Latest / En quête d' Accord - L'art d'être en lien / La musique, ce langage qui soigne. Nicolas Jaud nous raconte sa musicothérapie.
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- 0:05En quête d'accord,
- 0:07l'art de communiquer est être en lien.
- 0:14Écoutez le vent courir sur le ressac,
- 0:19entre les bambous,
- 0:21face à l'estuaire.
- 0:24La Loire se donne à l'océan,
- 0:27repos et ouverture.
- 0:29La petite villa parmi les arbres fruitiers se nomme l'Éclaircie.
- 0:35Ici,
- 0:36consulte
- 0:37Nicolas Jaude,
- 0:39musicothérapeute.
- 0:41Entrez,
- 0:42il nous accueille.
- 0:48Bonjour Nicolas.
- 0:49Salut Lina.
- 0:50Nicolas Jaude.
- 0:51Oui.
- 0:51Je suis tellement heureuse que tu sois là avec moi pour parler de plein de sujets.
- 0:58Des sujets...
- 1:00Des sujets qui nous touchent tous les deux,
- 1:02la musicothérapie.
- 1:03C'est quelque chose qui n'existe pas dans mon monde actuel.
- 1:07Et je suis très heureuse de savoir que dans des contrées pas si lointaines,
- 1:12parce que tu nous viens de Saint-Nazaire,
- 1:14il y a un monde où la musique est un soin.
- 1:18Toi,
- 1:18tu l'as découvert quand,
- 1:19Nicolas ?
- 1:21Quand j'étais tout petit,
- 1:22probablement.
- 1:24Quand j'étais tout petit,
- 1:25parce que...
- 1:27Quand je suis venu à la musicothérapie,
- 1:29j'étais déjà sur un âge un peu plus avancé,
- 1:32je me suis posé la question pourquoi la musicothérapie ?
- 1:35C'est une succession de hasards et de rencontres qui font qu'à un moment donné,
- 1:38elle émerge.
- 1:39On aura peut-être l'occasion d'en parler.
- 1:41Mais ce qui s'affirme,
- 1:44à un moment donné,
- 1:45c'est plus la relation avec la musique et le sonore qui,
- 1:49pour moi,
- 1:51au plus loin que je peux aller dans mes souvenirs,
- 1:53ça commence vraiment tout petit,
- 1:55par des événements très simples.
- 1:56Un son qui survient,
- 1:58une musique qui s'attarde en moi,
- 2:00qui m'obsède même parfois.
- 2:02Je me suis rappelé de la première fois que j'ai écouté les Beatles.
- 2:05J'avais
- 2:067 ans.
- 2:07Je l'ai écouté en boucle,
- 2:08je l'avais enregistré sur une cassette.
- 2:10C'était mon voisin qui m'avait laissé son 33 tours,
- 2:13offert par son amoureuse de l'époque.
- 2:14Bref,
- 2:15il y avait tout un bel objet qui était entre mes mains.
- 2:18Et cette musique surtout,
- 2:21qui m'alimentait,
- 2:23qui me nourrissait,
- 2:24qui me portait.
- 2:25Et vraiment,
- 2:26comme je disais,
- 2:27aussi loin où je peux me rappeler,
- 2:30il y a vraiment cette relation très particulière avec la musique et le sonore qui s'inscrit dans mon existence.
- 2:36Et c'est pour cela qu'à un moment donné,
- 2:38la musicothérapie émerge comme une évidence,
- 2:40vraiment.
- 2:41De cette façon d'être en relation avec l'autre en utilisant la musique et le sonore.
- 2:47Quelque chose d'absolument facilitant,
- 2:49qui va bien plus loin que les mots,
- 2:51là où les mots parfois même n'existent pas.
- 2:53La musique,
- 2:53elle fait très bien le job.
- 2:54là-dessus.
- 2:55Donc c'est comme ça qu'émerge la musicothérapie autour de la quarantaine,
- 3:00c'était en 2016 exactement.
- 3:02Tu étais infirmier déjà ?
- 3:04Alors je suis devenu infirmier un peu tardivement,
- 3:05j'ai honte.
- 3:06Pourquoi honte ?
- 3:09C'est que j'étais un jeune professionnel de santé encore à l'époque parce que je suis devenu infirmier j'avais
- 3:1633 ans à peu près.
- 3:17Et ton premier métier ?
- 3:19Mes premiers métiers même d'ailleurs.
- 3:21J'ai un parcours scolaire un peu complexe qui est fait de tours et de détours,
- 3:26d'errance,
- 3:26d'échec aussi.
- 3:27On apprend beaucoup de ces échecs et qui fait que j'émerge après une première partie de mon jeune âge adulte avec pas mal d'errance à un moment donné dans une rédaction et je deviens journaliste à cette époque-là.
- 3:41C'est un métier qui m'a passionné,
- 3:43passionné,
- 3:43passionné.
- 3:44J'ai aimé.
- 3:45et écumer les routes de campagne et les petites villes,
- 3:48faire des conseils municipaux,
- 3:50et surtout rencontrer des gens.
- 3:51Et ça,
- 3:52c'est quelque chose qui a été très clair.
- 3:54C'est ce métier,
- 3:55je l'aimais,
- 3:56car il me mettait en relation avec l'autre.
- 3:58Je témoignais aussi des histoires des autres.
- 3:59Et ça,
- 4:00quand on est journaliste,
- 4:01surtout en presse quotidienne régionale,
- 4:03on a vraiment cette fonction un peu d'animateur,
- 4:05de relais,
- 4:05d'écoute,
- 4:07qui est très,
- 4:07très importante.
- 4:08Ce métier,
- 4:09je l'ai fait pendant quelques années.
- 4:10Et puis ensuite,
- 4:12il reste longtemps qu'il y avait d'autres choses qui me...
- 4:14qui m'animait,
- 4:16peut-être plus dans le monde des idées.
- 4:18J'ai travaillé surtout après dans l'édition du livre,
- 4:21auprès de deux éditeurs.
- 4:23C'était une expérience aussi qui était remarquable.
- 4:25Mais il y avait d'autres choses qui se tramaient en arrière-plan et qui ont éclos.
- 4:29Et le mot,
- 4:30je pense,
- 4:30qui est vraiment important,
- 4:31éclos,
- 4:33autour de la trentaine,
- 4:34avec un passage vraiment très fort,
- 4:36une forme de prise de conscience qu'il y avait déjà quelque chose qui était là.
- 4:41J'avoue,
- 4:41petite parenthèse.
- 4:42La psychanalyse m'a peut-être un petit peu aidé,
- 4:44mais ça éclot naturellement autour de la trentaine comme une évidence.
- 4:48Je veux devenir professionnel de santé.
- 4:49Oui,
- 4:50donc tu es venu au monde du soin.
- 4:52Tu n'es pas resté infirmier parce que tu t'es spécialisé dans beaucoup de domaines.
- 4:57Tu as fait plusieurs formations.
- 4:59Les principales formations,
- 5:00c'est la musicothérapie qui est une formation à part entière.
- 5:03Je pense que tu as étudié à la faculté de médecine de Nantes pour la musicothérapie.
- 5:10et aussi tu as suivi aussi une formation autour de l'hypnose et dans l'hypnose à Hypnosia et c'est là où tu as rencontré le professeur Biaud c'est parmi tes mentors et parmi tes inspirateurs il y en a quelques-uns
- 5:29que tu cites
- 5:32Tu veux en parler de ces personnes que tu as rencontrées et qui ont un petit peu influencé ta trajectoire et ta pensée ?
- 5:40Il y en a plein.
- 5:41Et quand je me connecte à eux,
- 5:44c'est vrai que ça marque aussi des rencontres qui sont assez fondamentales.
- 5:48Je dirais peut-être la première personne à laquelle je pense,
- 5:51c'est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'affection,
- 5:54c'est mon ami Jacques Gudin.
- 5:56qui a été mon analyste à l'époque,
- 5:58lorsque j'avais 24 ans,
- 6:00et avec lequel j'ai travaillé pendant plusieurs années,
- 6:03et qui est devenu mon superviseur,
- 6:04et avec lequel je continue à travailler encore aujourd'hui.
- 6:07On a une très très longue amitié,
- 6:09et c'est quelqu'un que j'aime beaucoup.
- 6:12Et concernant l'hypnose,
- 6:14oui,
- 6:14il y a eu cette rencontre avec Antoine.
- 6:16Alors Antoine,
- 6:16je l'avais rencontré la première fois à Paris 8.
- 6:18Antoine Biry.
- 6:19Antoine Biry,
- 6:19oui,
- 6:20sur le début,
- 6:21le premier début de...
- 6:23d'études,
- 6:24des trans et états de conscience modifiés.
- 6:26C'était l'intitulé de ce premier DU,
- 6:28qui était un DU révolutionnaire.
- 6:30Et lorsque je me suis inscrit,
- 6:32je me suis dit,
- 6:33il n'y aura jamais la chance de pouvoir y arriver.
- 6:36Il y a tellement de personnes qui vont vouloir s'inscrire.
- 6:40Il y en a eu plein,
- 6:41d'ailleurs.
- 6:42Et donc,
- 6:42j'ai pu effectuer ce premier DU.
- 6:44C'était une expérience qui était extrêmement riche.
- 6:45Et je me suis senti comme à la maison.
- 6:48Vraiment,
- 6:48c'est le mot.
- 6:49Comme à la maison.
- 6:50C'est-à-dire que les gens que je rencontrais,
- 6:52ça me
- 6:52me parlaient et les concepts qu'on abordait me parlaient énormément.
- 6:55Et c'était vraiment une première rencontre aussi avec l'hypnose,
- 6:58que je ne connaissais pas encore à l'époque,
- 7:00donc là on est en 2022.
- 7:01Et j'ai décidé donc après ce DU,
- 7:05qui a duré un an,
- 7:08d'affirmer cette trajectoire autour de l'hypnose.
- 7:10Et je me suis inscrit à une formation à Hypnosia.
- 7:14à Nantes.
- 7:15Qui est un centre hypnosiaque,
- 7:17un centre de formation à l'hypnose.
- 7:19Exactement,
- 7:20centre de formation à l'hypnose.
- 7:21Dante le fondateur et Antoine Biauille.
- 7:24Antoine Biauille,
- 7:24oui,
- 7:25tout à fait.
- 7:25Avec aussi
- 7:26Dr Thierry Servila et
- 7:29Dr Nicolas Gouin,
- 7:30qui sont tous les deux animateurs de cette formation.
- 7:36Ça m'a tellement plu que je suis resté faire mes consultations là-bas.
- 7:39J'ai fait cette formation et j'y suis resté pendant un an à consulter.
- 7:44Donc voilà,
- 7:45l'hypnose,
- 7:45j'y suis venu un peu tardivement,
- 7:47mais la culture hypnotique était déjà bien là,
- 7:49bien entendu.
- 7:49Je l'avais rencontrée déjà à maintes reprises autour d'une pratique qui s'appelle le rêve éveillé libre non dirigé,
- 7:57qui est une forme d'hypnose profonde,
- 7:58on va dire.
- 7:59Et puis,
- 8:01à travers mes lectures,
- 8:04mais je n'ai pas commencé par la formation hypnose,
- 8:06c'est ça.
- 8:07J'ai terminé par la formation hypnose,
- 8:08qui est venue peut-être tout simplement,
- 8:10j'ai envie de dire,
- 8:11conforter.
- 8:13affinité avec cette pratique.
- 8:14Actuellement,
- 8:14Nicolas,
- 8:16tu pratiques l'hypnose,
- 8:17tu pratiques la musicothérapie et tu es aussi formateur dans ce cadre.
- 8:23Oui,
- 8:24alors formateur pas en hypnose,
- 8:25mais plutôt auprès des étudiants en musicothérapie.
- 8:28Alors,
- 8:28c'est vrai que ce que je ne t'ai pas dit,
- 8:30c'est que la formation en musicothérapie s'effectue dans un cadre universitaire à Montpellier.
