
- 34:4350 personnes.
- 34:44Ah oui,
- 34:44d'accord.
- 34:45Faire le marathon de New York.
- 34:47Et on est parti à 50,
- 34:4950 finishers.
- 34:50Et ça,
- 34:51c'est extraordinaire.
- 34:52Les mentors,
- 34:53les jeunes et la team.
- 34:53Et ils sont transformés,
- 34:56nos jeunes.
- 34:57Ce n'est plus les mêmes.
- 34:58Ah ben non.
- 34:59Et nous aussi,
- 34:59on n'est plus les mêmes.
- 35:00Oui,
- 35:00c'est ça.
- 35:00Parce qu'ils nous donnent des grandes leçons.
- 35:01J'imagine.
- 35:02Parce que moi,
- 35:03j'avais prévu un tiers d'abandon.
- 35:06Et ils tiennent.
- 35:07Ils arrivent au bout.
- 35:08Parce qu'ils courent pour une cause qui les dépasse.
- 35:10Le collectif.
- 35:10Ils vont faire pleurer.
- 35:11Le nouveau.
- 35:12Et ça,
- 35:13c'est fabuleux.
- 35:13Parce qu'après,
- 35:13il y aurait tellement d'histoires à raconter.
- 35:17Chaque jeune,
- 35:18c'est une histoire.
- 35:19Chaque jeune,
- 35:20c'est une épopée.
- 35:21Chaque jeune,
- 35:22c'est une odyssée.
- 35:22Chaque jeune...
- 35:24Je vous ai suivi.
- 35:25C'était vraiment incroyable.
- 35:26Ah non,
- 35:26tu vois.
- 35:28Et moi,
- 35:28je suis revenu...
- 35:28Ils sont chants quand tu les écoutes parler,
- 35:33leurs histoires.
- 35:34Et puis,
- 35:35ils ont une espèce d'intelligence qui n'a rien à voir avec l'instruction.
- 35:40C'est une intelligence émotionnelle incroyable.
- 35:45Ils ont tout de suite compris l'importance du relationnel et de la team et de la famille et d'avoir un projet commun,
- 35:52ça se sent.
- 35:54Ils étaient vraiment solidaires entre eux et on sentait que c'était un projet commun.
- 35:59Et grâce à eux,
- 36:02grâce aux New Yorkais,
- 36:03grâce aux Athéniens,
- 36:04c'est comme ça qu'on les appelle,
- 36:05les Athéniens à jamais les premiers et les New Yorkais à jamais les éternels,
- 36:10parce qu'il faut y aller,
- 36:13ils nous autorisent à tenter une troisième aventure,
- 36:15une troisième édition.
- 36:17Je prépare la troisième édition,
- 36:19on va augmenter le nombre de jeunes,
- 36:21on va essayer de vivre encore une autre aventure,
- 36:23ça sera différent,
- 36:25trouver un nouveau point de chute,
- 36:26trouver une nouvelle dimension.
- 36:29affectives,
- 36:30dimensions solidaires fortes,
- 36:31puissantes parce qu'après New York il faut encore il faut toujours rêver haut et je crois que dans la vie c'est ce qu'on a voulu démontrer à ces jeunes,
- 36:39qu'il ne faut pas rêver les yeux fermés il faut rêver les yeux ouverts et quand on rêve les yeux ouverts et quand on a une attention forte et bien on peut aller au-delà du possible au-delà du réel et ils l'ont démontré et aujourd'hui ils sont ils sont juste merveilleux de
- 36:53tout ce que tu leur as transmis
- 36:56Voilà,
- 36:56grande fierté.
- 36:58Mais j'imagine.
- 36:59Mais tu peux l'être,
- 36:59Malek,
- 37:00tu peux l'être.
- 37:00C'est extraordinaire.
- 37:02Mais pour vous tous,
- 37:03pour vous tous,
- 37:04c'est une...
- 37:05Non,
- 37:05non.
- 37:06Et là,
- 37:07c'est ce qui est fabuleux,
- 37:07c'est comment on arrive à transformer une aventure solitaire en une aventure solidaire.
- 37:11Parce que souvent,
- 37:12le marathon,
- 37:12c'est un sport solitaire où les gens sont dans la performance et dans le chrono.
- 37:16Et là,
- 37:16on a arrêté les chronos.
- 37:17On s'est dit,
- 37:18l'enjeu,
- 37:18c'est d'être dans du solidaire,
- 37:20de courir au nom d'un collectif.
- 37:23Et de démontrer que lorsqu'on transforme une énergie individuelle en synergie collective,
- 37:28on crée les plus belles des aventures,
- 37:30les plus belles des histoires,
- 37:31les plus belles des épopées.
- 37:33Et maintenant,
- 37:34ils sont capables de prendre en main leur destinée.
- 37:36Et ça,
- 37:36c'est beau.
- 37:37Est-ce que je voulais dire,
- 37:38ça n'a pas été filmé,
- 37:39Malek ?
- 37:40J'aurais adoré avoir le documentaire du début jusqu'à la fin.
- 37:44On a eu des médias,
- 37:45on a eu pas mal de plans médias,
- 37:46mais aucun plan média n'a voulu venir courir.
- 37:51Ou capter toute la prépa,
- 37:52parce que le plus important,
- 37:53ce n'est pas que le marathon,
- 37:54c'est avant les recrutements,
- 37:56la rencontre,
- 37:56les campus.
- 37:58Alors nous,
- 37:58on a filmé les entraînements.
- 37:59J'avais ma GoPro,
- 38:00Virginie également avait sa GoPro.
- 38:02Et avec un ami,
- 38:03Jamel,
- 38:03on a fait alors,
- 38:04là on est en train de faire un mini-film qu'on a capté avec le moyen du bord.
- 38:094,
- 38:097,
- 38:0910 minutes pour pouvoir donner aux jeunes un peu la captation de l'aventure marathonienne sur New York.
- 38:15Mais c'est vrai,
- 38:16une telle épopée,
- 38:18ça mérite quand même un film.
- 38:20Mais alors,
- 38:21le plus beau,
- 38:21c'est...
- 38:22Voilà,
- 38:23on l'a là,
- 38:23on l'a dans notre cœur,
- 38:24on l'a dans notre tête.
- 38:25On l'a partagé avec vous,
- 38:27c'est ça.
- 38:27Oui,
- 38:28mais après,
- 38:29c'est...
- 38:30Tu connais très bien comment fonctionnent...
- 38:32Allez,
- 38:32on lance des appels.
- 38:33On lance des appels.
- 38:34Comment fonctionnent les médias ?
- 38:35Ils sont beaucoup plus appétants sur le...