- 8:36C'est un diplôme universitaire de musicothérapie.
- 8:40Il y a la particularité d'être sur trois ans.
- 8:42Donc,
- 8:42c'est un peu un ovni.
- 8:44C'est-à-dire que c'est plus lent que d'habitude.
- 8:46Les diplômes d'université,
- 8:48en principe,
- 8:48durent une année.
- 8:50C'est généralement le cas,
- 8:50oui.
- 8:51Une à deux années.
- 8:52Là,
- 8:52c'est sur trois ans.
- 8:53C'est vraiment tout un cheminement sur trois ans qui est vraiment bien balisé.
- 8:57Et donc,
- 8:58il y a Montpellier qui délivre un diplôme universitaire et l'Université de Nantes également.
- 9:04Ça se passe dans la faculté de médecine de l'Université de Nantes.
- 9:07Ok.
- 9:07Qui sont admis pour...
- 9:09pour apprendre et être formé à la musicothérapie ?
- 9:12Il y a deux portes d'entrée,
- 9:13et ça,
- 9:13c'est vraiment très intéressant.
- 9:15Il peut y avoir des professionnels de santé,
- 9:17il y a un niveau Bac plus 3,
- 9:19donc c'est paramédicaux,
- 9:20et puis après,
- 9:22ça peut être des médecins,
- 9:22ça peut être des...
- 9:24des psychologues,
- 9:25il y a aussi parfois des enseignants également qui viennent,
- 9:27mais il y a aussi des gens qui viennent du monde de la musique et de l'enseignement musical,
- 9:29par exemple,
- 9:30et qui n'ont pas forcément ces préalables et ces cultures soignantes.
- 9:34Il y a vraiment une rencontre,
- 9:35une culture commune qui se fait au fil des trois ans.
- 9:38Ce que dit
- 9:39François-Xavier Vray,
- 9:41qui est le fondateur de ce DU,
- 9:42c'est que parfois,
- 9:43on a du mal à l'issue des trois ans,
- 9:47on ne sait pas qui est professionnel de santé et qui ne l'est pas.
- 9:50Ça se confond.
- 9:50Il y a vraiment ça se confond.
- 9:52Ce DEU est vraiment remarquable.
- 9:53Aujourd'hui,
- 9:55il est toujours très actif.
- 9:57Il y a des sessions qui se font d'année en année.
- 9:59Je ne me rappelle plus le nombre d'années d'études qu'il y a,
- 10:02mais ça date quand même maintenant.
- 10:04C'est un DEU qui est très réputé.
- 10:07Nicolas,
- 10:08est-ce que tu es musicien ?
- 10:09Oui,
- 10:10je suis musicien,
- 10:11mais j'ai une particularité,
- 10:12c'est que je n'ai pas été sur les bancs des conservatoires.
- 10:16Peut-être que j'étais un adou un peu rebelle ou un enfant un peu rebelle.
- 10:19À l'époque,
- 10:20je n'ai jamais voulu aller au conservatoire.
- 10:22Peut-être,
- 10:23maintenant j'y pense,
- 10:24mais il y a quelque chose de l'ordre d'une relation à la musique,
- 10:26je pense,
- 10:26qui était très privilégiée.
- 10:29Je ne voulais pas forcément apprendre la musique,
- 10:31je voulais faire et vivre la musique.
- 10:33Et donc,
- 10:33finalement,
- 10:35je ne suis pas passé du côté du conservatoire.
- 10:37Et par contre,
- 10:38j'ai appris à jouer de la guitare,
- 10:39j'ai appris à jouer du piano,
- 10:40j'ai appris à chanter.
- 10:41Tu joues combien d'instruments ?
- 10:42Je touche à tout.
- 10:45je savais j'ai bien bidouillé et je suis très curieux et j'adore c'est vrai que c'est de bidouiller mais j'ai même considéré comme expert en rien aussi ce qui ouvre aussi le champ d'une grande curiosité et voilà on peut se tourner mais curieux de tout mais curieux de tout tout à fait alors aujourd'hui je
- 11:02compte sur toi pour m'éclairer sur ce soin qu'est la musique parce qu'on le pressent tous on sait que la musique nous change Merci.
- 11:11On sait que notre état d'esprit,
- 11:13nos émotions se confondent et se modifient même à l'écoute d'un morceau et qu'on peut être galvanisé par un morceau.
- 11:23Quand on veut courir,
- 11:24on choisit les playlists qui servent à nous donner de l'énergie,
- 11:29à nous booster.
- 11:30Et des fois,
- 11:30quand on a envie de pleurer,
- 11:32on peut se mettre un morceau de je ne sais quelle chanteuse
- 11:37R'n'B et on va...
- 11:39Et on va se mettre dans le mood de tristesse absolue.
- 11:43Tout à fait.
- 11:45Pourquoi la musique,
- 11:46elle a ce pouvoir sur nous,
- 11:50d'une part,
- 11:52mais surtout,
- 11:53comment est arrivée la musique dans les hôpitaux,
- 11:58dans les bureaux de consultation,
- 12:00dans les cabinets de consultation,
- 12:02et comme outil à part entière du soin ?
- 12:05Je pense que c'est une très longue histoire.
- 12:07La relation à la musique,
- 12:09je pense qu'il faut aller vraiment peut-être à l'origine de l'origine,
- 12:12que depuis peut-être toujours,
- 12:15l'homme a une relation très particulière avec cette musique.
- 12:20Peut-être,
- 12:21certains le disent,
- 12:22d'ailleurs c'est l'affirme,
- 12:25on a été musicaux avant d'être dédiés à la parole.
- 12:28Donc cette musique,
- 12:29elle nous accompagne depuis toujours.
- 12:31Faut-il l'appeler vraiment musique lorsqu'on est dans les premiers hominidés ?
- 12:34Peut-être pas,
- 12:35mais du cas,
- 12:36il y a quelque chose de l'ordre de la musicalité,
- 12:38dans ce qui a peut-être précédé le langage.
- 12:41Et ça,
- 12:41il y a beaucoup de chercheurs qui vont là-dessus.
- 12:44Et donc,
- 12:44cette musique,
- 12:45elle nous accompagne depuis la nuit des temps.
- 12:48Après,
- 12:49il y a des sources historiques qui attestent l'utilisation de la musique dans l'Antiquité.
- 12:54Plus le rythme ?
- 12:55Le rythme et la musique.
- 12:56Le rythme,
- 12:57parce que je vois surtout des tambours.
- 13:00mais des modes également,
- 13:02des modes,
- 13:02des gammes,
- 13:03de l'assemblage de notes qui créent des humeurs.
- 13:06Oui,
- 13:06tout à fait.
- 13:07Il y a des sources qui sont très précises là-dessus.
- 13:09Et aussi de chant également,
- 13:13de psaume.
- 13:14Spiritualité et musique sont très proches aussi.
- 13:16Donc,
- 13:16il y a aussi parfois cet effet qui est recherché.
- 13:19On le voit dans des sources historiques aussi.
- 13:22Une recherche de transcendance,
- 13:23de connexion,
- 13:24de connexion à quelque chose de plus grand que soi,
- 13:26quelque chose aussi qui nous relie les uns les autres.
- 13:28ça c'est quand même plutôt pas mal,
- 13:29la musique elle fait bien le job là-dessus,
- 13:32donc il y a beaucoup de choses là-dessus,
- 13:33et puis il y a aussi tous ces courants,
- 13:35on peut en avoir aussi au fil de l'histoire et je pourrais peut-être pas forcément m'y attarder mais je pense à des femmes comme Hildegard de Bingen qui elle aussi elle parlait pas forcément de musique dite thérapeutique mais la musique avait un effet qui était très particulier dans sa façon de chanter dans
- 13:51les mots employés,
- 13:52dans la posture dans le geste vocal,
- 13:54il y a vraiment un effet recherché et qui est bigrement efficace
- 13:58Et puis,
- 13:59vraiment là,
- 14:00on peut dire où la musicothérapie va vraiment émerger,
- 14:03on va faire un saut dans le temps,
- 14:04c'est plutôt
- 14:0520e siècle,
- 14:07avec des premières expériences où on utilise la musique,
- 14:12notamment dans le milieu de la santé mentale.
- 14:14à l'époque,
- 14:15en psychiatrie.
- 14:16Et puis,
- 14:17il apparaît vraiment clairement ce terme musicothérapie dans les années 50.
- 14:22Avec notamment quelques entrées qui vont dans l'accompagnement post-trauma,
- 14:28par exemple,
- 14:28des gens qui ont participé au conflit militaire.
- 14:33Et puis,
- 14:34petit à petit,
- 14:35la musicothérapie fait sa place.
- 14:36Surtout outre-Atlantique.
- 14:38Elle arrive en France un peu plus tard,
- 14:40avec un petit temps de décalage.
- 14:42avec un homme qu'ils appellent Jacques Jost,
- 14:43qui est ingénieur du son et qui apporte vraiment cette musicothérapie en France.
- 14:47Et là,
- 14:47on est dans les années 60.
- 14:49Et il a fallu un petit peu de temps pour que les choses puissent commencer à se faire.
- 14:53Et puis,
- 14:56il y a eu des personnes intéressées qui se sont rassemblées.
- 14:58Et puis,
- 14:58dans les années 70,
- 14:59on commence à voir apparaître vraiment des premières publications autour de la musicothérapie,
- 15:03des premières expériences qui peuvent se réaliser.
- 15:07On le voit surtout du côté de la santé mentale aussi,
- 15:09dans la psychiatrie.
- 15:10Je pense notamment au centre Masurel à la Roche-sur-Yon,
- 15:12où il y avait à l'époque un pavillon dédié à la musicothérapie,
- 15:18avec des gens comme le professeur Edith Lecour,
- 15:20qui est devenue vraiment une grande animatrice de la musicothérapie en France.
- 15:26Et donc les choses se mettent en œuvre petit à petit,
- 15:28et dans les années 80,
- 15:29on va commencer à avoir des formations de musicothérapeutes qui vont commencer à émerger.
- 15:36Ça commence à peu près à cette période-là,
- 15:37du côté de Nantes notamment.
- 15:38Qu'est-ce qu'on étudie durant les trois années de musicothérapie ?
- 15:45Beaucoup de choses.
- 15:45Là,
- 15:46c'est très complet.
- 15:47Il va y avoir des éléments de culture déjà autour de la psychologie du développement,
- 15:54sur quelle forme d'utilisation de la musique on peut avoir dans le milieu du soin,
- 15:57quelle différence entre de la musicothérapie et de l'animation musicale,
- 16:02ce qui n'est pas du tout la même chose.
- 16:04Donc réfléchir aussi et commencer à élaborer les contours de ce qui est thérapeutique,
- 16:07de ce qui ne l'est pas.
- 16:09On peut écouter de la musique ensemble et ce n'est pas de la musicothérapie.
- 16:12On peut jouer de la musique ensemble et ce n'est pas de la musicothérapie.
- 16:15Donc il y a toute une réflexion autour de cette notion du cadre qui est très importante.
- 16:19Et puis on va cheminer aussi au fil d'éléments de connaissances en psychothérapie,
- 16:24avec des professionnels qui viennent donner des cours magistraux sur cette question-là.
- 16:28On va aussi faire des stages dans les institutions.
- 16:30pour pouvoir aussi voir comment travaillent les musicothérapeutes et avoir des éléments de culture aussi.
- 16:36Bref,
- 16:36ces trois ans sont vraiment bien remplis.
- 16:37Il y a des évaluations qui font trembler tous les étudiants et surtout un mémoire de fin d'études qui permet à chacun de prendre place dans les contours de cette profession de musicothérapeute.
- 16:52Ce que je ne t'ai pas dit,
- 16:52c'est qu'aussi ce qui a été assez long à mettre en œuvre,
- 16:55c'est aussi de définir ce qu'est la musicothérapie.
- 16:57C'est comme ça qu'on se dit,
- 16:58dans musicothérapie,
- 16:59on entend musique.