- 38:38On aime critiquer ce qui va mal au lieu d'exalter ce qui va bien.
- 38:41Alors qu'il y a de très belles histoires à arrondir.
- 38:43C'est parce que l'histoire est fabuleuse et je suis sûre qu'elle clairait à peu près.
- 38:47À la suivre des jeunes.
- 38:49de voir leur transformation.
- 38:50C'est juste incroyable.
- 38:52Entre des gars,
- 38:52quand on a démarré les entraînements,
- 38:53ils étaient incapables de faire...
- 38:55Ils ne pouvaient pas courir pendant 3-4 minutes.
- 39:00Et à la fin,
- 39:00ils sont capables de faire 42 kilomètres.
- 39:02C'est juste la folie.
- 39:04C'est commencer à s'autoriser tous les rêves.
- 39:06Au fait,
- 39:07il n'y a plus la limite de se dire « Ah non,
- 39:09ça,
- 39:09ce n'est pas pour moi » .
- 39:10Il n'y a plus de plafond.
- 39:11On peut rêver de tout.
- 39:14On ouvre l'esprit à des dimensions...
- 39:18Exactement,
- 39:18et je crois que c'est ça.
- 39:19C'est possible.
- 39:20Tout à fait,
- 39:21et au contraire,
- 39:22plus que jamais,
- 39:24cette jeunesse nous démontre,
- 39:26lorsqu'elle est aimée,
- 39:28je crois que c'est le maître mot,
- 39:30on va avoir peur des mots.
- 39:31Oui,
- 39:31c'est ça.
- 39:32L'amour qui nous a permis de les magnifier et de leur démontrer,
- 39:36lorsqu'on croit en eux.
- 39:37Ils vous le rendent.
- 39:38Vous ne pourrez pas savoir.
- 39:39Parce que souvent,
- 39:39on nous parle d'une jeunesse déstructurée,
- 39:41d'une jeunesse complètement à la ramasse,
- 39:43d'une jeunesse qui n'est pas capable.
- 39:45Non,
- 39:45ce n'est pas vrai.
- 39:47Il ne faut pas confondre d'une jeunesse qui ne respecte pas l'autorité.
- 39:50Et là,
- 39:50il faut faire le distinguo.
- 39:51Il n'y a pas de crise de l'autorité.
- 39:53C'est faux.
- 39:54Et le mot autorité qui vient du latin aogéas,
- 39:57qui veut dire augmenter.
- 39:58L'autorité,
- 39:58c'est quand vous êtes capable d'augmenter l'autre dans toutes ses dimensions plurielles.
- 40:02A la fois sur le plan technique,
- 40:04si il y a des compétences à transmettre,
- 40:05mais sur le plan surtout humain.
- 40:07En termes d'attitude,
- 40:09en termes de mentalisation.
- 40:12Augmenter,
- 40:13augmenter l'autre,
- 40:14ça c'est l'autorité.
- 40:16A pas confondre avec l'autoritarisme,
- 40:17où j'écrase l'autre.
- 40:18Et donc aujourd'hui,
- 40:19il n'y a pas une crise de l'autorité.
- 40:20Lorsqu'on est capable de tenir un discours,
- 40:22lorsqu'on est capable d'aller les chercher,
- 40:23lorsqu'on est capable de les fédérer,
- 40:24les mobiliser,
- 40:25ils suivent.
- 40:26Il y a une crise des porteurs d'autorité.
- 40:29Ça c'est différent.
- 40:30Nos porteurs d'autorité,
- 40:32aujourd'hui,
- 40:33ne sont plus crédibles.
- 40:34Prenons nos politiques,
- 40:35c'est des porteurs d'autorité.
- 40:37On n'en aura plus,
- 40:38pour plein de raisons.
- 40:38Ce n'est pas l'enjeu aujourd'hui.
- 40:40Dans le monde du travail,
- 40:41c'est pareil.
- 40:42Il y a des porteurs d'autorité,
- 40:44c'est la ligne managériale,
- 40:45qui ne tient plus la route et on n'a plus envie d'y aller.
- 40:48Il n'y a pas une crise de l'autorité.
- 40:50Quand l'autorité est accompagnée par un discours puissant,
- 40:53mobilisateur,
- 40:54parce que lorsque le rêve est beau,
- 40:59un rêve authentique,
- 41:01lorsque le projet est bon et lorsque l'audace est magnifiée,
- 41:04ils sont là,
- 41:06ils y vont.
- 41:07Et ils font,
- 41:08mais encore faut-il,
- 41:09croire en eux.
- 41:11Oui.
- 41:11Et quand vous croyez aux gens,
- 41:14tout devient possible.
- 41:16Je crois que c'est Thérèse d'Avila,
- 41:17cette grande théologienne,
- 41:18philosophe mystique du XVIe siècle espagnol,
- 41:20qui disait,
- 41:21il ne s'agit pas de beaucoup penser,
- 41:23il s'agit de beaucoup aimer.
- 41:26Et aujourd'hui,
- 41:27on a du mal.
- 41:28On ne s'est plus trop aimé.
- 41:29On n'a jamais autant parlé d'amour.
- 41:30Jamais l'amour n'a été autant absent.
- 41:32Et donc,
- 41:33raison de plus de semer des graines d'amour,
- 41:36de semer des graines d'émerveillement qui viennent envahir tous les espaces de nos jardins,
- 41:40intérieur et extérieur,
- 41:41afin de faire vibrer en nous des élans de fraternité,
- 41:46de sororité,
- 41:47aigus comme la soif et des attentes d'une folle audace.
- 41:51Pour pouvoir toujours sublimer le réel.
- 41:53Mais l'amour pour toi,
- 41:54quand même,
- 41:55il se conjugue au quotidien.
- 41:56C'est un amour qui se prouve par les actes et par le suivi au quotidien.
- 42:02C'est pas du sport.
- 42:02Tu dis amour,
- 42:03mais derrière amour,
- 42:04c'est le travail que tu mets,
- 42:06que tu leur enseignes.
- 42:07Aussi,
- 42:08bien sûr,
- 42:08parce que c'est la clé.
- 42:11Il y a le goût de l'effort que tu leur apportes.
- 42:13Tout le temps,
- 42:14mais tout vient de là.
- 42:15Le travail,
- 42:15ce n'est pas un vilain mot.
- 42:16Au contraire,
- 42:17on a besoin de ça.
- 42:18Moi je dis souvent aux jeunes,
- 42:20et même à mes étudiants,
- 42:22ou bien dans mes interventions en tant que conférencier,
- 42:24il ne faut pas se tromper de combat.
- 42:26La seule fois où le mot succès arrive avant le mot travail,
- 42:29c'est dans le dictionnaire.