- 17:00on entend thérapie,
- 17:01et on va se dire tiens,
- 17:02c'est juste un assemblage des deux.
- 17:03La musique qui est thérapeutique,
- 17:06c'est pas forcément ça.
- 17:08Donc ça a été long de pouvoir à un moment donné,
- 17:11de cheminer,
- 17:12d'élaborer vraiment les contours de cette musique auteur et puis de ce qu'elle est.
- 17:17Et je vais te donner la définition officielle,
- 17:19comme ça ça permettra d'être clair et de comprendre.
- 17:24de ce qu'on entend par musicothérapie.
- 17:26La définition que je vais te donner,
- 17:27c'est la définition de la Fédération française des musicothérapeutes,
- 17:35qui fait consensus.
- 17:36C'est une pratique de soins,
- 17:39c'est important,
- 17:40utilisant le son et la musique,
- 17:41pas que la musique,
- 17:43le son qui pointe au bout de son nez,
- 17:44comme moyen d'expression,
- 17:45de communication et d'analyse de la relation.
- 17:49On voit bien que c'est quelque chose qui...
- 17:51qui déjà a un contour vraiment plutôt précis.
- 17:53Donc,
- 17:54on n'est pas dans cette idée que la musique a des propriétés magiques,
- 17:58qui vont,
- 17:59avec ses fréquences,
- 18:00avec ses notes,
- 18:00nous soigner,
- 18:02à notre insu,
- 18:04sans qu'on le veuille.
- 18:05Ça,
- 18:05on n'en parle pas dans la musicothérapie.
- 18:07C'est plutôt du chant,
- 18:08ce qu'on va appeler la sonothérapie,
- 18:09mais ça,
- 18:10c'est bien autre chose.
- 18:11Et on va surtout parler de la relation.
- 18:13C'est ça le plus important.
- 18:14Et moi,
- 18:15je pourrais peut-être ajouter que c'est vraiment la musique et le sonore au service de la relation thérapeutique.
- 18:20On peut faire cette image un peu de la musique qui agit comme un tiers,
- 18:23facilitant une mise en mouvement psychique,
- 18:26une transformation aussi des affects,
- 18:28l'expression des émotions.
- 18:31Et ça,
- 18:31c'est thérapeutique.
- 18:32D'accord.
- 18:33Alors,
- 18:33est-ce que tu peux nous expliquer les champs d'action,
- 18:36peut-être ?
- 18:37Les applications concrètes ?
- 18:39C'est vrai.
- 18:39J'aurais pu te dire aussi,
- 18:40par exemple,
- 18:40qu'il y a deux formes de musicothérapie.
- 18:43D'un côté,
- 18:44on évoque la musicothérapie active.
- 18:47La musicothérapie active,
- 18:48ça va être tout ce qui va être associé à une pratique.
- 18:51Lorsque je vais chanter avec un patient,
- 18:52je fais de la musicothérapie active.
- 18:54Lorsque je lui propose qu'on puisse communiquer à l'aide d'instruments de musique,
- 18:58on fait de la musicothérapie active.
- 19:00Et c'est tout ce qui va vraiment attraper à la pratique.
- 19:04Et on n'est pas obligé d'être musicien pour ça,
- 19:05au contraire.
- 19:06Je trouve que les musiciens,
- 19:06parfois,
- 19:07sont un peu compliqués.
- 19:08Quand on les entend en musicothérapie,
- 19:09ils veulent toujours faire du beau,
- 19:10ils veulent toujours faire de l'harmonie,
- 19:11alors que quelqu'un qui ne connaît pas la musique et qui découvre tout d'un coup ça...
- 19:14propre musicalité et que ça fonctionne sans forcément avoir des éléments de théorie musicale,
- 19:20je peux t'assurer que ça fait un effet qui est superbe.
- 19:21C'est-à-dire que c'est moins intellectualisé ?
- 19:23C'est plus spontané.
- 19:24C'est plus spontané.
- 19:25Alors,
- 19:25du coup,
- 19:26je me pose la question,
- 19:27pour ceux qui sont soignants et qui n'ont pas fait de musique avant,
- 19:31ils arrivent quand même à faire de la musicothérapie ?
- 19:35J'avoue,
- 19:35c'est vrai que parfois,
- 19:36ça demande quand même...
- 19:36Ça peut être limitant.
- 19:38je dirais que c'est toujours intéressant quand même d'avoir des éléments de ce qu'est la musique comment elle est composée comment ça fonctionne il faut avoir un lien quand même plus que mélomane il est conseillé d'avoir quand même une pratique musicale je
- 19:53ne pense pas qu'il y ait de musicothérapeute qui ne fasse pas de musique ça serait un peu improbable d'ailleurs mais moi je nuance cette idée d'être un musicien expert je pense que c'est vraiment il faut savoir faire de la musique mais pas forcément d'avoir besoin de
- 20:07de connaître toute la théorie musicale pour pouvoir être un musicotérapeute.
- 20:10Il n'est pas nécessaire,
- 20:11par exemple,
- 20:12de jouer d'un instrument ?
- 20:14C'est conseillé !
- 20:15Mais après,
- 20:16tu sais,
- 20:16il y a un instrument qui ne demande pas beaucoup de formation,
- 20:18qui est très spontané,
- 20:19c'est la voix.
- 20:20La voix,
- 20:21exactement.
- 20:22Ce n'est pas coûteux,
- 20:24ça ne demande pas forcément de formation préalable et tout le monde chante,
- 20:26plus ou moins.
- 20:28Il y a un outil dont tu m'as parlé qui est quand même...
- 20:32qui fait partie des nouvelles technologies et qui facilite quand même quand on n'a pas joué d'un instrument,
- 20:39c'est l'intelligence artificielle que tu utilises dans ta pratique quotidienne et tu vas pouvoir m'en parler.
- 20:45Je vais t'en parler de suite parce qu'il y a cette deuxième forme de musicothérapie.
- 20:48Je t'ai parlé de la forme active,
- 20:49mais il y a aussi cette forme réceptive qui est plutôt associée à l'écoute de la musique.
- 20:56Je me reconnais beaucoup là-dedans,
- 20:57parce que c'est un petit peu peut-être là où ça me semble assez spontané et naturel.
- 21:02Donc,
- 21:03c'est d'écouter ensemble des musiques,
- 21:05des musiques qui existent déjà,
- 21:07mais aussi des musiques qu'on peut réaliser sous intelligence artificielle.
- 21:11Pour les musiques qu'on connaît déjà,
- 21:13moi,
- 21:14je trouve que c'est quelque chose de très efficace et de très simple à mettre en œuvre.
- 21:18Et ça,
- 21:18on peut en faire tous l'expérience.
- 21:20Alors moi,
- 21:21dans un cadre thérapeutique,
- 21:22j'accueille une personne pour la première fois.
- 21:25On va avoir un échange sur ce qu'il amène.
- 21:29Et à un moment donné,
- 21:30je peux lui poser cette question qui est parfois un peu déroutante,
- 21:32mais je l'adore cette question,
- 21:33c'est « est-ce que tu peux me donner une musique qui te ressemble ? »
- 21:36Et là,
- 21:37la personne me dit
- 21:38« une musique qui me ressemble,
- 21:39mais qui me ressemble maintenant,
- 21:40ou qui me ressemble pour court,
- 21:42qui me ressemble à celui que j'ai été quand j'étais adolescent ou enfant,
- 21:45ou quelque chose que j'ai écouté dans ma voiture. »
- 21:47Et je me suis dit « tiens,
- 21:48cette musique me plaît » .
- 21:49Bien entendu,
- 21:50je lui réponds « Est-ce que tu veux ? »
- 21:53Ce qu'il va me donner va être un élément absolument incroyable.
- 21:56On va partager cette expérience d'écoute ensemble,
- 21:58qui va se faire dans un cadre différent que dans sa voiture ou à la maison.
- 22:02On va être en face-à-face ou côte-à-côte.
- 22:07Rien que le fait d'écouter dans ce cadre thérapeutique va nous donner une écoute très particulière,
- 22:14qui va être peut-être moins mentalisée,
- 22:16et qui va se dire « Ah,
- 22:17j'ai choisi cette musique-là ! »
- 22:19Tch-tch-tch.
- 22:19pas hasard non plus.
- 22:21Je me rappelle cette musique,
- 22:22je l'écoutais avec mon papa quand j'étais petit.
- 22:24On faisait des trajets en voiture et cette musique,
- 22:27ça me rappelle ces longs trajets en voiture où il y avait de l'ennui mais il y avait cette présence et hop,
- 22:32tu vois bien après,
- 22:33par la suite,
- 22:33on n'a plus qu'à dérouler.
- 22:35Donc ça,
- 22:35c'est une forme qui est très très efficace et puis on partage quelque chose ensemble.
- 22:41On est ensemble dans cette écoute et moi aussi,
- 22:44en tant que thérapeute,
- 22:45bien entendu,
- 22:46je perçois tout ce qui se...
- 22:47tout ce qui se passe tout autour.
- 22:49Et on va pouvoir rebondir dessus et construire quelque chose par rapport à ça.
- 22:52Est-ce que tu peux nous rappeler du coup quelles sont les pratiques ?
- 22:55Où est-ce que ça se pratique ?
- 22:57Par exemple,
- 22:58tu peux prendre ta propre expérience,
- 23:01Nicolas.
- 23:03Là,
- 23:03actuellement,
- 23:04tu exerces en cabinet privé,
- 23:07mais pas que,
- 23:07de ce que j'ai compris.
- 23:09Tu participes dans d'autres lieux.
- 23:12En tant que musicothérapeute,
- 23:14raconte-moi les chants.
- 23:16d'application de la musicothérapie ?
- 23:18Je travaille en cabinet,
- 23:19comme tu le dis,
- 23:20c'est une partie importante de mon activité,
- 23:23avec des publics divers et variés,
- 23:27qui viennent aussi parce qu'ils me connaissent et ils sont orientés par des médecins ou des collègues psychologues ou autres.
- 23:36Ce sont des demandes qui vont très large.
- 23:38Je vais surtout te parler aussi du travail que je fais dans la clinique de la douleur.
- 23:43C'est en collaboration avec des professionnels qui travaillent dans ce champ.
- 23:46Donc l'hôpital de Saint-Nazaire et des médecins traitants.
- 23:50Là,
- 23:50il y a une expérience qui commence à être un peu conséquente auprès de ces publics,
- 23:55d'accompagner des patients douloureux chroniques.
- 24:00Ça,
- 24:00c'est un champ d'application,
- 24:01la douleur chronique ?
- 24:01Ça,
- 24:01c'est un champ d'application,
- 24:02tout à fait.
- 24:02Des gens avec des parcours très compliqués,
- 24:04souvent avec des sentiments d'échec,
- 24:07des choses qui sont très difficiles à porter,
- 24:10avec des traitements médicaux parfois qui sont contraignants.
- 24:13et surtout pour...
- 24:15beaucoup d'entre eux,
- 24:15malheureusement,
- 24:16il y a un sentiment d'être un peu dans un cul-de-sac,
- 24:19où ça n'avance pas,
- 24:21où ça n'avance plus.
- 24:23Et là,
- 24:23vraiment,
- 24:24le travail qu'on a réalisé en musicothérapie,
- 24:25qu'on se réalise en musicothérapie,
- 24:27qu'on fait ensemble.
- 24:28C'est vraiment remarquable parce que ça remet du mouvement.
- 24:32C'est ça que je retiens surtout,
- 24:34ça remet en mouvement.
- 24:35Et ça crée vraiment les conditions aussi d'une forme d'ouverture et d'expression que parfois l'expérience de la douleur au quotidien n'autorise plus.
- 24:44On est un peu enfermé dans cette douleur.
- 24:45La douleur presque nous exclut de nous-mêmes.
- 24:47Et j'irais dans cet accompagnement musicothérapie,
- 24:51on reprend place en soi,
- 24:52on s'autorise à s'exprimer.
- 24:56et ça c'est je trouve assez remarquable c'est une autre approche est-ce que tu peux m'expliquer par exemple si moi je suis douloureuse chronique et que tu interviens dans le processus de soins que
- 25:11vas-tu me proposer quelque chose qui te ressemble probablement comment tu vas me connaître par exemple en écoutant une musique qui te ressemble par exemple ce qui sera peut-être une première étape et puis Euh...
- 25:24Tu me poserais quoi comme question ?
- 25:26Là,
- 25:26cet instant ?
- 25:27Oui.
- 25:27Dis-moi,
- 25:28quelle musique te ressemble à cet instant ?
- 25:30Est-ce que le style,
- 25:31ce n'est pas le style ?
- 25:34Ou est-ce que c'est la musique du moment et de l'instant ?
- 25:36Comment tu procèdes ?
- 25:38Alors,
- 25:39ça va être vraiment cette musique à laquelle je m'identifie.
- 25:43Parce que peut-être...
- 25:43À l'instant T ?
- 25:44À l'instant T.
- 25:45Mais ça peut être aussi dans la façon dont tu te penses.
- 25:48Parce que parfois,
- 25:49ça peut être à cet instant T.
- 25:52Un moment difficile,
- 25:53délicat,
- 25:54et tu n'as pas les mots forcément pour le dire,
- 25:56et tout d'un coup,
- 25:56la musique va devenir vraiment le porte-voix de ce qui ne s'exprime pas.
- 26:02C'est de dire « j'ai mal » ,
- 26:04ça ne veut rien dire,
- 26:05en fait.
- 26:05« J'ai mal » ,
- 26:06mais c'est difficile d'exprimer vraiment toutes ces nuances dans cet assemblage de mots.
- 26:13Les mots,
- 26:13parfois,
- 26:14ne permettent pas,
- 26:14finalement,
- 26:15d'aller créer toute cette complexité qu'il y a derrière les mots.
- 26:21un musicien auquel on va penser à cet instant va peut-être pouvoir parler pour nous.
- 26:27Si par exemple je te dis là j'ai mal et je pense à une chanson de Freddie Mercury et je te dis Mama.
- 26:35C'est un super bon choix et on va écouter Mama ensemble.
- 26:38Et on va l'écouter ensemble.
- 26:40On va l'écouter ensemble et qu'est-ce qui va se passer surtout.
- 26:42Parce que je vais te le demander après l'écoute et puis déjà il va se passer des choses pendant cette écoute c'est sûr.
- 26:46Des choses qui vont nous traverser.
- 26:48Je vais peut-être te demander Tchao !
- 26:49Comment tu l'as ressenti dans ton corps,
- 26:51cette musique ?
- 26:52À un endroit particulier ?
- 26:53Ah,
- 26:54ton ventre ?
- 26:55Et ça fait quoi ?
- 26:56Et c'est comment ?
- 26:57Et ça,
- 26:57quelle couleur ?
- 26:58Et ça,
- 26:58quelle forme ?
- 26:59Ah,
- 26:59ça monte !
- 27:00T'as envie de pleurer ?
- 27:03Tu vois,
- 27:04il y a toute cette dynamique qui va...
- 27:07Je pense que c'est l'empreinte corporelle qui va être hyper intéressante,
- 27:09à laquelle on va pouvoir après se référer.
- 27:11C'est pas les paroles,
- 27:14bien que,
- 27:14parfois,
- 27:15ça peut nous donner des indications.
- 27:16C'est tout le reste,
- 27:17toute cette dynamique que ça va engager.
- 27:19Et le fait de s'en référer au corps,
- 27:20je trouve ça super intéressant.
- 27:22Ça,
- 27:22c'est de l'hypnose,
- 27:23au fait.
- 27:23Ça,
- 27:24c'est plus ou moins de l'hypnose.
- 27:24Mais c'est parce que toi,
- 27:26tu es formé à l'hypnose ou c'est les outils propres de la musicothérapie ou est-ce que ça se rejoint ?
- 27:34Il y a des points de jonction et qui sont vraiment à déterminer ensemble.
- 27:40Je vais être un peu provoque,
- 27:40mais je pense qu'il y a beaucoup de musicothérapeutes qui font de l'hypnose sans le savoir,
- 27:44et beaucoup de hypnothérapeutes qui font de la musicothérapie sans le savoir.
- 27:46D'accord.
- 27:48La musique a un pouvoir d'induction,
- 27:50de focalisation qui est hyper intéressant,
- 27:52et on voit bien que beaucoup d'hypnothérapeutes,
- 27:55par exemple,
- 27:55vont demander à leurs patients d'être attentifs au son qu'il y a tout autour d'eux,
- 28:00ou peut-être d'imaginer une musique intérieure et de pouvoir s'en référer,
- 28:04comme beaucoup de musicothérapeutes peuvent poser cette question.
- 28:06Qu'est-ce que ça vous fait dans votre corps ?
- 28:07Quelle forme ça prend ?
- 28:09Là,
- 28:10cette image que vous avez,
- 28:11on pourrait peut-être la suivre.
- 28:12Qu'est-ce qui se passe ?
- 28:13Le chemin que vous voyez devant vos yeux,
- 28:16quand on écoute Mama,
- 28:19ça prend une forme.
- 28:20Est-ce qu'on peut le suivre ?
- 28:22Qu'est-ce que ça vient nous dire ?
- 28:23Où est-ce que ça va nous emmener ?
- 28:24D'accord.
- 28:25Donc,
- 28:25ça peut être l'occasion de parler de soi à travers quelque chose d'autre,
- 28:34qui est la musique ou un morceau de musique qu'on aura choisi.
- 28:37Maintenant,
- 28:38pour le suivi.
- 28:39Imaginons,
- 28:40j'ai une douleur chronique.
- 28:41Comment,
- 28:42toi,
- 28:42tu vas pouvoir me suivre en tant que musicothérapeute ?
- 28:46Est-ce que ça va être l'instant présent ?
- 28:49Je vais pouvoir,
- 28:50à chaque fois,
- 28:51en ta présence,
- 28:52formuler des choses que je ne peux pas dire et laisser émerger des choses que je ne peux pas dire avec des mots ?
- 28:58Est-ce que c'est ça,
- 28:59le suivi d'un musicothérapeute ?
- 29:00Ou est-ce que ça prend d'autres formes ?
- 29:03Ça peut être ça,
- 29:04mais ça peut être aussi autre chose.
- 29:06Je prendrais,
- 29:06pour exemple,
- 29:07cette idée qu'on peut...
- 29:08protocoliser les choses,
- 29:09un peu comme un cheminement qui va petit à petit nous emmener à vivre des expériences,
- 29:13et ces expériences vont nous permettre peut-être d'aller regarder le problème sur un oeil différent ou trouver des ressources en soi,
- 29:19parce que c'est ça aussi le but du jeu,
- 29:21je ne l'ai pas dit,
- 29:21mais la finalité c'est quand même de l'autonomie et pouvoir aussi,
- 29:25j'ai envie de dire,
- 29:26se suffire à soi-même,
- 29:26il ne faut pas créer des dépendances à ces thérapies.
- 29:31Voilà,
- 29:31mais en tout cas,
- 29:31des expériences qui vont nous permettre d'avoir un autre point de vue,
- 29:35un autre regard sur soi,
- 29:36sur son problème,
- 29:38explorer aussi des dimensions de son être qu'on parfois néglige ou auxquelles on n'a pas du tout eu accès.
- 29:44À cela,
- 29:45je prendrais par exemple,
- 29:46dans le cadre d'un suivi de la douleur,
- 29:47un truc qui est vraiment formidable,
- 29:49c'est le travail autour de la voix.
- 29:50On travaille autour de la voix,
- 29:52il y a quelque chose de très fort qui peut se jouer là-dessus.
- 29:55J'ai une pratique qui s'appelle l'exploration vocale que je propose généralement assez rapidement,
- 30:00surtout auprès des patients douloureux chroniques,
- 30:02qui s'appuie sur le chant des voyelles.
- 30:05On va utiliser le silence,
- 30:07on va utiliser le souffle,
- 30:08mais on va utiliser aussi surtout le chant des voyelles,
- 30:11O-A-E-E-U-I,
- 30:12ces voyelles-là,
- 30:15qu'on va chanter ensemble sur des formes très libres et improvisées.
- 30:18Ça paraît un peu flou comme ça,
- 30:20mais c'est extrêmement simple.
- 30:22Ça se fait très spontanément.
- 30:24Surtout,
- 30:24il y a un véritable effet qui émerge.
- 30:27Combien de fois j'ai entendu des gens qui me disent à la fin de cette séance,
- 30:31ça fait longtemps,
- 30:32mais je n'ai plus mal.
- 30:34Parce que cette vibration...
- 30:34Tu l'as fait chanter ?
- 30:35Parce que je l'ai fait chanter avec des choses très simples,
- 30:37genre...
- 30:40Ne serait-ce que déjà bouche fermée,
- 30:42avec toute cette vibration qui va se passer au niveau du larynx et puis qu'on va faire circuler dans le corps.
- 30:46Bien entendu,
- 30:46ce ne sont que des images,
- 30:47mais n'empêche que le OU dans le ventre et le A dans le cœur,
- 30:52on va y aller et puis on va voir qu'est-ce que ça nous fait.
- 30:55Et puis parfois,
- 30:56ça vient libérer des choses,
- 30:57parfois ça vient libérer des tensions,
- 30:59des émotions qui sont contenues.
- 31:01On n'en parle pas,
- 31:02ça se fait presque tout seul.
- 31:03Donc,
- 31:03on est presque dans une approche qui pourrait être presque psychocorporelle d'une certaine façon.
- 31:07C'est ça.
- 31:07Et avec vraiment un véritable effet.
- 31:09Alors,
- 31:10ce n'est pas moi qui l'invente,
- 31:11cette pratique,
- 31:11elle existe depuis très,
- 31:12très longtemps.
- 31:15Je l'ai découverte un peu tardivement,
- 31:16mais en Outre-Atlantique,
- 31:18il y a un courant qui s'appelle le toning,
- 31:22où il y a vraiment pas mal de recherches là-dessus,
- 31:26et on utilise vraiment cette façon de pratiquer dans le cadre de pratiques,
- 31:32de suivi douleur,
- 31:33parce que la recherche atteste en tous les cas vraiment une certaine efficacité.
- 31:38Donc la voix,
- 31:39ça fait du bien.
- 31:39Et d'ailleurs,
- 31:40j'ai envie de dire spontanément...
- 31:42C'est une patiente,
- 31:42un jour en soins palliatifs,
- 31:43qui me disait ça.
- 31:44Elle me dit,
- 31:44quand j'ai mal,
- 31:47je fais des choses comme ça.
- 31:48Et ça me soulage.
- 31:49Spontanément,
- 31:50on le fait.
- 31:51Tous ceux qui chantent le diront très bien.
- 31:55Ça procure une jouissance et un bonheur particulier.
- 31:59Et puis,
- 32:00ça me fait penser aux mamans qui bercent leurs enfants,
- 32:04leurs bébés,
- 32:05au pouvoir réconfortant.
- 32:08Je suis sûre que si on allume...
- 32:10un IRM et qu'on regarde ce qui se passe dans le cerveau,
- 32:13il doit y avoir des choses.
- 32:15Tu savais que le petit fœtus,
- 32:18dans le monde de sa maman,
- 32:19très très précieusement,
- 32:20je crois que c'est 4-5 mois intra-utérin,
- 32:22et déjà,
- 32:23dans son oreille,
- 32:24elle est déjà prête,
- 32:25donc il reçoit aussi tous ses ondes,
- 32:27et les sons qui passent,
- 32:29c'est les voyelles.
- 32:30Donc il est baigné dans le son des voyelles.
- 32:32Donc ces voyelles,
- 32:32elles ont quand même une fonction qui est quand même très particulière.
- 32:36Et je pense que c'est pour ça aussi qu'on a peut-être une affinité particulière avec tout le monde.