- 42:31Succès,
- 42:32travail,
- 42:32ST.
- 42:33Pour qu'il y ait succès,
- 42:34il faut qu'il y ait du travail.
- 42:35Même les influenceurs,
- 42:36on pense qu'on a l'impression qu'ils sont...
- 42:37Ce n'est pas vrai,
- 42:38les meilleurs influenceurs,
- 42:40il y a du boulot derrière.
- 42:42Et c'est le travail qui arrose le talent qui pousse.
- 42:44Il n'y a pas de talent sans travail.
- 42:47C'est la base.
- 42:48Pour faire des traversées,
- 42:49tu te prépares pendant des années.
- 42:51Bien sûr,
- 42:51c'est trois ans de préparation à l'ultra-marathon.
- 42:53Donc,
- 42:54les 42,
- 42:54c'est deux ans de préparation.
- 42:55Ce n'est pas du jour au lendemain.
- 42:57Et donc,
- 42:57ce qui est intéressant,
- 42:58on apprend à ces jeunes le goût de l'effort.
- 43:00On leur apprend à se projeter sur du temps long.
- 43:02Parce que pour avoir des résultats sur marathon,
- 43:04ce n'est pas du jour au lendemain.
- 43:06Ils vont s'entraîner pendant six mois.
- 43:08Ils vont se projeter pendant six mois.
- 43:09Donc,
- 43:09ils apprennent cette capacité à se dire qu'on n'a rien sans rien.
- 43:13Et ça,
- 43:13c'est fascinant.
- 43:15Et quand ils comprennent le sens...
- 43:16ils y vont,
- 43:17ils n'ont pas peur,
- 43:19ils vont apprendre et ils vont découvrir alors la discipline.
- 43:23Je crois que c'est le maître mot.
- 43:24Un autre mot qui fait peur alors que c'est le mot qui a construit nos humanités avec le rêve.
- 43:29Parce que pour qu'un rêve se réalise derrière,
- 43:31il faut mettre en place toute une logique qui va te permettre de planifier.
- 43:34Ça s'appelle la discipline.
- 43:35Et n'oublions pas que le mot discipline qui vient du latin disciplina.
- 43:39Disciplina qui a donné le mot disciple.
- 43:41Tout est lié.
- 43:42Mais disciplina en latin ça veut dire transmission.
- 43:44La discipline c'est une transmission.
- 43:46on transmet.
- 43:47Et on transmet quoi ?
- 43:48Un ensemble de savoirs.
- 43:50Et pour preuve,
- 43:51jadis,
- 43:51nos parents,
- 43:52quand ils allaient à l'école,
- 43:53au collège et au lycée,
- 43:54ils avaient des disciplines.
- 43:56À l'école,
- 43:56on avait des disciplines.
- 43:58À neutre,
- 43:59on enseignait des disciplines.
- 44:01Transmission.
- 44:02Les disciplines,
- 44:03moi,
- 44:03quand je suis arrivé au collège,
- 44:04on ne parlait plus de disciplines.
- 44:05À mon époque,
- 44:05il y a à peu près 40 ans,
- 44:07on parlait de matière.
- 44:08Moi,
- 44:08j'ai eu des matières.
- 44:09Quand j'allais au collège,
- 44:10au lycée,
- 44:10on avait des matières.
- 44:12Quelque chose de mécanique,
- 44:13on n'est plus dans l'organique.
- 44:14par rapport à la discipline qui sous-entend un lien organique avec l'autre.
- 44:18Et aujourd'hui,
- 44:18moi je vois par exemple les jeunes qui vont au collège,
- 44:21on ne parle plus de discipline,
- 44:22on ne parle plus de matière,
- 44:23ils ont des cours.
- 44:24Aujourd'hui,
- 44:24on a des cours à l'école.
- 44:26Et c'est intéressant le mot cours,
- 44:27parce qu'on ne fait plus la distinguo entre le cours en classe et le cours récré.
- 44:31Autrement dit,
- 44:33on a fait rentrer la cour de récré aussi dans la classe,
- 44:35parce qu'on a des cours,
- 44:36la frontière est devenue extrêmement poreuse.
- 44:38Et se pose après la question...
- 44:39du respect,
- 44:40de l'attitude.
- 44:40Les mots ne sont pas neutres.
- 44:42Les mots traduisent également l'évolution sociétale.
- 44:45Il s'agit d'être extrêmement toujours précis dans la manière de dire les choses.
- 44:49Je fais en sorte,
- 44:49quand j'accompagne mes jeunes avec toute ma team,
- 44:52et c'est ce que je dis également à ceux qui travaillent avec moi,
- 44:55à peu près,
- 44:57ça me fait penser à ce que disait Albert Camus,
- 45:00mal nommer les choses,
- 45:01ça portait de l'injustice au monde.
- 45:03Il s'agit d'être alors précis dans la mélodie des sons,
- 45:06dans la mélopédie des mots pour pouvoir toucher au cœur.
- 45:09de manière la plus juste qu'il soit,
- 45:10et de là,
- 45:11effectivement,
- 45:12on est capable de résonner dans tous les sens du terme.
- 45:14Alex,
- 45:15j'entends énormément de rigueur.
- 45:17Il est où le plaisir ?
- 45:19Ah mais,
- 45:19il est là !
- 45:20C'est que de la joie !
- 45:21Parce qu'il faut de la rigueur pour pouvoir faire ce que l'on fait,
- 45:24mais s'il n'y a que de la contrainte,
- 45:26on ne fait plus rien.
- 45:26Et là,
- 45:27par exemple,
- 45:27les 42 dimensions ludiques,
- 45:29on a dit,
- 45:29on va finir !
- 45:30On a chanté,
- 45:31on a rigolé,
- 45:32on a fait des high-fives sur le marathon,
- 45:34pendant les entraînements,
- 45:35on avait aussi la radio,
- 45:36on s'écoutait.
- 45:37Et constamment,
- 45:38quand je raconte des histoires,
- 45:39c'est des histoires positives,
- 45:40c'est des histoires de joie.
- 45:41Quand on transmet,
- 45:42il faut qu'il y ait du bonheur.
- 45:45Non,
- 45:45non,
- 45:45le plaisir,
- 45:46c'est le maître mot.
- 45:47Le plaisir n'exclut pas la rigueur.
- 45:49Bien au contraire,
- 45:50tout comme la bienveillance n'exclut pas la fermeté.
- 45:53Il ne s'agit pas d'être dans la rigidité.
- 45:56La rigueur est la clé de la discipline.
- 45:59Et la rigueur permet d'être également dans une joie partagée,
- 46:02dans une allégresse.
- 46:04Parce que la joie ne se compose pas uniquement d'éclats de rire,
- 46:06c'est aussi des devoirs accomplis,
- 46:08c'est aussi des souffrances pacifiées,
- 46:10c'est tout ça.
- 46:11La question qui se pose pour tout un chacun,
- 46:13c'est d'être toujours à la bonne heure.
- 46:14Le bonheur,
- 46:15c'est la bonne heure.
- 46:16À quel moment il y a un temps pour rigoler ?
- 46:19On n'a pas arrêté de rigoler durant les 42,
- 46:22et les jeunes,
- 46:23ils sont loufoques.
- 46:25On a fait des soirées,
- 46:26des soirées disco également,
- 46:28des déguisements,
- 46:29on a couru avec des déguisements.
- 46:31Mais la joie ?
- 46:33Et toujours accompagné,
- 46:35forcément,
- 46:37de la discipline qui va avec.
- 46:38Parce que c'est le maître mot qui permet de faire de grandes choses.
- 46:41Et tous les grands capitaines d'industrie,
- 46:43tous les grands sportifs derrière,
- 46:46il y a forcément énormément d'abdégation,
- 46:49énormément de travail.
- 46:51Mais le travail avec de la joie,
- 46:52bien sûr,
- 46:53indispensable.
- 46:54C'est le travail et la rigueur qui permettent d'avoir la liberté au final de pouvoir...
- 47:02À ce moment-là,
- 47:03laisser libre cours pour avoir préparé auparavant et à ce moment-là,
- 47:08de laisser aller,
- 47:08de profiter du moment.
- 47:10Sans la préparation et sans l'effort qu'on fait au préalable,
- 47:13on ne peut pas,
- 47:14à un moment donné,
- 47:15arriver à lâcher prise enfin et profiter de l'instant.
- 47:19C'est comme ça que je l'entends,
- 47:20moi,
- 47:20au fait.
- 47:21Mais pour arriver à ce niveau de liberté,
- 47:23il faut avoir travaillé auparavant.
- 47:25Bien sûr,
- 47:25toujours,
- 47:26parce qu'encore une fois,
- 47:28on peut tout façonner.
- 47:33Et tu as évoqué un mot qui est important,
- 47:34la préparation,
- 47:35parce que c'est la clé.
- 47:35La préparation,
- 47:36c'est une forme de travail,
- 47:37mais le travail te permet de faire,
- 47:38défaire et refaire.
- 47:40Il ne faut pas être rigide,
- 47:42il faut être capable de se remettre en cause,
- 47:44capable de revenir en arrière,
- 47:45capable de refaire autrement,
- 47:46capable d'écouter les gens qui vont te dire,
- 47:47tiens Malek,
- 47:48tu pourrais faire autrement.
- 47:49Donc il faut être extrêmement dans l'ouverture.
- 47:50Moi,
- 47:50je crois beaucoup plutôt à l'ouverture qui permet de recalibrer après l'action.
- 47:55Mais il est évident que pour pouvoir tendre vers des objectifs,
- 48:00il s'agit d'être extrêmement bien préparé.
- 48:02préparation mentale,
- 48:03préparation physique,
- 48:03préparation psychologique,
- 48:05préparation organique,
- 48:06préparation technique,
- 48:07préparation...
- 48:09Tout à chacun,
- 48:09c'est comme toi quand tu prépares une émission,
- 48:11il y a un million de préparation,
- 48:12tu vas dire,
- 48:12tu vas t'intéresser aux gens et après tu peux improviser.
- 48:15Et s'il n'y a pas de préparation,
- 48:16il n'y a pas d'improvisation.
- 48:17La préparation permet toutes les impros.
- 48:19C'est la tutrice de l'excellence et c'est...
- 48:24et en ces temps...
- 48:25Et tu l'as dit,
- 48:26on le remarque très bien,
- 48:27on est rentré dans des sociétés de dilettantisme généralisé,
- 48:32où on cultive une certaine forme de confort.
- 48:34Plus que jamais,
- 48:34on a besoin de retrouver le goût de l'effort,
- 48:37mais un effort joyeux,
- 48:39l'allégresse.
- 48:40C'est comment on arrive également à transmettre les choses avec bonheur et avec joie,
- 48:44parce que c'est ça qui va permettre encore une fois d'embarquer avec lucidité et discernement.
- 48:51Parce que la question est aussi une autre qualité remarquable.
- 48:55Il y a un temps pour avancer,
- 48:57mais il y a un temps,
- 48:57il faut savoir également reconnaître si on est sur le bon chemin ou pas.
- 49:00Mais tout ça,
- 49:01après,
- 49:02c'est le fruit de réflexion,
- 49:05c'est le fruit du partage,
- 49:07c'est le fruit des rencontres,
- 49:09c'est le fruit de l'apprentissage permanent.
- 49:11Tout est lié,
- 49:12fondamentalement,
- 49:12tout est lié.
- 49:13Il y a des choses qu'on apprend de soi,
- 49:14de son vécu,
- 49:15et il y a des choses où on compte un peu sur les autres et du vécu des autres.
- 49:20C'est pour ça qu'on vit un peu en société.
- 49:22Voilà !
- 49:24On a besoin des autres.
- 49:25Je crois qu'il s'agit de cultiver plus que jamais en ces temps troubles,
- 49:28en ces temps compliqués.
- 49:30Je crois qu'il faut cultiver un optimisme lucide,
- 49:34pas béat.
- 49:35Un optimisme lucide qui te dit,
- 49:36c'est possible,
- 49:37on peut le faire.
- 49:38Et l'optimisme lucide s'appuie sur deux types.
- 49:40L'action,
- 49:40un optimisme ontologique,
- 49:43c'est l'état d'esprit,
- 49:44cette joie qui est en nous,
- 49:46cette capacité à rire,
- 49:48cette capacité à être léger,
- 49:49cette capacité à croire toujours à l'impossible qui devient possible.
- 49:53Donc un optimisme ontologique,
- 49:55ontos c'est l'être humain,
- 49:55mais l'optimisme ontologique n'est rien sans l'optimisme méthodologique.
- 49:59Et le méthodologique c'est quoi ?
- 50:00C'est le travail.
- 50:01Qu'est-ce que je vais mettre en action pour pouvoir réussir ce que j'ai envie de faire ?
- 50:08Un peu comme si on veut prendre une image pour pouvoir tendre vers ses rêves.
- 50:12Un rêve,
- 50:13c'est comme une enveloppe.
- 50:14Et quand on voit une enveloppe,
- 50:15tu mets un timbre-poste.
- 50:17Ça arrive à destination.