- 32:39toutes ces voyelles et lorsqu'on les reproduit,
- 32:41lorsqu'on les chante et lorsqu'on les chante ensemble,
- 32:43parce que le musicothérapeute il met les mains à la patte lui aussi.
- 32:45Tu chantes donc ?
- 32:47Quel beau métier !
- 32:49Je t'envis !
- 32:51Moi j'ai regardé ton site internet qui est très beau et qui parle un petit peu des champs d'action de la musicothérapie et je vois que ça va de toutes les...
- 33:04tranche d'âge,
- 33:05ça commence très tôt,
- 33:07comme tu disais,
- 33:08en périnatalité.
- 33:10Ça peut être appliqué chez les enfants,
- 33:13les adolescents.
- 33:14J'imagine que ça doit être génial pour calmer les enfants,
- 33:18les petites agitations,
- 33:20je pense aux troubles de l'attention,
- 33:23tout ça,
- 33:25pour faire des fois le lien dans les familles,
- 33:30entre les enfants et la famille,
- 33:32et tu
- 33:32parles aussi de la personne âgée.
- 33:35Comme ça,
- 33:35je pense tout de suite aux patients avec des troubles cognitifs,
- 33:41maladies d'Alzheimer et j'ai lu tout ce que tu décris au sujet de la réminiscence de la mémoire.
- 33:49Et pour finir,
- 33:51toi,
- 33:51personnellement,
- 33:52tu l'appliques dans des services pour accompagner la fin de vie et dans les soins palliatifs.
- 33:59Est-ce que de ce...
- 34:01de ces différentes applications,
- 34:03tu as envie de nous parler d'une période en particulier ?
- 34:07Moi,
- 34:07j'ai été très marqué par le soin palliatif.
- 34:11Ça m'arrive de travailler avec des enfants un petit peu moins.
- 34:13Au début de ma pratique de musicothérapeute,
- 34:15j'ai eu plus l'occasion de travailler avec des enfants,
- 34:16mais petit à petit,
- 34:18je suis venu,
- 34:19ou le soin palliatif est venu à moi.
- 34:21En tous les cas,
- 34:21il y a eu cette rencontre qui s'est effectuée il y a de ça quelques années maintenant,
- 34:24auprès du service du soin palliatif de l'hôpital de Saint-Nazaire,
- 34:28un service qui est vraiment remarquable.
- 34:31Vraiment une superbe équipe.
- 34:32Et de cette rencontre est née cette musicothérapie dans l'unité de soins palliatifs inscrite au projet de soins,
- 34:38au projet de services.
- 34:39Donc,
- 34:40ce n'est pas une moindre affaire.
- 34:42Et donc,
- 34:43moi,
- 34:43j'y travaille une journée et demie par semaine.
- 34:46Alors,
- 34:46une journée dédiée à l'unité de soins palliatifs,
- 34:48donc des patients qui sont hospitalisés,
- 34:50et une demi-journée par semaine plutôt pour l'équipe mobile de soins palliatifs où là,
- 34:54je me rends chez les gens.
- 34:56Je me rends chez les gens.
- 34:57Ah,
- 34:57ça vaut l'air.
- 34:58Exactement.
- 35:00Ça,
- 35:00c'est depuis cette année.
- 35:01Et pour travailler,
- 35:03bien entendu,
- 35:03avec les patients,
- 35:04mais aussi travailler avec leurs proches.
- 35:06Ça,
- 35:06c'est quand même quelque chose.
- 35:06Donc,
- 35:07on est soutenu par une fondation pour pouvoir mettre ça en œuvre,
- 35:10parce que ça représente quand même pas mal de ressources.
- 35:13Alors,
- 35:14ça,
- 35:14c'est important.
- 35:15Les sous,
- 35:16quand même.
- 35:17C'est le nœud de la guerre.
- 35:19Je t'arrête.
- 35:20Je m'excuse de t'arrêter sur ce sujet,
- 35:23parce que je me demande comment tout ça s'est valorisé.
- 35:26parce que toi,
- 35:27tu es...
- 35:29Tu es modeste,
- 35:29tu ne vas pas dire comment ça change complètement la prise en charge des patients,
- 35:34des soignants même,
- 35:37leur vécu des soins palliatifs.
- 35:39Et puis surtout,
- 35:40si tu me dis que vous arrivez quand même à aller dans les domiciles des personnes,
- 35:46c'est un luxe que toute la France ne peut pas avoir,
- 35:49on peut le dire.
- 35:51Quelle est cette fondation ?
- 35:52pour pouvoir faire ça,
- 35:53il faut pouvoir être soutenu.
- 35:55On a été soutenu une première fois par la Fondation Apicil.
- 35:58C'est de là où émerge ce premier projet de musicothérapie où la Fondation Apicil nous a soutenus pendant un an d'une façon remarquable et qui a vraiment permis de prendre place vraiment dans ces collaborations avec le service.
- 36:11Parce qu'on ne rentre pas dans les soins palliatifs comme ça non plus.
- 36:14Et je veux dire,
- 36:14ce n'est pas fait non plus pour tout le monde.
- 36:16C'est une...
- 36:18Je dirais...
- 36:19une posture particulière et donc la première année,
- 36:22on a pu comme ça expérimenter.
- 36:23Et puis ça a vraiment bien fonctionné,
- 36:25on a pu même se permettre de faire une étude autour de l'écoute de paysages sonores,
- 36:29je t'en parlerai un petit peu plus tard aussi,
- 36:31quelque chose de formidable et qu'on va probablement poursuivre l'année prochaine.
- 36:34Et à partir de là,
- 36:36on s'est dit,
- 36:37bon,
- 36:37ça fonctionne,
- 36:38et on a rencontré la Fondation Elebor,
- 36:41qui nous a soutenus de façon beaucoup plus importante,
- 36:44trois ans de financement,
- 36:46et qui m'a permis finalement,
- 36:48aujourd'hui de...
- 36:49de continuer et d'affiner vraiment ce travail en soins palliatifs et d'ouvrir,
- 36:55grâce à cette fondation,
- 36:56cette pratique en unité mobile.
- 36:59Donc là,
- 36:59le fait d'aller chez les gens,
- 37:01à d'autres moments aussi de leur maladie,
- 37:03c'est vraiment autre chose.
- 37:04On n'est plus dans ce cadre hospitalier,
- 37:06il n'y a plus de blues,
- 37:07on rentre chez les gens,
- 37:08on va partager un café avec eux et puis surtout on va travailler avec les aidants,
- 37:12avec les proches,
- 37:12avec la famille.
- 37:13Et là,
- 37:13la musique comme facteur de lien,
- 37:15c'est remarquable,
- 37:16vraiment.
- 37:17Parce que toute la famille est là,
- 37:20parfois il y en a qui passent,
- 37:21qui se font distraire au début,
- 37:22et puis petit à petit,
- 37:23ils vont commencer à prendre place dans ce travail d'accompagnement.
- 37:28Et c'est quand même très très important.
- 37:29On considère vraiment qu'il y a toute cette dynamique à prendre en compte,
- 37:34parce que les personnes qui sont en fin de vie vont vers leur fin de vie,
- 37:40les aidants parfois restent aussi,
- 37:42et il y a aussi...
- 37:43beaucoup de choses aussi à faire autour d'eux,
- 37:44pour ne pas aussi les laisser parfois avec des deuils un peu inachevés,
- 37:47avec toute une attention à prendre en compte autour de la personne.
- 37:51Merci de le préciser Nicolas,
- 37:53c'est extrêmement important de parler des aidants.
- 37:56J'ai eu l'occasion et j'ai eu la chance de partager avec toi beaucoup de choses en ce qui concerne l'application de la musicothérapie en soins palliatifs.
- 38:05Tu as eu la gentillesse de partager avec moi des productions et d'une partie Et...
- 38:12du travail que tu accomplis auprès des soins palliatifs.
- 38:17J'aimerais beaucoup pouvoir partager ce travail-là avec les auditeurs.
- 38:22Est-ce que tu peux me raconter des histoires du champ d'application ?
- 38:28Surtout que tu viens quand même avec des nouvelles technologies et tu essayes de proposer des productions et des réalisations à des patients qui sont gravement malades.
- 38:40et de mettre l'intelligence artificielle à leur service pour pouvoir créer des œuvres rapidement,
- 38:48des œuvres qui leur ressemblent.
- 38:50Tout à fait,
- 38:50rapidement.
- 38:51Tu le dis bien.
- 38:52C'est pour ça d'ailleurs que l'intelligence artificielle,
- 38:53à l'arrivée,
- 38:54c'est que le temps,
- 38:54parfois,
- 38:55malheureusement,
- 38:55il nous échappe un peu aussi.
- 38:58de temporalité qu'on peut retrouver en soins palliatifs,
- 39:01parfois un peu même sur une journée de travail,
- 39:03de dire que le temps passe extrêmement vite.
- 39:06Tu vois,
- 39:07quand tu me parles de ça,
- 39:08moi je pense à un patient en particulier qui m'a énormément marqué,
- 39:13c'est quelqu'un que j'ai rencontré à la fin de l'année dernière,
- 39:15qui s'appelle Pierre.
- 39:17Pierre,
- 39:17je l'ai rencontré sous l'indication de mes collègues,
- 39:19qui me dit,
- 39:20tiens,
- 39:20est-ce que ça te dirait de passer voir Pierre ?
- 39:22Il est très fatigué,
- 39:23mais ça va peut-être le faire.
- 39:25Parce que ça se passe comme ça souvent,
- 39:26les indications.
- 39:27Ça va peut-être le faire.
- 39:29Ça veut dire quoi,
- 39:29ça va peut-être le faire ?
- 39:30Qu'il y a une intuition,
- 39:31qu'il y a une intuition,
- 39:32souvent mes collègues,
- 39:33ils pressentent qu'il y a une histoire,
- 39:36que la rencontre va se faire.
- 39:38Mais ça,
- 39:38c'est très particulier,
- 39:40parce que moi,
- 39:40je leur pose souvent la question,
- 39:41pourquoi vous me l'avez orientée ?
- 39:43Parce qu'on a eu,
- 39:44elles sont ces petites antennes.
- 39:46Tu sais,
- 39:46mes collègues infirmières et soignantes,
- 39:48elles sont vraiment très très proches.
- 39:49On peut saluer cette intuition qu'elles ont.
- 39:51C'est une finesse incroyable.
- 39:54et...
- 39:55Donc je me rends dans la chambre de Pierre,
- 39:57et là je tombe sur un homme absolument incroyable,
- 39:59un grand monsieur,
- 40:00très fatigué bien entendu,
- 40:01il était au bout du bout comme on dit,
- 40:04mais il avait quand même une flamme dans les yeux absolument incroyable.
- 40:07Et Pierre était entouré de plein de bouquins,
- 40:09parce que Pierre avait décidé de continuer ses cours en grec ancien,
- 40:13parce qu'il était un fan de la Grèce,
- 40:15et il voulait apprendre à parler grec,
- 40:18il était fan de littérature,
- 40:19il était fan de plein d'autres choses encore,
- 40:20c'était un ingénieur,
- 40:21une espèce de touche-à-tout.
- 40:23Première rencontre où il me parle de la Grèce.
- 40:25Il me parle de cette île de Sifnos,
- 40:27dans l'Esticlade,
- 40:28où il arpente depuis 25 ans.
- 40:30Et il m'en parle avec passion.
- 40:33On échange sur plein de choses.
- 40:34J'ai eu la chance de faire des facs d'histoire.
- 40:37J'ai quelques notions en histoire grecque.
- 40:40Vraiment,
- 40:40on s'accroche là-dessus.
- 40:41Et c'est super.
- 40:42On se quitte en disant on va faire des choses ensemble.
- 40:44C'est génial.
- 40:45On ne fait pas de musicothérapie pour la première fois.
- 40:47C'est juste une première rencontre.
- 40:48Mais il t'a pris pour ?
- 40:50Pour un musicothérapeute,
- 40:51parce qu'il sait qui je suis.
- 40:54Mais il n'y avait pas de projet au départ ?
- 40:56Pas forcément,
- 40:57une envie,
- 40:58tous les cas.
- 40:58Une connexion au départ.
- 41:00Et je suis revenu la deuxième fois avec une espèce d'intuition absolument folle.
- 41:05Je me suis dit,
- 41:06je vais apporter à Pierre quelque chose d'inattendu.
- 41:09Pierre,
- 41:09c'est vraiment quelqu'un qui aimait bien fouiller,
- 41:12chercher des textes,
- 41:13tout ça.
- 41:13Et je suis arrivé avec des fragments d'un homme qui s'appelle Nercos le Silencieux.
- 41:18qui a vécu au 5e siècle avant notre ère.
- 41:20Comment tu l'appelles,
- 41:21excuse-moi ?
- 41:21Nearchos,
- 41:22le silencieux,
- 41:23qui a vécu comme par hasard dans l'écyclade sur l'île de Sifnos,
- 41:27comme par hasard.
- 41:28Et
- 41:28Pierre, j'ai retrouvé les fragments de Nearchos.
- 41:32Les fragments de Nearchos que j'ai trouvés sur l'intelligence artificielle,
- 41:35en pensant à Pierre.
- 41:37Genre le soir,
- 41:37quand je suis revenu,
- 41:38je lui ai dit,
- 41:39je vais lui offrir ça,
- 41:39je vais voir comment il va réagir.
- 41:41Vraiment,
- 41:41je prends un risque.
- 41:42En me disant,
- 41:42il va me prendre pour un guignol.
- 41:44Pas du tout.
- 41:44Et donc,
- 41:45je lui fais part de la démarche.
- 41:46Et il me dit,
- 41:46oh !
- 41:47C'est génial,
- 41:47c'est exactement ça.
- 41:48Et donc,
- 41:49on est parti à alimenter ce personnage de Néarchos,
- 41:52et à affiner les textes,
- 41:54et à visiter l'histoire de Néarchos,
- 41:56qui était un poète,
- 41:57qui bien entendu n'a pas existé,
- 41:58mais un poète qui était un contemplatif,
- 42:00qui marchait sur l'île de Sifnos.
- 42:02Et à cette époque-là,
- 42:03tu le sais peut-être,
- 42:04les hommes qui étaient contemplatifs connaissaient le nom des choses,
- 42:08connaissaient le nom du vent,
- 42:09connaissaient le nom du soleil,
- 42:11le soir ou le matin,
- 42:12connaissaient le nom de la mer,
- 42:13bref,
- 42:13ils savaient tout ça.
- 42:15et donc euh euh
- 42:16Narkos et Pierre ont noué une relation très particulière.
- 42:19Pierre a mis beaucoup de choses en Narkos.
- 42:20Je pense qu'il a trouvé un alter ego.
- 42:23Et donc,
- 42:24cette relation a été fertile,
- 42:25puisqu'on a affiné des textes,
- 42:27on a créé des textes en grec ancien,
- 42:30et on les a mis dans la bécane,
- 42:31comme on dit.
- 42:32C'est-à-dire que,
- 42:33petit à petit,
- 42:34on a laissé émerger des musiques en les mettant dans un logiciel d'IA.
- 42:39et des musiques qui sont absolument remarquables,
- 42:41un peu comme des incantations,
- 42:42mais aussi un peu comme des chants,
- 42:43un peu des mélopées,
- 42:44extrêmement poétiques et sensibles.
- 42:46En grec ancien,
- 42:47c'était absolument incroyable.
- 42:49Et cette œuvre,
- 42:49vraiment,
- 42:50c'est une œuvre co-construite,
- 42:52c'est là où le pouvoir de cette intelligence artificielle,
- 42:55c'est une co-construction.
- 42:56Pierre,
- 42:57son inspiration,
- 42:58son histoire,
- 42:58son savoir,
- 42:59ses connaissances.
- 43:00Nérkos,
- 43:01un personnage qui n'existe pas mais qui va prendre forme,
- 43:03on lui a même donné un visage,
- 43:05une voix.
- 43:06Et puis tous ces textes,
- 43:08toute cette matière qui,
- 43:09assemblée,
- 43:10va donner des musiques.
- 43:13Donc on a cheminé comme ça pendant plusieurs séances,
- 43:15et c'était vraiment quelque chose de très riche.
- 43:17Et Pierre,
- 43:17même d'ailleurs,
- 43:17ça lui a tellement plu qu'il a créé un deuxième personnage.
- 43:20Un petit peu avant,
- 43:21quelqu'un qui était né au 6ème siècle,
- 43:23et qui était un navigateur,
- 43:24et qui avait aussi des choses à raconter.
- 43:27Malheureusement,
- 43:27Pierre est décédé sans pouvoir aller beaucoup plus loin.
- 43:31Et donc,
- 43:33on s'est quitté avec tout cela.
- 43:34Et quelques jours après son décès,
- 43:36j'ai son beau-frère qui m'appelle et qui me dit
- 43:38« On a rencontré Pierre d'une façon qu'on ne le connaissait pas.
- 43:41On ne savait pas que Pierre était comme ça,
- 43:43était aussi sensible,
- 43:44aussi littéraire.
- 43:48C'est un autre homme qu'on a découvert.
- 43:51Et c'est musique,
- 43:51mais racontez-nous,
- 43:53nous la vienne. »
- 43:53Donc je leur raconte toute leur histoire.
- 43:55Ils ont été très touchés.
- 43:57La sépulture s'est passée avec les musiques.
- 44:00qu'il a créé.
- 44:02Oui,
- 44:026 chansons qui ont été diffusées durant sa subculture.
- 44:08Voilà,
- 44:08tu vois l'histoire ?
- 44:09Oui,
- 44:09je vois.
- 44:10Et donc là,
- 44:12en termes de témoignages,
- 44:13en termes d'expressions aussi,
- 44:17de sa sensibilité poétique,
- 44:19de ces temps un peu particuliers qu'il y a dans la fin de vie aussi,
- 44:22ou émergent aussi parfois,
- 44:23c'est possible encore,
- 44:24jusqu'au bout du bout.
- 44:25Et là,
- 44:25d'ailleurs,
- 44:25Pierre l'a bien prouvé,
- 44:27jusqu'au bout du bout.
- 44:28Je trouve que cette expérience et cette rencontre ont été vraiment majeures en tous les cas.
- 44:35C'était une belle rencontre,
- 44:37tout à fait.
- 44:38La question,
- 44:39c'est quelle est la part de la musique dans ce lien qui a été créé ?
- 44:44Qu'est-ce que la musique a apporté à Pierre ?
- 44:47Elle porte sa voix,
- 44:51elle donne une forme concrète à ce qui...
- 44:53pourrait rester simplement que de l'écrit.
- 44:55Alors,
- 44:55c'est déjà bien l'écrit,
- 44:56c'est super,
- 44:56on peut en rester là,
- 44:57d'ailleurs.
- 44:58Mais,
- 44:59tout d'un coup,
- 44:59il y a quelque chose qui va pouvoir être partageable,
- 45:01qui va pouvoir être écouté.
- 45:02Un témoignage qui va perdurer aussi dans le temps.
- 45:05Parce que lorsqu'on écoute ces musiques écrites par Pierre Nearkos,
- 45:08il y a quelque chose qui perdure.
- 45:11La présence de Pierre,
- 45:12d'une certaine façon,
- 45:13reste dans cette musique.
- 45:14Et même moi,
- 45:14encore,
- 45:15hier soir...
- 45:17En préparant notre temps,
- 45:20j'ai écouté quelques musiques de Pierre et bien entendu,
- 45:22c'est inaltérable et ça ne bougera pas.
- 45:26Donc en termes de présence,
- 45:27en termes de mémoire,
- 45:28en termes de témoignages,
- 45:30on a vraiment une forme très forte.
- 45:33On aurait pu faire aussi une peinture,
- 45:35une photographie,
- 45:36mais la musique,
- 45:36je trouve,
- 45:36a quelque chose qui vient peut-être encore se loger plus profondément.
- 45:40encore.
- 45:40Alors,
- 45:41moi,
- 45:41j'entends du coup que la musique,
- 45:43la musicothérapie,
- 45:44elle peut être utilisée comme...
- 45:46un soin,
- 45:47c'est-à-dire quelque chose qui va avoir de l'effet sur nous,
- 45:50mais la musique peut être aussi,
- 45:52dans le cadre de la musicothérapie,
- 45:55être un moyen de créer quelque chose qui va de nous vers les autres quand on essaye de s'exprimer et qu'on n'a pas la possibilité de le faire.
- 46:02Tout à fait,
- 46:03et j'aurais pu te parler aussi d'autres personnes qui ont pu emprunter ce chemin,
- 46:06je pense à une patiente alcoolodépendante que j'ai accompagnée pendant très longtemps,
- 46:11alors elle,
- 46:11elle a pris une autre forme,
- 46:12elle est venue raconter son alcoolisme avec une musique.
- 46:16extrêmement troublante,
- 46:17très triste.
- 46:19Et lorsque cette musique triste était composée,
- 46:22il y avait des larmes et elle s'autorisait à vivre des émotions qu'elle ne s'autorisait pas habituellement parce que l'alcool ne la contenait,
- 46:29ne lui permettait pas de vivre ses émotions telles qu'elle avait envie.
- 46:31Donc là,
- 46:32tout d'un coup,
- 46:32cette musique l'autorisait.
- 46:36Et elle a fait quelques musiques là-dessus,
- 46:37qu'elle a transmises aussi à ses proches pour leur expliquer aussi d'une autre façon ce qu'elle vivait et ce qu'elle ne pouvait pas leur dire en termes de...
- 46:45de souffrance intérieure,
- 46:46de dépression,
- 46:47d'une tristesse vraiment dont on n'arrivait pas forcément à décoller.
- 46:52Et là,
- 46:52on voit bien que la musique est devenue vraiment un support d'expression remarquable et surtout de pouvoir aussi transmettre aux autres ce que je ne m'autorise pas à leur dire.
- 47:00Et elle a été plus loin parce que c'est une situation dont je partageais le suivi avec un psychiatre nantais,
- 47:07avec docteur Nicolas Gouin.
- 47:09Et
- 47:10Nicolas, en parallèle,
- 47:12a réalisé un clip sur cette chanson.
- 47:15Donc,
- 47:16on a composé une musique et en plus,
- 47:17on lui a fait un clip sous IA,
- 47:19sous intelligence artificielle,
- 47:20qui est venu accompagner et aller encore plus loin,
- 47:24mettre de l'image en plus.
- 47:28C'était une expérience qui était vraiment très très forte.
- 47:30Je pourrais parler aussi de Laetitia,
- 47:31par exemple,
- 47:32si elle,
- 47:32plutôt,
- 47:33douloureuse chronique et qu'elle a fait une série de chansons,
- 47:35avec une chanson qui venait plutôt exprimer quelque chose de l'ordre d'une colère très puissante.
- 47:40Donc,
- 47:40elle a utilisé une musique...
- 47:42Hard rock,
- 47:42non.
- 47:42Et encore,
- 47:43le mot est faible.
- 47:44Le mot est faible.
- 47:45C'est exactement ultra trash avec un rythme extrêmement rapide,
- 47:49quelque chose vraiment décorché,
- 47:50de violent,
- 47:52qui vient vraiment exprimer tout ce qu'il y a et qui,
- 47:56une fois plus,
- 47:57ne sait pas être dit,
- 47:58et de l'ordre de la colère,
- 47:59d'une intense colère.
- 48:00Et donc,
- 48:01il y a un versant extrêmement sombre,
- 48:03difficile à écouter,
- 48:04et elle en a fait un deuxième,
- 48:06un retour.
- 48:07C'était un versant beaucoup plus vertueux.
- 48:09Comme si finalement,
- 48:10il y avait ce que je remettais à l'extérieur et j'évacue.