- 50:18Eh bien,
- 50:18il faut être comme un timbre-poste.
- 50:19Il faut coller à son rêve jusqu'au bout.
- 50:22Il faut que ça arrive à destination.
- 50:24Seul,
- 50:25avec les autres,
- 50:26avec le monde,
- 50:26bref.
- 50:28J'entends Malek.
- 50:30Alors,
- 50:30et les prochains rêves ?
- 50:33Je sais qu'il y en a plein.
- 50:34Plein,
- 50:34plein.
- 50:35Tu peux en dire quelques-uns ?
- 50:36Oui,
- 50:37très vite,
- 50:37parce que maintenant,
- 50:37je démarre toujours d'une feuille blanche.
- 50:39Alors,
- 50:39il y aura la troisième édition des 42.
- 50:41On sait où ça va se passer ?
- 50:42Non,
- 50:42c'est encore trop tôt,
- 50:432028.
- 50:44J'ai des idées,
- 50:44mais laissons les choses se mettre en place.
- 50:47Il y a des nouveaux partenaires de jeu qui rentrent,
- 50:49des nouveaux mentors qui rentrent,
- 50:51des nouvelles régions qui vont arriver que je n'avais pas.
- 50:53Je suis très content.
- 50:54Donc,
- 50:54on va augmenter l'amplitude et la densité des nouveaux...
- 50:58au sein de la team parce que j'aurais besoin de plus de monde et donc ça ça va être génial et et on a ce temps long à côté je repars sur une page blanche et l'ultra revient donc les 42 c'est 2028 un peu plus long parce qu'on a besoin de souffler parce que c'est le plus grand ultra marathon quand tu dois mobiliser quand tu dois motiver des
- 51:17jeunes des dirigeants c'est un groupe c'est comme une entreprise mais j'ai une amie qui m'a qui m'a quand je suis parti à Madagascar il y a à peu près 7 mois
- 51:26ou une série de masterclass là-bas,
- 51:28et rencontrer des ultra-trailers qui rêvaient de créer également un nouveau défi pour leur jeunesse.
- 51:34Et donc,
- 51:34on décide de lancer une nouvelle aventure.
- 51:36Et donc,
- 51:362027,
- 51:36ça sera la traversée de Madagascar en courant,
- 51:40pour créer une école d'itinérance sur place,
- 51:44pour aller dans les villages paumés et apporter également tout le discours joyeux et positif pour dire à cette jeunesse qu'on peut faire de grandes choses.
- 51:50Donc,
- 51:50on va partir du Cap Nord jusqu'au Cap Sud.
- 51:542 200 km de traversée en 42 jours,
- 51:56ça c'est la symbolique du marathon.
- 51:5722 500 mètres de délivrés positifs,
- 51:59on est en train de voir le parcours.
- 52:01Et donc,
- 52:02comme on part du Cap Nord au Cap Sud,
- 52:03on sera dans une école dite du Cap.
- 52:05Courage,
- 52:05abnégation,
- 52:06patience,
- 52:07voilà les qualités remarquables qu'on va mettre en avant pour nos jeunes.
- 52:09Et ça sera une course d'anthropologie sociale,
- 52:11relationnelle.
- 52:13Une course un peu à la Forest Gump,
- 52:14où on va inviter les Malgaches à venir courir,
- 52:16à venir découvrir leur pays et à créer des synergies entre eux pour créer un peuple uni et solidaire.
- 52:21Magnifique,
- 52:21mais tu t'entraînes.
- 52:22Quand,
- 52:23Malek ?
- 52:23Je ne comprends pas.
- 52:24À quel moment de la journée ou de la nuit tu t'entraînes ?
- 52:28Tu as dit,
- 52:28Lestie,
- 52:30quand il y a de la passion,
- 52:31on trouve toujours l'espace.
- 52:33S'entraîner,
- 52:34c'est un rendez-vous avec soi-même.
- 52:36C'est important de prendre soin de soi et les gens oublient de prendre soin d'eux-mêmes.
- 52:41Il faut se libérer des espaces,
- 52:42ça c'est un incompressible.
- 52:44Maintenant,
- 52:44comme il commence à faire beau,
- 52:45moi je sais qu'en témidier 2,
- 52:47dès que je peux,
- 52:48si je ne suis pas en intervention,
- 52:49en masterclass,
- 52:49en conférence,
- 52:50je suis au bureau en travail,
- 52:51midi et deux je mange pas je cours et sinon c'est la nuit après c'est la nuit ça me permet d'avoir l'amplitude qui va avec après les entraînements vont augmenter après je vais trouver de toute façon l'espace pour être prêt pour faire entre 50 et 80 km jour pendant 42 jours à un moment donné à partir de septembre de
- 53:10cette année il faudra,
- 53:11il n'y a pas le choix libérer l'espace pour pouvoir permettre au corps de tenir et faire face à ce nouveau défi
- 53:17En train de monter avec des nouveaux partenaires,
- 53:19avec des partenaires locaux.
- 53:20J'ai sollicité les archipels des Mascarennes,
- 53:21c'est Madagascar,
- 53:22c'est l'île Maurice,
- 53:23c'est la Réunion.
- 53:24On a pas mal de contacts là-bas.
- 53:25Avec une partie en France et créer une nouvelle synergie.
- 53:28La vie,
- 53:28c'est de rêver.
- 53:31Je l'espère qu'on sera capable de monter.
- 53:33On va te suivre,
- 53:34Malek.
- 53:34Avec plaisir.
- 53:35Avec plaisir,
- 53:36mais évidemment.
- 53:37Il y a quelque chose que je voudrais partager quand même avec les auditeurs,
- 53:40c'est que tu es un poète,
- 53:41un philoconteur.
- 53:44Tu racontes des histoires,
- 53:46c'est incroyable,
- 53:47tu en écris.
- 53:48Toutes tes inspirations se transforment en récits et ça,
- 53:51c'est vraiment aussi une manière de transmettre ce que tu vis,
- 53:57ton parcours et une façon aussi de...
- 53:59toucher les jeunes et les moins jeunes.
- 54:02J'aimerais d'abord dire où est-ce qu'on peut te lire,
- 54:04parce que j'aimerais bien pouvoir partager ça.
- 54:06Sur ton site,
- 54:07il y a quelques comptes.
- 54:09Tu ne l'ignores pas toujours.
- 54:11Mais oui,
- 54:11tu devrais.
- 54:12C'est tellement bien.
- 54:14Il parle plein d'actions.
- 54:18Moi,
- 54:18je crois beaucoup au réel.
- 54:18Je suis un adepte du réel touch par rapport au click touch.
- 54:23Je comprends.