- 48:14Et finalement,
- 48:15je vais pouvoir reprendre de tout ça une forme positive et une forme négative.
- 48:22Et ça,
- 48:22c'est pareil,
- 48:23ça donne des productions qui marchent très très bien.
- 48:26Alors,
- 48:27si on changeait de cadre,
- 48:30il y a plein d'applications dans le monde du soin.
- 48:34où les patients peuvent vivre un état d'anxiété,
- 48:37de stress ou d'inconfort,
- 48:39et la musique peut trouver complètement sa place pour apporter quelque chose de l'ordre de l'apaisement et du réconfort.
- 48:50Maintenant,
- 48:50ce n'est pas toujours sous forme musicale que c'est le plus parlant.
- 48:55Et là,
- 48:55je pense à quelque chose dont tu parles,
- 49:00c'est le...
- 49:02Dis-moi toi,
- 49:06c'est l'écologie sonore.
- 49:08Les paysages sonores.
- 49:09C'est les paysages sonores et l'écologie sonore.
- 49:12Et là,
- 49:12tu en parles longuement parce que tu dis que c'est l'écologie du vivant et que cette forme de soin,
- 49:19elle relie les personnes à l'environnement.
- 49:24Exactement.
- 49:25Alors ça,
- 49:25c'est quelque chose qui vient de très très loin.
- 49:28Alors il y a des lectures,
- 49:28il y a des expériences.
- 49:30Et puis,
- 49:30il y a cette opportunité de pouvoir commencer à la mettre en œuvre en soins palliatifs.
- 49:36Aussi ?
- 49:37Tout à fait.
- 49:37C'était la première étude,
- 49:39une étude qui a été réalisée avec une interne à l'époque,
- 49:42non pas avec une interne,
- 49:43avec une professionnelle qui passait un diplôme en soins palliatifs.
- 49:47Et donc,
- 49:47il y a eu une recherche scientifique qui a été réalisée sur l'influence,
- 49:52l'impact de l'écoute de paysages sonores dans cet environnement de soins palliatifs.
- 49:57réalisé avec la collaboration d'un audio-naturaliste qui m'est très cher,
- 50:02un grand ami que j'aime beaucoup,
- 50:03qui s'appelle Fernand de Roussan,
- 50:05qui est un audio-naturaliste émérite,
- 50:09puisqu'il a une expérience remarquable et qui nous a autorisé à utiliser ses bandes de son,
- 50:15ses paysages sonores qu'il enregistre depuis si longtemps auprès de ses patients en soins palliatifs.
- 50:20On peut même laisser en description le lien pour son site,
- 50:23parce que moi,
- 50:24j'ai beaucoup écouté,
- 50:25j'ai même fait écouter à mes enfants,
- 50:27Et c'est fabuleux.
- 50:30C'est d'une efficacité.
- 50:31C'est incroyable.
- 50:32Incroyable.
- 50:32Et en l'espèce de,
- 50:34je dirais,
- 50:34très spontanément,
- 50:35tout de suite,
- 50:37on s'installe dans ce paysage.
- 50:38Rien qu'avec le son.
- 50:39Et sans forcément,
- 50:41je dirais,
- 50:41avoir beaucoup de technologie en soi.
- 50:43Ça peut être très,
- 50:43très simple.
- 50:44Pour décrire aux auditeurs,
- 50:46au fait,
- 50:46ce sont des captations.
- 50:48Oui,
- 50:49tout à fait.
- 50:49Des paysages sonores.
- 50:52Ça vient de Soundscape,
- 50:53c'est de Murray Schaeffer.
- 50:55donc des
- 50:56un peu comme des photographies sonores,
- 50:57qui viennent nous donner un espace,
- 51:00une représentation d'un espace,
- 51:02avec des micros qui sont,
- 51:03par contre,
- 51:04extrêmement bien ficelés.
- 51:06Mais j'ai envie de dire,
- 51:07on pourrait presque le faire avec un téléphone portable.
- 51:09Mais bon,
- 51:09qu'importe.
- 51:10Fernand,
- 51:10lui,
- 51:11enregistre ces environnements.
- 51:14Ça va être,
- 51:15par exemple,
- 51:15un paysage de bord de mer.
- 51:17Imagine,
- 51:17voilà,
- 51:18le bruit des vagues,
- 51:20le sable.
- 51:20Il y a un son qui est très particulier.
- 51:22Tu l'entends auprès de toi,
- 51:22mais tu l'entends aussi très,
- 51:23très loin.
- 51:24Tu l'entends tout autour de toi.
- 51:25Et tout de suite,
- 51:26il y a cette immersion dans ce paysage qui se fait très spontanément.
- 51:30Et ça va être par exemple…
- 51:32La forêt,
- 51:33les oiseaux.
- 51:34Oui,
- 51:34ce qu'on appelle le chorus,
- 51:36ce chant des matinales,
- 51:37entre nuit et jour,
- 51:39où au premier lueur de l'aube émergent les premiers chants des oiseaux.
- 51:44Et là,
- 51:44tout de suite,
- 51:45en écoutant ces chants des oiseaux,
- 51:47on retrouve la fraîcheur du matin,
- 51:49cette acoustique aussi tout autour.
- 51:51On se sent vraiment parti dans une forêt,
- 51:54c'est très rapide.
- 51:55Ça va être aussi des choses qui peuvent être extrêmement simples,
- 51:58comme simplement une averse qui passe,
- 52:01et on entend ces petits bouts d'eau qui tombent autour de nous,
- 52:03un ruisseau qui court avec une eau cristalline.
- 52:07Ça va être le bruit peut-être d'une ville également,
- 52:11parce que le paysage sonore,
- 52:12ce n'est pas que naturel,
- 52:13ça peut être aussi des sons urbains.
- 52:14J'ai envie de dire que quelqu'un qui habite en ville a probablement une relation très particulière avec ces sons de cette ville,
- 52:19cette rumeur qu'il peut y avoir urbaine,
- 52:21et qui peut aussi l'apaiser.
- 52:23Bref,
- 52:24c'est très,
- 52:24très large.
- 52:25Et pour ainsi dire,
- 52:28en musicothérapie,
- 52:28moi,
- 52:29je vais l'utiliser un peu comme un support.
- 52:31Donc,
- 52:32c'est très simple.
- 52:32On s'installe et on écoute et on laisse venir ce qui doit venir.
- 52:35Et il peut y avoir un accompagnement qui pourrait ressembler un petit peu à ce qu'on peut faire en hypnose.
- 52:39Ou est-ce que vous emmène...
- 52:40Qui pourrait ?
- 52:41Des fois,
- 52:41pas.
- 52:42Des fois,
- 52:42ça dépend.
- 52:43Des patients,
- 52:43certains ont besoin vraiment d'être aidés parfois.
- 52:45Genre,
- 52:45laissez-vous vous installer dans ce paysage.
- 52:48Qu'est-ce qui se passe ?
- 52:49Ah,
- 52:50en écoutant,
- 52:50par exemple,
- 52:51le son de la mer,
- 52:52je ressens le...
- 52:53la chaleur du sable,
- 52:54le grain de sable sous mes mains.
- 52:56Ah,
- 52:56au loin,
- 52:56c'est bizarre,
- 52:57je retrouve cette odeur de crème solaire très particulière que j'avais quand j'étais plus jeune.
- 53:01Ça sent la crème solaire et ça sent la glace à la vanille.
- 53:04Parce que je me rappelle ces plages qu'il y avait quand j'étais petit,
- 53:07et il y avait des sautées de...
- 53:10Et donc,
- 53:11tous les souvenirs vont apparaître,
- 53:12et puis on peut même s'autoriser,
- 53:13pourquoi pas,
- 53:13à aller piquer une tête et retrouver la fraîcheur de l'eau.
- 53:16Et donc,
- 53:17la fraîcheur de l'eau,
- 53:18parce que,
- 53:18par exemple,
- 53:19pour quelqu'un qui est douloureux,
- 53:20se retrouver dans une eau fraîche...
- 53:22invigorante,
- 53:23avec cet effet aussi qui peut y avoir,
- 53:26ça peut être intéressant comme effet de l'hypnoanalgésie.
- 53:28Et donc voilà,
- 53:31il y a quelque chose qui se tisse,
- 53:33accompagné ou pas par le thérapeute,
- 53:36ça peut être une écoute tout à fait libre.
- 53:38Avec juste la présence du thérapeute aux côtés de la personne,
- 53:41qui peut raconter,
- 53:42qui peut ne pas raconter.
- 53:44Ça dépend de la situation.
- 53:47Oui.
- 53:48Fernand de Roussen.
- 53:49Exactement.
- 53:50Audio-naturaliste.
- 53:51Et je mettrai en description le lien pour écouter son site parce qu'il est vraiment incroyable.
- 53:58Et aussi,
- 53:59une très belle émission avec Mathieu Vidal de La Tête au Carré qui a été récemment.
- 54:04Et je trouve que la rencontre est superbe parce que c'est une...
- 54:08très très belle émission et j'invite vraiment les auditeurs à l'écouter parce qu'on apprend beaucoup de choses sur Fernand et sa façon de travailler
- 54:14Alors je sais que tu as plein de projets,
- 54:16t'es un garçon qui n'arrête jamais un rêveur,
- 54:21un passionné qu'est-ce qui se trame actuellement avec tes copains,
- 54:27sur quoi vous travaillez ?
- 54:30Je pense particulièrement à un copain avec qui la rencontre est particulièrement fertile et qui est passé auprès de toi.
- 54:36Que je connais et que j'apprécie énormément,
- 54:39c'est Pierre-Henri Garnier.
- 54:39Notre ami Pierre-Henri Garnier,
- 54:41avec qui on explore cette dimension des paysages sonores.
- 54:45Je t'ai parlé d'une recherche qu'on avait effectuée en soins palliatifs.
- 54:49récemment ?
- 54:50Oui,
- 54:50avec lui,
- 54:50on avait parlé cyberpsychologie.
- 54:53C'est juste parce qu'il travaille auprès d'adolescents.
- 54:56Mais c'est un geek aussi.
- 54:57L'intelligence artificielle,
- 54:59c'est son dada.
- 55:00Deux geeks qui se sont retrouvés,
- 55:03qui parlent soins,
- 55:04qui parlent lien,
- 55:05qui parlent hypnose,
- 55:06tous les deux.
- 55:07Bien entendu,
- 55:08et qui parlent aussi hypnomusicothérapie.
- 55:10Voilà,
- 55:10parce qu'on essaie de trouver finalement les contours de quelque chose qui pourrait être pas un assemblage,
- 55:14mais en tout cas une rencontre qui est tout aussi fertile que celle avec Pierre-Henri.
- 55:19de la musicothérapie et de l'hypnose.
- 55:22Il y aura peut-être des choses qui vont pouvoir émerger de tout ça.
- 55:24En tout cas,
- 55:24on y travaille.
- 55:25Il y a aussi tout un travail,
- 55:26une réflexion autour de ce qu'on va appeler la clinique de la résonance,
- 55:29c'est-à-dire qu'on s'appuie sur les travaux de Hartmut Rosa,
- 55:32dont a parlé
- 55:33Pierre-Henri d'ailleurs,
- 55:34où on tente finalement de se dire tiens,
- 55:37mais il y a quelque chose peut-être de thérapeutique aussi dans cette question d'être au monde,
- 55:40cette façon d'être en relation avec nos environnements.
- 55:43On parlait des paysages sonores.
- 55:44Donc,
- 55:45on va tirer la ficelle.
- 55:46Et on va explorer ça aussi autour de notre concept qui s'appelle les états modifiés de résonance.
- 55:52Donc,
- 55:52retrouver cette capacité à pouvoir résonner,
- 55:54à être en lien avec nos environnements,
- 55:56en lien avec le vivant,
- 55:57avec les autres.
- 55:58Et donc,
- 55:59ça,
- 55:59c'est toute une réflexion qui est très profonde et qui prendra probablement du temps.