- 54:24Il y a des gens qui adorent vivre derrière les écrans.
- 54:27Je préfère être au concret,
- 54:28au réel,
- 54:28donc beaucoup de déplacements,
- 54:29beaucoup de rencontres.
- 54:30Après,
- 54:30on m'écoute dans les conférences,
- 54:31on m'écoute dans mes masterclass.
- 54:34Mais tu as raison,
- 54:35ce qui permet de réussir les 42,
- 54:37ce qui permet de réussir les projets les plus fous qui m'animent,
- 54:39c'est la dimension narrative.
- 54:41Parce qu'il s'agit de trouver les bons mots pour pouvoir embarquer.
- 54:44Mais tout le monde est capable de faire ça,
- 54:45tout le monde est capable de compter,
- 54:46de raconter,
- 54:46parce que ça fait partie de l'ADN de l'être humain.
- 54:49Tout est histoire depuis l'aube des temps.
- 54:51Tout est histoire.
- 54:52Il s'agit de trouver les bons mots.
- 54:56Lorsqu'on raconte,
- 54:57au-delà de raconter une histoire,
- 54:59on crée du sublime,
- 55:01on guette l'invisible et on crée surtout cette envie collective de partager quelque chose qui nous dépasse.
- 55:08Lorsqu'on raconte,
- 55:09on modèle l'argile des mots dans ses pleins et déliés.
- 55:13Ce qu'on tait raconter,
- 55:14c'est faire advenir le beau,
- 55:15le juste et le digne.
- 55:16Voilà ce qu'on recherche dans la science humaine.
- 55:19On recherche de la justesse.
- 55:21En recherche de la beauté.
- 55:22Et surtout,
- 55:24en recherche de la dignité.
- 55:25Quand tu racontes une histoire,
- 55:26tu remarques dans toutes les histoires,
- 55:28dans tous les contes du monde entier,
- 55:30quels que soient les continents,
- 55:31quels que soient les océans et les mers,
- 55:33elles se regroupent tous.
- 55:35On a des héros,
- 55:36des héroïnes,
- 55:37peu importe.
- 55:38Mais ils n'ont pas de problème.
- 55:39Ils ont des épreuves.
- 55:42Et ça,
- 55:42c'est un message fort.
- 55:43Parce que la vie est faite d'épreuves.
- 55:44Et c'est dans les épreuves qu'on fait ses preuves.
- 55:46Donc,
- 55:46on se sublime.
- 55:48Et moi,
- 55:48ça m'alimente.
- 55:49Chaque semaine,
- 55:50j'écris une nouvelle histoire.
- 55:51Chaque semaine,
- 55:52j'apprends deux ou trois nouvelles histoires pour avoir ma bibliothèque de compte en tête.
- 55:56Et comme ça,
- 55:57après,
- 55:57moi,
- 55:57je raisonne quand j'ai une difficulté,
- 55:59quand je cours,
- 56:01quand je fais 80 kilomètres dans le désert.
- 56:03C'est ça.
- 56:03Je raconte mes histoires également.
- 56:05Je contemple la beauté du monde,
- 56:06la beauté du paysage.
- 56:07Et en même temps,
- 56:09je suis en situation de questionnement,
- 56:12en situation...
- 56:15Des fois,
- 56:15tu te dis,
- 56:15purée,
- 56:16c'est dur,
- 56:16c'est compliqué.
- 56:17J'ai une histoire qui me vient en tête.
- 56:18Tu me rassures,
- 56:19tu doutes comme tout le monde.
- 56:20Ah,
- 56:20mais pire que le mur,
- 56:21oh là là !
- 56:22Je ne vous ai pas raconté les pertes et les perditions.
- 56:27Des fois,
- 56:27ça a été extrêmement violent.
- 56:28Certaines courses à la limite de la rupture.
- 56:31Mais on revient,
- 56:31je reviens toujours,
- 56:35parce que je suis porté par le souffle de vie et par l'amour.
- 56:37Oui.
- 56:39Mais tu as quand même la capacité de l'émerveillement et c'est un exercice que d'apprendre régulièrement à transformer,
- 56:45à sublimer.
- 56:46Et puis,
- 56:46il faut avoir l'amour des mots pour pouvoir y dire.
- 56:49Je pense que c'est un apprentissage.
- 56:51Voilà,
- 56:51parce que tu dis c'est à la portée de tout le monde et tu le dis tout le temps.
- 56:55Oui,
- 56:55tout est à notre portée,
- 56:57mais il y a le travail derrière et l'envie.
- 57:02L'envie et le travail.
- 57:04Et ça,
- 57:05tu l'incarnes à merveille.
- 57:07Merci infiniment Malek,
- 57:09je ne veux pas te mettre en retard.
- 57:11J'aimerais pouvoir partager un de tes contes.
- 57:14Est-ce que tu as le temps ou est-ce que tu as encore quelques secondes pour nous ?
- 57:18Raconter une histoire ?
- 57:19Ou un conte ?
- 57:20Ou un récit ?
- 57:21Un conte,
- 57:22oui.
- 57:23Allez,
- 57:25en ces temps,
- 57:28quelle histoire on pourrait raconter en ces temps un peu géopolitiques extrêmement compliqués ?
- 57:34Oui.
- 57:36Tiens,
- 57:36il y a une belle histoire qu'on devrait magnifier par les temps qui courent avec tout ce qui se passe dans le fracas et dans le chaos du monde.
- 57:46On va partir loin dans le temps,
- 57:50on va aller du côté de la Mésopotamie de jadis,
- 57:53après je retravaille les histoires.
- 57:55Une belle histoire que j'ai intitulée
- 57:59« Levé du jour »
- 58:01pour apporter un éclairage autre par rapport à ce que nous vivons ici parce qu'on a l'impression tous d'être impuissants.
- 58:06L'impuissant génère de l'impatience et ça génère de la frustration,
- 58:09alors que la vie dont chacun à son niveau est capable de transformer son local pour pouvoir essayer de contribuer et d'être un ambassadeur du bien.
- 58:18C'est de ça dont on a besoin,
- 58:19et pas d'être un complice du mal,
- 58:21d'être un ambassadeur du bien.
- 58:22La levée du jour va nous donner une clé de réponse pour être ambassadeur du bien en ces temps d'augmentation plus ou moins généralisée.
- 58:32Ça s'est passé au tout commencement du temps.
- 58:34Quand hier était encore demain,
- 58:36et aujourd'hui un navire sans fin.
- 58:38Sur les côtes mésopotamiennes,
- 58:40accostent les navires.
- 58:42Sur les déserts et les hauts plateaux,
- 58:43se perdent les soupirs.