- 56:03Et puis,
- 56:04l'ébauche d'une recherche qu'on a envie de poursuivre aussi autour de l'écoute de paysages sonores,
- 56:09toujours en soins palliatifs,
- 56:10avec peut-être s'attarder sur qu'est-ce qui se passe quand j'écoute un paysage sonore et comment ?
- 56:15finalement tout ça vient nous apprendre de ce qui se joue dans une fois plus nos relations avec nos environnements de nos relations avec le vivant surtout dans des moments comme la fin de vie qu'est ce qui vient s'exprimer de ce côté là et on a beaucoup beaucoup de choses à apprendre et là où c'est géré
- 56:31c'est chouette c'est qu'il ya pas grand chose qui a été fait encore de ce côté là donc on a pas l'impression d'être un peu des dd explorateurs des explorateurs c'est exactement le mot que je cherchais des explorateurs
- 56:42à regarder,
- 56:42à arpenter des chemins,
- 56:43de traverses,
- 56:44et puis voir qu'est-ce qui s'y passe,
- 56:45qu'est-ce qu'on peut voir de ce côté-là.
- 56:47Donc,
- 56:48c'est extrêmement stimulant.
- 56:49Et certes,
- 56:50il y a ce travail auprès des patients,
- 56:52et il y a tout ce travail de réflexion aussi,
- 56:54que je trouve vraiment remarquable aussi.
- 56:56Passionnant.
- 56:57Nicolas,
- 56:58j'ai envie,
- 56:58avant de te donner le mot de la conclusion,
- 57:02j'ai envie de te citer,
- 57:03parce que sur ton site,
- 57:04il y avait un petit passage que j'ai trouvé extrêmement parlant.
- 57:07Ah bon ?
- 57:08Tu dis,
- 57:09mon parcours s'articule autour d'une quête essentielle,
- 57:12celle du lien.
- 57:14Le lien à l'autre,
- 57:15le lien qui nous unit.
- 57:17Celui qui nous relie à notre environnement,
- 57:20à l'essentiel,
- 57:21à notre profondeur.
- 57:24Cet essentiel est devenu ma boussole,
- 57:27guidant aujourd'hui ma pratique thérapeutique.
- 57:31C'est pas moi qui ai écrit ça.
- 57:33Il paraît que c'est toi.
- 57:35Oui,
- 57:36tout à fait.
- 57:37Oui,
- 57:37tout à fait,
- 57:37c'est question du lien.
- 57:38C'est vraiment...
- 57:40S'il y a vraiment une seule chose que je peux retenir de ce parcours,
- 57:44c'est vraiment cette quête de lien et d'aller le comprendre,
- 57:47d'aller l'éprouver,
- 57:48d'aller aussi faciliter ce lien,
- 57:50ce lien qui nous unit.
- 57:52Et ça,
- 57:52c'est une conviction profonde qui est là depuis très,
- 57:55très longtemps.
- 57:55Je parlais de mon enfance tout à l'heure et je pense que c'est par la salle de ménage.
- 57:59Bien entendu,
- 57:59oui.
- 58:00Alors,
- 58:00Il me dirait que tu as trouvé le lien magique qu'est la musique.
- 58:05C'est ta quête.
- 58:06Et je vois qu'il y a quelque chose qui participe activement,
- 58:10c'est la musique.
- 58:12Et c'est ton petit pouvoir qui facilite ce lien et cette connexion aux patients à qui tu as envie de proposer autre chose que la médecine ou le soin technique.
- 58:27tu viens avec quelque chose qui a son propre pouvoir,
- 58:31c'est celui de la vibration,
- 58:33celui de la mélodie,
- 58:34celui des notes et de la musique,
- 58:37et c'est comme ça que je le perçois.
- 58:40Est-ce que c'est ainsi que tu le ressens ou est-ce qu'il y a quelque chose de différent ?
- 58:44Qu'à un moment donné,
- 58:47je pense à toutes ces propriétés,
- 58:49mais qu'à un moment donné,
- 58:50elles viennent aussi révéler.
- 58:53ce qu'on a en soi et qui n'est pas forcément toujours à portée de main ou à portée de regard j'ai presque envie de dire de façon très spontanée c'est presque révéler cet invisible parfois,
- 59:02cet invisible qui est cet inaccessible et pourtant qui est bel et bien là mais on ne voit pas forcément notre regard n'est pas posé dessus on l'ignore,
- 59:10alors parfois on l'a rencontré mais il nous a échappé,
- 59:13on ne sait plus comment faire non plus pour remettre les pieds dedans donc recréer les conditions
- 59:18pour reprendre place aussi dans toutes ces dimensions de ressources également que l'on a les uns les autres qui sont une fois plus je pense qui peuvent aussi nous apporter satisfaction de réconfort nous
- 59:34apaiser aussi donc je me vois aussi en facilitant le lien et je dirais presque proposer aussi parfois de faciliter ces passages être un peu comme un passeur j'aime bien cette image,
- 59:45elle m'obsède depuis très très longtemps de...
- 59:47permettre de faciliter ces passages d'une rive à l'autre,
- 59:50d'un état de conscience peut-être à un autre,
- 59:52mais aussi de toutes ces dimensions qu'on a en nous et qui sont là.
- 59:58Tu veux dire que des fois,
- 59:59on n'accède pas à une partie invisible en nous mais qui nous meut,
- 1:00:03qui fait partie de nous,
- 1:00:04et que des fois,
- 1:00:05quand on a du mal à reconnaître soi-même et à savoir,
- 1:00:08à la proposer,
- 1:00:09à la faire reconnaître autour de nous et que parfois,
- 1:00:13la musique,
- 1:00:13elle peut aider à exprimer ce côté-là ?
- 1:00:15bien entendu,
- 1:00:16je pense que la musique vraiment il y a quelque chose de l'ordre de la profondeur avec cette musique qui dépasse qui nous touche à coeur c'est ça le pouvoir de la musique,
- 1:00:24c'est qu'elle nous touche à coeur pas que sur les éléments de culture de cette musique mais de tout ce qu'elle véhicule et ça fonctionne et il n'y a pas besoin de mots il y a juste besoin de musique et d'ailleurs encore plus loin c'est le silence qu'il y a dans cette musique aussi qui est important
- 1:00:44On a oublié de parler de silence On en parlera peut-être une autre fois mais le silence il est essentiel Ah bah tiens,
- 1:00:51t'as envie de parler de ce roman que tu lisais qui est l'histoire naturelle du silence Oui,
- 1:00:59que j'ai apporté dans le train avec moi ce matin parce que j'ai rencontré son auteur
- 1:01:02Jérôme Sueur au muséum d'histoire naturelle il propose donc cette histoire naturelle du silence un ouvrage qui est vraiment remarquable
- 1:01:11Et c'est question de,
- 1:01:12en faisant le lien avec le silence,
- 1:01:14s'il n'y avait pas de silence dans la musique,
- 1:01:15la musique serait absolument inaudible.
- 1:01:17Et je pense que parfois la musique,
- 1:01:19c'est une façon aussi d'appréhender le silence,
- 1:01:21de pouvoir entrer dans le silence.
- 1:01:22Elle nous borde un peu le silence,
- 1:01:24cette musique.
- 1:01:25Mais la musique ne fait simplement qu'épouser les formes de ce silence.
- 1:01:29Et moi,
- 1:01:30ce que j'adore,
- 1:01:32après avoir écouté une œuvre musicale avec quelqu'un,
- 1:01:34c'est le silence qui suit.
- 1:01:35Comment ça respire,
- 1:01:36comment ça expande,
- 1:01:38comment la personne s'installe dans ce silence.
- 1:01:40Elle apprivoise ce silence.
- 1:01:41Et la musique est vraiment un moyen d'y aller,
- 1:01:43assurément.
- 1:01:44Qu'est-ce qu'écoute Nicolas Jod ?
- 1:01:46En ce moment ?
- 1:01:47Oui.
- 1:01:48Alors,
- 1:01:48je suis en train de revenir à Ben Harper en ce moment,
- 1:01:50parce que je pense qu'il a une tournée en France.
- 1:01:52Je ne serais malheureusement pas là pour l'écouter,
- 1:01:53donc je pense que je me venge un peu en faisant toute sa discographie.
- 1:01:56J'écoute beaucoup de musique classique.
- 1:01:59Je suis fan absolu de Bach.
- 1:02:01Je trouve des choses en Bach qui me portent totalement.
- 1:02:08J'aime beaucoup Niels Fram également.
- 1:02:09ça c'est un auteur qui est remarquable,
- 1:02:11Niels Fram j'adore son travail également et puis j'ai la chance,
- 1:02:17comme tu disais,
- 1:02:17dans mon travail d'écouter de la musique tous les jours,
- 1:02:18donc je découvre tous les jours de nouvelles musiques,
- 1:02:21j'apprends à aimer des musiques que je ne connaissais pas découvrir ou redécouvrir des auteurs que je pensais connaître et que j'ignore j'apprends à aimer des auteurs que je n'aimais pas je suis désolé je suis obligé de parler de Mike Brandt ah non non je t'en prie je
- 1:02:36t'ai dit ça parce que
- 1:02:38My Brand,
- 1:02:38c'est une musique française des années 70.
- 1:02:40C'est super My Brand,
- 1:02:41mais pour moi,
- 1:02:42ce n'était pas le style de musique que j'écoute.
- 1:02:44J'écoutais plutôt facilement plus du Led Zeppelin ou du Pink Floyd que My Brand ou les Beatles.
- 1:02:48Cependant,
- 1:02:49il y a des moments de partage et ça aussi,
- 1:02:51c'est quelque chose de très important.
- 1:02:52Je me rappelle d'une femme avec qui j'ai écouté un jour My Brand et c'était une écoute qui était extrêmement puissante,
- 1:02:59émouvante.
- 1:03:00Et quand on a fini d'écouter My Brand,
- 1:03:01c'est ma prière.
- 1:03:02C'est en unité de soins palliatifs.
- 1:03:04Elle me regarde avec les yeux embués.
- 1:03:07Moi,
- 1:03:07j'avais envie de pleurer aussi.
- 1:03:08Elle m'a dit,
- 1:03:09c'est la musique d'un ange.
- 1:03:10Je pense que c'était vraiment à ce moment-là la musique d'un ange.
- 1:03:13Je n'ai jamais écouté un aussi beau morceau de Mary Brandt en sa compagnie.
- 1:03:17Donc,
- 1:03:17tu vois,
- 1:03:18j'écoute beaucoup de choses.
- 1:03:21Comme si la musique pouvait être empreinte aussi du moment qu'on vit.
- 1:03:25Tout à fait,
- 1:03:26exactement.
- 1:03:26Et elle est belle parce que je l'écoutais.
- 1:03:27Elle en prend la couleur.
- 1:03:29Bien entendu,
- 1:03:29voilà.
- 1:03:29Et on peut tout écouter dans ces moments-là.
- 1:03:31Si la personne est en face de nous et vit cet instant avec beaucoup de...
- 1:03:36d'authenticité parce que c'est sa musique et qu'on partage sa musique ensemble c'est absolument un super beau moment d'accompagnement on va finir sur cette magnifique émotion merci infiniment Nicolas on va finir avec Maïbon peut-être oh oui je
- 1:03:52le ferai merci Nicolas merci à toi
- 1:04:04Mes chers amis,
- 1:04:06si cette musique et cette mélodie vous a plu,
- 1:04:09rejoignez-moi sur Instagram et posez-moi vos questions.
- 1:04:14En attendant,
- 1:04:15appréciez Mike Brandt comme promis avec la voix de Nicolas Jaude.
- 1:04:21Merci infiniment.
- 1:04:27Qui saura,
- 1:04:29qui saura,
- 1:04:30qui saura,
- 1:04:33qui saura me faire oublier,
- 1:04:36dites-moi
- 1:04:40Ma seule raison de vivre et si il me le dit
- 1:04:46Qui saura,
- 1:04:47qui saura,
- 1:04:49qui saura