- 58:45Et dans les mémoires,
- 58:46se racontent les souvenirs.
- 58:48Quelque part,
- 58:49loin,
- 58:50dans le désert,
- 58:51une grande capitale d'un grand empire.
- 58:54Là-bas,
- 58:55il y a un sage.
- 58:57On ne sait plus si c'est un homme ou une femme,
- 58:59peu importe,
- 59:00parce que l'histoire a effacé les visages.
- 59:02On va dire un sage parmi les sages,
- 59:05un sage ayant traversé les âges,
- 59:07un sage riche de son vécu,
- 59:11qui sert.
- 59:12de levier,
- 59:13qui sert de guide pour cet empire,
- 59:16pour le roi,
- 59:16pour les puissants ou pour les gens d'en bas.
- 59:19Et ce sage,
- 59:19il est aimé,
- 59:20il est connu,
- 59:21il est reconnu,
- 59:22parce qu'il a toujours su partager deux trésors enfuis à l'intérieur de lui-même et à l'intérieur de nous tous,
- 59:27la clarté de l'esprit qui rend libre et la bonté du cœur qui rend heureux.
- 59:32Il est aimé,
- 59:32connu et reconnu,
- 59:34ou elle est aimée,
- 59:35connue et reconnue,
- 59:36parce que sa parole est puissante,
- 59:39son jugement bienveillant,
- 59:40son silence invitant.
- 59:42Et son rire jubilatoire,
- 59:43alors on l'écoute avec joie,
- 59:46pour éclairer,
- 59:47apporter,
- 59:48semer toutes ces graines d'émerveillement dont le monde a besoin.
- 59:51Mais le temps a passé,
- 59:53le temps a plus que passé,
- 59:55et il se sent vieux,
- 59:57très vieux,
- 59:58fatigué.
- 59:59Il a dépassé l'âge canonique,
- 1:00:01et il sent que son temps est révolu,
- 1:00:02qu'il est temps de partir et de laisser place à la nouvelle génération.
- 1:00:06Parce qu'à cette époque-là,
- 1:00:07la plupart des hommes et des femmes étaient connectés avec l'invisible,
- 1:00:10qui est le tronc du visible,
- 1:00:11et on savait à quel moment on allait partir.
- 1:00:13Alors il annonce aux puissants,
- 1:00:15il annonce au peuple,
- 1:00:17il annonce à tous et à toutes qu'il laisse la place,
- 1:00:21et qu'il va basculer dans une autre vie.
- 1:00:23Tout le monde est atterré,
- 1:00:25et tout le monde a peur,
- 1:00:26comment il va nous quitter ?
- 1:00:28C'est le guide,
- 1:00:28c'est la lumière,
- 1:00:29comment on va faire sans lui ?
- 1:00:30Et il leur dit,
- 1:00:31de toute façon,
- 1:00:31la vie est faite d'intergénérationnels,
- 1:00:33et qu'à un moment donné,
- 1:00:34il faut laisser la place.
- 1:00:36À la jeunesse,
- 1:00:37il est temps.
- 1:00:38Alors,
- 1:00:39tout le monde pleure et ce sage ou cette sage leur dit,
- 1:00:42allez,
- 1:00:43demain,
- 1:00:44je vais vous transmettre mes dernières interrogations.
- 1:00:47J'essaie de vous transmettre peut-être un dernier message.
- 1:00:50Alors venez.
- 1:00:51Et après,
- 1:00:52je ne serai plus là.
- 1:00:53Le lendemain,
- 1:00:54quand il se met sur la haute crête de la montagne qui surplombe tout l'Empire,
- 1:00:59toute la ville,
- 1:01:00avec l'immensité des articles au large,
- 1:01:02ce sage ou cette femme est surpris.
- 1:01:06Tout le monde,
- 1:01:08la multitude,
- 1:01:09la plénitude,
- 1:01:11les puissants,
- 1:01:12ils sont même venus des autres territoires.
- 1:01:14Sa notoriété a dépassé le cadre des frontières.
- 1:01:19Il est touché,
- 1:01:19il ne pensait pas que rien que quelques mots bien posés,
- 1:01:22ajustés,
- 1:01:23a généré autant d'amour et il se dit,
- 1:01:25ils sont tous là.
- 1:01:27Tout le monde attend sa dernière parole,
- 1:01:30tout le monde attend ses dernières fulgurances,
- 1:01:33alors il regarde.
- 1:01:34La plèbe,
- 1:01:35il regarde le monde fou et il leur dit ceci.
- 1:01:41C'est mon dernier message,
- 1:01:43ma dernière interrogation peut-être,
- 1:01:45parce que les questions rassemblent mais les réponses divisent toujours.
- 1:01:48Alors vous savez,
- 1:01:48dit-il,
- 1:01:50nul ne peut atteindre l'aube,
- 1:01:52nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit.
- 1:01:55Et chaque aube qui se lève efface les cris de la nuit précédente.
- 1:01:59Et les nuits sont enceintes.
- 1:02:01Et nul ne sait quel jour va se lever.
- 1:02:03Alors j'ai une question,
- 1:02:03comment savoir que le jour s'est levé et que la nuit s'est éteinte ?
- 1:02:07Voilà ma dernière leçon.
- 1:02:10Comment savoir que le jour s'est levé et que la nuit s'est éteinte ?
- 1:02:13Broie !
- 1:02:15Dans la plèbe,
- 1:02:16les gens se regardent.
- 1:02:17Qu'est-ce que c'est que cette question ?
- 1:02:19Simple,
- 1:02:19ça paraît évident,
- 1:02:20c'est ça sa dernière leçon.
- 1:02:21Les gens sont un peu surpris,
- 1:02:22voire étonnés,
- 1:02:23voire certains déçus.
- 1:02:24Et là il y a une petite fille qui prend la parole et qui dit,
- 1:02:27maître !
- 1:02:28Je ne sais pas,
- 1:02:28votre question,
- 1:02:30elle est simple.
- 1:02:30Le jour,
- 1:02:31il y a le soleil.
- 1:02:32La nuit,
- 1:02:32il y a les étoiles et la lune.
- 1:02:35Et le sage ou la sage dit,
- 1:02:38c'est vrai,
- 1:02:39mais il y a autre chose.
- 1:02:40Il n'y a pas que ça.
- 1:02:41Alors,
- 1:02:43une femme d'un certain âge,
- 1:02:45on va dire d'un entre deux,
- 1:02:46entre juvénilité et maturité,
- 1:02:49prend la parole et dit,
- 1:02:51le jour,
- 1:02:52on distingue tout.
- 1:02:53On voit les formes et la nuit,
- 1:02:54on ne voit que des ombres.
- 1:02:56Là,
- 1:02:56il fait peut-être,
- 1:02:57mais il y a autre chose.
- 1:02:59Alors un cheveu gris,
- 1:03:00un ancien prend la parole et dit,
- 1:03:01mais maître,
- 1:03:02c'est facile,
- 1:03:02le jour on est capable de distinguer l'arganier du Baobab,
- 1:03:06le lycaon de la hyène,
- 1:03:08et la nuit c'est une indistinction totale.
- 1:03:11Ouais,
- 1:03:11peut-être,
- 1:03:12mais il y a autre chose.
- 1:03:12Bref,
- 1:03:13il y a plein de gens qui prennent la parole,
- 1:03:14tout le monde propose des choses à chaque fois.
- 1:03:17Peut-être,
- 1:03:17mais il y a autre chose.
- 1:03:19Et là donc,
- 1:03:20l'empereur de ce grand empire prend la parole et dit,
- 1:03:23bon,
- 1:03:24on attend.
- 1:03:26Si vous posez la question,
- 1:03:26c'est que vous avez certainement peut-être un éclairage à nous apporter.
- 1:03:30Et le sage parmi les sages,
- 1:03:32le sage ayant traversé les âges,
- 1:03:34le sage sans visage,
- 1:03:35leur dit alors ceci.
- 1:03:37Comment savoir que le jour s'est levé ?
- 1:03:39Eh bien,
- 1:03:40il s'agit d'être curieux.
- 1:03:41La vie,
- 1:03:42il faut être curieux.
- 1:03:42Parce que la curiosité,
- 1:03:43c'est le plus puissant moteur qui permet de lutter contre les deux plus grands fléaux de l'humanité que sont la peur et les ignorances.
- 1:03:49Donc,
- 1:03:49il s'agit d'être curieux et de regarder au loin.
- 1:03:51Pas auprès,
- 1:03:52il faut regarder au loin,
- 1:03:53il faut regarder à l'horizon.
- 1:03:54Et quand vous regardez à l'horizon et que vous êtes curieux et que vous voyez qu'il y a une forme,
- 1:03:58vous voyez un objet,
- 1:03:59il faut s'approcher.
- 1:04:00Et quand vous voyez que cet objet,
- 1:04:01vous vous rapprochez et que vous êtes curieux,
- 1:04:03vous voyez que cet objet,
- 1:04:04c'est un animal.
- 1:04:05Il faut être curieux,
- 1:04:06il faut encore s'approcher.
- 1:04:07Et quand vous vous approchez et que vous voyez que cet animal,
- 1:04:10ce n'est pas un animal,
- 1:04:11c'est un être humain,
- 1:04:12il faut être curieux,
- 1:04:13il faut encore s'approcher.
- 1:04:14Et quand vous vous approchez et que vous voyez que cet être humain,
- 1:04:17C'est un étranger,
- 1:04:18quelqu'un complètement différent de vous,
- 1:04:20sur le plan de la couleur,
- 1:04:21sur le plan des idées,
- 1:04:22sur le plan de l'altérité.
- 1:04:23Il faut être curieux,
- 1:04:24il faut encore s'approcher.
- 1:04:25Et quand vous approchez de cet étranger,
- 1:04:27et que vous lui tendez la main et que vous l'embrassez,
- 1:04:29là seulement,
- 1:04:30seulement là,
- 1:04:31le jour se lève.
- 1:04:33Car si je suis né de la terre,
- 1:04:35où que j'aille se trouve ma patrie,
- 1:04:37et tous les êtres humains sont mes frères,
- 1:04:39mes sœurs et mes parents.
- 1:04:41Septième siècle avant notre ère,
- 1:04:43levé du jour,
- 1:04:44qui fait écho au propos d'un Martin Luther King qui disait lors de son dernier discours,
- 1:04:48avant son assassinat,
- 1:04:50on devrait relire Martin Luther King au-delà de « I have a dream » ,
- 1:04:53il disait
- 1:04:54« Nous avons appris à voler comme des oiseaux,
- 1:04:58nous avons appris à nager comme des poissons,
- 1:05:01mais nous n'avons pas encore appris à vibrer comme des frères et des sœurs sur cette terre. »
- 1:05:05Levé du jour.
- 1:05:07Ce magnifique défi d'aller rencontrer l'autre.
- 1:05:12Malek.
- 1:05:14Et sur un espoir.
- 1:05:16Bien sûr.
- 1:05:16Infini,
- 1:05:17parce que plein de fois,
- 1:05:18ça fonctionne.
- 1:05:19Il y a plein de gens qui regardent tout au fond de l'horizon et qui arrivent à distinguer les formes et qui rencontrent d'autres personnes.
- 1:05:28Ça arrive tous les jours.
- 1:05:31Et puis,
- 1:05:33oui,
- 1:05:34voilà.
- 1:05:35Ce ne sont pas les histoires qu'on raconte et qu'on relate tous les jours,
- 1:05:39mais pourtant elles surviennent tous les jours.
- 1:05:44C'est ça que tu transmets tous les jours à tes jeunes et à tes moins jeunes.
- 1:05:49En tout cas,
- 1:05:50c'est un plaisir de t'avoir reçu,
- 1:05:52d'avoir contribué comme relais à ta parole et à ton récit.
- 1:05:57Merci infiniment pour ta générosité,
- 1:06:00Malek.
- 1:06:00On va continuer à te suivre et à prendre...
- 1:06:04à l'infini de ce que tu nous transmets.
- 1:06:06Ça a été un vrai bonheur.
- 1:06:08Réciproque,
- 1:06:09chère Imane,
- 1:06:09merci infiniment de ton écoute,
- 1:06:11merci infiniment de tes relances et vraiment au plaisir de contrer la question.
- 1:06:17Oui,
- 1:06:17pour d'autres histoires.
- 1:06:18Voilà,
- 1:06:19parce que la vie,
- 1:06:19c'est que ça.
- 1:06:20Et pour d'autres histoires.
- 1:06:22Reviens quand tu veux,
- 1:06:22Malek.
- 1:06:23Avec joie.
- 1:06:24Merci beaucoup.
- 1:06:24Merci beaucoup.
- 1:06:30Mes chers amis,
- 1:06:31si ce podcast vous a fait pousser les ailes du dépassement de soi et du dépassement commun,
- 1:06:38participez à son partage,
- 1:06:40offrez les bonnes ondes autour de vous.
- 1:06:43Retrouvez les vidéos et les liens pour Malek en description et aussi sur l'Instagram d'Enquête d'accord où je vous attends tous les jours de l'autre côté de l'écran.
- 1:06:54Abonnez-vous et puis à très vite.